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Full text of "BdE 20 2 Alliot, Maurice - Le culte d'Horus à Edfou au temps des Ptolémées (1954)"

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7391-1 



INSTITUT 

FRANÇAIS 

D’ARCHÉUOGIE 

ORIENTALE 



INSTITUT FRANÇAIS D’ARCHÉOLOGIE ORIENTALE 
BIBLIOTHÈQUE D’ÉTUDE, TOME XX, DEUXIÈME FASCICULE 



LE CULTE D’HORUS À EDFOU 

AU TEMPS DES PTOLÉMÉES . 

PAU 

MAURICE ALLIOT 

PROFESSEUR À LA SORBONNE 



LE CAIRE 

IMPRIMERIE DE L’INSTITUT FRANÇAIS 
D’ARCHÉOLOGIE ORIENTALE 

MCMLIV 4 


7391*1 

20-2 






* 



BIBLIOTHÈQUE D’ÉTUDE 


TOME VINGTIÈME 
(DEUXIÈME FASCICULE) 


Ouvrage publié avec le concours 

de la Commission des Thèses du Ministère de V Education Nationale 
( Direction de l’Enseignement Supérieur). 


INSTITUT FRANÇAIS D’ARCHÉOLOGIE ORIENTALE 
BIBLIOTHÈQUE D’ÉTUDE, TOME XX, DEUXIÈME FASCICULE 


7391-1 

20-2 


LE CULTE D’HORUS À EDFOU 

AU TEMPS DES PTOLÉMÉES 

PAR 

MAURICE ALLIOT 

PROFESSEUR À LA SORBONNE 



LE CAIRE 

IMPRIMERIE DE L’INSTITUT FRANÇAIS 
D’ARCHÉOLOGIE ORIENTALE 


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Pt. ni 


LE TEMPLE D’HORUS À EDFOU. PLAN GÉNÉRAL. D’APRÈS CHASS1NAT, EDFOU, PL. I. 





HJ p * 



Ramsès III» 






QUATRIÈME PARTIE. 


LA "FÊTE DE LA (BONNE) RÉUNION» 01 . 

Ce n’est pas au hasard que les décorateurs anciens eux-mêmes ont choisi 
cette fête pour en graver le cérémonial abrégé au pied des deux tours du 
pylône du temple, sur leur face intérieure tournée vers la grande cour. Ils 
ont ainsi voulu marquer sa place au premier rang, parmi les quatre plus 
grandes périodes de l’année liturgique d’Edfou. 

Les allusions à cette même fête abondent par ailleurs, dans les lieux les 
plus divers du temple ; une des quatre portes de la grande cour a été spécia- 
lement construite pour le passage de sa procession. L’ensemble du culte du 
dieu d’Edfou est sous l’influence de cette réunion annuelle du couple divin : 
à la nouvelle lune du mois d’Epiphi, une image d’Hathor de Dendéra quittait 
son propre temple, remontait le Nil sur sa barque d’apparat, célébrait quinze 
journées de fête à Edfou en compagnie d’Horus, et regagnait ensuite, par 
la même voie, son sanctuaire. Toute la Haute-Egypte affluait à Edfou pour 
le pèlerinage; le dieu d’Hiérakônpolis y participait; c’était, du troisième 
au premier siècle avant l’ère chrétienne, une des plus grandes manifestations 
de la vie religieuse dans le sud du pays. 


(l) H b shn ( nfr ). Cf. Edfou, V, 356, 8 = Mar., Dend., I, pl. 62 , 1 (col. 24). 
Bibl. d’ Étude, t. XX, 2 ' fasc. 


56 



CHAPITRE PREMIER. 


PRÉPARATIFS DU DÉPART DE LA DÉESSE, 

AU TEMPLE DE DENDÉRA. 

L’entrée solennelle d’Hathor au grand temple d’Edfou devait s’accomplir 
le jour de la nouvelle lune du mois d’Epiphi, c’est-à-dire à une date quelconque 
où tombait la lune nouvelle, parmi les trente jours de ce mois du calendrier 
solaire. Ainsi, selon les années, le plus grand événement de la festivité pouvait 
avoir lieu au début, au centre, à la fin du mois d’Epiphi. C’est ce qui ressort 
de l’ensemble de tous les documents des calendriers, et Brugsch l’a fort bien 
exposé, dans son étude sur ceux-ci M. Toutes les autres dates, avant et après 
celle de la nouvelle lune, variaient chaque année en fonction de cette dernière. 
En particulier, le jour réel où la déesse s’embarquait à Dendéra pour se 
diriger vers Edfou était manifestement antérieur^ celui de la nouvelle lune, 
et se déplaçait au calendrier, selon l’année. Il devait précéder celui-ci d’un 
nombre de jours fixe : il est très vraisemblable que le temps et les escales du 
voyage sur le Nil étaient fixés une fois pour toutes par la tradition. C’est 
pourquoi il convient de ne pas prendre au pied de la lettre la date du jour de 
la nouvelle lune d’Epiphi donnée par le petit calendrier d’Hathor à Dendéra 
comme étant celle de son embarquement à Dendéra même. La concordance 
des autres documents, et en particulier le décompte des jours de la fête au 
rituel gravé à Edfou, ont beaucoup plus de poids. Il y a lieu de considérer 
qu’ici l’expression : ( fête du) jour de la nouvelle lune W s’applique, comme 
en d’autres textes, d’une façon générale à l’ensemble des fêtes d’Hathor et 
d’Horus autour de la journée centrale dont toutes les autres dépendaient. 

(1) Brugsch, Drei Festkalender, p. v, 1. ao-aô. 

(S} La coupe d’albâtre hb comme déterminatif a été restituée avec raison par Brugsch dans 
une faible lacune après le mot psdntiw; elle existe dans toutes les dates similaires avant et après 
celle-ci, au même texte (cf. Brugsch, Thés., 609, col. 8). 


56 . 


— «•( 444 )•♦* — 

Les allusions aux premiers en date parmi les événements qui préparaient la 
fête se trouvent au bandeau de frise est du mur d’enceinte d’Edfou (face 
externe) : un long passage y concerne le rituel et îe symbolisme des cérémonies 
du mois d’Epiphi M : 

Pôr,: 

[Quand) elle s’est a[vancée) vers sa barque, dans [. . . ( lacune de 7 cadrats ). . .], 

Dendéra a été en joie (w[d;-]é r wij-é m [ •.], îw ’Iwn-t m htp) ! Le 5 Epiphi 

(m hb-’Ip-t, sw 5 ), on lui a célébré des fêtes dans Dendéra (Tî-n-’Itm) : Dendéra 
(Tj-rr) a été remplie de [ jubilation (?)] (phr m [thhw-t(?)]) ! Elle a fait voile hors 
de sa résidence (hnty-é hnt nw-t-é) pour aller jusqu’à Edfou (Bhd-t) ,le 18 Epiphi ^ . 

Le 5 Epiphi, on a donc célébré des fêtes préliminaires, à Dendéra : ces 
cérémonies ont eu lieu treize jours avant le jour fixé pour le départ de la 
déesse en barque, cette année-là Puis, le 18 (date solaire), le cortège fluvial 
d’Hathor a quitté le port de sa résidence. Voici la description sommaire de la 
fête du jour du départ, au temple de Dendéra : 

On fait sortir en procession la déesse, la Maîtresse de Dendéra, vers Edfou, pour 
célébrer sa belle [ fête de) Navigation. Une grande offrande de viande, volailles, 
et toutes choses bonnes et pures pour le k; de la déesse est offerte, [quand) la déesse 

1 1 ' " T * 11 1 T 

Edfou , VII, 26,2 à 27, 5 . Un court passage, qui comprend la présente citation, a été publié 
et traduit par Brugsch (. Drei Festkaleîider > pL VI, n° VI; trad. p. ix, n° VI — Edfou, VII, 26, 
10-1 3 ). Mais Brugsch coupe le passage, au point de vue du sens, d’une façon très différente 
de celle que nous pensons être la meilleure. * 

W Edfou , VU, 26, 9-12. 

(3) Les dates attestées aux calendriers ne peuvent que nous suggérer des hypothèses : il s’agit 
peut-être des fêtes de la Conception d’Horus-jils-d’Isis-et-d’Osms par Isis-Hathor, à Dendéra. Elles 
sont citées le 4 Epiphi au calendrier d y Hathor à Edfou (col. 22), et leur prolongement va jusqu’à 
la fin du mois. Il s’agit là d’une date fixe solaire, et non d’une date lunaire. Cf., à ce propos, 
le parti que Junker tire de ce rapprochement, en considérant les dates solaires indiquées par le 
calendrier d’Hatkor à Edfou comme s’appliquant aux fêtes d’Edfou, et non à celles de Dendéra : 
Junker, Onurislegende, p. 117 (2 e eoL, c). Nous, avons cherché à établir le contraire : voir le 
présent ouvrage, 2® partie. 


— «•( 445 )**— 

entre en sa barque Vmrw-t,]9ar les prophètes et les grands ( prêtre$-)pur$ d'Hathor 
de Dendéra ; les serviteurs (smi«w) de la déesse sont devant la déesse ; le hiéro - 
grammate [est) devant la déesse ; on accomplit pour ell& tout le cérémonial de 
procession , pour (r) (une durée de) quatre jours W. 

La dernière phrase est le seul indice sur lequel nous puissions nous appuyer, 
pour supposer que le voyage sur le fleuve durait quatre jours. L’hypothèse est 
vraisemblable : en effet les honneurs journaliers de fête ne pouvaient être 
rendus à Hathor, avec tout le matériel traditionnel du culte, tandis qu’elle 
se tenait dans son tabernacle sur le fleuve. Aussi est-ce une grande solennité 
quand elle touche terre, et qu’on peut le faire, à la huitième heure du jour 
qui précède la nouvelle lune, à (Edfou -)Dbl&K On lui offrait donc par avance un 
service complet, le jour de son départ. D’autre part, le chiffre de quatre 
jours coïncide avec le fait, bien établi, que le cortège fluvial de la déesse 
faisait escale trois fois sur le trajet entre Dendéra et Edfou, ainsi divisé en 
quatre étapes. 


Mar., Dend., III, pi. 78, n, col. 3 i- 35 . Le texte a déjà été traduit plus haut ( fasc . 1 , 
p. 239-240). L’année où le calendrier a été rédigé, la nouvelle lune d’Epiphi tombait tard 
dans son mois : le 22 Epiphi peut-être, si le voyage sur le fleuve durait bien quatre jours (du 
18 compris, au 21), et si le débarquement de veille de fête à (Edfou-)Dà* se faisait le 21. 
La période des 1 5 jours de lune croissante plaçait donc la journée de pleine lune consécutive, 
signal du départ de la procession fluviale de Bhd t vers Dbl, le 6 Mésorê (fin de fête). 
t S) Cf. plus loin, début du rituel inscrit aux pylônes du temple d’Edfou. 


BibL d* Étude, t. XX, 2 e fase, 


5 7 


CHAPITRE II. 


NAVIGATION D’HATHOR, DE DENDÉRA À (EDFOU -)Db’,. 

1. Les textes, dans leur ensemble, nous donnent peu de renseignements 
précis sur cette partie préliminaire des fêtes de la Bonne réunion. 

La barque fluviale d’Hathor à Dendéra est nommée, non ( ’,-mrw4, mais 
nb-mrw-t, au calendrier d’Hathor à Edfou W. Nous savons, par l’énumération 
du rituel, que l’enseigne sacrée de la déesse 12 ) l’accompagnait; on l’installait 
donc certainement sur la barque, devant la litière divine, au moment de 
l’embarquement à Dendéra. La barque d’Hathor n’est nulle part décrite quand 
elle quitte son temple, mais elle est représentée aux bas-reliefs du temple 
d’Edfou. C’est bien la même, semble-t-il; il n’y a aucune raison de supposer 
un changement de barque pour l’image d’Hathor, en un point intermédiaire 
de son trajet. Nous aurons donc l’occasion d’en parier, au moment où l’on 
peut décrire l’arrivée de la flottille au but de son voyage. 

Quant au personnel sacré de Dendéra, qui montait soit dans la barque de la 
déesse, soit dans celles qui la remorquaient sur le fleuve, nous n’avons pas de 
précisions sur lui. Il est cependant très vraisemblable que, pendant les quatre 
jours au minimum de trajet entre Dendéra et Edfou, un service journalier 
était adressé à l’image de la divine voyageuse : les prêtres nécessaires ne 
pouvaient venir que de Dendéra. 

Un personnage important, cité en bonne place parmi ceux qui accompagnent 
les dieux à leur entrée dans Edfou, est 1 ’ intendant d’administration du roi 


^ Cf. plus haut, â e partie. Le mot wil est du genre masculin. 

W U enseigne sacrée d’Hathor de Dendéra (pl mdw spé n UtJyr nbt 'Imn-l) est représentée, en 
compagnie de celle d’Horus d’Edfou, dans la crypte n° 6 du temple de Dendéra : cf. Mar., Dend., 
ni, pi. 63, i. C’était un bâton de commandement, surmonté de la tète humaine de la déesse, 
coiffée du vautour de Moût, et surmontée des cornes de vache encadrant le disque solaire. 


5 7 . 


(1) . Ce fonctionnaire, n’était pas, attaché à l’adminis- 
tration d un temple en particulier, mais devait surveiller, au nom du roi, 
1 ensemble du pèlerinage. Sa barque particulière quittait donc probable- 
ment Dendera avec celle de Ijt décrie, et, après les fêtes d’Edfou, y revenait 
en sa compagnie. Il y avait en effet des revenus ecclésiastiques dont il fallait 
surveiller la fourniture dès le départ, à Dendéra : c’était en particulier dix 
jarres [de wn(?)] : on les a portées sur la liste des provinces qui partici- 

paient aux fêtes d’Edfou. 

Enfin, en plus du chef ( h’,wty ) de la ville de Dendéra < 3) , qui, avec tous ses 
gens, s’embarquait à côté d’Hathor, il y évait^cerlainement tous les pèlerins, 
non seulement de la sixième province, mais encore de la septième de Haute- 
Egypte : tous ceux de la grande oasis du désert libyque (Knm(-t) et Dêdê), 
alors en pleine prospérité, qui, par le même chemin de caravanes qu’au- 
jourd hui, parvenaient à Dendéra, pour participer à toutes les grandes fêtes 
d’Edfou W. 



2. La première escale de la flottille sacrée était, selon toute probabilité, 
la rive du fleuve devant les temples de Karnak, ou le débarcadère même 
construit en face du grand sanctuaire d’Amon. En effet, Hathor rendait visite 
au passage à cette autre figure d’elle-même, la déesse Moût de Karnak, en 
son temple d’7srt» ; 


Apres avoir atteint l eminente province ^ du Ç Grand. Noun -qui-est-dans- 


(1) Le cartouche royal est laissé en blanc : Edfou, V, 126, 4 et 8. 
m Edfou, V, 127, 2 . 

(S) Cf. plus bas, note à hiwly, dans la traduction complète du texte. 

(4) Cf. plus bas, 6' partie : fête de la Victoire d’Horus. 

1 Contrairement à l’opinion encore soutenue par Gauthier (D. G., V, 3 o, art. « spat hat»), 
sp-t-h’,mt(-t ) n’est pas seulement un des nombreux surnoms de la métropole du I er nome de Haute- 
Egypte, Abm-Eléphantine. La locution s’applique aussi à la 4‘ provinee, celle de Thèbes : c’est 
une allusion honorifique a son ancienne situation prééminente, comme province d’Amon ; cf. 
Wb., IV, g 8, 8, Le présent exemple en est une nouvelle démonstration. 


(Thèbes-)Yé’JA M, elle est entrée (dans) ’lsrw M [. . .(5 cadrats ). . . ] ; sa Majesté 
( y ) a fait procession W, en fête, (et) les hmnains se sont réjouis, (car cest Râ[yt]('J) 
qui les regardait (K'|yt( T) ] mil-[é(?)] îrmén Ml [Puis) elle s’est approchée de sa 
barque, (et) s’ (y) est installée, en route [^ottr] atteindre la Litière-du-grand-faucon 
(éndm-s, m-n'y [r] spr Wts-t-n-bik-'j) < * (i) * * 4 5 ), 

Le souvenir de cette halte importante, au cours du voyage d’Hathor sur 
le fleuve, n’a pas été conservé au rituel d’Edfou. C’est la seule fois, semble- 
t-il, d’après ces quelques lignes du bandeau de frise du mur d’enceinte, que 
la déesse quittait sa barque pour s’engager en procession vers un sanctuaire, 
avant d’arriver à (Edfou-)DÔL C’est pourquoi cette escale devait être la plus 
ionguq de toute la «navigation». Il est permis aussi de supposer que des 
pèlerins nouveaux, arrivés de toute la région de Thèbes M, se joignaient à 
ceux qui suivaient déjà la déesse jusqu’à Edfou. 

Expression remarquable par sa graphie. Elle se retrouve au moins deux fois dans les textes 
d’Edfou ; les deux exemples se confirment et se corrigent l’un par l’autre. Pour la double plante 
(sw-t) = nn , cf. l’écriture de nn — être fatigué (Wb., II, 375) ; pour la présence du signe (hrd) s 
qui redouble ici la valeur phonétique nn , cf. les écritures de nw-wjnvm : Wb II, 21 h. 
Le redoublement du déterminatif divin est probablement suggéré par le couple de la théo- 
logie hermopolite Nwn-Nwn-t . Le premier exemple : Edf I, 4i 1 , a, présente la graphie correcte 
du second terme i ivr. L’écriture dans un cartouche introduit l’idée de royauté divine, manifeste- 
ment appliquée ici à Amon thébain, dont c’est là une épithète assez rare, mais bien attestée : 
Lanzone, Dizionario di Mitologia egizia, III, àa 3 (article Nun, L à-6), et I* tav. XII ( 4 e personnage 
divin); Wb,, II, 216, 15-17). En I» 4 n, 2, il s’agit d’épithètes rares d’Horus 

d’Edfou-soleil levant : O puissant Khepri, père de ses [ ], engendré du Grand Noun (royal) 

(^=le père primordial de tous les dieux, à iïermopolis) ; ici (Edf., VII, 26, 1 2), le Grand Noun 
recouvre Amon, comme il peut se substituer ailleurs à Ptah ou à Khnoum. Bmîgsck, Drei Fest- 
kalender, p. ix (n° VI), a cru, à tort, reconnaître dans le cartouche une graphie du nom même 
de Khnoum : Hat sie erreickt den ersten Gau des Chnum in Theben (?), so betritt sie (den Mut-Tempel) 
von Asher 

(i) Wb,, I, i 35 , 6; Gauth., D . G,, I, 108, 2 0 . 

(3) Sens fréquent de phr , aux textes d’Edfou : il implique le circuit du cortège, qui revient à 

son point de départ. 

(4) Si les restitutions proposées sont exactes, il s’agit d’une épithète (Râyt = Râ femelle) assez 
couramment appliquée à Hathor de Dendéra : elle serait bien à sa place ici, au cours de la pro- 
cession d’Hathor vers le temple de Moût à Karnak (Hsrw). 

(5) Edfou , VII, 26, 12-1 4 . 

w La région de l’aneienne capitale du pays était certainement, au début du I er siècle av. J.-C. 
(second règne de Ptoîémée VIII Sôter II), beaucoup moins peuplée que jadis. Thèbes ne s’était 


3. Après la première étape 4), le but fixé pour la seconde était une localité 
secondaire, mais qui semble avoir pris de l’importance aux siècles ptolémaïques : 
Pr-mr, jadis simple bourgade dans la 3 e province (celle d’Esna-Latopolis), 
élevée au début du i er siècle av. J. -G. au rang de chef-lieu d’un district auto- 
nome. Il s’agit vraisemblablement de la localité de Pr-njc-t, groupée autour 
d’un temple de la déesse Anoukis; son district semble avoir été connu sous le 
nom de district de la Gazelle ® ; ce serait donc le site de l’actuel village de 
Komir, sur la rive ouest du Nil, à peu près à mi-chemin entre Esna et Edfou W. 
La longueur du trajet par le fleuve entre Karnak et Komir était sensiblement 
égale à celle de l’étape Dendéra-Karnak M. Le chef ( h’,wty ) de Pr-mr semble 
avoir eu des prérogatives traditionnelles, au, cours du pèlerinage et de la 
fête à Edfou. Il s’embarquait donc sur la flottille qui accompagnait Hathor, 
avec une suite, et une foule de gens de la ville ou des villages voisins Çnh-w 
n nW'W-t ) qui voulaient assister aux cérémonies autour du temple d’Horus. 
Il lui était en retour imposé, pour le compte de sa ville, de fournir, à frais 
communs avec le chef de Nhn, un bœuf pour le sacrifice offert à l’étape 
suivante : 


. W ■ 0 0 + 




!*'ü' 


'l'fc 

1 w n n i T ii i mi 


Enfin, la fourniture unique (ir w e ) du (n) chef de Pr-mr (est) de (m) : 5oo pains 
de diverses (espèces), îoo jarres de bière , (et) 3o épaules de petit bétail W, pour (hr 
= r) les gens des villages W. 


jamais relevée du sac assyrien de 656 . Son ancienne province était divisée, depuis le ni* siècle, 
en deux régions : celle du sud, la plus vaste, avait Pr-Hthr = Gebelein comme préfecture ; seule 
la circonscription du nord (à irepi&rfÇas) relevait encore de la petite ville provinciale qu’était 
devenue Thèbes à l’époque ptolémaïque (cf. Gauthier, Les nomes d’Egypte depuis Hérodote, p. 117- 
118, et 1 59-160). 

{,) Le trajet correspondant, d’après le kilométrage du chemin de fer moderne, serait d’environ 
6e kms. : il faut ajouter 5 à 6 kms. supplémentaires dus aux méandres du fleuve, que le rail 
actuel évite. 

W La déesse de Séhêl portait le nom de son animal consacré. 

(3) Cf. Dàressy, Ann . Serv., XVIII, 77 ; Gauthier, D. G., II, p. 63 et 86-87 ; Les nomes d'Egypte 
depuis Hérodote, p. 59-60. 

Actuellement, on compte environ 69 kms. par chemin de fer, de la hauteur de Karnak 
à celle de Komir. Le fleuve trace moins de méandres qu’en aval de ce parcours. 

(B) C’est-à-dire : chèvres et moutons réunis. 

w Edfou, V, 127, 6-7. 


— +*•( 451 

C’est dire que ces provisions devaient être embarquées à Pr-mr, et mises 
en réserve jusqu’à l’arrivée du cortège à Edfou : c’est là que les pèlerins les 
recevaient, et les consommaient en festoyant devant le dieu M. 


4. Les barques quittaient Pr-mr, grossies d’un nouveau contingent : 
elles gagnaient alors Njtn ^-Hiérakônpolis, but de la troisième et dernière 
étape avant Edfou. L’antique cité de l’Horus dynastique de Haute-Egypte 
avait reconquis, semble-t-il, un regain d’importance sous les rois Ptolémées, 
ainsi du reste que sa cité jumelle de la rive droite, iVAà-Eileithyiaspolis (*). 
Le trajet de Komir au Kôm-el-Ahmar était très court ( S) , et l’on se trouvait là 
dans un district placé sous la dépendance cultuelle d’Edfou. Ce fait se traduit 
par un acte significatif : le dieu local Horus de Nékhen, précédé de son enseigne 
sacrée, quittait son temple pour accompagner Hathor, et faire honneur à son 
puissant voisin Horus d’Edfou. Il est peu probable que la statue d’Hathor 
ait débarqué, comme elle le faisait à Karnak; mais il semble qu’une cérémonie 
se déroulait au quai de N fin, le jour de son passage : 


^:*3? * 2 3 * 5 g ! ~KVi:^:a;gr:T 2 s s ^îCs> 


X e ^ üjft J — 

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• 


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*k\\ I I ! 
T I I 


cm , 


-(Le chef de Nhn tiendra le câble d’avant, (et) le chef de Pr-mr (Komir) tiendra 
le câble d’arrière (*> : ) car c’est eux qui fournissent leur accostage W, et qui envoient 
le bœuf (mentionné) sur le guide (intitulé) « départ de la barque», (jusqu’au (?)) 
(reposoir-) mirw ( qui fait partie) des chapelles (?) du chef de Nékhen (br ntén iw 
di-én mniw(*t)*én, hr wd-én pj ib, nty hr mf «p?wd n p; wU», (r(?))m?rw m 
ssp-w-t(?)n p(i) h;ty n Nhn) < 7 ). 


{1) Cf. plus bas. 

(î) Orthographié : Mhn(>t), à l’époque de nos inscriptions. 

(3) Cf. Gauthier, D, G,, III, 99; Les nomes d’Eg., p. 57-68, ii 5 -ti 6 . 

w 21 kms. environ. 

(5) Pour aider à l’accostage de la barque d’Horus. Ces honneurs sont attribués au moment 
du débarquement à (Edfou -)Bkd-t. 

(#> C’est-à-dire : qui ont rendu possibles les escales de Pr-mr et de Nhn. 

(,) Edfou, V, 127, 3-6 ; cf. Brugsch, Drei Festk., pl. X, col. 9 2-2 4 , et traduction, p. 18. Tout 


Bien entendu, le chef de Nfin s’embarquait en même temps que l’image 
de son dieu local, sur une barque particulière émh citée au texte du rituel 
à Edfou W. Cette barque transportait aussi le chœur (des chanteuses de Nekheb 
Ç-rtrNhb), dont les traditions cultuelles étaient liées à celles de Nékhen 
D’autres barques chargées de pèlerins du pays se joignaient sûrement à la 
flottille sacrée. 

5. La dernière partie du trajet, encore plus courte que la précédente, avait 
lieu alors et les barques serrées en une longue file, remorquant la nef 
d’Hathor à force de rames et de voiles réunie, se présentaient enfin devant la 
rive d’Edfou. 


le passage est difficile. La traduction proposée ici diffère sensiblement de celle de Brugsch. 
Il s’agit des honneurs accordés à deux des chefs de ville (ou maires) présents à Edfoü, au 
moment dq l’arrivée des barques divines au temple. On les récompense ainsi des services qu’ils 
viennent de rendre, au cours de la navigation de la déesse. Il manque, semble-t-il, un mot 
nécessaire : (r (?)) pour le sens, avant le terme : mîrw, restitué par Chassinat. Quant au mot 
qui sqit ce dernier, il semble préférable, au lieu de garder l’êxpressièn dhraf : ndy-t (Brugsch 
«Wohnplatz (?)»; Wb., II, 367, 16 = Belegst II, 367, 16), de la séparer en deux mots : 
n êsp'W't. Le déterminatif est caractéristique ; l’écriture de ssp par le signe de la main est régulière 
à l’époque ptolémaïque ; il y aurait absence de i prosthétique : cf. les exemples tardifs du mot, 
dans : Wb., IV, 535 , i 3 . Ces chapelles du chef de Nékhen se trouveraient, avec le m\rw, à peu de 
distance du port fluvial mniw t (Wb., II, 7 4 , **)• 

(l) Le fait est confirmé par l’image de cette barque, au premier bas-relief des pylônes d’Edfou : 
le faucon de Nhn, dressé sur son enseigne, couronne le mât de la barque sacrée d’Hiérakénpolis. 
W Cf. plus bas : description des barques, à leur arrivée à Edfou. 

(3) Il y a environ 17 kms., de la hauteur de Nékhen sur le fleuve, jusqu’à (Edfou-)Dài, 


CHAPITRE III. 


RENCONTRE DES IMAGES D’HATHOR ET D’HORUS 
AU TEMPLE D’(EDFOU-)J%i, ET CÉRÉMONIE DE VEILLE DE FÊTE. 


Ce n’est certainement pas à la hauteur du temple d’Edfou actuel et de son 
domaine sacré Bhd-t que se produisait la rencontre d’Hathor et d’Horus sur 
le fleuve. Cette hypothèse ne peut se concilier avec le début du rituel de la 
fête, gravé au bas du pylône est du grand sanctuaire- Il y est question, en 
effet, d’une procession commune aux deux grandes divinités, en un lieu 
qui n’est pas nommé Bhd-t, mais Wls-t-Hr. Cette cérémonie précède la 
description d’ün autre trajet sur le fleuve, qui cette fois seulement aboutit, 
après une halte intermédiaire, à Bhd-tW. A plus forte raison, il n’est pas 
possible de supposer qu’Horus ne se déplaçait pas, mais attendait dans son 
sanctuaire de Bhd-t l’arrivée de la barque d’Hathor au débarcadère de son 
temple. Non seulement on se heurte à la même difficulté que dans le cas pré- 
cédent, mais encore à l’existence du premier tableau gravé au pylône d’Edfou : 
les deux barques sacrées d’Horus et d’Hathor, encore chargées des litière s et 
des tabernacles des deux divinités, naviguent l’une derrière l’autre, remorquées 
par des embarcations à rameurs, vers le temple de Bhd-t S’il y a navigation 
commune des deux divinités avant d’arriver au grand temple, c’est que néces- 
sairement Horus a été au devant d’Hathor, dans une de ses barques sacrées, 


(1) Wls-t-Hr est soigneusement distinguée de Bhd-t, également au texte du calendrier d’Hathor 
à Edfou (col. 28) : cf. plus haut (/ose. I, p. 234 ). 

(s) Cela est prouvé par les inscriptions placées au-dessus des deux bar<jues d’Horus et d’Hathor : 

Horus d’Edfou (ou : Hathor de Dendéra ), remonte (le fleuve) vers Bhd-t (variante : 

Bhd-t-n-R'), le bon port de tous les dieux (hnty r Bhd-t [n] R', mr-t nfr-t n ntr-w nb) : Edfou, 
V, 128, 4 - 5 ,i 1 1,' et pi. phot. £69). 


« 


et l’a attendue ou rejointe quelque part en aval de son temple : puis les 
deux divinités remontent ensemble jusqu’à Bhd-t. Or, où peut être situé ce 
lieu de la rencontre? Obligatoirement, au nord du grand temple, et à une 
distance suffisante pour qu’une halte intermédiaire, nommée le lieu saint de 
Geb W, puisse être faite au bord du Nil. Il ne doit pas être trop loin cependant, 
afin que, dans la même journée de la nouvelle lune d’Epiphi, on ait le temps 
de célébrer une première cérémonie importante au départ, doublée d’une 
seconde plus longue encore, si les présages ne sont pas favorables du premier 
coup. Il faut qu’on trouve ensuite le temps de naviguer, de s’arrêter à ’l'A- 
Gbb, d’y déployer un cérémonial assez complexe, puis de repartir, de débar- 
quer au grand temple d’Edfou, avec tous les délais qu’imposait le débar- 
cadère, qui n’était pas sur le fleuve. Enfin il est indispensable de porter en 
procession les images divines dans le sanctuaire d’Horus, et de les y installer 
avant la tombée de la nuit M. 

Les conditions nécessaires, pour ce point de rencontre entre Hathor venant 
de Dendéra et Horus arrivant de son temple, sont réunies dans la partie nord 
de l’agglomération ancienne d’Edfou, au lieu désigné comme Wts-t-Hr au 
commencement de la première partie du rituel, et comme Db‘„ à la fin. 
Le premier terme désignait la localité d’Edfou, en tant que chef-lieu de sa 
province ; le second était le nom ordinaire de la ville bâtie et habitée : il 
existe toujours sous la forme copte, puis arabe, d’Edfou^. Tous deux 
désignaient l’agglomération principale, le centre urbain, qui se trouvait à 
l’extrême nord de la ville actuelle. Il n’existe plus aujourd’hui sur son site 
que quelques maisons isolées, disséminées dans une palmeraie. A sa hauteur, 
vers l’ouest, s’étend la partie septentrionale du cimetière antique sous 
l’Ancien et le Moyen-Empire, recouverte encore par le cimetière arabe mo- 
derne^. Au contraire Bhd-t, qui n’était pas un terme géographique spécial 


(I) Edfou, V, 12 5 , 6; cf. plus loin. 

(,) Cf. plus bas. Erman (La religion des Egyptiens, trad. Wild, p. 427, 1 . 29-33) a bien vu 
cette nécessité qu’Horus, la veille du jour initial de la fête au grand temple, aille au devant de 
ses visiteurs divins : Hathor de Dendéra, et Horus de Nékhen. 

(J) Cf. Gauthier, D. G., I, 210. 

(1) Cf. Gauthier, D. G,, VI, 126-127. 

m Cf. le plan topographique du Survey Department of Egypt, au 1/10.000* (Mudiria Aswan, 


— ■+*•( 455 }•*+• — 

à Edfou, s’est appliqué au domaine et au temple d’Horus sur son site actuel, 
puis à tout le quartier sud de la ville ancienne, qui s’étendit autour de 
luiW. Ainsi seulement peut-on concilier les diverses exigences des textes du 
rituel et de la topographie matérielle de la localité. Le convoi de remorque 
d 'Hathor et de son enseigne comprenait, semble-t-il, quatre barques au 
minimum : en tête, les deux esquifs sans cabine, qu’on voit naviguer plus 
tard à l’arrivée au grand temple, et au départ de celui-ci ^ ; derrière eux, la 
barque du chef de la ville de Nhn, à cabine centrale, portant le tabernacle du 
dieu d’Hiérakônpolis et son enseigne sacrée^; à sa suite, la barque du 
chef d’administration du roi, directement attelée à celle d’HathorW. Vrai- 
semblablement beaucoup d’autres embarcations, chargées de pèlerins, les 
entouraient. 

Le convoi d’Horus, amenant à (Edfou -)Db’, la barque du dieu et de son 
compagnon Khonsou, était-il déjà arrivé par le fleuve, à ce moment-là? Les 
deux divinités et leurs enseignes avaient-elles déjà débarqué, et gagné en 
procession le temple d’Horus de Db’,, bien distinct de celui de Bkd-t ? 
Est-ce là qu’elles attendaient Hathor et sa suite, ou bien, au contraire, est-ce 
cette dernière qui, de coutume, arrivait à Db’,, et s’installait la première 
dans le temple? Les textes ne nous fournissent aucune précision à ce sujet W. 
La date d’arrivée du convoi d’Hathor n’est pas non plus indiquée; mais, 
selon la plus grande vraisemblance, c’est la veille même du jour de la nouvelle 

Markaz Edfu, Sheet S. E. 126-1 38 ) : région des domaines Hasan Khalifa, Ali Amer; «Kurum 
el Qadi » (entre la rive du Nil et le canal El Ramadi), et région comprise entre ce dernier et le 
cimetière actuel, à l’ouest. La partie sud du même cimetière d 'Ancien Empire a été identifiée 
et fouillée pour la première fois en 1982-1933 : cf. Alliot, Tell Edfou, p. 8-38 et pl. VII-XXIII, 
dans : Fouilles de VI. F. A. O. du Caire, Bapports préliminaires, t. X, 2 e partie ( 1 g 35). 

(l) Cf. Gauthier, D. G., II, 27. La distance approximative, à vol d’oiseau, entre le centre pro- 
bable du quartier nord ancien de Db’, et le site du temple ptolémaïque est, semble-t-il, d’environ 
800 à 1000 mètres. 
m Cf. Edfou, pl. phot. 471, 46 o- 46 i. 

<!>) Cf. Edfou, pl. phot. 470, 458 . 
m Cf. Edfou, pl. phot. 469-470, 457. 

w La première hypothèse est peut-être la plus favorable. En tous cas, si l’on suppose le temple 
de Db’, muni d’un canal d’arrivée et d’un débarcadère, comme c’était le cas pour tous les 
temples d’Egypte bâtis à proximité du fleuve, les deux débarquements se faisaient nécessairement 
l’un après l’autre, 


--**•( 456 )h 


lune que les deux divinités se rencontraient à Dbl W. Quant à l’heure des 
débarquements, elle est commandée par ce fait que la première cérémonie 
commune à Horus et à Hathor commençait, à terre, à la huitième heure du 
jour : donc toutes les opérations préliminaires devaient être terminées au 
début de l’après-midi. 

Le cortège fluvial d liorus d Edfou comprenait, de son côté, au moins une 
barque, que nous voyons attelee plus tard avec les autres, pour l’arrivée au 
grand temple : celle du chef de la ville d’(Edlou-)Dii, attachée vraisemblable- 
ment au service particulier de la divinité locale W. 

Les enseignes qui accompagnaient Horus et Khonsou, et qui jouent le rôle 
de véritables idoles autonomes, étaient au nombre de trois, sur la barque 
sacree : celle de Khonsou, et les deux armes d’ Horus dans son sanctuaire 
Mén^ty : I enseigne, ou : le bâton [pl mdw ) du dieu, et 1 ’ (épieu-^éginh qui est 
Horus-à-la-f ace-puissante (. Hr-éhm-hr ) . 

G est a ce moment, et dans cette situation respective de tous les acteurs 
des cérémonies de la fete d Epiphi, que se place le début du premier grand 
texte du rituel : 


^ 7* sis, j x ïuo : : : ; J. b i 


-r a- 


- ,ô ~ JL T n t* 

* * lit ^T-rz 


A) Cérémonial accompli en la fête d’ [Edfou-) Bhd-t, au mois d’ Epiphi, le jour 
de la nouvelle lune (pédn(tîw)) «, à la fête « Elle est ramenée!» (hb ’ln-lw-é) W. 

• '•i 1 i-.Im -. t , i .■ .<i/ ‘ rr, fi j*> 1 », — rv, » ■ , ! ■ — '! . u — ? — rrr — 

(l) Même opinion exprimée par Erman (Religion des Egyptiens, trad. Wiid, p. 4 2 7 : «Quand 

Horus d’Edfou veut célébrer sa grande fête , il quitte son temple la veille »). Mais les quatre 

épieux cités ensuite par lui se ramènent en réalité à deux, 
m Nous ignorons si d’autres barques accompagnaient le dieu de Bhd-t à Dbl par le fleuve. 
Il s’agissait là, en tous cas, de descendre le courant, ce qui nécessitait un effort beaucoup moindre 
que celui de la remontée (cf. le détail des cordages de remorque, uniques en quittant le temple 
(vers l’aval), mais doubles en y arrivant (vers l’amont), aux bas-reliefs du rituel Edfou, 
pl. phot. 455 - 46 i et 468-471. 

(3) Le titre du rituel est général : la fête est désignée par convention, selon l’habitude des 
calendriers de fêtes, par son jour initial (fp-lr) ; mais on entend nommer ainsi toute la période 
fériée (tr), qui s’étend ici sur i 4 journées à partir du jour de la nouvelle lune d’Epiphi. 
w Cf. Junker, Onurislegende, p. 116-11 y, pour la traduction de ce titre. 


— 457 ) *#♦*»» '• 

Or donc Ù) : à la huitième heure du jour (où) est arrivée de sa ville Hathor de Dendéra, 
[et où) elle a débarqué à (£c(/ou-)Wts-t-Hr ; (où) est arrivé de sa ville Horus de Nékhen 
jusqu à (2^/ou-) Wts-t-Hr (Hn c dd : wnw-t hmn(n*t)[nt(y)?]W m hrw pn, îi-n 
Hthr nbd ’lwn-t m nw*t*é, mnbé r Wts-t-Hr, îî*n Hr Nhn m nw-bf r Wts-t-Hr): 
on fait sortir [en procession) (éh‘) le dieu vénérable Horus d’ Edfou-grand-dim-du- 
ciel, Hathor de Dendéra, et [leur) ennéade. On sort [en procession ) (h c ) hors de la 
grande salle (m wéh-t 'j-t) f*J, et on retourne [en procession) à son sanctuaire (éti 
r é-bf wr-t) ^ ; [on fait une ojfrande-)'wp-r > , ® . Quand la Grande [ déesse ) est 
munie de tous ses accessoires [de culte) en présence du dieu, on fait grande fête dans 
[Edfou-) Wts-t-Hr <•>. 

Ces quelques brèves indications sur ce qui se passait à Wts-t-Hr suffisent 
à montrer que la première cérémonie commune aux deux grandes divinités 
était une procession suivie d’une offrande alimentaire. Les litières divines 
sortaient du même édifice, y rentraient de compagnie. Pour la première fois 
depuis son départ de Dendéra, la statue d’Hathor pouvait recevoir un service 
complet W. C’était le signal des réjouissances populaires en son honneur, 
dans le quartier nord d’Edfou. A ce moment montaient les premiers chants, 
les premiers battements des tambourins de fête : ils ne devaient plus guère 
cesser, pendant le demi-mois où les pèlerins séjournaient auprès d’Horus W. 


(i) Cf. Edfou , V, 35 1, 10. Voir plus haut : a e partie, calendrier d’Hathor à Edfou, coi. i 9 
,(^= fasc. I, 228, n. 5 ). Hn c dd (littéralement : et de dire) précède ici tout le développement. 
Dans l’exemple cité, il l’achève (dernier détail sur la fête d’Hathor revenant de Nubie, à Dendéra, 
du 19 Tybi au 4 Méchir). 

La lacune indiquée par Chassinat est horizontale et de faible importance, sur la jointure 
de deux blocs de pierre. II n’est pas certain qu’un signe ait disparu. Cf. Edfou, pl. phot. 468 , 
col. I. 

w Wsh-t (déterminatif de la maison) ne peut désigner ici qu’une salle de temple, selon l’ha- 
bitude des textes religieux ptolémaïques. 

(t) Le terme technique étl s’applique au retour de la procession à son point de départ. 

t5) Type d’offrande funéraire (ouverture de la bouche) souvent attesté dans les services alimen- 
taires. 

Edfou, V, 124, 8-11. 

{7) Cf. fasc. I (i r * partie) : les services du culte régulier de fête, devant Horus et Hathor, au 
temple d’Edfou. Il s’agit du jeu des objets symboliques particuliers au culte de la déesse. 

w Voir plus bas les indications du rituel sur la vie journalière des gens des villages, pendant 
la fête. 

BïbL d* Etude, t. XX , 2 * fasc. 58 


— ***•( 458 )*♦* — 

Quel était dottc l’édifice, d’où sortait et où rentrait le premier cortège 
des fêtes de la Bonne réunion , à Wls-t-Hr ? Très vraisemblablement, le voisin de 
celui où se déroulaient les derniers rites du séjour d’Hathor à Edfou en Epiphi. 
Le 1 5 e jour après celui de la nouvelle lune, le cortège fluvial, emportant les 
mêmes divinités qu à 1 aller, se mettait en route en sens inverse, vers l’aval. De 
BU-t, il atteignait Dbl : là, on d ébarquait, on por tait les saintes images en 
procession jusqu’au «mirw du roi ( | dont le nom est Hs-ki»(‘>. 

Puis un sacrifice wp-r, était offert, tout comme à l’arrivée des deux divinités. 
La solution la plus satisfaisante est d’assimiler le lieu appelé Wtst-Hr à 
l’aller à celui qu’on appelle Db>, au retour. Quant au temple anonyme du 
début, qui possède une grande salle [wé^tU) et un sanctuaire (é-t-wr-t), c’est 
le temple &t-R c de V hymne du retour; au sud de son enceinte sacrée se trouve 
le mîrw nommé Hs-kl, cité à la fin du compte rendu des fêtes ( (l) 2 ). 


(l) Edfou, V, 34, 5-6; cf. pius bas. 

, (,) Cf - P lus bas ’ cha P- x : note sur «1 le (temple-)»» 5 rw qui est au sud de ce domaine, dans 
V hymne du retour , 


CHAPITRE IV. 


CÉRÉMONIE DU DÉPART. 

NAVIGATION JUSQU’AU GRAND TEMPLE D’(EDFOU-)W<L 
LE JOUR DE LA NOUVELLE LUNE D’ÉPIPHI. 


Enfin arrivait la grande journée, celle dont le nom désigne aussi la période 
entière des fêtes. Probablement de bon matin, car le programme à suivre 
jusqu’au soir était chargé, on offrait un nouveau sacrifice aux divinités du 
pèlerinage, réunies provisoirement dans la Chaise de Râ [S-t-R ( ) d’ (Edfou-) Db’, : 


Sîv«5!-QBiTS}^+lS: 


B) Le jour de la nouvelle lune (hrw pédntiw), on fait une [offrande-) wp-rl en 
présence du dieu vénérable Horus d ’ Edfou-grand-dieu-du-cie l, Hathor de Dendéra, 
Khonsou d’Edfou (Hnéw n Bhd-t), Horus-à-la-face-puissanle- 1 ’ [épieu-) égmh 0>, 
Horus de Nékhen, l’enseigne sacrée d’ Horus d’Edfou (pi mdw n Hr Bhdti), l’enseigne 
sacrée d’Hathor de Dendéra (pi mdw n Hthr nb-t ’Iwn-t), l’enseigne sacrée de 
Khonsou d’Edfou (pi mdw n Hnéw n Bhd-t) W. 


Puis on quittait le temple &t-R' en procession ; on regagnait les barques 
probablement amarrées au débarcadère du canal. On installait les barques- 
litières, telles cette fois que nous les voyons, aux bas-reliefs du pylône est, 
arriver au grand temple d eBbtd-t. Avant de se mettre en route, on célébrait une 


ll) L’expression qui désigne l’idoie-épieu d’Horus forme un seul bloc : voir la même, deux 
fois encore répétée : Edfou, V, 1 3 1 , a ( sgmh écrit en toutes lettres, avant son déterminatif caracté- 
ristique); Edfou, V, i3i, 5 (pl sgmh est oublié, après : Hr shm-kr). 
m Edfou, V, ia4, 1 1 , à ra5, t. 


58 . 


— 460 )*+-— 

cérémonie spéciale devant les barques encore attachées au quai, en présence 
des deux grandes divinités et de leurs compagnons divins. Cette cérémonie 
rappelle une partie des rites du couronnement ou de la fête-sed royale. 
C est en effet un roi et une reine du monde, qui viennent à Edfou prendre 
une nouvelle possession de leur royauté : 

C) On entre en la grande barque fluviale, dont le nom est h M-Hpri «, (et dans 
celle) dont le nom est nb-mrwt. On exécute le cérémonial de la protection de 
la barque, (ir nt-‘ n mk m>). On fait l’offrande (ir pj wdn) ; on psalmodie le chant 
de louange (nié hknw); on offre le vin (hnk irpj; on offre le champ, par quatre 
fois (hnk éh*t, sp 4) ; on donne l’essor aux quatre oies (dî wM n p; fdw sr-w) < 2 ). 

C’est à ce moment, semble-t-il, de la journée, avant le départ des barques 
pour Bld-t, que se place ce que le calendrier des fêtes d’Horus à Edfou 
appelle : V (offrande des ) prémices des champs (tp-w ’hft) ( 3 ). On les offrait 
également à Dendéra, avant le départ de la barque d’Hathor pour Edfou, 
conformément aux édits dÂmenemhat W. 

Mais un cas particulier pouvait se produire, car l’envol des quatre oiseaux 
prêtait à interprétation de la volonté des puissances divines : s’ils revenaient 
aussitôt se poser sur quelque surface d’eau voisine, au lieu de prendre 
leur vol vers l’horizon lointain, c’est qu’il y avait un obstacle, un mauvais 

~~ r vfttnnAl 

^ Cf. Wb„ III, 267, 2. La même barque est nommée hU-Hr, au grand calendrier des fêtes 
dHorus a Edfou (cf. plus haut, 2' partie = fasc. I, si 3 , t. ,0). Il faut donc changer ia lecture 
en : hU-ljpri. 

Edfou, V, ia 5 , i- 3 . 

<’> Grand calendrier des fêles d’Horus à Edfou, col. 17. Cf. plus haut, a' partie = fasc. I 
9 13,1, 19. J * 9 

«*) Calendrier des fêtes d’Hathor à Edfou, col. 2 3 — fasc. I, 9.34, 1 3- i 4. Ces prémices ne semblent 
pas avoir de rapport avec V offrande du champ, par quatre fois, faite à Dbi, en manière de 
consécration du territoire entier à ses nouveaux rois. Ce dernier rite est conforme aux usages 
de la dédicace royale des terrains aux dieux : cf. p. ex. Moret, Caractère religieux de h royauté 
pharaonique , p, i 4 i, n. 8. 


461 

présage. Il fallait alors faire le simulacre de l’arrêt du cortège, multiplier les 
sacrifices et les prières qui rendent les dieux favorables : 




I 

• III 


* 

I I I 
/ »'»*'■■■■■ s 


D) ($t) les oiseaux retournent à la surface (de Veau), il y a un obstacle W : 
(il faut alors) (abaisser) W) les mâts W; (puis) tirer le (coffret-) mr*t(?) frapper 
les veaux , faire la salutation > offrir Maât , (et) faire V élévation des mets , pendant que 
les musiciens & présentent des bouquets de (frondes de) palmier-mâle et de saule , 
(et les) introduisent ^ en présence de Neith-qui-otiire-les-eaux-[et-ks-rive$( ?)] W. 
(Il faut) faire une (offrande-) hn, lire à haute voix (la formule) : adoration de 
toutes âmes (divines), par (V office du) hiérogrammate , (et) consacrer les quartiers 
(de choix) W.* 


Dans le cas d’un présage défavorable, on ne ramenait donc pas les litières 
divines au temple de Dbi . C’est à l’embarcadère, en plein air, devant les 
barques prêtes à partir, que se déroulaient les rites propitiatoires. On se 


^ Le mot n’a pas été accepté dans ce sens et avec ce déterminatif par le Dictionnaire de Berlin . 
Cependant, il est préférable de se ranger ici à Lavis de Brugsch (Drei Festk., p. 1 7, col. 7). Le 
même déterminatif est attesté pour le mot hrwy = adversaire (Wb., III, p. 3 s 5 , 17-2 et 

pour le mot krwytv lui-même : cf. Edfou, VI, i 3 i, 3 , à ajouter à Wh III, 3 96, i- 3 . 

(,) H semble préférable de supposer un mot oublié par le rédacteur des hiéroglyphes: c’était 
peut-être le verbe hr , dont l’allitération avec krvoyw qui précède a rendu l’omission plus facile. 

(3) Pour l’écriture de §*•«?-! îœ, cf. Edfou , pi. phot. 467 : Chassinat a interverti l’ordre réel 
des deux signes. 

(ô) Le déterminatif de mr4 a été mal placé par le graveur, qui a fait toucher le 4 et un signe 
arrondi placé en dessous (cf. pL phot. 467). Il s’agit, semble-t-il, du coffret aux étoffes rituelles. 
L’expression est très fréquente. 

(5) Littéralement : ceux qui marquent la mesure . Cf. Wb., IV, 533 , 17, etV, 484 , i 3 , 16. 

(#) Les deux verbes contenus dans cette phrase sont des infinitifs devant lesquels hr est tombé : 
hpw-dhn (Ar) ms 'nh-m ( hr ) sti m hr n iVt. 

(7) Les deux autres signes du groupe idb-w, non lus par Chassinat, semblent visibles sur la 
planche photographique 467. 

Edfou , V, 19 5 , 3 - 5 . Le texte étant très concis dans tout ce passage, voici ia transcription 
suivie : $li ni ipd w n b'h, hrwyw : (hr (?)) ni stl mr t , hw bhsw, nd-hr, hnk mi z 4,fi ih4, 

hp-w-dhn ms 'nh'W n tmi tr4 . Stl m hr n Nt-wp-mw-[tdb’W (?)] ; ir hn , 's < { p(>) dwi bi dmdi> in 
s$-mdi4(-nlr), r étp'W, 

tiibl. d* Étude, t. XX, a* fasc. 5 q 


* — 462 

contentait d un geste symbolique : abaisser les mâts des barques. C’était se con- 
former à ce qui semblait être la volonté divine du moment. Le reste consiste, 
en somme, à remplacer le cérémonial abrégé de l’embarquement par un véri- 
table service divin régulier, analogue à Y ordinaire de fête au sanctuaire, 
et rendu plus efficace encore par des prières spéciales en supplément. On 
avait commence a entonner le chant de triomphe : on anticipait déjà sur les 
lites de la future fête-sed divine. Il faut maintenant reprendre toutes choses 
par le début, éveiller les dieux de leur sommeil funèbre par la salutation 
{nâ-t-hr) et les purifications du rite osirien. Il faut introduire devant eux les 
tissus du coffret mr-t; il faut leur présenter la statuette de Maât, et élever 
vers eux le plateau, symbole de toute l’offrande (fl-lfr-t). Cette offrande n’est 
plus appelée wdn comme tout à l’heure, mais bien maintenant frn. Elle semble 
d une nature plus complète, en ce sens qu’elle comporte une consécration 
solennelle des parties séparées de la bête de sacrifice. Le rite est de rigueur 
dans les grandes présentations de la table divine : il disposait la divinité à 
agréer d’avance la prière d’offertoire de l’officiant. On corsait cette prière, 
dans le cas présent, en s adressant aussi à toutes puissances divines : on ignorait 
en effet d’où partait le mauvais vouloir apparent, rendu sensible par le retour 
des oiseaux. Il était prudent, comme en tous rites pour détourner le mal, 
d’agir de la façon la plus universelle possible. 

Il existait, probablement au temple de Dbî, une idole de Neith-qui-ouvre- 
les-eaux-et-ks-rives ù). On l’amenait, semble-t-il, en procession auprès des 
barques d Horus et d Hathor. Les bouquets faits de palmes et de branches 
de saule, symboles de l’éternité, étaient toujours entretenus dans tous les 
temples : ils formaient l’un des décors les plus courants des tables d’offrande 
garnies, en temps de fête. Ce sont les officiants de fête les plus nombreux ; 
les musiciens et les chanteurs, qui sont chargés de les présenter en offrande 
agréable à Neith. Celle-ci voudrait bien alors, croyait-on, faciliter aux 
embarcations des dieux du pèlerinage le court trajet sur le fleuve qu’il leur 
restait à parcourir. 

' — ■ — — 1 ; . 

(l) L’assimilation très ancienne de la déesse de Sais avec la divinité de l’eau primordiale Nout 
ou Nauni est loin d’être particulière à Edfou, ou au temple de Dbi. De très nombreux sanctuaires, 
dans toute l’Egypte, devaient renfermer une image de Neith, adorée spécialement dans ses rap- 
ports avec l’eau, les fleuves ou la mer. 


— ***( 463 )*♦♦—- 

Quant au dernier rite indiqué comme de rigueur par le cérémonial en cas 
de mauvais présage, c’est un usage très particulier dans sa forme : il a pris 
une grande importance dans le culte des dieux à l’époque des rois grecs. 
C’est le rite toujours désigné par l’expression : frapper (du bâton ) les veaux 
(jiW't bhs-w) h). Il est d’origine osirienne, et s’exécute spécialement devant 
Osiris-Khentamenti lui-même, ses substituts Min- ou Amon-Râ Icl-mw-tf, ou 
encore devant toutes autres divinités sous leur forme osirienne (parmi elles 
se place Horus d’Edfou fils d’Osiris). Ce rite a un rapport remarquable 
avec un point de la légende, telle qu’on l’avait établie à Héliopolis., Il est 
possible de reconstituer ces faits mythologiques, grâce aux textes d’époque 
grecque. Quand Horus fut reconnu roi sur terre par le tribunal des dieux, 
comme fils et légitime héritier d’Ounnefer, il prit soin de la sépulture du 
fond de laquelle son père exerce son pouvoir : la sty- 1 d’Héliopoîis. Au temps 
de la moisson, il fit tourner, au-dessus des gerbes entassées sur une aire 
(sp't), des veaux qu’il tenait à la corde. Les bêtes piétinèrent les épis sous son 
bâton, selon l’antique usage des paysans d’Egypte. Ainsi il honora son père , 
devant le dieu Min debout sur son escalier (htiw) , et il cacha le corps de son 
pèpe, pour le sauver des outrages toujours possibles de ses ennemis. Il s’agit 
donc d’un rite agraire, qui s’apparente à tous ceux du culte d’Osiris : le 
dépiquage du grain par Y héritier, c’est le dieu toujours vivant et renaissant, 
qui va mettre en terre son propre corps, symbolisé par les grains. Il se 
cache en apparence, pour se rendre invulnérable à ses adversaires. Dans le 
culte effectif, c’est naturellement le prêtre, substitut du roi fils d’Osiris, qui 
joue le rôle d’Horus : il agit ainsi sur toutes les divinités, en leur nature 
d’Osiris ; il exalte leur vie latente; il met en joie les dieux et les hommes, 
comme Horus qui trancha le deuil sur cette terre. Les quatre veaux choisis pour 
cette cérémonie sont toujours noir, blanc, tacheté (éib)^e t rouge : cette variété 

(l * Sur dix exemples au temple d’Edfou, deux ajoutent : quatre fois, c’est-à-dire que dans ces 
cas la formule doit être répétée quatre fois, étant de celles qui s’adressent aux quatre points 
cardinaux de la terre entière. Une remarquable édition de ces dix textes concernant le rite 
hw-t tym au temple d’Edfou, avec en plus «n h * texte provenant du mammisi d’Edfou, et un 
i 2 * provenant du portail d’Evergète I devant le temple de Khonsou à Karnak, a été publiée 
par Blackman et Fàirmàn : JEA 35 (19/19), p. 98-119 et pi. VII, textes et traduction; JEA 36 
(1960), p. 63-76, commentaire. Une conclusion générale traite du sens de la cérémonie 
hw4 bhsw, dans son évolution historique et dans sa nature «ymholique* 

09. 


464 

des couleurs exprime la volonté de satisfaire à tous les désirs de la divinité 

et d’autre part correspond à la division du monde en quatre parts éoales 
en cosmologie héliopolitaine. 

, Le n j te est donc tenu P our particulièrement efficace, semble-t-il, dès qu’il 
s agit de se rendre toute puissance divine favorable. C’est le cas, en par- 
ticulier, pour les cérémonies de dédicace des lieux saints, et de fondation 
des temples : on voit le rite hw4 bhs.w accompli à Edfou devant Horus et 
athor, patrons du sanctuaire, au milieu des autres scènes de fondation 
gravées dans le pronaos du temple M. C’est le cas aussi, au milieu des céré- 
monies du départ de la flottille sacrée vers le grand temple, au mois d’Epiphi 
Le rite de frapper les veaux y est tenu pour capable de détourner toute 
mauvaise volonté divine, sur la route du fleuve que suivent Horus et 
Hathor . Les textes des tableaux d’Edfou qui les représentent apportent 
lex P llcation des mots : prendre soin de la tombe (d’Osiris) 

7 , a , 1 m T SOnt p,usieurs fois em P Io y és seuIs ’ au texte du 

ntuel de la fête de la Bonne réunion. Ils le sont toujours pour désigner un rite 

spécial, que 1 ensemble des prêtres présents à une cérémonie exécutent en un 

lieu donne. Ce rite n’est autre que le rappel des soins qu’Horus donna à la 

om e de son père, à Héliopolis. Ces « soins» sont essentiellement l’exécution 

du rite km.t Ms-rn qui assure la protection du corps d’Osiris et sa renaissance 

v getale. Il y a identité entre les deux cérémonies «; mais l’allusion que 

constituent les mots hh is, ainsi isolés, n’a pas permis à Brugsch d’en saisir 


P *- 3 = LXIV G—** registre, quatrième tableau). 

la à T T'® S qUatFe bêtCS ét3it vra * sem t , lablement remplacée, dans 

la plupart des cas, par la simple psalmodie des formules, soit par \e prêtre du J, soit par le 

dme7(Z Z) 8 ^ ^ C ° mme Cda CSt Spécifié P ° Ur 13 f ° rmule : «*"•*» * **• 

(S ’ Cf. Edfou, II, 86, 5 - 7 . Le roi est : 



> — I e 

l’image d’Horu» qui frappa U» veaux dans Héliopolis , [devant (?)] Min (r-ïhtt mi Mnwt 
sortant de sa montaone fiîi-hnw lifïw .‘i* rr ^ Mnw) 

montagne (m &n>v l.tm.f) ; ü eu comme Horus après l’etsevelissement de son 


-*-*♦•( 465 fu- 
ie sens véritable M. Tels sont les faits précis qu’on doit grouper autour du 
rite bhs-w < 2 L 

Après l’exécution des cérémonies propitiatoires, le rituel tient l’opposition 
divine comme apaisée. Alors les barques relèvent leurs mâts, déploient leurs 
voiles; les rameurs se penchent sur leurs avirons, les amarres tombent : tout 
le train fluvial, remorquant les deux nefs divines, entouré de la foule des 
«felouques» pleines de pèlerins, s’ébranle vers le but final du voyage. 
On descend le canal de Db’,; on atteint le courant du Nil; on remonte en 
direction du grand temple, tout proche vers le sud. Mais en passant à la 
hauteur de la butte de Geb (’I;-t-Gbb), une halte est encore prévue. On 
accoste W en face, et on offre un grand sacrifice : 


père j frappant les veaux pour prendre soin de sa tombe (éw mi Hr m-ht kré it-f, tyw bhs*w r hb is-f). 
Edfou, If, 5 i , î v : 

on ftappe les veaux pour prendre soin de leur tomfye (hw bbs*w r bh is-én) (il s’agit là des dieux 
de l’ennéade d’Edfou, sous leur forme d’Osiri?) ; etc. 

W Cf. Edfou , V, i 3 1 , 8 : les prophètes prennent soin de la tombe (au cours des cérémonies du 
premier four de la Fête de Béhédet). Edfou, V, 34 , n : les ( prêtres ) porteurs d’ Horus (littéralement : 
les parents), et les autres prêtres (iittér. : ses gens) prennent soin de la tombe (au temple de Db >) 
le iâ'jour de la Fête de Békédet (bli is smîy*w rhy-t*f), Brugsch (Drei Festk., p. i a (col. 8) et 
p. 1 6 (col. 9)) a traduit : Die Propheten sollen die Tempelküçhe besucken , et : Aufzusucken die Küche . 

w Pour l’ensemble des formules utilisées dans les tableaux du temple d’Edfou qui pré- 
sentent le rite kw-t bh$*w , cf. Edfou, I, 78, t 3 -i 4 : 

Accepte les veaux de toutes couleurs (de pelage) : je les frappe, pour cacher ta tombe (m^k*t) 1 , Ta voûte 
(Iittér. ; ton ciel-inférieur : nn-t-k) est sanctifiée (d^r-tw) ; on ignore ses portes elle est dans V ombre i 
elle est dissimulée aux adversaires . 

Edfou, ï, 10s, î-a : 

ta grande sépulture est sanctifiée contre tout mal , ton tombeau est caché à tous ennemis. 

Edfou, I, 4 o 4 ; II, 5 i ; II, 86; III, 168-169 (caractère agraire du rite); IV, s 4 i-a 4 a; 
V, 86-87 ? VI, 286-987; VU, 1 55 -i 56 (efficacité du rite sur tous les diéux). 

(S) À la rive du fleuve simplement, semble-t-il : il n’y a sûrement pas de débarquement 
des images divines à T\'t~Gbb. 


/ 


— *-*•( 466 t~ — 

E) On pousse la barque W (wd wij), on remonte vers (Edfou-) Bl?d4; Elle W 
accoste (mm -s) a la butte de Geb, On fait une (o ffra nde- ) wp -r l (et) on fait une 
(offrande-)hn ; on place une grande (offrande-)consumée (w;h krr ';) devant ce dieu 
vénérable ; on fait (le rite du) bétail dans 1' (autel-)h’,\\-t (ir nj 'w-t M m h’w-t). 
(Puis) on fait le cérémonial de la barque de fête (ir nt- n hr-t devant ce dieu ; 
on fait le cérémonial de la protection de la barque. On pousse la barque , et on remonte 
jusqu’à (Edfou-)Bhd-t < 5) . 

i 

Il n’est pas nécessaire de supposer* que la butte de Geb, nommée 
uniquement ici dans tous les textes hiéroglyphiques connus, se trouve sur 
la rive droite du Nil, à l’est d’Edfou, comme le fait Brugsch, et à sa suite 
Gauthier < 6 ). II faut, dans ce cas, admettre que le cortège fluvial traverse 
d’abord le Nil obliquement d’ouest en est, puis le traverse â nouveau d’est 
en ouest après la cérémonie, pour entrer dans le canal qui mène au débarca- 
dère du grand temple. Brugsch semble avoir localisé la butte de Geb «à Vest 
de Dbl» (et il entend par là la rive est du fleuve), en se référant, peut-être 
avec juste raison, à la tradition sur le combat d’Horus-fils-d’Isis contre 
Seth rapportée aux textes de la fête de la Grande offrande de Râ M. Les ex- 
pressions employées là sont en effet : fir (variante : r) i’,bi n Dbl ■«, r Wts-t- 

T — « — rr^ T — r T * T 7 r,~ ■ * 

Avec la gaffe, pour que la barque quitte le quai d’amarrage. 

(a) mnls : cf. %n-tw*é = Elle est ramenée . C’est de la déesse Hathor qu’il s’agit. 

Le mot (cf, Edfou , pk phot. 467, 10* col. = Edfou, V, 126, 7) contient certainement une 
faute du rédacteur. Brugsch a traduit assez loin du texte, mais selon le sens exigé par la phrase : 
In Bereitschaft zu halten die Opferthiere für den Âltar . Il convient de rapprocher plusieurs exemples 
du mot Vt, écrit avec le bâton de jet, et le m cursif récent : Edfou , I, 536 , 1 1 ; Edfou , II, i 65 , 5 ; 
Edfou, V , 33 a, 9-10. déterminatif y est celui de notre exemple; le panache de roseau i au 
lieu du bâton de jet est une faute très fréquente ; quant au 3 e signe, lu r par Brugsch et Chassinat, 
il se place sur un joint horizontal de blocs de construction, aujourd’hui qjargi par l’usure, et 
semble n’être que l’emplacement d’un éclat de la pierre. 

{4) Cf. shry-t fWb., IV, 209, 1), et Edfou , V, 126, 8 (nt-ékr). 
w Edfou, V, 195 , 5 - 8 . 

w Cf. Brugsch, D. G., p. 672; Gauthier, D . G., I, p. 34 . 

{7} Edfou, VI, i 35 , 2-1 a; cf. plus bas, 6* partie : fête de la Victoire d ‘Horus. 

< 8) Edfou , VI, 2, 6, 11. 


< *67 } 



Hr, Dbl n nb-Mén(*t) W, n-hr Wt$(*t)-Hr W. Toutes se rapportent, non à Bhd-t, 
mais à Dbl, certainement distinct du premier. La dernière désignation de 
lieu est celle-ci : 




[D w 


JP 





Quant au gravier qu’on trouve au sud de tous les domaines (sacrés) (sp-w-t) 
où est venu Horus d’Edfou, — c’est qu’il en est tombé (du ciel) (sous-entendu : 
à ces endroits) W. 


Or le point désigné ici ne peut être que le sud de Dbl, et non celui de 
Bh,d4. C’est là, dit la légende, qu’Isis, voyant son fils Horus en danger 
pendant son combat contre Seth, appela à l’aide Horus d’Edfou-grand-dieu- 
du-ciel. Celui-ci vint, et trouva les deux adversaires aux prises sur la rive 
du fleuve (hr épr-t n ym). Isis -et lui firent alors tomber du ciel une grêle de 
gravier, qui abattit la tempête déchaînée par Seth. Depuis ce temps, quand il 
pleut du sable dans la vallée d’Egypte, on l’appelle la grêle de Geb W. C’est 
cet amas de gravier, signalement probable d’un terrain sacré, qui se trouve à 
la fois au sud-est de la ville de Dbl, et au bord du Nil W. Il n’est pas invrai- 
semblable que ce soit là le lieu saint nommé aussi butte de Geb. Mais alors 
il convient mieux d’en supposer l’emplacement très près du site de Dbl et 
du fleuve, sur la rive ouest, où sont tous les vestiges anciens d’Edfou. Si le 
lieu du combat d’Horus et de Seth est bien la butte de Geb, les barques 
sacrées remontaient donc, de Dbl à Bhd-t, au long de la rive gauche; elles 
s’arrêtaient sur cette rive même, à quelques centaines de mètres du temple 
qu’elles venaient de quitter. Le service qu’on adressait là au dieu de la terre 
est important. Le rituel suivi était celui de la cérémonie funéraire vop-n (6) , 
et l’offrande était du type complet hn; elle comprenait les holocaustes 
ordinaires, sur les «braseros» d’offrande 'à (7 ). On lisait plusieurs textes 


M Ibid., 3 - 4 . 

!*> Ibid., 7. 

W Edfou, VI, 1 85 , 9-10. 

C’est-à-dire : la grêle de terre , par opposition à la grêle du ciel, 

{S) Sur la grêle de gravier mythologique, ef. Brugsch, Wb., 2* partie, p. 267-258 (article V). 
W L’expression a comme déterminatif le signe du lien des manuscrits. 

W Cf. plus haut, i rv partie (le culte régulier au temple d’Edfou). 


\ 


spéciaux au cours du service ; on terminait en répétant pour ia seconde fois 
celui de la protection de la barque , déjà lu le matin ayant le départ, à l’embar- 
cadère du temple de Dbi. Alors seulement les barques quittaient le lieu du 
sacrifice à Geb, et remontaient encore au long de la rive. 

A la hauteur du grand temple d Horus de Blj-d-t, un canal perpendiculaire 
au cours du fleuve reliait, selon toute vraisemblance, le Nil à l’embarcadère 
sacre. Il traversait les terres aujourd’hui cultivées qui s’étendent jusqu’au 
canal moderne El Ramadi, sur un parcours d’environ 600 mètres. Il se 
raccordait, en un point de ce trajet, au canal ancien de la province, souvent 
désigne dans les textes d Edfou sous le nom de pi-hnw, ou : p(i)-n-hnw d); 
A proximité de ce point de jonction commençait la limite de l’agglomération 
ancienne, construite au temps des rois grecs autour du terrain sacré du grand 
temple. La différence de niveau entre le dallage de ce temple et un point situé 
à l’ouest de son mur d’enceinte de brique, au milieu des ruines de 
constructions de la ville datant de la même époque, atteint 10 m. 3 q. D’après 
1 examen qu on peut faire actuellement des ruines semblables situées sous 
les maisons de la ville moderne, la région à l’est du temple dominait, semble- 
t-il, d’à peu près autant, à la même époque, le niveau du terrain sacré. L’en- 
semble du bourg de Bhd-t avait donc probablement l’aspect d’une butte de 
forme arrondie «, creusée au centre d’un vaste quadrilatère, où n’existaient 
que les édifices religieux et leurs nombreuses dépendances. Cette enceinte 
sacrée était entourée, comme c’est l’habitude autour de tous les lieux saints 

* '" r ' “T 't'” ~ nr r rv '- ‘ -"î 1 - J ■ • ; : 1T ,| "T. I ‘ nr^ T"» » t r- - ■■ ■ ■' ,J . 

* * ^1* III» ^7^» ® ! Gauthier, D . G ,, II, 4o et 4$ ; IV, 196 . Il est possible que les 
deux parties de ce canal, désignées sous les noms de : p(i)-n-hnw m mh-t n Dbi, et de : p(l)-n-knw 
rsi (Gauthier, D. G., II, 4g) aient correspondu, l’une à l’agglomération de Dbi, et l’âutre à celle 
de Bhd-t. Le canal pi-hnw de la province d’Edfou semble avoir servi à l’irrigation des terrains 
de culture, et à la navigation dans le sens parallèle au fleuve ; il ne faut donc pas l’assimiler aux 
branches perpendiculaires, qui reliaient au Nil les débarcadères des deux temples de Dbi et de 
Bhd-t. 


W Cf. Alliot, Tell-Edfou, pl. XX (plan du site archéologique, ig33), dans : Fouilles de 
1 1. F. A. O. du Caire, Rapports préliminaires, t. X, a* partie (ig35). Il s’agit de la cote de niveau 
85.6a mesurée au seuil du temple (porte au centre du pylône), et de la cote de niveau g 6.01 
sur le kôm central (cote la plus proche du pylône ouest du temple, à l’étage des constructions 
ptolcmaïques). La partie ouest du kôm ancien, dans laquelle ont été pratiquées les fouilles de 
1 1. F. A. O. du Caire , a conserve, sur son pourtour ouest et nord-ouest, inhabité depuis l’époque 
fatimite (fin du x' siècle ap. J,-Ç.), une forme circulaire caractéristique. 


conservés en Egypte, d’une épaisse muraille de brique crue. Cette dernière 
soutenait sur sa face extérieure le poids des matériaux des maisons déjà 
détruites, et celui des habitations contemporaines, qui les recouvraient. Un 
des principaux accès vers l’intérieur du domaine d’Horus était, semble-t-il, 
une allée, dont l’axe longitudinal prolongeait celui de la porte sud-est de la 
cour du grand temple, ou « porte d’Hathor». Cette allée sortait de l’enceinte 
sacrée en direction de l’est. Elle continuait à l’extérieur au même niveau que 
le sol du temple, selon toute vraisemblance. Par conséquent elle était sur- 
plombée, à droite et à gauche, par les maisons contemporaines du bourg 
de Bhd-t. Elle arrivait enfin, en un point impossible à préciser à l’heure 
actuelle M, à l’embarcadère du temple d’Horus. 

C’est vers ce lieu que se dirigeait la flottille sacrée, au jour de la nouvelle 
lune du mois d’Epiphi. Quittant le fleuve, elle tournait à l’ouest, entrait dans 
les terres; les barques, l’une après l’autre, tendaient leurs proues vers le 
haut pylône du temple, qui dominait, comme il le fait encore aujourd’hui, 
la bourgade entassée à ses pieds. Peut-être la plupart des embarcations 
d’accompagnement accostaient-elles au quai du canal pi-hnw, à proximité 
des maisons, à quelques distances de l’enceinte sacrée. Les barques de re- 
morque et les nefs divines continuaient jusqu’à l’embarcadère. C’est là que 
se déroule la première scène de la fête dont les bas-reliefs du temple nous 
aient conservé le souvenir. 


(l > Parce qu’il se trouve, selon toute vraisemblance, au-dessous du niveau de fondation des 
maisons modernes de la ville d’Edfou. Il est utile de comparer, à propos de l’emplacement pro- 
bable de l’embarcadère du temple d’Edfou, la position qu’occupe, par rapport à l’enceinte de 
brique qui l’entoure, l’embarcadère du grand temple d’Âmon à Karnak (go mètres environ à 
l’ouest du pylône de Ghéchanq, encastré dans le mur d’enceinte). 









CHAPITRE V. 


ARRIVÉE DE LA FLOTTE SACRÉE, ET DÉPARQUEMENT 
AU GRAND TEMPLE D’(EDFOU-) BM-t. 

Autour de cet accueil des dieux, à leur entrée dans leur sainte demeure, 
se groupent le reste des textes de la première partie du rituel de la fête. 
Malgré leur nature disparate, il est préférable de les garder réunis, tels que 
le rédacteur ancien a voulu les fixer à jamais sur la muraille du pylône est 
d’Edfou : 

"" 1 t (— 

P-HT-Tl^' C • n e 


DvtiâïVr 


w* \n ! ü i a i i s \ h - * a si i i, x : î * ,|î ■ x. 

5i C ' ! 

L* I \ ! One rai ,«e ^ Hi 41 I t aÉ; !-» , .O* S TF? A 




*( 472 > 


» » = ~ rr, K *=■ S r? 1 L w H. X *> 12 T fl X 'h S K * 
ann^!»:i®çX 5 ;iT 2 “~î!+wiî-ü?i: 
^ n r, n TîTf:,;^i-=*#TS!^TriS1'!^TPSaPr; 


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( : . 'K lL!"ZZf Q fT^^rI^K : :ü!ÜÜI g H ® ! 

f= r~~~* "s — ^ * m <—=■ 

© iCrl ~x~ JT% 

-* 

F) Il arrive (alors), le dieu vénérable, Horus d’Edfou-grand-dieu-du-ciel, en sa belle 
fête de Bhd-t, accomplissant sa navigation de million d’années, en présence de 
Râ! Il brille, (et) sa lumière met en fête le pays! (Il est) comme (Har)akhthès, 
qui accroît son monument pour son père h) ! C’est son fils (irtétiw-f), le roi 


c 


^jj, le fils de Râ Ç~ 


^|, son fils bien-aimé, qui fait 


remonter le fieuve (éhnt) à Horus d’Edfou! Oui, c’est lui le souverain^', qu’a engen- 


dré le maître du pays, le roi 


^ , le fils de Râ Ç 


J 


(cest lui) le protecteur (nd) de son père! Puisse (celui-ci) lui donner un million de 
fêtes-sed en vie et prospérité, et tous les pays étrangers réunis sous ses sandales! 
(Car) il a fuit fondation pour son père Horus IF Edfow-grand-dieu-du-ciel : il a 
exalté cette belle fête! 

Liste (rh) de quiconque ira pour monter en barque (s nb îwt(y)»f(y) (h)r h^î) r 
WÎ’), au service du dieu vénérable : Tous les (prêtre$-)horaires du temple, pour 
officier ; le cérénumiaire doyen de la salle (hri-hb-t éméw hiy*t) est celui qui 


Sm-n ntr pn sps H r-Bhdt i-ntr-'î-nb-p ■ t, m hb-f nfr n Bhd-t, ir hn-f m hh n rnp-t, hft R ‘/ Péd-f, 
shb m’m-tf t’-mi, mi ’>hty Pl mnw-f n it-f ! La traduction de Brugsch (Dm Fettk., p. 1 7, col. 10- 
11) est très différente de celle que je propose ici. Elle ofre de grandes difficultés, dues à la 
façon dont Brugsch a coupé les phrases, et choisi l’antécédent du suffixe possessif de pid-fe t 
mlw'i'f. 

m ’lsk ity pw. La confusion est possible entre la particule Ult, et le verbe ék. Si,, comme 

Brugsch, on choisit la seconde alternative, il faut supposer un oubli du scribe, pour n ski 
P) Cf. Wb., II, 44 a, 16 (écriture ptolémaïque de l’infinitif); littéralement : connaître 
quiconque ? etc, 


—h «+ i( 473 

viendra officier (p’ nty hr îw r $m) ; le chef (hjwiy)W d’ (Edfou-) Ob; l’intendant 
d’administration (pi mr gé-pr) du (roi) Ç "jj ; le chef d’ Hiérakônpolis 

(Nhn); — V (homme d’équipage) qui pousse (à la gaffe ) la face d’ Horus de proue, 
et celui qui pousse (à la gaffe) la face d’ Horus de poupe (wd hr(Hr) n h;-t, wd 
hr[Hr] n phwy W) ; le calfat (p(i) sh-rfp)! ( 3 ); deux hommes pour manier la perche (J) 
(pi iwt hdy-t, s 2)W; quatre hommes pour manœuvrer la vergue (?) (pi iwî sbi, 
s 4) quatre hommes poux tenir le gouvernail (pi iwî hmw, s 4) ; une équipe(l) 

de rame(l) de huit(t) hommes (iri-nfr hp-t(?)., s 8 (?)) < f,) ; trois [ (?)] 

([• • -(?)], s l); (X) chanteurs (sacrés) (sm'w, s [. . .]); quatre porteurs d’autel 

à feu (fî '(}, s 4); un intendant de magasin (mr snSy, s 1); trois trésoriers 

— — * — ~ r 1 1 ‘t ; 1 7 — 

(1) Il semble préférable de lire : hiwty ( Wb », III, 39, 9) : cf. tous les titres de fonctionnaires 
semblables, énumérés dans le rituel de la fête de la Bonne réunion . Il y a donc lieu de relever 
aux textes d’Edfou : i° une orthographe de hiti (abrégée, semble-t-il, de 4 JfP), qui s’applique 
aux prêtre^ de haut rang, en général (cf, Edfou, I, 54 $, 3 et 10, etc.); a 0 une orthographe 
récente kifvty , qui désigne un chef (de police (?)) placé, dans l’administration royale, à la 
tête d’une localité (Dendéra, Komir, Hiérakônpolis, Edfou). 

(5) Cf. Edfou, V, 126, 4 - 5 . Chassinat a lu un p devant hi-t; Brugsch ne l’a pas lu ; il n ? y en a 
pas trace sur la pl. phot. 46 ^ (e ©L 1 5 ) ; pas plus qtie devant le mot parallèle : phwy . Il s’agit 
ici, semble-t-il, d’qne expression commandée par son déterminatif humain : celui-ci porte sur 
l’ensemble, et non pas seulement sur le dernier mot. Le verbe wd est celui qui se trouve noté 
dans Wb., I, 387, 22-24 ; cf. l’expression s |p] wd-mni (cf. plus bas, 6* partie : fidfou, VI, 60, 
1 0). Le terme kr = face, avec son déterminatif qui reproduit le protome de faucon couronné du 
disque solaire (exactement celui de la proue et de la poupe de la barque d’Horus : cf. pl. 
phot. 469), est un dbraÇ. Le décalque littéral serait : celui qui pousse la Face de proue {poupe). 

l#) L’article pi n’a pas de valeur numérale, dans les listes de compte : cf, les trois exemples 
suivants, où, à la même expression : pi singulier, correspondent plusieurs personnages. On 
peut traduire aussi pi sh-sp par : V [ouvrier) constructeur {de barques) : cf. Wb., IV, 97, 2 ; littér. : 
le serre-corde (pour la couture des joints à calfater : cf. Mqntet, Scènes de la vie privée, p. 79-80 
et p. 342 - 344 ). 

W Cf. Wb., III, 2 1 3 , 3 2. 

(5) Cf. Wb., IV, 235 , 5 et 268, i- 4 . Voir plus bas, page 546 , ligne 5 : hV pishl = amène 
la vergue! (il s’agit de partjr vers laval du fleuve). Voir page 477, lignes 22 et suivantes, le 
commentaire de cette expression. 

^ Cf. Edfou , V, 32 , 4-5 : ddfr iri-nfr (?) kp-t (?) pl m ç w : uni mï! hn nht, hn n ht! =s= {le 
chef de barque) dit à V équipe des rameurs du bateau ; nage! rame fort , rame fort! (voir plus bas). 
Il semble bien que ceux à qui l’on dit : rame fort! ne peuvent être que les rameurs de la barque. 
Or c’est la même écriture du groupe : iri-nfr hp*t. Pour la correction : 8 (au lieu de 7), cf. Edfou, 
pl. phot. 467, col. 16 : la place où les signes numériques sont détruits correspond mieux à : 
2 [+ a], qu’à : a [+ i). 

Bibl. d' Étude, t. XX, 2* fasc. 


60 


(mr sd;w-t, s 3); unscelleur (mrhtm, si); quatre portiers-gardiens (wn-pr n 
gé-dp, s 4). 

Les barques qui doivent faire naviguer le dieu, en la navigation de sa belle fête 
d’ (Edfou-)Bhà‘t (sont) : le premier bateau, une barque-de-fête (nt-shr) M, avec 
(hr) l’intendant du roi (mr-pr hr néw-t-biti) ( jj, fils de Rà 

( 1 ; le second bateau, une {barque-)é mh avec la cabine (pr) du 

trésorier (mr sd ’ w-t) , (et) avec le chœur des chanteuses (?) d’ Eileithyiaspolis : 
(' n Nhb) les (chanteurs-} sm c w seront dans le bateau du chef (p’ h*wty) 
d' [Edfou-)l}bu et cetera ((hmw-t)-*;) W. 

Lwtfe(rh) de toute localité (dmî nb) dont les coutumes se trouvent en des écrits 
anciens W : Le chef (p^ hjwty) d’ Eléphantine (n îbw), avec tous ses gens (hn c 
t[*t]*f nb) (% fera V «ouverture de Veau» (tir ir wb(î) n p* 8) W, et veillera à la 
marche de la barque (tir h r wd wij). Le chef de Dendéra , avec tous ses gens 
(hn c rmtd nb), apporteront le tribut de leur pays (hr in înw*8n m U} : 10 jarres 
[devin (?)], [et} ils veilleront jusqu [à Varrivée} autemple M (wnn*énhr rêr h*t-ntr). 
Le chef d* Hiérakônpolis (Nhn) tiendra le câble d 9 avant, [et} le chef de Pr-mr 
[Komir} tiendra le câble d’ arrière : car c'est eux qui fournissent leur accostage , et 
qui envoient le bœuf [mentionné} sur la règle [écrite} (mf) [intitulée} : « départ 


Cf. Wb., IV, 209, 1 : $hry[*t]* Il semble préférable de lire ici : nt^shr, plutôt que : imw 
tpy, nty shry(-t). 

« Cf. Wb., IV, 1A0, 1. 

Cf. Wb., I, 169, 16, et $$p 4 , ibid., IV, 087, 12 ; Edfou, Y, 348 , 7 : = le chœur des 

chanteuses (de Dendéra) (calendrier des fêtes d’Hathor gravé à Edfou, col. 2 ; voir plus 
haut : fasc. 1^ p, 21 5 , 1. 16. 

^ Il semble que rj, isolé ici, soit une abréviation pour (hmw-t)-rl. 

^ Sous-entendu : au sujet de la fête de la Bonne réunion, à Edfou. 

(#} Le terme correspond à mit du chef de Dendéra, à la colonne suivante (cf. Wb., V, 838 , 1) ; 
aussi la restitution est-elle probable. Il s’agit, semble-t-il, du personnel administratif (gardes de 
police (?)) qui accompagne les deux chefs au pèlerinage d’Edfou. 

^ Pour wbîw , ef. Edfou , pl. phot. 466 (col. 20) : le signe du foret wbî est probablement à 
rétablir, dans la lacune entre w et b . C’est un des sens bien attestés du verbe wbl que celui de 
rendre navigable (iine étendue d'eau ), en sondant le fond devant la proue d’une barque, en parti- 
culier (cf. Wb., I, 290, 7). La seconde partie de la phrase se rapporte au même privilège 
honorifique du chef d’ Eléphantine, quand il accompagne Horus dans sa navigation de Dbl à 
Bhd-t. 

t*î Probablement de la même façon que les gens du chef d’ Eléphantine, 


-*-***•( 475 


de ta barque », (wr«(?)) le [reposoir-} rnirw [qui fait partie} des chapelles (?) 
(ssp*w-t (?)) du chef de Nékhen W. La fourniture unique (ir w c ) du chef de 
Pr-mr [sera de [m} : 5oo pains de diverses [espèces}, 100 jarres de bière , [et} 
3o épaules de petit bétail (bps w*t), pour les gens des villages (hr nj c nh-w 
n nw-w4) W, afin qu'ils passent [leurs journées} assis (wrs-én hm é}, à boire et 
festoyer & devant le dieu vénérable , à se frotter d'onguent (sin sgnn), à battre à grand 
(i bruit )W le tambourin , avec les gens de la ville {d'Edfou}®. [Avec} musique et 
tambourin, qu'on chante (Hn nhm, dd-sn) ; 

Joie à jamais, joie à jamais! C'est le roi ^ 


c 


J|, le fils de Râ 


qui a fait toute fondation, à jamais, pour (hr) la navigation 
vers Edfou (Bhd-t), à (m) million d’années! Quelle dure toujours et à jamais dans 
Wts-t-Hr, Bhd-t et ’lwn-t . comme l’a dit Râ lui-même, et tous les dieux ensemble 
(m dd n R' çM-f, ntr-w dmd m-sp) ! ( 1 * * * 5 6 L 


Ce curieux mélange d’énumérations précises et de bénédictions lyriques 
à l’adresse du roi a été gravé à côté de son meilleur commentaire : c’est la 
scène même de l’arrivée du cortège des barques à l’embarcadère du temple 
d’Edfou, gravée au mur du pylône est. La tète de ce cortège est représentée 
à partir du centre de la planche photographique 4yi de l’édition Ghassinat; 
la suite se déroule, de gauche à droite, aux planches photographiques 4 70 . 
46g et 468. Les barques arrivent du temple d ’ (Edfou-) Z)ô;, après l’escale 
à la Rutte de Geb. Elles portent donc à ce moment des personnages de toute 
espèce, depuis les humbles rameurs jusqu’aux grands dignitaires, dont 
les listes disparates remplissent la fin du premier fragment du rituel. 
Les uns arrivent de Dendéra avec Hathor ; les autres se sont joints à eux en 


(1) Pour le commentaire de toute cette phrase, voir plus haut ( 4 ' partie, II, 4 ). 

(,) là., 4 * partie, 11, 3 . 

m Littéralement : à faire belle journée. 

w Littéralement : très fort. 

(5) Malgré la présence du pluriel (niv-w-t ) , il est préférable de garder le sens de Brugsch. 
L’attraction du même pluriel, déjà employé à la colonne précédente, suffit à expliquer l’erreur 
du scribe, au lieu d’un singulier. 

Edfou, V, 1 2 5 , 8, à 128, 3 ; cf. les variantes graphiques de m-sp (toute la formule finale est 
identique) : Edfou, VII, 29, 17, à 42 , 4 ; 178, 8, à 189, 6 (soubassement du mur d’enceinte, 
face externe) ; Wb., III, 438 , 8. 

60. 


476 W*« — 

cours de route; les derniers ont quitté (Edfou -)Bbd-t en compagnie d’Horus, 
pour aller attendre la déesse à (Edfou-) DA;, la veille de la nouvelle luneW; 
ils reviennent ce jour avec la procession complète, entourant les deux divinités’. 
Un détail très caractéristique montre que les barques arrivent bien d’aval 
vers l’amont du fleuve : non seulement toutes les voiles sont hissées », mais 
encore chaque barque de remorque est reliée à sa suivante par de doubles 
cordes ». L’effort de traction est beaucoup plus dur, en effet, quand on 
lutte contre le courant ; mais alors comme toujours en Egypte, voile et rames 

peuvent unir leur effet en profitant du vent du nord, qui ne cesse guère de 
remonter le fleuve. 

Le moment choisi par le dessinateur est celui où la première barque de 
remorque a déjà dégagé la place pour la seconde, en face du débarcadère. 
Toutes les autres embarcations sont encore en ligne l’une derrière l’autre. 
II s agit, de remorquer jusqu’au quai les deux barques divines, qui n’ont ni 
mât ni rameurs, et ne peuvent manœuvrer d’elles-mêmes. Il faut donc que, 
successivement, toutes les autres s’avancent jusqu’à ce que leur proue touche 
le quai, puis imitent la première : elles se placeront sur le côté, et reculeront, 
laissant 1 extrémité du canal libre pour l’amarrage des nefs d’Horus et 
d’Hathor W, 

La première et la seconde barques du convoi sont dépourvues de cabine 
centrale : elles n’abritent donc aucun passager de marque, et semblent être 
uniquement destinées à la remorque. La bordée gauche des rameurs, la 
seule visible selon les conventions du dessin égyptien, est de quatre hommes 
seulement (il y en aura cinq sur les deux mêmes barques, au départ du temple, 
après la fête). Cela correspond à huit rameurs au total : c’est le chiffre repré- 


Parmi ceux-là se trouvaient vraisemblablement le chef d’Eléphantine, avec ses gens, et 
les pèlerins de la première province. Ils ne sont nommés qu’à propos du rôle qu’ils ont coutume 

de jouer pendant la navtgatmn sacrée. Ils sont arrivés du sud, l’avant-veille du jour de la 
nouvelle lune d’Epiphi. J 

,! !” ,“ e ,6S CargUe SUr la VergUe su P érieure qu’au moment d’aceosler au quai. 

l’aval " y * Part ° Ut qU<! de SimpleS C ° rdeS danS ^ C ° rtège flUV ‘ al dU ret ° Ur ’ qui navigue vers 

« Le canal d’arrivée au débarcadère d’un temple ne pouvait avoir, semble-t-il, qu’une largeur 

assez réduit* ’ ^ » 


477 

senté sur chacune des cinq barques de remorque, à l’arrivée au temple ». 
Les hommes sont accroupis sur les planches de bordage, le dos tourné au sens 
de la marche. Il est donc certain qu’ils rament, et ne pagayent pas, à 
la remontée, malgré la position conventionnelle des bras et des mains sur les 
avirons ». Si l’on compare leur attitude avec celle de tous les hommes d’équipe 
du voyage de retour, on constate que leur position est exactement la même, 
mais que, là, tous les rameurs font face vers l’avant des barques ».• Est-ce 
un détail véridique, ou un dessin conventionnel? Probablement, c’est un fait 
exact. A la descente, le courant porte; la nage est plus rapide, donc le risque 
d’échouage plus grand sur les hauts-fonds limoneux du fleuve. Par contre, 
l’effort demandé aux rameurs est moindre. A ces conditions répondent 
bien les avantages d’une position de nage face à l’avant : faible prise 
sur l’eau, mais possibilité de manœuvres plus rapides ; tous les hommes 
voient devant eux le sondeur de proue ou le chef de nage, debout sur la 
plate-forme. 

A l’avant des deux barques de tête du convoi qui arrive à Blid-t, les deux 
chefs sont debout, face au quai; ils font tourner leurs embarcations, en 
poussant sur le fond du canal avec une longue perche. A l’arrière, les hommes 
du gouvernail tiennent le manche coudé de leur lourd aviron. Le premier, 
pour aider à la manœuvre, pèse dessus à deux mains; il s’est placé en avant 
du gouvernail, le dos tourné vers l’arrière. Le second, debout derrière; 
étend le bras droit vers l’équipe des rameurs, et barre de l’autre main. Quant 
aux voiles, la première est déjà à demi repliée vers la vergue supérieure; la 
seconde l’est presque entièrement : bientôt on amènera tout le gréement sur 

. , r - ■ ■ , . . . _■ .* . ■ ?■ • - - » ui I — l- 

C’est aussi celui de l’équipe de rameurs dont il est question au rituel {Edfou, V, 126, 6). 
Cependant la remarque de Chassinat sur le caractère conventionnel du nombre des rameurs 
représentés dans les barques reste juste {Rev. Egypte ancienne, I, p. 3 o 5 , note i). Les dessina- 
teurs des scènes de la fête de la Bonne réunion au temple d’Edfou ont certainement schématisé 
et stylisé chacune d’elles dans des proportions considérables. 

Les hommes d’équipage travaillant aux rames sont représentés dans cette position sur tous 
les bateaux de remorque, à leur arrivée à Edfou. Le bras gauche est tourné vers le haut, la main 
tenant la poignée de l’aviron ; le bras droit descend vers le bas, la main à peu de distance du tolet 
(non représenté). 

(S) Cependant, là non plus, il ne s’agit pas de pagayeurs : les hommes manient les mêmes 
avirons qu’au voyage vers Bhd*t. 

Bibl. d’Etude , t. XX, a* fasç. 61 


—*-*•( 478 W*— — 

ie pont des barques, pour pouvoir reculer librement sur le canal. Dernier 
détail exactement noté : la première embarcation, déjà détachée de la seconde’, 
a jeté une amarre vers la proue de la troisième barque, plus lourde : ainsi 
les deux têtes de file ensemble pourront aider leur suivante à manœuvrer, 
quand celle-ci, dont la voile travaille encore, aura atteint à son tour le quai 
du débarcadère W. 

La troisième barque possède une cabine au centre, sous le mât : c’est une 
embarcation de maître, comme les deux autres qui la suivent. Elle est garnie 
de huit rameurs ; on distingue a peine son timonier,, placé très au centre, 
derrière la cabine. Il tient la barre, le dos tourné au gouvernail. La plate-forme 
aniere est vide; celle d avant le semble aussi, bien que, sur la même barque, 
le chef occupe cette place au voyage de retour. On ne distingue personne dans 
la cabine, derrière la silhouette des deux rameurs d’arrière; par contre, sur 
son toit, deux personnages, en robe longue, sont debout en avant du mât. 
Il s agit probablement de la barque du chef d’ (Edfou- W, puisque les 
deux autres barques à passagers mentionnées avant elle au texte du rituel 
ont été placées par le dessinateur en arrière, plus près des nefs divines (*h 
Les deux personnages font, semble-t-il, partie des chanteurs smw, dont la 
présence est attestée à bord de la barque du chef de Db ; W. 

La quatrième barque est a peu près du même modèle que la précédente : 
c est une barque dit le rituel, fortement relevée à l’avant et à l 'arrière, 
comme le sont toutes les embarcations de la flottille sacrée. Aucun ornement 
ne décoré sa proue et sa poupe; huit rameurs la poussent en avant, 
aidant la voile qui se gonfle au-dessus de la cabine centrale, aux angles coupés 
net. A 1 avant, le chef de barque est debout, le visage et le bras gauche tournés 
vers 1 arrière, en un geste d acclamation et de signal aux passagers. Une 
sorte de balustrade légère et basse, montée sur la plate-forme, dissimule le 
bas de son corps. A Uarrière, l’homme de barre se penche vers les rameurs, le 
manche de son gouvernail dressé derrière lui. Un kiosque de bois de petite 
taille est planté sur la poupe. Un détail frappant permet d’identifier à coup 
sûr la barque, car il révèle, à son bord, la présence d’une divinité. En haut du 


w Edfou, pl. pliot. &71. — « Edfou, V, 136 , 10. — » Edfou , V, is6, 8 et a. — 
( *> Edfou , V, ia6, 9-10; Edfou , pl. phot. 


1 


—«.( /*79 >* 4 ~- 

m ât, debout sur son pavois, les ailes étendues, se dresse l’image d’un faucon : 
Horus de Nékhen-Hiérakônpolis. C’est donc bien ici la barque du chef de 
Nékhen, celle qui porte le tabernacle du dieu de la vieille cité : déchu de son 
antique splendeur, celui-ci est entré, aux temps des rois grecs, dans la clien- 
tèle de son puissant voisin le faucon d’Edfou. Un personnage encore est 
visible, debout sur le toit de la cabine. Le rituel ajoute que cette barque 
est celle du trésorier, et qu’elle transporte aussi les chanteuses de Nekheb 
La cinquième barque est de suite reconnaissable pour la barque de fête 
dont parle le rituel. Munie de huit rameurs d’un timonier et d’un chef, 
elle porte une cabine centrale au toit orné d’une gorge égyptienne, qui la 
rend semblable à une chapelle. Le parement de la plate-forme d’avant 
s’orne de la figure léonine d’Hôrus de Silé. La proue porte la tête de faucon, 
et la poupe très haute se recourbe vers le centre, sculptée en forme d’ombelle 
de papyrus. Le gouvernail est double ; tout en cette nef rappelle la construction 
des barques divines. Le patron de la barque, dans la même attitude que celui 
de l’esquif précédent, acclame le dieu et signale son temple. Du haut du toit 
de la cabine, deux passagers répondent à son geste, en tendant les mains vers la 
haute demeure d’ Horus. Ils portent la robe longue : peut-être sont-ils parmi 
ces nombreux fonctionnaires et gens de service, ecclésiastiques ou royaux, 
dont le rituel fournit la liste W. Un fait est sûr : dans l’ordre où sont 


^ Edfou, pl. phot. 470. 

D’une façon générale, toutes les barques de la fête de la Bonne réunion (s om Ptolémée VIII 
Sôter II) sont beaucoup plus petites de taille et moins richement équipées que celles des grandes 
processions sur le fleuve, sous les règnes des grands pharaons d’antan. La plus frappante com- 
paraison à ce sujet est fournie par les bas-reliefs de la procession d’Amon de Karnak vers le 
temple de Louxor, et de son retour à Karnak, sous Àmênophis III (çf. Wour, Das schône Fest 
von Opeî). Par exemple, la barque qui remorquait la nef de Moût était munie de 4 o rameurs; 
celle qui remorquait la nef d’Amon semble avoir été presque deux fois plus puissante encore 
(cf. ibid., pl. I, 3 : Fakrt der Barken auf dem Nil nach Ltiksor, et pl. Il, 3 : Riickfahrt der Barken auf 
dem Nil nach Karnak). 

La meilleure raison d’avoir réuni des fonctions si diverses sur une même liste semble indiquée 
par le titre même : Liste de quiconque ira pour monter en batqm au service du dieu vénérable (m sms nir 
pn sps). Il s’agit de tous ceux qui sont attachés au service d’ Horus d’Edfou (à l’exclusion de ceux 
qui accompagnent Hathor depuis Dendéra, et se réclament uniquement d’elleV. En grande majo- 
rité, il s’agit de ceux qui s’embarquent à (Edfou -)Bhd't, la veille du jour de la nouvelle lune, 
pour accompagner Horus jusqu’à (Edfou-)Dt? et revenir en compagnie des deux divinités. Il y a 


—-*♦•( 480 >#*— 

énumérées les barques qui font naviguer le dieu en sa belle fête de Bhd-t, celle 
qui précède immédiatement la barque d’Horus est la barque de l’ intendant 
d administration du roi, qui semble accompagner tout le pèlerinage pour en 
surveiller le déroulement conforme aux règles établies 0). 

Arrivent enfin les barques divines. En tête, celle d’Horus d’Edfou ; hl-t- 
Hprî W. Comme toutes les barques divines < 3 ), elle ne possède pas d’équipe de 
rameurs. Elle est munie seulement de matelots de manœuvre : probablement 
un homme de barre (qui n’est pas figuré au bas-relief : le gouvernail, à 
poignée sculptée en forme d’Horus-faucon, est représenté libre de toute 
surveillance W), et les deux mariniers qui manœuvrent à la gaffe les faces 
d’Horus, en proue et en poupe. Un seul, vers l’avant de la barque, a été gravé 
par le sculpteur sur la paroi du pylône Aucune autre présence humaine 
n’est révélée à bord. Il n’y a pas de mât : seule, la grande cabine du 
maître divin, en forme de chapelle à toiture recourbée soutenue par quatre 
colonnettes papyriformes, occupe tout le centre de la barque. Le nom d’Horus 
d’Edfou-grand-dieu-du-ciel est gravé au-dessous de la voûte de la cabine. 
A l’intérieur de cette dernière, certainement close ou voilée en réalité, le 
sculpteur a montré, selon la convention égyptienne, la barque-litière d’Horus 
posée sur son escabeau. Elle reproduit exactement les proportions de la 
vraie barque sur le fleuve. Au centre, le tabernacle renferme l’image du 
dieu. Autour de lui, on devine les figures sculptées habituelles : lion d’Atoum 


parmi eux les hommes d’équipage nécessaires pour armer au complet au moins une barque de 
remorque, en plus de la barque sacrée d’Horus. Les autres personnages cités semblent tous 
faire partie du personnel cultuel ou administratif du temple de Bhd-t (sauf le chef de Dbl fonc- 
tionnaire royal). Deux seulement font exception : le chef de Nékhen, et l 'intendant d’ administration 
du rot. Le premier, bien que venant d’Hiérakônpolis, et le second, quoiqu’il arrive probablement 
de Dendera, sont considérés tous deux comme au service du dieu vénérable d’Edfou dès qu’ils se 
trouvent sur le territoire de sa province. 

Edfou , pl. phot. 469 - 47 0 a 

<’> C’est la première des quatre barques sacrées du temple de Bhd-t, dont les noms sont con- 
serves a l’entrée de la salle de l’Ennéade : hî-t-Hpri, hi-t-Hr, mr-Hr, ’l-mkt cf. Edfou, pl. phot, 3a3- 
3»4, et voir plus haut : page 46o, note 1 . 

W Cf. par exemple Wolf, Dos schône Fest von Opet, pl. I et II. 

Les timoniers sont visibles sur les poupes des barques divines, dans la navigation d’Amon 
de Karnak vers Louxor. 

(S) Cf. texte (plus haut) y et Edfou, pl. pbot. 46g. 


sur son pavois, roi adorant, divinité tenant le gouvernail. Sur le pont de la 
barque divine, les deux enseignes sur leur pavois ouvrent la route, face à la 
proue : c’est Oupouat le loup, et Horus le faucon. Devant la cabine d’Horus 
d’Edfou veille, à échelle réduite, le symbole divin de la porte des temples : 
une perche de bois portant une flamme de tissu à son extrémité supérieure. 
Derrière la cabine, un bouquet monté de fête imite une fleur de lotus géante, 
largement épanouie, tandis que le signe ' nh , muni de bras humains, tend 
vers le dieu la plume de Maât. C’est le symbole du sacrifice, perpétuellement 
élevé vers le créateur du monde. Au-dessus de la proue de la barque, deux 
colonnes de texte confirment qu il s’agit bien du dieu suprême : 

Horus d’Edfou-grand-dieu-du-ciel, ( le dieu-)au-plumage-moucheté, sortant de 
l’Horizon, qui remonte [le fleuve ) jusqu’au Trôtoe-\de]-Râ (Bhd-t[n]R'). le bon 
port de tous les dieux (mry-t nfr-t n ntr-w nb(-w)) <•). 

Enfin, planant au haut du ciel, au-dessus du tabernacle divin, les symboles 
ordinaires protègent l’image d’Horus : le Disque solaire ailé et sa double 
devise, pour la Haute et la Basse Egypte W ; les déesses protectrices de sa 
double royauté : Nekhbet, la Blanche de Nékhen ; Ouadjet, la maîtresse de 
Bouto ( P-Dp ) 

Derrière la barque d’Horus s’avance, la dernière de toutes, la ne£ de la 
céleste visiteuse de Dendéra. Elle est en tous points semblable à celle du 
dieu qui la précède; mais la face féminine d’Hathor,' coiffée du vautour des 
déesses-mères, couronnée de l’emblème solaire entre les cornes de vache, 
remplace, à la proue et à la poupe, la tête de faucon coiffé du disque. CVst 
Nb-mrw-t , un peu plus basse sur l’eau du canal que h'-t-Hprî. Le gou- 
vernail pend librement vers l’eau, lié à son pieu d’attache. Le seul marinier 
à bord manie la perche à l’arrière, surveillant la lente remontée vers le débar- 
cadère. La cabine centrale, toute pareille à celle d’Horus, abrite la barque- 
litière d’Hathor, chargée de son tabernacle. Autour de. celui-ci s’estompent, 

— * — » **r»rrtt — — — rt — Tt* ’ j- r— f -f -r — *vt — * — M ». " i ci 

Edfou , V, ia8, 4-5. 

Nb ntr *1 nb p4, 4lb-§vo4, pr m ]h4, et Bhdti, ntr *Unb p*t, 4îb-mft, pr m 1^4. 

(8) Edfou, pl. phot. 469 . 


482 )•§*— 

sur la pierre usée, les mêmes personnages qu’autour de l’image du dieu. 
Sur la proue veillent deux enseignes sur leur pavois : le lion d’Atoum, 
couché, couronné de la double plume solaire swtl, et le même faucon 
orus que sur la nef précédente. Le symbole 'nh aux bras humains 
élève son hommage vers la déesse, derrière la cabine; devant celle-ci, où 
s’érige un bouquet de fête construit d’ombelles de papyrus superposées, un 

prêtre debout fait une offrande. Quant à l’inscription au-dessus de la proue, 
elle déclare : ' r 


La [grandi] Hathor, maitnsse [de Dendéra], pamh; ■ h Btid-t, remonte 
jusqu a Bhd-t, le bon port de tous les dieux Ù), 


(le fleuve) 


Au-dessus de la déesse çhère à Râ, les mêmes symboles du dieu solaire 
qu’au-dessus de sa propre image planent et la protègent. A cet accord parfait, 
réalisé dès le départ d’Hathor entre les deux divinités reines de la fête d’Epiphi 

se rapportent exactement ces quelques mots du texte du bandeau de frise du 
mur d’enceinte : 



(Quand) sa Majesté (Hathor) remonte le Jleuve vers Edfou (Bhd-t) [ ] : 

son pet e (it-s) Ra, ses (deux) mains sont autour de son Diadème ('-wi-f h? hr-t- 
tp-f); le Lion d’Atoum la protège (rw-’Itm hr hwt-â), tandis qu’elle arrive en 
pa%æ de {2, (?) la Maison de l’Or (Pr-Nb-t), siège de la Maîtresse (hnw-t) depuis 
l’origine. Voici les chemins de Mén(-t); voici la Myrrhe ® ! Ô Maîtresse, avance- 
toi sur euxl (mk w;-w-t Ms'n(-t), mk 'ntiw! Hnw-t, di-' hr-m-'-én!) W. 


W Edfou , pl. phot. 468. 

{ ) La correction : m, au lieu de r , semble nécessaire. 

(3) Epithète d’Hathor de Pwnt, maltresse de Dendéra. La Myrrhe, 
en fait Voliban Çnthv) ou encens mâle 
<*> Edfou, VII, 26 , 4 - 7 . 


qui traduit mieux ici, est 


483 )*+• — 

Les ailes étendues autour du disque solaire sont les mains dont Râ protège 
son Diadème; le Lion d’Atoum est Harmachis, dont l’enseigne veille sur la 
proue de la barque de la déesse. 

Le texte du rituel passe, sans donner aucun détail, sur les opérations de 
débarquement des nefs divines devant le temple de Bhd-t, sur la réception 
aussi qui les attendait dès l’embarcadère. Mais la fin du premier tableau 
gravé au pylône est nous donne quelques renseignements. Le lieu où arrivaient 
les dieux du pèlerinage était ce que les textes du grand calendrier des fêles 
d’Hathor à Dendéra nomment tp-s, ou tp-n-s : une tête de canal. Nous n’avons 
aucune précision sur celle d’Edfou; mais nous savons que celle de Dendéra 
consistait, non seulement en un quai de pierre (où les barques pouvaient 
s’amarrer, débarquer leurs occupants et leurs charges sacrées), mais encore 
en un kiosque de pierre, ou petit (temple-)ù^-f Ùl, Hathor célébrait longue- 
ment (du 1 9 Tybi au 4 Méchir), par une procession journalière et une station 
dans ce kiosque en face du canal qui mène au fleuve, le souvenir de sa 
navigation et de son retour de Nubie (Bvogm) W, Il est très probable que le 
débarcadère tp-s du temple d’Edfou était comparable à celui de Dendéra W, 
Il comprenait, lui aussi, une h‘g4 : c’est là que nous voyons, au bas-relief 
de la fête d’Epiphi, le prêtre offrir le sacrifice d’arrivée W. 

Les grandes litières divines sortaient des cabines; on les déposait sur le 
quai; les images d’Horus de Nlin et de Khonsou d’Edfou, avec toutes les 
enseignes des divinités ^ , se groupaient autour d’elles pour commencer leur 
marche vers le temple. La procession s’organisait; les porteurs élevaient les 
dieux sur leurs épaules; on entrait dans le kiosque du débarcadère. 

? « — ; — - — • — — m — h — ■ — * — — — - — - 

Cf. Wb., II, 476 , 6. Le kiosque du débarcadère du temple de Dendéra existait encore à 
l’époque où la Commission de V Institut d’Egypte visitait les sites anciens du pays. Cf. Description 
de l’Egypte (édit. Panckoucke), t. III, chap. x (Jollois et Devilliers ), § 2 : De l’édifice du nord 
(p. 293 - 294 ). 

(i) Cf. plus haut, 2 0 partie = fasc. I, p. a 4 5- â 46. 

i 3) Et à celui de tous les temples importants, à la même époque. Le kiosque de Trajan voisin du 
fleuve, à l’est du temple de Philæ, était aussi l’édifice adjoint au débarcadère du grand temple. 

(4} Edfou, pl. phot. 472 . 

(5) Dès le départ du débarcadère, on portait devant la litière d’Horus ses deux armes divines : 
p i mdw , et pi sgmh, et devant celle d’Hathor, son insigne pi mdvo Hthr, comme on le voit faire 
à la sortie du grand temple, au retour de la fête : cf. Edfou, pl. phot. 453 et 45a, 


— *>( 484 )•*+— 

Du quai à celui-ci, une garde d’honneur marche devant; une autre est 
venue à la rencontre, et s’est jointe à la première : ce sont les soldats , dont 
la presence au cours de toute grande fête religieuse est une très ancienne 
tradition en Egypte. On les trouve gravés en grand nombre, aux bas-reliefs 
des monuments qui gardent le souvenir des somptueux cortèges divins du 
Nouvel-Empire : au temple d’Hatchepsout, à Deir-ei-Bahari M ; au temple 
de Louxor, sous Àménophis III < 2) ; au temple de Médinet-Habou, à l’époque de 
Ramsès III < 3 L Sous le portique du pylône est d’Edfou, quatre gardes semblent 
débarquer et précéder les dieux, au premier plan; trois, au second plan, 
paraissent se croiser avec les premiers, venant en sens inverse W. Du côté du 
pylône ouest, une scène militaire toute semblable se déroule, au débarquement 
du cortège fluvial à (Edfou-) Db’, Les trois personnages arrivant du dé- 
barcadère se rencontrent avec quatre autres, venus du temple où les dieux 
vont se rendre. 

Ils marchent tous au pas ; ils sont vêtus du pagne court, à pan carré tombant 
au centre; leur torse est nu; un collier wéh orne leur gorge. Mais les 
dessinateurs et graveurs de l’atelier d’Edfou sous Sôter II étaient loin d’avoir 
conservé l’habileté technique de leurs ancêtres. Ils ont voulu traiter le motif 
selon la tradition ancienne, qui comportait toujours la perruque ronde et 
courte, et les armes â la main Mais cette perruque a pris sous le ciseau 
l’apparence d’un casque descendant bas sur la nuque W; quant aux armes, 
elles sont devenues presque méconnaissables. Celles que les «soldats» en 
service aux débarquements de Bkd-t ou de Obi portent tantôt basses et 
horizontales dans leur main droite, tantôt appuyées sur leur épaule gauche, 
sont des épees courtes : la dague à lame droite du plus ancien armement 
d’infanterie égyptienne W. Cette variété de dague, à poignée longue et mince 


(l) Na ville, Deir el-Bahari, IV, pl. 90-91 ; V, pl. 124-126; VI, pi. i 55 . 

(,) Wolf, Das schème Fest von Opet, pl. I (Westwand), 3 ; II (Ostwand), 3 . 
m Gauthier, Fêtes de Min , pl. II, III. 

<4) Edfou, pl. phot. 471, 472. 

(,) Edfou, pl. phot. 462, 463 . 

Cf. tous les exemples de soldats égyptiens, aux bas-reliefs déjà cités. 
m Même gaucherie pour tous les personnages des mêmes séries, représentés tête nue. 
m Cf. par exemple, l’épée de parade du roi Ahmosis : Erman-Ranke, Aegypten, pl. 4i, 1 (au- 


* — ■*»•( 485 )*»-— 

terminée en pommeau, s’est prêtée aux plus étranges déformations des 
dessinateurs de la «basse-époque» ptolémaïque Ù). On en trouve de bons 
exemples, avec des formes tout à fait comparables, dans le défilé des divinités 
protectrices, à corps humain et face de taureau, qui se trouve à la partie 
supérieure du mur (L’enceinte ouest du temple d’Edfou (face interne) : 
ces dieux armés en guerre forment la garde militaire d’Horus-Râ d’Edfou 
Quant à l’objet que le premier soldat de la file de droite présente devant 
lui, à la hauteur de son visage, sur le mur du pylône ouest d’Edfou W, il ne 
peut guère être autre chose qu’un arc. Cet arc est particulièrement mal gravé, 
et la position de la main qui le tient gauchement rendue Il est représenté 
détendu ; la corde lâche semble flotter en direction de l’homme qui le présente 


dessous de la hache). L’épée droite est assez rare dans les défilés de soldats participant à des 
cortèges religieux, aux époques plus anciennes ; mais le port des armes, soit basses, dans la main 
droite, soit sur l’épaule gauche, est le port habituel dans l’armée égyptienne : cf. les exemples 
ci-dessus. 

H est certain que l’épée égyptienne, ainsi gravée, ressemble d’une façon frappante à la 
laitue de Min ('èw), telle qu’elle est souvent représentée à la même époque dans la main du 
rçq, qui l’offre au dieu. Cf. par exemple Edfou, pl. phot. 247, ou, encore mieux, Edfou, 
pl, phot. 3 sg. Il faut cependant remarquer que, malgré l’apparence rigide de la plante et de sa 
tige dans le dessin ptolémaïque, jamais l’offrant ne la présente horizontale (pesitièn des épées 
tenues de la main droite)* mais toujours verticale, la pointe tournée vers le haut. C’est la position 
naturelle de la laitue de Min présentée en groupe, dans le jardin qui la nourrit (cf. Gauthier. Les 
fêtes du dieu Min, chap. vu, i, fig. i-ia = p. 162-163, 169-171). 

I * 1 * ! Cf. Edfou, pl. phot. 546 - 55 o. Voir en particulier : pl. 548 , dans la main droite du 3 ' per- 
sonnage, et pl. 54 g, dans celle du 4 * personnage. Une panoplie complète gravée dans le style 
ptolémaïque du 1" siècle av. J.-C. comprend en plus, dans ce défilé divin : une autre forme de 
dague droite (pl. 546 , main gauche) ; le coutelas à un seul tranchant (pl. 546 , main droite) ; 
l’arc et deux flèches croisées (pl. 547 , nla ' ns droites) ; l’épieu à fer ovale (pl. 547, 3 * person- 
nage, main gauche) ; la hache (pl. 547, 4 * personnage, main gauche); l’épieu à fer de harpon 
(pl. 548 , 3 * personnage, main gauche); la masse d’armes à fer de hache (hd-smV) (pl. 548 , 
5' personnage, main droite); la lance (pl. 54 g, 2’ personnage, main droite). 

Les trois personnages semblables qui marchent au pas derrière lui le présentent aussi, 
vraisemblablement, dans l’esprit du dessinateur; mais leur main droite et l’objet qu’elle tient 
sont dissimulés derrière la tète du soldat qui précède. 

<*> Cf. des arcs du même type, mais adroitement gravés, quoique trop petits pour les person- 
nages qui les tiennent (travail contemporain de Ptolémée IV Philopator, 221-203) : Edfou, 
pl. phot. 267. 


■ ■ • » ■»( 486 W***- 

à hauteur de visage. La taille de l’arme, beaucoup trop faible, est absolument 
disproportionnée à celle de l’archer b). 

Les soldats, si peu nombreux, de la procession d’Epiphi ^ représentent 
probablement, non pas les véritables détachements de l’armée ancienne qui 
figurent aux processions du Nouvel-Empire, mais un corps de police attaché 
à l’administration des temples sous les rois grecs. C’est là simple tradition, 
remontant à l’époque où le culte des dieux et les manifestations de la force 
royale étaient toujours étroitement mêlés. 

Les dernières représentations, à l’extrémité est du premier tableau du 
pylône est, sont le témoignage du service d’offrandes qui accueillait Horus et 
Hathor, dans le kiosque du débarcadère < 3 ). La place de ce kiosque est tenue 
par une légère chapelle aux colonnettes de bois, dans laquelle un prêtre 
adresse aux dieux la libation d’eau de bienvenue. Debout devant les barques- 
litières, probablement posées sur des socles en face de lui, il élève deux 
coupes aux deux maîtres divins du temple. Deux jarres à anse double sont 
posées, à ses pieds, sur leurs supports. Le nom de ce prêtre est inscrit à côté 
de son image, toute semblable, gravée au tableau correspondant du voyage 
de retour W. C’est le délégué du roi ( wpwiy névc-t) du temple d’(Edfou-) 
Bhd-t; ce titre était porté par tout prêtre supérieur du temple chargé de 
conduire la cérémonie d’accueil, au débarquement. Devant la petite chapelle, 
c’est-à-dire en plein air, sur des tables d’autel portatives, une légère 
collation était offerte aux divinités : pains et pâtisseries, bière et vin, pièces 
de viande choisies s’échelonnent sur trois rangs. Autour des offrandes 
et en face des barques-litières, des chanteuses et musiciennes, debout, 
rythment leur refrain avec les sistres haut levés, le collier mni-t dans la main 


(1) Cf. Edfou , pl. phot. 54 7 et 55 o (déjà citées plus haut). Les arcs y sont encore moins en 
rapport avec la taille des personnages, mais ils sont d’une gravure plus ferme. Voir, au con- 
traire, les grands arcs de taille réelle représentés aux mains des archers de Deir el-Bahari : Nayïlle, 
Deir el-Bahari, VI, pl. i 55 . 

{5) Le chiffre représenté est vraisemblablement inférieur à l’effectif réel des figurants : peut-être 
par manque de place sur le champ de la paroi, étant donnée l’échelle relativement grande des 
personnages. 

< 1 * 3) 4 Edfou, pl. phot. 47a. 

(4) Edfou, pl. phot. 464 . 


x 


gauche b). C’est le premier hymne d’accueil qui résonne de 
divine : les sistres chers à la déesse ont le privilège de l’inaug 
des offrandes, une notice s’inscrit sur la pierre; elle rappelb 
de la première partie du rituel : 



père, Horus d’ Edfou-grand-dieu-du-ciel ! b). 


Bientôt le court service était terminé. Les porteurs saisissaient de nouveau 
les litières; les enseignes les précédaient, aux mains des prêtres. La musique 
et les chants ouvraient la route, avec les soldats de la garde des dieux M. 
Devant et derrière les images, la longue théorie des prêtres d’Edfou et des 
villes étrangères s’avançait, brûlant de l’encens, purifiant le chemin par 
l’eau consacrée. La foule des pèlerins, les paysans venus de tous les villages de 
la province, les habitants de la ville d’Edfou maintenus à distance comme 
on faisait aux défilés royaux se prosternaient, poussaient des acclamations, 
battaient le tambourin en chantant. Sur les terrasses des maisons, les femmes 
lançaient vers la déesse le eri de fête. On se mettait lentement en marche par 
l’allée W qui reliait l’embarcadère et sa hiy-t à la grande porte d’ Hathor du 
temple. Cette porte, beaucoup plus grande que les trois autres qui s’ouvrent 
sur les faces latérales de la grande cour, n’est pas placée non plus en face de 


(I) Ce sont les chanteuses smy-t (à corriger, au lieu de hn*iv : pl. phot. 464 ). C’est l’office 
ordinaire des musiciens et chanteurs sacrés (hommes et femmes) : toujours au cours des offices 
de fête, et en dehors des salles du temple où seuls les prétres-purs ont accès. Une légende les 
accompagne: Allégresse, disent-elles (Edfou, V, 139, 1). 

(J) Edfou , V, 198, 16-17. 

Cf. Wolf, Dos schone Fest von Opet, pl. I, 3, au début de la procession des barques sur le 
fleuve : groupe de chanteuses sacrées, avec sistres et colliers, marchant derrière un détachement de 
soldats libyens (p. 16-17, $ 6-7). 

{4) Cette allée devait être bordée d’une double rangée de faucons d’Horus couronnés du 
pschent, semblables à ceux qui ont été placés à droite et à gauche des portes du temple, à 
l’époque moderne (cf. Edfou, pL III et VI). 


1 À 8 6 Ve-**-*-- 

à hauteur de visage. La taille de l’arme, beaucoup trop faible, est absolument 
disproportionnée à celle de l’archer W. 

Les soldats, si peu nombreux, de la procession d’Epiphi W représentent 
probablement, non pas les véritables détachements de l’armée ancienne qui 
figurent aux processions du Nouvel-Empire, mais un corps de police attaché 
à l’administration des temples sous les rois grecs. C’est là simple tradition, 
remontant à l’époque où le culte des dieux et les manifestations de la force 
royale étaient toujours étroitement mêlés. 

Les dernières représentations, à l’extrémité est du premier tableau du 
pylône est, sont le témoignage du service d’offrandes qui accueillait Horus et 
Hathor, dans le kiosque du débarcadère La place de ce kiosque est tenue 
par une légère chapelle aux colonnettes de bois, dans laquelle un prêtre 
adresse aux dieux la libation d’eau de bienvenue. Debout devant les barques- 
litières, probablement posées sur des socles en face de lui, il élève deux 
coupes aux deux maîtres divins du temple. Deux jarres à anse double sont 
posées, à ses pieds, sur leurs supports. Le nom de ce prêtre est inscrit à côté 
de son image, toute semblable, gravée au tableau correspondant du voyage 
de retour W. C’est le délégué du roi (wpwty néw-l) du temple d’(Edfou-) 
Blfd-t; ce titre était porté par tout prêtre supérieur du temple chargé de 
conduire la cérémonie d’accueil, au débarquement. Devant la petite chapelle, 
c’est-à-dire en plein air, sur des tables d’autel portatives, une légère 
collation était offerte aux divinités : pains et pâtisseries, bière et vin, pièces 
de viande choisies s’échelonnent sur trois rangs. Autour des offrandes 
et en face des barques-litières, des chanteuses et musiciennes, debout, 
rythment leur refrain avec les sistres haut levés, le collier mni-t dans la main 


(1> Cf. Edfou , pl. phot. 54 7 et 55 o (déjà citées plus haut). Les arcs y sont encore moins en 
rapport avec la taille des personnages, mais ils sont d’une gravure plus ferme. Voir, au con- 
traire, les grands arcs de taille réelle représentés aux mains des archers de Deir el-Bahari : N* ville. 
Deir el-Bahari , VI, pl. i 55 . 

m Le chiffre représenté est vraisemblablement inférieur à l’effectif réel des figurants : peut-être 
par manque de place sur le champ de la paroi, étant donnée l’échelle relativement grande des 
personnages. 
t3) Edfou , pl. phot. £72. 
w Edfou, pl. phot. 464 . 


— «•( 487 )•**-— 

gauche (*L C’est le premier hymne d’accueil qui «résonne devant la maison 
divine : les sistres chers à la déesse ont le privilège de l’inaugurer. Au-dessus 
des offrandes, une notice s’inscrit sur la pierre; elle rappelle le couplet final 
de la première partie du rituel : 

taâiraiBszwM K" 


Musique (hn) et chant de joie (nhm). On dit : Joie, joie ! le roi 
( *j| officie (wjh sp) ! (77) a fait fondation pour le temple de son 


père, Horus d’Edfm-grand-dieu-du-ciel! (' 2 L 


Bientôt le court service était terminé. Les porteurs saisissaient de nouveau 
les litières; les enseignes les précédaient, aux mains des prêtres. La musique 
et les chants ouvraient la route, avec les soldats de la garde des dieux W. 
Devant et derrière les images, la longue théorie des prêtres d’Edfou et des 
villes étrangères s’avançait, brûlant de l’encens, purifiant le chemin par 
l’eau consacrée. La foule des pèlerins, les paysans venus de tous les villages de 
la province, les habitants de la ville d’Edfou maintenus à distance comme 
on faisait aux défilés royaux se prosternaient, poussaient des acclamations, 
battaient le tambourin en chantant. Sur les terrasses des maisons, les femmes 
lançaient vers la déesse le cri de fête. On se mettait lentement en marche par 
l’allée M qui reliait l’embarcadère et sa h’,y-t à la grande porte d’Hathor du 
temple. Cette porte, beaucoup plus grande que les trois autres qui s’ouvrent 
sur les faces latérales de la grande cour, n’est pas placée non plus en face de 


(1> Ce sont les chanteuses sm'y-t (à corriger, au lieu de sm'-w : pl. phot. 464 ). C’est l’office 
ordinaire des musiciens et chanteurs sacrés (hommes et femmes) : toujours au cours des offices 
de fête, et en dehors des salles du temple où seuls les prêtres-purs ont accès. Une légende les 
accompagne: Allégresse, disent-elles (Edfou, V, 129, 1). 

Edfou, V, 128, 16-17. 

P 1 Cf. Woif, Dos schône Fest von Opet, pl. I, 3 , au début de la procession des barques sur le 
fleuve : groupe de chanteuses sacrées, avec sistres et colliers, marchant derrière un détachement de 
soldats libyens (p. 16-17, § 6-7). 

(4) Cette allée devait être bordée d’une double rangée de faucons d’Horus couronnés du 
pschent, semblables à ceux qui ont été placés à droite et à gauche des portes du temple, à 
l’époque moderne (cf. Edfou, pl. III et VI). 


— * »( 488 V#**— 

celle qui lui fait vis-à-yis. Elle a manifestement été ouverte dans le mur d’en- 
ceinte du temple au point exact où parvenait le chemin du débarcadère W. 

G est devant elle que se présentait chaque année le cortège d’Horus et 
d Hathor, le jour de la nouvelle lune du mois d’Epiphi. Deux passages des 
textes des bandeaux déterminent bien le rôle de la porte d Hathor dans la vie 
du temple : 




1 . Trois portes débouchent dans cette cour , avec une ( autre ) grande porte qui {leur) 
fait pendant (m hlt-hr) : c’est la porte de la route divine (wj-t-ntr) d’ (ri) Hathor de 
Dendéra, quand elle vient de sa ville jusqu’à Edfou '(WtS-t), p’est son chemin exact 
(mtn-é mtr) pour entrée dans le temple d’Edfou (S-t-wr-t); de même, je’ est son 
chemin ) vers sa barque, afin de regagner (la ville d’)Edfou (r wd’ Bhd-t) (*). 


I « • î ** 1 î S ^ ^ î i ^ lz î ^ Tz ) ) | T ™ J p T 


A w \\ 

m a 



2. Il y a quatre portes, à l’ouest et à l’est (de la cour du temple ), par lesquelles 
on entre et sort pour multiplier les offrandes (r é’k é‘g;)- l’une d’elles a été 
consacrée bien en face (w' im-sn dér.lw r-nfr m 'k;) t- (c’est) la porte de la Dorée, 
la maîtresse de Dendéra, (c’est) son beau chemin d’entrée dans sa demeure (smlty-3 
nfr n'fcr pr-3) afin de s’unir à son image ( qui est ) dans le temple d’Edfou (r hnm 
ssmw-é m S-t-wr-t), et de même (c’est son chemin) pour aller vers sa barque, afin 
de s en aller vers (la ville d’)Edfou, à son heure (mit-t 3k r wdî r wi>3, r sm r 
Bhd-t, r nw-3) W. 

* — . ^ .»■ i "’i ’» **► •** ni ’n» ' HHltvl* #*•• .1*1 . JM 


Cette allée existait probablement telle quelle, dès l’époque du Nouvel Empire. La recons- 
truction du temple, entreprise sous Evergète en a3 7 , dut tenir compte de son emplacement, 
sans y rien changer. Cf. Edfou, pl. I (plan général du temple), porte H' J' I' (sud-est); 

pl. phot. 48 7 (face extérieure est, telle qu’elle se présentait devant la procession entrant au 
temple); texte : Edfou, V, p. 36 1-385. 

Bandeau de soubassement ouest de la cour : Edfou, V, 3 , 7i à 4 , a. 

W Bandeau de soubassement est du mur d’enceinte, face externe : Edfou, VII, 18 , io, à 19 , a, 


H est difficile de penser, comme le fait Erman malgré ces déclarations 
précises, que le cortège d’Horus et d’Hathor n’entrait pas au temple même 
et se contentait, dès le premier jour de la fête d’Epiphi, de « passer la nuit 
près du temple » h). 

Les textes de la porte d’Hathor elle-même viennent appuyer les affirmations 
de ceux des bandeaux. Sur sa façade est, qui accueillait le cortège à son arrivée, 
les trois premiers registres sont consacrés à Horus ou à son substitut Harsom- 
tous : le dieu a toujours la place d’honneur, en tous lieux du temple d’Edfou. 
Mais la partie supérieure du vaste encadrement est dédiée par contre à la 
déesse seule, quand elle entre dans sa demeure. Tous les tableaux qui décorent 
l’embrasure le sont aussi, sauf ceux d’en bas, à droite et à gauche. Enfin la 
moitié supérieure de la face ouest l’est également, ainsi que les épaisseurs 
nord et sud des montants, du côté de la cour intérieure. C’est alors à la sortie 
de la déesse, après son séjour dans le temple, que ces derniers textes font 
allusion : 












1 . Viens en paix, viens en paix, ô grande Hathor de Dendéra ! Viens j [en paix 
vers Wts-t-Hr (*), au mois d’]Epiphi, le jour de la nouvelle lune (mi[-t m btp r 
Wts-t-Hr, m ibd hmt-nw ]n smw, pédntiw), en la fête où tu pénètres dans Ndm- 
‘nh, le sanctuaire de la majesté d’ Harakhthès, dont le cœur est en joie parce qu’il 
t’aime W (m hb *k-t Ndm-'nh, h;y-t hm Hr-îhti, b‘ ib-f n mr-t) W. 


Hathor, qui répond au prêtre du roi, est Celle qui est entrée dans (sa 
barque) nb-mrw-t, pour remonter (le fleuve) W jusqu’à (Edfou-) Bhd-t, Horus 
d’Edfou l’accompagnant dans (sa barque) hî-t-Hpri W. 


Cf. Erman, La religion des Egyptiens (traduction Wild), p. 4 2 8-4 29 : . . . * . le groupe 

formé par les dieux et son escorte, qui a passé la nuit à côté du temple 

Ou : \Bhd t (?)]. Pour toute la restitution, cf. le texte parallèle suivant. 

(3) Littéralement : de l’amour que tu [lui) inspires. 

« Edfou , V, 3 7 4, 3-6. 

,;s > Lire : hnty. L’écriture du mot est insolite; mais comparer les textes parallèles : Edfou, Y, 
3 7 i, 6 ; 383, 3. 

« Edfou , V, 3 7 4, 19 - 1 3, 

Bibl. d* Etude , t. XX, a' fasc. 


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a. iSoîs la bienvenue en paix, sois la bienvenue en paix, ô grande Iiathor de 
Dendéra! Sois la bienvenue en paix vers Wtst-Hr, ad mois d’Epiphi, le pur de la 
nouvelle lune (ii-ti m htp, iî-tî mhtp, etc.). Sois la bienvenue, (quand) tu illumines^) 
le Grand Siège de Râ (= le temple de Bhd-t) (ssp-t (?) S-t-wr-t n R c ) : Harakhthès, 
son image se réjouit à ta vue! (Hr-’hti, tfn shm-f m m”-t) b). 

La déesse accueillie ainsi avec allégresse, c’est Hathor qui est venue dans 
(sa barque) nb-mrw-t, qui a remonté (le fleuve) jusqu’au Château d’Horus 
(= le temple d’Edfou), en sa belle fête, en Epiphi (m hb-’Ipy) M. 


Le tableau du troisième registre, au sud, dans l’embrasure de la porte, 
représente des musiciens : harpiste, joueuse de tambourin ^ ; les trois autres, 
en face et au-dessus de lui, des danseurs devant la déesse qui entre au temple W. 
On ne peut que reconnaître, en tous ces dons spéciaux de la porte d’ Hathor : 
miroirs, colliers ( bb ), sistres, oliban, or et cristal (thn-t) ceux qu’on offrait 
à la déesse dès son installation au temple ; en ces danses, cette musique et ces 
chants, ceux-là mêmes qu’on prodiguait devant elle, tout au long de'l’allée 
d’accès vers la grande cour. 

La porte sud-ouest de cette cour ne jouait certainement pas le même rôle 
que la porte sud-est, à la fête d’Epiphi. Elle se rapproche, par les dimensions, 
des deux portes du nord, où sont censées passer seulement les offrandes de 
fête. Elle n’est pas en face du chemin du débarcadère, mais donne sur le 
rempart qui entoure le terrain sacré. Cependant elle conserve d’assez longs 
textes : ce sont des hymnes de bienvenue à la déesse, pour son arrivée au 
temple. Dans ce sens, elle semble doubler l’entrée monumentale du sud-est, 
et mériter le nom de petite porte d’ Hathor. 




{,) Edfou y V, 370, 11-1 4 . 

(2) Edfou , V, 871, 6-7. 

/3 > Edfou , V, 369-370. 

« Edfou , V, 370-371, 3 7 3 , 3 7 4 . 

Edfou , V, 367, 10 et 368 , 1 5 ; 365 , 7; 372, 11-12; 869, 12; 378, 6. 




k 


e < t D 


491 > 



i. Salut, Wbn-t, ’In4, aux nombreuses parures, qui remplit le pays de sa 
beauté! Jubilation vers toi, ô Dorée, dominatrice unique, Uraeus du maître suprême 

V 

en personne, St’-t qui met au monde les dieux! [. . .] sa fille, ’Im;y-t qui sort 
de Râ, qui forme (ts) les animaux et (les) modèle (km;) à sa guise, qui façonne (kd) 
les hommes, qui crée toutes offrandes, qui ouvre le sable et fait apparaître la verdure, 
qui multiplie tout ce qui vient d’Elle! Ô Mère [•••], (quand) apparaît son héritier 
pour gouverner le pays; ô Lumineuse qui repousse les ténèbres, qui éclaire toute 
créature ( humaine ) de ses rayons : Hàpy vient à son commandement (hr htrn-é), les 
vents arrivent sur son ordre! Que ton beau visage soitfavomble au roiÇPtolémée VHI 
Sôter //I ! O. 


CD 


CM «J 


CD 


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k X. ^ 


CD 


s. Salut à toi, ô Grande, aux nombreux noms, par qui tout dieu (est apaisé 
(shtp)] ! (0 toi) de qui sortent les dieux, en [ce] tien nom, de Mout-Isis! Râ 
apparaît sur tes deux mains, en ce tien nom d’Isis! Ô érk-l-htw. â fille de Râ qui 
Va crachée hors de sa bouche, en ce sien nom de Tefnout! ô Neith, qui apparaît dans sa 
barque, en ce sien nom de Moût ! Ô Mère vénérable, qui dompte ses adversaires, en ce 
sien nom de Nekhbel! ô Gm(*t)-ib, qui triomphe de ses ennemis en ce sien 
nom de Sekhmet ! Que ton beau visage soit favorable au roi ÇPlolémée VIII 
Sôter II y ! («). 


62 . 


Edfou , V, 332 , 8-12. — W Edfou , V, 332 , i 4 à 333 , 9. 


—*«■( 492 

i:iSiïi‘XEî5<»â’y^^«rir[iiu«.:ai[g]ii«®-]S 

[<MWiLiiivty^r: (;flsuwï>i:0 A-ii8>-ïi 


3. C’esf la Dorée , la Dame des déesses, celle qui vient en paix vers son siège 

dans S-t-wr-t (= le temple d’Edfou ), | ] des {dieux) puissants, [ ] 

la grande ennéade! Quelle fête de la voir (mk-[w]i mil s (y)) ! Quelle douceur de la 
regarder! Comme il est heureux celui qui s’incline ( devant elle), parce qu’il l’aime! 

Les dieux et les hommes V acclament j les déesses et les femmes [ ] jouent du 

sistre pour elle! [ ] lui-même ses {deux) mains derrière sa tête ^ ; {le dieu) 

T;-tnn pare son corps! C’est la Maîtresse, la Dame de l’ivresse, celle de la musique, 
celle de la danse, celle de l’oliban, celle de la couronne, celle des jeunes femmes nfr-w-t), 
que les hommes acclament parce qu’ils l’aiment! C’est la Maîtresse de [ ]! 


Que ton beau visage [ soit favorable] au roi ^ Ptolémée VIII Sôter // J ! Garde-le, 


protège-le, à jamais 


V ¥ Il 5 ; ,'1 T. T = U*J i “• T 'i « = e = >*- H :* V S t* r ] f P « 


n«r:eî;i:r>ni],n, l P-t=xr\ya&^î:jy«'S 

4. C’est l’Or des dieux qui vient [à] son époque de l’année : au mois d’Epiphi, 
le jour de la nouvelle lune, à la fête « Elle est amenée!» (pédnlîw, hb 'In-twé), elle 

débarque (jjh-s) au rivage d’ Wts*t-Hr! [ ] C’est une très grande fête, qui n’a 

pas sa pareille! C’est la fête de la [bonne {?)] Réunion de la Maîtresse de Dendéra, 
{quand) elle entre dans üvt-wr-t (== le temple d’Edfou) : c’est le Grand siège 




(,) = la tête d’Hathor, pour la protéger. — (S) Edfou, V, 336, 5-g. 


— ••*•*•( 493 )» t > — 

de [Râ(T)]-Horus, dont le cœur est en joie de la voir! V ennéade de Msn(-t) lui 
fait acclamation; les déesses jouent du tambourin pour elle! Le ciel est en fêle, 
la terre est en joie, le Château d’Horus en jtibilation! Mén(-t) exulte de fête en 
fête! Edfou (Wts-1) se joint à Dendéra (’Iwn-t) : l’une se réunit à l’autre, comme 
a dit Râ lui-même! Que ton beau visage soit favorable au roi ( Ptolémée VIII 
Sôter I1 1 ! Àssure-le sur son trône, à jamais! W. 


(l) Edfou, V, 336, ii, à 337, 2 . 
BtbL d* Etude, t. XX, a* fasc, 


63 


CHAPITRE VI. 


INSTALLATION DES DIVINITÉS 
AU TEMPLE D’(EDFOU-) Bhdt. 

\ 

Au milieu de cette exaltation des dieux et des hommes, Horus, Hathor 
et leur cour divine franchissaient les trois marches basses du portail W, et 
entraient dans la grande cour du temple. On tournait à droite, vers la 
porte centrale du pronaos ouverte à deux battants. La procession, laissant 
la foule des fidèles au dehors, va maintenant adresser aux dieux un hommage 
plus secret : c’est l’instant solennel où selon les termes du rituel, le dieu 
vénérable Horus d ’ Edfou-gmnd-dieu-du-ciel, en sa belle fête de Bhd-t, arrive en 
présence de Râ. C’est cette phrase de la cérémonie que représentent, l’un et 
l’autre, les deuxième et troisième tableaux, très courts, gravés sur la 
muraille au bas du pylône est. On y voit dans l’ordre général des scènes, c’est- 
à-dire de l’ouest vers l*est, d’abord un prêtre du roi officiant pour une 
révélation de la face devant un très grand naos d’Horus d’Edfou; ensuite, la 
barque-litière d’Horus arrivant du fleuve et entrant au temple. Or, il est 
peu vraisemblable qu’une telle «montée au sanctuaire» ait pu déjà avoir 
lieu au petit temple du débarcadère : ce ne peut être là qu’Horus-Râ attendait 
les divinités du pèlerinage. Seule, l’offrande sommaire représentée dans une 
chapelle légère, à la fin du premier tableau, semble pouvoir correspondre 
aux rites du débarquement W. Il est donc préférable de supposer que le 
décorateur a inversé les deux tableaux suivants : la barque-litière d’Horus 
entre d’abord au temple; ensuite, la montée du prêtre au grand naos a lieu 
dans le sanctuaire même d’Edfou. 


Ces marches sont visibles sur la planche photographique A87 de la publication Chassinat. 
(1) C’est bien ainsi encore que le dessinateur a représenté le sacrifice à (Edfou-) au moment 
de la dernière cérémonie du pèlerinage d’Epiphi, avant la séparation des barques d’Horus et 
d’Hathor (pylône ouest, 4 * tableau). 


63 , 


496 j*f4- * 


G est en réaiité un bien petit fragment du iong cortège que le ciseau du 
graveur a seul fixe sur la muraille, au moment de l’entrée au temple. Mais 
c’est l’essentiel : la barque-litière du dieu. Celle d’Hathor même n’est pas 
figurée à sa suite, comme elle l’est dans la scène symétrique du départ du 
temple, au pylône ouest <*>. On ne peut guère expliquer ce fait que par le 
manque de place : l’ensemble des textes du rituel et des scènes destinées 
au pylône est était bien plus considérable que ce qui restait à graver sur son 
vis-à-vis «. Les prêtres-porteurs sont figurés au nombre réduit de quatre 
seulement ® ; au centre marche un prêtre du roi, vêtu de la peau de panthère 
du sem. Son titre est celui de lieutenant du roi en chef ( kri wbi-néw-t). Un 
autre prêtre du roi est représenté, marchant derrière la litière, la canne à la 
main ; le cartouche royal et Nekhbet protectrice sont gravés au-dessus de sa 
couronne. C’est le même qui déjà, au point initial des scènes du pylône, 
surveille leur entier déroulement « : c’est le hri-hb(-t), émsw h\y-l chargé de 
diriger toutes les cérémonies de la fête de Bhd-t .W. Une légende caractéristique 

domine la barquè divine, seule représentante du grand défilé entrant au 
temple : 


iHSIJIVISlt 



Le dieu vénérable Horus d’Edfou-grand-dieu-du-ciel, avec son ennéade, marche 
[î>m] Bhd-t (- le temple d’Edfou) (wdj in hm ntr pn îpé Hr Bhdti ntr \> nb p-t 
hn' p$d-t [r] Bhd-t). Arrêt dans le temple d’en bas de Bhd-t (hlp m h-t-ntr 
hr-t( 6 > n Bhd-t). Célébration de sa belle fètesolennelle t 7 ), (en) sa place exacte x de là 

p ■■ a ^ ‘ Am r n' t Ht) Ml.n/fb ^0 

(,) Edfou, pi. phot. 45 i- 45 a. 

« Encore une fois ici, on peut constater l'exclusivisme des décorateurs du temple en faveur 
de leur local ; il est bien considéré (lui, et non pas Hathor) comme le centre de la cérémonie, 
même dans ce cas particulier de la visite de Ja déesse, 

|S) Les litières divines semblent avoir eu en réalité i 3 porteurs, au temple d'Edfou (cf plus 
haut, 1” partie). '• v 

m Cf. Edfou, pl. phot. 466 . 

■ Cf. rituel, plus haut. 

» La lecture proposée ici est très importante par ses conséquences sur la compréhension des 
rites de la fête dans le temple : cf. discussion, plus bas (autres exemples). 

Littér, : de chaque année. Cf. Wh., V, 976. 6. 


497 >*+-- 

première fois W (ir hb*f nfr n tp-rnp-t. (m) é-t-f mtr(-t) n sp tpy). (Il) s’avance (?) 
jusqu’à son® lieu (de repos), avec son lieutenant royal en chef (éwt(wt)(?) r é-t- f, 
m h ri wbl-f néw-t) (3 h Puisse-t-il prendre le maître du pays ( J, 
qui est sa ( divine ) image ^ à jamais, comme roi semblable à Râ, (pour) toujours! 

, mtr-f pw m nhh> m néw-t mi R', d-t) < 5 h 

C’est donc bien dans l’intérieur du grand temple que vont reposer les 
dieux, au soir de la journée de la nouvelle lune d’Epiphi. Les renseignements 
précis manquent, à cet instant de la fête, sur le lieu du temple où les porteurs 
déposaient les barques-litières. Cependant, il est permis d’avancer l’hypo- 
thèse qu’on les plaçait dans le sanctuaire des barques lui-même. En effet, 
l’office du prêtre devant un vaste naos, qui prend toute la hauteur réservée 
aux bas-reliefs de la fête sur le pylône est ( 6 ), ne peut guère se produire ailleurs 
qu’au fond du sanctuaire central : c’est là, et non pas dans la chapelle 
Mén(-t), qu’existait, à notre connaissance, le plus grand tabernacle d’Horus 
d’Edfou W. D’autre part, si le troisième tableau des bas-reliefs représente 
bien l’entrée au temple W, il est évident que le second, déjà gravé avant lui 
sur la muraille, ne peut représenter qu’une phase à peine postérieure, en 
fait, à cette entrée. On peut donc supposer que le cortège parcourait lentement 
tout l’axe central du temple ; qu’on déposait un moment les litières dans la 
salle de l’ ennéade, car elle servait d’antichambres au sanctuaire de» barques. Alors 
le prêtre du roi W entrait d’abord seul dans ce dernier lieu et allait célébrer un 


Cf. plus haut, 3 * partie : allusion à un lieu précis du temple appelé lieu de la t T * fête, ou : 
lieu de la fête de la 1 r * fois (fasc. I, p. 3 o 3 - 3 o 8 ). 

(ï) L’endroit où la litière du dieu va s’arrêter. 

W Le signe du Jlabellum, lu par Ghassinat, semble être une erreur pour la jarre wbl : cf . Edfou, 
pl. phot. 47 3 et Wb,, I, 292, 3 : wbl néw*t. Le titre désignait un des prêtres du roi en service 
pendant les fêtes d’Epiphi à Edfou : celui qui joue ici le rôle de prètre-sem d’Horus d’Edfou, 
en accompagnant sa litière. 

< 4 > Cf. Kotn-Ombos, II, 53 (n° 697), col. 10 : sortie '(e* procession) de V image sainte du dieu (If n 
p(i ) mtr spé n n{r)> 

W Edfou, V, 1 29, 8-1 1 . 

Cf. Edfou, pl. phot. 47s. 

W Cf. plus haut, 1” partie : le culte régulier au temple d’Horus (fasc. I, p. 67-68). 

W C’est ce que confirme l’inscription placée au-dessus, et que nous venons de traduire, 

^ Probablement le hfM^t), émsw directeur général des fêtes. 


(§sp*n*f nb tj-wî Ç 


j 


court sel vice, sans présentation supplémentaire d’offrandes, devant le grand 

• ,7 P '? r 7 " M 7 f recrait «*• journalier («. La phase représentée 
u bas-relief, symbolisée par le prêtre debout devant l’idole divine » à 

intérieur meme du mos, semble correspondre à l’instant du m;: ntr<‘> 

néne“L e 7 T*' P ° rteU ' S SOuieta;enl de nouïea " fes barques, et les faisaient 
ewt H’ 11 Sa " ClUalre ’ " s semble-t-il, celle d’Horus au lieu 

ou elle était sortie pour aller accueillir la déesse à Di> W Ils 
1 eposaient celle d’Hathor, arrivant de Dendéra, à la place qu’o'ccupait en 
temps ordinaire contre la muraille est la litière » h-mrwt de l'Hathor parèdre 

se rei°" • T*! “ j’ unf ' cat,ons et encensements d’usage, les prêtres mirants 
retiraient alors du sanctuaire, dont on refermait les portes pour la nuit 

tel,W m M ,eS Pr “ preme "‘ d “ eS ^ g ”" ,,e j° Urnée ^'arrivée étaient 

terminées. Mais certainement les pieuses réjouissances se prolongeaient dans 

enceinte sacree et dans la ville entière. C’es, ce que traduisent, eu 

jubilations et louanges, le reste du grand texte du bandeau du mur 

enceinte et le début de l’hymne gravé au milieu des scènes du retour 
au pylône ouest : 




<l) etait alors ’ semble-t-il, dans le cours de i après-midi. 

L’image est celle d’un roi à corps humain et à tête de faucon, assis sur son trône le pschent 

;.C .»ir d - *■ - da ^ «„™ ta r 

, 77, 7 T TV" T"’ Pl ’ Xl ’ <" "*«■». 3’ tableau ; M™™,, ni,*, p 6„ 

(■= tableau). Il en dans l'habitué» "du service divin en Egypte de ue pas entrer au lien 

ou s, trouve une statue 1 divin, eons.erée, même p„„ y pl,„™, n.res JL SJ 

eveiller le dieu et lui rendre son âme, au préalable ® ’ 



x es*- - — — rsri 


>**■{ 499 )•**--- 


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1 . Son M c(Èur ptend plaisir en la juste observance (’ ms ib*f m tp-nfr), (quand) 
vient la Maîtresse de Dendéra en son époque de l’année, pour voir son père au lieu 
qu elle [aime (?)] (m ê-t [mrfé (?)), (pour) se joindre au (dieu) d’Edfou dans 
P-n-R' (= le grand temple de Bhd-t), pour s’unir au front de Khepri W (shn-3 

dhn-t n Hprî) ! ® Bienvenue, bienvenue par Râ à son Uraeus (ésm-t-f) ! Le 

(dieu) d’Edfou est en présente (hr) de la Maîtresse de [Dend]éra; leurs [en]fants 
sont avec eux : c’est Harsomtous le grand aîné d’ [eux] tous (émsw tpy n[sn]-imi(?) ! 
Horus, Hathor et toute (r iw-én.) l’ennéade de Méu(-t) se réjouissent; ils sont 
en liesse, (tous) ensemble (m bw w') ! On parcourt toute l’enceinte (sacrée) en 
dansant de joie (nw-t r-dr-é phr-tw m nhm) W, (car) c’est l’OEil-de-Râ qui 

(y) prend sa place! Elle (y) trouve son père Râ jubilant de la voir, (car) 

c’est (là) son OEil, après qu’il est revenu (5 ) ! Sa Majesté (Hathor) parcourt (en pro- 
cession) (phr) le Trône des dieux (6) : le (dieu) d’Edfou, ses mains vont la saisir {Tl 
r ssp é(y)), (quand) elle arrivera au Château du lever (wd,-s H-t-h'), et 
s’arrêtera au dedans de lui , à côté d’Horus d’ Edfou-grand-dieu-du-ciel ! L’ennéade de 
Mén(-t) est là; T (épieu-)égmh puissant les protège, tandis que dieux et hommes (rmt) 


fl} Le cœur d’Horus d’Edfou. 

^ Nous avons ici la meilleure explication du titre que porte la fête d’Edfou en Epiphi aux 
calendriers des fêtes : la bonne Réunion [shn nfr ), c’est celle d’Hathor de Dendéra en sa forme 
d’Uraeus du diadème divin, avec le front d’Horus d’Edfou, soleil levant (Khepri). 

(3} Passage déjà traduit plus haut : voyage entre Dendéra et Bhd*t. De même, à la 6 e ligne 
plus bas. 

(4) Déterminatif du danseur. 

^ Allusion très claire à la légende d" Hathor Œil-de-Rà^ revenant de Nubie. 

W Nom du temple d’(Edfou)-BW*^ comme (à la ligne suivante) le Château du lever . 

(7) Horus-Râ saisit son Œil (qui est Hathor de Dendéra) pour le placer, sous forme d’Uraeus, 
sur son front, au centre de son diadème royal : c’est une autre allusion au shn d’Hathor et d’Horus. 



■ •*■■§«( 500 )«#♦*-*- 


exultent de joie* portant la couronne ornée de ( fleurs de) lis (hr mi il iwji m sèn)! 
Elle arrive à Bfid-t en présence des fils de Râ W, et ils s’éveillent sur leurs sièges à 
N venu f (nhs-fe iir é-Un n [{.[§]), Le Très-grand W prend aussi son vol avec 
elle {i} y .-w r-hn -é mit-t) pour la présentation de toutes leurs offrandes, et leurs 
âmes (bj-én) s’élèvent vers (?) (hr) [ ] {»). 


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a. Fragment (A f- B). Il y a des cris de joie dans Bhd-t (hrw ‘h(w-t) m-hnw 
Bhd-t) : (ceux) de la cour (divine) d’Horus, et (ceux) de ses enfants (didî t Hr 
hn {, -w-f) ! Le Siégé de Ra est en liesse; la cour du dieu acclame (m hnw); le 
Palais (dbî-t) du dieu du Palais (Dbity) W se réjouit (m iw-îb); le chant de 
louange monte dans Bhd-t du Sud ( 5 >; c’est fête (mk) dans DM-n-B; W; les lieux 
(saints) divins sont en jubilation (m thhw-t) ; les divinités du Ciel inférieur 
(imi-w Di-t), [en enthousiasme (1)) ! (Car) Horus d’Edfou-grand-dieu-du ciel s’est 
placé dans sa (litière-) wts-nfrw; la Dorée, la Maîtresse de Dendéra, l’Œil-de-Râ, la 
souveraine des dieux, elle brille aussi derrière (lui), dans [sa (litière-) nb-mrw-t(?)j : 
ils arrivent en présence (?) (h[f]t(?)) du (dieu-flvn (-Râ) qui est dans Bhd-t; 
ils présentent des offrandes aux fils de Râ (mé-w-R')l P) 

— i — - - .. - .. . . - • - 1 -i*; ’ ■ / * r 


(1 > Périphrase désignant tous les dieux adorés dans le temple d’Edfou, en leur forme osirienne. 
(,) Epithète d’Horus-Râ d’Edfou. 

J) Edfou, VII, 26, 3 à 37, 5 . La fin du texte concernant la fête d’Epiphi est détruite (lacune 
de la longueur d’un tableau et demi). A partir de : Quand elle est a, rivée à Bhd-t en présence des 
fils de Râ, il s’agit de la première journée de la fête de Bhd-t, qui se déroule le lendemain du 
jour de la nouvelle lune d’Epiphi : cf. plus bas. Pour l’emploi que Junkerfait d’un fragment 
de ce texte, cf. Onurislegende, p. 1 17 (cité d’après Brügsch, Drei Feslkal., pl. VI (n 0 VI)). 

C’est-à-dire le dieu d’(Edfou-)ÇÜ, Horus d’Edfou. 

^ ** fi rand tem P Ie d’Edfou, par opposition aux autres lieux saints Bhd-t, dans le delta. 
m Le mi-inférieur de l’Âme (divine) = l’intérieur du temple d’Edfou, tenu pour sa dU. 
Comparer les expressions : h-t-ntr hr-t, h-l-ntr hr-t, plus loin. 
m Edfou, V, 99, q-iâ. 


---**•( 501 )•*■* — 

Enfin, un double texte, gravé dans la crypte n° 1 du temple de Dendéra, 
donne une description générale du voyage de la déesse vers Edfou, qui résume 
ainsi la première partie de la fête : 




1. (C’est) l’OEil-de-Râ qui arrive (ii-tî) du Pays de dieu jusqu’à son domaine 
(sacré) (nw-t-é), en \yie\, le jour du voyage à Msn(-t) (ékd(w-t) Msn(-t)). 
Elle remonte (le fleuve) vers le Château d’Horus en son époque de l’année, au mois 
d’Epiphi, à la fête de la nouvelle lune, au jour « Elle est amenée /»W (psdntiw, hrw 
’ln-tw-s). Elle s’avance (ni-é) jusqu’au sanctuaire du (dieu) d’ Edfou-au-plumage- 
moucheté, le Trône de Râ depuis l’origine (du monde) (né-t n R' m sp tpy). Elle 
présente (ésm-s) une offrande funéraire (pr-hrw) à Osiris, en son siège; les dieux 
excellents, (les) fils de Râ, invoquent son esprit (qui réside) dans les mets et les ali- 
ments (hr '§ n k;-s m k;-w hn' dfl-w) W,pour quelle sacrifie avec ce qui leur est 
bon (wlh-s ih-t m jh(-t)-én), et pour quelle assure le trône qui est dans le sanctuaire 
(émn-s né-t m-hnt stp-sj), tant que dureront les dieux, en toute éternité ® ! 


ï *| J 1 


nn 

« 




n 

X 

n 




2. (C’est) l’OEil-de-Rà qui arrive (îi-tî) de Pount jusqu’à (la chapelle -) Pr-nw W 
en sa belle fête du voyage vers (Edfou-) Bhd*t. Elle (en) sort (dî-é r h;), en sa (litière-) 

(l) Cette variante, comprenant le mot hrw, est la meilleure preuve qu’on puisse apporter de 

l’usage de 3 * In 4 w-é comme titre du jour initial de la fête, et par suite de la fête entière. 

(S) Hathor est en effet Maât, la nourriture des divinités (dbhw-kl-W'sn, etc.). 

(3} Cf. référence à la fin du a* fragment. Depuis : elle présente . . . , le texte concerne les cérémonies 
qui s’accomplissent au temple d’Edfou même, à partir du lendemain du jout de la nouvelle 
lune d’Epiphi. 

Du temple de Dendéra. C’est proprement la chapelle qui, au sud du sanctuaire &r~wr, fait 
pendant à la chapelle Pr-n&r , située au nord du même sanctuaire (Chassïnàt, Dendéra, pl. XLV, H). 


wts-nfrw, (avec) sa cour (divine) en son alentour brillant de lumière (m snw-s 
dér-h -w). Elle s installe dans (sms[*s s(y) r]) (la cabine-) pr-wr de la « Dorée » W, qui 
est en sa barque du fleuve. La grande ennéade rame [pour) sa Majesté. Elle aborde 
à la rive d’ Wts-Hr, (et) les (dieux) primordiaux (tpy-w-') jubilent à (son) arrivée. 
Elle entre dans le Grand siégé de Râ en (liesse), (et) tous Ceux qui sont en lui 
exultent (de joie) (imi-w-én nb m ib;) W ! 



w C’est ia cabine de ia barque sacrée, qui porte ie même nom que le sanctuaire du fond du 
temple de Dendéra (Chassisat, Dendéra, pl, XLV, J). 

(S) Le temple d’Edfou. 

(,) Mariette. Dendéra, III, pl. 7, b. Cf. la traduction de Juisker, Ommkaende, p. 1 16 (B, 0) : 

«. 0- 


CHAPITRE VII. 


CÉRÉMONIES DU PREMIER JOUR DE LA «FÊTE D’(EDFOU-) bhd-t 
(LENDEMAIN DU JOUR DE LA NOUVELLE LUNE D’ÉPIPHI) 


La foule des pèlerins, des prêtres, de tous ceux qui participaient aux fêtes 
d’Epiphi, passaient une bonne nuit autour du temple d’Edfou. Le lendemain 
à la première heure commençaient les cérémonies, qui vont durer pendant 
les quatorze jours de la lune croissante : c’est ce que tous les textes d’Edfou 
appellent la fête de BliA-t (hb Bhd-t) W, ou la belle fête de Bhd-t (hb nfr n Bhd-t) 

1. Avant toutes choses, un premier service était offert au temple même 
d’Edfou. Il s’adressait aux âmes divines de ce lieu, c’est-à-dire à tous les 
dieux qui y sont adorés, sans distinction de leurs personnes. C’est à leur 
aspect de divinités osiriennes que vont les offrandes, sous forme de wih-îh-t 
funéraire. Cet acte primordial donne le ton à l’ensemble des cérémonies qui 
vont se multiplier en des lieux divers, pendant la fête de Bhd-t : 


® î M ; J * ^ i i r is 1 7 ~ f :ïm V 3 ? h := 

ï ? m«=fô«#= 1 ';.rr,s^i;Tirr;î 


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iV ric L Ü 4 
JÔ —a». 1 

^ ^^1 < 5 £ b 5 > 


G) Marche (wd l) de la Majesté du dieu vénérable Horus d’ Edfou-grand-dieu-du-cwl, 
d’Hathor de Deîidéra, et de son ennéade, [après qu[l)] il est venu d , (Erf/ow-)Wts*t-Hr 
jusqu à (Edfou-) Bhd*t ([m-ht(?)] ü*f m Wts-t-Hr r Bhd*t) W. 


(1) C’est donc aussi le jour de la fête du Mois (iM), dans le calendrier régulier des fêtes lunaires. 
W Par exemple Edfou, V, i 3 i, h. 

(8) Par exemple Edfou, V, 126, 8. 

(4 > Il est difficile d’affirmer plus clairement qu 'Wls-t-Hr et Bhd-t sont deux parties différentes 
de la localité d’Edfou, et que les deux divinités se trouvent ensemble, d’abord dans l’une, 
puis dans l’autre. 


■+*•( 504 )*€rl J '- — 

Dans le jour qui suit le jour de la nouvelle lune (m hrw sn-nw n pédntîw), on 
pose offrandes aux Âmes divines qui gisent en ce lieu (w;h ih-t (’■' n bj«w-ntrbw 
nty htp m s-t tn). Alors l’ennéade de Ceux-qui-sont-dans-Bh d • t est en avant du 
dieu, savoir (rh irî) : Khonsou parèdre à Edfou, Horué-au-puissant-visage-l’ (épieu-) 
sgmh, l’enseigne (pi mdw) d’Horus d’Edfou, l’enseigne de Khonsou d’Edfou, 
l’enseigtie d’Hathor de Dendéra, l’enseigne d’Horus d’Hiérakônpolis < * 2 3 4 ). 

Le seui commentaire à ce texte est ceiui que donne le quatrième tableau 
du pylône est du temple. C’est la dernière scène des bas-reliefs concernant 
l’arrivée de la procession d’Epipbi à Bhd-t®. Il s’agit d’un service, avec 
présentation d’offrandes, devant les deux barques-litières d’Horus et d’Hathor, 
installées dans le temple. Elles sont posées chacune sur un escabeau de bois 
de haute taille : elles se trouvent à la hauteur du visage du prêtre officiant W. 
Selon toute vraisemblance, le lieu ou se déroule le service est le sanctuaire 
central lui-même. Mais il s’agit d’un service de fête. Les tabernacles, depuis 
la veille, sont toujours en place dans les cabines des litières. Aussi est-ce 
devant elles, et non devant le grand naos placé au fond de la salle ! 5 * * ), que se 
tient le prêtre du roi. Les offrandes alimentaires, très simples, sont celles 
de l’offrande aux morts; elles sont exposées entre l’officiant et les litières. 
Elles étaient donc mises en place dans le sanctuaire même, autour des 
estrades des barques W. Le prêtre élève du vin devant les divinités P), dans 
les deux (vases-)mn (pi mn-wl )W tenus sur les mains, à hauteur du visage. 
C’est un présent de fête particulièrement agréable à HathorW, et très 

(l> Cf . Edfou, V, i 3 i, 6 (col. 7), i 3 i, 7 (col. 7), i 34 , 11 (col. 36 ) : même écriture de wlh ih-t. 

m Edfou, V, i 3 o, 9 à i 3 i, 3 . 

(3) Cf. Edfou, pi. p h 0 1 . 473, 474, 475. 

(4) C’est ce qui existait dans le sanctuaire central du temple d’Edfou ; mais l’estrade qui portait 

le socle, et le dais qui recouvrait chaque litière divine, ne sont pas figurés au bas-relief du pylône. 

<6) Celui qui recevait le culte journalier. Cf. plus haut, 1 ” partie. 

m Les vases et les objets représentés à cette place dans le sanctuaire st-wr-t se rapportent 
à un service de fête analogue à celui du premier jour de la fête de Bhd t (cf. Edfou, pl. XI et XII). 

(?) Présentation du vin (hnk irp) : Edfou, V, 120, i 3 . 

« Edfou, V, 34 9 , 3 . ‘ 

’ Cf. Edfou, I, 46 o, 2 : C’est la Dorée qui élève vers toi son vin (si -s), (pour que) tu vides son 

(iw«e-)mn (s m-n-k mn-s). L expression montre ici combien le vase tnn, et spécialement les deux 
vases (de bière ou de vin) présentés ensemble, était une offrande importante dans le culte d’Hathor 
(symbolisme de l’ivresse d’(Hathor -)Mk-t, dans la théologie d’Héliopoiis ; apaisement d’Hathor - 


— ►*•( 505 )•**— 

caractéristique dans la fête de la bonne Réunion en Epiphi b) . Les deux vases 
mn pleins d’eau, posés sur deux petits autels portatifs hwi-t devant le 
prêtre du roi, sont mentionnés à deux reprises dans les colonnes de la table 
d’offrandes W. Le vase quadruple sll-hr-hnt contient aussi de l’eau, pour la 
purification des aliments dans les plateaux posés à terre. II est gravé à 
gauche, devant le socle de la barque d’Horus, et cité dans la table d’offrandes ^ . 
Un dernier objet de culte n’est pas montré à côté des offrandes, mais seule- 
ment porté dans les colonnes, au-dessus d’elles. C’est la coupe à pied Bhdtî- 
btp, ornée de l’image du Disque solaire ailé b). 

Quant aux aliments et boissons, ils sont étalés sur quelques plateaux 
rectangulaires, dont l’un, chargé de pains, est gravé comme vu d’en dessus. 
Les pièces de viande choisies sont posées à terre, un peu plus loin (*). Un 
des bouquets montés préparés pour la fête complète la décoration. La table 
d’offrandes en colonnes, du type traditionnel, est gravée au-dessus des mets, 
comme dans une tombe. La première partie, à gauche, commence, après la 
formule, par les moyens de purification : vases d’eau consacrée, coupes 
à sel de nitre (®h Puis viennent , interrompus par les rubriques des formules 
à réciter, les noms des aliments et des boissons : les gâteaux (î ), les pièces 
de viande! 8 * * ), l’eau W, la bière b°) } le vin! 11 ). 

' • ■ f — t — t — r t — — • — - — * — m — - » t ■ » *» — > ? ••• v ’ 

Œil de Râ, dans ia légende de ia Destruction des hommes . Le 1 8 Thot, à la fête de Tefnout (et de 
Chou), la principale offrande, à Dendéra, était le couple de vases mn (cf. plus haut, 2 e partie). 

(1) Cf. : porte d’Hathor (Edfou, V, 377 et 38 1) : ia double offrande des vases mn (pleins de 
bière l h) à la déesse; etc. 

W Edfou , V, i 3 o, col. 6 et 16. 

« Edfou, V, 1 3 o, col. h. Cf. Wb., III, 4 9 3 , 2. 

(4) Edfou, V, i 3 o, col. 5 . 

w Elles sont gravées au-dessus des pains, selon la convention ordinaire. 

(#1 En plus des vases déjà nommés, on voit : deux vases d’eau mUt (col. 7) ; deux vases d’eau 
dsr-t (coi. 8); deux coupes de natron des diverses espèces (bd êbn; col. 9). 

(7) Les formules annoncées sont : nr, et hî-ênd (cf. Wb., II, ^71, 12); des indications 
de quantités ont été gravées par erreur au bas de ces deux termes. Les gâteaux sont : t tri-wr, ps 
(col. 10); s 4 (col. 11); t hd (col. 17). 

(8) Viande rêtie : \sr 4 (col. 12); rate : nn(ë)m (?) (col. 16); épaule : hps (coL 17). 

{9) dix vases mi t (col. 12); dix vases dsr-t (col. i 3 ); deux vases mn (col. 16). 

spn 4 , deux vases (col. it). 

tllJ Deux vases de vin de Haute-Egypte (col. i 4 ), deux de Basse-Egypte (coL i 5 ), et quatre 
autres, non spécifiés (col. i 3 -i 4 ). 

Qibl. d’Étude, t. XX, a* fasc. 64 


La troisième et dernière partie du tableau comprend les deux barques- 
litieres : celle d Horus précédé celle d’Haéhorb), Peu proportionnées à leur 
taille réelle, elles sont protégées toutes deux par l’emblème du Disque solaire 
planant, muni de sa double Uraeus : c’est le symbole du Dieu du ciel réuni à 
son Œil divin. Le lion d Atoum Chou, qui vint chercher Hathor dans les 
déserts du sud en compagnie de Thot, veille aux proues des embarcations. 
Les personnages accoutumés sont censés prendre soin du gouvernail, ou du 
service des maîtres divins. Le roi du Sud, à genoux sur la plate-forme, offre 
des vases mn ; un prêtre debout est en prières devant les tabernacles. Les 
cabines des deux litières étaient probablement recouvertes d’un tissu. Non 
figuré sur celle d Horus, ce tissu l’est, p§r de larges mailles quadrillées, 
sur la paitie inferieure de la cabine d I lut h or ‘^K La partie supérieure est 
censée laisser voir la paroi du tabernacle qui contient la statue divine. Cette 
paroi est décorée du symbole dd d’Osiris, alternant avec le nœud d’Isis. Quant 
au tabernacle d’ llorus, dont les montants sont visibles plus bas, sa partie 
supérieure est ornée du même motif (*). 

2. Dès que le premier service d’offrandes prenait fin dans le sanctuaire 
des barques, la procession de la journée s’organisait. A partir de cet instant, 
et pendant le séjour entier des divinités du pèlerinage à Bhd-t, cesse le 
commentaire figuré aux bas-reliefs du portique sud, dans la cour du temple 
d’Edfou. Seuls les textes, et surtout celui du grand rituel de la fête, nous 
renseignent sur ce qui se passait au cours de ces treize journées. Le quatorzième 
jour seulement, nous retrouvons les tableaux du pylône ouest, qui montrent 
le départ d’Hathor hors du temple de Bhd-t. Quel chemin va donc prendre 
la pi ocession qui sort du sanctuaire, pour aller célébrer les multiples 
cérémonies dont nous entretient le rituel ? C’est ce qu’on peut espérer 
rétablir, maigre 1 ambiguïté des termes choisis par les rédacteurs, avec le 
secours d’autres inscriptions du temple d’Edfou. 

***- ** »... ■• :■ ■■ * . ,..,i p 

{ } Les litières étaient vraisemblablement à leur place normale, à la même hauteur Tune que 
1 autre, en réalité, dans le sanctuaire S*t-wr-t. 

Edfou, pl. phot. 4 7 5 . Cf. par exemple le tabernacle d’Hathor dans le sanctuaire pr-wr de 
Dendéra : Cuassinat, Dendéra, III, pl. phot. 189 et 197. 

<3) Edfou, pl. phot. 4 7 4 . 


— -H*( 507 ) m- - 

Il est de prime abord évident que la fête de la bonne Réunion jouait un 
rôle très important dans le rythme de l’année liturgique, à l’intérieur du 
temple. Nous en avons la preuve par la multiplicité des emplacements où se 
rencontrent des allusions qui la concernent. Il n’est pas de partie essentielle 
dans la maison divine qui en soit dépourvue, depuis les deux portes d’Hathor 
de la grande cour, à côté des pylônes, jusqu’à la porte même de Mén(-t), 
le plus profondément caché des sanctuaires d’Horus. Voici ces textes, dans 
l’ordre des lieux où ils se trouvent, depuis le pronaos du temple jusqu’au 
sanctuaire Ménffy : 

1° a) Salle hypostyle, montant ouest de la porte, face extérieure : 

C’est le palais de l’Ame parfaite, la Maîtresse de Dendéra, quand elle arrive à 
son époque de l’année, pour se joindre à son père dans S-t-wr-t ; c’est son siège 
sacré dans P et Msn(-t), au côté du grand Disque ailé d’or, ( lorsque ) son parfum 
baigne le temple du Maître des dieux D) . 


b) baffe hypostyle, montant est de la porte, face extérieure : 

-Te f fh «Jàjri] 


à 2 


C’est la [ salle à colonnes de) Celui qui était au commencement ([wjh n] Hpr- 
m-h’-t), le jardin (hsp)W sacré du (dieu) d’Edfou, où pénètre la Maîtresse de 
Dendéra à son époque de l’année, le jour de la nouvelle lune du mois d’Epiphi : 
(chose) stable, assurée, sans cesse, pour l’éternité, aussi longtemps que (le dieu,) 
d’Edfou brillera dans l’Horizon 


2° Salle de l’ennéade, montant est de la porte, face extérieure : 


(*) 


Edfou, II, 9 , 4-6. — m II peut y avoir faute de copiste. — (3) Edfou, II, 1 o, 1 5 à 1 1 , 1 . 


— •*#*( 508 ) >#■ §» •■ 

Je fais remonter {le fleuve) à la Maîtresse de Dendéra, en («on) époque de Vannée, 
pour quelle fasse [sa] bonne réunion avec son Horus M, ( pour qufelle [y] ([îm]-é) 
voie Atoum sur son trône , au moment de (hr) la libation d’eau aux fils d’ ’Uvn®, 
comme on l’appelle, ( ainsi qu’)Harsomtous en son nom (royal), organisant le pays 
pour les grandes divinités (hr émn-f t î-wi n ntr-w wr-w), et leur présentant la libation 
et V offrande (éféf-f n-sn mw-;w). pour (?) [ ] d’ Horus®. 

3 Sanctuaire S-t-wr-t, paroi est, 5' tableau du 3 e registre : 

L OEil-de-Ra remonte (le fleuve) depuis Dendéra pour atteindre Bhd-t . la rési- 
dence qu’elle aime; elle est V épouse-royale d’Hamkhthès (et) son Uraeus de diadème, 
qui brille sur son front W. 


4° a) Couloir smy(-t), montant extérieur est de la porte est « 

KiiiiiJLVï’rrjMs.Æ-isisHZTrîn 


On ouvre les portes du Grand siège de P-n-R' en Haute-Egypte®, quand la 
Maîtresse de Dendéra remonte (le fleuve) à son époque de l’année, pour (y) voir son 
père (hr m” it-s) W, le grand dieu®. 


b) Couloir smy(-t), épaisseur du montant est de la porte est : 

( Y entrent (au [m]) temps de leurs fêtes, en (n = m) procession dans leurs tabernacles 
sortis de leurs sanctuaires : la Maîtresse de Dendéra, qui y vient à son époque de 
Vannée, (quand) elle pénètre ('k-n-é) dans le Trône de Râ (Bhd-t n R' = fe temple 
d’Edfou), etc. ®. 

.1 ■ à '.t ■ > ^tl .V.,. - tvu ..^-.1 n i V* A%« ■ 1, . , .. 


^ CL Junker, Onumlegende , p. 118. 

” mà - w ’ Iwn é q«i v a«t à mé-w R'. Le dieu ’lwn de Bhd-t est R’ énbti, sous sa forme osirienne 
de faucon momifié : c’est ta forme choisie pour l’idole du sanctuaire Mm(-t). L’expression entière 
est la même qu’au texte traduit précédemment : cf. Edfou, V, 39, i3. 

< * * * * 5) Edfou, I, 36 i, 9-11 ; cf. Piehi, I. H., II (9) (traduction), p. 2 4 , 1. ao-24. 

’ 4 ' Edfou, I, 5 o, 6-7; cf. JcNKER, Onurislegende, p. 190-191. 

(5) 11 s a 8 it de la P artie Ja Pl us reculée du temple, qu’isolaient les deux portes du couloir . 

Comparer la lecture de Piehi., /. H., Il, 1 , pl. XXXI, H : les deux pupilles (m L’œuf x' est 
probablement une faute pour le pain U. 

(,> Edfou, I, 35 o, i 4 -i 5 ; cf. Piehl, I. H., II, 9, p. 19. 

(,) Edfou, I, 35 e, 1-9; cf. Piehl, I. H., II, 9, p. 90-91. 



( 509 


5° Porte du sanctuaire Méti(-t ) , extérieur, montant ouest du tableau : 

HP— K- 


Sa fille vénérable, (qui est) sa nourriture (jùui'mlière) (dbhw kî-w-f) (c’est) 
Hathor de Dendéra, la grande Maât qui est près de lui (wn-s m-Ut-f) ® (et) ne 
s’éloigne pas de sa Majesté (Horus-Râ d’Edfou ), (se tenant) par devant lui chaque 
jour; elle vient à Bhd-t en son époque de l’année, (le jour) de la nouvelle lune 
(du mois) d’Epiphi; elle (y) voit son pète dans é-t-wr-t, ( qui est) (m) le saint 
Disque-ailé (planant) au-dessus des dieux ('py spé hri ntr*w) f 3 ). 

Sans revenir sur la désignation même des quatorze jours : la fête de 
Bhd-t®, il est difficile de penser, après avoir lu ces divers textes, que l’en- 
semble des cérémonies, pendant tout le séjour de la déesse à Edfou, ait pu 
se dérouler entièrement hors du temple. C’est pourtant ce qui a été soutenu par 
Erman, dans son analyse du rituel de la fête d Epiphi ® d’après la tra- 
duction de Brugsch . Cette opinion est due à la difficulté certaine que présente 
l’inteyprétation des termes du rituel lui-même. Voici d’abord un tableau 
d’ensemble, qui s’applique à la procession du premier jour de la fête d’Edfou. 
Il se trouve dans l’hymne intercalé parmi les scènes du retour, sur la paroi du 
pylône ouest (6 ) : 


ït.’.t; 




■BlîH.’X 


~ <7? 


?ïaSSÎ-AT*.\44: 


W Cf. Edfou , I, io 3 , i 4 : dbhw pw kl-w-Jc — (Elle) est (ta) nourriture et ton aliment; Edfou, I, 
117, 5 ; Mariette, Dendéra, I, pl. 78, a* Cette expression composée est fréquente; elle s’ap- 
plique à Hathor-Maât, nourriture des dieux. 

W Sens affaibli de m-ht : cf. Wb III, 345 , 3 ; Edfou, V, 10, 5 . 

P) Edfou , I, aa8, 8-9; cf. Bttüosca, Drei FestkaL, pl. VI (n° VII), et traduction, p. ix. 

i 4 ) Bhd't désigne certainement, dans cette expression, le grand temple d’Edfou. 

Voir Erman, La religion des Egyptiens, 3 e édition (traduction Wild), p. 4 â 8 - 43 o. 

W Cet hymne aurait pu être gravé avec autant d’à propos sur la paroi du pylône est, si le 
manque de place ne l’avait fait réserver pour la seconde partie des scènes de la fête d’Epiphi, 
En effet, sur les cinq développements dont il se compose, les trois premiers (À, B, C) concernent 
l’arrivée des dieux à Edfou, et leur première procession ; les deux derniers seuls (D, E) se rap- 
portent au départ des dieux, après les quatorze jours de fête. 

BAL d’ Étude, t. XX, a* fasCï 65 


— ***( 510 )•*♦— 

Si= 




(Fragment C). i« vivantes i», e« es [h nouveau] (■„(,.<„ s r„ 

sn-nw]) ; h* corps (des dieux), ils reprennent jeunesse (^. w , whmin mp), 

\ Ma ' ,re * <M “ (p(î) Nb itr-li), fa grande Image 

au-dessus des dsenx apparais (dbf <(„)) avec la Dorée, la Maîtresse de De, Ma! 

Les prophètes les pins du dwu marchent en procession (phr), i la suite 1*1 leur 
(maître) ?)] (m mi [n nb ( T)].<n) ; tous Us (prêtres) aux bouches pures s’avasumt 
( wfw-rj.w nb nmt-fa). Le drémmiaire en chef revêtu de ses ornements (,1b; ni 
btr-w-f) rmte Us formules de l'apparition <» (hr'Sd r:-w n pr r h;) ; ces dignitaires 
du temple, selon leur servm, chacun (d'eux) est derrière l’autre (!;wti-w un n 
b-t-nlr r wnw-t-sn, Iw W nb m-bt fe-nwl). Le, choristes chantent (ssp-w hr 
ssp); les mmicurn les accompagnent (dhn-w hr dbn); on se réjouit, on dans, 
pour elU (wnf-br lut (■) n b;-â)! Ceux ,ui sont dam Bbd[-t]'M mirent en 

allégresse (■».* -Bhd ;t hpr m Ihhwt) ; ils poussent leur cri de joie aussi haut sue 
le ciel (hr ir b(y) r k(i) n p-t) WJ * 

Le passage correspondant du rituel mène les images d’Horus et d’Hathor 
deputs le sanctuaire du grand temple jusqu’en un lieu qu’il faut préciser : 


— ED— Pi L^|*Titni * — — 

ï+issivirv'-iuva 

i=XCTl”îj‘ e = u,i *«» > -=• 

** © <=> bJJ -i. «n A i ■ ç ^ „ 




«^ZT”" ’’* PPli ' * I * * * * * * “ ,|>éciale “ ent *“ *> morts, « aux inur, des dieux sous kor 

m Prières spécialement composées pour aceomp.gne, la sortie des processions hors dn «tnple 

Pr r h, es de .4» et d, f ( VL, lit, . 4-6) : tonte divinité sortant en 

est assimilée au soleil qui se lève (qui sort de l’autre monde) P 

ufrTZiïsT* T e P °T “ T * ““ me le “ re “"i u “ («r. 

{ 3 JJ* Ph0t - 454 t Coi - 9)> mals ia présence du déterminatif donne une wande probabilité 
3 ^ cv7°d- TT " en * re ** - hiératique et le fragmentée 

Biid-t '' X tempiC dC ; Cf - P1US haut (^/-/V 1 3t , : j,éd2nii 

(5) Edfou, V, a 9 , i3 à 3o, 4, 


— H »( 5 H )•€* 

H) ( Lorsqu'on a été jusqu’au temple de Bhd-t (spr r h-t-ntr Bhd-t), (et) 
passé une bonne nuit en ce lieu (îr sdr-t nfr-t 0) m s-t tn), le jour qui suit (celui de) 
la nouvelle lune r-*- «est le premier jour de la fête de Bhd-t (mh hrw sn-nw n 
psdntiw, r c tpy n hb Bhd-t) — on fait sortir en procession (sh') le dieu vénérable 
Horus d ’ Edfm-grand-dmi-du-ciel, (avec) Hathor de Dendéra, Khonsou d’Edfou , 
Homs-au-puissanL-visage, Horus d ’ Hiérahô npolis, l’enseigne (pj mdw) d’Horus 
d’Edfou, l’enseigm d’Hathor de Dendéra, l’enseigne de Khonsou d’Edfou, et (celle) 
d’Horus d’Hiérakênpolis. On porte ( les dieux) en litière vers le haut® (wts r hrw), 
vers (r) le (lim-)sm’,4 de Bhd-t ® on va jusqu’au temple d’en haut (épr r 
h-t-ntr hr-t). On s’arrête (alors) par terre ® (htp hr ta), au dedans du premier 
lieu saint, comme on l’appelle (m-hnw i;*t tp(-t) hr-tw r-s) ( 8 L 

La procession part donc du sanctuaire des barques du grand temple 
de Bhd-t. Elle s’en va vers le haut, vers un temple d’en haut. A-t-elle 
besoin de sortir du temple pour trouver ces conditions? Il ne le semble pas, 
à première vue. La terrasse du temple (hr(-t), é-t-hb-tpy) n’est-elle pas en 
effet un second sanctuaire à ciel ouvert, placé au-dessus du premier? N’est-elle 
pas considérée comme le lieu où. les âmes vivantes (b‘, ' nh ) des dieux se réunissent 
à leurs images^, tandis que leurs corps (hi-t, fh) reposent dans leurs 
sanctuaires d’en bas, comme dans un tombeau? Ne possède-t-elle pas un 

U I 41 -t .fr . . u, ,. 1 - , 4 : b 4 U«-.. ■*.■■!« 1 

(1) Le signe gravé n’est pas sml, mais nfr, maladroitement taillé : cf. Edfou , pl. phot. 476 , 

col. 4, et Edfou, V } i34, 9 ; i35, 10 . 

^ Ou ; vers la nécropole (hr-t)? Dans ce ca^, le lieu serait précisé. Il s’agirait du cimetière 

hr-t d’Edfou, formé de tombes creusées dans le roc, au flanc de la première colline du désert 

de i’ouest. Le site se trouve à 3 kms. 5 environ du temple d’Èdfou, en direction ouest-sud- 
ouest. Les plus anciennes sépultures y datent (épigraphiquement) de la seconde période inter- 
médiaire ( 1 700 - 1 55o av. J.-C.) (cf. Alliot, Un nouvel exemple de vizir divinisé, B.LF.A.O., XXXVII 

( 1 9^7)» P* Le monastère copte d’Amba Bakhoum et le cimetière copte s’y trouvent 

aujourd’hui. Les deux mots hrw ( Wb III, i4â, etc.) et hr-t (1 id i43, i3, etc.) 
présentent, à l’époque ptolémaïque, la même abréviation, attestée ici (Edfou, pL phot. 476 , 
col, 6 ). 

(8) Cf », sur le lieu sml-t : Wb., III, 45 1 , 1 5 : als eine Station der Prozession des Horus von Edfu? 

^ C’est-à-dire : on dépose les barques-litières (contenant, les tabernacles des divinités) à terre 
(et non sur des supports préparés d’avance, comme cela se passerait dans un temple ordinaire), 

& Edfou, Y, i3i, 3-6. 

(#) Cf. plus haut, 3 e partie- 


65 . 


—*■!♦( 512 )♦**— 

temple osirien, ou se pratique le mystère de la renaissance végétale du dieu 
patron du temple, assimile a Osiris? L’expression : l’enceinte de la fètesed 
(nW‘t hb-M), que le calendrier d Hathor à Edfou applique aü lieu vers 
lequel se dirige la procession d EpiphiW, ne peut-elle pas désigner la terrasse, 
siège de la première fête, qui est précisément une fête-sed? Si la fête se 
déroule ainsi entièrement à l’intérieur du grand temple d’Edfou, les images 
divines seront en place pour s’embarquer immédiatement à l’embarcadère de 
Bbd-t : c est ce qu exige le passage du rituel concernant le quatorzième jour 
de la fête d Edfou ( a L Si les dieux sont au contraire en un lieu éloigné du 
temple, comment peut-on concevoir que cela leur soit possible? 

Cependant le texte de 1 hymne traduit pltls haut — — qui concerne bien 
le départ de la première procession — affirme au contraire qu’on sort vers le 
dehors (pr r hl) du temple, et non qu’on monte à la terrasse. De plus, il 
atteste la présence de nombreux chanteurs, musiciens et danseurs sacrés, 
autour du défdé des prêtres. C’est ce que ne mentionne nulle part le rituel, 
qui néglige la description extérieure et matérielle de la procession, pour ne 
s’occuper que des cérémonies. 

Or, les musiciens et danseurs, qui faisaient partie du petit personnel des 
communautés, n étaient pas purs, au sens où le sont les prêtres. Ils avaient 
accès certainement à la grande cour des temples, et peut-être au pronaos <«, 
mais non à l’intérieur des salles pures < 4 >, Pourtant, il faudrait qu’ils y soient 
admis, si 1 on suppose que la procession ne prenait les images des dieux dans 
le sanctuaire que pour les emporter aussitôt vers l’entrée de l’escalier de la 
terrasse. Il est donc préférable de se ranger, au moins pour l’itinéraire du 
cortège pendant les deux premiers jours de la fête de Bhd t, à l’opinion 
communément admise jusqu’ici < 5 ). 

w Ct- plus haut, a* partie : Edfou, V, 357, k (col. ai). 
m Cf. plus bas r Edfou , V, 34 , a -4 (col. i-4). 

m Voir les nombreuses allusions aux chants et aux danses qni accueillent Hathor à son entrée 
dans la cour du temple d’Edfou (textes des portes d’Hatkor). 

(1) Voir, par exemple, toutes les représentations des fêles du siège de la Première fête au temple 
d’Edfou : aucun chanteur, musicien ou danseur n’y figure. Les cérémonies, en effet, se dérou- 
laient entièrement « portes fermées dans la partie pure du temple, sans aucune sortie vers 1 e pronaos 
ni l’extérieur. 

Brugsch, le premier éditeur du rituel, a traduit ; (wenn) Horut, die Sonne, emporsteigt zum 


■■ -*i »( 513 — 

L’existence d’un sanctuaire sty- 1. de Sokar-Osiris, où toutes les divinités 
de l’ennéade d’Edfou trouvaient le repos de leurs corps hut, sous le nom 
de htptlw et la forme de momies osiriennes, est par ailleurs bien attestée 
aux textes d’Edfou. Qui plus est, la visite d’Horus et d’Hathor au mois d’Epiphi. 
le sacrifice qu’ils offrent en ce lieu à tous les dieux gisants, sont des faits 
confirmés par ces mêmes textes. Les trois tableaux qui montrent le sacrifice 
offert en Epiphi à l’ennéade cachée dans la tombe divine d’Edfou se trouvent 
tous au registre le plus élevé de la salle du temple qu’ils décorent. On peut 
conclure de ce simple fait que l’action se passe dans un lieu éloigné. Tous 
trois aussi représentent neuf Osiris momiformes debout l’une derrière l’autre. 
Deux d’entre eux se répètent, par une énumération toute semblable des 
noms des divinités; celles-ci adressent les mêmes garoles au roi officiant. 
La légende générale sur les dieux court au-dessus de leurs têtes, en deux ou 
trois longues lignes; il y a une colonne derrière le roi, qui résume son 
rôle particulier dans ce rite, et une autre derrière les divinités, qui rappelle 
ce qu’elles sont en cet endroit. dépendait chacune des scènes garde son indi- 
vidualité marquée. La première est une présentation des deux herminettes 
nw-ti d’Anubis : c’est une allusion au rite de V ouverture de la bouche, qui 
se pratiquait là avant la présentation des offrandes W. De plus, les momies 
divines sont présidée^ par un couple, jde divinités : ce sont Osiris d’Edfour 
grand-d ieu-dans- T ï-dér et la grande Nout qui met au monde fes dieux, la 

mère divine de Râ et d’Atoum W : tous deux portent des titres qui rappellent 
leur rôle dans le sanctuaire funéraire W. La seconde scène est un encensement 

« ■ 1 ■ 1 1 

Himmel, in der ïitchtung des Landes Samt von Hud ( Drei Festkal. , p. 12, col. 6) ; Hinaufzmteigen 
zur Gegend Samt der Stadt Hud (id., p. 1 4 , coi. 35 ); À plus forte raison Erman l’admet, puisqu’il 
suppose que le cortège d’Horus et d’Hathor n’entrait. pas même à l’intérieur du temple, à son 
arrivée à (Edfou ~)Bkd-t : Am ersten Tage des eigentlichen Festes, fiihrt man dqtifi die Goiterschar mit 
ihrer Begleitung, die neben dem Tempel genéichtigt hat, kinauf zu einem oberen Tempe! , der irgendwo 
am Wüstenrande liegt. Hier lasst sick ailes auf der Erde nieder, und verrichtet Opfer und Zeremonien, 
Cf. La religion des Egyptiens (traduction Wild), p. 4 2 8 - 4 29. 

Ouverture de la bouche (quatre fois ) , avec les deux herminettes d'Anubis (Edfou, I, 173, 3 ). 

C’est le dieu au mystère sacré en la montagne secrète, celui dont le nom est caché aux dieux et aux 
hommes, et dont Limage est mystérieuse pour les esprits et les morts (Edfou, I, 178, 7-8). 

^ C’est la déesse qui cache son héritiei' à V intérieur de ses mains , et qui dissimule son torps à ses 
ennemis (Edfou, I, 173, 10). 

< 4 î Cf. Edfou, pl. XXIII a (paroi nord, 3 e registre). 


*■§•( 514 - 


et libation üux grands dieux, une offrande funéraire ^pr-hrw^j à ceux qui sont 
dans leur tombe . Le roi est la comme Horus , qui sacrifie aux vénérables dieux- 
ancêtres (tpi-w-ji qui fait offrande aux dieux de la Dt-t^K Seuls, les dieux 
momiformes assistent a la ceremonie ^ 2; . Le troisième tableau répète le geste 
du second : encensement et libation . Mais il est conçu dans une autre forme 
que les déux premiers : le roi seul est présenté comme le fils de Râ , qui sort 
de sa chair y et qui fait offrande à ses enfants M; la scène comporte une formule 
opératoire; la fête de la nouvelle lune d’Epiphi est attestée par son nom. 

Voici les textes qui concernent les divinités du sanctuaire funéraire, dans les 
trois tableaux : * 


3 ? ^ ~ n * w ? y, ê fi m y it 12 \ ri ms m p i a i s t s t 
~“(P»:nm5aT>rr:z;zjs>“;T“ssT!?nyj«=+-s>i 


1 . Les dieux-vivants qui sortent de Ra, l ennéade des fils d’Atoum, {ils} sont cachés 
dans la nécropole ( qui est) sur la montagne, au sud-ouest d’ (Edfou-) Db; : (c’est) 
leur grande terre-sacrée dans (£d/ow-)Bhd-t, (cest) le (sanctuaire-)^ ty-t des corps 
des dieux puissants (ntr-w nh-w pr m R', pM-t mé-w J Itm, st;(-sn) m hr-t hr 
p(j) mn hr réi-imnt-t n Db » : t;-dsr-én wr-t m Bhd-t, sty-t h;-w-t n ntr-w wr-w). 
Râ y entre, avec son Uraeus (de diadème ) à côté de lui (hr-f), pour sacrifier (w’h-ih-t) 
a ses enfants (ms-w-f j , (qui sont) les momies puissantes, vénérables et divines qui 
reposent dans (/k//iw-)Bhd-f , éternellement (r'-nb) ! Leur tombe ne sera pas détruite 
(n wh' is-sn), leurs momies ne seront pas endommagées (n th h;-w-t-én), le sable 
qui est sur leur ( sanctuaire -) sty-t, ne sera pas enlevé (n kf s' hr sty-t-^n) ! (Mais) on 
sacrifiera à leurs (âmes-) k;, toujours, sans fin, à jamais! (w’h-ib-t n k’-sn, m hr-t- 
hrw, nn ék, r rj-' d-t) P). 


(1) Edfou, II, 5i, 3-4 et 7 - 8 . 

<’> Cf. Edfou, pi. XL d, 4' registre. 

m II faut entendre : aux Enfants de Râ, titre que portent les divinités d’Edfou dans la tombe 

sty-t. 

w Edfou, I, 173 , ii-i5. 


Une phrase termine le tableau, et s’applique à Osiris qui préside la scène : 

Osiris est le maître de l’occident ; il a bâti (hwé-n-f) le monde ( inférieur ) 
caché (imn-t) pour sa momie (é'h-f). Il est le chef qui règne sur les Êtres-de-la- 
d’-t (dïti-w), et qui commande aux Êtres-qui-reposent (htpti-w) 1*1. 

nnnHf2f:iiW”ssï;z:£î=r'i'iiSfii:i.«iîlï 

î p.s.n'ü'— 1\- * - — 

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JT I J * i 1 J aaAà 8 ~ * 4 I V— I 


2. Les dieux-vivants qui sortent de Râ, V ennéade des fils d’Atoum, (ils) sont cachés 
dans leur (tertre-) i;-t qui est sur la montagne au sud-ouest d’(Edfou-) Db;, 
depuis quest vem(ï) le dieu pour sceller leurs décrets (?) (dr w; ntr r db' éhr-w-én) ; 
mais leur descendance sur terre n est pas terminée (?) (n rf skm tpv-t’-sn), (et) leurs 
âmes se sont envolées vers le ciel, (où) elles vivent (éternellement) parmi les étoiles W 
(pr b'-f>n m 'p r hr-t, 'nh-én mm 'nh-w). Le cœur de Râ était tombé dans la tristesse, 
à la vue de ce qui était arrivé à ses enfants : sa Majesté fit ^ (alors) orner leurs momies, 
au lieu où ils vivent P) (wi îb n R' r dw, hr mjj hpr n mi-w-f ; wd-n hm-f r hté 
hj-w-L-sn, m bw ir-^n im). On fait l’embaumement (nw) P) dans (Edfou-jBhd-t ; 


<’> Edfou, I, i 7 4, 7 . 

(S) Cf. les caractères de Sok&r-Osiris, dans la chapelle H t-.sr du temple d’Edfou : Sokar-Osiris, 
grand dieu de la double sty-t, roi du pays, chef des terres étrangères (idb-w) : le ciel possède son âme (bî-f) ; 

la terre possède ses images (shnvw f) ; la nécropole du monde inférieur possède son corps embaumé 

(hr-ntr hr li^ -t-f) (j Edfou , I, aïo, i4-i5). 

« Cf. Wh., ï, 385, 93. 

^ Littéralement : où ils passent {leur temps) ; sens absolu de tr, dérivé de i r krw, tr 'l/w, etc. 
Pour le sens général de la phrase, cf. Westcar, 9 , 12 ; wndn hmf %hf wl r dw hr-s~ alors sa 
Majesté , son cœur tomba dans la tristesse à cause de cela. 

(5) Littéralement : l’emmaillotage (des momies, avec les bandelettes de toile). 


là, on purifie (dér ) leurs momies ; on « frappe les veaux' » pour prendre soin de leur tombe 
(hw bhs-w r hh is-én) O : c’est, le (lieu} secret W, qui cache leur (crypte-} sty-t 
(st;-é*t h^stj sty-t- ;?n), semblable à celle qui est dans Héliopolis (mit-t nt-t m’Iwnw). 
La grande butte divine d’ (Edfou-jBhd-t, qui cache (hîp) les momies des dieux joints 
(à Os iris} (ntr-w krti-w) ( 3 ), c’est Râ qui s’en va là (§m im), avec sa Majesté 
(Hathor) à côté de lui, pour faire offrande (nd ih-t) à ses enfants, les grandes vénérables 
et divines momies qui reposent dans (Edfou-)Bhà-i étei'nellement ! (Quand) ils 
déposent offràndes, parcourant (en procession ) leur lieu de sépulture (phr krs'-t-sn), 
(les dieux) jpefiivent, leurs cœurs sont joyeux, ils louent (Râ et Hathor) ( c nh-én, 
hr ib-sn, dw^én s*t W) et (ceux-ci) écoutent leurs prières, jusqu’à ce qu’arrive 
V époque où ils reviendront (là) PÔ (e hpr W tr n.iw-sn y) PJ. 

En fin de. tableau, les dieux de l’ennéade funéraire sont : « les grandes 
et saintes divinités sur la montagne : ce sont les âmes vénérables des enfants 
d'Atouin », 


^ " if; * % Z; ^ T S Â ; X - rf; f fc! T r “ = s : ^ v: s 


3. Les dieux d’ (Edfm-jQhd’l qui sortent de Râ, les enfants qui sont nés d’Atoum 
(hpr m ’ltm), cachés dans leur monde-inférieur (qui est) sur la montagne 

» ■■■* - ♦ »» — i — — 4-. H-* **-* 4 « - -*t «-* — »*— » ^ 

Cf. plus haut le commentaire de ces rites 'particuliers. 

(1) A cause du déterminatif de V arbre, il serait aussi exact de traduire par : le bouquet sacré (litté- 
ralement : le lieu secret planté d’arbres) ; cf. Wb . , IV, 553, îo. 

m Le mot spécial employé ici est un nom d’agent dérivé du verbe 1er ( Wb., V, 59 , 3-5). 
kr s’emploie au Moyen Empire dans le sens de : joindre (son corps au lieu où se trouve le tombeau 
d’Otiris à Abydos ), en parlant des morts osiriens. krti-u: — - les Réunis a gardé dans notre texte 
sa valeur ancienne. 

(1) Confusion néo-égyptienne de m, pronom dépendant (régime), 3 e pers. plur., et de é-tjnw-l ; 
cf. Ebman, Neuàgyptische Grammatik, S 97 (p. 43-44). 

(5) Cf. la dernière phrase du texte suivant. 
t ‘ ) Le signe h est incorrectement gravé. 
w Edfou, II, 5 1 , 9 - 1 5. 


— +*( 517 )«*+ — 

occidentale (hr dw imntî) au sud d(Edfou-)\y ts-Hv (hr rsi n Wts-Hr), leurs 
momies sont pures (dsr) dans leur terre-sacrée (m-hnt 1,-ds'r-én) ; leurs âmes sont 
au-dessus d’eux, voyageant au ciel (b;-w-sn m gé-sn hrî, hnd hr p*t). Ils sont ras- 
semblés (twfién), à l’époque (fixée) dans l’année, au (jour de) la nouvelle lune en 
Epiphi, par (in) Horus d’ Edfou-grand-dieu-du-ciel et la grande Hathor de Dendéra, 
pour le sacrifice ( offert ) aux momies divines (r w’h-ih-t n hl-w-t ntri-w) qui sont 
cachées dans la montagne d ’ (Edfou- ) Bit d • t . Ils reçoivent leur libation (ssp kbhw*én) ; 
leurs âmes (re)vivent ; leurs gorges respirent, en vie (érk-hty-t-én, m c nh), jusqu’à 
ce qu’arrive l’époque suivante de sa venue W (r hpr tr ky n îw-f), en paix, sans fin, en 
présence de V Ame-grande-d’ éternité W (hft k; wr nhh)! W. 

La dernière allusion à la fête d’ Epiphi au sanctuaire caché dans la montagne 
(dw) est si nette qu’elle emporte la conviction. C’est bien là qu’il faut 
localiser le haut (hrw), par rapport au bas, qui est le site du grand 
temple de Bhd- 1 . S’il faut lire ; l.tv-f = la nécropole , au texte du rituel, 
il s’agit de la nécropole hr-t du désert de l’ouest, attestée au premier 
texte de l’ennéade funéraire. Le lieu sm’,4 de Bhd-t , c’est le sanctuaire 
osirien sty-t, tertre de sable pur qu’il ne faut pas enlever, entouré de son 
bosquet sacré W, recouvrant la tombe où sont les momies divines. Le site 
ancien de ce sanctuaire n’a pas encore été retrouvé à Edfou jamais c’est un 
fait bien connu qu’à l’époque ptolémaïque tous les grands temples d’Egypte 
ont possédé un temple-tombeau osirien du même type. 11 se trouvait plus 
ou moins loin du lieu saint principal, suivant l’éloignement du terrain 
convenant à sa construction^. A Edfou, le lieu sm’-t était à la lisière 
du désert, au sud-ouest de la ville Db ’, : c’est donc une assez longue 
route qu’avait à fournir la procession. Au milieu des cultures de la plaine 
d’Edfou, puis à travers la région moins bien drainée (ph) qui annonce l’ap- 
proche de la «montagne», le long cortège d’Epiphi précédé de ses enseignes 


{,) Le fait se rapporte à Horus d’Edfou seul. 

w Epithète d’Osiris maître de la tombe %•*. f 

(3) Edfou, I, 382, 10 - 1 5 et pi. phot. 3 28. 

(4) Bosquet planté de palmiers mâles (im l de balanites (Ud), et d’aeaeras ($nd<t) *. cf. Edfou, 

V, 397, 1. 

w Ces lieux saints ne pouvaient être placés très loin des terres cultivables, car les arbres dont 
ils étaient entourés avaient besoin d’irrigation, au moins à dates éloignées. 


.( 518 


divines atteignait l’endroit mystérieux où Râ vient sacrifier à ses Enfants. 
La foule des chanteurs, musiciens, danseurs sacrés, hommes et femmes 
ensemble, tant d’Edfou que de toutes les provinces du sud de l’Egypte, 
accompagnaient les grandes divinités. Les habitants de la ville et des villages 
de la province, mêlés aux pèlerins d’Horus et d’Hathor, fêtaient le dieu et la 
déesse sur ce long trajet par la campagne comme ils l’avaient fait la veille, 
quand les grandes images entraient dans leur domaine. En arrivant, on 
montait un peu ; on pénétrait dans le temple d’en haut W ; on déposait les 
litières, non plus dans la salle close et sombre d’un sanctuaire, mais en plein 
air, en face du tertre qui recouvrait la sépulture (sty-t) de l’ennéade d’Edfou. 
Alors commençaient les cérémonies. 




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I) On dépose offrande aux Ames divines (w?h ih-t n b’-w ntri-w) : on constitue 
une grande offrande-pure (ir c ’b-t 'î -t) , en pain et bière, viande et volailles, et 
toutes bonnes choses. On fait ho[locauste ] de beaucoup des (mets) offerts (ir k[rr] 
wdn-w e §i-w). Les formules de l’offrande sont psalmodiées par un scribe du 
livre divin ('s n’ rj-w n wlh-ih-t in pi ss-mdl -t-ntr), et les chants de louange ® 
par un cérémoniaire (dwl-w in hri-hb(-t)). Les prophètes « prennent soin de la 


<’> // t-ntr = château d’un dieu n’implique pas une construction unique et close : au contraire, 
le terme s’applique souvent à tout le domaine sacré d’une divinité, fermé de murs, autour de 
son temph proprement dit (pr). C’est alors un synonyme de nw-t. C’est bien la valeur qu’il a 
ici : h-t-ntr désigne le domaine sacré de l’ennéade d’Edfou au désert de l’ouest, par opposition 
à leur autre domaine sacré d’en bas : le temple principal d’Edfou. 

<’> Il n’y a pas, semble-t-il, de lacune dans l’écriture même du mot dm’-w. mais un faible espace 
laissé libre sur la pierre entre ss-mdl -t-ntr et dw l -ir, comme plus haut (col. h) entre s-t tn et mli 
hrm ên-nm : Edfou, pl. phot. A 7 6 . 


— 519 )•*-» — 

tombe» W (hh îs in hm-w-ntr) . (Puis) on fait un bon jour® en ce lieu (ir hrw 
nfr < 3 4 > m é-t tn). 

(Alors) on [fait) (re)partir en procession ([s]h') le dieu vénérable Horus d’Edfou- 
grand-dieu-du-ciel, (ainsi qu’fHathor de Dendéra, et (leur) ennéade; les (phrases) 
initiales des cantiques sont psalmodiées par un scribe du livre divin ('s dwi-w 
hri-w-hi-t in pi ss-mdi -t-ntr). Formule , à dire quatre (fois) : 

« Horus est venu triomphant (Hr ii m mi '-hrw), et toute sa mission est accomplie 
(wpw-t-f nb hpr) ® ! Sa mère Isis est en joie (rsw-t), car il a pris (en moins) sa 
charge (dr it-n-f Lw-t-f ) ! Ce pays-ci, son cœur est heureux. Les Ames-vivântes, 
elles s’éveillent sur leurs trônes, parce quelles voient le Maître des dieux (bi-w 
'nhi-w nhs-én hr s-t-sn, m-dr mii-w(=sn) p(i) nb ntr-w) ( 5 * * 8 h L’assemblée (divine) 
de Ri-stiw est en fête; la jubilation court (phr) dans (tout) (Edfoujhhd-t ! ». 

(Cela) est chanté (dd) par les prophètes, (puis) Von répond en chœur ® 
(wsb-sn m sp-w-'si-w) : 

« Soyez joyeuses, ô Âmes-vivantes ! Horus a triomphé au tribunal (?), et toute 
sa mission est accomplie! (ndm ib-tn, bl-w-'nhi-w : mi -hrw Hr m knb-t(?); 
wp(w-t-)f nb hpr)». 

On chante cela en chœur depuis la sortie hors du temple d’en haut > (et) on s’en 
va jusqu’à l’enceinte de 'nb-ti-wî (dd nn m sp-w 'si-w, si' n pr m ® h-t-ntr 
hr-t; wdi r p(i) sh n 'nh-ti-wi) M. 

Le programme de fête dans le premier lieu saint comprenait donc une 
offrande funéraire aux divinités d’Edfou, à leurs corps embaumés dans le 
sanctuaire sty-t, à leurs âmes qui planent au ciel et forment les constellations. 

(l) Sur la nature de ce rite, cf. plus haut. 

(S) C’est-à-dire que tous ceux qui assistent au service dans le domaine sacré d’en haut se re- 
posent, et font un repas rituel avec les boissons et les mets offerts aux divinités du sanctuaire %•£. 

(3) Le texte porte : hrw l * î = un grand jour. La correction s’impose. 

(4) Cf. la même expression dans la colonne 1 2 : wp(w4)f nb hpr. Brugsch lit : wp(w)f itf > à 
tort, (Drei FestkaL, p. 1 2 = col. 9 ). 

(a) Les fautes de rédaction sont nombreuses dans tout ce passage. 

w Le sanctuaire sty4 de Ri-étlw, près de Giza, spécial à Sokaris, semble avoir été le type pri- 
mitif étendu plus tard à toute l’Egypte. 

W Expression unique. Le sens ici semble être : en plusieurs natures {de tons), d’où : en choeur , 
plutôt que : à maintes reprises ( vtele Male , Brugsch). 

(8) m est écrit n(*f). 

< 9) Edfou , V, i3i, 6 , à 182 , 3. 


! *♦♦**• • 

L’important rite osirien lih Is était célébré par tous les prophètes présents. 
Là-dessus, on prenait du repos, on partageait un repas aux assistants. Puis 
la procession s’organisait de nouveau. On quittait le temple d’en haut : on 
sortait donc du domaine consacré aux dieux osîriens. Le lieu nouveau auquel 
on se rendait se trouvait à faible distance : on n’avait que le temps de chanter 
en solo les phrases initiales des cantiques, puis, en chœur, quatre fois de 
suite, l’hymne à Horus triomphant et son court refrain, dont les paroles 
nous sont conservées. Le cortège ai’rivait alors au slj n *nh-t’,-wî W. Si le lieu 
connu ailleurs sous le nom de 'nh-f’-wt se trouve bien à côté du Sérapeum 
de Sakkara ( 2) , on peut penser à une cour des fêtes-sed divines, annexe du 
sanctuaire osirien de la nécropole de Memphis. C’est à Memphis que les 
rites du couronnement royal et de la fête-sed osirienne appliquée au roi 
d’Egypte furent célébrés dès l’époque la plus ancienne, avec le plus d’autorité 
sur tout le pays. Rien d’étonnant à ce qu’on en trouve une réplique, portant 
son nom memphite, à côté du sanctuaire osirien d’Edfou, et réservée aux 
fêtes-sed annuelles de l’Horus local (*L Voici les rites exécutés au sh n c nh- 
H-wl, au bord du désert, à l’ouest d’Edfou : 




tl} Cf. Edfou, pl. phot. 477, le dernier mot de la colonne 1 a. Les deux signes tî'Wt sont gravés 
très épais et de forme carrée, à droite et à gauche du signe 'nh, probablement par manque de 
place. Cf. l’écriture déformée du même mot au temple de Dendéra, citée par Gauthier (D. G ^ I, 
i 48 :ânkhchech (?)), avant les autres exemples (D. G., 1 , iSç). Erman (Lareligton des Egyptiens, 
traduct. Wild, p. £29) a confondu : p(i) sh n 'nlyti-wi (col. 1 a) avec : p(l) sh n pr-nh (col. 44 . 
Les deux écritures, cependant, sont nettement différentes sur la pierre (cf. pl. phot. 479, pour 
la seconde expression). Il est difficile de supposer que le même texte écrive, pour la première 
expression, successivement : pr('Wt)-nh (sans aucun complément graphique, et avec des signes 
pr inachevés, ce qui n’existe pas ailleurs), puis : pr-nh(*t) et pr-nh -f déterminatif de la maison . 
En outre, les deux sh en question ne sont pas situés au même lieu (cf. plus bas). 

« Cf. Wb., I, 2 0 3 , i 3 . 

(3) Moret ( Caractère religieux de la royauté pharaonique) n’a pas manqué de faire état de ce qui 
se passe à la fête-sed d’Horus d’Edfou dans le sh n 'nh-tlmi, pour le rapprocher de détails 
semblables constatés par ailleurs, au cours des fêtes-sed royales (voir, par exemple, p. 1 o4-i 06 ; 
p. 275). Pour Ptah de 'nh-tiwi, patron des fêtes royales (couronnements, et fêtes-sed), cf. par 
exemple, le passage suivant, tiré d’un des hymnes de la fête du Couronnement royal d’Horus 
d’Edfou : Ô Image (divine) vivante , ô Faucon vivant! Ptah-au-sud-de-son-mur maître de 1 nh-tLwi, 
Ptah-Ti-tnn père des dieux protège ton corps , et son ennéade anéantit tes ennemis ! (Edfou, VI, 272, 

9 " 1 *)■ 





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J) Prescriptions à accomplir par (office de) prophète (ir n; wp-w-t în hni(-ntr) V J ). 
Or donc, on amène une chèvre rousse (du) un bœuf roux (in-hr-tw 'nh dsr ih dsr). 


(l) Littéralement : Fah'e les prescriptions (sacrées) par prophète. C’est dire que de simples prêt] 
purs ne suffisent pas, en cette solennité. 

dibl. d' Étude , t. XX, a* fasc. 66 


K 522 >«- 


On vide ses entrailles, (et) on (en) fait un grand holocauste, après avoir empli son 
ventre avec toutes (sortes de) plantes aromatiques (et) de l’huile parfumée (?) (sd 
mh-t-f, ir krr h-t-f mh m b ; • w nb, hk[nw](?) (et) avoir fait offrande 
(par dessus) avec du moût et du vin (éhtp m sdh jrp). Le scribe du livre divin 
psalmodie ('s) (les formules intitulées) : Adoration d’ Horus dont l’héritage est établi 
(p(0« dw; Hr smn nv'), Affliction de | T Ennemi ] W (p(;) >hw n [Ky(?)]), 
Les deux plus anciens (dieux) (p(;) hw*wi(? )), Enchaînement [des hommes ] 
(p(OrtÊ[p'.t])W. 

(Puis) on fait (le service de) l’Offrande de Râ en tous ses noms ( 1 * * 4 5 ) (îr p(î)wdn n 
p(î) R' m rn-w-f nb-w). On lui offre pain et bière, viande et volailles et toutes 
bonnes choses, à savoir (rh iri) : cent pains (ordinaires), et cent pains blancs ; 
cinq jarres de bière; quatorze gâteaux à la (pâte de) dattes (s'w-t-bi-t-bnr, là) ; 
quatorze galettes (ordinaires) (bi-t), i4); quatorze (plats) de dattes confites (?) 
(bnr-t n ht-w, i4)( 6 ); dix cruches de lait (irt-t, mhn 10 ); une oie vivante, 
(et) une jarre de vin (r* 'nh, 1 ; irp mn, 1 ). 

(Ce sont) les prophètes (qui) font (ir) la (dédicacé-) htp-di-néw 4 ; (puis) on 
dépose l’offrande à Râ et à son ennéade. La jormule chantée comme louange de Râ 
(est) (r? dd m dw? R') : « Salut à toi, Râ ! Salut à toi, Khepri, en ces beaux noms 
(qm sont) à toi! Tu es venu, fort et puissant (ivv-k ii-ti, wsr-ti, éhm-tî)! Tu t’es 
levé, magnifique, (et) tu as abattu Apophis! Que ton beau visage soit favorable 
Roif 

^ ■— 


au 


, fils de Râ ^ 


— quil vive à jamais!». 


(1) Faute de scribe probable sur le signe/: de Mmu, transcrit comme F idéogramme (idée voisine) . 

(î) Tous les titres de formulaires précédés dep( 5 ) sous-entendent un mot masculin comme 
SH~Vécrit (sui^ de substantifs ou d’infinitifs au génitif direct) : cf. le déterminatif placé à la 
fin de chaque expression. Par conséquent, p(î) ne s’accorde avec aucun des substantifs écrits 
qui lui succèdent immédiatement, en apparence. 

(3J Cf. Edfou , V, 1 35, 4 (coi. 3^ : Ky — V Autre x V Ennemi par excellence, est un des nombreux 
surnoms de Seth ou Apophis dans les textes ptolëmaïques. 

(4) Cf. Edfou , V, 1 3 5 , 4. Cette formule est d’ailleurs connue par d’autres passages des textes 
d’Edfou : cf. Edfou , III, 35 1 , 8 ; Edfou , VI, 2 35, 4. Il existe une faible lacune en haut de la 
colonne i5 (avant les trois traits du pluriel), capable de contenir le signe de Vœuf, écriture 
ptolémaïque de p'-t. 

(5) Cf. plus haut, 3 e partie. 

(<s) Littér. : confiserie (de dattes) des arbres , îi (plats) (?), c’est-à-dire les dattes confites telles 
qu’elles sont sur l’arbre, par opposition aux pâtisseries sucrées à la pâte de datte, 


**( 523 } 


(Alors) on donne l’essor aux quatre (o*cs-)'pr, vers le sud, le nord, l’ouest et 
l’est. La formule prononcée par le scribe du livre divin (est!) ; « ’lméti, va 
vers le sud, (et) dis aux divinités du sud : Horus d’ Edfou-grand-dieu-du-ciel est 
roi! Il a pris la couronne blanche, il y a joint la couronne rouge! Hpy, va vers 
le nord, (et) dis aux divinités du nord : Horus d’ Edfou-grand-dieu-du-ciel est roi ! 
il a pris la couronne blanche il y a joint la couronne rouge! Dvv;-mvv4-f, va 
vers l’ouest, (et) dis aux divinités de l’ouest : Horus d’ Edfou-grand-dieu-du-ciel 
est roi! Il a pris la couronne blanche, il y a joint la couronne rouge! Khb-sn-w-f. 
va vers l’est, (et) dis aux divinités de fi est : Horus d’ Edfou-grand-dieu-du-ciel est 
roi! Il a pris la couronne blanche, il y a joint la couronne rouge!» 

(Là dessus) le (prêtre-) sî-mr-f (*) prend l’arc (ssp pd-t), (et) tire (une flèche) 
(éti) vers le sud, le nord, l’ouest et l’est. On chante l’hymne (dw;) à Horus d’Edfou- 
grand-dieu-du-ciel-qui-abat-ses-ennemis, et le chef du chant (p(î) mr hé) présente 
(ét;) ( 2 ) les (bassins-) s(?) Un prophète présente les bouquets de (frondes de) 

palmier (mâle), et de (tiges de) balanite (ms 'nh-w n im’ isd in hm-ntr) devant 
le dieu (m-bîh nlr pn). 

Remarque (rdi rh-k) W : On amène- le bœuf roux, et on le fait égorger 
devant Horus d’Edfou (in ih dsr, di < 5 ' m>'-f m-b ; h Hr Bhdti). (Quand) on 
détache (au couteau) la patte de devant droite, on la jette dans la foule ^ (éf h 
hps wnmi, hw r (?) hnw p(’) ms'); elle (y) est saisie par le chanteur (t) W dont 
le nom est Horus, qui (la) dépose sur la nuque (de la bête de sacrifice) (ssp in 
héw(?) nty rn-f r Hr, w;h-f (h)r nbb*t). (Alors) on (/e(?)) récompense (?) en 
toutes bonnes choses; on frotte d’ (huile d’)oliban [ ] sa tête, (et) l’équipage 


Le fils aimé. Fiction ordinaire de l’officiant-roi d’Egypte, fils, du dieu. 

Sous-entendu : devant le tabernacle du dieu Râ. 

(3) Le signe s au pluriel, sans déterminatif. 

(4) Littéralement : Faire que tu saches. À partir d’ici, remarque , note et interprétation reviennent 
sur des détails particuliers des deux cérémonies précédentes. 

Lire le bras tenant le pain conique , au lieu du flagellum (Edfou, pi. phot. 4 7 8 , col. 2 4). 

(#) Cf. le calendrier d'Hathor à Edfou, col. 2 4 : p(l) thw n p(î) ms * (== l’enclos de la foule) , cité 
comme l’un des quatre lieux saints (tL/) qui sont à l’intérieur de V enceinte de la fête-sed, à Edfou, 
quand on y célèbre la fête de la Bonne réunion, en Epiphi (Edfou, V, 367 , 4). 

W II semble préférable de corriger s (homme) en hsw (h, au lieu du trait vertical), d’après le 
passage identique : Edfou, V, 1 35, 5. 


66 . 


d’Horus bat du tambourin (fk> m ih-t nfr(-t) nb(-t); wrh m 'ntnv [ 1 tp-f ; 

nhm in ïs-t Hr) < l b 

Note sur l’hippopotame (dd-mdw hr h; b) : Il est fait de cire rouge (ir m 
mnh dsr) ; on réjouit son visage avec de l’encens de l’Oasis W (sluj hr-f m dkr n 
Wh(î-t)), (puis) on grave (sur lui) les noms des ennemis que tu veux (y inscrire) 

(mtn m rn n hfti-w m ib-k). Alors (sk) tu apporteras (în-n-k) [ ] (et) deux 

(figures de) crocodiles : le cou de (celui de) droite sera avec le cou de (celui de) gauche 
(s’s’y-t-f wnmi m s'sjy-t-f i;bi) ; le (cou), de droite sera (tourné) vers (le crocodile) 
de droite, et le (cou) de gauche vers (le crocodile) de gauche ® (wnm(-t) r wnmj , îjb(.-t) 
r î;bi)- On (les) joindra à V (offrande-)^ de bouquets (déposée) en face [d’fHorus 
d Edfou et de Sa Majesté (— Hathor de Dendéra) (di W r m ’ 4 n ni ! h ■ vv , r- 
hft-hr [n]Hr Bhdti hn' Hm-t-é), et (h n e ) on fera (ir) (le cérémonial de) «lous 
les ennemis du roi » , sekn le formulaire du jour où sort la fête d’Horus d’Edfou 
(hr htm hrw pr hb n Hr Bhdti), et (frn*) on psalmodiera V hymne de louange 
(s dw^-ntr), et (hn c ) on fera (le cérémonial de ) Vhippopotame de pâte (cuite)- 
s (w-t) (ir hîb n s (w*t)) ( 5 6 ). Fais tout ce que tu sais là-dessus en présence du 
dieu (ir rh-k nb r-sn m-b’h ntr pn). Les prophètes , les pères du dieu et le 


(1) Peut-être faut-il comprendre, au sens absolu : on fait un cadeau (sous-entendu : à tous les 
assistants de h foule, au milieu de laquelle le chanteur vient de saisir la pièce de choix du sacrifice) , 
V équipage d’Horus s’entend de celui qui monte sa barque du fleuve (et peut-être de ceux qui la 
remorquent). Ges mariniers jouent un rôle d’honneur parmi les assistants populaires privilégiés, 
au cours de toute la fête d’Epiphi : cf. plus bas. 

(5) Le sens d 'encens est bien attesté pour dkr : cf. Wb.,Y , 496 , 9 . Le mot signifie littéralement : 
des grains. De là, dkr n Whl-t peut désigner aussi le natron de l’oasis dite. : Ouadi Natroun 
aujourd’hui. L’expression serait alors synonyme de bd n Srp . 

G est-a-dire : les deux crocodiles sont croisés l’un en face de l’autre, cou contre cou. La 
tète de droite regarde donc le corps de celui qui est à droite, et la tète de gauche regarde le corps 
de celui qui est à gauche. C’est la position la plus fréquente des statuettes de crocodiles accouplés 
par paire, dans le motif bien connu d'Horus sur les crocodiles . Gf. par exemple Lacau, Les statues 
{{guérisseuses » dans l’ancienne Egypte (Monuments et mémoires Ac. I. et B. L., t. XXV), pl. XV et XVI ; 
Boreux, Guide-catalogue du départ, des antiq . égypt . du Musée du Louvre , t. II, pl. XLIII et LXX 
(à droite). 

(4) Epigraphiquement, dans le présent texte, le bras tenant le Jlagellum , et le bras tenant le 
pain conique sont presque confondus ; cf. Edfou , V, i33, 6 (col. â4 ) = rfe mVf; i33, 9 
(col. 97 ) = di r mT; i35, 5 (col. 4o )~di p(^) hps, aux pl. phot. 478 et 479 . 

Cf. Edfou , VI, 88 , 1 : l’hippopotame de (pâte)-i à la fête de la Victoire d’Horus (voir 
plus bas, 6 e partie). 


scribe du livre divin feront le (rite du) «piétinement des poissons» (p(;) dgdg rin). 
Le prêtre du roi foulera et écrasera V Ennemi (hnd, ptpt n hftî in néw4)^ en 
le frappant d’une ( lame de) silex (hw m sf), La formuk prononcée (est) ; « Egorgez- 
vous , percez votre chair (s'd4n, dm*tn iwf-tn)! Que chacun de vous massacre son 
semblable (smj w c én-nw-f îm-tn) ! Râ triomphe de ses ennemis (à répéter quatre 
fois) ! Horus d’ Edfou-grand-dieu-du-ciel triomphe de tout mal (dw nb) (à répéter 
quatre fois) ! ». 

Interprétation M (rh p(î) wh c pn) : piétiner les poissons , (c’est-à-dire) l’ennemi 
qui est dans Veau : cela est contre les méchants (?) (n; r ni bin-w(?)), les massacrés 
de Napata (n; hj4 Npt) ( 2 * ), cela est contre les mauvais (?) ® (m r ni gb-w(?)). 
Les oiseaux , ceux qui sont dans leurs cages (de vannerie) M, ce sont les âmes des 
ennemis (p*y-w, nw m njy-w db;*w, bl>\\ hfti-w). 

Quant à ce qui concerne les éventails de ( fibre de palmier-)doum M (p^y r 
ni bh-w-t n mîm;), les cheveux ^ (n; sny-w), et ce qui concerne la 


(l) EUe porte spécialement sur la note qui précède. 

(î) Le texte a été gravé au début du i er siècle av. J. -G. La rédaction semble contemporaine 
de cette date (caractère de glose intercalée dans un manuscrit plus ancien ; langue néo-égyptienne 
récente). A cette époque, le royaume de Napata n’a plus de contact culturel ou religieux avec 
l’Egypte. Les incursions des nomades de Nubie donnent un caractère hostile à tout le pays en amont 
de la Dodécaschène. Cf. G. Reisner, The Meroitic Kingdmn of Ethiopîa (/. E , IX, p. 34 et suiv). 

Dans le sens d'esprits du mal, démons . 

(4) Cf. Wb., V, 56â, 3. Cet exemple de l’usage des dbl-w prouve l’identité du mot avec dbl 
(Wb., V, 56 1 , i4), la cage des oiseleurs dans les champs d’Egypte dès l’Ancieti Empire 
(cf. Mostet, $cènes de la vie privée, p. 64-65 et pb VI). 

c&) Le mot bh-t, qui comprend comme second déterminatif celui de tml (= natte, objets tressés) 
semble désigner une variété de flabéllum, l’éventail de cérémonie à manche long. Quant au terme 
mlml , selon toute vraisemblance, son déterminatif de la voile tendue sur le mât est une faute com- 
mise en transcrivant le déterminatif hiératique, qui figurait un palmier-domi (à tronc simple). 
Le scribe l’a interprété comme le mât à voile tendue, à cause de la similitude apparente des d&ux 
objets (ef. Wb.} II, 29, 7 et 9). Sur cette variété d’éventail,, cf* V. Loret, Carnet de notes égypto - 
logiques, â° ; L’éventail en feuille de palmier ( Sphinx , VI [ 1903 ], p. 10 5- * 12 ). 

(6) La lecture de Brugsch pour le signe Ipd-w est certainement fausse (Chàssinàt, Edfou , V, 
i34, note i4, et Edfou, pl. phot. 478 , col. 33). Il s’agit d’un l de l’article pluriel ni (cf. tous 
exemples semblables, col. 3a et 33). L’expression sny-w n lpd-w — plumes d’oiseaux* ne s’ap- 
puierait d’ailleurs que sur cet unique exemple (Wb., IV, 5oo, 12 ), En réalité, le mot n’a pas 
d’autre valeur que : cheveu, ou : poil (humain, ou des mammifères), et toute matière ressemblant 
à ceux-ci. Cf. la traduction de Brugsch, Wb. Suppl., p. 54 1 , 

Bibl. d' Étude, t. XX, 2 e fasc, 67 


suite W (n; hr ir hr-sj), qui® en ferait l’interprétation, en présence du dieu? (ir 
pî wh'-é inm, m-b’h ntr pn). 

Au soir (m tr n rwh;), on passe une bonne nuit en ce lieu (ir sdr-t nfr-t m s-t tn) 

La première journée de la fête a donc été entièrement passée loin du grand 
temple, au bord du désert occidental d’Edfou. Le soir, on ne rentre pas dans 
la ville : les images divines, le clergé et la foule (ms e ) des assistants passent 
la nuit sur place. Les différentes parties du service de la journée sont bien 
marquées et peu nombreuses : 

i° Devant le sanctuaire sly-t : service funéraire d’olîrandes (avec holo- 
caustes de pièces choisies), et rite hh îs. Puis, repos, et procession avec 
chants jusqu’au second lieu saint. 

9° Dans l’enceinte sh n 'nk-tï-wi : a ) holocauste du bœuf roux; b) service 
de V offrande de Râ en tous ses noms (ou service de fête-sed de Râ). 

La dernière partie du rituel traduite ci-dessus n’est qu’une suite de 
précisions ajoutées après coup au texte du cérémonial de la seconde partie 
du service ® . Elle énumère un certain nombre de détails qui semblent parti- 
culiers au rite local d’Edfou. Les plus marquants d’entre eux sont : 

A) Pour l’holocauste du bœuf roux : la participation du peuple et de son 
représentant, le chanteur « Horus», aux honneurs de la patte de devant de la 
victime. Il y a là rappel du rôle des harponneurs dans les victoires que 
le diçu guerrier remporte sur Seth. 

B) Pour le service de l’offrande de Râ en tous ses noms : au moment 
final (après les rites de fête-sed proprement dite : louange et offertoire, 


O Cf. Wb., III, 3 i 7, 5 . 

Les deux formes du même mot, employées dans la même expression : ir pi w[i*i( ) 

(Edfou, V, 1 3 4 , 8 — Edfou, V, 1 3 5 , 10^ Edfou, pl . phot . 4 7 8 , col . 3 3 = 4 7 9 , col . 45 ), semblent 
être des écritures aberrantes (toutes deux avec déterminatif de l’homme aeetoupi, la main à la 
bouche) du pronom interrogatif tnm/nm , copt. nim (Wb., ï, 96, 1 1 = IL 203 , 8). Les 
variantes graphiques de ce pronom sont nombreuses en néo-égyptien. 
w Edfou, V, i 32 , 3 , à i 34 , 9. 

w Les trois gloses, intercalées par des copistes successifs, se signalent par une différence 
croissante de style et de langue avec le texte principal. Cet écart est particulièrement 
sensible pôur la troisième, très naïve et peu assurée ; elle est certainement bien postérieure au 
rituel. 


lâcher des quatre oiseaux et tir des quatre flèches, purification), on ajoute aux 
symboles végétaux d’éternité déposés devant le dieu : bouquets de palmes 
et branches de balanite, les objets symboliques les plus particuliers au rite 
d’Edfou : l’hippopotame de cire rouge, et les deux crocodiles aux cous croisés. 
On opère sur eux par l’inscription des noms des ennemis du dieu, toujours 
identifié au roi d’Egypte en cet instant de l’office. On détruit alors leurs 
images par le feu : c’est le cérémonial de tous les ennemis du roi, si souvent 
répété au cours de toutes les grandes fêtes d’Horus d’Edfou M. On ajoute 
enfin un rite qui n’était pas spécial à Edfou, puisqu’il formait dans d’autres 
temples d’Horus, tels que celui de Kôm-Ombos, le thème principal d’une 
fête particulière qui durait cinq jours. C’est le piétinement des poissons, 
qui n’est qu’une variante de la destruction des hippopotames et des croco- 
diles^. Dans d’autres rites à caractère opératoire, semblables à ceux-ci, 
les poissons et les oiseaux pris dans un filet symbolisaient pareillement les 
corps et les âmes des ennemis du roi ®. L’interprétation finale a trait seulement 
à ces derniers détails sur la conjuration des ennemis devant Râ. Elle prouve 
qu’on ajoutait parfois aux poissons jetés à terre des oiseaux enfermés dans 
des cages rustiques. La ressemblance était alors plus grande encore avec la 
cérémonie symbolique de la chasse au filet devant les dieux. 


(1 ) C’est pourquoi le rédacteur du rituel de la fête d’Epiphi s’est contenté d’ajouter sans 
préciser : fais totit ce que tu sais là-dessus en présence du dieu. 

W Voici le passage du calendrier des fêtes d’Haroèris à Kôm-Ombos, qui concerne la fête 
du piétinement des poissons : Le t g Epiphi, on fait sortir en procession le dieu ( Haroéris ) , en sa belle 
fête du piétinement des poissons, comme on V appelle. On va jusqu 7 à la (cowr-)wsh-t d’en haut (?) 
(t J wsh4 hr(*t)). Le dieu (y fait le rite du) piétinement des poissons (dgdg rm in ntr pn). On exécute 
son cérémonial (ir nt-'-f). On fait de même jusqu’au 2 3 (Epiphi), pendant cinq jours, (puis) on s’arrête 
en son sanctuaire (pr-f). (Kôm-Ombos, II, 5 a, n° 696, col. i 4 -i 5 ). 

• 3) Cf. Âlliot, Une cérémonie du culte divin, mise au service du roi d’Egypte (Revue d’Egyptologie, 
t. V (1946), p. 07-1 18). 



CHAPITRE VIH, 




CÉRÉMONIES DU SECOND JOUR DE LA FÊTE D’(EDFOU-)fiff/>ï\ 


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T,a^2api2ai f i^^p?«Lïj: 


K) Le second jour de la fête de Bhd-t, on fait partir en procession Horus d’Edfou- 
grand-dieu-du-ciel, Hathor de Dendéra, et ( leur ) ennéade. On porte {les dieux ) en 
litière vers le {lieu-) sm?-t de Bhd-t, {et) on s'arrête par terre, au dedans des 
Quatre lieux saints (m-hnvv iî-t 4)W, comme on les appelle. On dépose offrande 
aux Ames vivantes aux images cachées^ (w'h-îh-t n b ] • vv nhy-vv h îp ést’-w). 


(1) Il faut manifestement rétablir le quatrième trait vertical du chiffre /t, dans la lacune : cf. 
Edfou, Y, i35, il, et i36, î. 

(4) Désignation précise des divinités de la tombe sty-t, dont les âmes éternelles sont au ciel, 
et les corps cachés sous terre. 




— 530 )*« 4 — 

On exécute pour elles un encensement et libation (ir n-én sntr-kbli). Les formules 
de l’offrande leur sont lues par le scribe du livre divin (sd n-sn rî-w n wjh-ih-t în 
ss-mdi-t-ntr). On passe un moment en ce lieu (ir î-t m s-t tn) W. 

(Alors) (re)partent en procession (h') Horus d’ Edfour-grand-dieu-du-ciel et Hathor 
de Dendéra. On marche (wd;), et on s’arrête en face des portails 2: du (dieu) 
d’Edfou (htp m-b’h n: 'rrw-(t) n Bhdti). On lui fait offrande en pain et bière, 
et toutes bonnes choses; on fait holocauste des offrandes (krr wdn-w). On exécute 
(ir) le (rite du) Pr-dwj-t (*) : c’est un scribe du livre sacré qui encense, (et) des 
prophètes et pères du dieu qui font libation. On fait le salut de la (cruche-) 
nms-t, et on offre Maât. L hymne (est chanté) par un « libateur », (ou) un porteur 
de vase à libation (dvv’ in p’ Lri-hs(-t), in t?y-n-J$s(*t)), et on introduit (devant les 

dieux) les (chanteuses-)smy-t. On psalmodie (les formulaires intitulés) : [ ], 

Les deux plus anciens (dieux) W, Affliction de l’Ennemi, Enchaînement des 
hommes, (et) le Grand livre d’abattre Apophis (p(’) md’-t *;• t n éhr 'pp) (*), 
Un scribe du livre sacré exécute (le service de) l’Offrande de Râ en tous ses noms. 
On donne la patte de devant au chanteur dont le nom est Horus (di p(>)hps n p ’ 
fr&w nty îw rn-f r Hr). 

(Puis) partent en procession Horus d’ Edfou-grand-dieu du-ciel, Hathor de Dendéra, 
et leur ennéade. On s’arrête dans le temple d’en bas, qui est le temple de Bhd-t 
(htp m h-t-ntr hr-t, nty h-t-ntr Bhd-t). On exécute le ( rite du) piétinement des 
poissons en ce lieu, en présence du dieu (ir pî dgdg rm in é-t tn m-b ;h ntr pn). On lui 
fait offrande (wdn-n-f) en pain et bière, viande et volailles et toutes bonnes choses; 
on fait beaucoup d’holocaustes (krr 's]). Un scribe du livre sacré exécute (le service 

T— V « i. » »~- 

(1 > Tout ce passage est remarquablement parallèle au début du rituel du premier jour (Edfou, 
V, 1 3 1 , 6-8). 

(S) Le mot 'rrœ-tj'rm-t (fFi. I, aïo, i 3 et ai î, îo) désigne ici les portes monumentales du 
palais royal, sculptées sur les murs d’enceinte des cours de fête-sed royales (cf. la cour des fêtes- 
sed du roi Djéser à Saqqarah). L’ensemble architectural des sépultures royales des dieux des 
provinces, à l’époque ptolémaïque, était calqué sur celui des domaines funéraires royaux sous 
l’Ancien Empire. Le déterminatif de notre texte est une faute de transcription à partir du texte 
hiératique : le véritable signe était celui de la grande porte du palais royal 'rw-t. 

(3) Avec ouverture de la bouche devant les images des dieux, probablement. 

(4) Cf. Wb . , I, 29, 2. Epithètes d’Horus-Râ et d’Hathor, les plus anciens, donc les plus véné- 
rables des dieux. 

(s) Cf. plus haut, le passage parallèle du rituel. 


53 1 )■ # * - ■- 

de) V Offrande de Râ, à savoir (rh iri) ; ali coupes (hîw) de bière ; ali jarres de 
bière ; ali pains blancs ; ali gâteaux à la ( pâte de) dattes ; aâ [plats(l) ] de dattes 
conjîtes(l) ([b]nr-t n ht-w,[. .] a U) ; ali grandes cruches de bière (hk-t, kby e ;, 
ah); a chèvres rousses ( c nh dsr, a); ali pigeons ( ou oiseaux) voiliers W (mnw-t 
p;y*w, ali ). 

On va (alors) à (r) la salle de la maison de Vie W (p; sh n pr-nh). On 
exécute tout le cérémonial de la maison de Vie (ir nt- nb n pr- c nh) : qui en 
ferait V interprétation? (ir p(î) wh c *é inm). Au soir s jon passe une bonne nuit en ce 
lieu W (m tr n rwh;, ir édr-t nfr-t m s-t tn) W. 

Il est aisé de voir que le cérémonial suivi pendant la seconde journée est 
très proche de celui de la veille, tant que la procession est au terrain sacré de 
la montagne. Le matin, on monte vers l’enceinte smî-t qui comprend les 
quatre lieux saints — dont fait partie le premier lieu saint cité la veille ( 5 L On 
exécute un service d’offrandes, tout semblable à cehli du jour précédent, 
devant le sanctuaire osirien d’Edfou. On se repose, puis on passe dans 


W C’est l’opposition ordinaire entre les oiseaux ply-vù (qui volent haut, comme le pigeon), 
et les oiseaux marcheurs îpd'W (surtout les palmipèdes). 

W La procession se trouve alors non plus aux sanctuaires de la montagne de l’ouest, mais 
au grand temple d’Edfou h-t-ntr kr t (cf. plus loin). Par conséquent, pi sh n pr-nh ne peut être 
assimilé à pl sh n 'nh-tl-wi. Il est difficile, d’autre part, de garder la traduction d’EnsfAix, Halle 
der Sckule . Il est certes bien établi que cette périphrase : maison de Vie , désignait les locaux où 
travaillaient les hiérogrammates des temples, leurs ateliers de scribes. Mais Erman suppose que 
la procession d’Epiphi, une fois arrivée aux sanctuaires du désert d’Edfou, y célèbre toute s. les 
cérémonies de la fête d’Epiphi, pendant toute la lune croissante. L 'atelier des scribes dont il s’agit 
serait donc placée au désert, ce qui est très peu vraisemblable. Les lieux saints funéraires osiriens 
n’étaient pas le centre d’un culte permanent : on les visitait seulement à certaines dates. 
Par ailleurs, Gardiner a récemment réuni une vaste documentation, afin de définir le sens de 
pr-nb (/. E. [1988], p. i 57-179)). De l’ensemble des exemples qu’il cite (cf. le présent 

exemple : J. E. A. ? ai, p. 17Ù, exemple n° 5 o), il ressort que les prêtres savants du pr-nh 
étaient chargés d’utiliser de toutes manières les écrits religieux, aussi bien pour les tombeaux 
que pour les temples. Gela, du reste, ne permet pas de reconnaître de quel lieu proche dn temple 
d'Edfou il s’agit ici. 

W Dans le domaine sacré du grand temple d’Edfou, et dans la localité même. 

W Edfou , V, 1 34, 9, à i35, 10. 

( 5 ) Le calendrier d' Hathor à Edfou cite les noms de ces quatre lieux saints : cf. plus haut, 
fasc. I, p. a 35 , 1 . 2-4. 


— *•*( 532 

l’enceinte voisine, qui s’appelle Y enceinte de la fête-sed (calendrier d’Hathor 
à Edfou), et où se trouvent la salle de iiJi-t ; ■ wi, et les portails du dieu d’Edfou. 
Là encore, le service répète celui de la veille,' quoique la disposition du para- 
graphe décrivant ce service soit beaucoup plus confuse et sommaire que celle 
du paragraphe parallèle précédent. Il y a, semble-t-il, holocauste du bœuf 
roux d’abord, puisque le rite de la patte de devant est cité, après tous les 
autres détails, mais avant qu’on ne change le lieu des cérémonies W. Le 
cérémonial écrit de l’ Offrande de Râ en tous ses noms était suivi ensuite. Les 
mêmes titres de formulaires que la veille sont attestés. Quelques détails 
supplémentaires sont donnés sur les chanteurs et chanteuses chargés de la 
partie musicale du service. 

La seule différence importante avec la première journée est que les services 
divins ne s’achèvent pas aux lieux saints de la montagne. Vers le milieu du 
jour, on quittait les portails du dieu d’Edfou, et la procession regagnait le 
grand temple, à travers la campagne qui sépare la ville du désert occidental. 

Pour la seconde fois dans les textes de la bonne Réunion, le grand temple 
d’ (Edfou- est désigné en cette occurrence par l’expression : le temple 
d’en bas, ou mieux : le château-divin (pu domaine sacré ) d’en bas (h-t-ntr 
hr-t ), par opposition au domaine sacré d’en haut (h-t-ntr frr-t), qui désigne 
manifestement le terrain consacré à l’ennéade osirienne d’Edfou, sur la 
montagne de l’ouest. Il le sera une troisième fois bientôt, dans la colonne 

46/47 : I e dwu vient du lieu du temple d’en bas (et) s’envole vers 

(celui d’)en haut Mais le meilleur exemple est bien celui que nous venons 
de traduire ici, car il donne l’explication même du terme : le temple d’en bas , 
qui est le temple de Bhd-t. Or le temple de Bhd-t, pris en lui-même, désigne 
toujours le grand temple d’Edfou. 

Brugsch a voulu y voir une salle seulement du grand temple d’Edfou, 
dont le nom particulier serait Né-t : en effet, les deux signes né-t et hr se 
confondent totalement, quand la forme récente de ce dernier est employée, 

t n i * — ; — - 

in Inversement, le rite du pr-dœl-l était probablement exécuté la veille devant les images divines, 
au moment du premier service, avec holocauste de la grande victime. Cette partie correspond 
à la partie funéraire initiale de toute fête-sed, et le service de l 'offrande de Râ, à la partie triom- 
phale qui termine les mêmes fêtes (ef. Moret, Caract. relig ,, p. 212-2 ai, ü35-a5/t). 

[V ' Voir Edfou, V, i36, 1-2 : cf. plus bas. 


— >->•( 533 )•*+-— 

et quand le graveur a fait dépasser abusivement les deux extrémités du 
trait supérieur horizontal, comme c’est le cas ici. Mais par ailleurs, pour 
qu’on puisse traduire avec Brugsch : « mch dem Tempelraume Nes-t», «an der 
Stàtte des Tempelraumes Nes-t », il faudrait que le texte portât : né-t h-t-ntr, 
et non : h-t-ntr (né-t), ce qu’il porte en réalité. De plus, si l’on traduit : 
h-t-ntr hr-t par : le temple d’en bas, en désignant ainsi le temple d’Edfou 
tout entier, on peut laisser à l’expression suivante : nty h-t-ntr Bhd-t son 
sens le plus naturel : qui est le temple de Bhd-t, au lieu de lire nty = n, 
comme fait Brugsch, et de traduire comme lui : « welcher zum Tempel von Hud 
frehbrt ». Ajoutons enfin qu’une salle spéciale du grand temple, dont le nom 
serait : le trône, ou : le trône du temple (né-t h-t -ntr), n’est attestée nulle part 
dans les textes d’Edfou M. 

Quand le cortège d’Horus et d’Hathor avait regagné la grande maison divine, 
on y célébrait la dernière partie du cérémonial de la veille. On présentait 
un dernier service d’offrandes qui portait, comme celui du matin à la montagne, 
le nom à’ offrande de Râ : l’énumération des aliments et des victimes est 
donnée. Au moment où l’on déposait les bouquets d’éternité, on ajoutait, 
comme la veille, le rite du piétinement des poissons. Enfin, on terminait le 
programme liturgique de la journée en célébrant, peut-être au coucher du 
soleil, le cérémonial de la maison de Vie, sur lequel aucun renseignement ne 
nous est donné par le rituel. 


(l) On rencontre seulement ns-t-R‘ et ns-t-ntr-w, parmi les salles intérieures du temple. 



CHAPITRE IX. 


CÉRÉMONIES DES TROISIÈME ET QUATRIÈME JOURS 
DE LA FÊTE D’ŒDFOU 

LA PÉRIODE DU CINQUIÈME AU TREIZIÈME JOUR. 


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L) Le troisième jour de la fête de Bhd-t, on exécute tput le cérémonial (nt- c nb) 
à l’intérieur des Quatre lieux saints (m-ljnvv i;-t 4), comme on les appelle (n (=mi) 
hr-tw r •«.*), selon ce qu(on a fait) auparavant (mi nty r-hi-t). Le quatrième jour 
de la fête de Bhd-t, on exécute tout le cérémonial à l’intérieur des Quatre lieux 
saints (m-hnvv n iî-t 4), comme (n = mi) on les appelle h). 

Le rituel s’abrège brusquement pour ces deux journées : elles sont en 
effet la simple répétition de la première. C’est dire que le cortège d’Horus et 
d’Hathor quitte Edfou à la première heure, s’en va par les champs jusqu’aux 
quatre lieux saints des bords du désert; il y célèbre le sacrifice qui fait 
revivre sur terre les divinités osiriennes, en la personne de leur fils Horus. 
Puis on égorge le bœuf ou la chèvre rousse, symbole de Seth, et souvenir 
de la première victoire du dieu. Enfin la fête-sed, divine et royale à la fois, 
vient assoir la domination d’Horus-Râ et de son uraeus Hathor de Dendéra 
sur l’univers, tandis qu’on détruit d’avance tous les ennemis du roi divin, 
et du roi d’Egypte du même coup. On ne rentrait pas, semble-t-il, au grand 
temple le soir du troisième jour : comme le premier, on passait la nuit sur 
place. Le quatrième jour seulement, comme on faisait le second, on retournait 
à Edfou dans l’après-midi. C’est ce qu’implique la suite immédiate du rituel : 


o * 




(l) Edfou , V, i35, io, à i36, i f 




M) Le cinquième jour de la fête hl (mh hrw 5 n hb pu), le dieu vient '■ ' ; du troue 
du temple d’en bas (il ntr pn m s-t h-t-ntr hr-t) ; le scribe du livre divin et les 
prophètes se mettent en route (wdl in ss-mdi-t-ntr hm-w-ntr) ; (le dieu ) s’envole® 
(pi) vers (le temple) d’en haut (r hr-t). On sacrifie, \et) on exécute tout le céré- 
monial devant le dieu, pareillement (wih-ih-t, îr nt- nb m-bih ntr pn, mit-t). 
Le sixième jour de la fête de Bhd-t, on exécute tout le cérémonial, pareillement. 
Le septième jour de la fête de Bhd-t, on exécute tout le cérémonial, pareillement. 
Le huitième jour de la fête de Bhd-t, on exécute tout le cérémonial, pareillement. 
Le neuvième jour, on exécute tout le cérémonial, pareillement. Le dixième jour, 
pareillement. Le onzième jour, pareillement. Le douzième jour , pareillement. Le trei- 
zième jour de la fête de Bhd-t, (il y a) procession du dieu vénérable (h* n ntr spé) M. 

Les quatre premiers jours de la fête de Bhd-t étant achevés, la première 
partie du séjour d’Hathor à Edfou est terminée, et la seconde commence. 
Celle-là est caractérisée par le fait qu’on ramène tous les soirs les barques- 
litières au sanctuaire du grand temple. C’est ce que précise le calendrier 
d’Hathor à Edfou : 

Il y a dix autres journées, (pendant lesquelles) on s arrête (dans) le chateau 
divin, en procession (faite) par les prophètes, peres du dieu et pretres en service 
du château divin. (Puis) on porte (les dieux) en litiere jusqu a [ la barque (?) . . . ] ; 
Hathor s’en va vers Dendéra. C’est la fin, au bout de là jours®. 

i f ’i t » 1 f w. n i ï rrr » • t » h '"'*»! * > 1 1 * * — * 

<*) C’est aussi la fête du sixième jour de lu lune (snw-t), dans le calendrier régulier lunaire. 

( s > Meilleure lecture due à Chassinat. 

« Le choix de la lecture du mot fait difficulté. Brugsch a évité de le traduire, et de préciser 
le sens de r hr-t qui suit immédiatement : Der Hierogrammal und die Propheten nehmen ihren Weg. . . 
nach aufwürts {Drei Festkal., p. 1 5 , «al. h-j), Il y a peut-être une erreur de scribe sur le signe 
de l’oiseau pi; mais il n’est pas nécessaire de le supposer, pour obtenir une lecture vraisem- 
blable. Le verbe pi (infinitif : envolée) s’applique à la marche d’IIorus-faucon en procession, 
comme Souvent aux testes d’Edfou. De plus, l’opposition entre h-t-ntr hr-t et (k-t-ntr) hr-t (ef. 
Edfou, V, i 3 i, 6) est un guide décisif pour la traduction du second terme. 

(i) Edfou, V, 1 36 , i-h- 

( 5 ) Cf. plus haut, i" fasc., p. a 35 , 1 . 6-11 {Edfou, V, 35 ^, 4 - 6 ). 


537 )- 


Ces dix dernières journées, toutes semblables les unes aux autres sauf la 
dernière, voyaient donc la foule joyeuse accompagner Hathor et son divin 
père et époux à travers la plaine de Bhd-t. Le plus haut clergé d’Edfou 
faisait honneur au couple suprême en ne quittant pas son service pendant 
toute la lune croissante d’Epiphi. Il est utile de comparer, en ce point du 
rituel, le programme général d’Edfou avec le résumé de la même fête, 
célébrée à Kôm-Ombos. Ce texte est conservé au calendrier des fêtes de 
ce temple : 


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W 


i,l ■ ■ -r ■ s 

svnvas\ J (*r * *t*\ J J\ U H ! 1 \ Jl \\ Il III .=> J 1 \ J 


© III 

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t in ' a ■ mç 


Le jour de la nouvelle lune, à la fête : « Elle est ramenée!» M, on fait sortir le 
dieu en procession : (c’est) la procession pour aller (à) Gbgb, comme on l’appelle. 
On s’arrête dans (m) le (sanctuaire-) sty-t qui est au sud-est de la ville (d’Ombos). 
Le dieu fait offrande, (tourné) vers le Lieu-secret (r ti s-t sti-t). On part de 
là en procession, et on s’arrête en son sanctuaire (pr-f). Les jemies gens (ni dim) 
veillent devant lui (rs m-bih-f). On fait de même pendant quatre journées. 
Le cinquième jour, procession du dieu : on marche jusqu’au sanctuaire (qui est) 
au nord de la ville (d’Ombos) (3pr r p(i) wbi, mh-t n dmi pn). On lit les formules 
pour abattre Apophis. On s’arrête par terre. C’est la (cérémonie de la) Séparation 
des deux (frères) (pi vvp rh-wi), comme on l’appelle. On exécute tout le cérémonial 
de la Séparation des deux (frères). Le sixième jour, on fait sortir le dieu en pro- 
cession. Les prophètes, les pères du dieu et les purs (le) frottent d’ huile parfumée (wrh 
m tî-spé in hm-w-ntr, it-w-ntr, w'b-w). On répand de l’eau en ce lieu, devant lui 
(iwh m b(w) pn m-bih-f). Le septième jour, procession du dieu. On offre la motte 
de terre (ms sh-t) devant lui, avec de l’orge et de l’épeautre (m it bd-t). Le huitième 
jour, on fait sortir le dieu en procession. On saisit la patte de devant (ti p(i) hps) 


(6 Cf. plus haut, p. 27/i, texte n° 288 (début du rituel d’Edfou). 
Bibl, d* Étude , t. XX, fasc. 


68 


— •**»( 538 )■**— 

devant lui. On exécute son cérémonial, et on s’arrête en son sanctuaire (pr-f)^. 

La fête ne durait donc que huit jours au total à partir de la nouvelle lune 
d’Epiphi à Kôm-Ombos, au lieu du double (i5 jours), à Edfou. Il y avait 
un sanctuaire sty-t annexé au temple d’Haroéris et Sobek : il était situé de 
la même façon qu’à Edfou par rapport au sanctuaire principal, mais au bord 
du désert de l’est. Comme à Edfou, on changeait le programme à partir du 
cinquième jour, et d une façon plus sensible : c’est en un endroit tout different 
des abords du lieu saint osirien qu’était célébrée la partie triomphale de la 
fête. Quant au rite de prendre (ou : saisir ) la patte de devant, il était accompli , a 
l’époque ptolémaïque, dans tous les temples consacrés à un Horus guerrier, 
vainqueur de Setb. La patte symbolise la victoire dans la bataille, comme le 
fait ailleurs le cimeterre court hps, dont la forme est comparable, et qui 
porte le même nom qu’elle (hps n kn-t = 071X01» vixrjTixov : Rosette, 38) 

Le texte de Kôm-Ombos nous laisse ignorer si le geste du lancement de la 
patte de la victime vers un Horus choisi parmi le peuple se pratiquait là 
aussi, et si le rite était spécial au huitième jour de la fête. Mais le symbolisme 
général y était le même : Horus s’empare de vive force du signe de la 
victoire ; il le dépose alors lui-même devant son père Râ, au nom de qui il va 
régner 


...... _ — , — ^ 1 . — v 1 .» Ttrrfrr yrr^x r"~n nr ~t *"T " i_rt r ' 1 ' * v ‘" f r ' P~ 

C) Kôm-Ombos II, p. 5a = n“ 596 , col. 10-1 h, 

(’) Cf. Mahaffy, The Empire of the Ptolemies , p. 3a5. 

<») H est important de constater, en passant, la divergence de rédaction entre Edfou (où Hathor 
joue un rôle éminent), et Kôm-Ombos (où l’on passe le rôle de la déesse sous silence, en sa 
propre fêle : Elle est ramenée!). 


CHAPITRE X. 


CÉRÉMONIES DU QUATORZIÈME JOUR DE LA FÊTE DE Bhd-t. 

DÉPART D'(EDFOV-) Bhd-t -, NAVIGATION JUSQU’À (EDFOU -)Dbl-, 

FÊTE TERMINALE, ET SÉPARATION D’HORUS ET D’HATHOR. 




A \\ /ftwww\ a % 


çJLs 


N) Le quatorzième jour de la fête de Bhd-t W, on fait sortir en procession le 
dieu vénérable Horus d’ Edfou-grand-dieu-du-ciel, Hathor de Dendéra, Khonsou 
d’Edfou, Horus-au-puissant-visage-l’ (épieu-)égvd\y, Horus d’ Hiérahônpolis, et leur 
ennéade. On entre (Ai) dans la grande barque fluviale, dont le nom est hi-t-Hpri 
(et dans celle ) dont le nom est wr-mrw-t W. 


Le commentaire figuré reprend à cet instant de la fête, au pylône ouest du 
temple d’Edfou. Le premier tableau W montre les deux barques-litières 
d’Horus et d’Hathor, le matin du quatorzième jour de la fête de Bhd-t, 
traversant la grande cour du temple sur les épaules de leurs porteurs, avant 
de passer sous la porte d’Hathor, et d’atteindre l’embarcadère où les 
attendent les barques fluviales. C’est un bien petit fragment du long et 


(l) C’est le jour de la fête de la pleine lune ( hrw mh wdî-t), ou : fête du î5 e jour de la lune , dans 
le calendrier lunaire du culte régulier . 

<*> Edfou , V, 34, 2-5 == Edfou, pl. phot. 465, col. i-4. 

Edfou , pL phot. 453, 45s, 45i. 


68 . 


somptueux cortège de départ qui nous est conservé là : mais c’est évidemment 
l’essentiel. Toute pareille à ce qu’elle était quand elle entrait au temple, 
quinze jours avant, la barque d’Horus est accompagnée de son prêtre 
wbl-néw-t, en costume de sem, la peau de panthère à l’épaule. Devant 
elle s’avancent deux dignitaires “ le [frf-/C ■#(?•)] du Faucon de l’Or porte 
1 ’enseigne d’Horus (pl mdw n Hr ), et le [ménty(1)] du dieu d’Edfou 
dam Bhd-t serre dans ses deux mains l’(ëpieu-)êgmh. Derrière, vient la 
barque d’Hathor, que ne montrait pas la scène parallèle d’arrivée au temple, 
sous le portique du pylône est. Un prêtre-royal marche à la hauteur de 
son tabernacle. Le dignitaire spécialement attaché au service d’Hathor à 
Edfou : celui qui satisfait sa Majesté ( Hathor ) ffhtp hm-t-ê) la précède, tenant 
l’enseigne d’Hathor (pl mdw n Htlir) devant sa poitrine. Les titres mêmes 
que portent les deux divinités apres la fete-sed sont caractéristiques. 
Horus d ’ Edfou-grand-dieu-dUrde l est aussi : maître de Min(4), le (Dieu-)au- 
plumage-moucheté qui sort de l’horizon, vénérable Soleil ailé [...], maître des 
dieux (du ciel ) et dominateur des images divines d’Wts-Hr. C’est dire qu’il 
a succédé à son père Râ dans sa toute-puissance sur l’univers : il s’est donc 
complètement assimilé à lui. Quant à Hathor, elle est aussi Dame de tous 
les dieux; elle est encore déesse d’Edfou (Bhdt-t). C’est donc qu en tant que 
Maât au sanctuaire Mén(-t), et OEil d’Horus-Râ d’Edfou, elle a fondu 
sa personnalité locale de maîtresse de Dendéra avec celle de souveraine du 

temple dont elle sort. , 

La façade intérieure de la grande porte d’Hathor voyait arriver le cortège, 
quand les dieux du pèlerinage quittaient le temple. Les tableaux des troisième 
et quatrième registres, de ce côté, sont dédiés tout spécialement à la déesse 
qui va s’embarquer sur son vaisseau. Il n y a paside scene consacrée a 1 embar- 
quement, parmi celles qui décorent le portique du pylône ouest. Cependant, 
selon toute vraisemblance, une courte cérémonie d’adieu précédait l’instant 
où l’on déposait les litières et leurs tabernacles dans les cabines des barques. 
Cet instant, ce sont peut-être les offrandes de la porte d’Hathor qui le 
marquent : 

i° A droite et à gauche, on voit offrir un des vases mn de bière aromatique, 
puis l’autre. Le même prêtre, qui accueillait les dieux dans le léger pavillon 


+*•( 541 )•** — 


du débarcadère, il y a quinze jours écoulés W, élevait probablement vers eux 
ces deux vases, à leur départ. C’est le symbole de la joie, de l’ivresse sacrée, 
dont les pèlerins entouraient la déesse triomphante qui règne sur le monde : 





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« — > 

« ■ ■*' 



— J-K J «=» 


Prends [pour] toi les deux (vases-)mn, garnis de leurs herbes aronuitiques 
(hd-w); ils (te) sont destinés (sC-tw n k’-t), ô Souverain e, ô Lumineuse dans 
l’horizon! (C’est de) la bière (îh) excellente (’h-tw) : ô Puissante, comme ils sont 
puissants, tes sortilèges (Wr-t, wr-vvi hk?-w-t) ! Comme est douce leur odeur! 
Comme est agréable leur goût! Bois-en (donc), à ton gré! (s'fftd im-sn, r nir-i) 
C’est que son père Râ a maintenant institué la déesse sâ Dame de l’ivresse, 
et que son cœur s’est réjoui de la voir. Alors Y hôtesse d’Edfou a créé, dans la ville 
du Trône de Râ, l’ivresse pour (quiconque) lui est attaché (th n sm-hr-mw-é) 


2 ° Au-dessus, on offre à Hathor le parfum de l’oliban, à droite dans la 
coupe ', à gaucRe dans les vases d’or rrm : 


r -1 a — i o ^ =3Hmz T * * I • 


A * 

A (toi) l’olibqn ( ntiw n k>-t), ô Belle, ô Dame de Voliban, ô Apyt qui 
protèges Apy, tandis qu’il plane dans sa course (1) ! La coupe est sur mes maim, 
ô Lionne maîtresse de Pwn-t ! Je suis Sémw, dont .la mère est Râyt, qui teinta le 
lac de Smi du sang de ton ennemi! (iwh s-u-sm; m iwn n snti*t) Y) . 


Enfin, à droite et à gauche, dans l’épaisseur des montants de la porte 
d’Hathor, une colonne de texte salue la déesse au passage, et chante sa 
nouvelle gloire, jusqu’à la fête de l’année prochaine : 



O Cf. plus haut, débarquement du cortège fluvial, le jour de la nouvelle lune. 
(*> Edfou, V, 38 1, 9-12 ; cf. texte parallèle : ibid., 377, 1 A- 1 7 (très mutilé). 
« Edfou, V, 38 i, 16, à 38 a, 2. 

» Edfou, V, 3 7 8 , 9-1 3 . 

liibl. d’ Etude , t. XX, a c fasc. 


69 


[A la nouvelle lune d’Epiphi (?), [quand)] Hathor [ a remonté le fleuve jusqu’à 
Bhd-t(f)], les portes de l’horizon [se sont ouvertes ^ ? ) ] ! C’est Mhn-t, c’est 
Rannout, c’est la Maîtresse qui mit au monde les dieux , qui a ouvert la porte 
dans l’horizon oriental du ciel! C’est Ouadjet dans [. ., . . qui te] louent dans la 
barque. Aborde (mni-t), ô Rannout, [...], prends-y [ ton ) butin (ndr *w?w im-é) ! 
Navigue avec l’équipage de Râ (skd-1 m is-t R'), [. . .] [ô, Maîtresse de P]wn*t, 
hôtesse du temple 1 Salut à toi, Hathor, en ces tierfà noms qu’aime Râ, [car] il voit 
grâce à eux M ! ô Hathor souveraine, protège le roi (^ jj, garde-k, 

sauve-le de tout mal pour cette année (n rnp-t tn) ! W. 

LW&(%b****\ © 


g v - r. s ■> — i \ - 

A la nouvelle lune [du mois d’]Epiphi, [...], la Dorée a remonté le fleuve 
(hnty) jusqu’à Ed[fou. . . Râ a placé] le billot (nm-t) dans Edfou (Bhd-t) pour 
son Œil, la grande ( déesse ) qui est dans Dendéra, [ et ) a dit (m dd) : « Viens, 
regarde (mi-t, m;;), ô souveraine, ô dominatrice (hnw-t tn, hkj -t) , et détruis ceux 
qui me sont hostiles! (htm«t sbi-w r-î)». Et sa Majesté ( Hathor ) est venue à Edfou, 
le Grand siège où réside son père. Elle ( y ) a frappé son ennemi, et détruit [ses] 
adversaires [. . .] la grande magicienne. Le cœur de sa Majesté [ Harakhthès ) s’est 
réjoui : le Grand voyant, il voit par (mn-n-f n(= m)) son uraeus [ divine ) ! W. 

Environnés de musique et de chants, entourés d’encens et de prières, 
les dieux du pèlerinage ont franchi pour un an la porte d’ Hathor. Ils ont 
suivi lentement le dromos en sens inverse, ils ont atteint le pavillon de l’em- 


(l) Allusion à Hathor, OEil de Râ. — W Edfou, V, 379 , 8 - 12 . — • ;3) C’est-à-dire ; a installé 
le lieu d’ exécution de ses ennemis , — (4î Edfou, V, 383, 3 - 7 . 


+*( 543 )« 


barcadère. Les grandes barques de parade sont à quai; elles attendent leurs 
passagers divins. L’office d’adieu se déroule, tandis que les équipages s’af- 
fairent aux manœuvres. Puis les navires sacrés, hâlés par leurs barques de 
remorque, quittent le domaine d’Horus, la proue tournée vers le fleuve. 
Pendant ce temps la foule des pèlerins et des habitants d’Edfou se dirige, à 
pied probablement, vers le bourg nord de la localité. C’est en effet un court 
trajet par eau que celui du jour de la pleine lune, au départ du grand temple. 
A peine le cortège divin atteint-il le fleuve, qu’il est déjà sur le point d’accoster 
au quai d’(Edfou-)Pà; . Un chant rappelle cette phase de la fête. C’est celui 
de l’« hymne du retour», gravé au pylône ouest du grand sanctuaire d’Horus : 


sa~;=;»î_'IL «-SS»—, 

A Li A 9 A I I I V 


(Fr. D). Le dieu et la déesse sont venus à leurs barques, HM-Hr et AA-mrw-t ! 
[Alors) le grand Nom apaise sa colère (Nwn wr, égr-n-f nsny«f), et le Nil se 
réjouit en son flot (H'py m h' hr k;'«f). Les bêtes aquatiques, les crocodiles (?) 
se tiennent tous en silence (imi«w-mvv, h'-\v(?) m égr r ;w-sn), [car) Râ est en 
face d’eux tous (R' m-b;h«én iri) U), rayonnant ((h)r sty) W ! Ils [=le dieu et la 
déesse ) commencent (?) leur navigation [vers l’aval) (t; (?) hd-sn) < 3J , jusqu’au 
Siège de Râ ^ (r Jvt-R') ; ils [ entrent ] & au [temple-) m;rw qui est au sud de ce 


(1) Tout le passage qui va du dernier mot de la colonne i o à la fin de la colonne 1 1 présente 
de nombreuses difficultés, dues à un texte initial mal transcrit en hiéroglyphes par le rédacteur 
ancien. Il est préférable, ici, de supposer une gravure incorrecte du disque solaire de Râ 
(Edfou, pl. phot. 454). 

(ï) sty sans déterminatif se rencontre à l’époque grecque : Wb., IV, 33o, i3. 

{3) Cf. l’usage néo-égyptien du verbe tl -f substantif verbal (il nkm, tl sdldl ), dans le sens de : 
« prendre » une action, se mettre à (faire quelque chose) : Wb., IV, 367 , i3;V, 346, 90. 

La même erreur de gravure que précédemment se retrouve ici, sur le disque solaire 
de Râ. Le nom de lieu saint S-t-R ' est souvent attesté dans les textes d’Edfou. Il s’applique 
au lieu saint consacré à Horus-Râ, non dans Bhd-t, mais à Dbl> où les dieux arrivent (cf. rituel, 
plus bas). Le mlrw désigné ensuite au sud de ce domaine sacré (= au sud de S-J-IT), c’est le mlrw 

du roi Ç dont le nom est H&-kî , dont il est question au rituel . 

( 5) Cf. la note de Chassinat (Edfou, V, 3o, note 1 5) , et : Edfou, pl. phot. 454, col. 11 ; c’est 
la meilleure hypothèse. 


69. 


— «.( 544 )**-- 

domaine ('k*én mjrw hr réi n nw-t tn). On ( y ) sacrifie pour eux (wdn-lvv n ki-én) 
en toutes bonnes choses; on conduit pour eux le cérémonial (ésm-tw n-sn h s ) (*). 

Cependant, si bref que soit ïe trajet sur le Nil le jour de la pleine lune, 
il a été choisi pour former le principal motif d’ornement, au pylône ouest 
d’Edfou. D’abord, derrière le texte de l'hymne, un prêtre sem coiffé du 
seul diadème royal tient le rouleau de papyrus mké, dernier témoignage- de 
la fête-sed qui vient de se terminer^. De la droite, il agite le sistre, en écho 
final aux chants de louange qui ont réjoui les dieux pendant leur embar- 
quement, Derrière lui se déroule la grande procession fluviale, en sens inverse 
de celle du pylône est. Ce sont exactement les animes barques, et en nombre 
égal à celles qui leur font pendant (s >. Une foule de détails, par contre, font 
voir qu’on se trouve sur le grand courant du fleuve, et qu’on descend ce 
courant. À la proue de la première barque de remorque, le chef d’équipage, 
debout sur la plate-forme, sonde le fond, de la pointe d’une longue perche. 
Les câbles de remorque sont simples, et non doubles. Les rameurs, accroupis 
sur les bordages, rament, la face tournée vers l’avant des barques. Les voiles, 
repliées avec leurs vergues dans le fond des embarcations, sont invisibles : 
seuls restent tendus au-dessus des têtes les cordages qui lient la pointe des 
mâts aux proues et aux poupes. Chaque homme de barre est à son poste, 
car l’allure est plus rapide, et le risque d’échouage plus grand qu’à la re- 
montée. 

D’autres détails qui n’existent pas dans le cortège d’arrivée au temple 
montrent qu’on revient d’une grande fête. Un bouquet monté, semblable 
à ceux des nefs divines, est fiché sur le pont de la première barque, 
devant le timonier. A partir de la seconde embarcation, tous les personnages 
présents à bord portent le bandeau ésd autour du front (rameurs), ou 
parfois, en plus, à la main (homme debout sur la toiture de la cabine, dans la 
troisième barque). Or nous savons par ailleurs que cette bande de toile 


(,) Edfou, V, âo, 4 - 7 . 

w C’est le symbole de l’héritage terrestre (enregistré par écrit) qu’Horus d’Edfou vient de 
recevoir . des mains de son père Râ. 

(3) Edfou, pl. phot. 455-46i. 


— «•#♦( 545 )*#♦— 

pouvait porter des souhaits de nouvel an W : elle était offerte aux fêtes de 
couronnement et aux fêtes jubilaires W. 

Les hommes d’équipage viennent de jouer un grand rôle dans la figuration 
sacrée, pendant les treize jours écoulés à Bhd-t; ce rôle, ils le jpuerpni 
encore pendant le dernier service qui va bientôt honorer les divinités, à 
Dbl. Aussi, à l’inverse de la première scène de navigation, en voit-on ici 
saluer le défilé des barques de toutes sortes de souhaits et d’acclamations 
pieuses, tandis que d’autres commandent la nage ou la manoeuvre. Au-dessus 
de la première embarcation court une légende générale : 



(Quand) Horus s’en revient du temple de son père (ii*n Hr m pr it-f), c’est ( tout ) 
son portrait (mstiw-f ) que le roi Ç J : il a fait fondation pour 

son père vénéré Horus d’ Edfou-grand-dieu-du-ciel, (le Dieu-'jau-plumage-moveheté 
qui sort de l’horizon, pour toujours, à jamais! 

Le chef d’équipage qui sonde à la proue hénit le roi, car le roi humain de 
l’Égypte vient de recevoir sur sa personne la même consécration divine que 
le nouvel Horus de la fête : 

Un million de fètes-sed, ô fils de Râ ( j ! Le bon seigneur aimé 

du dieu d’Edfou, qu’il soit le maître du pays, pour toujours, à jamais ! . 

Quant à l’homme de barre, c’est lui qui donne la cadence aux rameurs : 

Hourn, houm les gars(l) (hm, hm, rmt W) ! (voir note 1 , p. 54o). 

« — rrrrr rrr i - t th r- * * 3 — t— — — * •. J >''* • -s T n n >■ T 1 

(*> Wb IV, 3oi, 8 . 

W Cf. plus bas, 5 e partie. Aucun personnage ne porte le bandeau ssd k bord des barques, 
quand elles arrivent à Edfou. 

(3} C’est-à-dire du temple de Bhdt. 

w Edfou , V, 3 1 , 8 - 9 . 

< s ) C’est-à-dire : Ho! Hisse! en langue française. Les rets d’aujourd’hui, en Egypte, se servent 
encore de l’onomatopée ancienne. 

c«) Qu peut-être mieux : tjy-w, au sens où l’emploient les rameurs sous l’Ancien Empire 


A bord de la seconde barque, Y homme de proue (iri-h’-t) est un jeune 
garçon : encore accroché par les mains au câble avant, il vient d’amener la 
voilure, et crie : 










Amène la vergue ® (h‘Y p(’) éh’), ô roi 


Au large! (r 


hr(w) ) ®. [ Fête la fête-sed( ? )] un million de fois ( [hb-sd(?)], hh n sp), fis 


de Râ Ç 


pour toujours, à jamais 


r 


Et le timonier (irî-phwî) lui fait écho, en répondant : 


Affale (imi h;) ® ! A bon port (mnivv-t nfr.t), jusqu (r) au temple (pr) d’Horus 
d’ Edfou-grand-dieu-du-ciel ! ® . 

Au-dessus de la troisième embarcation, une courte légende s’adresse aux 
équipages d’Horus : 










ra 


■Ta 


Acclamez, garçons d’équipage (nhm(-w), d;m n ms'), en cette belle fête de 
Bhd-t! Et ils répondent, pour (n) Horus d’Edfou-grand-dieu-du-ciel, en sa 
belle fête à’Wts-Ilr : Réjouis-toi (rsw), ville du sud (et ville ) du nord ® (dmi 
sm'w-mhw) : Hourra! (br nhm). 


(cf. par exemple Montet, Scènes de la vie privée , p. 356 ); mais l’abréviation de tly par son 
déterminatif n’est pas assurée. 

{1 > Edfou , V, 3 1 , 10-12. 

Pour le sens de shl , ef. plus haut : page 478, note 5 . 

< 3) L’exclamation semble correspondre à : A déborder , ou à tout commandement qui fait quitter 
la rive à une embarcation, qui l’amène au large , hors du quai ou du port. 

W Sous-entendu : la voilure. Le terme ne s’emploie pas dans le sens de descendre le courant , 
en parlant des barques. L’expression confirme le sens de hV p(î) shl . 

(5) Ce temple d’Horus d’Edfou vers lequel on va, tandis qu’on quitte le temple de son père, ne 
peut être que le temple d’Horus-Râ d’Edfou à Dbl (Edfou, V, 3 i, 18-17). 

W À moins de couper : Réjouis-toi , 6 ville ! Le sud et le nord (!*) acclament! Mais le premier sens, 
beaucoup plus précis, serait un appel à la joie pour Bhd-t du sud et pour Bhd-t du nord* son 
homonyme dans le delta. 


Sur la plate-forme d’avant, entourée d’un garde-fou très bas, le chef d’équi- 
page, debout, les bras grand ouverts, donne la cadence aux rameurs : 

Il dit à l’équipe des rameurs (’) du bateau ® (dd-f r iri-nfr hp-t (?) p’ m'w) : 
Nage® (imi mf) ! Rame dur ! Rame dur! (hn nht, bu nht). 

Quant à l’homme de barre, appelé ici le rameur d’arrière (hnw phwy), 
il dit (ivv dd) : 

Aborde (ph), Horus d’Edfou, à [Edfou-) Db? ! 

Une dernière légende semble mise dans la bouche des rameurs qui 
répondent au chef d’équipage, tels les personnages de l’Ancien-Empire 
aux parois des tombes : 

Ils répondent (en disant ) (wsb-w (hr) dd) — : Je (le) fais! (iw ird) Sois 
loué (hw n-k), Horus d’Edfou . ... ! 

Trois hommes sont debout sur le toit de la cabine. La barque est celle 
du chef de Db’,, et les mêmes chanteurs sacrés d’Edfou sont à son bord 
qu’au voyage d’arrivée vers le grand temple. La barque suivante est celle 
du dieu d’Hiérakônpolis. A l’avant, on distingue encore, au bord d’un 


{1J Cf. Edfou, V, 126, 6; voir page h 73, note 6. 

{î) Forme masculine correspondant à m-t ( Wb ., II, 46 , 6), qui d’ailleurs est une forme 
anciennement féminine (tl m*-t, Pap . Kahoun, 33 , 12) devenue masculine à l’époque récente 
(rituel, col. 8-9 : m'-t nty mf r Hl*t-Hr) : cf. plus bas, page 552 , lignes 9-10. 

Littér. : fais avancer . 

w II n’est pas possible de déclarer plus nettement où va en ce moment le cortège fluvial, 
quand il a quitté Bhd-t. 

( * } Cf. par exemple Montet, Scènes de la vie privée, p. 172 ; Erman, Reden, Rufe und Lieder mf 
Graberbildem des alten Reickes, p. 7 (Abhandlungen der Preuss . Akademie d . Wiss. ( phil.-hist . Klasse, 
n ° i 5 ), 1919. 

(#) La fin de la colonne 17 (cf. Edfou, pl. phot. 45 q), bien conservée, présente un texte trop 
altéré pour qu’un sens certain puisse lui être attribué. Pour l’ensemble des textes de la 3 e barque, 
cf. Edfou, V, 32 , 1-7. 


- - ♦» -»*( 5^8 )++> — 

fragment du mur recouvert de ciment, le bras étendu du chet d équipage : 
il se tenait debout, dans la même attitude que celui de la barque précédente. 
Deux fois, il est censé s’adresse]; à ses rameurs : 

L’homme de proue dit (iri-hj-t dd f) : 

Allez, Hî-f-Hr (imi, IjM-Hr)! Ho, ho, (h;, h;), Vmk! W. Holà, les gens®, 
ceux de la proue, ceux de la poupe (1, nh-\v, n; hî*t, n; phwy)!. 

La dernière légende semble gravée par erreur au-dessus du timonier, 
car elle ne peut s’appliquer qu’au roi. Elle semble d’ailleurs incomplète : 

Le seigneur de la fondation ( pieuse) à son pere qui l a engendre (pî hk> mnw n 
it-f km; é(w)) M. 

La cinquième et dernière barque de remorque est celle qui transporte 
\ intendant d’administration du roi , d’après le rituel* Son chef d équipage 
exhorte ses hommes, comme le font ceux qui le précèdent : 

. J 1 » 

Allons (mi) les gars d’équipage (rmt(?) hny-t) ! Nous sommes en fete 
(tvv-n m p i vvp) ! C’est un beau jour (hrw nfr) à Bhd-t, qu a fait le roi 

C 3 {un jour ) fait pour son père, Horus d Edfou-grand-dieu du- 

ciel, {le dieu-)au-plumage-moucheté, qui sort de V horizon!. 

— rv— , s — i ii î — r— n — ^ n r — rr~i nr ' 

(l > Ill t-Hr et 'l-mk sont deux des noms de la barque d’Horus que remorquent les rameurs. 
Les deux cris sont des encouragements aux hommes du bateau. Cf. l’exclamation voisine : 
hy sl'-tal 

(»> Cf. l’exhortation semblable sur la 5 e barque. 
î 3 > Edfou, V, 82, 8-n. 

(*) Même valeur affaiblie que rny-n (cf. par exemple Edfou, I, 4 oa, 8-q : Alton s, donnons louange 
à Horus fils d’Osiris, etc.) . 


W 549 )» « ■ «••- 


Et l’homme de proue dit aussi : 




Holà, les gens, ceux de la proue, et ceux de la poupe (i, 'nh-w, n; [. . .] 

h;*L n; phwy mit-t)! (1) . 

Viennent alors l’une derrière l’autre les deux nefs divines, toutes semblables 
à ce qu’elles étaient en remontant le fleuve. Leurs cabines abritent les litières 
où reposent le dieu et la déesse. Les longues coques fuselées glissent sur 
l’eau; les enseignes, groupées à l’avant, ouvrent le chemin. Le matelot d’arrière, 
sur la barque d’Hathor, dirige à la gaffe l’extrémité du convoi. Un prêtre 
du roi sur chaque navire prie devant les divinités. Au-dessus d’elles plane 
le disque solaire aux vastes ailes : c’est le dieu d’Edfou qui protège son 
image terrestre et celle de son uraeus. Au-dessous de lui, Nekhbet et Ouadjet. 
tiennent les insignes de la domination universelle : Vanneau snw et le 
long flabellum sry-t. Une seule légende pour les deux divinités, devant la 
barque d’Horus : elle est comme le titre de toute la fête, et spécialement du 
retour sur le fleuve : 


Renouvellement de la fondation (sm; (wy) ( mnw) que le roi 
a faite pour le temple (pr) de son père Horus d’ Edfou-grand-dieu-du-ciel qui est 
dans l’horizon (hri-ib ’h*t) ®. Cérémonial de la descente {du fleuve ) (nt- e m bd) ®. 

Bientôt, au milieu des chants et des cris de joie des mariniers, les barques 
de remorque quittent le centre du courant, et inclinent leur course vers la 
rive ouest W. C’est tout de suite le quai : on aborde à (Edfou-)Dô;, dernière 
étape avant la séparation des deux grandes divinités. 



(I) Edfou, V, 3 a, 19-16. 

< 2) Le titre de hri-ib Ibt est rare pour Horus, au temple d’Edfou. 

W Edfou , V, 3 a, 17-* 8. 

Il n’y a pas trace d’escale à la butte de Geb, pendant le trajet de retour. 


550 )« 




è i i I X ♦ *« 


» I e ,- Z fil [TH¥ ^ J I ■ ■ • 


O) On descmi (kflmm) jmquà ( Filf»v-)\)\i: ; pui s on «orcfe (m procession) 
jusqu’au (sanctuaire-) m!rw <t» roi î»’’ 7 **» 4 

dont le mm est Hs-fc (hd r Db;, xyd; r p! m:rw n nsw4 |, 

' nh d4î ^ty rn-f r Hs-k;), et on s’arrête en ce lieu. On offre (wdn) pain et bière , 
viande et volailles et toutes bonnes choses. [On exécute ] un service-)\\p-r> muni 
de tous les instruments (de culte) ('pr-tw m dbh-w nb-w), devant le dieu (m-b;h 
ntr pn), par ( l’office ) du scribe du livre [divin] fin ss-md?-t*[ntr]) W. 



Alors les mêmes gardes militaires, armés des mêmes dagues et arcs qu’au 
débarcadère de Bhd-t, arrivent au quai de Dbi pour accueillir les dieux (2) . 
Toute la scène ressemble trait pour trait à celle qui s’est déroulée quinze 
jours plus tôt auprès des pylônes du grand temple. Les barques-litières 
quittent leurs cabines de voyage; les porteurs les hissent sur leurs épaules. 
Devant le mirw dont le nom est Hs-kl, un prêtre délégué du roi (wpwty- 
néw-t) est debout, sous un dais léger, avec les offrandes de l’accueil. Il élève 
vers Horus et Hathor la libation, dans deux; coupes à long pied ' 3 4 1. A sa portée, 
sur des nattes et des plateaux posés par terre, les mets sont disposés : des 
pains, des gâteaux, des boissons. L’oie troussée laisse pendre son cou; le 
bœuf lié, encore entier, étale sa somptueuse image là où se trouvaient seule- 
ment, selon toute vraisemblance, les pièces de viande choisies déjà préparées. 
C’est l’offrande en toutes bonnes choses : 

C’est pur! pour Horus d ’ Edfou-grand-dieu-du-ciel, maître de Msn (4). Les mets 
sont sur le feu (ïh t hr h t),‘ et l’encens sur la flamme (sntr hr éd-t) ; les aliments 
sont sans nombre (<J lï -W n (Trw-sn) 

i K _ _ ^ -r — — — * 1 * * 

(1) Edfou, V, 34 , 5 - 8 . , , 

(«) Edfou, pl. phot. A69-463 : cf. plus haut (chap. y), l’étude du cérémonial figure, au 

débarquement des dieux à Bhd-t. 

( s > Edfou, pl. phot. 464 . Comparer la scène analogue, à Bhd-t : Edfou, pi. phot. 472. 

( 4 ) Edfou, V, 33 , i 4 -i 5 . 


- ‘ * n* 551 

En face des tables d’offrandes, le chœur des chanteuses sirCy-t O fait 
vibrer les sistres et cliqueter les colliers de la déessç. Elles rythment le chant 
de l’accueil 

i:§*sitzeMiîi~&si:5ïi>wEs n ïîtiï] 

= 11 ;?; 

Sois le bienvenu, sois le bienvenu, Horus d’ Edfou-grand-dieu-du-ciel (qui vient) 
vers sa maison d’éternité ! Joie (ndm-ib) dans Wts t-Hr, (dans) Bhd-t, (dans) 
Dendéra, à jamais! Sois le bienvenu, Maître de la maison (qui vient) vers 
sa maison! Le Sud et le Nord [•••], en allégresse, en allégresse (m rsw-t, m 
rsw-t) ! W. 

Horus et Hathor entraient dans l’édifice sacré. Ce n’était pas un temple 
entièrement clos, mais un mirw (maoual) de pierre : ces constructions 
formaient autour des images divines une barrière de pureté rituelle, sans 
les retrancher de la vue et de l’approche des fidèles. Le caractère populaire 
de la scène qui suit en fait foi ( 3 ). Le service commence par une ouverture 
de la bouche exécutée devant les statues divines avec tous les accessoires 
nécessaires à ce rite particulier W. Si la présence du scribe du livre divin 
était nécessaire, c’est que des formules développées, par conséquent lues 
et non récitées par cœur, étaient de rigueur pendant ce service. Quand la 


Écrit sm'w, par erreur ; Edfou, V, 33 , 1 1 . Il y avait aussi des chœurs de chanteurs sacrés 
cités plus haut, au cours de la nomenclature des barques, à l’arrivée. 

l ’> Wts-t-Hr = Dhl est placé en tête : la scène s’y déroule. Edfou, V, 33 , ? i 2-1 3 . 

(3) Et cela correspond aussi à l’hypothèse qu’on peut fonder sur le texte de ï hymne du retour : 
S-t-R' est le temple de Dbl , muni d’une grande salle et d’un sanctuaire (wéh 4 -î*t, s-t-wr-t) . Il est 
entouré d’une enceinte sacrée (nw-t). C’est en lui que les tabernacles d’ Horus et d’ Hathor re- 
çoivent les premiers honneurs de la fête, et passent une nuit, à leur arrivée à Dbl (cf. plus haut). 
Au retour, au contraire, c’est dans l’(édifice-)mirtr situé au sud de l’enceinte de S*t-R% que 
le dernier service se déroule. Comparer, sur la localisation du mirw Hs-kl, l’hypothèse avancée 
par Chassinat, Edfou, VIII, Avant-propos, p. xm-xiv. Il ne semble pas possible de la concilier 
avec les indications données par le texte de V hymne du retour (Edfou, V, 3 a, 6-7 traduit 
plus haut. 

(4) Sur ces accessoires, cf. Jéquer, Article ; Ap-ro (B. L F, A . O., XIX, 192a, p. 171-173 
et 189-191). 


— w( 552 )**— 

première partie, funéraire, est achevée, la seconde, triomphale, commence^ 

tT ' ^ 1 êz H * n M » > Æ ZU * A ' ' * ^ ^ 1 ! ra * ^ “ 1 A m 

JL, JL. Si JL . Y O î n f[ ■ 1 1 i 1 f * Æ « t " N M « n T M J .'. .■ ( 

P) Alors [ou w<rodm't(?)] huit (prêtres-) purs [(stj(?)]-hr4w w'b-w 8), avec 
des << bouquets montés» dans leurs mains (ms-w m '-wi-én). On en place quatre 
debout à droite, et quatre à gauche du dieu (rdï 'h' 4 hr wnmi, 4 hr V, i n n.r pn) . 
On exécute le (nte-)hnw, par quatre fois (ir hnw, sp 4). (Puis) on fait venir le 
grand équipage d’Horus de la barque dont le nom est Hî-t-Hr en presse du 
dieu (rdi ss is-t ';-t Hr m-t nty rn-f r HM-Hr m-bjh ntr pn) et on leur fait 
chanter, au (son des) instruments de musique et des tambourins (rdi dd-sn, m 
nhm) : Puissance et victoire à Horus, dans la grande salle de Maatl Maat est 
dans (Edfoux) Bhd.tH 2 ). Les ( prêlres)-porteurs (du dieu) (?) (smîy-w) et ses 
(autres) gens de service (?) (rhyt-f (?)) «prennent soin de la tombe 3 » . 


La première cérémonie est la figuration réelle du vieux rite d’acclamation 
vers la divinité solaire. Ayant déposé leurs bouquets devant Horus d Edfou, 
quatre prêtres mettaient un genou en terre, sur une file à droite du dieu; 
quatre autres les imitaient à gauche, l’un derrière l’autre. Un de leurs bras 
se repliait devant la poitrine; l’autre, le coude à angle droit, élevait vers le 
ciel la main fermée ( 5 >. Le cri d’enthousiasme qu’ils poussaient par quatre 
fois ne nous est pas précisé; mais nous savons que ces prêtres représentaient 
les âmes de Pe, à tètes de faucon, et les âmes de Nekhen, à têtes de chacal, 


‘ <■) L’ordonnance générale des dernières cérémonies à {Edfau-)Dhl est donc ta même que celle 

de tous les offices de fête au désert, à 1 ouest de BlidU . , . 

(*) Pour ce titre, la règle liturgique générale est applicable : Le début vaut pour le tout. Il s agi 
vraisemblablement des phrases initiales d’hymnes plus longs, ainsi dés.gnes clamement a ceux 

nui les connaissaient. ■ 

W Sur le sens de ce rite spécial, cf. plus haut. On l’exécute probablement pendant que 1 équi- 
page d’Horus chante au dehors, avec la foule. 

w Onvuitaussi,* dèsYaV dynastie, le geste du hnw exécuté debout : vo« Bissikg, Re-Heiligtum, 
II, Blatt 17 , n° 43, 


- • 553 - 


dont les murailles d’Edfou, entre autres, conservent* en plusieurs lieux le 
souvenir quand le jubilé du dieu s’achève (b. Le grand équipage d’Horus 
a quitté, pendant ce temps, la barque du dieu amarrée au quai de Dbl. 
Il vient, une fois eneore, figurer la foule, qui remplissait -chaque jour Venchs 
de la cour des fêtes-sed au désert de Bhd-t. Tous les musiciens et chanteurs 
sacrés les accompagnent, quand ils entonnent le cantique de triomphe en 
1 honneur d Horus-Râ et d’Hathor, sa Maât. C’est là la dernière manifestation 
à Edfou de la grande joie populaire qui, pendant toute la période de lune 
croissante, a entouré ses dieux de chants, de danses, et du roulement des 
tambourins. La vraie foule n’est pas citée cette fois, mais elle emplit 
sans doute l’enceinte du temple, aü bourg nord de la ville d’Horus. Elle 
s’est frottée d’onguent, comme pour la fête de l’arrivée. Pèlerins du Sud 
entier et gens du paya, ils chantent tous avec les matelots des barques la gloire 
du couple divin, encore pour un instant réuni. C’est un dernier écho de cette 
allégresse que nous apporte la fin de l’hymne du retour 1 




=w-i;=SJi==ta-3tz:=i*iî?:sîSi:ni'A* 
“ & t a s i o ^ ? a t. s .* t r 7- = rt ■ n i« + + ^ 


(Fr. E). Le Maître des dieux s'avance pour rentrer dans son temple (dî-f^(w) r 
k pr-f) ; la maîtresse de Dendéra (va) descendre (le Jleuve) vers son domaine sacré 
(hd Nb-t- Iwn-t r nw*t*s). Le Disque resplendit (itn, psd-f), il se réjouit , q, jamais 

■ -rrr — i — 

(1) Cf, par exemple, l’acclamation hnw de la salle du trône de Râj au temple d’Edfou : Edfou, 
pi. phot. 3a 2 , premier registre — Edfou, I, 2q3, ii-i3 : on l'acclame quand il apparaît sur la 
montagne de Vest ; on se prosterne quand il entre dans la montagne de l'ouest, (Ainsi) ses routes sont 
sanctijiees (dsr), la vénération (qu'il inspire) s'accroît, le respect (qu'ils lui portent) remplit (sphr) l'(dme 
des) dieux! 

BibL d' Étude, t. XX, 2 e fasc. 


70 


— ■+*•( 554 )hh — 


(h'-n-f, (r) nhh), et tout œil voit grâce à lui! Les vivants vivent (?) de [vot’r(?)] 
ses rayons ( c nh-n 'nh-w (?), [m”(?)}. én stw-t-f ), et tout lieu se réjouit de sa vue; 
les hommes l’acclament, les femmes sont en fête, les enfants exultent de joie vers ta 
Majesté (h' hrd-w h"wl n lim-k) ! Dieux et déesses acclament ton visage, et les 
humains adorent ton âme (kj-k) \ Ton âme qui est au ciel (b \ • k m bii) s’est jointe 
à ton image, et l’une a embrassé l’autre (snsn w' sn-nw-f), (quand) tu t'es levé 
dans Msn(-t) (wnii-k wbn m Mén(-t)), l’ennéade de ta Majesté autour de toi! 
Tu as fait le tour (en procession) de ton domaine, [ tu as parcouru (?)] ton temple, et 
ton cœur s’est réjoui de. sa perfection (phr-n-k nw-t-k, [hh-n-k(?)] h-t-ntr-k, 
méhl îb-k m tp-nfi -s) ! Tu es entré dans le sanctuaire antique de ta Majesté, cette 
tienne Mén(-t) que ton cœur aime ('k-k é-^-wr-t n hm-k dr bjh, Msn(*t)-k 
tf W 5 b îb-k) : la Douce-de-vie ^ a tendu ses bras vers ta main, (et) ton visage 
s’est éclairé en la voyant (di Ndm-'nh '-wî-s r d-t-k, thn hr-k n mll-é) ! 0 Soleil- 
ailé vénérable, ton sanctuaire est en fête ('ly-t*k m s ,y) ® : enlres-y donc en allégresse 
('k é(-t) irf m mk)! Pose-toi (sndm-k) sur ton trône dans la Maison d’Horus; 
assieds-toi (tîs-k) sur ton lit de repos (hr mn-bi-t-k) ! Wts-t-Hr est en fête, et 
S-t-wr-t en joie; Né-t-RM * * * 4 ) est en allégresse; les gens de Msn (■ I ) ^ sont en liesse, 
en liesse, et ceux de Dendéra dans l’enthousiasme ! Toutes ces choses sont établies 
dans S-t-wr-t, comme [... ]! (6) . 

Puis c’est la dernière phase des cérémonies d’ Edfou-) Db’. Les deux grandes 
divinités vont s’embarquer de nouveau, chacune dans sa nef sacrée, et pour 
un an de plus elles régneront dans leurs temples propres, sur le monde : 




Ü3 I 

r ^ — (?) 1 


Y jx a * / r«n > 


© J 1 1 L ^1 W 


t — i W* ~ 


^ Preuve du genre féminin attaché au mot A/Vn(*/), à l’époque ptolémaïque. 

(î) Traduction littérale de l’épithète Ndm-'nh, très souvent donnée aux deux sanctuaires du 
temple d’Edfou. Le rythme poétique est très sensible dans ce passage, comme en beaucoup 
d’autres, aux textes des hymnes de fête. 

(S) Allitération intraduisible. 

(4) Le premier terme semble désigner le temple de Dbl , et les deux suivants celui de Bhd-t, 
Msn [4) désigne ici Edfou en général, par opposition à Dendéra, 

« Edfou, V, 3o. 7, à 3i, 6, 


— **•( 555 ) ■» - »— - 

Q) (Alors) on récite quatre fois (dd-mdw, sp 4) : «C’est le départ (en procession) 
(sh c ) d’Horus d ’ Ed [fou- ] grand- [dieu] -du-cie l, maître de Mén(-t), assis sur son 
grand siège d’or! » (htp hr s-t-f wr-(t) n dm). Le scribe du livre divin (le) fait 
sortir vers [(sa) barque (T)] M (di h' r [wi;(?)] in p(i) ss-mdM-ntr). Les cinq 
armes divines [ marchent (?)] W devant lui, jusqu’à ce qu’ (il) atteigne son temple 
([s§(?)] p(j) 5 bil-ntr r-hj-t-f, r épr pr-f). A quatre reprises (sp 4) ( 3 ), on 
psalmodie (la formule) : Adoration de l’arme divine ('s p ( 1 ) dw ’ bil-ntr). (Puis) 
on fait sortir Hathor [de Dendéra vers ] sa barque fluviale, dont le nom est Wr-mrw-t 
(di h' Htfir [nb-t ’Iwn-t r] wii-6 tp-itr, [n]ty rn-f r Wr-mrw-t). Elle descend M 
(le Nil) jusqu’à Dendéra; elle s’ (y) arrête en son grand siège d’or^K (Que cela soit) 
sans fin, à jamais! (hd r ’Iwn-t, htp m d-t-é-wr-t n d'm, n mrh, d-t) W. 


(1 > Voir, pour la reconstitution du texte des lacunes, dans cette phrase et les suivantes, la dis- 
cussion de Chassinat (Rev. de l’Egypte ancienne, I [ 1997 ], p. 3 o 5 - 3 o 7 ). Ici, il est possible que, 
malgré l’exiguïté de la lacune (cf. Edfou, pi. phot. 465, col. 1 a, en haut), la lettre /ait été écrite 
par le signe twf, au-dessus et au centre d’une barque sans cabine. Il y a de nombreux exemples 
de ce groupe dans les textes d’Edfou. 

<!) 11 semble préférable, conformément aux indications épigraphiques données par Chassinat 
(Edfou, V, 35, note a, et discussion citée plus haut), mais contrairement à la reconstitution 
qu il propose dans son article (Rev. Eg. anc., I, p. 307 ), de se souvenir que les articles précédant 
les noms de nombre sont, en néo-égyptien, presque toujours au singulier (Erman, Neuâg. Gramm., 
a' édit., S a4q, p. 1 1 4). On doit donc lire : p(’) 5 btl-ntr, et restituer un verbe dans la lacune, 
qui doit être, d’après les propres lectures de Brugsch et de Chassinat, le verbe si (fréquemment 
employé sans déterminatif, aux textes du temple d’Edfou). Les cinq armes divines en question 
ne sont pas les enseignes (nir-m tp-lU-bi, ou : bknkn), mais les divers épieux ou harpons d’Horus 
et de Khonsou, son aller ego : p\ mdw n tir, Hr-shm-hr-pi-sgmh, Hnsw n Bhd-t, pl rndw n Hnbo, 
pl mdw n Hr Nhn . 

< 3) L’examen de la planche phot. 465, et la taille des / ordinaires les plus voisins, font 
douter de l’existence d’une lacune, une fois le / de pr-f restitué en avant. Brugsch, DreiFestk., 
pl. IX, a signalé une lacune, mais sans y restituer /. 

(4) Littéralement : descente (hd) ; arrêt (htp) 

(6) Allusion probable au fait que les sanctuaires Mm(-t ) et Pr-wr des divinités solaires d’Edfou 
et de Dendéra avaient, comme celui d’Harsomtous au mammisi d’Edfou (sans posséder d’ailleurs 
les lucarnes spéciales de celui-ci, pour son éclairage direct au soleil levant), leurs parois entière- 
ment recouvertes d’une feuille d’or (cf. Chassinat, Mammisi d’Edfou, H, p. xvn-xix). 

Edfou, V, 34, îi, à 35, 3. 


70, 



r 


CHAPITRE XL 


CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES RITES 
DE LA FÊTE DE LA (BONNE) RÉUNION. 

Tels sont les derniers témoignages livrés par le temple d’Edfou sur cette 
fête, que ses murailles ont tant de fois contemplée. Rien ne correspond 
sur le chapitre du départ, du retoilr des dieux et des pèlerins dans leurs 
provinces, aux pittoresques détails que le rituel a conservés sur leur arrivée. 
Selon toute probabilité, plusieurs des barques de remorque remontaient le 
fleuve avec Horus d’Edfou, tandis que d’autres le descendaient avec Hathor 
de Dendéra. Le dieu du pays n’avait pas j un long chemin à parcourir pour 
regagner son sanctuaire. Il y arrivait certainement dans la journée même 
de la pleine lune. Quant aux pèlerins venus du sud, en particulier ceux de 
la province d’Eléphantine W, ils étaient libres de retourner à leur guise 
vers leurs bourgades. Ceux du nord accompagnaient en majorité, selon 
toute vraisemblance, les deux divinités qui partaient dans cette direction : 
Hathor de Dendéra, et Horus d’Hiérakônpolis. On peut donc supposer qu’un 
nombre de Marques important entourait, comme à l’aller, la chaîne de 
remorque de la nef d’Hathor. Une partie s’arrêtait, avec l’image du dieu de 
la province et les chanteurs sacrés qui l’accompagnaient, aux quais des deux 
bourgs jumeaux d’Hiérakônpolis et de Nekbeb (Elkab) , bien déchus, à l’époque 
des rois grecs, de leur très ancienne importance. D’autres se détachaient à 
la hauteur de Komir, sans qu’on puisse savoir si tout le convoi s’y arrêtait, 
comme au voyage d’arrivée. Enfin la région de Thèbes voyait rentrer ses 
pèlerins, tandis que continuaient au fil du fleuve ceux qui escortaient la 

77?— > : — ■ — : ! — ; — n ; — : t r 1 — r- — r~r. n >r 

il) La mention du chef d’Eléphantine, cité au début du rituel , correspond vraisemblablement 
à une arrivée régulière de pèlerins, venus chaque année à Edfou pour assister aux fêtes d’Epiphi. 

Bibl. (F Etude, t. XX. a* fasc, 


7 1 


grande déesse jusqu’à son temple. Il est donc nécessaire de compter trois 
ou quatre jours encore après la pleine lune, pour atteindre le moment où 
toute la Haute-Egypte cesserait de voir passer les dévots d’Horus et d’Hathor. 

Du point de vue liturgique, la fête de la bonne Réunion d’Edfou est 
remarquable par la grande participation du peuple, auquel elle s’adressait 
spécialement. Certes, par la mise en scène de légendes sacrées chères à toutes 
les provinces du pays, elle était apte à frapper les imaginations religieuses. 
Elle réunissait en elle la commémoration du retour d’Hathor-OEil de Râ vers 
son père, commune à tous les temples de la grande déesse, et celle de la 
victoire d’Horus sur Seth, familière à l’ensemble des sanctuaires du pays. 
Presque tous les grands thèmes chers à la piété traditionnelle des Egyptiens 
ont des rapports étroits avec ce qui se passait à Edfou au mois d’Epiphi. 
Râ, à la fois, triomphait par la victoire de son fils, cet autre lui-même, et 
Osiris régnait en esprit sur le renouvellement du pouvoir des divinités, 
dont chacune devenait un Osiris. Ce caractère complexe des allusions 
théologiques était loin de dérouter les assistants de la fête, aussi bien les 
rares instruits que la foule ignorante. C’est d’instinct que tous, imitant leurs 
ancêtres, se plaisaient aux usages, aux gestes familiers et prestigieux par leur 
ancienneté, qui les réunissaient pour leur faire vivre une période de vie 
commune. 

Une fête comme celle d’Horus et d’Hathor en Epiphi rappelait les vieux 
rites du culte royal : en dehors des rois humains, dont les couronnements 
n’intéressaient plus guère le pays religieux tout entier Ù), les prêtres couron- 
naient chaque année leurs dieux mêmes, et célébraient maintes fêtes-sed pour 
eux. Ils assuraient ainsi, selon l’antique croyance, la prospérité matérielle 
de l’Egypte et de tous ses habitants. De plus, par l’union des deux plus grands 
sanctuaires, à l’époque grecque, de la région où jadis Amon régnait sans 
partage, les clergés d’Edfou et de Dendéra maintenaient certainement une 
forte influence sur tout le pays indigène du Sud. Rien n’était plus apte à 


£,) Bien que les rois grecs se soient très adroitement pliés aux usages indigènes, sur ce point. 
Cependant on voit, par des documents tels que, par exemple, la stèle du grand-prêtre de Pfcah 
Pî-sri-n-Pth (qui couronna le roi Ptolémée Aulète au palais d’Alexandrie en 76 av. J.-C. : Brugsch, 
Thésaurus , p. q 4 1 - 944 ), combien un sacre accompli dans de telles conditions pouvait avoir peu 
de retentissement sur l’ensemble du pays* 


- -»*»( 559 )***— 

développer cette emprise qu’un pèlerinage annuel comme celui de la nouvelle 
lune d Epiphi. Aussi, à l’inverse de ce qui se passait aux fêtes du nouvel an, 
toutes les cérémonies de ces quinze journées se déroulaient-elles en plein air, 
ou dans des édifices qui n’écartaient pas la foule loin des images divines, 
comme le faisait la muraille du grand temple. 

A ce point de vue, la différence est frappante entre la longue période des 
fêtes du nouvel an précédemment étudiée, et celle, plus longue encore, de la 
fête de la bonne Réunion. Au cours des premières, tout se passe à l’intérieur, 
au voisinage des sanctuaires. Pas un être n’y peut assister qui ne soit pur, 
par la règle imposée au clergé en exercice. Pas un homme n’est présent, qui 
ne soit un clerc chargé d’un travail utile à la fête. Les portes du temple sont 
toutes fermées, avec tous les portails (fui sont) dans son mur (d’enceinte)^. Du 
dehors, c’est-à-dire du terrain sacré, ou, plus loin, de la ville elle-même, 
rien n’est visible, même sur la terrasse, entourée de son haut mur protecteur. 
Seuls les chants psalmodiés en chœur par les prêtres peuvent être entendus 
au delà des limites sacrées; seules les fumées d’encens, et celles des viandes 
offertes en holocauste sur le toit même, montrent aux yeux des spectateurs 
lointains que les grands offices se déroulent. Le petit personnel du dieu 
n’est pas admis dans les salles pures : ce sont en particulier les chanteurs, 
les musiciens, les danseurs, hommes et femmes. Aussi n’y en a-t-il aucun 
représenté dans les longues processions du nouvel an gravées aux escaliers 
de la terrasse. Si des instrumentistes et des chœurs se faisaient entendre 
pendant ces fêtes, c’était seulement dans la grande cour du temple, et à 
certains moments dans son pronaos. 

Tout est différent à Edfou pendant les jours de la lune croissante d’Epiphi. 
C’est alors fête du peuple, des gens du domaine divin, des villageois, des 
paysans, des pèlerins étrangers. Les longs trajets des barques-litières du bourg 
nord au bourg sud d’Edfou, puis du grand temple au domaine sacré de la 
montagne de l’ouest, favorisent la présence de la foule tout près des tabernacles 
de ses dieux. Les campements de nuit mêmes, improvisés là-bas par deux fois 
au cours des quatre premières journées, étaient une invitation de plus aux 
réjouissances populaires, qui devaient s’y prolonger. Les distributions de 


£1) Edfou, I, 554, 3 : cf, la traduction, i"fasc., p. 3i4, 1 . i-4. 


vivres faites par les chefs des bourgs visiteurs, très sûrement aussi par le 
chef de la ville d’Edfou et les autorités du temple, entretenaient cette 
affluence enthousiaste de la foule. La musique, les danses et les chants 
ne faisaient défaut près des dieux à aucun moment des processions et des 
offices, sauf pendant le repos des images divines, du coucher au lever du 
soleil, dans le sanctuaire du grand temple (*). Hors de ce temps nocturne, les 
plus hauts dignitaires du clergé entouraient sans cesse les tabernacles. Qui- 
conque était là pouvait les voir, et se réjouir de savoir toute proche la vertu 
bienfaisante des dieux du pays. ' 

Cette puissance directe des êtres divins sur la foule, cette communion 
liée à la vie familière de l’Egypte, on les constate encore au cours d’une 
autre fête que les documents du temple permettent de suivre pas à pas : 
la fête du Couronnement royal d’Horus d’Edfou. 


(l) Et deux fois aussi, dans le temple d'en haut , entre le premier et le deuxième jour de la 
fête de Bhd-t, et entre le troisième et le quatrième jout. 


CINQUIÈME PARTIE 


LA FÊTE DU COURONNEMENT DU ROI 111 

C’est la fête de l’Ouverture de Van ( de règne ) d’Horus d’ Edfou-fils-de-Râ- 
aimé-des-hommes ; tel est le titre que donne à cette grande solennité du 
culte d’Edfou le calendrier des fêtes du temple W. La même fête s’ouvrait 
le même jour au temple de Dendéra; elle est nommée, au calendrier d’Hathor 
du temple d Edfou : fête de V Ouverture de Van (de règne) d’Horus fils 
d’Osiris et fils (?) d’Isis, et Couronnement royal d’Horus d’ Edfou-fils-de-Rà- 
aimé-des-hommes W. Elle fait suite aux cérémonies de la fin du mois de Choiak, 
consacré surtout à Osiris . Le Nil a quitté la surface des terres fécondées ; le 
mystère de la renaissance végétale s’accomplit; le premier Tybi, s’ouvre la 
saison pr t : les germes vont sortir du sol. L’antique fête de nhb-k\ , qui 
renouvelle la vie des dieux et des hommes, commence le 29 Choiak à 
Dendéra, et le 3o à Edfou. Le 3o, on dresse le dd d’Osiris dans toute 
1 Egypte. Le lendemain, Horus d’Edfou-fils-de-Râ renouvelle sur terre la 
royauté de son père. Aucun des deux calendrier^ ne nous indique la durée 
totale réelle de la fête. Il n’y est question que des rites de la première journée, 
que le calendriei' d’Hathor compare à la journée du premier Thot W. Les 
textes du temple, par ailleurs, qui fournissent un ensemble important de 


(1) C’est le nom donné à la fin du texte du rituel (H* nsw-t) : Edfou, VI, io 3 , U). 
m Cf. Edfou, V, 399, 7 ( grand calendrier d’Edfou, gravé sur la porte nord-est de la cour du 
temple) : voir plus haut, 2' partie. 

m Edfou, V, 35 1, 3-4 : porte nord-ouest de la cour du temple. 

(4) Il faut toutefois tenir compte du fait qu 'aussitôt après l’énoncé du titre, le calendrier d’Horus 
comprend une lacune de o m. 80 de hauteur (col. 8). Celle-ci pouvait contenir le renseignement 
qui nous manque. 


faits sur ce premier jour, font seulement allusion à leur répétition pendant 
plusieurs jours de suite. Il est cependant vraisemblable qu’une fête, que les 
décorateurs d’Edfou ont choisie entre d’autres pour lui consacrer une grande 
place dans l’ornementation des murailles du temple, étendait ses cérémonies 
sur une période de plus d’une seule journée. C’est le cas pour toutes les 
principales solennités du sanctuaire d’Horus. En particulier, la fête de l’Ou- 
verture de Vannée nouvelle — à qui précisément l’on compare celle-ci — 
s’étendait sur les cinq premiers jours de Thot W, avec des rites semblables. 
Or, le calendrier des fêtes d’Horus de la porte de la salle de Vennéade, qui 
donne un choix des plus importantes fêtes du temple par leurs dates 
seules, indique non pas le premier, mais le. cinq, comme échéance de la 
première solennité du mois de Tybi Pour la fête du débtit de Thot, il 
indique à la fois le i er et le 5 ; par ailleurs, la grande fête de Méchir durait 
cinq jours; beaucoup d’autres comprenaient aussi cinq journées^. Selon 
toute vraisemblance, la fête de l’Ouverture de l’an d’Horus d’Edfou durait 
donc, elle aussi, cinq jours, du i er au 5 Tybi, en tête de la seconde saison 
de l’année égyptienne. 

Un événement de cette importance ne manque pas d’être cité mainte fois 
parmi les textes qui revêtent les murailles du temple, et non pas seulement 
aux « calendriers ». On rencontre des allusions aux plus caractéristiques de 
ses rites parmi les inscriptions mêmes qui décorent les portes du coubir 
des chapelles , ou de la salle de Vennéade, au cœur du temple. Mais ces allu- 
sions resteraient voilées, rien ne les distinguerait d’une foule d’autres péri- 
phrases consacrées qui désignent le dieu d’Edfou ou son temple, si un véritable 
abrégé du cérémonial complet pour la première journée de la fête ne se 
trouvait inscrit sur la face intérieure du mur d’enceinte nord. Ce texte est 
précis ; il a été publié par von Bergmann, dans ses Hieroglyphische Inschriften 
en 1879, à Vienne W. Von Bergmann l’éclaire par une traduction à laquelle 
il y a assez peu de modifications à apporter à l’heure actuelle^, et par un 


(1J Cf. plus haut, 3 e partie. 

« Edfou, I, 35 g, 16. 

(3) Cf. l’étude générale des calendriers des fêtes, plus haut. 

( 4 > yon Bergmann, H . J. , pl. XXXIX (col. II) à p] a XLI (col. 19). 
^ Idem, p. 2 g- 3 0. 


— **«( 563 )++ — 

bref commentaire W. Là, il a reconnu la différence des lieux désignés par 
é't-wr-t d’une part, et pr-Blk de l’autre. Il en a tiré les conclusions qui 
s’imposent, sur l’itinéraire de la procession. Mais il n’a pas poussé ses 
recherches plus loin que ce seul document. Restant en face d’un texte isolé, 
il a entrevu pour cette fête de Tybi l’un de ses aspects les plus originaux, 
comme le prouve sa note à la page 3 i ( 2 ); mais il n’a pas cru pouvoir étayer 
plus fortement son hypothèse, et ne l’a formulée que pour l’abandonner 
aussitôt. Il a discerné aussi l’identité «possible» (vielleicht) du titre If néw-t 
livré par la dernière ligne du rituel du mur nord, avec la même expression, 
employée par le calendrier d’Hathor à Edfou pour la solennité du 1 er Tybi. 
Mais il n’a pas vu l’enchaînement des divers actes de la fête au grand temple, 
traduit par le groupement des tableaux du mur d’enceinte nord. 

En divers autres lieux, des figures et des textes se rapportent à la fête de 
l’Ouverture de Van d’Horus d’Edfou. Aucun de ces éléments isolés n’a paru 
jusqu’ici assez significatif, en lui-même, pour avoir donné lieu à un essai de 
reconstitution des rites de la fête de Tybi dans son entier. Ce tableau d’en- 
semble peut cependant être esquissé aujourd’hui. 

Le seul fil conducteur complet à travers les diverses parties de la cérémonie 
du i er Tybi est fourni par le rituel de la face interne du mur d’enceinte 
nord. Ce texte vient à la suite d’un hymne de louange, qui fait partie des 
rites de cette même journée. Il semble avoir été intercalé ainsi, sans aucun 
lien logique direct avec ce qui précède, afin de compléter la décoration d’un 
panneau de vingt colonnes de texte, compris dans le tableau central ouest 
du premier registre du mur. Ces vingt colonnes correspondent à vingt 
autres placées exactement au-dessus d’elles, dans un tableau semblable, au 
second registre. Vingt colonnes également décorent, en regard de celles-ci, 
les tableaux centraux est des deux premiers registres de la muraille. Ainsi 
limités par les exigences de la mise en place, les scribes sacrés ont rédigé le 
cérémonial sur neuf colonnes. C’est dire que sa concision trop grande 


tl) Idem, p. 3 o- 3 2. 

' 2) Idem , p. 3 1 , 1. 2 3 - 2 4 , et note 2 : « Die Existenz eines lebenden heiligen Sperbers in oder bei 
dem Tempel von Edfu ist mir aus den Teæten nicht bekannt, und ich enthalte mich deshalb jeder darauf 
basirten Hypothèse 3 wozu unser Text et ma Anlass geben honnie). 


engendre une réelle difficulté d’interprétation, à l’heure actuelle. Le temple 
d’Edfou ne nous a conservé nulle part ailleurs, pour la première partie du 
rituel, de description d’ensemble qui puisse être comparée à celle-ci. Les 
meilleurs éclaircissements viendront, au contraire, de certains faits semblables 
attestés en dehors de la seconde province de Haute-Egypte. 


CHAPITRE PREMIER 


PREMIÈRE PARTIE DE LA FÊTE, DANS LA JOURNÉE DU 1" TYBI : 
DÉPART DE LA PROCESSION HORS DU GRAND TEMPLE, 

ET CÉRÉMONIES AU TEMPLE DU FAUCON 




Cérémonial de consécration W de VA me-vivante-de-râ comme roi cV Égypte sur le 
(trône-)é rh et Grand-dieu-auglumage-inowheté W (ïi-t- n shn B^-'nh-n-R' m 
néwt-bîti hrî-tp srh, m ntr s;b-sw-t) W. 

1 ° Apparition W par le dieu vénérable Horus d’ Edfou-grand-dieu-du-ciel (gai esVj sur 


{X) Littéralement V embrassement, par lequel un dieu communique sa nature à un autre être 
(en particulier le roi) qu’il divinise. Le geste matériel est possible aux dieux représentés par 
la figure humaine. Un rapprochement ou un contact de remplacent, dans les autres cas. 

(î) Le terme srh se détermine toujours par la façade de palais royal : ef., par exemple, Edfou , 
pi. phot. 553, etc. 

(3) C’est le titre même de rigueur pour le dieu d’Edfou. Pour lui le mot ntr, écrit par le faucon 
portant sur le dos son Jlagellum nhîkl , garde sa valeur spéciale d’image matérielle. 

(4) Cette phrase est un titre : elle vaut pour l’ensemble du texte qui la suit. 

w Plutôt que : départ (en procession) (À* J, bien que ce soit le début de celle-ci, à cause de la 
valeur statique de l’expres«ion : hr s-t-f wr4, qui suit aussitôt. 


son grand-siège ^ , son ennéade (étant} avec lui (h' m ntr pn §ps Hr Bhdti ntr 1 
nb p-t, hr é-t-f wr-t, péd-t-f r-hn'f). 

2 ° Marche (en procession ) ® devant lui W , jusqu’à l’enceinte W du temple du Faucon, 
en grand concours M ; (là) personne ne parle à son compagnon < 6) (n‘ n-hr-f r r;-pr 
n pr-Bik, mé'sj wr; n mdw rmt nb n &i.*nwf). 

3° Des prophètes et des pères-(du-dieu ( ?)) w invoquant le nom : les grands (ï) 
viennent un à un, (mais) sa Majesté ( 9) s’éloigne de chacun d’eux ( 10) (nis rn 
hm-w-ntr it*w(-ntr(?)); il *î-w w'-w'; rhn hm-f r w innsn). 

4° (Alors s’avance^ le serviteur du Faucon ^ jusqu à la grande-salle (wê\yl) dm 

1- -} i «< f - r 1 r ) ' jr- ^ *f -4 ; "* ", ^ 

( l ) Le terme désigne, à Edfou, surtout 1 e sanctuaire central ou sanctuaire des barques : Horus 
d'Edfou sur son grand-siège est donc l'idole divine établie dans le tabernacle de ce sanctuaire. 

(*) Littéralement : navigation. C’est le terme liturgique qui désigne le plus souvent la marche 
en procession d’une barque-litière divine. 

( 3 ) Cf. T Vb., III, 1 29 , 3 : bnfin hrfi (souvent écrit : m krf) : il va de l'avant (p droit devant lui). 

W Cf. Wb., II, 397, 7 : Tempelbezirk. 

I 5 ) L’expression m wr doiSne nécessairement h s si une valeur de substantif verbal (infinitif- 
substantif), rare dans les textes (cf. Wb IV, 54 - 55 ), mais dont le sens paraît naturellement 
découler de rassembler , réunir en une foule . Il s’agit de la réunion complète de tous les prêtres de 
haut rang du temple, dont il est question aussitôt après,* 

(*) Probablement à cause de la cérémonie de V invocation du nom , qui se déroule dès l'arrivée 
au temple du Faucon. 

W La restitution semble nécessaire, à cause du voisinage du terme parallèle : hm>w~ntr. 

W L’expression : les grands ('Lw), vague en apparence, est souvent employée au temple 
d’Edfou pour désigner les grandes divinités, parèdres auprès d’ Horus. 

w Le terme ne peut désigner ici que la statue d’IIorus d’Edfou qu’on vient d’amener du grand 
temple en procession. 

< 1 ®) Je me sépare ici de la traduction donnée par von Bergmann (H. L, p. 29, 1 . 7) : « neigen 
Sr. Majestat gegen einzelnen von ihnen». Le mot rhn , avec le déterminatif des jambes humaines 
en marche (ajouté à celui du bras, paume de la main tournée vers le bas), ne se rencontre que 
dans les textes d’Edfou (cf. Wb., Bdegstellen, II, Mo, 1 4 )* Trois fois au texte du mythx d'Horus 
il signifie : reculer, s 1 éloigner (devant Horus, en parlant de ses ennemis). Ici (le dictionnaire 
de Berlin n’a pas tenu compte de cet exemple important du mot), il signifie aussi ; reculer, mais 
au sens spécial de : s'éloigner (d’un naophore qui se présente devant une image divine), donc : 
lui donner une réponse négative, refuser de le choisir. Il ne s’agit pas d’une inclinaison de la 
statue, comme l’a pensé von Bergmann. Il est vraisemblable qu’ici la statue d’Horus n’était 
pas encore tirée hors de sa litière. 

(ll > Valeur emphatique de wdl-hr. 

( 12 ) Von Bergmann a traduit ici : dieser Majestat des Sperbergotles. Il lit donc hm pn, au lieu de 
hm-gmhsw pn (cf. Edfou, VI, 10 3 , 2 = col. 22 plus bas), en tenant compte du faucon divin 


temple du Faucon; il se tient debout W au milieu du portail de ce lieu, vis-à-vis du 
dieu W (wd;-hr hm-gmhéw pn r wsh-t n pr-Bik; V imitw ébl n s*t tn, m-kl 
n ntr pn). 

5* Introduction $ des rapaces (sacrés) W semblables à Râ& en leur couleur ^ 
par devant le dxeu(li)^ un à un : (alors) Il vient W en paix à son âme^\ et 

accroupi comme d’un déterminatif de hm. Il lit une seconde fois de la même façon ( Sperber - 
Majestat) le même mot écrit avec tous ses éléments phonétiques, un peu plus bas dans ce même 
texte. Hm pn (sans aucun complément), dans le sens de : cette Majesté , n’est pas en usage 
dans les textes égyptiens. Deux fois au rituel se rencontre une locution (Edfou, VI, 102, 11, 
et io 3 , 2) qu’il ne faut pas lire : hm pn n{r sps (Hr Bhdti, etc.), mais : hm ntr pn sps (attesté, 
quoique plus rare que la locution courante : hm n ntr pn sps). Chassinat n’a pas rétabli 
dans son ordre réel le groupe hm ntr pn, dans lequel le mot pn est écrit au centre, mais un peu 
plus bas que les deux signes hm et ntr, sur le monument lui-même. Quant au titre de l’officiant 
hm-gmhsw, il est bien reconnu aujourd’hui dans les textes d’Edfou (cf. Wb., V, 172, 5), à côté 
de celui de gmhs seul. Son rôle est capital dans la fête du Couronnement du roi, où il représente 
à la fois le dieu Chou et le roj d’Egypte, dans leur rôle de fils de Râ. 

(l) Littéralement : station debout (du hm-gmhsw) . 

(3) Statue d’Horus d’Edfou, venue du grand temple. 

^ Sens technique de en matière de culte. 

(4) L’égyptien ancien n’emploie pas toujours drly dans son sens matériel le plus précis, celui de 
la forme copte équivalente *n»e, ope = fonv ou ixrïvos, milvus : cf. Spiegeeberg, Kopt.Handwôrt., 
p, i 5 o ; Wb,, V, 596, 2 (dr-i) ; der Falke, die Weihe . Voir aussi Loret, ZAS } 3 0 , p. 29 ; Horus - 
le-faucon (BIFAO, III, p. 5 , note 1). 

{5) C’est-à-dire : à l’image de Râ apportée du grand temple dans sa litière (toutes les idoles de 
bois étaient recouvertes d’une feuille d’or battu). 

(fi) Il n’y a pas d’exemple de inm dans le sens de plumage (d' oiseau ) , au lieu de : peau, ou pelage 
(des mammifères ) . Il vaut donc mieux lire : îwn, fréquemment confondu à l’époque ptolémaïque 
avec inm. Le terme s’applique alors à la couleur du plumage des rapaces sacrés (fauve, donc 
comparable à la teinte dorée de l’idole divine). 

(7) L’antécédent de fi dans q or fi 11e peut être que le dieu, c’est-à-dire la statue d’Horus dans 
sa litière, qui vient de reculer (rhn) devant chaque image divine, et qui maintenant s'avance 
(spr) vers l’oiseau qui incarne son âme. 

(8) Au lieu où se trouve l’oiseau vivant. L’expression est peu précise, et von Bergmann l’a forcée 
en traduisant par : welcher Jcommt sich zu vereinigen mit seiner Seele. Dans la présente phrase, la 
préposition hr est employée pour r. Cette confusion est constante dans les textes d’Edfou. On y 
trouve, soit r pour hr : Sixième partie, p. 7i5, 1 , 1 : wn r wlwl = <m complota ; xbid., 1 , l 3 : 
r mw ~ sur l'eau , etc., soit Ar pour r •; Quatrième partie, p. 471,1. 12 : (quiconque) ivot(y)fi(y) hr 
h(i)r wil~ ira pour monter en barque ; ibid., p. 5 08, 1. i 3 : hr mil it- s = pour voir son père, etc. 
Cette confusion remonte à la XIX e dyn. Dans le Conte des deux frères, on en trouve 5 exemples. 
Gardiner pense qu’il s’agit de a miswriting (JEA, 16 [1980], p. 224, note 1), ce qui laisse 
supposer que h n’était plus senti. 


s’arrête W (tourné) vers elle', assurant (ainsi) son héritage (sti drtv>w twl r R' ni 
îwn-sn, r-bft n ntr pn, w'-w : spr-f.m htp (h)r h’A, btp-f r-L hr ânniV(-t)-f). 

6° Ensuite, apparition ( royale ) de sa Majesté ® à l’intérieur de la loge (royale) de 
V apparition en avant du dieu ® (ir-m-ht, sh' hm-f m-I_inw ssd-n-h'^ br hî-t ntr 
pn) ( 5 b 

Tel est le document qui forme la base de notre connaissance de la fête du 
i çr Tybi, au cours de son premier acte. Il en est un autre, en partie double, 
au temple d’Edfou. Au-dessus des deux scènes symétriques du premier 
registre du mur d’enceinte nord, qui montrent les deux images divines 
arrivant sur la,même litière au grand temple, sont gravés des textes en colonnes. 
Leur début décrit cette partie de la fête du Couronnement qui vient d’être 
exposée au rituel : 

i te ni : r; — - z t 'ki i sz t r- -§* â ¥t = i s 

1° Horus d Edfou s est levé dans Msn (4) en sa forme de Celui-yui-est sur- 
(son)-graâd-siège (Hr Bhdtî wbn-tw m Msn(-t), m îrw-f n $ri-s4-wr4). Sa 
Majesté sest assise sur la litière d’ Horus, sur son (trône-) s4 (qui est) en son 


{l) C’est le sens technique de htp, en matière de mouvement des images divines. Von Rerg- 
mann a gardé au mot un sens dérivé de sa valeur générale : gemht, et beaucoup plus vague. 

' S) Désormais, depuis que le choix de l’image d’Horus-Râ s’est porté sur un des rapaces (drhj'w) 
qu’on lui présente, celui-ci est roi consacré; on le désigne par hmf (déterminatif du roi 
humain) . 

W Cf. Wb., IV, 3 os, 2. 

(4} hr h’, t s’oppose à hr pkwy = en arrière . Le Faucon vivant est donc placé au premier plan (la 
face tournée vers les spectateurs, comme tout roi au même moment de la cérémonie), et la statue 
d’Horus-Râ d’Edfou derrière lui, au second plan (cf. p. ex. Naville, Deir-el-Bahari, III, pl. LX 1 ). 
C’est aussi la position que les deux images divines gardent sur la litière qui les amène, un peu 
plus tard, au grand temple (j Edfou , pl. phot. 55â). 

& Pour tout le texte qui précède, cf. Chàssinat, Edfou, VI, 102, 3*9 — von Bergmànn, H. L, 
pl. XXXIX, col. 1 1-1 h ; trad. p. 29,!. 1-1 4 . 

Au sens de ; le temple d’Edfou, en général. 


pavillon (royal) à baldaquin W (tis hm-f hr wts(-t)-Hr, hr s-t-f hnt b(w)-hmr-f). 
Les Ames de Pe et de Nekhen portent sa Majesté jusqu’au portail du ( temple de) 
la loge du (<few-)s*b-sw-t ®\, le « roi lui-même faisant l’encensement en avant de 
lui (b>-w P-Nhn br wts hm-f r sbl ssd-t-n-éib-sw-t, n»w-t ds-f (hr) ir(-t)s»tr 
hr hî-td), jusqu’à ce que sa ® personne atteigne le reposoir de sa bête (sacrée)® 
(r sp» ki-f mjrw n 'w(-t)-f), en me de la consécration de l’âme deRâ sur son trône en 
(qualité de) Faucon-dirin-sur-son-irh (r shn bj-n-R' hr ns-t-f m Bik-ntri hri-tp 
srh-f), en vue de l’apparition (royale) du (Faucon-)silw dans (le temple de) la loge 
du (Faueon-jéilw ( 6) (r sh' sijw hnt ssd-t-n-sLw), en vue de la proclamation du 
rapace comme souverain, à jamais (r dhn drty r hkî, d-t) 

*" If ^ > 'ri L-V î ^ T~ ’ ^ ^ ^ — * "r» r "’"< îTT ’ l 1 ^ j i " f- ' ** ?■■■■ ' 1 *? — 

{l) Cf. Edfou, VJ, 1 52 , 9 ; le grand siège divinisé du dieu d’Edfou est aussi son 5 (uî)- 4 ror. Voir 
Edfou pl. phot. 552 . 

(5) C’est manifestement ici une autre appellation de pr-Bik (ou : ssd-t-n-silw) . Il convient de 
lire : r sbl, et non ; r-m*f (^vers l’extérieur de), ce qui aurait pour conséquence d’appliquer 
ssdd-n-slb-sw-t, non au pr-Bik, mais au grand temple d’Edfou. Il est certain que cette périphrase 
est appliquée ailleurs, par extension, à ce dernier. Mais il y aurait ici, dans ce cas, confron- 
tation maladroite entre deux édifices &&f*ÿ/dont un seul, pr-Bik = s$d t-n-éiivo (cf. la ligne 
suivante), a droit d’une façon matériellement exacte à ce titre. 

(3) Périphrase fréquente à Edfou pour désigner l’officiant principal qui conduit le rite, dans 
une cérémonie. 

^ La personne (kl) d’ Horus d’Edfou (= sa Majesté) équivaut à l’idée de sa présence réelle en 
sa statue sur la litière. 

(5) Expression caractéristique, qui n’a pas attiré l’attention jusqu’à présent (cf. étudé* plus 
bas). En effet la lecture de y w 4 , avec son orthographe spéciale aux textes d’Edfou et son 
déterminatif du Faucon sacré (particulier aux exemples du mot 'w-t qui concernent la fête de 
V Ouverture de Van d' Horus d'Edfou ), n’a pas encore été signalée. 

^ Le terme $sd*t (cf. Wb>, IV, 3o2, 6-7) est dérivé de ssd : c’est 1 édifice construit autour 
d’un ssd (ou loge pour 1 apparition du*oi). Il s’emploie uniquement, dans tous les exemples 
connus jusqu a ce jour, pour désigner un édifice destiné au culte du Faucon sacré d’Horus 
ou de Sokaris. Cf., en dehors d’Edfou : Naville, Todtenbuch, I, pL 83 (ehap. 71), col. 3 : bik 
m-hnw ssd-t. Tout le chapitre est consacré à l’adoration du Faucon solaire. 

{7) Edfou, VI, q 3 , 8-1 2, et pl. phot. 552 , col. 7*1 5 . A partir de ce point, la description du rite 
passe au départ du Faucon-vivant pour le grand temple (2 e partie du cérémonial). 

Bihî. d’Etude, t. XX, a e fasc. 


72 


— f > { 570 )ih— 

2 ° Horus d'Edfou s'est levé dans Bhd-tW, en sa forme de Faucon de FOr W (Hr 
Bhdti wbn-tw m Bhd*t, m irw-f n Bik-n-Nb) . Il ® s est assis en roi d'Egypte 
sur sa litière (d'Horus), sur son (trône-)ni4 ( qui est) en son pavillon (royal) 
à baldaquin (tis-f m nsw-t-bitï hr wts(-t)-Hr-f, ht ns-t-f hnt tnt^*t>f). Il s'est 
placé sur son (siège-) isb-t, dans sa litière antique W, avec le grand Faucon au- 
plumage-moucheté M (dî*f sw hr isb-t-f, m bhdw-f dr- , hir Bik &b bf4) i 
jusqu'à ce que sa personne atteigne son reposoir d'(Edfour) Msn(-t) (r ipv kî-f 
r m*rw-f n Msn(-t)), parvenant à son sanctuaire W en vie et bonheur (h)r hn h 
m c nh-w5s), en vue de la consécration de sa Majesté W en sa loge (royale) de l'appa- 
rition y en sa fête d'assurer son héritage (r shn hm-f hr ssd-f-n-h\ m hb-f n smn 

Au matin du 1 er Tyb| fl la procession de fête se formait donc, au cœur du 
grand temple d’Horus d’Edfou. Les seules scènes gravées qui puissent donner 
quelque indication sur l’aspect matériel de l’image divine sont celles du 
mur nord. Malheureusement, leur caractère conventionnel est évident, 
et aucune indication précise des textes ne vient corriger l’incertitude qui 
en résulte, 

La statue n’est pas transportée dans la barque-litière wts-nfrw, habi- 


(l) Bhd-t est pris dans le même sens que Msn(-t) au texte précédent : le temple d’Edfou. 

(î) Le Faucon qui plane au ciel (la voûte céleste étant Hatkor-Nbt, l’Or-des-dieux). 

( 3J II faut corriger le signe de la corde enroulée en celui du morceau de viande : twf — -f (confusion 
fréquente) . 

Cf. bhdw'k dr- : Edfou , VIII, 1Û8, 1 1 . Le mot dr- est écrit avec tous ses éléments, con- 
trairement à l’exemple du présent texte. 

Il y a ici une erreur. La notice du rituel ne tient pas compte, comme son texte parallèle 
de l’ouest, de la succession exacte des phases de la fête. Entraîné par la scène gravée, le 
rédacteur mentionne ici le retour vers le grand temple, avant les faits énoncés aussitôt après. 
Ceux-ci se passent, de toute évidence, au temple du Faucon, et sont antérieurs (cf. i er texte 
du rituel) à l’arrivée des deux divinités sur la même litière au grand temple d’Edfou. 

Hîy t ( Wb. t III, 16, 3 - 5 ) : sens dérivé de h l- 1 ( ibid v 12, 19-2 1) , caveau funéraire royal. 
Ici, le terme désigne sûrement le temple du Faucon . 

W Sa Majesté désigne sûrement ici le Faucon-vivant. 

(8) Edfou, VI, 262, 1 5 , à 263, i . Bien que la succession des rites dans le temps soit moins 
nette qu’au texte précédent, il convient de borner là ce qui concerne les cérémonies dans le 


—*+( 571 )mh— 

tuelle à Edfou pour les sorties du dieu hors de son temple, mais dans la 
litière spl : c’est elle qui, aux scènes traditionnelles des fêtes célébrées 
par les rois humains, fait pendant, du côté de la Haute-Egypte, à la litière 
wts du royaume du Delta b). Les porteurs sont des dieux : les âmes de Pé, 
à tête de faucon, et celles de Nekhen, à tête de chacal. Ils tiennent l’unique 
brancard figuré non sur l’épaule, mais dans leurs deux mains pendant à 
bout de bras. Un seul détail est ajouté à ce modèle, depuis longtemps en usage 
dans les ateliers de dessin qui travaillaient pour les temples : un baldaquin, 
élevé sur de minces baguettes de bois sculpté, recouvre le siège royal < (l) 2 * * h C’est 
la litière de couronnement ou de fête-sed, telle qu’on a coutume de la re- 
présenter depuis l’époque de Séti I er : la scène d’Edfou est exactement celle 
d’Abydos ( 3) , mais avec dieu lui-même à la place du roi. Un autre modèle de 
litière spl est conservé sur la porte de la salle royale d’Osorkon, au temple de 
Boubaste. Toujours munie d’un seul brancard visible, elle est portée sur 
l’épaule par des porteurs humains W. 

Que les statues divines aient été souvent transportées au cours de leurs 
fêtes, non sur des barques portatives à brancards, mais sur des litières ordi- 
naires à baldaquin, comme celles des êtres humains de haut rang, est un 
fait bien établi. Depuis l’époque de la XVIII e dynastie, on trouve comme 
déterminatif au terme ésmw : image cultuelle d’un dieu (et sa barque portative), 
à côté de cette dernière, la chaise à porteurs dans sa forme ancienne ( 5 * * 8 ). 
On employait ces litières, en particulier, pour faire avancer en procession 
des statues de haute taille, comme celles de Min debout sur son estrade, 
à la fête de Pakhons. On les voit aux scènes de Médinet-Habou ou des autres 
temples de la région thébaine W. Là, c’est d’abord le très haut naos du dieu 
ithyphallique au bras levé qu’on posait sur la litière à brancards, puis l’idole 


(1) La scène est double au mur nord d’Edfou. Bien que la Haute-Egypte soit spécialement visée 
à l’ouest, et la Basse-Egypte à l’est (voir d’abord la déesse Moût, ensuite la déesse Sekhmet), 
les deux litières figurées au temple sont des spl absolument semblables. 

C’est exactement le même qu’on trouve au-dessus de la litière d’un seigneur de l’Ancien- 
Empire : cf. Paget and Pirie, The Tomb of Ptah-hetep, pl. Bq. 

(3) Cf. Mariette, Abydos, I, pl. 3i b. 

Cf. Naville, The festival-hall of Osorkon II, pl. VI. 

< 5 > Cf. Wb., IV, 29 !, 10. 

Cf. Gauthier, Les fêtes du dieu Min, p. 1 5 9 , et pl. phot. III et IV. 


— W( 572 H4— 

elle-même, dégagée de son rnos M. Cependant le rôle de ces chaises à 
porteurs paraît avoir été plus restreint à l’époque ptolémaïque, dans la 
mesure où celui des barques-litières, conservées dans leurs sanctuaires spéciaux 
au centre des temples, devenait prépondérant pour toutes les sorties au dehors 
Ce qui marque la fête d’Edfou en Tybi d’une note particulière, à ce point de 
vue, ce n’est pas l’emploi d’une litière simple : c’est le fait que la litière royale 

S P'" et _ non une autre appropriée aux usages divins, paraît avoir été utilisée. 

Toujours est-il que cette litière est nommée aussi wts{-t)-Hr : c’est le 
nom même toujours donné en titre à la province du dieu d’Edfou, et à sa 
bourgade centrale. Elle y a donc toujours joué un grand rôle parmi les 
accessoires caractéristiques du culte. Son .nom a pu s’appliquer par la 
suite à un véritable trône fixe, à Edfou; mais son sens exact n’était jamais 
oublié ® : les textes qui accompagnent ici son image en témoignent. 

Il est possible qu’on ait conservé, au temple d’Edfou ou dans ses dépen- 
dances, une litière sculptée en forme de siège spi, destinée à la fête royale 
par excellence de la divinité. Quant aux prêtres-porteurs, ils ne joüent plus, 
le Tybi, leur rôle ordinaire de familiers ( royaux ) (émr-w) de Râ, comme ils 
font, par exemple, à la fête du i« Thot«, mais bien celui des divinités 
dymstiques de Pé et de Nekhen. Ils étaient peut-être, en fait, munis devant la 
litière, du masque d’Horus-faucon, et,' derrière elle, de celui d’Ophoïs-loup W. 

Il est difficile de discerner la nature réelle de la statue d’Horus dont on se 
servait pour les rites du i er Tybi. L’image qu’en montrent les bas-reliefs de 
procession, au premier registre, et aussi les scènes de étp-si « ou encore 
d’offrande alimentaire ( 6 >, au second registre, est approximativement la même : 


Ibid.; p. i 3 i, 167, 169. 

La litière royale, aux textes de la sortie de Min, est désignée comme wts(.t) (Gauthier, Fêtes 
de Mm, p. 74-75). La forme w(s est attestée dès l 'Ancien-Empire <cf. L. D., II 28 • Petrie 
Medutn, 18 ; Murray, Saqqara Mastabas, I, 2); 

(S) Cf. plus haut : fasc. I, p. 337, 4 oi. 

P y Gf ‘ M * riette ’ IV > P 1 - ai , et le masque d’Oupouat (Ophoïs) en terre cuite conservé au 

Pehzaeus-Museum d Hüdesheim (Erman-Ranee, Aegypten, pi. 3 i, 1); Il existait vraisemblable- 

— A, TnT- de fîu eS 1 1 T SUr Cart0nnage ’ comparables aux masques funéraires. 
Sur le rôle d Ophoïs a Nekben, cf. Kees, Gôtterglaube (iq4i), p. 191-, 9 4. 

iS) Cf. Edfou, pl. phot. 556 . 

m Cf. Edfou, pl. phot. 557, 558 - 55 9 . 


— 573 ) ^t ' ■ — 

il y a cependant des différences sensibles dans l’attitude des bras du dieu, 
et dans les accessoires tenus par ses mains.- En bas du mur, c’est un roi humain 
à tête de faucon, couronné du pschent, assis sur son trône, le sceptre 
hk) au poing-. A ce moment, la procession pénètre au grand temple, pour y 
amener le Faucon vivant : l’idole d’Horus-Râ qui revient alors ne peut être, 
d’après le texte du rituel, différente de celle qui en est sortie au matin. 
Mais était-elle bien le dieu-roi trônant que montrent les bas-reliefs du mur 
d’enceinte nord? La statue était-elle tirée hors de son tabernacle habituel W, 
et visible sous son dais, pour imiter le roi humain au cours de ses réelles 
fêtes de couronnement? C’est une hypothèse plausible : la scène de dési- 
gnation de l 'âme vivante de Râ, et l’exposition de l’image dans la loge 
royale, lui donnent un appui certain. Mais il est difficile d’acquérir, par les 
seules images du mur nord et ces quelques indices, une certitude suffisante M. 

Quoi qu’il en soit sur cet aspect réel de l'image, de la litière et de ses 
porteurs, la procession dont elle était le centre sortait du temple par le grand 
portail du pronaos. Elle traversait la cour, franchissait le pylône, alors orné 
de ses mâts et de ses obélisques de granit d’Àssouan ( 3 ). Le dieu s’en va « devant 
luiw r donc la face tournée vers l’extérieur de son temple. Une fois arrivée 


(i * Dans ce cas, ce serait la statue devant laquelle on rendait le culte journalier au grand kir 
de pierre noire du sanctuaire $ derrière les barques divines.. Nous n’avons pas d’indi- 

cation précise sur la nature de cette statue. Il y avait aussi d’autrps idoles consacrées d’Horus 
d’Edfou dans le teirçple, en dehors de celles de S 4 -wr>t et de Msn(*t) : celle du naos de la chapelle 
Bhd 4 , par exemple. 

{,) Ufte autre hypothèse qui garde sa valeur serait celle d’tine statue de petité taille (èotaltiie 
celle du gmhfau de la chapelle Msn{ 4 )^ par exemple), contenue dans son tabernacle ; c’est le 
cas normal quand il s’agit de la barque-litière. Dans ce cas, le pavillon de la litière serait en 
réalité fermé par des voiles, comme les quatre faces du petit support de tabernacle employé à la 
fête du 1 * r Thot (cf. plus haut, 3 * partie). La figure divine gravée sur la litière, au mur nord^ serait 
alors purement conventionnelle, et destinée à imiter le plus possible les scènes traditionnelles du 
couronnement royal. La phrase : Horus d’Edfou s’est levé dans Bhd-t, en sa forme de Faucon de l’Or 
semble renforcer cette dernière hypothèse ; mais la phraâe parallèle : Horus d’Edfou s’est levé dans 
Msn-(t ), en sa formé de Celui-qui-est-sur-son-grand-siège parait plutôt donner appui à la première. 

t3 > Cf., pour les mâts : Edfou, VIII, 96 ; pour les obélisques î Edfou, VIII, 1 38-189. Voir 
Chassînàt, Edfou, VIII, Avant-propos, p. xiv-xvi. Cf. aussi Edfou, VII, 19, 6-8 ; Les mâts (des tours 
du pylône) sont en bois de (sapin de C Urne-)' s, et ils touchent la voûte céleste, garnis de métal étranger (b il n 
h*s-t) . . . ; deux grands obélisques sont plantés (rwd) en avant (des tours ) (m-rm-t-éti) , et ils percent la 
nuée du ciel. 

Bibl. d’ Etude, t. XX, a e fasc. 


7 3 


—», »■( 574 )•+* 

sur le parvis, entre la façade du pylône et le rempart de brique qui entourait 
tout le terrain sacré d’Edfou, la procession se dirigeait vers l’enclos du temple 
du Faucon (ri-pr n pr-Bik). Sur cet instant dans la marche du cortège, un 
seul detail nous est donné : le roi lui-même fait ï encensement en avant de sa 
Majesté. L’officiant principal de la cérémonie remplit donc le rôle qu’on lui 
voit presque toujours jouer, quand les processions s’avancent. Il est devant la 
litière du dieu, le bras d’Horus en main, en arrière du groupe des autres prêtres 
supérieurs dû temple. Souvent tourné vers la face de la divinité, il brûle 
de l’encens pour purifier la route qu’elle suit t 1 ^. 

Quant au temple du Faucon, rien ne nous indique, par les textes mêmes, 
son emplacement, sinon qu’il est en *dehors du grand temple. En effet, ce 
dernier porte lui-même le nom de pr Hr Bhdii, terme qui comprend toute 
sa construction de pierre, y compris le mur d’enceinte et le pylône : il ne 
pourrait exister au dedans de cette enceinte une autre construction pr, 
munie d’un nom différent. Sur la nature même du temple du Faucon ? 
1 ensemble des expressions qu’on emploie pour le désigner permet de dégager 
quelques précisions : 

i 9 Le lieu sacré dans son entier est d’abord qualifié de r',-pr ( npr-Bik ). Or, 
s il est compose, à la fois d’un rl-pr et d’un pr, c’est que le premier lieu dési- 
gné englobe le second. En effet, le terme de pr est toujours limité, en matière 
d’édifice religieux, à la maison du dieu. C’est ce qui, pour son habitation, 
correspond à la maison humaine, close de parois d’un seul tenant, communi- 
quant avec 1 extérieur par une ou plusieurs portes, en dehors desquelles 
aucun passage n’est ménagé. Au contraire, rl-pr désigne un lieu qui peut 
déborder largement la maison divine, et comprendre toute l’enceinte sacrée 
d’un temple ( a K II y a donc un enclos consacré au Faucon (Bik)\ et dans cet 
enclos, sa maison (pr ) . 


l ' 1 II est à la meme place et fait le même geste, quand la procession rentre au grand temple : 
cf. Edfou, pl. phot. 552 . Voir le rt/t dans la procession du î " Tiipt , aux escaliers de la terrasse : 
Edfou, pl. XXXVIII e et XXXVIII'.' 

(,) C’est ce que montre clairement le déterminatif de l’enceinfe habitée nw-t, qui s’ajoqte 
assez souvent au terme r ,-pr à partir du Neuve I-Einpi re . Nw-t est souvent employée seule dans 
le même sens d’enceinte sacréç, temenos, délimitée généralement par un mur de brique crue, 
Cf. les nombreux exemples réunis dans ; Wb., Belegstellen, II, 397, 6-7. 


- •■ >> »( 575 )•*-**— 

2 0 La maison du dieu (pr) comprend t a) une (salle) large (wêft-t); cette 
salle possède une porte à deux battants (ébi); b) Derrière cette salle, il y a 
un sanctuaire (hly-t) b); c) Quelque part dans l’édifice, il y a une baie, ou loge 
(royale) de V apparition (ssd n h c ) W. 

3° La maison (ou temple) du Faucon (pr-Bik) est désignée aussi par deux 
expressions synonymes : le (temple de) la loge(royale) du (dieu-)é’,b-sw-t (ésd-t n 
slb-kv-t), et : (le (temple de) la loge(royale) du (Faucon-)éi]w (ésd-t n éi‘,w). 
C’est dire que la marque distinctive de ce temple est de posséder une loge 
royale ésd, pour l’apparition du roi divin. 

4° La maison (ou temple) du Faucon (pr-Bik) possède un autre synonyme. 
C’est celui d ’ (édifice-)m’,rm d’ (Edfou-) Mén(-t) (m’,rw n Msn(-t)). Il implique 
que ce m]rw n’est pas ioq» d« grand temple d’Horrçs, et vraisemblablement 
dans son enceinte consacrée nw-t, à l’intérieur de la muraille de brique. En 
effet, le terme de Mén(-t), dont l’extension est moindre que celle de Bhd-t, 
ne désigne jamais, aux textes d’Edfou, la ville habitée autour du terrain 
sacré. Partant du sens le plus réduit de (chapelle-)Mén(-t), sanctuaire propre 
du dieu d’Edfou, il s’étend, au sens matériel, au grand temple et tout au 
plus au terrain qui lui est consacré (*), mais non au delà. 

Le même mlrvy est désigné par le terme très significatif d’(édifice-)m’,rw 
de sa ' 4 * * * 8 ) bête (sacrée) (m]rw n iv-l-f). Le mot t w-t est souvent écrit, aux textes 
d’Edfou, avec valeur collective (les trois traits du pluriel peuvent man- 
quer), par le bâton de pasteur b), la forme hiératique du hibou W, et le peau 
de vache comme déterminatif b). D’âütre part, ce même mot est bien connu, 

Le mot peut être pris dans son sens restreint, qui va jusqu’à désigner un simple tabernacle 

de bois hd , contenant la statue d’un dieu (cf. Edfou , I, 554 , 5 ). Mais le terme n’est pas précis, 

et s’étend parfois à tout un édifice sacré, de petite taille. Jamais, par exemple, les temples entiers 

d’Edfou ou de Dendéra ne sont désignés par hîy t. 

(8) Voir l’étude spéciale, plus bas. 

^ Ce terrain peut d’ailleurs être situé loin du temple de Haute-Egypte, puisque 
désigne également le lieu saint d’Horus à Siié (voir plus bas, 6 e partie). 

{4) L’antécédent est : sa Majesté (au départ du grand temple ) \ donc : Horus-Râ d’Edfou, 
Harakhthès. 

^ Cf. Gakdinër, Eg. Grammar , p. 498 (T i 4 ), substitution pour S. $9 (p. 49 5). 

Erman, Aeg. Gramm ., Schrifttafel , p. 18 (G 17 a). 

c?) Cf. Gàrdiner, Eg. Grammar , Suppl., p. 17 : F. 27. Pour les exemples de cette écriture au 
temple d’Edfou, cf. Edfou , I, 536 , 1 1, et surtout : II, i 65 , 5 'w-t n hl*t mrw ~ 

73 . 


-•• < ■ > »( 576 )m — 

avec cette même écriture, dans le sens de bête sacrée (1 vo4, ou c w-t-nlr4), 
surtout par la stèle de Mendès, où il s’applique plusieurs fois, soit à un seul 
quadrupède : le bélier divin soit à tous les animaux sacrés W. 

Si ( w4 peut désigner une seule bête sacrée, de quelque nature qu’elle soit, 
on ne peut s’étonner de retrouver le mot, cinq fois dans les textes d’Edfou qui 
concernent la fête du i er Tybi, au singulier, avec le déterminatif du faucon. 
C’est alors la bête sacrée spéciale au temple, le Faucon vivant nourri auprès 
d’Horus; c’est son âme sur terre, comme tous les animaux sacrés l’étaient 
pour la divinité incarnée en eux. 

En dehors de l’exemple déjà donné plus haut, les autres sont : 

* 

a 0 Le (dieu) d’Edfou , le maître d’Edfou sur son trône W (wnn Bhdti nb Bhd-t 
hr bhdw-f), le maître du (tmjc-)isb-t au G hâteau-de-l ’-isb • t (nb îsb-t hnt h-t- 
isb-t) donne le pays en héritage (hr iw' tî-wi) M, fait se dresser debout sa bête 
(sacrée) (hr s 'h' 'w-f-f), exalte son âme parmi les âmes divines W (hr tni bi-f 
hnt, bj-w ntri-w)( 6 ). 

3° Prends pour toi ta (ronronne-) toi que craignent tous les cœurs, toi 
que craint le pays du Sud , que craint le pays du Nord, (o) (divin) Faucon vivant , 
(o) bête (sacrée) d’Harakhthès (p (l) V4 n Hr-jhti) ! W, 

animaux des mamis (et) du désert ), et V, 33 s, 9-10 : (Hathor) ls ( w 4 , hml n ÿhi, kd rmt = 
(Hatkar) qui crée les animaux , qui façonne à sa guise, qui forme les êtres humains . *m 4 a très 
nettement ici le sens, non pas de bétail , ou de quadrupèdes ( Wb I, 1 70, 7-10), mais de : (fo«a) 
les animaux (créés), sans exception. 

{l) Brugsch, Thés., p. 63 i, 1. a 5 et 26, etc. 

w Ibid., p. G 3 i, L 2 4 : (le Bélier), sr C «M —prince des animaux sacrés (cf. Edfou, ï, 472, 

1 : (Apis) , roi (nsw 4 ) de tous les animaux sacrés ('m*t nbft) n|r(-f)). 

tW II faut noter la triple allitération, intraduisible. 

(4) iw" (vb. tr.) + objet. Construction à ajouter à celles que donne le Wb. (I, 5 o, 8-10), 

Cf. Cinquième parité, p. 664 , 1 . 8 : tw^lc i *»'(•<) = tu hérites de l’héritage (construction normale). 

C’est-à-dire : les âmes des autres divinités de l’ennéade d’Edfou. 

(#} Edfou, VI, 167, i-2. 

(?i Edfou, VI, 3 o 8 , ( 1-r. 



577 )<m 


-PiTMkYVg+HHM 

à n , afin d’assurer l’office de la bête ( sacrée ) d’Harakhthès, quand il 

(= le Faucon ) prend sa royauté de la main de son père (r smn ijw-t n V-t n Hr- 
;hti, dr ssp-f nswy-t-f m-' ït-f) W. 

5° Et l office de la bête ( sacrée ) d’Harakhthès est (un héritage) assuré, quand 
il (=le Faucon) a saisi sa royauté! (is mn j;w-f n 'w-t n Hr-jhti, dr, ssp-f 
n’swy-t-f) P). 


Partout, l’orthographe du mot est rigoureusement identique (3 \ son emploi 
semblable, sa valeur uniforme. L’oiseau désigné à Edfou, tantôt parles ex- 
pressions communes entre lui et le dieu-faucon du temple : le Faucon, le 
grand Faucon (Bik, Bik-';), le (dieu)-au-plumage-nmicheté (sjb-sw-t * 1 * * * ), le (Faucon-) 
éi;w (éiîw)W; tantôt par des termes plus spéciaux aux animaux vivants : 
l’âme de Râ, V âme-vivante de Râ (b,’ n R', b* 'nh n R'); le Faucon-vivant 
(p; Bik 'nh), l’image vivante (p\ 'hm ’nfi) < 5 >, est, de plus, expressément nommé : 
sa bête (sacrée), ou la bête (sacrée) d’Harakhthès (V-t-f, V-t n Hr-?hti). L’ap- 
plication seule de ce mot c w4 (réservé aux animaux consacrés, nourris dans 
les enceintes des temple^) au Faucon-vivant, suffit à prouver l’existence d’un 
oiseau de proie, réellement entretenu à Edfou pour incarner l’âme du dieu ( 6 L 



wm rrr^-: i ■ y — <-71-1 , — r , ■ — ■■ r , - r ■ — ? — ,- é. , i ^ - . 

Edfou, VI, a 63 , 1-2. C’est, dans le dernier texte du rituel traduit plus haut, la première 
opération qui se passe au grand temple. 

« Edfou, VIII, i 48 , 12. 

(5) Sauf dans le cinquième exemple, où le déterminatif du Faucon est remplacé par le déterminatif 
ordinaire de la peau, et cela précisément dans l’expression : la bête (sacrée) d’Harakhthès . 

W Littéralement : Celui qui possède V intelligence (divine), ou s'il. Cette qualité essentielle du 
dieu solaire d Edfou dans la théologie locale a été reportée comme un nom propre sur son 
âme vivante, le Faucon-vivant du temple. C’est ce que fait comprendre la scène gravée au 
3 e registre du mur d’enceinte nord et son long texte, où l’on voit Horus d’Edfou- faucon, et son 
âme vivante créer le monde par l’Intelligence (siî). 

^ €es deux derniers termes sont employés surtout au cours des cérémonies de la 2 e partie 
de la fête, au grand temple (cf. plus bas). 

(8) Chassinat, dans l’avant-propos placé en tète du fascicule II de son Mammisi d’Edfou, 
montre, par la mention faite de m’rm n **»♦*(./) parmi les noms du temple du Faucon (p. xn), 
qu’il a reconnu la valeur du terme. 


— **•( 578 )«♦ *- » 

Le sanctuaire ou résidé cètte bête divine, et ver^ lequel se dirige la proces- 
sion au matin du i er Tyhi, c est, dans les textes de la fête, le temple du Faucon 
(pr-Bîk), et (le temple de) la loge (royale) du (Faucon~)éîlw (ésd-t n dît»). C’est 
aussi un m\rw , c est-a-dire un édifice qui peut atteindre ou même dépasser l’im- 
portance du mammisi d Edfou ( pr-mé ), le m\rvo du sud de l’enceinte sacrée (fi. 

Il se trouve, selon tous faits connus d’üng manière générale sur les édifices 
consacrés aux animaux divins, à proximité du grand temple < 2 ). Or, un témoi- 
gnage archéologique existe au site d’Edfou : il a été mis en valeur par Chassinat, 
dans 1 avant-propos du fascicule II de sa publication du mammisi . II 
s agit d un « massif rectangulaire de maçonnerie , long de a mètres environ, couvert 
défigurés sur ses quatre faces». Il a été découvert à 5 mètres au Sud du montant 
est de la porte monumentale qui faisait communiquer l’enceinte du grand 
tenfpie avec deux autres enceintes : celle du temple de la naissance, ou : 'mammisi f 
et celle d une autre construction, qui existait, selon toute vraisemblance, 
en face de celui-ci Chassinat voit dans ce massif rectangulaire sculpté sur 
toutes ses faces un «mur» ou un «pan de mur» (page viii) W. Il mesure environ 
î mètre de largeur sur 9 mètres de longueur. Il est composé de deux assises 
superposées, chacune faite de deux blocs La troisième assise manque, 

ï i i » ,* • fut ' i ' #• i ’ - r> ^ V ' i< » f 4 V r ï V 1 ^ rihlr Vî't'i 1 

( ‘> Cf. Chassinat, Mamm., I, 5 , a. Voir plus haut, 1" fasc., p. 313-318. Le terme de mlrw 
est employé aussi couramment que les deux précédents, aux textes de lafête, pour désigner l’édifice 
du Faucon sacré. Cf., par exemple, Edfou, VIII, iog, 1 1 : Ton mîrw s’est réjoui, quand tu as 
touché son sol, et Edfou, VIII, 1 1 o , 1 : ... (T âme vivante de Râ ) . . . , gui apparaît dans son 
mjrw {fini rn ’ rwf ), en haut de son estrade du trône (mrhnt tnt\ 4 f ). 

1 * Gf., pour 1 Apis de Memphis, ce qu’en dit Strabon (éd. Meineke, XVII, 807). Le taureau 
sacré de Médamoud était également entretenu dans un enclos attenant au temple, à l’époque 
ptolémaïque. 

(3) Cf- C hassinat, Mammisi d’Edfou, II, avant-propos, p. ni et viu; pl. I (plan); pl. au trait 
LVI; pl. phot. LIX (le bloc aui ,r plan, à gauche) et LX, 1 (le bloc au t* plan, à droite). Voir 
aussi, pour les emplacement^ respectifs des divers monuments et enclos du site archéologique 
d’Edfou : Aliiot, Fouilles de VIF AO du Caire, t. X, ^ partie ( Tell-Edfou ), pl. XX [1985]; le 
mur L de Chassinat est indiqué,. 

Il n’est guère possible de le suivre sur ce point. Comment un bloc décoré sur ses quatre 
côtés pourrait-il être un mur? Nécessairement, même s’il était composé de blocs de la largeur 
du massif conserve, ce mur laisserait brute au moins l’une de ses faces étroites, sinon les deux, 
pour la continuation de l’appareil. 

1 J Cf. Edfou, pl. pilot . LIX. Le logement d’un tenon d’attache est encore très visible sur la 
face supérieure. , 


ce qui a supprimé la partie supérieure du corps de tous les personnages, 
et les légendes qui pouvaient être gravées 1 à la hauteur des visages. Les quatre 
faces du massif ne sont pas verticales : elles présentent un fruit, que le 
dessinateur de la planche LVI a indiqué. Aussi convient-il de voir en ce 
monument, non pas un fragment de; mur, mais un autel de pierre rectangulaire, 
dont manque le tiers supérieur environ Un soubassement fait de tiges 
florales de lotus et papyrus décore le bloç sur ses quatres côtés ; ce soubas- 
sement occupe plus de la moitié de sa hauteur conservée. Le reste, formé de 
personnages debout, de petite taille, se compose de huit tableaux, dont 
trois sur chaque grande face, et un seul sur chaque petite W. Le Fmmn- 
vivanhsur~mn-éri} est la ligure principale des quatre tableaux les plus im- 
portants : ceux du centre des grands côtés, et ceux des deux extrémités. 
Au milieu de la face du bloc tournée vers l’ouest, le prêtre royal, vraisem- 
blablement le serviteur-du-faucon {Jym-gmkéw) de la fête du i er Tybi, fait offrande 
à l’oiseau de proie divin dressé sur la façade de son palais, et, derrière lui, 
à deux divinités tenant les sceptres habituels : il s’agit, semble-t-il, d’Horus-Râ 
d’Edfou et d’IIathor, A l’extrémité nord, c’est le rite m’.-tïwî, gravé dans 
sa forme traditionnelle : deux figures du Nil Hâpy lient ensemble les plantes 
héraldiques de Haute et de Bàsâe-Egypte, et deux figures féminines de -divi- 
nités tendent les longues frondes de palmier des couronnements royaux 1 
Au-dessus du nœud végétal on ne voit pas le roi humain habituel, mais la 
bête {sacrée ) ,d ’Harakhthès, qui se tient debout sur ses serres. A l’extrémité sud, 

(1) Il existe à Edfou même. .parmi les blocs que mentionne Chassinat aux pages vu-vin de 
son avant-propos , un monument similaire, bien que de plus petites dimensions (1 1*,, 1 0 sur 
o m.' 45 à la base; hauteur : o m. 80). C’est un monolithe de grès, avec fruit sur ses quatre 
faces. Il est orné sur tous ses côtés de scènes de sacrifice, disposées l’une au-dessus de l’autre 
sur trois registres. La partie inférieure est endommagée, et la table supérieure, faite d’une dalle 
rjipporté/j, a «fispaïu. L’orientation des personnages qui présentent l’offrande (ils le font une 
fois sur un autel de pierre semblable au monument lui-même) est exactement la même que celle 
du prêtre hm-gmhsw au mur L de Chassinat (sur les grandes faces, il tourne la tête vers la 
même extrémité du bloc; sur les petites faces, il le fait vers le même grand côté). Weigall 
( Annales du Service, VIII, p. 44 - 46 ) a reconnu à juste titre dans ce monument un autel. (Il voit, 
à tort, dans les représentations, des scènes de sacrifice humain : il s’agif de scènes de châtiment 
des âmes par les génies, dans 1 ’autre-monde) . 

(2) Cf. Chassinat, Mammisi, II, pl. LVI., 

« Séchât (?). 


le roi adore le Faucon-sur-son-érh . Derrière ce dernier, Horus loule aux pieds 
les crocodiles et les scorpions, tenant scorpions et serpents prisonniers dans 
ses poings. Une déesse M serre aussi deux serpents dans sa main. Sur les 
quatre tableaux secondaires, deux montrent le roi priant ou encensant deux 
divinités masculines, le sceptre en main : probablement les deux^dieux d’Edfou, 
Horus-Râ et Horus fds de Râ. Les deux derniers tableaux présentent le roi 
dans le rôle du vaillant harponneur, qui, l’épieu en main, transperce le crocodile 
devant celui d’Edfou. Gomme sur la face sud du bloc, le vainqueur des animaux 
typhoniens les terrasse sous ses pieds; il tient serpents et scorpions(?) dans 
ses mains. 

Le dallage du dromos, semblable à celui de la première cour (K) du 
mammisi, entoure de tous côtés cet autel (L). Il se prolonge vers l’est et 
disparait sous les matériaux anciens, jamais encore déblayés, qui remplissent 
l’angle sud-est du grand terrain sacré d’Edfou. Des maisons modernes 
recouvrent encore tout cet angle ainsi que toute la partie est de l’enceinte, 
qui jadis comprenait les principales dépendances du temple Il est possible 
que l’autel ne soit pas exactement à Saiplace ancienne W ; mais il èst relativement 
fragile, n’étant pas fait d’un seul bloc, et ne peut avoir été transporté loin du 
lieu où se déroulaient les rites qu’il reproduit. Or il montre très certainement, 
comme Ghassinat l’a déjà noté, des scènes du culte du Faucon-vivant divin. 
Il y a donc beaucoup de chances pour que la construction importante qui 
se trouvait dans l’angle sud-est du temems, en face du temple de là naissance, ait 
été le temple du Faucon, où se passait la consécration du rapace par la statue 
d’Horus-Râ, dans la matinée du i er Tybi W. C’est vers les vestiges possibles de 
ce temple que se dirige, selon toute probabilité, le dallage qu’on voit aujour- 
d’hui disparaître sous 8 mètres environ d’épaisseur de débris de brique 
accumulés 

C’est à la présence de cette construction, et de l’enceinte particulière qui 

— i — rr— 1 ... ■■■ m — n — r ■ r;r;' — : — ,r* i * — * ; ? — fn r* 

« Isis (?). 

<*> Cf. plus haut, i re et h* parties. 

^ Cf. Chassinat, Mammisi , II, pî. LIX-LX. 

î 4 ) Cf. C hassinat, Mammisi ? II, avant-propos , p. viii-ix. 

( 5 ) Voir Chassinat, Mammisi , II, pl. phot. LVII. Cf. lés cotes de niveau publiées, sur le site 
archéologique d’Edfou : Auiot, Fouilles de VIF AO, X, Tell Edfou, pl. XX. 


l’entourait, qu’est due la très appréciable déviation vers l’ouest de l’axe 
de la porte monumentale de la cour du grand temple. Cette porte aurait été 
fondée à 3 mètres environ plus à l’est, afin de se trouver dans l’axe longi- 
tudinal du grand temple, si une enceinte consacrée qu’on a voulu laisser 
intacte ne s’était trouvée sur son emplacement à l’époque de Ptolémée 
Évergète II. On a donc accolé le montant est de la porte, qui existe encore 
aujourd’hui, au mur ouest probable de cette enceinte, au lieu de détruire 
ce mur pour dégager l’emplacement correct que l’ensemble architectural 
eût exigé «L 

Une dernière hypothèse sur l’édifice réservé à Edfou au culte du Faucon- 
vivant mérite d’être présentée rapidement ici (2 ). Aux textes de la fête de 
l’Ouverture de Van du règne d’ Horus, comme nous venons de le montrer 
plus haut, le temple du Faucon est bien souvent désigné comme un (édifice-) 
m‘,rw. Or, au calendrier d’Horus à Edfou — où nous savons que tous les 
édifices nommés sont bien ceux du site (s) — le ternie de pî mîrw est six 
fois attesté. Les trois derniers exemples désignent le mammisi, par son 
équivalent connu : le m\rw du sud (p? m’,rw réi Quant aux trois autres, 
ils s’appliquent au mirm du roi Ménibré W. Il ne peut guère être question, 
pour le troisièmê d’entre ces exemples, d’un m y ,rw différent du premier, 

r ' ri 1 1 ' J ' ' t ' ' 1 ’" r ’ : : ' 1 '* i 1 — rt*-T*?VTT — “ — . v ■ — h — i r r-frr 

(1) Voir l’excellent exposé de cette question dans Chassinat, Edfou , VIII, avant-propos , p. xj- 
xiv. Il est permis d’émettre encore une hypothèse sur cette question, qui ne pourra être tranchée 
que par des fouilles nouvelles. Il est possible que la construction de la première cour (K) du 
mammisi à l’époque romaine, pùis l’élargissement ultérieur de sa façade est pour lui adjoindre 
deux escaliers latéraux sur un alignement à peu près parallèle à l’axe du dromos venant du 
grand temple, ait eu comme motif une correspondance voulue avec l’édifice situé en face. Cette 
recherche peut avoir eu pour but de rendre plus facile une cérémonie commune au temple du 
Faucon et au temple de la naissance : cf. les plans cités plus haut. 

{S) Elle a déjà été soutenue au cours de la 2* partie, à propos de la fête du 29 Àthyr au 
i er Choiak, et de la fête du i er Tybi à Edfou, d’après les calendriers. 

(3 * Cf. plus haut, 2 e partie : i er fasc., p. 208, 210, 212, 21 3 . 

(4) Edfou, V, Aoi, 3 et/*oi ,5 (sans certitude pour ce dernier exemple, où l’on trouve seulement : 
pi mirm, mais il ne peut guère être question là d’une autre fête que de la journée finale de la 
purification d’Hathor de Dendéra au mois de Fâchons) y Edfou, V, 3 9 A, II ; cf. plus haut, 2 e partie. 

(5) Le premier exemple seul le désigne d’une façon complète (Edfou, V, 398, »). Il s’agit de la 
fête du 29 Athyr au i er Choiak. Les deux autres, qui ne mentionnent que «le mlrw» (pl mlrw ), 
concernent la fête du Dieu~qui-plane ( 5 -ao Choiak), et celle de nhb-kl du 3 o Choiak, veille du 
i er Tybi (Edfou, V, 3 g 8 , 5 , et 399, 7). 


— 582 )■**—- 

nommé par son titre complet : c’est le seul antécédent possible, énoncé à 
la fan de la colonne 3, repris à la colonne 4, et encore une fois au centre de 
la colonne 7 W. Or, si Horus va au rn'.rw le 3 o Choiak, et si ce m\rw est 
bien celui du roi Ménibré, il est difficile de penser qu’un édifice différent de 
ce ui-ci puisse être le but de la procession de sa statue, à partir du len- 
demain i« Tybi. Une conséquence importante de cette identification serait 
celle-ci. Le roi Ménibré semble avoir régné dans la dernière période du 
Moyen-Empire ( 2 >. Cette époque est indiscutablement celle à laquelle re- 
montent un très grand nombre de monuments découverts sur le site d’Edfou. 
Ce fait semble être le signe d’une réelle prospérité matérielle pour la province 
et pour le temple, où les prêtres aux noms attestés sont nombreux ( 3 ). Il ne 
serait pas invraisemblable qu’un édifice religieux, fondé aux xvm e ou 
xvii e siècles av. J.-C., se soit trouvé être sous les rois grecs le monument 
encore intact le plus vénérable par son antiquité, sur tout le terrain sacré 
orus. Ainsi serait fondé le scrupule qui poussa les architectes à modifier 
i alignement de la grande porte du temenos, afin de conserver intact l’en- 
ceinte du vieux sanctuaire de Ménibré. 

Si le temple du Faucon se trouvait dans l’angle sud-est du terrain sacré du 
grand temple, la procession du Tybi l’atteignait bientôt. Elle pénétrait 
dans enceinte rl-pr, et s’arrêtait peut-être avant d’entrer dans la grande 
salle «4* W. Alors se plaçait d’emblée la première cérémonie particulière au 
temple du Faucon, dans la journée du i e - Tybi. Il n’est pas question au préa- 
lable, ^ contrairement à l’usage des grands offices de fête, des soins ordinaires 
onnés à 1 image divine pour son éveil, avant tous autres rites : le texte 
ne mentionne ni révélation de la face, ni prières ou hymnes, ni présentation 
es mges et des offrandes. Un bref service a probablement été célébré 

"> Cf. Edfou, pi phot. 4 9 i. ^ ■■ 

*Ta2 „ 0 5 Mar * M Mmiiri ’ A ^ :BIFA0, XXX ’ P ‘ 9 99-3o3; C«„, Livre 

a/u?' A T; Un f ouw l exem P k * ***** divinisé. B] F AO, XXXVII, p. 1 4o-i43 : un grand nombre 
^stèles placées dans a tombe du saint-vizir Isi datent des XIIP-XIV' dynastie!. 

semble préférable de traduire wsh-t par : grande salk (couverte), et non par • cour (du 
temple du Faucon : cf. Chassinat, Mammisi, II, avant-propos, p. xiu, 1. 3. En effet la maihe 
du prêtre knt-gntkén, vers la porte (ébi) de ce lieu, qui ne plt L que voéh-t, se p^duit a t 
entrée dans r,-pr, ou déjà une première partie du cérémonial s’est déroulée. P 


—♦*.( 583 )•**— 

dans le grand temple, avant le départ de la procession. De ces préliminaires 
le texte du rituel ne tient pas compte. La statue d’Horus a dû être tirée hors 
de son tabernacle, avec les gestes et les paroles d’usage; puis on l’a installée 
sur sa litière, la face découverte, simplement voilée du tissus qui tombe du 
baldaquin h>. Ainsi l’image divine est prête dans cette hypothèse à prendre 
part, sans transition, à la cérémonie du choix de son héritier. 

i° La litière divine semble être arrêtée dans la cour du temple du Faucon, 
sur les épaules de ses porteurs W. Au milieu du silence complet qui règne 
depuis le départ de la procession, au centre du rassemblement de tous les 
prêtres du temple, se déroule alors le rite de V invocation du mm {nié rn). Ce 
rite est bien connu en matière de culte funéraire. Il s’agit dans ce cas 
d’évoquer le mort divinisé, afin qu’il jouisse du sacrifice alimentaire qu’on 
lui offre. Ici au contraire on s’adresse aux dieux eux-mêmes, qui sont tous 
selon la théologie locale les enfants de Râ, et par conséquent susceptibles de 
lui succéder dans l’exercice de sa royauté. 

Or nous savons que les dieux du grand temple accompagnent Râ dans 
sa procession au temple du Faucon : le rituel vient de le déclarer dans la 
colonne précédente. C’est un groupe des plus hauts dignitaires du clergé : 
prophètes et pères-du-dieu, qui récite à voix haute l’invocation. Les grands 
( M») s’avancent l’un après l’autre vers Râ. Il faut probablement traduire 
en termes plus concrets : les prêtres qui portent les images des grandes 
divinités de 1 ènnéade d’Edfou se présentent un à un devant la litière du 
dieu suprême, au moment où l’on invoque le nom de chacune d’entre elles (•). 

“ r ' T ‘ - ?i ’ S i '"u.f i» 

Comparer, plus haut (3 e partie) > l’aménagement de la petite litière à courroies, sans bran- 
cards, en usage aux fêtes du siège de la première fête. Les dessinateurs ne tiennent pas compte 
du voile qui masque les tabernacles ou les statues à face découverte. 

{a) Toutes les statues divines emmenées en procession, à l’époque ptolémaïque, sont de petite 
taille et de faible poids : elles permettent donc à leurs porteurs une longue station debout 
sous la charge de la litière. 

(3) Von Bergmann traduit [H. L, p. 29 , 1 . 6 - 7 ) : Es wird gerufen der Name der Propheten und 
keiligen V cïter; es kommen die Grossen einzeln , etc. L’expression nts rn cependant forme un tout 
inséparable, et tient la place d’un verbe simple. Hm^o-ntr it-w(-ntr) jouent grammaticalement 
le rôle, non de complément de rn, mais de sujet de l’expression verbale nts-m. Le sens de la 
phrase ainsi comprise est beaucoup plus satisfaisant. Ce n’est pas le nom des prêtres qum invoque, 
mais bien au contraire, ce sont les prêtres qui invoquent le nom 9 des grands [dieux) évidemment, que 
le rituel met en cause aussitôt après, 


Mais les âmes de Pé et de Nekhen, c’est-à-dire les porteurs de la litière de 
Râ, les mains aux brancards de la chaise divine, lui font esquisser devant 
chacun un mouvement de recul W. 

2 0 II semble alors qu’on transporte la litière divine dans T intérieur de 
1 wéh’t du temple et qu on la dépose un moment à terre, en face du grand 
portail ébl, la face tournée vers la court 2 *. Cette fois, c’est le premier 
officiant de la fête, c’est lè serviteur-du-Faucon qui se présente devant le 
dieu. Il marche vers le portail; il s’arrête debout, au centre de la baie. Alors, 
entre lui et l’image sainte qui trône sous son baldaquin, on voit arriver l’un 
après 1 autre dans la grande salle les acteurs les plus caractéristiques de la fête 
du Couronnement du roi : les bêtes (sacrées), pourries dans le temple du Faucon 
ou ses dépendances, pour fournir chaque année au dieu d’Edfou le tem- 
poraire support vivant de son âme sur terre. 

Ce sont des oiseaux rapaces appelés drty, et non bik comme on pourrait 
s y attendre ( 3 *, qu’on introduit devant Râ dans le temple nommé pr-Bik. 
Dans 1 usage des textes du temple d’Edfou, le mot bik employé seul semble 
spécialement réservé à V oiseau d’Horus, le Faucon divin, identifié avec 
le dieu lui-même. Quand on veut désigner l’oiseau de proie vivant qui 
reçoit le culte, on le nomme à Edfou : pî bik e nfi = le faucon-vivant. Cette 
nuance se traduit par le fait que le pluriel du mot bik se rencontre très 
rarement dans les inscriptions du temple W, Au contraire le mot dr-t=drty 

1 ^ ' -M . hV I ) VHmUHÏ ! t| j 

(1) Aucun détail sur un mouvement semblable d’une statue divine ailleurs qu’à Edfou ne tious 
est parvenu. Aussi cette reconstitution n’est-elle qu’une simple hypothèse. Il ne s’agit sûrement 
pas ici, en tous eas, d un signe de tête ou d’une inclinaison de la statue (procédés mieux connus 
par divers témoignages anciens) : le texte porte rtm, et non htm ( Wb ., II, 44 o, 1 4 ; 4 9 5, 7 ), 
terme généralement employé pour les réponses affirmatives des statues divines. 

L installation immédiate de la statue de Ra dans cette même salle ivsh-t , pour la première 
cérémonie de l 'invocation du nom, paraît moins vraisemblable. Il semble que dans ce cas 1WM 
serait nommée au cours de la phrase précédente, et non pas au moment seulement où le hm- 
gmhsw vient au portail ébl . 

P) En raisûn de la multiplicité des exemples du mot Bik pour désigner le dieu d’Edfou, 
dans tous les textes de son temple. L’antinomie la plus évidente est fournie par le nom même de 
l’édifice où se déroule la scène : pr-Bik-nlrt (Edfou, VI, 109 , 19 ), dans la seconde partie du 
rituel, où les éléments phonétiques du mot Bik sont au complet. 

’î Ceci, bien entendu, dans les seuls exemples où la lecture bik est assurée par ses éléments 
phonétiques écrits ; la lecture de l’idéogramme du faucon est très souvent incertaine, étant 


est d’un usage beaucoup plus large et plus matériel : il désigne les rapaces 
en tant qu’oiseaux, bien qu’il désigne parfois, au singulier, Horus d’Edfou. 
C’est donc à juste titre que les oiseaux vivants, simples candidats à la consé- 
cration divine, sont nommés ici drty-w. Quant à leur espèce exacte parmi les 
rapaces, le mot drty ne la définit pas. 

De nombreux auteurs anciens, grecs pour la plupart, se sont intéressés aux 
animaux sacrés de l’Egypte. Ils les désignent par des noms variés, quand 
il s’agit de rapaces, et même s’étonnent d’en voir qui ne répondent guère 
au nom qu’on leur attribue. La plupart d’entre eux donnent aux oiseaux 
de proie diurnes adorés dans les temples l’appellation de ispoixes W ; mais 
le naturaliste Elien tient à préciser qu’il y a bien des espèces de ièpaxss 
divinisés en Egypte : il en énumère sept différentes, en y faisant même 
rentrer l’orfraie et la chouette ( 2 *. D’autres écrivains, assez nombreux, affirment 
que Y aigle aussi (àeros) est consacré aux dieux par les Egyptiens, en par- 
ticulier à Thèbes. Il est probable qu’ils donnent aussi ce nom à des rapaces 
de très grande taille, mais de variétés différentes ( 3 *. Un témoignage de valeur, 
car c’est celui d’un témoin visuel, est apporté par Strabon, sur l’oiseau 
sacré d’Horus, semblable à celui d’Edfou, qu’on entretenait probablement 
dans l’enceinte sacrée d’Arensnouphis, dans l’île de Philæ : 

« [El un peu plus haut que la cataracte ( qui se trouve un peu au-dessus d’Elé- 
phantine ) il y a Philæ où habitent en commun des Ethiopiens et des Egyptiens. 
Elle est agencée juste comme Eléphantine, et de grandeur égale; elle possède des 
temples égyptiens ]. C’est là aussi qu’un oiseau est adoré, qu’ils appellent bien un 

— * S * LA ^ » L-l-l ~ il , 1 ■ L_ 

répartie entre ntr, Hr et bik, de valeurs pratiquement très voisines. Il existe au contraire, ailleurs 
qu’à Edfou, des exemples très nets de bik au pluriel, en particulier aux textes de la statue de 
Djedkor-le-Sauveur : celui qui entretient les faucons vivants qui sont dans ce pays (Djedhor) = tr hr*t ni 
bik w 'nfy-w imiw t] pn (Dàressy, Statue de Zedher le Sauveur , Ann. Sera.» XVIII [ 1919 ], p. 1 15, 
1. 1 o de Daressy ; p. 1 4o, L 45-46 ; p. 1 44, L 54-55) ; on trouva de nombreux faucons qui n’avaient 
pas (reçu) les soins funéraires ~ gm-ttv btk-w ‘s l-w iwti krs-sn ( — ibid., p. 1 46, 1, q4)^ 

(l) Tels sont Hérodote, Diodore de Sicile, Strabon, Elien, pour ne citer que les prin- 
cipaux. 

Cf. Elien, De nat. animal, (éd. Hercher), XII, 4. 

« Quant à V aigle (âerôv), les Thébains l’adorent parce que cet animal leur semble être de nature 
royale et digne de Zeus (Diodore de Sicile, I, 87 ). Strabon (éd. Meineke, XVII, I [ 812 ]), et 
plusieurs autres, citent aussi l’aigle, à côté du 

Bibl . d' Etude, t. XX , a* fasc. 


76 


— *-*( 586 )-**« — 

faucon, mais qui, pour ma part, me semblait n’avoir rien de semblable aux faucons 
qui sont chez nous et en Egypte : il était supérieur en taille, et bien différent 
par la moucheture (du plumage ) (t if TSOixiXicfj t'), Il était éthiopien, disaient-ils, 
et on l amenait de là-bas, chaque fois qu ’il mourait, comme cela ( s’était fait ) aupa- 
ravant : et justement alors, on nous le montra sur le point de mourir de maladie » 

Les rapaces qui recevaient la consécration du dieu dans les temples pouvaient 
donc être d’une toute autre espèce, en réalité, que celle de l’oiseau bik 
d’Horus, si tant est que celui-ci doive toujours et dans tous les cas être tenu 
pour un véritable faucon. Ainsi les témoignages anciens s’accordent avec les 
constatations des naturalistes modernes, quand ceux-ci examinent les rapaces 
momifiés qu’ont fournis divers sites d’Egypte : en particulier Kôm-Ombo, 
où le culte d’Haroéris a vraisemblablement entraîné celui des oiseaux de 
proie, partout consacrés à lui Le milan égyptien figure très souvent parmi 
eux( * * 3 4 ); le faucon aussi, de diverses espèces ( 5 * h Mais on trouve également 
1 aigle W, l’épervier ( 7 ), le balbuzard ( 8 h sans tenir compte de certains genres 
voisins, les uns des milans, comme la bondrée, le pygargue, les autres 
des faucons, comme la crécerelle. Il existe enfin des momies de buses, de 
circaètes, et de diverses espèces de vautours. Bien entendu, il ne faut pas 
en conclure que tous ces oiseaux ont pu fournir des sujets choisis comme 
bêtes sacrées dans les temples. La momification, qui se pratiquait même 
sur des groupes de rapaces d’espèces diverses réunis dans une même enveloppe, 
semble souvent faite dans un simple but de piété envers les dieux du ciel. 
On est certainement loin, en sens inverse, d’avoir retrouvé des exemplaires 
de tous les rapaces qui ont pu, en un lieu et un temps déterminé en Egypte, 
jouer réellement le rôle d’oiseau sacré dans un temple. L’origine éthiopienne 
de la bête vue par Strabon à Philæ élargit, si elle est exacte, le champ des 

(,) r) -tsotxiXta de Strabon, c’est l’épithète rituelle sîb-sw-t du dieu d’Edfou. 

' îj ' Strabon, XVII, I (818). Cf. J un k eu , Bericht Strabos über den hetligen Falken von Philm ( Wiener 
Zeitschrift fur die Kunde des Morgenlandes, t. XXVI, p. 46 ). 

(3) Cf. Lortet et Gaillard, La Faune momifiée de F ancienne Egypte , p. 1 14, 116-117. 

Ibid., p. 124-126. 

{5) Ibid., p. 1 46 -i 56 , et 298-297. 

(8) Ibid., p. i 4 o-i 45 , et 292-298. 

< 7) Ibid., p. 1 58 -i 60. 

(8) Ibid., p. 1 64 -i 66, 


lieux d’origine possibles pour ces Upoutss des dieux Horus de l’Egypte, à l’é- 
poque ptolémaïque û). 

Quoi qu’il en soit sur leur véritable nature, les drty-w destinés à fournir 
l’oiseau sacré d’Horus étaient presque partout,, semble-t-il, non pas amenés 
d’Ethiopie, comme celui de Philæ, mais élevés et nourris sur place, auprès 
des temples. Strabon encore nous affirme sur ce point, d’une manière générale : 
« Parmi les oiseaux, l’ibis et le faucon égyptien ( ispaç 6 aiyvTmosf s’appri- 
voisent, contrairement à ceux d’ailleurs, comme le chat » ( a h C’était un lieu commun, 
depuis bien longtemps, en Egypte — et on l’employait dans les exercices 
d’école — de citer parmi les animaux habitués à la main humaine dans 
le pays, les oiseaux de proie dr-t et bik ; « On met un milan au nid W; on 
saisit un faucon par les ailes» W. Loret se demande «dans quel but on 
élevait des faucons en captivité», en commentant cette phrase des scribes 
ramessides. «Il ne s’agit pas ici», dit-il, «bien certainement, d’un animal 
sacré logé et adoré dans un sanctuaire. Une telle comparaison, faite pour 
ramener un indiscipliné à ses devoirs, eût été par trop irrévérencieuse. 
S’agit-il d’un oiseau élevé en cage, etc.». Et Loret conclut qu’il pourrait 

— — i-A fi UL-i f a _ L— 4— — 4 A a . 

L 'Ethiopie de Strabon désigne toutes régions au sud de l’Egypte proprement dite. Le mot 
est plus large encore que l 'expression Ptyn-t, VOpêné si familière aux Egyptiens. Les nombreuses 
allusions des textes à V Horus de Pwn-t, qui se réjouit de l’oliban et de tous les produits de 
cette région, méritent cependant d’être rapprochées de l’origine éthiopienne du rapace sacré 
de Philæ. Si l’on met en parallèle la grande taille de l’oiseau vu par Strabon, le fait qu’il n’a 
rien de semblable à ce qu’on entend en Asie Mineure ou en Grèce par le mot iépaÇ, avec la 
couleur semblable à celle de Râ des oiseaux sacrés d’Edfou, il est permis de penser pour eux, de 
préférence à tout autre groupe, à une variété quelconque du genre aigle . Ce sont les plus 
grands des véritables rapaces; leur plumage fauve, brun ou doré moucheté de roux sur toute la 
surface du corps les rapproche des images cultuelles du rapace divin recouvertes d’tine feuille 
d’or. Bien entendu l’oiseau d’Horus le plus répandu en Egypte, aux origines de son histoire, a 
pu être le véritable faucon bik : les remarques précédentes ne sont valables que pour le dernier 
stade dans l’évolution des usages cultuels du pays. 

« CL Strabon, XVII, 2,4. 

Le milan, dans l’Egypte d’aujourd’hui, « fait son nid en mars, habituellement sur un arbre 
à peu de distance des habitations» (Lortet-Gaillard, Faune momifiée, p. 12 5 ). 

W Twtw hr di dr-t r ss, twtw hr dnh bik ( Pap . Anastasi, III, 4 , 2 ; V, 8, 8-9, 1 ; Pap . Sallier, I, 
8, 1). Le mot dnh semble être un équivalent récent du vieux mot shn (dans les légendes des 
scènes de chasse aux oiseaux sous T Ancien-Empire, au sens de : croiser les ailes des oiseaux 
capturés, pour les empêcher de s’envoler) (Mwet, Scènes de la vieprwée, p. 62-64), 

7 *- 


bien être question ici de l’élevage des oiseaux de proie pour la chasse W, 
malgré l’absence complète de toute scène de fauconnerie dans les documents 
figurés connus à l’heure actuelle. Or la meilleure réponse à ces questions est 
donnée par Elien, dans son De natura animalium ^ : 

« Les prêtres d’Apollon (3) en Egypte disent que certains (d’ mtr eux) sont appelés 
(ainsi) : éleveurs de faucons (iepaxofiocrxovs) *, ceux-là donc sont (ceux) qui 
nourrissent les faucons du dieu , et qui en prennent soin aussi. Sans doute, toute 
l’espèce (en) est vouée à ce dieu; mais, de plus, certains (individus de cette espèce) 
qui, là-bas, sont sacrés (■ kpoi ), sont nourris avec une nourriture étudiée, bien 
qu’ils semblent ne différer en rien du surplus , Ceux donc qui ont pris en mains le 
soin de ces (oiseaux) disent à ceux qui l’ignovent que chacun (d’eux) pond dans 
des nids (on les nourrit en effet dans un bois sacré). Et si l’on reconnaît le (soin qu’ils 
en prennent) sur d’autres (poiMs ) , (on le reconnaîtra) encore plus ausç faits (suivants) : 
ceux qui viennent d’éclore, ils jettent devant eux des cervelles, enlevées à des oiseaux 
qu’on a pris à la chasse : c’est une nourriture déhcatepour des jeunes (encore) tendres. 
Quant aux adultes, ils leur servent des morceaux de chair et des tendons : cela constitue 
la forte nourriture ( voulue ) pour des oiseaux rapaces. A ceux qui sont d’âge inter- 
médiaire entre les nouveaux-nés et les adultes, on donne des cœurs — et l’on voit les 
restes de ces (morceaux)., A coup sûr, la variété de nourriture que je viens de dire prouve 
que les faucons connaissent ce qui convient à chaque âge, et ce qui lui est approprié : 
ils sont très stricts là-dessus, et ne toucheraient pas à une nourriture contraire à leur 
âge. A la saison, des passages de cailles se produisent aussi chez (les Egyptiens), 
et des vols d’autres oiseaux fréquentent (le pays) : ces (faucons) sacrés font festin 
de ceux-là également » W; 

II y avait donc, sauf exception, un élevage de ispaxes organisé auprès de 
chaque temple d’Horus en Egypte. Les oiseaux étaient nombreux; ils étaient 
soignés par un personnel spécial, qui aidait aux couvées, et nourrissait les 

. - — - — » . -,i._ — * - r .. —4 ... . .... r ..- . , . , ■ . , i • 

(1) Voir Loit k ' r, Horus-le-Faucon ( BIFAO , III, p. aa-a 3 ), 

<J) Il ne faut pas confondre l’oiseau sacré, une fois choisi par la divinité pour incarner son 
âme, et ceux qu’on élevait pour fournir matière à ce choix. Ceux-là n’avaient rien en eux-mêmes 
qui puisse être l’objet d’un culte : on ne leur devait, comme nous le verrons plus loin, qu’une 
sépulture convenable, dans un cimetière choisi. 

C’est-à-dire : le dieu Horus. 

(t) Cf. Elien, De natura animalium (éd. Hercher), VII, 9. Etant donné l’état du texte transmis 
par les manuscrits, le sens peut, sur certains points de détail, prêter à quelque hésitation. 


— +*•{ 589 )«** — 

jeunes avec des aliments appropriés à leur âge. C’était évidemment dans 
le but d’obtenir des sujets d’élite parmi eux. Ainsi étaient introduites devant 
le dieu, pour sa fête annuelle, des bêtes (sacrées) dignes de son choix; 
son âme pouvait alors venir habiter dans la plus noble d’entre elles. Or il 
y avait des driy-w auprès du temple d’Edfou : leur pluralité est affirmée 
par le rituel; elle était nécessaire pour qu’il y ait choix du dieu. C’est donc, 
selon toute probabilité, qu’il y avait un élevage institué là aussi, et non 
pas seulement comme à Philæ (si l’on doit en croire Strabon) apport d’un 
oiseau déjà choisi en vue de la consécration divine, chaque fois que la bête 
sacrée venait «-faire défaut W. 

Un document d’importance, à ce propos, est une «statue guérisseuse» bien 
connue, celle de Djedhor-ïe-sauveur, découverte sur le site d’Athribis Ces 
statues sont couvertes de textes opémtoire| sur toutes leurs faces, et pour- 
vues d’un socle à bassin, destiné à recueillir l’eaü qu’on verse sur elles 
pour laver ces forihules. L’efficacité médicale de cette eau pour guérir les 
piqûres ou morsures d’animaux venimeux ^ était tenue pour certaine, dans 
tout le pays! La statue de Djedhor fut gravée au nom d’un prêtre d’Har- 
kentekhthai d’Athribis „ et sûrement, érigée, en un lieu accessible à , 1 0,11,8 ,les 
fidèles, dans l’enceinte du temple du Faucon de cette ville W. Les plus grandes 
de ces images étaierft en effet placées, d’habitude, là où eües pmivâienjt 
rendre service à tous. En paiement des guérisons qu’elles procuraient, leurs 

un >' 1 | n tiljfu, iii...,lLi.4iii, 1^4 .'U> — .U;i.|,l 

cl) Cf. aussi F élevage des ibis sacrés à Tounak (Hermopolis) ! S. Cabra, dans Ann. SèrQ,> XXXIX 
(1939), p. 488 et suivantes. 

(8) Elle a été décrite, et ses textes publiés et traduits en leur majeure partie, par Daressy, Statue 
de Zedher le Sauveur (Ann. Serv., XVIII, p. ii 3 -i 58 ). En 1922, Lacau en a étudié (pour la 
statue proprement dite et son socle) le dispositif et l’usage,* en lui comparant les principaux 
monuments semblables connus à cette date. Cf. Monuments Piot (Ac. des I. et B. L.), t, XXV, 
p. 189-209, et pi. XV-XVI : les statues «guérisseuses» dans l’ancienne Egypte. Enfin Chassinat, 
en 1939,8 fait paraître, dans V avant-propos de son Mammisi d’Edfou, fâsc. II, p. ix-xii, un résumé 
des renseignements donnés par Dedhor-Teos dans sa biographie, sur son activité au service du 
Faucon divin d’Àthribis. 

{3) Ces animaux (scorpions, serpents) étaient les ennemis particuliers du dieu Horus sous 
sa forme de Faucon vivant. 

- La célèbre stèle de Metternich fut très vraisemblablement aussi une «stèle guérisseuse». 
Or nous savons qu’elle fut érigée dans le temple du taureau Mnévis, à Héliopolis (ef. Lacàü, ibid. } 
p. 198, note 2). 

Bibl. d’Étude, t. XX, 2* fa&c. 7 5 


r 


— m*{ 590 )*• — 

visiteurs prononçaient la formule d’offrande funéraire au bénéfice des fonda- 
teurs. Ainsi un échange de bienfaits était institué, pour les siècles à venir, 
entre les vivants et les morts W. 

Djedhor-le-sauveur a fait réserver pour sa biographie personnelle une 
partie des faces latérales du socle : là, des formules incantatoires n’avaient 
plus raison d’être, puisque l’eau de lavage de la statue ne pouvait les 
atteindre. Sur la statue même, il a déjà fait graver ses titres religieux dans 
Athribis : 

(*'<0 

Il est d’abord, de par son titre au milieu du clergé du temple principal, un 
simple chef des préposés aux portes {du temple) d’ Harkentekhthai, grand dieu de Km- 
(wr) ( 2 ). Mais ses fonctions dans le domaine sacré du Faucon-vivant d’Athribis 
sont bien plus nombreuses et importantes W. Djedhor est là intendant en 
chef du Faucon (en tous ses biens, et en tous dons que quiconque (envoie) de parient 

'* * * » » * *. — I i J -ta—- —A il .. > > jj , ... M 

(1) Cf. La$mi* Ibid., p. 207-008. Voir la formule htp di fmo*t, dans l’appel aux vivants de 
la statue de Djedhor, sur le côté droit du socle ; Daressy, ibid., p. i 5 a-a 53 (l f 162-1 65 de 
Daressy), et la prière au dieu d’Àthribis gravée sur la face arrière du socle par le copiste des 
textes Ouahibrë, pour son compte personnel. 

(,) Daressy, ibid,, p. 1 15 , 1. 2-3, etc. 

(S) La première de ces fonctions est souvent jointe seule à celle qui précède : c’était là, 
probablement, les deux aspects principaux de la charge ecclésiastique de Djedhor à 
Athribis , 


— »»( 591 — 

pour le domaine W, puis rédacteur des actes W, et trésorier du Faucon A ces 
titres administratifs, il en joint d’autres, plus, généraux, qui complètent 
le tableau de ses occupations dans le domaine du Faucon d’Athribis : celui 
qui entretient les faucons vivants ( qui sont en ce pays) W, celui qui fait ce 
qu’approuve le Faucon qui est dans ’U-t-rm; W, celui qui s’occupe de ceux (qui 
sont) au Tapi^éiov (vv'b(-t)), et qui les ensevelit dans la ttécropole ( qui est) au 
nard de Km-(wr) W, celui qui fait (faire) tous travaux pour le Faucon partout 
où il le veut W. Quant aux titres à’imihw de Djedhor, ils montrent combien 
il est moins attaché à la grande divinité d’Athribis qu’au Faucon-vivant et 
à son domaine funéraire. Djedhor est bien im'.hw devant le dieu de sa ville M, 
mais surtout îm)h,vo devant Osiris de Tj-t-rm; et (devant) les dieux de la 
nécropole (9) (qui est) au nord de Km-wr (10) , infihw devant les dieux (qui sont) 
dans ’U-t-rm; (**). Un dernier titre est porté par lui : c’est celui de prophète, 
le plus élevé dans la hiérarchie des prêtres officiants. Mais ce n’est pas dans 
la capitale de la province, à Athribis, qu’il a le droit d’exercer cette charge. 
C’est dans une place de faible importance, à quelques distances de là ; 
Djedhor est prophète d’Isis du bourg du Mur-du-Syrien, en la province d’Ath- 
[rtàis] ( 12 >. 


Djedhor est donc un homme d’une importance très inégale selon les lieux 
où il exerce ses fonctions. Il est supérieur dans un temple d’importance secon- 
daire; il est grand portier du principal sanctuaire de sa province; il est 
surtout le grand maître de et y possède la haute main sur tous 

"TTTÎ hïï »V — T - ^ — r ~r i TI r ? V‘ I • — 1 -ri — — t TT rt — rrrt — \ ■ ■■ * — m-t w — f-4 

{1) Daressy, ibid 1 2 5 , 1 . 100, La seconde partie du titre est souvent modifiée ou manquante 
(p. n 5 , 1 . 3 - 8 ; p. i 36 , i. à 1 -â 3 ; p. 1 44 , 1 . 60, 

(#) Ibid , , p. 1 1 5 , 1 . 8-9. 

(îl) Ibid ,, p. 1 15 , L 9-10. 

(4) Cf. plus haut. 

(6) Daressy, p. 1 44 , L 53 . 

« Ibid ,, p. i 44 , 1. 53 - 5 ^ 1 . 

Ibid ,, p. i 44 , L 55 . 
w Ibid ,, p. i 44 ,l. 53 . 

{9) Ibid ., p. 1 1 5 , 1 . 1-2. 

( 10 > Ibid ,, p. i 4 o, L 43 . 

M Ibid ,, p. iào p 1 . 45 . 

Ibid ,, p. i 44 , 1. 60-61. 


75 . 


ies revenus et tous les travaux. Il vit sous le règne de Philippe Arrhidée W, 
et probablement celui du jeune Alexandre c’est-à-dire au temps où fut 
satrape d’Egypte le futur Ptolémée Sôter : environ 80 ans avant qu’on 
posât la première pierre pour reconstruire le grand temple d’Edfou. Il y a 
donc là, dans le temps, un écart assez faible avec la période où furent gravés 
les plus anciens des textes que nous étudions. 

La construction dont Djedhor fut l’auteur, et qu’il nous décrit complai- 
samment comme son plus grand acte de piété envers le Faucon, n’est pas 
directement comparable à celle où se passait la cérémonie de consécration 
du 1 er Tybi à Edfou. Cette dernière est le temple du Faucon à proprement 
parler, le mirw où résidait l’oiseau vivant ohoisi par le dieu pour y faire 
reposer son âme ; Ce temple est dans l’enceinte du grand temple d’Edfou. 
Au contraire, la construction vv'b('i) d’Athribis n’est pas le lieu où résidait 
l’âme vivante d’ Harkentekhthai : on y embaumait uniquement, semble-t-il, les 
faucons morts, avant de les transporter dans la nécropole d’Athribis. Que re- 
présente donc ce site sacré où fut édifié par les soins de Djedhor le t upiyetov 
des faucons vivants de la province ? Son nom est écrit bien des fois aux textes 
de la statue, et surtout de son socle ; mais, comme le fait remarquer Daressy W, 
son orthographe n’est pas uniforme. On trouve six fois ’lî-t-km’,, quatre 
fois ’h't-mV't et une fois ’/îf— rmîW.- L’hésitation du dessinateur des hiéro- 
glyphes s’est portée uniquement sur la consonne initiale du mot caracté- 
ristique, qui suit le terme général ijifi Or nous connaissons, par deux 
documents différents, le nom de l’Osireion de la X e province de Basse-Egypte^. 
Il s’appelle ’I’,-t-rm’, dans la liste géographique du pourtour du sanctuaire 

— — * • ♦’ytï r ,t ' '■■■* • ,, r. n "'i fi y * ; 5? r ‘ 

(1) De 3 a 3 à 317 av. J.-C. 

(,) De 3 1 7 à 3 n, et théoriquement, en Egypte, jusqu’en 3 o 5 (année où le Satrape Ptolémée 
prend le titre royal.) 

(,) Daressy, ibid., p. 1Ù7, note s. 

(4) r y est écrit avec l'œil (phonétique tr, r ) : cf. Daressy, ibid., p. i 5 A, 1. 175. 

Gauthier emploie traditionnellement l’expression de «bosquet sacré» pour désigner ce 
lieu où, dans les listes géographiques des temples, sont conservées les variétés d’arbres parti- 
culières au sanctuaire de la province. Mais nous savons par ailleurs qu’à l’époque saïte et ptolé- 
maïque chaque province d’Egypte possédait, au chef-lieu, un sanctuaire sty-t de sa principale 
divinité, sous sa forme funéraire osirienne. C’était autour de ce iU qu’étaient plantés les arbres 
sacrés : à Athribis, le balanite xsd et le jujubier nbs. 


d’Edfou W, et au Papyrus géographique de Tanis$. L’orthographe est la 
même : le lion couché r y compte pour la première consonne. Par ailleurs, 
’lyt-km', ou ’h't-mî ne se rencontrent nulle part ailleurs que sur la 
statue de Djedhor & 1 . Il semble donc préférable de tenir la forme rml (avec 
r initial écrit soit par l’œil, soit par le lion couché ), commune à trois do- 
cuments différents, comme la plus assurée des trois formes, et cela d’autant 
plus «que sa confusion avec km’, est probablement due à l’attraction du 
sens de ce dernier mot, très banal en matière de noms de lieu dans l’ancienne 
Egypte ( â ). Si donc l’enceinte sacrée qu’administra Djedhor pendant 

de longues années de son existence ( 5 ) est bien celle de l’osireion d’Athribis, 
rien d’étonnant à ce que ce même personnage se déclare imlhw devant 
Osiris maître (?*/>) de ’ I\ ■i-rm’, fol. Nous savons que le dieu maître d’un lieu 
saint en est la divinité principale : or le maître du lieu de la Uste 

géographique d’Edfou ne peut être qu’Osiris, ou plutôt Harkentekhthai en sa 
forme d’Osiris. Et il est bien naturel qu’on ait choisi ce terrain pour y 
bâtir l’édifice destiné à l’embaumement des faucons sacrés. 

Que comprenait donc au juste ‘h-t-rmi de la ville d’Athribis? Un mur 
( ébty ';) l’entourait complètement : il fut fait à neuf ou reconstruit par les 
soins de Djedhor. Le terrain sacré ainsi délimité est nommé plusieurs fois ; 
h-l-ntr n ’h-t-rml Dans ce terrain était probablement l’osireion et le 
bois qui l’entourait : les textes ne le précisent pas. Un second enclos h4-ntr 
plus petit, séparé par un mur ® à l’intérieur du premier, était l’espace 
réservé au t apr^stov (vdb{-tf) des faucons vivants et a ses dépendances. 


<•) Edfou, I, 33a, 16 . 

Cf. Gauthier, D . G., 1, 3o, : àat roma (ou loma). 

Gauth., D . G * 1 * * 4 ., !, 35, i°. 

M Daressy signale (ibid., p. 1 58) l’existence d e lU-rml à Athribis, mais se refuse à émettre 
une hypothèse sur cette coïncidence. 

(*} Cf. Dar., ibid., p. î hh\ 1. 63 : après que j } euà [ servi le Faucon à l’intérieur de y P 3 >î-rmi pendant 
bien des années . . . 

<•> Dar., ibid., p. 1 1 5 , î. î . 

( ? ) Dar., ibid., p. i45, î. ‘ 75 , 77 . C’est un fait bien attesté que h-t-ntt comprend le ou 
les bâtiments sacrés avec le terrain qui les entoure. 

<*> Djedhor appelle ce mur înb, et ne dit pas qu’il l’a fait construire (cf. Dar., ibid., 
p. i 45 , i, qk). 


C’est ce dernier enclos que le texte nomme h-t-ntr n w'b(-t) W. Il comprenait 
la partie sud du terrain sacré 7 it-rml. Dans cette seconde enceinte, 
Djedhor fit construire « un édifice w'b( 4 ), de 68 coudées sur 63 . C’était 
donc une construction assez importante : les dimensions du mammisi 
d’Edfou n’égalent qu environ les deux-tiers des siennes M. Elle était aussi 
d’un plan intérieur plus complexe : au lieu d’un sanctuaire (destiné à abriter 
une statue dans son naos}, et d une salle de l’autel, elle comprenait une 
grande salle (wéh-t) au centre, flanquée a droite et à gauche de six chapelles 
( A) W. On ne nous dit pas si l’édifice central fermé était entouré ou non 
d’un portique à colonnes et écrans®; mais l’on précise qu’au lieu 
d’un pronaos, sa façade était ornée d’une grande hly-t qui entourait la 
porte principale. C était un pavillon à huit colonnes de pierre; il pos- 
sédait la toiture voûtée particulière à ces constructions en bois de sapin 
(d’Asie), inscrite au grand mm de sa Majesté®. Devant lui, une cour dallée 


<!) 11 ne convient pas d’assimiler w’b(-l) (= le r api^eiov) et h-t-ntr n w'b-t (Dar.., Aid., 
p. i45,1.75,8i). C e dernier terme comprend à la fois le bâtiment et tout le terrain qui l 'entoure 
à l’intérieur de la petite enceinte (cf. Ciussinat, Mammisi, II, X, 1 . 4 ). Il est également inexact de 
considérer pr n pi Bik (Das., ibid,, p. 1 45 , 1 . 66 et 68) comme un synonyme de h-Untr (Chassinat, 
Mamm., II, X, L 2/8), et d en faire un temple (sur lequel aucun renseignement ne serait donné 
par ailleurs) situé dans la grande enceinte 'Il-t-rml : 1“) pr n pi Bik (p. i 45 , 1. 66) doit être 
traduit par la maison du Faucon ( qui est là), c’est-à-dire : la propriété foncière du dieu (Wb., I, 
5 i 3 , 1 0-1 1) ; 2 0 ) pr n p, Btk (p. 1 45 , 1 . 68) est pris au sens propre : le temple (bâti) du Faucon 
( Wb y h 5 i 3 , 8-9) ; il désigne l’édifiee w'b(-t) (qui est placé au sud, dans (m) l’enceinte IU-rml, 
et bien entendu aussi dans sa propre enceinte h-t-ntr n w'b(-t), puisque celle-ci est comprise 
dans la première). 

(S) Cf. plus bas. 

m Son grand axe longitudinal mesurait environ 36 mètres (= 68 coudées (de Thot), de 
om. 535 : cf. Legrain, BIFAO, XIII, p. 69); celui du mammisi d’Edfou mesure 32 mètres 
(Ciussinat, Mamm ., II, pl. I). 

(4) 11 faut entendre, semble-t-il, six au total, c’est-à-dire trois de chaque côté. Il n’y avait donc 
pas de sanctuaire proprement dit : c’est bien ce qui convient à un rapt^etov. 

(5) Il est probable, à cause de la présence de la hly-t de façade, qu’il n’y en avait pas. 

(,) II faut, corriger gg-t en gb-t, gbiv (cf. Wb., V, i 63 , 3 ). La toiture ordinaire des hly-t 
(par ex,, le kiosque dit de Trajan, à Philæ) était en forme de voûte imitant le ciel ( p-t , gb-t) : 
cf. Wb., Belegst., II, 476, 5 , les trois derniers exemples. Elle ne pouvait être qu’en bois 
recouvert d’un enduit, et peint (ou doré) : Ciussinat, Mamm,, II, X-XI, note 8. 

Dar., ibid., p. i 45 , 1. 70-71. 


( élm ) ® fut étendue jusqu’au portail du mur d’enceinte de la w'b(-t), qui 
faisait face au sud. Dans la partie sud de la grande enceinte ’h-t-rmi 
Djedhor gagna du terrain, en faisant reporter vers l’est des maisons d’ha- 
bitations qui s’étaient installées indûment sur la terre du dieu d’Athribis. 
Il put ainsi faire créer un grand jardin et un verger, sur la pente qui 
descendait jusqu’au bras du Nil ® qui est au sud de (la ville de) Km-(wr), 
à droite et à gauche du droims (hfty-hr) du nouvel édifice. Il fit construire 
aussi un grand puits de pierre, très profond au sud-est de ce dernier, pour 
satisfaire aux libations des divinités, et arroser tous les arbres à fruits plantas 
par ses soins dans le nouveau verger et autour de la nouvelle construction. 
Il fit encore creuser un bassin de* purification dans l’intérieur de l’enceinte 
sacrée, à l’usage- des prêtres hri-w-ésli en service dans le TCLpiygXov ®. Enfin 
tout un ensemble de créations et de réformes, d’un intérêt encore très 
vivant pour nous à l’heure actuelle, achève de nous montrer dans l’exercice 
de ses fonctions un intendant de domaine sacré. De la ligne 118 à la 
ligne 12b des textes du socle de la statue de Djedhor, il s’agit de nouvelles 
cultures de blé et de vigne; d’aménagement d ? une réserve unique pour les 
revenus en nature du dieu; d’un meilleur contrôle sur ces revenus quand ils 
vont au trésor sacré ou au grenier; de la création d’un chef unique des tra- 
vailleurs qui s’acquittent de la corvée due au domaine; enfin du recensement 
des animaux et des enfants amenés pour cette corvée. 

Quant à l’usage de l’édifice w'b(-t), il est fort bien marqué par Djedhor : 
c’est là que les prêtres hrî-w-istl accomplissaient tous les rites de l’embau- 
mement du Faucon sacré, et des faucons élevés pour être présentés au choix 
du dieu, quand ils mouraient pour une cause quelconque. Voici les passages 
qui donnent ces indications : 

— t -T- i-T-v- ’- s y ■ , r - \ 1 — : — t —i rh rK— i 4±— rr H — — ■ — rt' A v r 

(I) Probablement close par un mur de pierre bas en beau calcaire de Tourah , et comparable 
à celle du mammisi d’Edfou (bâtie en grès de la région). 

Ou canal (?) (tirw) (Dàjiessy, ibid,, p., i45 t 1. 78 ). 

(3) C’est là une nouvelle preuve, étant données les dimensions importantes de ces lacs sacrés 
(s n w'bji du fait que h-t-ntr ne peut ici désigner la construction bâtie ; le bassin de purification 
est créé à V intérieur de cette enceinte ( m-hnw n h t-ntr tn ). Cf. Dar., ibid., p. i46, 1, 88 - 89 . 


-( 596 


h r » 2 s r p ♦ “ t s : ■? ï ♦ " : •. a 


i° On accomplit les rites de la parure du corps du dieu (îr-lw îrw n snfr 
h'-wntr), dans le tol pt^eïov [qui est) en ce temple (mw'b(-t) m prpn), j»ar [l’office 
de) (prefm-jhri-sstl, à l’époque '( voulue ) (în hri-w-sltj , r tr). Jusqu’au jour de 
leur sépulture, on [les) prépare (r hrw n krs-sn, krs-n-tw) ; [puis) on les fait 
reposer à la nécropole qui est au nord de f£m-(wr), la Maison de la nécropole, comme 
on l’appelle (rdî htp-sn hr sÇl-t hr mh-t n Km(-wr), pr-ri-stïW hr-tw r-f). 


2“*.-’kJ.I-P£2 XJ(-VSl-TZla^[W= M r,':r2!S 


-i i i | i a a 1 1 — i — — Ji(sic) **,— a l j n n n _=> . t a j\ 

ti 52 24.WHS SI- 12V i J P, MU VilÎKn 2 


-B— (J I i I ■ cî=> A-A a 

J, a | — $- AAJ © 

2° J’ai fait faire la préparation [ funéraire ) du Faucon, avec J «huile de toutes 
les pierres [fines) du dieu » (rdi-n-i shpr t; krs-t n p? Bik m mrh-t n 'j-t-nte nb), 
[confectionnée) [en] tous ses W secrets, selon ce qui est aux écrits ([m] sslj-w-s nb, nu' 
nty r ssj] ; [je) [l’)ai fait préparer avec elle ■ ^ , et avec de beaux linges purs (rdi(-i) 
krs-tw(-f) lm*s, hn' hbs- w nfr-w w'b<w). Comme cela est mieux que ce qu’on 
faisait là auparavant <*), quand on préparait le Faucon avec de la myrrhe sèche et du 
vin chaud ^-Ae «moût de par fumerie », comme on l’appelle! [nfr-wyi sW r nr im hr h>i, 
m-ht wnn-sn hr krs pi Bik m 'ntiw sw, irp smm -*+- sdh n nwd hr-tw p-f). 
On trouva beaucoup de faucons sans sépulture dans l’enceinte de ’lj-t-rmi, à l’in- 
térieur d’une chambre [de dépendance) : [on en trouva) 70 (gripn-tw bik-w ' s ! -vv 
iwti krs-sn, m h-t-ntr n Mi-t-rmi , m '-t : 70). (Je) les fis entrer au Ttxpi%sïov ; 

a - „ - . g — JZ+ » . - ' ~ 2 *1 ' ’ ’ -f, y>' y »■ ■’ ■ 

(1) L’antécédent est dans ies deux cas mrh-t, l’huile spéciale d’embaumement des faucons 
sacrés d’Athribis. 

‘ 1; Donc, le t apt^stov existait déjà, probablement sur un moins grand pied, avant la nouvelle 
construction de Djedhor. 


( je) les fis préparer avec l’huile t 1 ),. et de beaux linges, et (tout) ce qu’il y a dam le 
TCLpiysïov ; (puis) (je) les fis entrer à la Maison de la nécropole (rdi(-i) 'k-sn r ti 
w'b-t, rdi(-i) krs-sn m mrh-t tn hn' hbs-w nfr-w hn' nt-t m w'b-t, rdi(-i) 
'k-n-sn r pr-ri-stiw). 

ndlTi—! ^^m2 =l«PrtTXJl-^S!-T21 â21Z 
-Hi t rd^= , v’ï^iL:TS •simtsi y dr~¥îift m 

3 . O Kentekhthai de Km-(wr), qui est au-dessus des dieux! (J’)ai fait 
préparer le Faucon avec V « huile de (toutes les ) pierres (fines) du dieu », selon ce 
qui est aux écrits ( 5 I Hnt-hty nb Km-(wr) hri ntr-w, rdi(-i) kps-tw p" Bik m 
mrh-t n ^-t-n^r (nb), mi nty r ss) ; (et) je les (sic) ^ ai fait entrer à la Maison 
de la nécropole qui est au nord de Km-(wr ), chaque mois (dî-n-i 'k-n-çn r pr-; 
r^-stîw hr mh-t n Km-(wr), hr ibd nb), par (l'office de) préposés aux portes 
d’ Harkentekhthai, (alors qu)’ ils étaient purs, et revêtus des tissus (rituels) ^ (in 
îri-w-'î n Hr-hnt-hty, w'b-(s)n, wnh m hbs-w). . » 

L’édifice w*b(-t) est donc essentiellement le temple où d’on embaume et 
momifie les faucons divins d’Athribis W. Si Ton en juge par l’emplacement où 
l’on a retrouvé la statue de Djedhor, toute l’enceinte et par con- 

séquent le t (xpiysïov, se trouvait au sud-est du site antique donc en un lieu 


(lî II vient d’en être question. C’est l’emploi de cette huile spéciale qui est la grande amélio- 
ration apportée aux soins funéraires des faucons sacrés. Djedhor y insiste particulièrement. 

W Le passage du singulier au pluriel semble montrer que la formule stéréotypée : rdt krs*tw pl 
Bik s’applique non pas seulement au Faucon intronisé chaque année, mais à tous les faucons 
de l’élevage sacré. 

(3) Les prêtres-gardiens des temples étaient des prêtres (m/ 6), qui pénétraient dans les salles 
pures delà maison divine (cf. i re partie : service d’entrée journalière des offrandes à la salle de 
l'autel). Ils étaient donc astreints habituellement à la pureté rituelle. En conséquence, il est 
préférable, malgré l’ordre des mots, de sous-entendre pour ce dernier membre dp phrase : ( les 
faucons divins) purs et revêtus des tissus rituels . 

II y a, précise le premier texte ci-dessus, me salle dans le templp, qui est plus spécialement 
désignée par le terme de w f b(4). 

W Cf. Daressy, ibid. ? p. i îB. 


séparé du grand temple d’Harkentekhthai et de son terrain sacré partie, 
er . c est la que des prêtres spéciaux /m-i*; opéraient, sous la sur- 
ve.Bance mater.elle et financière de Djedhor « Puis des préposés au* panes, 
c est-a-due !es pretres-gardiens du grand temple d'Athribis, dont Djedhor 

faucons t tnaiK * ^ *"• cha ’“ e W momies de 

aucons préparées, et les emportaient vers r:-é(; ro (ou pr-n-m«r) mi est au 

»w e m-(wr) : c’éfait le lieu de sépulture des faucons momifiés I», situé en 

tout autre point du s, te antique, comme cette indication l’affirme Nous 

ne savons donc rien, par la statue de Djedhor, sur le lieu où l’on élevait et 

entretenait les rapaces sacrés à Athribis, ni sur le temple où l’on rendait le 

culte au Faucon-vivant divin, consacré par le dieu et dépositaire de son 4m <». 

lelie ,u elle es cependant, la «statue guérisseuse, du chef des préposés 

d’EdF Pl| d Harleutek “ ai 681 un c °mplément très précieux des textes 
d Edfou EUe ne nous md.que pas l’emplacement du véritable temple du 

1 aucun, a Athribis; mais les très nombreuses attestations du Faucon (ou 

p.ld e L »itpl a „’r Pr ” ,in “ ” " '" n,on<l,il l™"*. »«. le terrain „.,é du die'u priuci- 

*1^^“ soins funéraires donnés aux „ )oue simou , dm 

choses . d avoir amélioré beaucoup la qualité des produits employés pour la momification 
par rapport a qe qu on faisait avant lui ; a « d’avoir réparé le retard apporté dans leur travail par 
es prédécesseurs, qui avaient tassé s’accumuler les cadavres d’oiseaux dans une chambre 

dSr„ d »:zr' - ,ie “ de ,M ■™ ssii “ ~ -tîs 

™ 0n a beancou P di scuté sur la lecture et le sens exact du mot Majoré 1 ’nninlnn O nno - 

,r Tr p- ». ». », a JSSis 1 „ p ; :: ;:rn; 

", J oC T”d "f" * *“ *" «tmàm comme f. m , , lmm , V, 

II: h L ld rr Me 1 a tendance ’ en né °- é gyp tien > à entrer dans des groupes étran- 
gers comme simple element bilitère tj (Wb., V, 35 B, 5-&) ; 3* Le mot étiw est écrh par élé- 

ments phonétiques séparés, en son dernier exemple des textes de la statue de Djedhoï (DaL , 

5 f* '■ ao6 - a °7 î m-hnw pr-ri-éîiw) : le «s-verrou» y remplace l’idéogramme â> et 
dement L est juxtapose par le signe de la voile. Pr ne semble pas désigner une construction 

~ 1S ’ T 6 P T imég ? me dU DOm de HeU : C ’ eSt t0Ute h ("*»Æ êtU qui est au nord 
d Athribis, qu on appelle : pr-r,-st’,w (Dar., ibid., p. i/i5, 1. ? 3) 

«Si l’on s’en réfère à la prolixité de Djedhor sur les lieux 'saints (t W à 0* et nécropole 
des faucons sacres) dont ,1 avait la garde, il est peu vraisemblable que celui-ci n’ait pas dit un mot 
sur 1 elevage des oiseaux et sur le culte même du Faucon-vivant, dans le cas où ses fonctions lui 
auraient, donne quelque autorité dans ces deux domaines. 



«.( 599 )h 


Faucon-vivant au singulier, en tant que divinité qu’on prie et qu’on sert, 
ne permettent pas de douter de son existence en cette grande ville du delta 
d’Egypte. Si l’analogie doit ici jouer son rôle, il est permis de supposer que 
cet édifice se trouvait, à Athribis, dans l’enceinte sacrée du grand temple 
d’Harkentekhthai. Là, les processions venant de ce temple pouvaient at- 
teindre rapidement le sanctuaire de Vàme-vivante du dieu. Inversement, 
puisqu’il y avait à Edfou un temple pour les cérémonies du Faucon-vivant, 
puisque des oiseaux vivants y étaient présentés le i er Tybi au choix du dieu, 
c’est qu’il existait à l’époque des rois grecs, quelque part sur le tell ancien 
ou au bord du plateau désertique un lieu où l’on élevait les faucons sacrés, 
et un autre où on les momifiait et ensevelissait Ce dernier était vraisem- 
blablement, comme à Athribis, d’enceinte sacrée qui renfermait l’Osireion 
( i'-t-ntri ) de la province W. 

Dans un autre ordre d’idées, nous voyons à Athribis un prêtre attaché au 
Faucon-vivant dédier, sous son patronage, une «statue guérisseuse» destinée 
à combattre le venin des reptiles et des scorpions. Un autre prêtre, un hiéro- 
grammate, celui qui a réuni les textes efficaces de la statue, est lui aussi 
attaché au service du Faucon-vivant W. 

En face de cela, à Edfou, près de l’emplacement probable du temple du 
Faucon, un fragment d’autel a été conservé. On y voit les figures divines 

^ . - ■ — , ... ,t * I * -A K**. I 1-«— 4- , n , ,.L 

Ii est curieux de remarquer qu’aux textes de Djedhor on trouve, d’une part, n* btk w- 
'nk'tti = les faucons-vivants (au pluriel), et, d’autre part, pl Bik-wdl ^ le Faucon-vivant (au 
singulier), pour désigner l’oiseau sacré objet du culte (cf. Dar., ibid.; p, i 45 , 1 . 67 ; p* 

L 119,1 20, 12a, et probablement» 1 23 ). Nul doute que pl Bik-wdl , ici, ne soit l’exact équi- 
valent de pl Bik-nh à Edfou. Le mot wdl est appliqué de la même façon au Bélier-vivant , dans 
la Stèle de Mendès. Cf. Brugsch, Thés., 63 o, L 1 1 : (la reine Arsinoé Philadelphe ), aimée du Bélier- 
vivant (mrt Bl-wdl). 

Il n’y a aucun renseignement sur ces trois points dans les textes de la fête du i* r Tybi à 
Edfou. Il est peu vraisemblable, jusqu ’è nouvel indice, que le temple (pr) où le Faucon appa- 
raissait en roi d’Egypte, et où il résidait, à Edfou, ait aussi servi à l’élevage des oiseaux sacres, 
ou à leur préparation funéraire. On amenait vraisemblablement du dehors les rapaces semblables 
à Râ en leur couleur au temple du Faucon , tout exprès pour la grande ceremonie annuelle. 

Cette enceinte portait, à Edfou, le nom de Bhd-t ; c’est le même nom que celui du 
temenos du grand temple. Les arbres qui formaient son bois sacré étaient le balanite isd, l’acacia 
snd>t, et le palmier-mâle tmî (Edfou, I, 337, 12 ^97» 

W C’est Quahibré, fils de Dwn-s(w) pl-nfr : cf. Dàr m ibid., p. i 5 ù, L 178, 191. 



debout derrière le Faucon-vivant sur son érh, avec des serpents dans les 
mains, avec des crocodiles et des scorpions sous les pieds h), Ces animaux 
que combattent par leur science les prêtres de l’Horus vivant d’Athribis, que 
1 Horus-sauveur de tous les sanctuaires d Egypte à cette même époque tient 
vaincus dans ses poings et sous ses pieds M, ceux-là mêmes se retrouvent 
au lieu où l’on consacrait le Faucon-vivant d’Edfou. II est évident qu’Horus 
sous ses multiples lormes, comme dieu-enfant sauvé du venin des scorpions 
par sa mère, comme dieu guerrier vainqueur des bêtes du mal, était la divinité 
toujours invoquée contre le danger permanent des bêtes venimeuses en Egypte. 
Mais nulle part au temple d’Edfou on ne voit réunis tous les éléments 
de la « stele guérisseuse» d Horus, si ce n^est auprès du lieu où se tenait 
l’oiseau vivant dépositaire de l’âme divine sur la terre. On disait du faucon, 
en Egypte, a 1 epoque d Elien : « Il est le plus grand ennemi des serpents et des 
betes qui mordent. Il est sur que ne lui échappent ni serpent, ni scorpion, ni toute 
autre créature du mais®. On voyait donc, dans les instincts chasseurs de 
l’oiseau d’Horus, une conséquence de sa nature proche de celle du dieu. 
Aussi existe-t-il peut-être un rapport entre le renouveau de piété envers le 
Faucon-vivant, à l’époque ptolémaïque, et la confiance mise en Horus pour 
combattre le venin des bêtes malfaisantes. Peut-être aussi ses prêtres étaient-ils 
partout les promoteurs des vertus curatives de l’image d’Horus, et la 
faisaient-il eriger de preference dans le voisinage des enclos des animaux 
divins. 

Le temple du Faucon d’Edfou, au matin du i er Tybi, était en tous cas le 
siégé de la ceremonie qui donnait a 1 une des bêtes sacrées présentées un 
caractère véritablement divin. Les oiseaux au plumage fauve étaient apportés 
un a un ( L Peut-etre etaient-ils places to.us ensemble en face de la statue 


' * Voir plus haut l’etude du monument en question. 

(î > Cf. les nombreuses stèles et « statues guérisseuses» à l’image d’Horus-le-Sauveur, provenant 
de multiples lieux de l’Egypte : par ex., Daressy, Catalogue général du Musée du Caire : Textes et 
dessins magiques (190a), et toutes celles que possèdent les autres musées et collections. 

(3) Eue», De natura animalium, X, i 4 . Elien énumère dans ce passage, d’après les propos 
tenus par des Egyptiens, tous les côtés divins ou surnaturels de la nature des faucons. 

' > Par qui, et comment? Rien ne nous l’indique, aux textes d’Edfou. Chaque oiseau de proie 
apprivoisé, nourri depuis longtemps de main humaine, était probablement porté par un des 
prêtres «fauconniers» du temple, sur un perchoir (wts (?), ou H t (?)). 


— **•( 601 )• « »•-- 

d’Horus-Râ. De toutes façons le dieu venait à son âme par un mouvement 
d’approche de 1 image divine h). La statue s’arrêtait en face (fitp r) du 
candidat choisi : ainsi se trouvait désigné l’oiseau vivant qui, pendant 
une nouvelle année, allait recevoir le cûlte, car il était désormais Y âme du 
dieu (2) . 

On installait probablement dès cet instant Foiseau de proie sur un 
autre perchoir portatif, de forme massive, le érjt,. C’était faire entendre que, 
dès ce moment, il était le rbi divin de la terre d’Egypte. Comme les plus 
anciens rois du pays, il trônait en son palais, dont le érh, représentait la 
façade. Il incarnait à la fois Râ, et Horus qui est Râ remwoeU. II venait de 
recevoir, par la simple approche du dieu suprême — qui compte pour Y em- 
brassement (shn) traditionnel des couronnements royaux — sa nature divine 
et l’héritage de son père céleste. On éloignait les autres rapaces; on tournait 
la nouvelle divinité vers le portail du temple ; la statue d’Horus, placée derrière 
lui, semblait alors à la fois le protéger et le présenter aux hommes, ses sujets. 
C’est la position du groupe formé par la statue et par l’oiseau divin aux 
scènes gravées du mur d’enceinte nord, quand leur commune litière entre 
au grand temple ( 3 L 

La désignation du Faucon-vivant comme roi par un mouvement de la 
statue du dieu rappelle, de façon frappante, la cérémonie du couronnement 
d’un roi éthiopien au vf siècle, à Napata. La stèle du Couronnement W 
d’Aspalta, en 573 , relate la réunion de l’armée dans la capitale, pour que le 
dieu Amon-Râ désigne, dans son temple, un successeur au roi défunt. Dès 
la seconde ligne de la stèle un membre de phrase, souvent mal interprété, 


{,) Cette approche ( spr ( h)r ) est l’inverse du mouvement de recul (i rhn r) qu’on faisait exécuter 
à la même statue, quand les Grands se présentaient, il y a un instant, devant elle. 

^ Ce eulte de l’oiseau d’Horus consacré par le dieu est représenté, en sa vraie nature maté- 
rielle, dans certaines scènes gravées. Par exemple, au temple du Ouadi Àbâd, on voit un faucon 
divin debout sur un piédestal. Devant lui est .servie une table d’offrandes, que purifie un officiant 
par le vase à libation kbhw (cf. Weigall, Travels in the Upper Egyptian deserts , pl. 28)'. 

(3J C’est aussi la position du groupe formé par le roi humain et par son fils qu’il couronne, au 
moment où le premier «assure son héritage», c’estrà-dire établit solidement son héritier en 
avant de lui ; cf. Naviixe, Deir-el-Bahart III, pl. LXI. 

^ Cf. Sch afer-Steindorfï’ , Stele der Kônigswahl, p. 86, dans : Urk . der dlteren Aethi&pe&kônige, 
Heft 2. 

Bibl, d’ Etude, t. XX, fasc. 


76 


602 )++ — 

est i expression meme si familière aux textes de la fête du Couronnement du 
i er Tybi à Edfou : 

Le dieu qui est dans ( Napata ) est Dédotm de Nubie (hnt Tj-sii) : c’est le 
dieu de Kouch, depuis qu’un Faucon a été installé sur son srh (nt-ht- rnn Bik 
hr ^rb*f), c est-a-dire : depuis qu’il existe un roi régnant dans ie pays, 
couronné selon les rjtes du couronnement d’Horus A la ligne *8 de 
la stele, J(\s jreres du roi sont devant la statue (J A mou. mais celle-ci reste 
silencieuse. Alors on introduit les prétendants au trône un par un devant 
elle, une seconde fois. Quand arrive le tour d’Aspaita, la statue d’Amon 
dit ; Voici le roi, votre seigneur, etc. La statue d’Amon de Napata désignait 
donc le roi, par la voix. Cependant, il existe un doute : Diodore de Sicile 
(III, a, i) rapporte que la statue d,u dieu s’animait pour toucher le roi 
qu elle désignait, et la sçene gravee en haut de la stèle du Couronnement 
montre Amon touchant la tete d Aspalta un genou en terre devant l’image, divine. 
Quel qu’ait été le procédé exact de désignation des rois éthiopiens (les deux 
apparaissent possibles), il est utile de noter la ressemblance avec le céré- 
monial de la fete du Faucon royal a Edfou. Ce que les prêtres de l’Amon-Râ 
nubien réalisaient en fait dans leur lointaine marche de l’Egypte, ceux de 
FHorus d’Edfou le représentaient symboliquement sous les rois grecs, par 
l’intermédiaire du Faucon vivant ( 8 L 

Arrivait alors la seconde phase du couronnement dans le temple du Faucon- 
vivant. Tout se passe comme si cet édifice était le palais royal lui-même : la 
série des opérations est la même qu’au rituel d’intronisation des rois humains, 
tel qu’on le trouve à l’époque du Nouvel-Empire < 3 ). Le dieu Râ vient d’agir 

= ' V " :I n ** r-h * ■ t-y -""'.-i | r Iwtmr — m - tL'iL ■■ *r i' i-rui i 

W Comparer les traductions précédentes : Maspero, dans Records of the Past, VI, 7 3 : after 
the Hawk had been laid to his place = after the laie king had been buried; Gauthier, Le Dieu nubien 
Doudoun, dans : Revue égyptologique, II, 3 2 : après que le faucon (, c’est-à-dire le roi défunt , Anlaman{î)) 
eut été installé dans son lieu de repos ; Loret, Horus-le-faucon, dans BIFAO, III, p. 7 : après que le 
Faucon eut été établi sur sa bannière . 

(J) La désignation du Faucon-vivant comme roi par un geste de la statue rappelle aussi la 
désignation de Thoutmosis III par la statue d’Amon à Karnak : Urkunden, IV, p. 

W Cf - Moret , Caractère religieux de la royauté pharaonique, p. 7 6-86 . Voir en particulier les cinq 
séries de cérémonies définies par Moret, et leur ordre (p. 76-77). 


—■■ »! ♦<§ ■( 603 )*t * »• ■ 

comme un roi qui choisit son héritier : il va maintenant le présenter à sa cour, 
à ses sujets : dieux et hommes à la fois. Le temple du Faucon est en fait, 
à ce moment, le palais du temple (royal) Çh n is‘t) de Deir-el-Bahari <’) ; il 
justifie, son autre nom c. ésd't-n-éfcw, le (temple de) la loge (royale) du Faucon. 
C’est le moment où la statue de Râ et son héritier le Faucon doivent apparaître 
ensemble dans la loge (royale) de l’apparition (ésdnli), L’Oiseau vivant était 
placé dans la litière .de la statue, en avant d’elle. Les porteurs saisissaient 
les brancards. Vers quel point du m]rw se dirigeaient-ils alors? Nous ignorons 
tout de la disposition architecturale du temple ; mais nous sommes certains 
qu’existait quelque part — vraisemblablement, à mi-hauteur de l’un des 
murs qui s’élevaient au-dessus de la cour de l’édifice — un edoge royale (ésd). 
C’est là que les porteurs faisaient monter la litière, chargée des deux images 
du dieu d’Edfou. 

Ces loges royales ^ sont bien connues, dans les palais des pharaons 
égyptiens, au moins depuis le Nouvel-Empire. .C’est là que le roi a pa- 
raissait (h ( ) en public, soit pour décorer des serviteurs fidèles, soit pour 
recevoir l’hommage et les tributs de ses sujets étrangers, soit pour jouir de la 
vue du butin et des prisonniers de guerre. La loge royale d’Aménophis IV, 
au palais, de Tell-el-Amarna 4 a été pinceurs fois reproduite, aux peintures 
des tombes de personnages de sa cour Elle s’ouvrait au centre de la façade, 
sous un portique soutenu par de hautes colonnes de bois W, qui donnait sur 
la cour d’honneur du palais. A droite et à gauche, deux panneaux terminés 
par une corniche à gorge et une frise d’uraeus s’élevaient aux deux-tiers 
environ de la hauteur totale de la façade. Au-dessus, des colonnettes de bois 
en forme de tiges de papyrus à ombelles ouvertes soutenaient l’architrave 


{,) Nàville, Deir el-Bahari, III, pl. LX, col. i o = Moret, Caract . relig p. 78 et note 5 ; p. /(o, 
note 1 ; p* 266-967. 

(3) On a traduit le mot sêd, qui signifie au sens littéral : fenêtre, de bien des façons, pour 
rendre la nature de cette construction spéciale des palais royaux : fenêtre d’appürat, balcon , 
tribune, etc. 

^ Cf. Davies, The rock tombs of El Amama. 

(4) Cf. Eûman-Ranke, Aegypten, p. 77 et 78,-fig. 23 , 2 k et 26. II est important de constater 
que la loge royale tient, à Ei-Àmarna, là place d’une porte centrale, qui serait le grand portail 
du palais : aussi les deux portes principales sont-elles rèjelées sur les côtés. La loge royale 
centrale est donc la caractéristique la plus frappante, à première Vue, dans toute la construction. 

76. 


du plafond. Au centre était bâtie la loge proprement dite, où plusieurs 
personnes pouvaient se tenir debout ou assises. La façade formait balcon, 
peu eleve au-dessus du sol du portique W. Le rebord de ce balcon, placé bas 
au-dessus du plancher de la loge, était garni de coussins; à l’extérieur un 
vaste ouvrage de joaillerie, orné de lapis et façonné en demi-cercle, pendait 
presque jusqu’au sol. 

Un siècle et demi plüs tard, sous les règnes de Mérenptah et de Séti II, 
un jeune scribe écrivait le conte des deux frères : le jour où le roi quitte son 
palais avec un collier de fete fait de fleurs de toutes sortes et monté sur son 
char d’or pour aller rendre visite aux deux perséas miraculeux, c’est après 
avoir tenu séance dans sa loge (ésd) : „ 

éhiA'- ftp*- jl -Xhxwrsa — -i-j.rî'r 

Sa Majesté V. S. F. était apparue dans la loge de lapis-lazuli Il a pu 
sembler tentant de rapprocher cette breve indication de l’éldge adressé pré- 
cisément au même roi Mérenptah et à sa résidence du delta, Pi-Ramsès , au 
papyrus Anastasi W : 

.• r“''UnE- 

Pi-Ramsès-Miamoun, (le palais ) aux belles fenêtre», (le palais) dont les 

chambres-haute» brillent de lapis et de turquoise^). Mais il vaut mieux voir, dans ce 

"T! H " II" Ml 1 ’ ■ 7 J I I I 'Jr/ll. “ 1 1 1— j I . I .. ri 

(1) De 2 m, 5 o à 3 mètres environ, si l’on en juge par les proportions des figures humaines 
représentées au pied du balcon, et par celles du balcon par rapport à la construction entière. 
Cf. Davies, Rock tombs, VI, pl. 26, a 8 - 3 i, 36 , 4 2-/1 4 ; Erman-Ranïe, Aegyplen, p. i35,fig. 4i : 
cérémonie de la récompense d’Eié par le roi lui-même et la famille royale. 

(,) Gardiner, Late-egyptian stories, Taie 0/ the two brothers, 17, 3-4 (Bibl. aegypt., I, p. 27 : 
WH,jp hm-f, 'nh-wd -énb, Itr )t m pi ésd n hsbd. Il y avait donc eu fête au palais, ce jonr-ià. 

« Gamme», Late-egyptian miscellanies : Pap. Anastasi, III, 7, 4-5 (Bibl. aegypt., VII, p. 28). 

<*> Erman et Ranke font état de ce passage parmi les exemples de balcon royal (ééd-t n h') 
attestés ( Aegypten , p. 77, note 2). Le scribe écrit : pi ’à-éid-w, wbh-rl n hsbd mfki-t. Mais le 
mot sid (sinon encore le terme 'rl : cf. Wb., I } iqi 3 , 12-1 3 ) paraît être sûrement un pluriel : 
or, il n’y avait qu’une seule loge-ésd dans un palais. De plus, » hsbd mfki-t se rapporte non à 
ésd, mais à rt. Il est donc préférable de laisser à ésd son sens général de : fenêtre. Cf. la traduction 
de ce passage par Montet (Le drame d’Amris [îgûoj, p. 1 1 7). 


- 605 — 

passage, une allusion à un détail de construction de la résidence de Ramsès II 
et de Mérenptah. Ce palais était construit à la façon des maisons priùcières de 
Syrie : il possédait en haut de ses murailles, fortifiées contrairement aux 
habitudes égyptiennes* des salles d’habitation W éclairées par de larges 
fenêtres. C’est ce qui ressort de la comparaison avec un très vivant passage 
du voyage de Ouénamon, et c’est ce que l’auteur dont l’œuvre s’est conservée au 
papyrus Anastasi a voulu louer, probablement pour l’avoir vu de ses yeux 
Un peu plus tard encore, Ramsès III faisait construire son palais et son 
grand domaine de millions d‘ années à Médinet-Habou. Là jusfemertt existe 
encore la seule loge royale que les monuments da»s leuf état d’aiîjûur^’hui 
aient conservée ( 3 h C’est une large porte percée à travers le mur sud de la 
première cour du temple, non pas au niveau du sol, mais à deux mètres 
environ a,u-dessus. Un escalier peu incliné conduit, de ce qui était le palais 
royal, à la loge ménagée dans l’épaisse muraille. 

Le balcon, disparu aujourd’hui, surplombait la cour du temple La 

X. 1 > f 1 U l r . , f 1 tlU t i .-k l — Ai i-t » I L .l l i U 1 ■ j L— w 

Les Vf du papyrus Harris sont ies chambres-hautes du migdot conservé à Médinet-Habou, 
cl d’autres migdol semblables qui existaient en différents points du mur d’enceinte aujourd’hui 
disparu. Ces portes fortifiées sont nommées t kr ; J’ai bâfi une muraille autour (du, domaine de 
Médinet-Habou ), d’un travail remarquable, avec des salles-hautes et des tours fortifiées en pierre de 
grès (Erichsen, Papyrus Harris, I, 4 , a — Bibl. aegypt., V, p. h). 

(î) Cf. Gardiner, Late-egyptian stories, The misfortunés of Wenamun , I, x + 1 3 -i U (Bibl. aegypt., I, 
p. 66). Au matin, Ouénamon est appelé au palais du roi de Byblos; il y trouve ZekerbaâJ ; 

assis (dans) sa chambre-haute, le dos tourné à une fenêtre; et les vagues de la grande mer de Syrie 
battaient jusquà (hauteur de) sa nuque (cf. Schafer, dans OLZ, 3 s [1929], p. 812). Les 
mêmes mots exactement sont employés : ‘ rt , pour chambre-haute, et ssd, pour fenêtre. Si 
Ouénamon, dès qu’il entre dans la chambre-haute ('jrt), est frappé par la vue des vagues (hlnw) qui 
déferlent au dehors derrière le prince adossé à la fenêtre, c’est que cette fenêtre (ésd) est 
large. Les deux passages s’éclairent remarquablement l’un par l’autre. 

(3) Parce que la construction en pierre du mur de la cour du temple l’a sauvegardée, tandis que 
disparaissaient toutes les loges des palais royaux, bâtis en matériaux légers. 

Cf j Dàressy, Notice explicative des ruines de Médinet-Habou, p. 1 80 ; JéquIer, Manuel d’archéologie 
égyptienne, I, p. 11 4 , fig. 62 ; p. 11 5 , note 1 ; voir les indications de Steindorff, Baedeker’s 
Egypt, 8 e éd., plan du temple p. 347 ; p. 3^9 et 352 - 353 . 

Bibl , d’Étude, t. XX, a* fasc, 77 


— W{ 606 >*4~ 

colonnade sud de cette cour, complètement différente de celle qui lui fait 
face est la répliqué, en pierre, du portique de Tell-el-Amarna. C’est bien une 
iaçade de palais, incorporée dans un temple, qu’a préservée jusqu’à nous 
emplo, de la jnerre. Les scènes gravées autour du balcon royal et dans 
1 embrasure de la loge ne laissent aucun doute sur l’usage auquel ce balcon 
était destme. Le grand papyrm Harris ajoute, sur le palais de Médinet- 
nabou et sur sa loge, ces quelques mots : 

J’ai fait pour toi un magnifique palais royal, en son intérieur : il est comme 
le grand dama, ne d Aloum qui est aux cieux. Les colonnes, les jambages et battants 

LpiiïlT'n „b ( "ÿ“ ; la smMk '° se d ' amri,im {royak) He “ 

A Médinet-llabou, le balcon du roi remplaçait donc, par l’éclat d’une feuille 
d or appliquée sur sa surface intérieure, les décorations tout aussi somptueuses 
des tribunes des palais antérieurs». Ainsi pouvons-nous, grâce à ces 
p.ecedents édifices élevés par les rois humains, préciser quelque peu ce 
qu était la loge du palais du roi divin du temple d’Edfou. Aucun dispositif 
de même nature ne nous est parvenu, dans une construction purement 
consacrée a un dieu; mais, d’après certains indices, il en existait à l 'époque 
grecque en bien d autres sanctuaires qua celui d’Edfou : entai autres à Phihe 
a Memphis ) L évolution générale, poussée si loin à l’époque récente, 
qui peu a peu a fait entrer les rites royaux dans le culte des dieux en Egypte,’ 


I. L ■ ni s (KM. tugypl., V, p. 5 ). 

conse,," Îm'S h 1 '°T ■” ''““P 1 ' <»«« »pü. M » k 

conserve a Medinet-Habou dans un temple de millions d’années) il semKI P il . us . ” 

royaux aient abandonné l’ancien pavillon des fêtes-sed, édifié au centre d’une courbant 

d’JTco 6 f “ mm’ ri ' 6 reMi,laCer P ar une % W). ouverte dans le mur d’enceinte 
d une cour semblable (cf. Mohet, Carnet, relia., p. a 65-2 68 et note*! Toi/ T T 

Médinel-Habou, é.abti p.ui ce, „c. 8 e, 

rCt' m °“ éS “ Ai * d *" s d’Honis, 

Cf. Wb., IV, 3 o 2 , a- 5 . 


— +*•( 607 )•« — 

a eu selon toute vraisemblance une conséquence très remarquable. Dans 
ce palais du dieu-roi sur terre que voulait être le temple du Faucon, nul 
doute que la loge de l’apparition n’ait reproduit très exactement celles des 
palais humains d’autrefois. 

Dans cette loge, la litière divine exposait les deux images d’Horus. La 
statue, immobile, en arrière, semblait présenter au clergé du temple tout 
entier son âme, son héritier sur terre, le Faucon-vivant de l’année nouvelle, 
dressé sur son perchoir royal érh. C’était l’ apparition, ou lever solaire (f/) du 
Roi-faucon. Il est possible qu’à ce moment on ait ajouté, selon le céré- 
monial ancien, le rite de la proclamation des noms royaux de la bête sacrée M. 
Le texte principal, trop réduit à l’essentiel, ne mentionne pas cette phase; 
mais deux autres passages parallèles la citent, sur le même plan que les 
précédentes ( 2 h 

C’est là tout ce que nous savons sur la première partie des cérémonies 
du i cr Tybi : celle qui se déroulait au temple du Faucon. Certainement, 
après V apparition, après la proclamation des noms, et les cris de joie 
poussés en l’honneur du nouveau roi, la litière divine quittait la loge, 
descendait les marches de l’escalier d’accès placé dans une salle intérieure 
du temple-palais. Puis la procession se reformait; elle marchait devant et 
derrière les deux images divines, vers le grand temple d’Horus. La seconde 
partie de la journée commençait : le nouveau roi s’en allait prendre les 
couronnes de la main des dieux et rendre les honneurs divins à Râ son père, 
dont il tenait dès cet instant le pouvoir suprême. 


(,) Cf. Moret, Caract. relig,, p. 77, et § IV, p. 8 1 - 8 3 . 

W Cf. ci-dessus : en vue de la proclamation du rapace ( drty ) comme Souverain , à jamais {Edfou, VI, 
93 , 12 ). Texte du pylône ouest (voir plus loin) ; VAme vivante de Râ venue de Pwn-t, elle est pro- 
clamée comme souveraine, à jamais (bî-nh n i? c ibtw hlw Pwn4, dhn4wf r hkl~d*t) Edfou, VIII, 
110, 1). 

Cf. Moret, loc. cü., p. 77, 1 . 2-3. 


77 * 



â« 


CHAPITRE II 


v 


DEUXIÈME PARTIE DE LA FÊTE, DANS LA JOURNÉE DU TT' TYBI : 
LES RITES CÉLÉBRAS AU GRAND TEMPLE, 

\ \ J H ■ ■ É - i ■ .■ 

EN PRÉSENCE D’HORUS-RÂ ET DU FAUCON-VIVANT 

e n .LT 

T i T III l t — \ <•> ni 1T1I1 y^~A 

i. Marche P) jusqu’au Grand-siège ® afin de prendre la royauté de la main de 
son père Horus d’ Edfou-grand-dieurdn-ciel (spr r é-t-we-t, r ssp nswy-t in-' it«f Hr 
Bhdti ntr 'î nb p-t'). 

> *1 I lui 

1 .> i Offrande de (l’hmk-)mà ; présentation du (collier-)w & h ; introduction du 
(bijou-)hh en or; on lui donne les (sceptres-)* tih-w l s: ; on lui donne le (bouquet de 
fleurs-)^ au nom de Vennéade ( des dieux) qui sont dans le templf (bnk md, 
ts wsh, ms hh n nb ; rdi n-f 'nh-wjs, rdi n-f 'nh hr rn n psçLt imifW pr pn)^, 

$Àîiri.LÏ®“SA-3:tV”Tf-*v+:. J kÿg~“'i 

ïJsÊW^ai-fc^-ît’TSî^ifeïfHSlBSrR} 

A f r»l . H*fn oimAiiï lu-^h » .'HiVtVb -'olfibiih I) j i -* î j-* ^ îi ^ iCff oio** .• i ' Fl ‘ . o* îyTTTFTTT 

(t) Le sujet, non exprimé, est sûrement kmf, le dernier sujet énoncé dans la phrase précédente 
(cf. plus haut, I, début). Sa Majesté y désigne le Faucon-vivant ; le nouveau roi. 

C’est ici le nom général du grand temple d’Edfou, par opposition au temple du Faucon. 

(3) Edfou , VI, 102, 9-1 1 = von Bergman, H. L, pL XXXIX, col. i 4 à XL, col. 1 5 ;trad., p. 29, 
1. 1A-18. C’est la suite du rituel principal de la fête. . .1 



' 


—«.( 610 )+*— 

a. ( Puis ) il le ® met sur son srh, dans son (pavillon-)tnV,-l ® (di-f sw hr 
srb*f m-hnt Inl i-t-f j , afin d exalter son (âme-} k’ qui est à la tête des rapaces divins W 
pour toujours et à jamais (r tni kl-f hnt drty-w ntrî-w, rjw n d-t-nhh); afin d’in- 
troduire ® le grand dieu, (qui sort) <Ie t son (tenyde^m ; rw, ( jusque ) dans (le grand 
temple d’Edfou-) Msn(-t) (r bs ritr r f m m;rw-f r Msn(-t) ; afin que l’Ame-de-Râ se 
réunisse à son image afin d’atteindre ® le château-d’ Horus W, en présence du 
maître du pays ® ; afin de glorifier® le (faucon-)si;w en présence du (dieu-) 
au-plumage-mouchete ; afin que le (faucon-) âme (de Râ) (f?) prenne la royauté de la 
main de son image (divine) h*) — c est (celle de) son maître qui assure son héritage — ; 
afin qu’il reçoive une bonne année, en ses beaux noms (de nouveau roi ) ( * * * 4 * * 7 * 9 * * 12 * * 5 >, et une 
vie longue et sereine (V hnm b^n-R' hr shm-f, c hn h-t-Hr hr hm-C-wî, r sir 
si;w hr s'lb-sw-t, r ssp Bj nswy-t m-' shm-f, m nb-f nty smn iw'(-t)-f, r 
%-f rnp-t mfr(-t) m rn(-wy.s f) nfr-w, V k* m iwéf- ib). Son Coeur W est 
venu, et (il) fixe ses ans (de règne ) : (c’est) le grand Thot, et (il) établit ses annales 
en millions de jubilés, par centaines de milliers d’ans, par dix mille et milliers de 

m, mj ai t . *1 tu, 

< l) Suite du texte 1, au-dessus de la litière divine (mur d’enceinte nord, face interne, scène 
ouest). L antécédent de il est : Horus d’Edfou. Celui de le est : le faucon-^nt. 

(>) Son srh = le srh du faucon-.» J w. Son (paviHon-)/»|j.< = le pavillon d’Horus d’Edfou. Il 
s’agit maintenant des dey* images divines dans la même litière, telles qu’on les voit représen- 
tées au tableau du mur (Edfou, pl. phot. 55 a). 

C est-à-dire : les dieux de 1 ennéade d’Edfou, dont les âmes sont au grand temple, en 
leur nature de faucons divins. Le faucon-vivant est, dans cette joürnée du î " Tybi, Drty drty-w l 
le Rapace des rapaces (divins). 

(4) Terme très employé dans les couronnements royaux. 

V âme de Râ = le Faucon-vivant; son image = la statue d’Horus-Râ. 

(,) Cf. texte parallèle: Edfou, VI, 263, 17. Le verbe hn y possède le déterminatif du mou- 
vement (r -An hîy-tf). 

(7) C’est le grand temple d’Edfou. 

!?) Ern P loi rare de ? <wl aveê génitif direet. Le déterminatif du faucon désigne ici l’oiseau dffin. 

(9) Littéralement : élever (en honneurs), comme un nouveau roi en présence de son prédé- 
cesseur. 

II n est pas possible d accepter 1 identité de bî et de bik proposée par von Rergmann 

(H. I., p. 3 o, 1. i 4 -ai), comme s il s agissait de variantes d’écriture d’un même mot. Ici, b] 

(+ déterm. du faucon) est une expression abrégée pour bl-n-R' . 

(I,) Cf. plus haut : <r hnm bl-n-R‘ hr shm-f.- 

(,a) rn est un pluriel en accord avec nfr-w : les trois traits ont été omis. De plus, il est pré- 
férable de supposer ici une erreur sur : rn(-w)-s, pour rn (-«>)/ (nfr-w). 

(l5) Epithète courante de Thot, cœur de Râ. 


611 )* 


mois, par centaines et dizaines de journées : que ses heures soient durée infinie, que 
ses moments soient éternité! (iw ib-f, hr nhb rnp-w-t-f, Dhwty-wr hr smn gn-w-t-f 
m hh n hb(-w)-sd, hnf-w m rnp-w-t, db'-whi-w m ibd-w, sn-w-t md-w n 
hrw-w; wnw-w-t-f hnty, tr-w-f nhh-d-t) W. 


:*.'.TP:'Di;8Zi-KSf3rrr>:xife“;4S>crw': 

sî-i»£:=-h— 


-Est 


2. ...Afin d’établir la fonction de la bête (sacrée) d’Harakhthès, quand elle 
prend sa royauté de la main de son père ; pour élever le dieu ( faucon) dans le temple 
du faucon divin®; afin de faire apparaître le grand (faueon-)éi;\v sur son srh, 
pour le faire aimer, pour élargir sa gloire, pour enchaîner les cœurs par toute la terre, 
pour égorger les ennemis et chasser les adversaires, pour repousser le mal loin de sa 
route ® (t smn iiw-t n ^w-t-n-Hr-’bti, dr ssp-f nswy-t-f m-' it-f, r ski ntr hnt 
pr-bik ntri, r sh' silw-wr hnt srh-f, r rdi mr-f, r s'i lfy-t*f, rrth ib-w m t? 
dr-f, r bhn hfti-w, r sbsb sbi-w, r shr dldl m Le roi est devant lui, 

portant l’encensoir : il prie sa Majesté (= Halhor-Sekhmet), pour sa® protection 
(nsw-t hr hî-t-f, hr '-n-sntr, hr swls hm-t-s, r swdi-f). Le maître du roseau 
(à écrire ) est venu, portant ses recueils de conjurations, et les formules qui re- 
poussent le mauvais œil : il sanctifie sa ® route pour entrer au château d’Horus, 
(et) il lui enseigne le chemin jusqu’à son temple-du-Faucon. Que ses années soient 
millions; que ses temps soient centaines de mille; qu’il ait l’éternité sur son 
(frone-)srh ! (iw nb-hdn hr mdi-w-t n sî-w-f hn' ri-w n hsf ir-t-bin-t, hr dlsr 


Edfou , VI, g 3 , 1 2 à 9&, 2 , et pl. phot. 55a, col. 1 6-3 1 . 

(S) Par anticipation sur le retour du Faucon-vivant dans son temple particulier, à la fin de la 
journée du i er Tybi. 

(3? Cf. plus haut, 3 e partie, le grand hymne du retour de l’image d’Horus, après le rite du 
hnm itn accompli dans la chapelle wb(*t), 

M Afin qu’elle protège le Faucon . 
w Le dieu Thot. 

(<) La route, le chemin du Faucon divin . 


— w*( 612 }■•* — 

wM*f r k h-t-Hr, kir sr nint-Lf r pr-Bik-f. Rnp*w-t>f hh; tr-w-f hfmw, nhh 
d-t hr-tp srh-f) <*). 


Tels sont les seuls témoignages d’ensemble que le grand temple possède 
sur la seconde partie de la fête du i er Tybi. Le premier, qui est un véritable 
cérémonial (n-t-)^ abrège à tel point l’énoncé d^s phases du rite qu’il 
serait difficile d’en acquérir, avec sa seule aide, une idée précise. Les deux 
derniers ont un caractère laudatif, poétique. L’enchaînement réel des faits 
s’en trouve rappelé avec beaucoûp moins de précision. De plqs, ils font partie 
de la décoration des deux scènes qjii montrent la libère divine en marche ; 
ils ont donc une tendance à se reporter trop uniquement aux personnages 
et aux actes du tableau. Cependant, ces trois textes en disent assez long pour 
qu’on puisse se convaincre d’un fait : c’est que les. tableaux centraux du mur 
d’enceinte nord du temple forment un ensemble cohérent, et voulu par les 
décorateurs d’Edfou. A droite et à gauche, de petites scènes montrent un 
seul personnage divin : Thot, ou Chou-fils-de-Râ, qui joue un rôle approprié, 
à l’instant de la cérémonie. Quant aux huit grands tableaux décorant en entier 
le premier et le second registre du mur, ils s’accordent, deux par deux, pour 
fixer les quatre principales phases du service au grand temple, le jour où 
l’on couronnait le Faucon-vivant. L’ordre en est celui de la décoration générale : 
alternativement a l’ouest et à l’est, en allant des extrémités du mur à Ja 
ligne médiane tracée sur l’axe longitudinal de la demeure d’Horus. Tous ces 
tableaux montrent en leur centre le Faucon-vipant-sur-son-sérekh. Ils ont, de 
ce fait, une physionomie spéciale et ne se confondent avec aucune autre 
scène, dans la décoration entière du temple W. Grâce à eux, la reconstruction 
de l’enchaînement liturgique nous reste possible ; gestes et paroles sacrées 
s’y succèdent dans l’ordre du cérémonial réel du i er Tybi. 

Edfou, VI, 263, 1-6. 

m On retrouve le Faucon- vimnt-sur- son- sérek h en un seul autre lieu des parois du temple 
d’Edfou : les deux vastes panneaux que présentent les faces des deux tours du pylône, au-dessus 
du portail central. Là seulement il s’agit encore de la fête de V Ouverture de l’an de règne d’Horus 
d’Edfou. Le premier tableau du troisième registre du mur d’enceinte nord, du côté ouest de 
sa face intérieure, semble à première vue comporter aussi l’image du Faucon-vivant sur son srh , 
et par conséquent continuer la série des scènes de la fête du i* r Tybi. Il s’agit en fait d’autre chose 
(cf. plus loin) : les deux premiers registres seuls concernent la fête du Couronnement. 


i° Première phase 5 arrivée des deux images divines au grand temple, et 
cérémonie de l’accueil d’Hathor. 

La procession du Faucon-vivant franchissait le portail du pylône ; elle 
traversait la cour, et se présentait devant le pronom. C’est cet instant 
que montre la double scène latérale, en bas du mur d'e^einte nord.. 
Telle la litière a déjà été décrite plus haut quand elle sortait du temple 
d’Horus, telle plus exactement encore elle était à son retour, portant les 
deux figures de la divinité suprême sous son dais. En avant de la statue du 
dieu, probablement représenté assis sur son siège, l’oiseau vivant divin 
entrait lui aussi au temple, debout sur son perchoir sculpté à l’image du 
palais des rois d’Egypte 1 Les mêmes prêtres porteurs marchaient entre 
les brancards;, le même officiant {im-gmhèuc s’avançait en tête, brûlant de 
l’encens, dans son rôle du roi et de Chou-fils-de-Râ. Quant à la divinité 
dont on demande tout particulièrement le bon accueil pour les deux-dieux 
à leur arrivée, c'est à Coup sûr Hathor, la grande parèdre du maître d’Edfou. 
Les bas-reliefs, il est vrai, ne montrent pas la déesse de Dendéra. A l oues! , 
c’est Moût, maîtresse du sud de l’Egypte, la couronne blanche en tête, les 
palmes des jubilés dans les mains, qui attend sur le seuil du sanctuaire le 
cortège d’Horus W. A Lest, c’est Sekhmet à la tête de lionne, dominatrice 
du delta, coiffée du disque solaire, qui lui présente avec bienveillance son 
sceptre fait d’une tige de papyrus $. Ce n’est là qu’une de ces fictions dé- 
coratives, dont il y a tant d’exemples aux parois symétriques des temples. 
Tout spécialement en ces cérémonies du dieu-roi, la vieille dualité est stricte- 
ment respectée 'i 1 l’officiant royal porte la couronne blanche devant Moût; 
il porte la rouge devan^khmet. Cependant', de même qu’une seule procession 
entre au temple, avec un seul hm-gmhêw à sa tête,, une seule statue divine 
attendait la litière du faucon : Thot, à l’est, adore Sekhmet, et lui dit : 
Qu’il est beau, ton visage, pour 'F Image (divine)-vimnte, le Faucon-vivant! 
Soi# le bienvenu , , (toi) qui apparais devant Hathor, (figurée) en ces qiiatre visages 
qu’aime Râ (quand) il les voitl&K Deux de ces visages sont ceux de Moût, et 


il) Cf. Edfou , pL phot. 552 . i 

( a î Le bas-relief n’a pas été reproduit photographiquement, dans l’édition Chas si nat, 
Edfou, VI, 262, 6-7. 


de Sekhmet : elles ont été choisies entre bien d’autres, pour incarner le 
Sud et le Nord du pays, réunis sous le sceptre du nouveau roi, Sous leur 
apparence, la nature unique de la grande déesse d’Edfou transparait ('h 

En fait, il est possible de matérialiser ainsi la première phase du service 
au grand temple : 

La halte de la procession a lieu dans l’une des grandes salles centrales du 
temple, en avant du sanctuaire. Un seul point est sûr : on se trouve 
dans é4-wr-t qui désigne au sens propre le sanctuaire, mais aussi, très 
souvent, le temple bâti tout entier. Doit-on prendre le terme au sens strict? 
Cette solution serait possible, car la seconde part de la cérémonie semble 
bien s’y passer®. Mais justement le cierge, qu’on allume seulement au début 
de la troisième phase, le serait déjà dès la première, si les deux phases décrites 
au premier registre se déroulaient au sanctuaire des barques, où l’obscurité 
complète rend l’éclairage nécessaire. D’autre part, la première phase des 
cérémonies au temple d’Horus consiste essentiellement à demander à Hathor 
sa protection pour le Faucon-vivant ; la troisième est également une lopgue 
conjuration de toutes les divinités d’Edfou, pour obtenir d’elles la même 
sauvegarde. Si les deux rites étaient exécutés au même lieu du temple, ils 
se doubleraient l’un l’autre avec moins d’efficacité. Il est plus probable que 
V accueil d’ Hathor se place en avant du sanctuaire, soit dans la salle hypostyle 
(wéh-t-l}^ soit au> centre du pronaos [hnty)W. 

Nous en sommes également réduits aux hypothèses» sur la manière dont se 

— 'rit f t 1 - > - ? t * ; ' » J J t < f * >■' *. . ' 1 » ■* » * * ■ » 1 " " " « i — fjr'MlHv' t ' n " " "7“' T 

W La préséance d’Hathor pendant la cérémonie d’arrivée est encore affirmée nettement aux 
textes du pylône, Atoum y déclare au Faucon-vivant : Tu as été introduit jusqu au trône ( bkr ), en 
présence du Faucon F Or ( femelle ) ( bs-k r bkr hr Bik-t-n-Nb) [Edfou, VIII, 109, 12). 

Cf. plus haut, texte du rituel. 

^ On allume le cierge avant le étp-s l [Edfou, VI, 1 45 , 1 ) : cf. plus loin. 

(4) La meilleure de ces denx hypothèses est probablement la première. C’est la salk du 
couronnement [Wsk-t-E) qui servait, de cadre à la i re partie du couronnement du roi au grand 
temple. L’embrasure de sa grande porte Centrée (côté ouest) est en effet décorée de deux 
textes spéciaux : un décret de Râ, qui met son fils en possession de son royaume terrestre, et trois 
hymnes successifs aux trois oiseaux-vivants (le Faucon d’Horus, le Vautour de Mout-Hathor, et 
l’Ibis de Thot). Le premier d’entre ces hymnes forme aussi le motif initial des chants de 
louange qui accompagnent l’offrande des bouquets d’éternité, le jour du couronnement du roi. Cf. 
Edfou, II, iB (tableau en colonnes), et i 4 , 21 à 1 5 , 6 Edfou, VI, 970, 10 à 971, 5 (voir 
plus bas). 


présentait la statue d’Hathor. Mais, qu’elle ait été amenée dans sa barque- 
litière ou dans un tabernacle portatif, elle se trouvait vraisemblablement 
en face des deux images d’Horus. La litière, déposép à terre, servait de trône 
à la statue d’Horus-Râ, et à l’Oiseau vivant placé devant elle, la face tournée 
vers le fond du temple. 

Il y a deux officiants principaux, comme en toute cérémonie où de longs 
textes doivent être psalmodiés. Le prêtre du roi, considéré désormais surtout 
comme incarnant la personne royale agit en présence d’Hathor et du 
Faucon, l’encensoir et le sistre en mains. Un hiérogmmmate directeur des 
prières, que les scènes gravées symbolisent par la figure du dieu Thot, tient 
le rouleau écrit : il lit les longues litanies de la déesse. Les autres assistants 
sont rangés, semble-t-il, autour d'eux et des images divines. Rien ne nous 
indique leur rôle dans cette phasê de la fête; mais il est probable qu’ils 
accompagnaient en psalmodie les paroles du cérémoniaire. 

Quelques mots sont mis dans la bouche du prêtre du roi, au début des 
deux scènes : ils éclairent son rôle. Au premier encensement : 

îîffl-'2vrMi“&. [ î2 i n:“aTfnvltSaieLi ( iw<p 

I mmli 

Je prends Teneensoir F mes bras sont [ceux) dliorus, et mes mains (son t) celles 
de Thot . Son \eneen$(fly\ brille dans la flamme; il sanctifie Horus avec son grand 
Œil [.....] de son (âme-)ki W [ ] de sa Majesté, en leur noml^K 

Au second encensement : 

. w p : s : £ - .t. ^ w 

J'encense Râ, j’adore l'uraeus [de) son [diadème) W : je [l’)invoqw en [tous) 


Il était au contraire surtout le serviteur du Faucon ( hm-gmhsw ), dans les cérémonies au 
temple du Faucon. 

{S) L’âme d’Hathor (n ALs). 

W Edfou, VI, 98, 2 - 5 . 

W Ifr-t-tpf : l’expression est toujours appliquée à Hathor ŒiTde-Râ^ aux textes d’Edfou. 


ses nom, pour faire sa protection (I) . On ajoute que le roi offre l'encens à la 
Bonne-année, au-dessus de son image* au tableau ouest 

La part essentielle des prières consiste en une longue invocation à Hathor* 
la déesse protectrice, qui préside à la première scène du service du Faucon 
au grand temple. Cette invocation est artificiellement divisée en deüx fragments 
sur les bas-reliefs, de même que tous les autres éléments décoratifs sont 
rédigés en partie double. Elle est destinée t i° à assimiler le prêtre du roi 
qui officie — ‘ c'est-à-dire le roi d’Egypte, fils de Râ, par l’intermédiaire 
de sa personne -—au Faucon-vivant, lui aussi âme et fils de Râ;- a° à protéger 
ce Faucon-vivant — et du même coup le roi — * de tout mal qui pourrait le 
menacer pendant son année nouvelle de règne. 

Les textes de la litanie de Moût et de Sekhmet en tous ses noms > 3 4 ) emploient, 
comme toujours en pareil cas, ce qu’il faut nommer un procédé opératoire. 
La prière dont il s’agit ici est une demande ; mais en même temps, par la 
vertu même du rapprochement des noms qu’elle évoque, elle fait passer 
toutes grâces, que la déesse accorde au dieu renouvelé, sur la personne du 
roi : il suffit pour cela que le nom du roi régnant soit ajouté à ceux du 
Faucon. Toute la première partie, adressée à Moût dans le tableau ouest, 
est plus spécialement destinée à obtenir cette identification. Dans ce but, 
elle répète à chaque verset, sauf quelques exceptions, le nom roÿaf : 

'îi-ji' “KT-'fiïi'gs 

niià 

Ô Mère W qui es bonne ! Sois bonne (nfr-t) pour Horus d’ Edfou-grànd-dieu-du-ciel, 
l’image (divine)-vimnte, le faucon-vivant, le roi Q fis de RA 

( Ptolémée j [ ] en bonheur l-^O Mère du ( chant dé) triomphe ! 


(1) Edfou, VI, a6a, 11-12. Sa (protection) s’applique à Râ, c’est-à-dire : le Faucon-vivaut. 

<’> Edfou, VI, 9 3 , 7. 

Edfou, VI, gà, 1 2 et 263, 17. 

(4) La litanie de Moût joue fréquemment sur le nom de la déesse, qui a toujours gardé son 
sens général de mère. 


Que ton triomphe (hnw-t) ( soit celui ) d’ Harsomtous-l’ Enfant fils d’Hathor, du 
Grand Ihy fils d’Hathor, le roi, (^ "jj filsdeRâ Q Ptolémée 

en tout bien qui (vient) de toi : fais qu’il vive (éternellement) par toi! — Ô Mère 
qui es puissante ! Fais que soit puissant Horus d’Edfou-grand-dieu-du-ciel, 
l’image ( divine)-vivante , le faucon-vivant, le roi J fils de Râ 

^ Ptolémée J , comme est puissant [«] en ses années d’éternité! 


Ainsi va l’invocation, couvrant 3 9 colonnes du tableau ouest : quelques-uns 
des versets,, qui parfois ne contiennent pas le nom royal, sont remarquables 
par l’expression des souhaits formulés : 


- 

I/.jBVf-üSJTa*! 

O Mère qui es saine! Fais que soient sains les os de l’image ( div ine)-v ivan Le, le 
faucon-vivant, l ’ibis vivant; guéris sa chair, rends forts ses muscles, fais durer tous ses 

membres, [ j ! ( 1 2 ). — Q Mère qui viens, viens ô Horus d’Edfou-grand dieu-du- 

ciel, V image (divine)-vivante, toi qui es la Bonne année! Sois pure de maléfice! Que ton 
début soit vie, que ton milieu soit santé (s — snb), que ta fin soit bonheur ! Qu’il y 

ait pain et nourriture avec toi ! Qu ’il y ait [ ] contre tous ses ennemis, morts ou 

en vie! — O Mère.qui es en paix, viens à l’image (divine)-vivante, le faucon- 
vivant, en paix! Apaise en sa faveur la grarnie ennéade; apaise en sa faveur 
la petite ennéade; apaise en sa faveur tous les esprits (divins) (il h nb) (à dire deux 


fl) Edfou, VI, 94, i 5 , à g 5 , 4 = col. 45 / 46 / 47 . 

Edfou, VI, 95, i 5 -i 6 . 

Mout-Hathor est assimilée ici, d’une façon très frappante, à la nouvelle année elle-même, 
qui vient au roi en son anniversaire de couronnement. 

Bibl. d’Élude, t. XX, a* fasc. 78 


•-#•( 618 




fois), tous les hommes (rmt p'*t nb, hnmm-t nb), etc. W, comme Râ est agréable à 
son ennéade, en ce jour de l’Ouverture de Van! — 0 Mère ( qui es) pure! Fais 
que soit pur Harsomtous-V Enfant fils d’Hathor, le grand Ihy fils d’Hathor, le 

de toute souillure mauvaise ('b nb 


faucon-vivant, le roi (~ 


^ ’ 


dw), de tout souffle mauvais, de tout mauvais passage pour cette année ! 


Quant à la litanie qui fait suite à celle-ci, elle se déroule au long des 38 
colonnes du tableau parallèle, à l’est. Hathor y reçoit l’invocation, sous 
l’apparence de Sekhmet. L’assimilation du roi au faucon-vivant semble à 
ce moment un fait acquis : le nom royal entouré du cartouche n’est plus 
prononcé que par exception. L’attention dçs rédacteurs de la prière s’est 
concentrée sur la protection : tout ce qui sera obtenu de la déesse en faveur du 
faucon-vivant le sera, de ce fait même, au bénéfice du roi. Le dessin des 
versets est désormais fixé sur ce modèle : 


rirriffcXî?iî5A#y«®< 






4-^ïlTS.M rî&M'h 


O Sekhmet OEil-de-Râ, puissante de flamme, ô protectrice W autour de Celui- 
qui-l ’a-créée W ! Viens, Sekhmet, au roi, au fils de Râ, maître des couronnes 
Q Ptolémée ^j, l'image ( divine ) vivante; protège-le, sauve-le de toute flèche W, 


Comme dans la plupart des prières opératoires , liberté est laissée au prêtre qui prononce 
les paroles d’ajouter, dans le cadre indiqué, d’autres indications à son choix, selon les circons- 
tances. Les interruptions semblables sont très fréquentes, surtout à la fin des versets de la 
seconde partie de la litanie. 

W Citation précise de la fête du i er Tybi. 

(3) Euphémisme pour : l’approche d’un esprit mauvais (apportant souillure, maladie, mort). 

{4) Edfou, VI, 96, 7-12 — col. 56 / 57 / 58 . 

(5} Littéralement : maîtresse de la protection. 

^ Epithète de Râ qui a créé sa fille, son œil de flamme au front du disque solaire, 

(7) Au sens figuré d 'atteinte (d’un mal quelconque). 


— #-*( 619 )•« — 

de tout malheur pour cette année , etc. : [car) il est Râ , dont tu es sortie ! 

— O Sekhmet qui illumine le pays de [sa) flamme , qui donne la vue a tous! Viens , 
Sekhmet, à V image [dmne)-vimnte, au faucon-vivant; libère-le , sauve-le de tous 
malheurs pour cette année : qu’ils n’aient point de puissante sur lui, a jamais! 

— Ô Sekhmet, ô flamboyante, ô puissante de flamme, qui fait trembler le pays de sa 
crainte! Viens à V image [dmne)-vivanté, au faucon-vivant ; fais cesser (?)[.....] 
de toute calamité : [car) il est V unique ô protectrice (hwy-t) ! * * (3) * * * 7 — ...O 
Sekhmet, [devant qui) le jour paraît, quand tu te 
quand tu te couches ! Qm le roi ... f Ptolémée 
que ton feu n’ait puissance sur lui : [car) il est h 
faucon-vivant (Bîk w;d) ! 

La litanie se termine par une séquence de sept versets, destinée à protéger 
le Roi-faucon-vivant contre les sept flèches de Vannée, c’est-à-dire contre tous 
malheurs qui peuvent atteindre le roi et le pays entier. Voici les deux derniers 
d’entre eux i 



Sα:z-Ts-rA±r;i.XM»t*A>' ü 

Ô Sekhmet qui aime la justice et dont l’horreur est l’injustice, ô maîtresse des 

hommes, viens au roi ( Ptolémée j , l’image (divine) -vivante, le 

faucon-vivant : sauve-le, garde-le, protège-le de la sixième fléché de l année 
(rnp-t) ! — Ô Sekhmet-Uraeus qui « ouvre le cercle» (wp sn) ( 5 >, ô grande 

O) Le roi, étant le faucon-vivant , est non seulement fils de Râ, mais Râ lui-même ! Il devient 
ainsi le pève de la déesse qu’on invoque, et sa toute-puissance est certaine sur elle. L assimilation 
opératoire est plus ambitieuse que celle de la première partie de la litanie. 

(*> Epithète de Râ : Sekhmet doit protéger «son père». 

Edfou , VI, 26 4 , 1-7. 

<*) Edfou, VI, 264, i 5 -i 6 . L’expression Bik-wîd est la même que celle de Bik-wdl (con- 
fusion d’écriture). 

<•) C’est-à-dire : qui précède la course du soleil, comme Œil de Râ. 


lèves ; [devant qm) la nuit ment, 
ne meure pas de ta flèche ; 


? dieu dont tu es sortie; il est le 


7 8 * 


maîtresse, viens au roi. . . Ç Ptolémée J V image (divine)-vivante, le faucon- 
vivant] : sauve-le, garde-le, protège-le de la septième flèche de l’année W. 

Au-dessous des colonnes serrées de la supplication, une longue ligne 
s’étend, qui les unit par cet acte de foi : 

ïViK*TTÎAV53im9ï:Va'9A ZlWî? 

Le faucon divin, le rejeton de Selchmet, le descendant d’Horus d’ Edfou-grand- 
dieu-du-ciel, le ( dieu)-au-plumage-nwucheté qui sort de l’horizon, l’image ( divine )- 
vivante, le faucon-vivant, l’ibis-vivant des dieux (Ju temple du Faucon, Harsomtous- 
V Enfant fils d’Hathor, le grand Ihy fils d’Hathor, le dieu grand : (c’est) le roi. . . 

( Ptolémée 

Tous les noms de l’Oiseau divin sont réunis là une dernière fois, pour les 
fixer plus fortement sur la personne du roi d’Egypte. Ce dernier reçoit encore, 
aux trois dernières colonnes du texte, par l’intermédiaire du Faucon roi 
couronné et soleil levant, une bénédiction terminale placée dans la bouche 
de Sekhmet : c’est une acclamation royale hknw, semblable à celle qui 
saluait les rois humains établis sur leur trône. 

Tel est le caractère de la cérémonie initiale au grand temple. Les décora- 
teurs de la paroi nord du mur d’enceinte en ont signalé la nature in- 
termédiaire en renversant l’ordre habituel des personnages, aux bas-reliefs 
qui la représentent. En effet, bien qu’il s’agisse d’une arrivée au grand temple, 
la déesse (Hathor-)Mout-Sekhmet., qui reçoit l’adoration, est placée à l’ex- 
térieur. Au contraire, le prêtre du roi adorant, et les personnages de la 
procession qui le suivent, tournent le dos à la ligne médiane, donc à l’intérieur 
du temple, contrairement à la convention constante partout ailleurs. 

2 ° Deuxième phase : le Faucon-vivant ® reçoit les attributs de la royauté, 
des mains d’IIorus-Râ d’Edfou et des dieux de l’ennéade. 


J, comblé de vie! 


w Edfou, VI, 269, i-4. 

Edfou , VI, 269, 6-7. 

(3) Et, du même coup : le roi, déjà assimilé au Faucon- vivant, les reçoit aussi.. 


— -+*•( 621 )••+■ — 

L’ordre normal des personnages est rétabli, dès qu’on passe aux deux 
bas-reliefs centraux du premier registre, qui font suite aux précédents. On 
y voit le Faucon- vivant debout sur son érh po&e a terre, la face tournée 
vers l’intérieur du temple. Il est seul, sous un dais, alors que pendant la 
phase précédente un autre dais abritait à la fois la statue dHorus-Ra sur son 
trône et le Faucon lui-même. Derrière lui l’officiant, prêtre du roi (doublé 
d’une figure de reine d’Egypte^, conventionnelle), offre, a la fois au Faucon 
et à la figure d’Horus d’Edfou qui lui fait face, ce qu annonce le rituel 
déjà traduit : au tableau de l’ouest, 1 huile d oliban (wid) ; en celui 
de l’est, le bijou symbolique de l’éternité ( hh n nà), et les trois branches de 
saule(?) W. Devant le Faucon, et tournées vers l’officiant, sont les trois 
divinités de la triade d’Edfou : Horus, Hathor, Harsomtous-Ihy , repré- 
sentées debout, sous leur aspect le plus courant. La troisième tient le sceptre 
mké® r symbole de la terre d’Egypte reçue en héritage. 

Ce changement de position des personnages les uns par rapport aux autres 
semble l’indice d’une modification reelle dans la place occupée par les images 
sacrées au grand temple, le jour du i er Tybi. L Oiseau vivant était probable- 
ment enlevé de la litière d’Horus-Râ. On le déposait avec son perchoir royal 
sur le dallage du temple, et on le couvrait d’un dais plus petit. En face de 
lui, le dos tourné au sanctuaire, on installait la litière d Horus d Edfou, a 
côté de la statue d’Hathor. Les gestes et les paroles de l’officiant royal s’adres- 
seront désormais au Faucon-vivant et au dieu suprême qui siégé en face de lui. 

Le point caractéristique du dogme, en ce stade de 1 action liturgique, 
semble être celui-ci : l’ Horus qui reçoit le culte en face de la bête sacree 
n’est plus considéré comme celui dont elle tient ses pouvoirs divins, mais 
comme une image d’elle-même. C’est Râ renouvelé, c est le nouvel Horus 
solaire. Il sort de l’horizon d’orient avec le premier hymne chante a sa gloire. 
Il culmine au zénith avec le second, tandis que les dieux tendent au taucon le 
bouquet de fleurs ç nh . C’est de la main d’un dieu de telle nature que le 
Faucon prend de nouveau la. royauté. A cette divinité rajeunie, les rites 
infusent le pouvoir d’un renouvellement infini : le couronnement d Horus 


eî Gf. la traduction du rituel > plus haut (Edfou, VI, 102, 10). 
(*) Forme récente de l’ancien sceptre mké . 

BibL d’Etude, t. XX, a* fasc. 


79 


— 1 - * fr t*( 622 )» t - 

est aussi la fête de nhb h du dieu d’Edfou W. Ainsi le dieu qui dit au 
Faucon-vivant et au roi d’Egypte : 

je te donne une grande et sereine royauté sur ton srh dans le Grand-siège, 
est lui-même : le saint faucon ( c hm sps) qui arbitre le pays avec ses ailes, qm 
parcourt le ciel en paix; le faucon divin seigneur de Pwn-t, qui se complaît dans 
la vallée de Voliban ® ; il est encore : le grand justifié dans Wts-t-Hr, . . , . . 
qui se dresse en roi sur le siège de son père®, c’est-à-dire qu’il porte les 
épithètes mêmes dont on salue au même instant le Faucon-vivant. 

A ) Deux phases se succédaient, dans cette seconde consécration du Faucon, 
toute semblable à celle des rois humains en leur couronnement W . La première 
est l’offrande de Voliban au dieu du matin, qui sort de l’horizon de l’orient. 
Le prêtre, comme en service régulier, trempe l’extrémité du petit doigt de 
la main droite dans l’huile parfumée. Il la tend vers le front de la statue 
et vers la tête de l’Oiseau vivant, en prononçant ces mots : 


9 * — * * « 

* ***** % S X T 1 * * 4 5 ^ * IM 

L’huile (hknw) [est) sur (hr) ton front : qu’elle réjouisse ton visage, ô maître 
des dieux ! ^ . 

Alors le cérémoniaire entonnait un hymme en l’honneur de la mystérieuse 
union divine qui venait de se confirmer < 6) : 




I XXX 


-tt 


(1) C’est la place ancienne des fêtes de nhb kl, dans les calendriers des fêtes du Nouvel-Empire. 

(S) Edfou , VI, io 3 , 8-9 (+ 10-11). 

Edfou, VI, 1273, 8-9. 

(4) Cf. Moret, Caract . relig., V-VI, p. 86-108. 

(5) Edfou, VI, 100, 2-3 ; il n*y a pas de planche photographique correspondant à cette scène, 
dans l’édition Chassinat. 

(8) C’est ce chant que von Bergmann a publié et traduit en 1879 sous le nom de 3 e hymne 
(Von Bergmann, H. L, pl. XXXVII à XXXIX (col. 1-10), et p. 27-28). Mais le numéro d’ordre 
qu’il lui attribue, comme aux trois autres longs textes des tableaux centraux du mur nord, ne 
repose sur aucune observation du déroulement de la cérémonie, 


.... 623 )« 4 


îli 







ÜSHTSillJX»; 


= z P' * J f i a- = ni k ~ ~ : ) w q- " ? ; & 




w 4*^'— +T * ,1 ^ (?) 

I ~ 7 \ I ^ W 'Wb <=> 1 I 1 1 t T 1 1 1 x «a ***** [«] A (sfr) [ T^O 




1 ! 




i>iîuti¥îaïi 


Salut à toi, Râ, qui es venu à son âme sublime, qui es venu àHorus d’ Edfou-grand- 
dieu-du-ciel, [le dieu ) au-plumage-moucheté qui dans l’horizon sort du Noun, l’illu- 
minateur qui illumine cette terre et parcourt le ciel! — Il ouvre les deux battants des 
portes, quand il sort du champ d’Ialou, V [être) sublime de la Terre-du dieu, le Seigneur 
de Pwn-t qui se complaît dans la Vallée de Voliban, le maître des dieux, le seul 
et unique, Khepri qui a créé la création! — Tu planes au ciel, [puis) tu rejoins 
l horizon, tu te poses sur la rive du ciel, tu rejoins la terre : gouvernant ta course, 
tu saisis les années comme [dieu) de la lumière! Monte, monte! Lève-toi, lève-toi! 
Plane, plane, et hausse ta face! Suspends-toi, Faucon rapide; déploie, déploie tes 
ailes, ô [dieu) de Vie, seigneur de l’ennéade! — Tu saisis le dos de ton ennemi, 
tu lies l’oryx de ta serre; ta face rayonne, tes yeux ont leur [parure de) fête, [quand) 
tu fonds parmi tes adversaires! Monte, monte donc! Elève-toi! — Tu atteins le ciel; 
tu rejoins l’horizon; tu ouvres le portail céleste W; [puis) tu reviens en arrière W, 
[une fois arrivé) sur le créneau de la muraille, et tu sens le parfum de ta demeure ® ! 


(1) Littéralement : qaiost dans le (ciel) lointain (hr 4 ). 
fî) Litt. : tu tournes ton dos . 

(3) DM* s" -le, hr snb si t, bhd-k sti iwnn-k. Le passage est obscur, parce qu’inspiré de textes très 
anciens. Cf. Sethe, Pyramidentexte, 1778 : ( Pépi ) est le grand faucon (posé) sur les créneaux de la 


79 - 



— 624 jhH N -*- — 

— (7m) dévoiles ta face, {car) tu es Râ ; {tu) ouvres ta narine, {car) tu es Horus; 
tu déploies ta poitrine , {car) tu es Isis, et ton sein, {car) tu es Nephthys W ! — Les 
deux Sœurs se réunissent à toi; les deux Pleureuses te pleurent® . Pouvoir-divin (hk;) 
égaré ton ennemi, quand tu traverses le ciel {en barque), quand tu marches sur la 
terre, quand tu pat'cours le Noun, étflnt (m) Khonsou. Tu t’éloignes [vers le {ciel) 
lointain (?)], tu caches {ta) course, tu étends {tes ailes), suspendu sur ton appui! 
— Tu as vengé ton père, {quand) tu es venu en personne , {quand) tu as éclairé de 
tes yeux la couronne blanche ! Tu sièges donc avec Ceux-ypi-sont-en-lenrs-images- 
divines (3) , et Von vient à toi en Vie o {dieu) d’Edfou, maître de Pwn-t et de 

tous dieux et déesses de la Terre du dieu! — Tu exaltes (ék’-k) Fk-hr-t; tu gou- 
vernes {dans) Wffi(-t) ® ; on {te) prie (nh-tw(-k)) dans Bwgm ! Noun t’a engendré, 
Nauni t’a enfanté, tu es établi, étant (m) Râ, à jamais! Tu couronnes ® ton fils 
que t u aimes, Harsomto us-l 'Enfant fi ls d’Hathor, le g rand Ihy fils d’Hathor, le 
r °i ^ , fils de Râ ( Ptolémée ^|, le nhb-kj du Fawon-sw- 

son-s rh , à jamais ! ® . 

Là se termine assez brusquement le premier hymne. G 'est qu’à sa suite, 
en la seconde moitié de l’espace disponible, il fallait réserver la place 

demeure du ( dieu)-au-nom-caché {Bile ", hr snb-w h t ’Imn-m) ; une allusion est déjà faite plus 
haut au champ d’Ialou. Von Bergmann a traduit iî-k par : ta protection (si-k); mais les deux 
signes ne sont pas confondus, même à l’époque ptolémaïque. Le ciel, dans ce passage, semble 
conçu comme une vaste «demeure» h t, où vole le Faucon céleste {Hr, ou : Bile) : cf. l’étymologie 
du nom de la déesse Hathor. Son sommet possède des créneaux $nb, que le soleil atteint au 
centre de sa course, et qu’il abandonne ensuite pour redescendre vers l’horizon de l’ouest. 
Il ne s’agit pas du parfum du temple terrestre du dieu, comme l’a compris von Bergmann, mais 
dç celui du château céleste qu’il parcourt. 

(I) [/( ] h snb t-h m S-t, h-t-lc m Nb-l-h-t. Pour le sens de 'h, cf. Edfou, VI, 72, 8 : 'h ’-wi-f h’, 
Sm'm-Mh-m [= ( Ho]rm d’Edfou),.. . qui étend ses bra-s autour du Sud et du Nord. 

( ’ ! Hiy-ti h’, tm. Le déterminatif du disque solaire rayonnant est écrit par confusion entré 
■hUr* mener te deuil (Wb., III, 7, 1), et : h’,y = illuminer ( Wb III, 1 5 , if 

m ’lmtm ihm-w-sn. Périphrase pour désigner l’ennéade d’Horus d’Edfou, en tant que 
divinités auxquelles on adresse le culte. 

(i) Nmd-t[w] n[-A] m 'nh {?). 

,s > II semble que la préposition m n’ait pas été répétée, par erreur : rétablir : wd-lc (m) 
Wtn{-t ), nh-tw(-k) m Bwgm, au lieu de : wd-lc Wtn(-t), nh • tvo m Bwgm. De même, le signe à! 
est une faute pour nh. 

;5; H‘-k, au lieu de : éh'-k. 

® Edfou, VI, 100, i- 4 , à 102, 3 , 




— -«-»•( 625 )*♦•+ — 

du rituel général de la fête. Ainsi, à un hymne écourté (par comparaison 
avec le suivant), succède un cérémonial réduit aux indications absolument 
indispensables. Ce premier texte chanté, par ailleurs, apparaît tout lyrique : 
c’est un pur éloge du dieu, et rien ne semble y correspondre à des actes 
liturgiques. La première journée symbolique du soleil renouvelé y est 
célébrée. En dépit de quelques allusions au couchant, à la conservation 
du dieu, c’est son ascension glorieuse du matin, c’est sa royauté orientale 
dans Pwn-t et la terre du dieu qui fournissent presque partout la matière 
de l’éloge. Il n’en est pas de même pour l’hymne de la seconde phase, inséré 
dans le cadre suivant 1 

B) l’officiant prenait dans la main droite trois rameaux de saule tr-t, et 
dans la main gauche l’offrande principale : le bijou d’or, image du dieu 
d’éternité, un genou en terre, le disque solaire en tête, tenant dans chaque 
main une fronde de palmier. Le tout, monté sur le socle hb, reposait dans 
la paume du prêtre, qui le tendait au Faucon-vivant et à la statue d’Horus 
d’Edfou, en disant : 

L’éternité de Vie vers ton visage auguste : c’est le {dieu de) Vie {qui vient) 
à toi, ô seigneur de l’ennéade! 

A ce moment un autre chant s’élevait en l’honneur du Faucon-vivant. 
C’était d’abord une suite de louanges, qui exaltent l’aspect du dieu solaire, 
oiseau de proie et disque rayonnant : 


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Edfou, VI, 269, 1 4 -i 5 . 


626 )* <»■■ ■ 

Salut à toi, qui te réjouis sur le (trône-)mn—bi-t, qui réunis le pays me seconde 
fois J Les rives ( du jleuve ) sont tes servantes, à cause de la grandeur de ta force; elles 
exultent, quand elles te voient l~^Tu as ouvert tes ailes en Faucon divin, (et) tu domptes 
les cœurs de tes ennemis. Plus rapide que le vent quand il souffle, [pour sai]sir ceux 
qui t attaquent, tes yeux sont de jlamme pour brûler leur chair ; tes serres saisissent 
leur peau. Ils sont abattus à la course (siii) , lorsque tu passes W (à travers eux) : 
ils meurent à l instant devant ton visage ® . — Tu as fait ton siège dans la voûte du 
ciel, tu as atteint le circuit (du soleil), en paix ! Cours (gs), maître de cette terre, 
à (ton) pas de (dieu) de la lumière! [Les hommes) ?)J se lèvent au matin [pour (?)] 
t adorer ; les dieux et les déesses te protègent ; les êtres humains se prosternent devant 
ta face ^ ! Tu es honoré (s'h-ti) en roi dans le Sud et le Nord (de l’Egypte)-, les 
Neufs-arcs sont sous tes pieds (sbk-wi-k). Tu as éloigné ta forme de ce qui t’en- 
toure W, en ce tien mm d’Horus (=V Éloigné) ! Tu pénètres le (fond des) cœurs W 
sans que ta langue se lève en ce tien nom de Sijw (= Connaissance divine) ! 
Ceux-qui-sont-sur-le-sable ( 8 ), ils sont brûlés par ta flamme, en ce tien mm de 
Possesseur-du-trône ! Sois acclamé! Sois le bienvenu, en paix, (car) tu triomphes, 
(et) tes ennemis sont abattus ! W. 

A ces mots, le chœur s’interrompait. On apportait un premier bouquet de 
fleurs, monté sur tige rigide ( ( nh). Bien qu’il n’y ait aucune représentation 
figurée de cette phase du service, on peut supposer que le prêtre officiant 

(1) Image du roi sur son char de guerre, qui parcourt le champ de bataille en massacrant ses 
ennemis. 

f4) ffp-sn n i-tn fnd-k i ce sont les mots mêmes du récit de la première bataille du dieu contre 
ses ennemis, au texte du mythe* d’Horus du temple d’Edfou. 

{8) Gs, nb t\ pn , r nmt-t T>hw; nhp [rmt r (t)] dwl-k; nlr-w ntr*w 4 m gs-dp-t-k; wnny-w sn-tl m 
hr-Ic. Les lectures ptolémaïques de gs étaient encore mal connues à l’époque de la traduction de 
von Bergmann : aussi cette dernière diffère-t-elle beaucoup de la traduction proposée ici. 

(4) Périphrase qui désigne les divinités de l’ennéade d’Horus d’Edfou {cf. Wb., III, 
345, 3). f 

& Le jeu de mot entre hr-k et Hr est intraduisible. 

w Littéralement : les entrailles . 

(7) C’est-à-dire : sans employer hw, l’autre attribut essentiel de la divinité. 

(8) Les bédouins nomades, ennemis d’Horus et des habitants de la vallée du Nil. 

(9) L’assonance est réalisée par hri('W~Vy) et ni(r), rapprochés de hri-ns( 4 ), 

(le) Edfou , VI, 270, 10 à 271,5. 


le prenait et le déposait devant le Faucon-vivant, entre les deux divinités 
face à face W. Et les assistants de reprendre : 




J f ***** iL l AV*y** 

X 


£<*, * - h y w “ 1 1 1 * 1™ s 1 ; t, : A t y 1 n r, zz j » 

■ v 5 n s « t® 'a a 


Prends pour toi le bouquet de ton père vénérable, Horus d ’Edj'au-grand-dieu- 
du-ciel! Il te loue , il t’aime, il P accroît, il abat tous tes ennemis, qu’ils soient morts 
ou en vie ! ( 2 h II te loue, et te donne V éternité; il t’aime, et te donne l’à-jamais. 
Il te donne la vie qui est dans sa main, la prospérité qui est dans son poing. Il te 
donne la longue durée qui dépend de lui W (et) la santé (s[n]b( ?)), qui est en 
((h)r) sa main. Il te donne les millions de fêtes-sed, les centaines de milliers d’ans, 
en paix! Il inscrit pour toi une grande royauté en joie, et une longue durée en sérénité. 
Il t’élève, en sa grand force, et te donne la vaillance que (tiennent) ses mains. Il te 
donne la puissance de Montou, et la majesté de Miousis. Il massacre pour toi 
tous les peuples étrangers (qui sont) sous ton trône, il abat pour toi leurs chefs. 
Il frappe pour toi l’Asie (et tout) ce qu’entoure le so[leil, tant est grand (?)] 
V amour qu’il te porte! W. Tu reçois la (double-) plume de la main d’Amon, et les 
parures de la main de Kamoutef. Tu (te) couronnes de la couronne de Râ; tu prends 


(1) Cf. le rituel , plus haut : on lui donne le (bouquet cfe fleurs -) 1 nh, au nom de l’ennéade ( des 
dieux) qui sont dans le temple . 

(S) C’est-à-dire : que ces ennemis soient des êtres vivants , ou des esprits (opposition souvent 
marquée dans les textes de conjuration). 

< 3) nt(y) r-ktfl : cf. Maspero. Florilège Vogue, et Wb., III, 3 ào, 16. 

, 1 * * (4) * * 7 8 9 Hwfl n>k Spt m snw n i[tn, n 'Lf(?) n] mrw-t'k . 


possession de la charge d’Atoum. Tu montes au degré (royal), tu te dresses sur le 
srh, tu apparais sur le siège d’Horus! Tu viens à nouveau comme le grand Noun d), 
et tu inondes toute terre d) comme tu (le) désires! Tu te lèves comme se lève Râ dans 
l horizon, et toute terre W respire ton parfum $ ! ( Quand) tu viens, tout pays s ’ incline : 
ils se courbent devant toi, les Neufs-arcs ! Tout coeur d) s'emplit de ta beauté, 
comme de (celle de) Hâpi (qui arrive) en son temps. 0 Image (divine) vivante, 
ô Faucon-vivant! Horus d ’ Edfou-grand-dieu-du- [ciel protège ton corps; son ennéade ] 
anéantit tes ennemis! i6 ). 

Le bouquet* d’Horus d’Edfou a été offert. Il est un gage de royauté éternelle 
sur les dieux et les hommes. Le Faucon-vivant çeçoit alors le second bouquet. 
Le prêtre le déposait devant lui, à côté du premier. Il lui était envoyé de la 
part des trois grandes divinités qui ont fait les rois, de tous temps, en Egypte : 
Râ, Amon, et Ptah : 

* , iiïAsi , Ai.Sf|3î:rtn:i ; “i3s («TAS3ii.tr 

+ m ; w r ? m - : â ■ y <> ¥ (* + d : « a îïi 

¥f*ii.2Jy^=js:*r:îsi:&; 

Prends pour toi les millions en vie-dur ée-prospérité, (car) lu es roi du pays 


<’> Le Nil. 

tî'Wi pour tl (singulier) : emploi ptolémaïque. 

( 3) Même graphie. 

(4) Cf. plus haut i er hymne ; et tu sens le parfum de ta demeure . 

(5) h-t nb(>t) : cf. Breasted, Z AS 3 g , p. 3 g. 

(6) Ifr Bhdti ntr nb [p*t m si n li-w]-k, [p*d>t]f[hr] dr hfti>w*k . Les restitutions dans la lacune 
sont sûres, car cette phrase constitue le refrain final des quatre couplets de la seconde partie de 
l’hymne. Le premier couplet est réservé à Horus d’Edfou ; le second réunit plusieurs divinités ; 
le troisième est consacré à Hathor, et le quatrième à Atoum. Cf. Edfou , VI, 271, 5 , à 272, q. 


(nswy-k L-wî), (car) tu as triomphé! — [ Prends ] pour toi le bouquet (de vie) de la 
Majesté de Râ : (il est) pour le visage du maître des humains I (C’est) la longue durée 
d Amon-Râ, [ qui installe (?)] le pschent [(ir(?)] shm*ti) sur ta tête! Prends pour toi 
tes (deux pilier s-)àà, comme Râ; soulève pour toi le ciel (hr4), comme Chou! 
Que celui-ci éleve ton nom (royal) sur le siège d’Horus, et ta durée (de règne), à 
longueur d’éternité! Prends pour toi le (sceptre)- wîs de la main d’Amon-le Fart 
et de la main des dieux : il fait que tu commandes en tous pays; (il rend) ta force 
égale à sa force ! Il rend ton pouvoir égal au pouvoir du Grand Noun, de qui tout 
naît pour toute âme divine : tout ce qui prend vigueur sur terre courbe la tête vers toi, 
et les humains (qui sont) en ton orbite t adorent ! Prends pour (toi) les millions; 
saisis pour toi les ans (par) centaines de mille, (avec) tout le circuit du soleil b) ! 
Qu une durée éternelle prospère sur cette terre, et que ta Majesté prospère comme 
elle! Accomplis pour toi l’éternité, et atteins ses frontières, ô maître des deux uraeus 
qui se lèvent sur ta tête ! — - Prends pour toi le pavillon-sed [ de (la main de) Ptah 
(?)...], à jamais : tu te réunis à lui, tu saisis la couronne du Sud, tu (y) joins la 
couronne du Nord : elles se réunissent sur ton front ! — ô Image (divine) vi- 
vante, ô Faucon-vivant! Ptah au sud de son mur maître de ‘nh-tj-wî, Ptah ti- 
tnn père des dieux protège ton corps, et son ennéade anéantit tes ennemis ! W . 


On s’arrêtait un instant; on apportait le troisième bouquet de fleurs. 
L’officiant le prenait en ses mains, et le déposait devant le Faucon vivant, 
entre lui et la statue d’Hathor, Les choristes reprenaient : 




âÈ 4 U w S ^ î * S 5 M là x s ; 

=J2:k.-îsi»z 


ui 


Prends pour toi le bouquet de ta mère puissante , la grande Hathor de Dendéra ! 


(lJ Comparer, aux couronnements des rois humains, le ritepAr h 3 , tnb . 

Comparer le rite de la remise des deux couronnes par les dieux : h c nèw 4 , h f biit; 
cf. Sinouhé B, 271-272. 

< * * 3) 4 5 6 Edfou, VI, 272, a-11. 


— w( 630 )•**— 

Elle te loue , elle t’aime, elle te fait prospérer, elle abat tous tes ennemis, qu’ils soient 
des morts ou des vivants W ! Elle met ta majesté au (cœur des ) hommes, et ton amour 
au (cœur des ) femmes. Elle te donne vie et santé; elle rajeunit ton corps, à neuf! 
Elle te donne le Sud et le Nord ; elle frappe pour toi tes adversaires ; elle te donne 
le bonheur de son frère Osins S elle a pris possession pour toi de son ® trône, en 
triomphe! Elle te donne h pays de son fils Horm, quelle lui a donné (jadis) : le 
Delta (Mhw) ! On t’appelle en Egypte (Tî-mri) : Harakhthès le renouvelé! — 
O Image (divine) vivante , ô Faucon-vivant ! La grande Hathor de Dendéra protège 
ton corps ;< son ennéade anéantit tes ennemis!®. 

Pour la dernière fois, le chant s interroijipait. Le dernier bouquet des 
fleurs d’éternité parvenait aux mains du prêtre, puis reposait aux pieds 
du Faueon divin. Le couplet terminal s’élevait encore, cette fois au nom du 
dieu du soleil couchant : 

^ ^ fL jf "Y '4' ^ 1 ) 1 

Prends pour toi le bouquet de ton Ame : Atoum, et que la joie rejoigne ton cœur : 
tu es établi (à jamais) dans Ndm-'nh « ! Ton siège est sanctifié; il est plein de 
ton cœur est heureux, à jamais! O Faucon de l’orient, tu atteins (mainte- 
nant) M;nw (= la montagne de l’ouest , où se couche le soleil ), et ta barque 
est stable dans le ciel (hr-t) ! Tu navigues jusqu’à l’occident du ciel, en ta 
forme d’ Horus-qui-tient-haut-le-bras (tfrf>-<p) : les (dieux) gisants (n>, htptî-w')^ 

” T . Li.fc , 'T'.*.' 10 '"'â r ^ ** 1 • /ViW » < J- ■ r, u , - 

La reprise du rythme uutial pour le bouquet d’Horus d’Edfou est frappante. 

W Le trône (né-t) d’Osiris. Il s’agit d’Hathor-Isis surtout, dans ce passage. 

(9) Edfou, VI, 979, 11-973, 3. 

(4) Nom du sanctuaire du temple d’Edfou, considéré comme le lieu de repos du soleil, pendant 
sa course dans l’autre-monde. Von Bergmann (H. I., p. aâ , note 1) incrimine à tort l’état du 
texte, et ne discerne pas la conception théologique qui lie les parties successives de la cérémonie. 

G est la forme de Min-Amon-Kamoutef, divinité de l’occident, comme Atoum. 
m L’ennéade d’Edfou en sa forme funéraire. Cf. plus haut, 4* partie. 


— «•( 631 )« «» •■ 

s’éveillent sur leur siège; les âmes qui reposent dans l’autre-monde t’adressent 
toutes leurs requêtes, quand tu t'es couché dans la (terre de) Vie W ! O Image 
(divine) vivante : Atoum protège ton corps, et son ennéade anéantit tes ennemis! 

Les indications rituelles nous manquent, pendant la seconde phase des 
cérémonies au grand temple. Les seuls indices possibles sur l’action sacrée 
sont à chercher dans la composition des deux tableaux centraux du premier 
registre, et surtout dans l’articulation des deux hymnes. D’une part, les 
divers actes théoriques du couronnement du Faucon-vivant par les dieux sont 
l’objet d’allusions, faites sans grand ordre apparent au cours des textes 
chantés : remise des couronnes du Sud et du Nord ; réunion des deux Egyptes ; 
parcours du circuit solaire ; don des années de règne, et annonce des fêtes-sed. 
Ce ne sont que des allusions : les actes mêmes n’étaient pas accomplis par les 
officiants. D’autre part, le dessin de l’hymne repose tout entier sur l’offrande 
successive des quatre bouquets de fleurs. Ce don semble tenir lieu de tous 
autres rites de couronnement. De plus, il réalise une progression liturgique 
fortement marquée, qui peut être résumée ainsi : 

L’ensemble de la cérémonie porte comme titre général, au rituel : 
Réception de la royauté (par le Faucon-vivant), de la main de son père Horus 
d’ Edfou-grand-dieu-du-ciel ® : i° Le Faucon- vivant se lève en soleil du matin. 
Il reçoit, avec l’huile d’oliban, l’offrande et les hommages du monde, depuis 
son passage dans l’horizon oriental, jusqu’à son arrivée au zénith de sa 
course ; 2 0 II plane en roi divin, au centre de son empire : on lui offre alors 
les symboles de la domination éternelle. Ce sont : les rameaux de saule, et la 


L’occident, où pénètre le soleil couchant. 

< 2} Edfou, VI, 373, 3-7. Tout le chant a été publié par von Bergmann (H.I., pL XXVIII, col. 2, 
à XXXII, col. 20, et p. 2i-3 4 ), sous le titre de 1 er hymne. Il vient en réalité à la suite de celui 
qu’il appelle le 3 e hymne (cf. plus haut). 

En effet les textes chantés sont des actes de louange, et non des paroles fixées pour accompagner 
un à un les gestes des officiants'. Ils font allusion, dans leur ensemble, à des rites qui n étaient pas 
en fait réalisés (sauf la remise des bouquets d’éternité). La mention de ces actes au cours des 
hymnes avait, semble-t-il, la même valeur que leur accomplissement matériel de la main des 
officiants. 

f4) Edfou, VI, 102, 9-10. 


— **•( 632 )«« * --- 

figure du dieu Heh, puis le premier bouquet de fleurs, au nom d’Horus d’Edfou 
et de son ennéade. On chante sa louange, comme figure renouvelée de ce dieu ; 
3° On lui offre le second bouquet de fleurs, aux noms de Râ, d’Amon, de Ptali, 
et de leurs trois ennéades. Le Faucon-vivant s’assimile à ces trois divinités, 
et saisit tous leurs emblèmes ; 4° On lui offre le troisième bouquet de fleurs, 
au nom d’Hathor de Dendéra et de son ennéade. C’est à Edfou la déesse 
suprême, qui résume en elle la nature et la puissance de toutes les autres 
déesses du pays. Ce sont donc, en elle, toutes les Mères divines de l’Egypte 
qui le protègent; 5° Le Faucon-vivant atteint la région du couchant. Il 
va pénétrer dans l’autre-monde. On lui offre le quatrième bouquet de fleurs, 
au nom d’Atoum dont il prend, à son tous, la nature. Toutes les divinités 
du séjour des âmes font alors cortège à Harakhthès renouvelé, et la première 
journée de règne du nouveau roi s’achève pour recommencer au matin 
suivant. 

Telle est la fiction qui forme le support de l’action sacrée, tandis que le 
Faucon vivant reçoit confirmation de ses pouvoirs, de la main des dieux. 
Il reste alors une dernière partie des rites à accomplir, pour achever le 
programme de la fête du i er Tybi. C’est dans le sanctuaire é-t-wr-t qu’ils vont 
se dérouler. 

3° Troisième phase : cérémonie du étp-s’ d’Horus d’Edfou et du Faucon- 
vivant. 

Nous avons admis, d’après certains indices, que la cérémonie de remise 
de la royauté venait de se passer en avant du sanctuaire. A partir des deux 
premiers tableaux du second registre, au contraire, le centre de Faction 
se trouve dans le sanctuaire même fo. C’est donc qu’on pratiquait un nouveau 

(1) Cf- plus haut, discussion de ce point. En plus de ia question de l’ allumage du cierge (Edfou, VI , 
i45, 1), il faut tenir compte du fait suivant. Au début de la litanie des dieux protecteurs, parmi 
l’énumération des lieux et des objets qui touchent ou avoisinent le Faucon-vivant, on déclare : 
C’est la protection de son ( tabernacle-)hd , de son ( naos-)k’,r , de sa ( barque-litière-)wls-nfrw , de son 
voile ( dans le tabernacle) mnh-t, de ses amulettes ( attachées à sa slatue)-s’-w, de ses ornements ( id .)- 
hlcr-w (Edfou, VI, iô6, a-3). Où pourraient être réunis tous ces accessoires si proches de la 
statue du dieu, sinon où nous savons par ailleurs qu’ils étaient : dans le sanctuaire central é-t- 
wr-t du temple d’Edfou? Enfin, le texte complémentaire du pylône met dans la bouche d’Atoum 


— «*{ 633 )«*♦< — 

transport des images divines, une fois la seconde phase du service terminée. 
On plaçait, semble-t-il, de nouveau le Faucon vivant dans la litière du dieu 
d’Edfou, et les deux dieux, désormais mystérieusement unifiés, pénétraient 
les premiers dans leur sanctuaire obscur. L’image d’Hathor suivait la pro- 
cession, et prenait vraisemblablement à son tour sa place habituelle dqns 
le saint des saints. Les deux tableaux extérieurs du second registre, au 
mur nord, indiquent alors l’installation nouvelle des deux divinités W* Dans 
le sanctuaire deux lits funéraires (rniî-t) étaient dressés l’un derrière l’autre 
Leurs montants latéraux figuraient des lionnes debout. Ces couches osiriennes 
étaient divines : derrière elles, aux deux tableaux du mur, deux divinités 
féminines personnifient leur essence surnaturelle . L’une est Mn-bî-t (la Couehe- 
de-V abeille), ou : Mn-t (la Nourrice du dieu d’Edfou). L’autre est É-t-wr-t (la 
Grande-chaise) , ou : IVis-t-Hr (la Litière d’Horus) (3) . La première, à tête de lionne 
comme la couche elle-même, la couronne du Nord en tête, dit au Faucon-divin : 

3*îaMT:=[«]JX* 

J’ai établi ta Majesté sur mon giron (ihti-i), comme un roi, sur ton gmnd 
siège! J’ai allaité ta Majesté sur mes genoux ; je t’ai élevé en roi ! 

parlant du Faucon- vivant : tu as vu le (dieu) d’Edfou dans son saint tabernacle (mil le Bhdtt hnt 
hdfsps) (Edfou, VIII, 109 , i3). Or, si l’on admet que la statue d’Horus dans la cabine de la 
litière ne comporte pas de tabernacle, où le Faucon peut-il voir Horus dans son hd, sinon dans 
le sanctuaire s-t-wr4, quand on l’y a placé à nouveau? 

( l ) Cf. pour le tableau de l’ouest iEdfou,p\. phot., 555-556 ; pour le tableau parallèle à l’est, 
il n’y a pas de planche photographique dans l’édition Chassinat. 

W Des exemplaires de lits funéraires comparables ont été trouvés presque intacts dans la 
première chambre du tombeau du roi Toutânkhamon : cf. Carter-Mage, The tomb of Tut-ankh~ 
amen, I, pi. XVII (lit funéraire à montants latéraux en forme de lionnes stylisées) i pi. XVIII 
(montants à corps de lion ; pieds de vache, et têtes d’Hathor-vache) ; pi. XIX, XXVIII (montants 
à corps de lion; têtes de Thoéris-hippopotame). 

( 3 ) Ces quatre termes sont féminins. La nature de la première déesse est encore désignée par 
les termes de : le (trône>-)bhdw du (dieu) d’Edfou , le (trône-)téb4 qui est dans le Chateau-du - 
trône, le siège-)spl-bt4 de Râ, son grand (siège-) p qui est dans P (Bouto) et Msn(ft) (Site). 
La seconde déesse est aussi : V (estrade-)bm-hmr de Râ, la maison de couronnement (. Pr-h e ) 
d’ Harakhthès, la puissante (déesse ) , la première des places (saintes) (hnt mv-w-t). 

( 4 ) Edfou, VI, 1 5â, 8 ; 3o4, 6 - 7 . 

Bibl d 3 Étude, t. XX, 3 * fasc. 60 


— •»■ ■»«( 634 )»«» •■ 

La seconde, deesse a iace humaine, dont la coiffure hathorienne s^orne des 
groupes hiéroglyphiques qui écrivent ses noms, déclare à Horus d’Edfou : 

éssïKm^-jD^n:-; - ASttHrjns.i.* 

irvr* 

Je suis autour de toi (wnn-i ni swîw-k) ; je protège ton image, comme un puissant 
rempart qu on ne renverse pas! Je t encercle (wnn-i h ; • k ) comme un mur de fer : 
{c est ) la protection de ma Majesté, qui entoure le maître de l’univers ( \1) nb-\v) ! W. 

Sur le lit luneraire du fond, probablement adossé au grand naos (kir) 
de pierre noire, on plaçait la statue d Horus d’Edfou, la face tournée vers 
1 entrée du sanctuaire ; sur le ht funéraire central, on déposait le Faucon-vivant 
et son perchoir royal êrh, tourné dans le même sens que la statue. Ainsi 
les deux images de la divinité d’Edfou trônaient, comme elles l’avaient fait 
déjà dans la loge royale ( ésd ) du Temple du Faucon, l’une devant l’autre. 
La périphrase consacrée de Siège des deux-dieux (S-t nlr-wî), si souvent 
employée aux textes d Edfou pour désigner le temple, se trouvait ainsi 
matérialisée aux yeux des assistants présents au sanctuaire, au cours de l’après- 
midi du i er Tybi. 

Les deux aspects essentiels de la première cérémonie dans à-t-wr^t 
sont les suivants : i° Le rite est celui du étp-si du culte royal, transposé 
en un culte divin; â° Le caractère funéraire de ce rite est très marqué, car 
la première des deux personnes divines d’Horus d’Edfou y est considérée 
comme Osiris, renaissant en la personne du Faucon-vivant. 

Il s’agit donc, une fois le couronnement proprement dit achevé, de pro- 
téger le dieu conservé et le dieu renouvelé par tous les moyens que la science 
îeligieuse mettait au pouvoir des hommes. Les divinités de la connaissance 
sont en avant : les grands officiants sont trois. Ce sont Thot, le roi, et 
Séchât, doublet féminin de la personne de Thot. En pratique, rien n’est 
changé à la distribution des premiers rôles dans le sanctuaire. Le prophète 
prêtre du roi et le premier hiérogrammate sont toujours en tête, l’un 


(1) Edfou , VI, i5 a, io ; 3o4, 9 . 




■v’rr 


T' 


— «•( 635 )•«— 

prenant les objets doués du pouvoir de protection, et les plaçant un à un ; 
l’autre lisant le manuscrit, et agissant par la puissance de sa parole. Le chœur 
des assistants est toujours le second élément actif de la cérémonie. Sous la 
direction du cérémoniaire, il va chanter une longue litanie incantatoire. Cette 
litanie prolonge et amplifie l’action de ceux qui conduisent les rites de la fête. 

L’ambiance est de suite donnée par les formules des en-têtes, qui n’ont 
d’ailleurs qu’un rapport partiel avec l’ensemble de la cérémonie b). Les 
titres sont : 

rPSj^ÇIïT" - CTin 

On noue le nœud de (jonc-jsnh ( 2 ); on lit l’écrit; on fait la protection de la 
maison; on noue V (amulette-) wd;. Le reste est mis dans la bouche de l’officiant 
royal : 

TT-irjzmi 

Je (te) touche (avec) Vhuile (smMM gsw) je noue le noeud de (jo»^)snb, 

et [ ] : tous tes dieux font ta protection! J’ai pris le (bijou-) hh pour V attacher 

à ton cou, Vhuile de la maison-de~Yi$ (gm n pr-nh) W pour en garnir ^hn) tes 

• — r— ¥ » ^ Ï-* » y ^ r" ■ d L J 

Les opérations manuelles effectuées y sont trop nombreuses pour qu’une formule unique 
d’ en-tête en puisse donner une idée : ce sont dç véritables textes rituels particuliers, placés 
dans la bouche du cérémoniaire, qui en indiquent l’essentiel, plus loin. 

w La plante snb (ta jonc aromatique) joue un grand rôle ici dans les cérémonies de 
protection . Elle est en parallèle avec la plante ntrt (Edfou, VI, 399, 7), peut-être identique à elle. 
Elle a un rapport particulier avec Bouto et Chemmis, les sanctuaires dynastiques du Delta ; en 
ce sens, elle s’oppose à éw 4 , le jonc de Haute-Egypte (Edfou, VI, 3 og, 7). 

(3 > Cf. Wb., V } 303 ,*i 5 -i 6 . 

(4) L’huile de la maison de Vie servait au sanctuaire du temple comme au Tapt%etov (w'b(-t) : 
cf. plus haut, l’huile d’embaumement de (toutes les) pierres (fines) du dieu, vantée par Djedhor- 
le-Sauveur, à Athribis (Ann, Serv., XVIII [1919}, p. i 46 ). Il convient d’ajouter le présent 
exemple d’emploi de pr-nh à ceux du Postscript de Gardiner (en partie. P. Crnro, 58037 /&j 1), 
dans JE A, 2 4 (1938}, p. 178. Gardiner aboutit à une conception trop restreinte de ce que 
recouvre le terme général de maison de Vie, 


80. 


membres, et le (jonc-}ênb-pour rendre saine ta chair! V (amulette-}vfà’,M est devant 
toi avec Cehii-qui-s est-créé-lui-même ® , et Celui-qui-s’ est-révélé-dans-Chemmis ® 
est en face de toi! (Voici} le (jonc-}$nb pour ta tête , (et} l’uraeus sur ton front W! 
Les grands (dieux} se réunissent à toi, les déesses se dressent (vers toi}. La grande 
(piece} de (fîssws-)idmi ' 5 ' est nouée à ton cou : ta protection est la protection des 
dieux ( 6 ) ! 


Les indications rituelles les plus complètes et les plus caractéristiques, 
parmi les longs textes des deux tableaux du étp-s], sont placées dans la 
bouche du prêtre du roi, avant la litanie protectrice : 




\ s -t = s 1 r 1 1 * v r. - rr; s-, t> = ; t- y ± * - 1 : 


' \ 

^ $ <= 

^***> I I 




[iin - 


# .1 


Je viens devant tôi, Grand^ieu-àu-plunmge-moucheté, (et) en présence de Râ qui 
repose dans la terre-de- Vie ! (J y viens) vêtu de la forme du Protecteur~de-la~ 
chambr<h(royale) ^ ; je fais la protection de ta maison, de ton siège, de ta chambre 

~ T • r rr ■ ' » ^ ' Mtl — — rç— r* - * t i ■■ ' II. J M ,r 

* ' Presentee avec le collier pour la suspendre au cou (c’est le cas presque général). 
m Epithète de Thot. C’est Thot, en effet, qui présente l’amulette wd ’ . au tableau est. 
Epithète d’Horus. 

(i> E* 1 effet, Thot offre, de l’autre main, l’uraeus, façonnée en bijou-amulette, sur le socle hb. 
w ”•< » *émi : le tissus rouge, parmi les étoffes rituelles du coffre mr-t. 
m Edfou, VI, i 43 , 12-16,; 298, a- 5 . 

' ï; It-n-t hr-k, ntr i sîb sw-t, hft R' htp-f m nb-t, pr< m irw n Slw-hnk-t. La phrase est très 
importante pour la compréhension du rite. La première épithète désigne le Faucon-vivant, 


— •*♦{ 637 — 

('•t*k). J’allume pour toi le cierge pour faire la protection de ton (trône -} srh (st-i 
n-k tk; r ir si srh-k). J’entoure ta maison avec la Vénérable-en-protectiom (èps-t- 
spw) W. J’entoure (d’un bandeau} ta tête (mfjh-i tp*k). ( 2 L J’orne ton cou du 
lien de tissus royal brodé Je te noue le voile (p|k*t) et l’étoffe blancke (?) (sp n 
hd-t(?)), la gaze (?) (hîtiw) et le fil noir (nmw km). Je saisis (sd-i) pour toi 
les amulettes de (l’œil-}wà’A, les (deux yeux-}br-wi et la perle de malachite (?) 
(swr-t n widwid-t). Je t’attache les amulettes d’or pour ton cou, (et} le collier de 
cornaline (hh n hrs-t) potitr ta poitrine ; le faucon, la genette (mifd*t) et le lion 
de f agence (thn-t), qui font ta protection et multiplient ta garde ; la Thouéris de 
fayence, le scarabée de Turquoise (hprr n mfki-t), les socles faits (de bois ) d’olivier ( 4 ) 
(si(-vv)-t îr n blk) s qui 'te protègent., — Je rends puissante ta Majesté contre 
l’Ennemi avec le (sceptre-} wis^ (je rends puissante ) la couronne blanche pour ta tête 
avec (le sceptre (?))’ d’ébène. Je fais la firotfetion de ta p&rsohné (kl -F) avec ces 
( figures de} divinités tracées sur le sable (q$i est} sous ton lit (fît nn ntr*w ht in s '-y 
hr smi-k). J’encercle ta chambre ((tnk-t) avec la coudée de tamaris (m mh n isr), 
le bâton (mdw) qui abat tes adversaires. Je dessine un (œtP)wdl-t à l’ocre rouge (?) 
(m Sty) sur le sol (hr sîtw^» pour que ta Majesté repose en son intérieur (r s&r 
hni-k m hnw-s). Je protège ton lit (smi-k) et je fais la garde de tm chevet (wrsJc) 
avec leur formule protectrice, selon ce manuscrit J oins (gs*î) tes membres avec 

m ™ ^ 4 « * . , t* • * 1 - i * . ' - 

dieu sensible au monde, et le terme de Râ s’applique â Horus d’Edfou, dieu caché au mande, que 
représente à cet instant sa statue. Co dernier est gen&é maintenant couché (çn tant que dieu* 
soleil) dans V au-delà. Le roi, Horus-Chou fils de Râ semblable au Faucon-vivant, tient aussi le 
rôle de Thot, le protecteur du cotps d’Osiris dans la chambre d’embaumement (knk'tl—prj-itk)) 
selon l’ancien service royal étp-sî. 

W L’épithète semble s'appliquer à ou wts4-Hr, le siège divin sur lequel repose la 

statue de Râ : c’est Hathor elle-même, dont on a déjà réclamé la protection à l’entrée dans le 
temple, et qui est pour le dieu un mur de fer qui V encercle, 

W Le diadème de tissus, qui porte l’uraeus d’ Hathor. 

(3 > [dtp n mnh4-nsw4] hr littéralement : portant figures (représentées sur 

l’étoffe). 

W Cf. bîfavo ( Wb I, 4a4, 1 , d’après Philæ* [ 2 5 1 9 ], phot. 446), Il existe un autre 
exemple de ces ; Edfou, VI, i56, 5. Il s’agit, ici d’amulettes protectrices en forme 

de petits blocs ou plaquettes de bois. Ces madriers en miniature étaient censés représenter 
les supports qui soutenaient la terre, et comme tels étaient offerts à Râ maître de l’univers. 

(5) C’est-à-dire : la formule qui concerne chacun de ces objets, dans le manuscrit que 
je lis. 

Bibl. d* Etude, t. XX, 2' fasc. 81 


— «< 638 

l ’eau-de-ta-bouche * (1) . Je noue le nœud sur ton voile, et (je) le dénoue J’invoque 
les dieux qui font ta protection, (ceux) qui font la garde de ta maison, aussi loin 
que s etend le ciel (r s§ kbliw). Je fais que ces (dieux) soient établis dans le 
temple du Faucon divin, et montent la garde, nuit et jour, à jamais M ! Thot est avec 
moi, muni de ses enchantements ( > fo'W*f) ; il fait la protection de ta maison avec ses 
formules ! W. 

h + >-<’ v u n y.' ' ; ?n ~ i ~ i : t «> i aai aiiiiBiiMM 1 1 7 ? 

^ A . i w» » «i* b-»^ J \ T - * lui 8*1 I *.?. i 

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a +• ï s ^ s? r; c ^ r, n z. z = •= $ r n i ; s 


T^rrr 


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" n ' 1 1 •" J < 1 ' i. 


<’> Périphrase qui semble désigner l’huile d’oliban, la plus souvent offerte à Horus d’Edfou 

(cf. service journalier). Voir plus haut, l’huile (géw), qu’on voit offrir effectivement au tableau 
ouest. 

Js t ts-t rn dr-Ic hn ' wh\-t)é{y). Cf., au texte suivant : lj-i n-lc tj-t m Ip, n drk, ivl/n i r 
W 0n P eut approcher de ce nœud ts-t l’existence, attestée plus haut, du nœud de (jonc-) 
énb, parmi les accessoires que le prêtre ajuste à la statue d’Horus. ’ 

< 3) grh(-hrw), r km d-t. Le disque solaire a été oublié : cf. Edfou, VI, i 28, 6 (où il fait suite 
au disque du groupe grh). 

(S) Edfou, VI, 1 44 , 1 5 , à 1 45 , 1 1 . Les trois dernières phrases annoncent le début de la conjura- 
tion des divinités protectrices , qui arrive ensuite, 


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v i s ~ ït = ~ ; l m ■ v *; - it 1 ?î “ 12 i s s ~ v n s> 

= IStüJÉMVàlîrrJVPi.î.JSîA—îj 


Je [ 1 viens ] à toi, Grand-dieu-au-plumage-immheté, 6 (Faucon-)éi’,w divin(ntrl) 
sur [son] (<rone-)srh, [en son siège(l)] primordial O ([m s-t-f n (?)] tp-')! 
La grande Séchât est en arrière (m-ht), ainsi que l’Ibis (?) (lir Thn (?)) ( 2 ), pour 
faire ta sauvegarde (r ir s’-k), munis des mots de sûreté, et de la protection (qui vient ) 
à son heure, en tout mois (?) 

[Thot (?)...] ta tête ; il ceint ton front de ton (serpent-)s]-U ^ ; je te noue 
le faucon [...], le scarabée de fayence ; il te donne la grande (pièce) de (tissus-) 
idmi, pouf ton cou. Je t’apporte le bélier (bl) et l’Enfant (hy) de lapis-lazuli, le 

(dieu-bélier-jkrïi et le Khnoum de fayence. [ ], les beaux [...] de pierres 

dures, et les (sceptres-) wid de lapis et de turquoise. Je t’ajuste les perles de pierres 
dures de Maât, la Thouéris de silex et de (bronze-) bil, V Image-de-Râ en or, pour te 
restituer tes membres (r sxp n-k '-w-t-k), le Cynocéphale (s l) de fayence & pour te 


*i4* 


4 - 


(,) Siiw ntri hri-[lp] érh-[f, m s-tf n ,(?)] ip-'. 

« Il est préférable de supposer une négligence de gravure, qui donne à Vibis de Thot 
l’attitude de l’oiseau gm. 

1 m g, r iwf m tbd nb. Pour la correction apportée à sw, cf. l’écriture correcte ; Edfou, VI, 

1 48 , 8. Il s agit là du titre d’un recueil de formules de protection appropriées à chaque 
jour de chaque mois de l’année. 

w II s’agit de Vuraeus de Râ, que Thot en effet présente au dieu, au bas-relief de l’est. C’est 
un exemple très rare de s’,-tî ainsi appliqué (cf. Wb., III, 4 10, 16-1 7). 

(5) Symbole de Thot protecteur. 

8t. 


protéger. [. . .], les cœurs d’(or-) sî-w£ la grenouille (pgg-t) (,) d’argent, les ( sym- 
boles -)sj de [ ],de [tur] quoise (?) ([mf]kj*t(?)) et de lapis-lazuli. Je crée (wtt-i) 

les figures des dieux (?) (lwt-w ntr-w (?)) en les traçant (m sphr) (2 ). J’oins ta tête 
avec Vifiuile d’)oliban de Pwn-t; je frotte tes membres à l’onguent parfumé (m 'd 
ndm) . défais ta protection avec le (jonc-) sw-t, le ( papyrus-)wiü , le souchet odorant (?) 

des (déesses-) Hat Hor (m’ bnr n Hthr-w). Je te noue le nœud, en son temps 

(voulu) (1) (r tr-f), avec la bandelette (ssd) de (tissus-)xÿ y et de (wile-jp Je 
purifie ta face ({'•! hr-k) , crachant pour toi à terre (psg n^k r t’J, (et) faisant (pour( ?)) 
toi le (geste rituel-)rm.n, par quatre fois , tout en crachant (T) (ïr (n-k) rmn, sp 
fdw, hn p(s)g(?)) (3) . Je dessine po ur toi les figures des coupes, à l’encre (noire) et à 
l’ocre rouge W, (sphr-î n*k snn-w n m r(y*t) hn' sty, ...[...]) 

[. . .] le natron; (je) frotte (sin) pour toi tes membres avecl’oliban ( ?)( 5 ) (i^-t-ntr). 
Je te noue le nœud au sommet de ton voile (m tp n dr-k), (et) je le dénoue en vue 

du \le]ver du jour ^ wh'-n-i r [s]hd t’). Je brise [ les ] inscrites à l’ocre 

rouge. Je porte le lait à ta bouche (d;-n-i r’-k m irt-t) d). J’égare les foules (en- 
nemies) (ttf-n-î 'sî-w), je mets en pièces les démons (bhn n-i smjy-t), (quand) 

■ >1 - 1 — ir ^r -t — i ‘ — .. tyw r» ”" — — 1 " T T? Th — — * — , ■ ' ■ r — ' 

W Nous avons ici un second exemple d’un mot pour lequel le Wôrterbuch ne connaît qu’une 
seule référence : Pap . médical Hearst, i3,6. L’unique exemple jusqu’ici signalé comporte le 
déterminatif de la peau d'animal : on ne pouvait donc préciser le sens du terme. Ici, au contraire, 
nous avons le déterminatif de la grenouille ou du crapaud , qui du même coup livre la valeur exacte 
du mot. Les œufs ('mm) de cette espèce étaient employés comme remède (cf< Wb., I, 563 ? 
8 ). Son image était aussi une amulette, symbole de vie éternelle. 

(J) Il s’agit, semble-t-il, des images divines que l’officiant trace lui-même sur le sol, à l’ocre 
rotige, ou sur le sable qu’il verse sous les lits funèbres d’Horus et du Faucon-vivant. 

w Le texte semble altéré en deux points de cette phrase. Le geste rmn pourrait être celui 
du rmn p4 (ou kl hr-L etc.),, souvent représenté au temple d’Edfou. Précisément, Onouris - 
'Chou fils de Râ, c’est-à-dire le premier officiant, l’exécute au premier tableau ouest du second 
registre (Edfou, VI, i43, 8 - 10 ), au moment des cérémonies au sanctuaire du grand temple, 
le i er Tybi. 

Le rite de protection par les coupes recouvertes d’écrits et de figures, puis brisées ensuite, 
est bien connu. 

(5} Déterminé par les trois grains, le terme, qui s’applique soit aux corps gras, soit aux résines 
odorantes employées au cours des services divins, désigne ici le parfum gras à base d’oliban, 
si fréquemment en usage à Edfou. 

w Rite de protection pour la nuit : on noue le nœud pour sauvegarder le soleil couché ; on 
le dénoue d’avance, pour aider au lever de soleil du jour suivant. 

(7) Cf. réminiscence classique et même construction ; Urkunden, IV, 2 ^ 0 , 1 . 

(8) Littéralement : régare de nombreux. 


— • * *( 6àl )«*-*- — 


tu parcours les déserts de tous pays étrangers M; je rends sains tes membres , quand 
tu te lèves ® |pr*n«k r-h^), et V amour [que) tu (inspires alors) est grand, chez ceux 
(qui sont) sur la terre ^ (tpi-wfc)! J'invoque pour toi sa Majesté (== Hathor ), 
(sur les trente jours du mois ) W (tp hrw 3o), ( afin qu)elle protège ta Majesté 

cmtre( ) . Je récite pour toi les formules de repousser le mamais-œil à la pointe 

du jour n hsf ir4-bin-t, dwjw dw;w), et leur pouvoir ne cessera de faire 

merveille avec lui M (n ir ;b ;h hk?*sn Leurs protections font ta protection, 

et multiplient ta garde! C'est h roi qui fait ces choses à jamais (mn-w^h) dans le 
temple du Faucon divin (pr Bik ntrî), sans fin ni cesse, éternellement ! 


— Thot-Râ est à coté de moi : il déploie ses rouleaux (hr pg* md^w-t-f), il te lit 
leurs formules magiques (rî-w tri m hk'-w) ; il scande (nis) les maîtres mots (’h-w) 
qui protègent les membres , il crache ses sentences choisies (br psg (sic) d?is-w-f 
stp*w). Salut à toi, Râ qui possède la protection (R e nb mk-t), (d dieu) qui éloigrw son 
siège loin de ses ennemis, qui crée ses protections en vue de (leur) massacre (r s'-t), 
qui purifie ses membres de tout mal ; qui façonne (la création) en (suivant) son chemin 
(céleste), chaque jour (nb hr bi’-f, m br-t-hrw}; qui s* avance sur la voûte que 
Chou tient soulevée et illumine te pays de sa lumière! (O dieu) qui se lève à V orient 
du ciel, qui révèle (aux yeux des hommes) ce qu'il regarde (dx ss n dg*f ),qui dispense 
sa sauvegarde à ceux qui le servent, et sa protection à ceux qui le suivent ! Ô maître 
de Maât , qui touche la terre (gm t>), qui traverse le ciel, qttt parcourt Nauni ; 
ô maître de la lumière, [Dieu) illuminateur de tous les dieux! 


— Le Fils de Râ Ç Ptolémée J vient à toi (qui es) son maître, Harakhthès ! 
Il adore ta beauté, il exalte ta perfection ! Protège-le, garde-[le. . .],o Râ, de faute ( c b) 
envers la majesté de Sekhmet, (protège-le) de ses esprits vengeurs ^ (m c - nwn-w-s) ! 


Allusion à la croyance que le soleil parcourt toutes les terres étrangères pendant la nuit. 

Sous-entendu i de nouveau sur l’Egypte. 

Les Egyptiens, quand le soleil se lève sur leur pays. 

(4) Le sens normal est : tous les 3 o jours (=* au début de chaque mois)^ Mais ici, le conjùrateur 
semble plutôt invoquer la déesse, pour qu’elle exerce sa protection sur Rà chacun des 3 o jours 
du mois. À rapprocher de la protection qui vient à son heure , en tout mois , au début du présent texte. 

W Le pouvoir des formules (rLw). Lui semble désigner, dans ce titre de recueil d’incan- 
tations, Seth qu’on évite souvent ainsi de nommer par son nom propre. 

W Nwn semble formé de la même façon que nwn4 (Wb., II, 229 , 7 ) ", ses deux déterminatifs 
précisent le sens du mot. 


— **■( 642 )*»-- 

Délie-le de toute maladie (m-' h;y4 nb), délivre-le de tout mal! Hommes, ou 
divinités, âmes des morts glorifiés ou non, etc. (’h-w mt-w, hmw-t-(rj)) n ac- 
compliront pas ce que médite leur cœur sur (?) lui (?) M (n îr...dd îb-sn im-f) ! 
{Car il est ) l’Image(divine)-vivante, le Faucon-vivant, le dieu unique, mis au 
monde par la Lumineuse (lh-t) : les mains de la Puissante (Wsr-t) W protègent ses 
membres! Il est le Faucon en sa jeunesse, à l’intérieur de son nid de Chemmis : les 
amulettes qui protègent les membres lui sont consacrées (ir-tw n*f) par sa mère Isis! 
Lui est nouée la protection du (/onc)-snb divin (Is n-f si n snb ntri), pour qu’il 
fasse reculer le rempart de ses frontières, pour qu’il mette en déroute les étrangers 
(r sl.im-n-f kwy*w) ! Saisis (hwtf) protection derrière protection : elle vient, la 
protection ! W . , 

Une telle énumération d’objets, de gestes, de paroles conjuratoires donne 
une impression confuse. Le fait que le texte est double, à cause des exigences 
du plan décoratif, l’augmente encore. Un certain nombre de manipulations 
en effet, citées des deux côtés, font double emploi. Il est difficile par ailleurs 
de discerner un ordre parmi tous ces rites de protection accomplis dans le 
sanctuaire sur les images des deux-dieux et autour d’elles. On peut ce- 
pendant tenter de les grouper sous les titres suivants : 

A) Allumage du cierge, pour éclairer le sanctuaire obscur : c’est le début 
nécessaire de toute cérémonie dans é-t-wr-t. 

B) Soins donnés au corps de la statue : i° Pose du diadème royal au 
front de la statue W; 2 ° Pose d’une première série de pièces de tissus; 3° On 
attache les amulettes protectrices, ou on les insère entre les bandes d’étoffe; 

(,) Ou : contre lui (?), si l’on admet r f au lieu de im-f (im est très douteux : cf. Chassinat, 
Edfou, VI, 3oi, I, note î). Le sens de la phrase semble être : aucune puissance au monde ne 
pourra, grâce à la protection de Râ, agir selon son bon plaisir (hostile) à l’égard du roi. 
Pour dd tb, cf., Wb., V, 6 a 3, 4. 

(,) lh-t et Wsr-t sont deux des épithètes d’Hathor. 

w b w tf signifie littéralement : pille, prends comme butin. 

w Edfou, VI, 399 , 8 , à 3oi, 4. 

(5) Comme on le pratiquait sur ces statues divines figurées qu’étaient les cadavres humains, 
préparés selon les rites du culte funéraire. 

Il semble peu vraisemblable que la grande majorité des objets énumérés aient pu véri- 
tablement toucher le Faucon vivant exposé sur son perchoir, devant la statue de Râ. Tl est possible, 


643 > 


4° On touche la statue avec les diverses huiles parfumées ; 5° On recouvre 
toute la statue avec un voile noué au sommet. 

C) Protection des alentours des images divines W : i° Sous les lits funèbres 
et autour d’eux, du sable a été versé : l’officiant y trace des figures de divinités ; 
2 0 Le prêtre fait le tour des litières avec divers instruments ; 3° Il dessine sur 
le sol, autour d’elles, des yeux wdpt à l’ocre rouge. 

D ) Conjurations parlées, accompagnées ou non de gestes : t° Imprécations 
sur les figures d’ennemis du dieu, dessinées sur des coupes de terre. On 
brise ces coupes ; 2 0 Lecture d’exorcismes pour le lit et le chevet des 
divinités; 3° Conjuration des ennemis du dieu pendant la nuit; 4° Invocations 
adressées à Hathor-QEil de Râ; 5° Conjuration du mauvais-œil. 


E ) Manipulations opératoires diverses : l’officiant crache à terre, par quatre 
fois, et fait quatre fois le geste de Chou qui porte le ciel. Il touche la bouche 
de la statue avec du lait W. II noue et dénoue le nœud, fait d’une tige de 
jonc énb, qui ferme le haut du voile de la statue. 

Pour mener à bien cette première partie du service au sanctuaire, il a suffi 
jusqu’alors des deux prêtres conducteurs des rites. Le prêtre du roi — ou : 
serviteur du Faucon — agissait, et prononçait les courtes formules opéra- 
toires; le cérémoniaire psalmodiait les textes d’accompagnement, en suivant 
son manuscrit. On entamait ensuite la seconde partie de l’office protecteur 
dans i't-wr-t : 




J’invoque les dieux qui font la protection ( d’Horus ), ceux qui font la garde 
de sa maison, aussi loin que s’étend le ciel W. C’est la grande litanie, qui 

j. — — — — 

par contre, qu’on ait réellement procédé à une vêture et à une parure très complètes de la statue 
du dieu d’Edfou sur le lit funéraire. Tout ce qui était accompli sur cette personne divine comptait 
pour l’autre, puisqu’à ce moment les deux personnes sont parvenues à une identification 
complète de leur nature. 

(1) Il n’y a plus ici contact avec le corps du dieu : les mêmes soins peuvent être donnés à la 
statue et au Faucon divin vivant. 

W Le Soleil naît de la Vache céleste sous la forme d’un veau de lait à la bouche pure. 

W Cf. plus haut, premier rituel de la protection. 


-**»»( 6 ih )•*§ — 

occupe le reste des deux tableaux extérieurs du second registre Tous les 
prêtres présents à l’office du i er Tybi prenaient part, semble-t-il, a son 
exécution. Elle conjure les dieux les plus variés, non seulement sous leurs 
noms généraux, mais sous leurs multiples épithètes des rituels particuliers. 
Elle se sert avec insistance, comme toutes les prières opératoires, des dési- 
gnations qu’on prodiguait à leurs formes osiriennes : les habitants divins 
du royaume des morts étaient tenus pour les plus efficaces, en matière 
d’attaque et de défense contre les esprits du mal. 

Chaque verset est façonné, au début, sur le modèle suivant *. 

*>- Z f S te — J ¥! -= £ ë .1 n i i = . t.ï. G + 1 CT 

Protection ® d’Horus [qui est ) avec Isis, qui saisit les divinités à la course 
(m bt), et qui les prend au piège dans leur ( propre ) piège (mdi-f grg-n-f s-t m 
grg-sn) ! Fais-les tomber, ô Horus, dans ces filets® d Horus-le-protecteur, ( quand ) 
il est joyeux, (quand) il est triomphant, (quand) il fait le tour des divinités, en ce 
jour où il est mis en possession de son héritage ! - — Protection d Horus (qui est) dans 
les bras de son père Osiris, (quand) il frappe (Seth-)Bé et ceux de sa suite, (quand) 
il les abat en (gbgb-n-f s-t m) (sa nature de) B’by, le chef du massacre (Bîby 
hri sÇ-w) ! (Protection) d’Horus-le-pmtecteur, qui arrache son grand œil 
enflammé (de colère) (ir-t-f wr-t dsr(-t)) W des mains de Seth verseur de sang (ir 
dsrw) ! ( 5 ). 


(1 > Edfou, VI, i 46 , 5 ,ài 5 i,ii,et 3 oi, 4 à 3 o 3 , 1 4 . 

P) Il faut lire le cynocéphale accroupi î si (= protection), et non t (<= interjection : o), 
quoique les deux derniers versets (Edfou, VI, 1 5 1 , a , 4 ) de la litanie du tableau ouest débutent 
par l’interjection, écrite normalement. En effet : l’interjection * ne se rencontre pas ailleurs 

écrite par le cynocéphale, aux textes d’Edfou ; a° le mots’ protection) , écrit normalement, 
se retrouve, en parallèle avec l’exemple du début, à l’intérieur de presque tous les versets de la 
litanie . 

O) nn éht. Pour l’écriture de nn, cf. Edfou, VI, 1 5 1 , 9 (mk-l tf nn n ’llrn). 

O) Toujours la même allusion au combat d’Horus et de Seth, à la perte et à la reconquête 
de l’œil d’Horus. 

“> Edfou, VI, 1 46 , 5 - 8 . 


645 )< 


L’appel des dieux protecteurs continuait ainsi, psalmodié par l’ensemble des 
prêtres assistants, sur l'espace de 3i versets; puis il s’arrêtait un instant, 
sur une formule plus étendue : 


r: ffl a ë 1 > r: f» - i u (fe s V [*n ë P P : ^ ë 


\\ 




m 




m 


[Les mains de Hh] le protègent; il est fort, il est un dieu puissant par la 
magie : ce qui sort de sa bouche n’est pas troublé! Les mains de Hh le protègent; 
les mains de Hh le sauvent de ses ennemis ; les mains de Hh sont sa frontière , . . / 
Fots( ?) , cette [ protection (f)] est celle de Râ, cette protection est celle d’Atoum : 
[»/$(?)] font d’elle W sa protection contre (r-hft) N'w (= Apophis ) . . . , et vice- 
versa (ts-phr) ! Ô Maîtresse du siège (hnw-t s-t) ® qui est dans la barque de Hh, 
protège le roi Ç jj comme Râ, garde-le comme Atoum! Tournez 

votre protection (îmî mk-t-tn) vers lui, ô dieux! Voici qu’il est l’un d’entre 
vous! ®. 


La conjuration reprenait alors, mais sur un rythme nouveau. Elle faisait appel 
au plus simple des procédés de la conjuration verbale : celui de la juxtaposition 
du nom du dieu protégé avec celui du dieu protecteur, par l’intermédiaire 
du nom même de la protection : mk-t. On répétait aussitôt chaque phrase, 
en renversant l’ordre des deux propositions : les exécutants étaient, semble-t-il, 
divisés en deux groupes, qui se renvoyaient la parole de l’un à l’autre W. 
(Si) l’Image-(divine)-vivante est protégée, le ciel est protégé, commençait l’un 
des groupes ; et l’autre reprenait : (si) le ciel est protégé, l ’ Image-(divine)~ 
vivante est protégée! C’est ce qu’indique la rubrique ts-phr (— et vice-versa), 


(l) L’antécédent se trouve dans les deux cadrats de texte corrompu. 

(*> Le Siège de Râ divinisé (Hathor-Sd-cer-t). 

« Edfou, V I, i5i, 7-11. 

« Ou bien un cérémoniaire psalmodiait dans un sens en soliste, et le chœur reprenait dans 
l’autre sens. 


— *♦( 646 )•%* — 

inscrite après chaque affirmation chantée. Et l’on multipliait les sauvegardes 
du Faucon divin, en empruntant celles de tous les dieux : 

2* Jfe f - * - 1*1 * ~ Jh Jüi H 5 ~ = 3S J» i ; 5 IA 1 V 

Sa protection est la protection du { dieu ) de l ’ orient (T; htm) qui respire les 
soujjles (m snsn t’,-w), et vice-ver sa !. * — Sa protection est la protection d’ Hathor à 
l’avant de la barque de Râ, et vice-versa! — Sa protection est la protection d Isis 
qui mit au monde Horus, et vice-versa ! — Sa protection est la protection de [Noutifi)) 
qui mit au monde les dieux, et vice-versa J — Sa protection est la protection de Celui- 
qui-apaise-le-deui l-dans-l ’ autre monde (dr snm m dhks) Ù), et vice-versa! — Sa 
protection est la protection de Celle-qui-essuie-les-pleurs ty, et vice-versa! — . 

Au bout d’un certain nombre de versets répétés chacun deux fois dans 
un sens et dans l’autre, un dernier mouvement était imprimé à l’incantation. 
Tous les prêtres psalmodiaient en chœur ce motif final où tous les dieux 
à la fois sont invoqués, puis Hathor, la grande protectrice par excellence, 
adjurée de défendre contre tout mal le Faucon divin : 


r m * it j ; u ; u : \ ï s ; a s m i □ m ujst t i z » fi 

m t - - 4 ;r: nv k i r v = : 1 = m ■ v n ,• h; 

f î ïi h : l m • w U i : £ a •» : t i îr 5 5 - ~ 


t 1 ) Epithète rare de Râ traversant ie monde des morts (’lhké =DÏ4 : cf. Pïehl, /. H ., I, pi. 69,9; 
Edfou , I, B 46, 4 ; VI, 1 4i , 6, etc. Le mot, employé comme nom commun dans les textes religieux 
ptolémaïques, n’est pas relevé au Wb. 

W 'h-t rmy-t semble s’appliquer à l’un des aspects d’Hathor-OEil de Râ (Hathor-lune(?)). 
Avec un déterminatif masculin, l’épithète est l’une de celles d’Osiris-lune (cf. Wb. I, 91 4, 

4 )- 

W Edfou, VI, 3oi, 4 - 7 . 





647 )* < i - •— 


L ü rr, X* i [î ôlrri 






Salut à vous, grands dieux, ô Lumineux qui illuminez V Image-vivante, le 
Faucon-vivant, qui le faites prospérer et le faites vivre! Qu’il se lève, comme vous 
vous levez au ciel, sur cette terre des vivants ! Ses sauvegardes sont comme ( celles ) 
du soleil (itn), pour toujours, à jamais!' Les membres de l’Image-vivanté, {ce sont) 
les membres d’ Harakhthès ! Ses membres sont les membres de tous les dieux, de toutes 
les déesses de la grande ennéade, de la petite ennéade! O Harakhthès de la grande 
ennéade, de la petite ennéade ! O Isis, Nephthys, Sothis, Sekhmet, Séchât qui rend 
sain l’OEil-de-Râ, ô Hathor de Dendéra [ maîtresse des ] Hathors qui sont dans 
l’horizon! Û dieux qui êtes dans le ciel, dieux qui êtes sur terre, dieux qui êtes 
dans la DM, qui êtes dans les eaux, au sud, au nord, à l’ouest, à Lest! Si Von 
intronise (ir dhn-tw) V Image-vivante, le Faucon-vivant, on vous intronise (dhn-tw 
r-tn) ! [Il) est comme Râ (Wü[-n-f] mi R ! ), à jamais! L’ Image-vivante, le Faucon- 
vivant, c’est Horus fils d’Isis : son OEil est sur son front (m h Md’), et son Urarns 
(sèm-t-f ) devant lui! La glorieuse (nb-t snd), la redoutable (j 'A nrw), elle abat les 
humains sur leur face, elle abat le,s esprits et les morts sur leur [face), en s’élevant 
(i au ciel ) avec ses ailes, quand elle revient de la Terre-du-dieu W (m (?) 'h n dnh-s, 
m hî-s m T'-ntr) ! O Maîtresse de son œil, dame du ciel et de la terre! Tu donnes 
ta sauvegarde à V Image-vivante, le Faucon-Vivant ; tu fais sa protection; ton être 
c’est son être, (et) ta vie est en ses membres (hr tp*w-'*t-f) !... 


Et la louange conjuratrice de se développer sur ce thème, jusqu’à la fin 
du grand cantique de la protection : 

{sk) hAj a 

V* /wa F * <=> -.%(«*) ^ u? ^%(* îc ) 

Viens à V Image -vivante! Protège-le des esprits vengeurs ^ qui t'accompagnent 


(i) Allusion à la légende fondamentale d’Hathor-OEil de Râ, Uraeus ailée crachant la flamme, 
qui revint de l’orient vers l’Egypte. 

{î) Edfou, VI, B 0 9 , 3-ii. 

( a) Cf. plus haut : Edfou, VI, 3 oo, i5, 


(m-'nwn-w iœl-w-ht-l), o princesse des déesses ( tp-(t)-' &ps*w-t) ! Aucun mauvais 
souffle ne viendra contre lui ; ne l’abattra aucune fièvre, aucun mal (?) de cette année. 
Approche de lui en ce tien nom d’Uraeus W; protège-le en ce tien mm de Protec- 
trice ! 

Tel est ce long office de protection du Faucon-vivant roi d’Egypte, et 
d’Horus-Râ d’Edfou,, Son importance rituelle était considérable, Il assurait 
pour une année, non seulement dans la théologie savante élaborée par 
le clergé, mais certainement aussi en la croyance populaire, à la fois la 
sécurité du soleil au ciel et celle du roi sur la terre. C’était, à n’en 
pas douter, une joie pour l’Egyptien pieuse, attaché aux usages de sa 
province, de savoir ces rites exécutés selon la tradition, au plus profond 
du sanctuaire de sa ville. Ainsi l’espoir des amples récoltes était entretenu 
chaque année au début du printemps; ainsi la confiance dans le maître 
du pays recevait du même coup une impulsion nouvelle. Le roi, rempart de 
l’Egypte, serait invulnérable et sauf de tout mal jusqu’au prochain couron- 
nement du roi. 

4° Quatrième phase : le sacrifice alimentaire. 

L’office du couronnement divin se devait de compléter ses cérémonies, 
avant de reconduire le nouveau Soleil â son palais royal. Tout couron- 
nement humain en Egypte se terminait, selon l’antique usage, par les 
donations du nouveau roi aux dieux qui lui accordaient la toute-puissance : 
en particulier, à celui dans le temple duquel il venait d’accomplir les rites W. 
C’est là ce qui se passe à la fin du couronnement du roi divin d’Edfou, le Faucon 
vivant, Râ renouvelé. Bien entendu, l’événement arrive sous forme transposée, 
adaptée au caractère sacerdotal de la fête : le roi humain n’était nullement 
tenu d’y assister. C’est une présentation d’offrandes alimentaires qui 
termine l’office au grand temple, le i er Tybi. Le fait est caractéristique : la 
fête du Couronnement ne se déroulait pas, de ce point de vue du sacrifice, 


(l) Jeu de mots intraduisible entre i'r-t (= tu approches) et i'r-l (ç= uraeus). 
(J) Edfou, VI, 3o3, 12 - 1 4. 

(s) Cf. Moret, Caractère religieux, p. 1 08-1.1 s, 


— m»( 649 )•♦+* — 

sur le rythme habituel à la grande majorité des autres fêtes d’Edfou. Celles-ci 
comportaient une présentation d’aliments dès la première partie de leur 
programme sacré.. Cette présentation correspondait, avec une grande différence 
en quantité, en variété, en luxe du décor, au sacrifice offert chaque jour, 
lé matin, dans le culte régÜlier Au. contraire, la fête du Couronnement 
d’Horus d’Edfou déroule des rites variés depuis le début du jour, mais sans 
offrir l’hommage du monde à son créateur avant que tout le reste de l’action 
liturgique ne soit terminée. L’imitation, l’adaptation savante 4 e8 ' usages 
de la fête royale au symbolisme de cette fête divine semble évidente. Le sa- 
crifice est réservé à la clôture des rites : il tient lieu des largesses que le roi 
renouvelé avait le devoir de dispenser à celui dont il tenait , son jeune 
pouvoir. 

La présentation des offrandes se déroulait sans aucun changement du 
cadre de la cérémonie. Elle nous est conservée par deux tableaux, au centre 
du second registre du 1 mur d’enceinte nord La comparaison de ces bas- 
reliefs avec les précédents fait cependant ..apparaître une différence notable 
dans la position des deux images divines. Les lits funéraires nmf-f ont 
disparu; le trShé* dé la statue ^aisfee d’Horus d’Edfou repose sur le sol ^ 
il pn-jèsj, de même poif) le jfeçgjioir érh 4u Faucon vivant. Quant aux dfoux 
auxiliaires : Thot, Séchât, ils n’apparaissent plus. Le seul prêtre du roi, 
suivi de. la figure symbolique de la reine, officie devant les deux personnes 
divines. Derrière celles-ci, Ü n y a plus qu’Hafhor et Harsomtous-lhy. Il 
semble donc qu’après le étp-s’, on enlevait du sanctuaire ê-t-wr-t les 
deux lits funèbres à figures de lionnes 1 ." La statue assise d’Horus d’Edfou, 
adossée déjà au grand naos de pierre noire, était posée simplement sur un 
socle bas, sans changer de place ni d’orientation. If faut d’ailleurs peut-être 
reconnaître en elle la ^statue logée d’habitude dans le naos de pierre 
du sanctuaire l dans ce cas, ôn- peut admettre qu’elle y était replacée momen- 
tanément, à portes ouvertes, pour recevoir l’offrande W,. Le Faucon vivant, 
—, - - r ' ' 

. Cf, plus haut, i rc partie. 

(5) Edfou, pL phot. 5 S 7 (tableau ouest); 558-559 (tableau est)» 

Même si l’on accepte cette kypotkèse, la statue ne pouvait y être déposée définitivement : 
elle devait encore en sortir pour reconduire en procession le Faucon vivant jusqu’au Pr-Bik, en 
fin de cérémonie. . \ 

tiibL d’Etude, t. XX, 2 * fa&c. 


82 


— «*>( 650 )*- 


de son côté, perdait le support de son lit nmî-t, et restait installé à la même 
place, le dos tourné vers la statue, la face vers l'officiant. 

Alors le prêtre du roi, Chou-fil»-de Râ, s’avançait vers le Faucon vivant. 
Les aides avaient emporté les nombreux accessoires nécessaires, l’instant 
d’avant, pour accomplir les rites de protection. Ils les avaient remplacés par le 
simple plateau chargé d’aliments choisis, qu’on préparait pour toutes les 
présentations semblables dans le sanctuaire même M. Le prêtre prenait à deux 
mains le plateau et le tendait au dieu en deux personnes, la Bête vivante 
et la statue. C’est l 'offrande des pièces de choix, accompagnée des paroles : 

Les pièces de choix de tes ennemis sont découpées devant toi, ô grand ( Faucon-)Ê>i 5 w 
(< qui est) dans s-t-wr-t ! 

La scène du repas d’offrandes n’aurait duré qu’un instant si une prière 
ne l’avait accompagnée (i) * 3 4 , qui donnait à ce symbole sa pleine valeur litur- 
gique dans l’ensemble des rites du couronnement d’Horus. Le cérémoniaire, là 
encore, servait probablement de guide, et tous psalmodiaient ensemble 
avec lui les paroles prononcées par sa Majesté au moment où l’on ojfre les aliments : 


T! = UII3ZMH 


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k I /*■** * ***** ***** n ç » ^ _ * Jtk 

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iq ht mi», -ni r r > tr / t Efln# — tari T 


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tIJ II résulte de l’ensemble des rites d’Edfou qu’on n’introd^ujpitj jamais ni en culte régulier, 
ni au cours des fêtes, une grande quantité d’offrandes alipentaires dans le sanctuaire central 
du temple (ou dans la chapelle Msn(-t)). C’est toujours un plateau cliargé de pièces de chêïæ 
qui en tenait lieu. 

W Le mot n’est pas prononce symboliquement : le Faucon &i\w est bien en réalité dans 
s-t-wr-t, à ce moment de l’office du i tr Tybi. Cf. Edfou , VI* i5â, i4-i6. 

(3) Il est à présumer que les revenus alimentaires complets affectés à la communauté du temple 
pour le jour du i" Tybi étaient transportés à ce moment dans la salle de V autel. On les y 
exposait devant les dieux sans^y toucher, sauf pour prélever la part choisie. C’était le procédé 
comptable, nécessaire pour éviter les détournements (qf.,plus haut, */"« partie), d’autant plus 
que les revenus étaient bien plus considérables que de coutume en un jour de grande fête comme 
celui du couronnement d’Horus. 


(4) Cette prière n’est pas un hymne, mais une oraison explicative et dogmatique, d’un caractère 
théologique très accusé. Von Bergmann l’a publiée, dans : H. I. , pi. XLII (col. I), à XLIV (col. 19 ); 
il s’est excusé de ne pas essayer de la traduire, par ces mots : « Sehr bemerkenswerth ist die vierle 
Hymne; ich unterlasse jedock eine Uebertragung derselben hier zu geben , da es mir noch nicht gelungen 
ist, in das voile Verstàndniss des schwterigen Textes einmdringen » ; et il ajoute en note ; « Man vgl. dm 
i36. Cap . des Todtenbuches » (H. I p. 3 a). 


( 651 > 


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*. -■ * r\ v “ su = i a j. z h. * ¥ n - ^ : «t. = ° ¥i n s ï n 

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“^“t-JSSK*sr^3 

I) Ô Akhthès W, tu as craché Chou avec ta bouche ! Ce qui n avait pas été 


(>) Abréviation d’Harakhthès, régulièrement employée dans cette prière. L’écriture spéciale 
en dérive de l’abréviation courante pour la seconde partie du mot Hr-lhti : la double Itf t, de 
forme très allongée. 


82. 



• * * h *( 652 )«# ♦ *'■ ■ 


traversé (jusque là), (c’est) Chou (qui V)a traversé ï>, ô Akhthès, (qugpd) il® s’est 
manifesté en Dieu , puissant, majestueux, révéré, dominateur M ; (quand) il W a saisi 

le pays, (quand) il a encerclé toutes choses à l’intérieur de ses deux hrasi Il t’a 

consacré tout ce qu’il a évoqué (sn-n* *f nb^ (quand) il a pris la formé de Hw! 
0 Akhthès, (quand) tu l’as craché, il est sorti en tant que ta parole (m tp-rî-k), il a 
pris la forme de Hw ! Ta parole est prospère, â Akhthès! Il t’a donné tout ce 
qu il a consacré , (quand) il s’est manifesté, en Dieu, puissant, majestueux, révéré, 
dominateur ! Il t’a consacré toutes bonnes choses que tu hi as données, (quand) il s’est 
mnifesté comme Pouvoir (hki) , ô Akhthès, (quand) il est sorti Je ta bouche, sans que 
tes dents adroites l’aient serré (nn gfn (s(w) îbh-w.k spd(d)), sans que ce qui était 
en tes dents l’ait arrêté® : (elles) Vont fait passer, (elles) Vont craché, tes lèvfes 
(d> ?(w), ï£s-n i(w) sp4ijk) ! Le pays Va exalté! le pays Va adoré (quand) il 
s’est révélé comme Pilier-du-ciel (ts p*t) : (c’est) Chou qui étaya (le ciel) (Sw ts-n-f 
%)), qui le couva (?) dans Vœuf ( swh-n-f (?) %) m swh-t) ! Il Va consacré ïoutes 
bonnes choses, offrandes et aliments, il (les) a placées devant toi, (pour que) tu Ven 
satisfasses, (pour que) ton âme s’en satisfasse, ( pour que) ton cœur (7b -k) s’en satis- 
fasse, à jamais (m d-t) ! (Quand) M fais que le pays Y apporte toutes bonnes 
choses (qui sont) sur lui (lig ip-f), il B) se manifeste, accompagné des (md) aliments 
(qui sont ) sur le pays, ô Akhthès! Il apparaît en (n = m) Dieu, puissant, ma- 
jestuquxr, révéré, dominateur, en son nomd’ Âme-de-Chou-qÜ-apparaît-en-ëeu : il te 
consacre toutes bonnes choses, offrandes et aliments; il (les) met devant tçi, (pour que) 
tu t en satisfasses, (pour que) ton âme se satisfasse ( des aliments ), (afin que) tu 
sois par eux puissant, révéré, dominateu r divin! — II) Ô Akhthès, puisses-tu lui 
dire ; viens au Fils de Râ (mi n s; R') ( PtoUmée : (c’est) l’enfant (?) (*) 




- g -. k 


1 1 n tg-i, Sw (Jif'ilt). Formule elliptique que sa concision rend obscure. Le sujet -é du 

premier verbe a la valeur neutre, et la forme dl est un passif (= n d’-tvu-s)'. 

m Le pronom il a pour antécédent : Chou. 

{3 ‘ m nt - r b ’> é P d > w ’*, 4m. La première forme d’adjectif est corrompue, dans ce' premier 
exemple ; mais la formule est stéréotypée, et se répète en leit-motiv. 
w Même remarque qu’à la note s, et ainsi de suite pour tous les pronoms il. 

1 1 n 4> s(w) imt-w ibh-w-k. Ce qui est dans (c’est-à-dire entre) les dents (= au centre des 

dents) d Harakhthès créateur de Chou, désigne, semble-t-il, sa langue. 

* * Littéralement : s’est adressé à lui ( pour le prier) : sn-n s{w) tL 
( H désigne toujours Chou : ici, le sacrificateur par excellence, devant Harakhthès. 

(,) Il est nécessaire de corriger : ht (?) ms imf en : hy ms im-f. 


né de lui W, qui prospère grâce à lui qui est sain grâce à Iki ® ; son nom 
est devenu (celui) de Chou, autant que durera le ciel ® ! Ô Akhthès, il ® vient à 
toi, il est joyeux à ton approche, il prospère avec toi! Il vient t’ apporter fm-n-î in-f 
n»k) toutes bonnes choses, (car) il est Hw (hp(r)m T f m Hw) ! Ta parole est pros- 
péré®, ô Akhthès, (car) il t’immole tous tes ennemis, en devenant Hw ® (Itpr-nd 
m Hw !) Ô Akhthès, il les tranche pour toi (sjw-f s-t n-k), (car) il est le grand- 
protecteur® (hp(r)-a.f m si-wr)M Ô Akhthès, il les dépèce (hsfe-f s-t) pmf toi, 
il les découpe (npd-f $A) pout'toi, il les divise («bsb-f s-t) pour iqi, il les renverse 
(pn-i s-IJ pour toi, il les met sur leurs faces ® Ô Akhthès, dh-htif!°\ (dd-n-kf-f ) 

qu’il est M Dieu, puissant, majestueux, révéré, dominateur (Urt r*f ntr' b^ 
spd, w’s, shm), qui te consacre ce qui est sorti de toi! Ô Akhthès, il est Dieu, 
puissant, majestueux, révéré, dominateur, il est Dieu! ^ Il t’apporte toutes bonnes 
choses, il te consacre ce qu’il a craché pour toi, en son nom de Chourâme-royah. 
Il te consacre ce qu’il a craché potor toi ; Nmt qui est au-dessus de sa tète, en 

(n t l '•* .( f ny^ yl- Jlp-il-ntlj m v v vvnLuui-h'MV'Urvdi mvvimm 

* * Le changement de personne n’est pas marqiié, quand le discours passe à la première 
personne. Ici, on ne parie plus 'd' , Harakhthès, mais on met leS paroles placées dans sa bouche 
en style direct. Aussi le dieu devrait-il dire à Chou : « . . . (le ïoi), c’est l’enfant né de met, qui 
prospère grâce à,W«i^ptç^. C’tret içi Ja liaison capitale dp raisonnenaent ; avant, c’est l’éloge d,e 
Chou dans son rôle en face de Râ; après, c’est la substitution du roi à Chou, et l’éloge dp roi 
dans son rôle en face de Râ. 'Y 


vod ’ f if, faute du texte pour imf. 

Ce verbe m,', dans mï-fiî/n-f, sembbi, jeu parallèle avec wdi‘f, avoir ici le seps médical 
qu’op lui trouve parfois (Wh., ^1, sa, 3-^ 

(< > m mn p-t au lieu de l’habituel : ml wnn p t. 


m Désormais il, ne désigne plps Chpu, mais -, I# fils de RâÇ^ 


1 


PtoUmée 

w wdî tp-rl-k, au sens dogmatique : la parole créatrice d’Harakhthès produit la matière du 
sacrifice, par Tintermédiaire du roi, qui est ffw (a la fois verbe* et aliments)* 

(7) Ici, par exception, Hw (avec le déterminatif du prêtre debout^ à robe longue, tenant la 
canne) désigne le sacrificateur par excellence ;* celui qui frappe (/m>) les victimes, 

c * } Jeu de mots intraduisible entre il tranche), et si (=?ple protecteur, épithète 

de Chou ) j 

W C’est-à-dire ? il les abat, la face contre terre. 

{l9) Pour th dd n-k r/. 

Même répugnance que précédemment à employer le style direct, à la â e personne : tu es 
un dieu, etc, (Harakhthès parle* au roi, devenu Chou). 

{l,} C’est la désignation spécifique de Chou, dans la première partie de la prière. Si Harakhthès 
adresse ces paroles au roi, il le transforme en Chou lui-même. 

BibL d* Etude , t. XX, a # fasc. 


83 


— +#•( 654 )» o «- ■ 

(«on) nom de Chm-de^Nout. O Ahhthès, il te donne la force qui porte Moût , en 
son nom de Ptah W ! Il a craché pour toi le ciel ( qui est)' sur ses mains , en son 
nom de Chou-qui porte-le-ctelJ O Akhthès, tu V aimes avec toi , d’une seule chair W, 
en son nom de Mrhw ^ ! Tu te joins à lui en toute sa chair , en son nom de Khnoum ; 
tu te reposes sur lui , en son nom de Ptah M. Tu te joins à lui , et ton cœur se repose 
en lui > en son mm de Khnoum. Ses mains sont pleines (quand) il te sacrifié 
(hw-f a»k) ^ en sùn nom de Hw. Sois donc Satisfait , sois donc exalté, ô maître des 
dieux, par les offrandes que t'apporte ce tien fils 1 Prononce donc pour lui ta béné- 
diction (sp n tpnfj-k), pour lui ( qui est) ton fils mâle, en son nom de Mrhw ! W. 
Tu lui donnes les offrandes présentées devant toi en la première fois (ïn sp tpy)> m 
son nom de (lieutenant-) sur-terre (hrï4j) ï Sois donc satisfait , sois donc exalté, ô 
Image-vivante, maître du pays, maître des p>t (et des) rhy4, maître du siège de Râ, 
maître des dieux, pan les offrandes que t’apporte ce tien fih, celui que tu honores 
(w’s*k pn), cette tienne personne divine (kHrtrqk pn),' celui qpi est ton Pouvoir, 
ce nouveau (lieutenant-) sur-terre que tu as (hri-tMifr*k pn), ce tien Chou, ce tien 
Thot, cette tienne nourriture (dfrw-k pn) sur terre, (afin que) tu en sois satisfait, 
que tu en sois honoré (wî§-k im,), que ton ârpe en isoit satisfaite, que ton cœur en 
soit satisfait, à jamais! Tu lui donnes ta bénédiction (sp n tp-rj*k) à lui ( qui est) 
ton fils mâle, en son nom de Mrhw ; tu lui donnes lèé offrandes présentées devant toi 
en la première fois ^ (m sp tpy ), en son nom de (lieutenant-) sur-terre ! M. 

Là se termine la prière, et il est probable qu’en fait le prêtre du roi passait 
aussitôt à la fumigation d’oliban terminale. Mais ïes décorateurs du tettipfe 

(l) difn*kphtihrNw't,mrnffrlPth ;jeu de mots probable entre phtt et Pth (n \z*re et nrxs), 

(8) m fcw c’est-à-dire : comme ta propre chair , 

(3) C’est le nom d’un dieu à forme de taureau, qui fait jeu de mots avec : tu V aimes avec toi 
(mr*(k é(w)} h(n ( Jc} ±= mrh(w ) . 

{4) Jeux de mots, entre : (k *«(«*>))*, et : Hnm(w)'; entre : htpi^k krf)<> et : Pth . 

& spd(d) '•vobf; Littéralement : sont garnies, abondantes (m offrandes d 3 aliments). 

(6) sd-k nf sp n tp-rï-k, n s\-k tly, m rnfn Mrhw. L’expression sp n tp-rl* k implique l’idée 
de (parole) profitable, bénédiction . C’est une des nuances attachées au terme sp (eL p. ex. Edfou, 
I, 44a, il ; spf hprtw). 

(7> Allusion à la tradition mythologique qui forme la trame de toute la prière : quand Râ a 
craché Chou au jour de la création du monde, il a créé du même coup toutes les offrandes, 
qui lui seront éternellement présentées en hommage de la création à son créateur* 

Edfou, VI, i53, 8 à 1 55, 7 * 


devaient* garnir de texte un nombre de colonnes égal à celui que contenait 
le tableau yoisin, dans le registre inférieur M. Or la prière de présentation 
du plateau ne suffisait pas à remplir la surface voulue.' Aussi a-t-on ajouté, 
dejnij^le centre de la colonne déjà à demi garnie, un texte supplémentaire, 
muni de son titre spécial. Il s’agjtd’une secrète (sst;), qui ne faisait pas partie 
intégrante de l’office. Mais cette 'prière pouvait y être jointe : dans ce cas 
elle était dite au point où nous en sommes arrivées dans la cérémonie. C’était 
une secrète royah. Ces incantations semblent provenir d’un même recueil 
particulier i (l) 2 ) ; plusieurs d’entre elles sont conservées en divers lieux sur des 
parois du temple d’Edfou ® : 

^ ■ y ï3 î? r: s ac a il w ^ m n a = » i ; i ~ h 

1 I , ii, v 

Ceci est une secrète royale, ceci est me secrète de V Image-vivante, (à dire ) au 
moment ou & le serviteur-du-Famon a pris sa nature de Chou fils de Râ» (s§tj pw 


(1) Ce plan d’ensemble fait correspondre rigoureusement d’un registre à l’autre, au mur d’en- 
ceiaie nord, ies, surfaces réservées d’une part aux personnages, de l’autre aux textes. C’est là 
une disposition rare, sur la totalité des parois décorées du temple d’Edfou : elle est due précisé- 
ment au fait qu’il s’agit d’une seule et même cérémonie. 

W Ce recueil est peut-être celui que la liste de la bibliothèque du pronaos du temple désigne 
sous le titre de ; Livre de la protection- du+roi dam sa demeure (mdi 4 sî-nsw-t m prf). Cf. Edfou, 
IV,35i, 9 * 

(3) En particulier au début du couloir de ronde, à l’est et à l’ouest, au premier registre du 
mur d’enceinte : cf. àluot, Les rites de la chasse au filet aux tempks de Kamak , d’Edfou et d’Esneh 
(Revue d’Egyptologie , t„ V [ 19 46]^ p* 67 - 1 18 ). 

( 4 * 6 > Littéralement : avec. La présente écriture du mot hn est rare à l’époque ptolémaïque : elle 
dérive des orthographes sans 'ayin, fréquentes surtout au Nouvel-Empire (la confusion de n 
et de s sous le même signe est au contraire courante à l’époque des rois grecs). 


83 . 


656 > 


n.nstyd, sstj pw‘ n p? 'hm '»h, hn' îi-n hm-gmhsw irw-f n Sw sî R')W. () 
Sekhmet d hier , Ouadjet de ce jour, tu viens faire prospérer (li-n-t swiçbn-t) cette 


table d offrandes (wdhw pn) de V Image-vivante, le roi M 


I 


comme tu Va# fait pour ton père HorusÇl) ®, quand tu es sortie de Pé W ! Tu prô - 
tegés (hw-t) l Image-vivante, le fils de Râ ( Ptolémée avec ce (sceptre-)w; d 
de vie qui est en ta main (m c -t), en ce tien nom Je Ouadjet! Tu lances ta flèche 
sur (m) tous les ennemis de sa parole ® ! Éloigne (sr) V Image-vivante de 
toutes malédictions, (mais) fais périr (hp) par elles (ses) adversaires, comme 
quand tu as eu puissance sur les ennemis de Râ, en la première fois (mi nn 
shm-t m hfti-w n R' m sp tpy), en ce tien nom de Sekhmet ! Tes offrandes (sont 
ceUes) de F Image-vivante : c'est lui Râ,dont tw es sortie t Ô Sekhmet, lame ta 
flèche contre tous les ennemi s de T Image-vivante! Ô Bastet i tu arraches leur 
cœur; méts(-le) au brasier d’Horus-qui-est-parmi-hs-tentaines (Hr îmî sn-vv-t) ! 
Que pas une flèche ne manque (son bat) sur eux! ^ Je suis Sekhmet qui 
triomphe sur la multitude (de ses adversaires) (shra m lih)J Je tire (mes flèches) 
(st>n*i) sur tous les ennemis de l Image -vivante, le Faucon-vivant ! Ô Horus, 
Hofus (Hr, s p sô) î Le (sceptve-)s\ de Sekhmet, il verdoie pour (w ; h vf n) 
l’ Image fivante (p£) f 'hm n|i) pleip de Vie (tm n nk) ! W. 


Quand on n’intercalait pas cette incantation pour le ro f, lé service continuait 
sans faire halte : pn passait aussitôt au grand encensement terminal. L’officiant, 
qui avait déposé son plateau d’offrandes au début des prières précédentes, 


(‘t L’expression dans son entier désigne l’instant liturgique de la présentation des offrandes, 
dans la fête du i* r Tybi. A ce moment la prière opératoire fait que le prêtre, tenant lieu du 
roi, saisit (ou reçoit) sa nature divine : Chou fils de Râ s’incarne en lui. 

” La sub slitution graphique de l 'Image-vivante, le roi (ou : le fils de Râ) à l’ Image-vivante, 
le Faucon-vivant est très caractéristique du rite de substitution qui s’est accompli; 
m L écriture d’Horus par la face humaine est exceptionnelle, dans les textes d’Edfou. 
w Allusion à un point de la légende locale de Sekhmet, à Bouto. 

W m wn - w - mw nè f«) * md-t-f c l’expression composée von mm {Wb., I, 3 i h, a- 3 ) semble 
avoir subi une curieuse déformation orthographique, par confusion avec le substantif verbal 
wnm {Wb., I, 3 a 1,11 3 ). 

W ér = 4 {r)wi : cf. Wb., IV, 190, ao-a 3 = 193, 9-12, 
m Edfou, VI, 1 55 ,,, 7 à 1 56 , 3, 


r " "* ♦ >{ 657 

saisissait le vpse à-féif, et faisait monter dèvàat les deux images divines la 
fumée de la résine d’oliban ; 


L’oliban famé vers ton nez; qu’il touche tes narines, et que tçn cœur saisisse ses 
aliments en son parfum (hnmw*f) ! W. 


Alors le çjïœur des prêtres atta.cpjait la dernière des gcAuc^es gécftafions de 
la cérémonie du 1 er Tybf. Ce sont les : 

fiaff'ft-f'ïSfïSSIA 

paroles que dit sa Majesté en glorifiant la puissance (de dieu) (m ski shmw) J quand 
il a mis la myrrhe-sur le feu & ( . . . . t ) : 


( -• 


• j T A**Wi*A lit ■ 


«SrSHli 


(?) 




r: pn a “im a à a t: l «*■ ■ « s ± i 

> . 1 t t ' \ > 1 * 14 


^ Edfou, Vr, 3 o 5 ,* 2-4. Le titre est : On brûle Volilan, on amène le dieu à ses aliments . Les 
expressions employées sont de celles qui montrent bien l’idée qu’on se faisait du rôle de la fumée, 
dans le sacrificë alimentaire. Elle était le véhicule, à la fois matériel et surnaturel, qui portait 
l’offrande vers dieu, et la faisait saisir par lui. 

(l) Von Bergmann a publié ce texte, sous le nom de second hymne : H. L, pi. XXXII (col, 2), 
à XXXVI (col. 20). Il en a donné une traduction : H . /,, p. 2&-*7. 


•( 658 ) 

SI:S?Î^ 

‘»=gÂsag"» ,;a;:a : ?.Ai«tf5\«-^r^K»-irr 

G£a<1ta;iP-]|lHSXEC:r« i m5zaft-&^ 

; ^tst» 1 ï;ii i-'»m — ■— 

vs+zïi,w«v ï ®Tjir:’Qè-vs^:£Â5^ 
»vrü^ï».«i5P=r 2«^juz:*AVàéSÂr»ru 

C=fl~ M W ï> : l - H ^ r a m m rt a- ~ * =‘-i‘— .» - % 

^1"* f ; t vvittâg «s* v (t):« x« *-,• © v 

?rs ën'VïÂm 

■Vsi:^SKr? (;fl*<wïg{H g:^rr;*m.i4 

: ^=flc ■ yv=<®>= : v (ÜMMâBHJsJsitif f î 
«fiiij \,;*/ -.J Jn i 

II) <) Horm d Edftm-grand-dmt-du-ciel, ô Image-vivante, dim-brn (ntr nfr) C) 
qui sort de Pwn-t ! Viens vers cet encensement ( qui est) tien! C’esf le parfum 
de ta Majesté, qui so V t de tes membres dam Pwn-t. Tu es leur maître à tous , les 
dieux primordiaux! Sont avec toi (m-ht-k) l’Œil de Râ et VOEU d’Horus, ainsi 

I*’ « f M»|l»r 
~ TT - 


r .m)‘ H/// ,|i| \ L * «tar^uA t\ » A'«^ <*ft nt i* kI wi t Ii 

G est 1 cpithète traditionnelle d-u roi^ en Egypte, 


F’i i • «r i r iiiiimIiii 

Tpr 


— <*«( 659 ) i *•• 

que (dmd |ir) VŒU d’Osiris : leur nombre , à (eux) tous, est au total de quatorze 
esprits ( divins ) . Ta Majesté se mêle à leur parfum ; ton cœur se réjouit de l’odeur de 
ton parfum, avec l’ennéade qui est à ta suite f ton cœur est charmé de l'effluve de ta 
Majesté $ ta narine (,?) se remplit de ton pm-fum ! Salut à toi , d Râ, à jamais 
(r -rkb,).! Tu t ’ es posé en V Image-vivante, et tu t’es posé en son ennéade entière < Les 
dieux qui sont devant lui, les dieux* qui sont à sa suite, ils lui obéissent, ils viennent 
à lui, ils agissent selon tout ce qu’il ordonne. (. Qrfle gratté dieu ® ordonne qu’on lui ^ 
donne puissance en ce sim temple, en ce sien domaine (h4-Wtr*f tn) , au renouveau de 
son corps (ï)(m m;(w*t)n d*t-f(?)) que te donne le fils de Râ Ç Ptôïéméë ' 
Il® Pend ton cœur bienveillant ® il te (fait) aimer ce tien domaine d’éternité 
(h-t-ntr-k tn d4), (il fait f que l ’lmage-vimnte, le Faumn-vimnt, àitpmssance sur 
ses ® pièces d’offrande que voici, en son corps d’éternité ® (in d*t*l d-t) : sur 
leurs ® bœufs, leurs oiseaux, tous leurs mets agréables (qu’on offre ) en toute 
sienne fête dans (le domaine divin) tt il K à jamais! 

Élève ton visage et ton àrke, ô lnéage~viv<mte, Faucon-vivant / Élève km visage et ton 
âme , ton esprit (b >fc), ta gloiî'e (wîS*k) ! Élève ton visage vers ce pain qui est à toi 
(r t*k pu), dans ce domaine divin qui est à toi t F est une offrande de belles pièces de 
choix : viande de bœuf et de volaille , mets et aliments, et toute chpses bonnes, pures et 
agréables dont vit un dieu! Viens à ton âme, Horus d" Edfqu-gramfdi^thdu-ciel, 
qfmage-vipante, fet vous) dieux bçm^ en çe jour / f 

1 ! — 1> . ?J i 1 * 4 ) — tû&ui.nlf ‘ ai — uW-j 

W Ici termine Piiitrtidüction <je la prière, celle qui a trait directement à faction du prêtre. 

•t*î nlr'l**.U. * 

(3) lui désigne le Faucon-vivant. 

(li) La périphrase semble désigner la fête du Couronnement, qui est un renouvellement du corps 
du dieu, 

{5} rdi n xb-k : le verbe est au participe, accordé avec le fils de Râ Ptolémée J. 

(8) Confusion d’écriture entre n' (avec déterminatif de Vœü), et » c j(«) (avec la barque , ou les 


{1) m slp-w-éipn : il s’agit des pièces d’offrandes qui font partie du domaine d’éternité (h,4~ntré % t) 
du dieu. 

(5) Ce terme désigne la statue d’Horus, qui est le corps d'éternité du Faucon-Vivant, quand 
les deux personnes divines n’en font plus qu’une seule. 
w leurs se rapparie à étp-w (=^les pièces d’effrande). 

Littéralement en toute sienne fête qui est en lui ( tm-s = h-t-nlr), La difficulté de cette longue 
phrase vient de la diversité et du nombre des pronoms personnels 1 * 3 * 5 * aux antécédents variés. 


660 >« 


Tu favorises ton fils que tu aimes , le fils de Râ ( Ptolémée □ ,qui a fait 
cela pour ton âme, à jamais! Tu (lui) donnes toute vie, durée, prospérité, toute santé, 
toute sérénité, car il est le roi à la tête de tous les humains, comme Râ, à jamais ! 

L âme d’ Horus d’ Edfou-grand-dieu-du-del, V Image-vivante, rayonne au-dessus du 
champ (idb) du ciel : il saisit ( dans son poing) les années, en rayonnant ! Il poursuit 
sa course jusqu’à l’occident : alors, [son] esprit (divin) qui crée le jour, t est pour lui 
que Ton pioche la terre, que Von consacre V (offrande-jwdn ■(in b î [-f j ir hrw, hbs 
n-f t$, skr n-f wdn) Ù)1 II monte vers le ciel avec l’odeur de l’oliban; il descend vers 
la terre avec l’odeur de la résine qu’il respire. Le jour de la fête-du-mois (ibdw) Œ, 
on l’élève (comme un enfant); à la fête-du- i5 e -jour, la grande magicienne (w(*t)V 
bk) se comptait en lui (htp ii-f), et tout dieu se comptait en V Image-vivante, qui 
le satisfait (abjtp-n-f s(w r )jen ce jour O Image-vivante, tu te joins à ton disque( ?) 
(smî-n-k itii-k(?)); fais monter à toi ton Œil, installe ton Uraeus : quelles 
réunissent pour toi leurs mains ^ ! L’acclamation naît (?) pour toi (hp(r)\(?) hy 
mk)* ô Horus, quand tu te mets en route (msmi-n-k witw4)t! — (A dire deux fois)'— 

Une courte rubrique interrompt ici ie récitatif. Elle indique l’instant où 
se place un des gestes d’encensement du prêtre du roi ; t-* Le fils de Râ 
Q Ptolémée son image, son héritier et successeur, fait offrande & Puis 
aussitôt la psalmodie reprend : 

Tu fais en (ni) T Image-vivante ton apparition (royalé) ; qu’il soit maître 
contre h Mauvais (sr-f r wnty) ! O Image-vivante, Faucm-vivant , Horus 
héritier du pays, tu illumines pour le fils de Râ Ç Ptolémée □ ton trône, 
et ton année enfante nos années (ms-n rnp-t-k rnp-w-t-n) ! Tu lui accordes 


rvv "‘ AV' • 


IJ’/ U' 


ITT* 


k vivw *',{ ' Hti T k t 7- 


-Cf. XI e -dyn. \r- De Blck, Coffin Te xts, II, 49, d ; hbs-n-i i \ , skr-n-i wdn-t tp -ivii Sa hn’ 
Hb-t-h-t. 

C’est le a ' jour de chaque mois. . . 

<3) Ces quelques indications sont précieuses pour notre connaissance du symbolisme des fêtes 
régulières du mois. 

(,) s'r n-k Ih-tk, phi i'r-t-k: i'b-sn n-k ’-wi-sn. Il s’agit de la double Uraeus : Isis-Hathor, et 
Nephthys. Pour le sens de phi = garnir, munir (sens spécial aux inscriptions- d’Edfou) : 
cf. Edfou, VI, 90, il, etc. " b = i'b. L’Œil et l’Uraeus sont deux noms d’Hathor-GEil de 
Râ. L’image finale fait penser aux deux déesses, sur les mains de qui le soleil se lève ou se 
couche. 

!S) 7m si R ( |f Ptwlmyf j , m(-nw)-f, ’m-f, kri-né-tf. 


que ta vie soit sa vie; tu fais (?) (îr-k(?)) qu’il passe à ta vie (sb-f (h)r 'nh-k) W ! 
Ô Horus, void' que ton corps est (celui) du roi . . . ( Ptolémée j ! Dresse-toi 
donc (debout!), Horus, et hérite de T héritage! Dresse-toi donc, Image-vivante, 
Faucon-vivant, et hérite de l’héritage! Car tu es le possesseur de l’héritage, à toi 
seul (twt nb iw'(-t), w'-k(wi)) M ! Réjouis-toi, Horus ! Prends pour toi ton 
œiU 3 \ éUve-le jusqu’à ta face, saisis-le pour toi (?) (mi n-k (?) s(w)) ! 
Réjouis-toi, Image-vivante! Prends pour toi ton œil, élève-le jusqu’à ta face, 
saisis-le pour toi ( ?) ! Élève ton visage, Horus : tu vois jusqu’au ciel, tu te hausses 
jusqu’à l’intérieur du ciel, tu vois Râ maître du ciel! Élève ton visage, Image- 
vivante, Faucon-vivant : tu regardes jusqu’au ciel, tu te hausses jusqu’à 
\l’ intérieur) du ciel , tu vois Râ qui est en lui! Tu es haut (kl rk), Horus, corps 
puissant W ; tu affrontes (hn-k) l’obscurité! Tu es haut, Image-vivante, corps 
puissant : tu enserres (inh-k) T obscurité! Tu vis, ô Horus, en ton nom de Celui- 
qui-vit-sur-ierre ! Tu vis, ô Image-vivants, Faucon-vivant, en ton nom de Celui- 
qui-vit-sur-terre ! Tu vis, ô roi . . . ^ Ptolémée J , en ton nom de Celui [-qui- 
vit-sur-)terre ! — Prends pour toi ta (couronne-) vvrr -t , (toi) que craignent tous les 
cœurs, que craint le pays du Sud, que craint le pays du Nord, ô Image-vivante, 
ô Bête sacrée d’ Harakhthès ! Ce qu (Harakhthès) a ordonné à ton (sujet), les 
dieux le suivent : c’est lui qui décrète (sw wd) et qui médite ( w] wi) 
tes annales W ! I) toi Horus, grand [...], Horus au (bras) vaillant ( Ht 
tmj-( c ))j tu te mets en route vers ( les dieux); tu ouvres la route parmi eux! 
Tu es puissant y tu es exalté, tu vois par l’œil de ton corps. Tu vis, ô Horus, 
Image-vivante, Faucon-vivant f Tu vois, tu es un dieu vivant, ô fils de Râ 
( Ptolémée , (qui es) à la tète des dieux et des hommes (m-hntntr-w, tpî-w- 
tî) ! Ta Maât est à toi, ô Image-vivante, Faucon-vivant, et tu es son maître (twt 
nb-s) ! Tu es puissant et majestueux, ô Horus (qui es) à la tête des dieux (et) des 
vivants! Tu es puissant et majestueux, ô Image-vivante, Faucon-vivant (qui es) 


PI Comparer, plus haut, au titre de la secrète royale : le serviteur du Faucon a pris sa nature 
de Chou fils-de-Râ. ■ 

W Cf. Esman, Neuâg. Gramm., p. 29-3.0 (paragr. 65 ) : -kmi = -k. 

(S) Ici le sacrifice présenté. 

(, l hl-t wr(-t) : c’est l’aspect funéraire du dieu soleil, ou aspect matériel. 

(5) C’est-à-dire : c’est Harakhthès qui conçoit et réalise tout ee qui peut se produire pour le 
roi d’Egypte, au cours de son existence. 


— ■+*•( 662 )•»» — - 

à la tête des dieux (et) des vivants! Car le roi d’Égypte (nsw-t-biti sk pw), c’est 
V Image-vivante, le Fau con-vivant, VHoru s maître du pays, le roi maître du pays, 
le jils-de-Râ couronné ^ Ptolémée J : c’est lui qui est ton héritier du trône 
(ntf sty-k), à la tête de tous les vivants, comme Râ, à jamais! W. 

C’est là le dernier acte et la dernière prière du service au grand temple, 
pendant la fête du Couronnement royal. Tout l’essentiel du rite touche à sa 
lin en cet instant. Le Faucon-vivant a été choisi, au temple du Faucon, par 
Horus-Râ. II a été identifié à Horus-Râ, dans le pronaos du grand temple. 
Il a fait corps avec le roi, au sanctuaire de ce même temple. 

Le couronnement divin est accompli en toutes ses parties. Le Roi-faucon 
a été désigné par son père, et présenté aux dieux et aux hommes dans la 
loge de l’apparition : on a proclamé ses noms, on l’a acclamé. Puis les dieux 
lui ont remis eux-mêmes les insignes royaux ; ils lui ont donné leur protec- 
tion. Enfin il a rendu les honneurs divins à son père Râ en lui offrant sous 
l’apparence des aliments, par l’entremise de l’oliban sur le feu, l’univers 
entier créé par lui. 

Un troisième registre de tableaux décore la partie supérieure du mur 
d’enceinte nord ( 2) . On pourrait être tenté d’y voir la suite de la cérémonie 
du i er TybL Mais la correspondance des surfaces inscrites ou gravées 
de ligures n’existe, entre le second et le troisième registre du mur, que 
pour sa moitié ouest : dans la partie est, toute symétrie est abandonnée. 
D’autre part, les deux registres entiers qui s’étendent sur la partie basse 
du mur ont été décorés sous le premier règne de Ptolémée VIII Sôter II 
(116-108). Le troisième registre au complet, par contre, date du règne 
de Ptolémée IX Alexandre I er (108-88). Il y a donc unité entre les deux 
moitiés ouest et est du troisième registre; d’autre part il y a eu interruption 
dans le travail entre les deux tiers inférieurs du mur et son dernier tiers 
supérieur. 

Par ailleurs, seule la première grande scène de la paroi ouest du 
troisième registre montre encore le Faucon-vivant, âme vivante d’ Horus-Râ 
en sa forme d’Oiseau sacré, en face d’un autre rapace qui est Horus-Râ 

; — » T r~ — r-t-r ; 

^ Edfou, VI, 3o5, 1 3 à 3o8, 8 . 

(î} Edfou, VI, 180 à 190 ; 333 à 34o ; pl. phot. 56o-56A. 


— **( 663 >*+— 

d’Edfou lui-même. Mais les génies qui tiennent les roseaux debout au-dessous 
d’eux montrent le caractère uniquement symbolique du tableau. De même 
la présence des dieux locaux du site : celui de la terre sacrée d’Edfou et celui 
des eaux saintes d’Edfou; la présence des trois ogdoades des dieux créateurs 
primordiaux; l’attitude effacée du prêtre royal, à l’extrémité gauche du 
tableau, dans le simple geste de la prière W : tous ces indices tendent à 
faire penser qu’il s’agit d’une lecture particulière. Elle pouvait être ajoutée 
aux cérémonies du couronnement du roi, le jour du i er Tybi, comme la secrete 
du roi déjà traduite plus haut ; mais elle jouissait aussi d’une grande autonomie 
en matière rituelle. 

En effet on trouve à Edfou un tableau représentant cette même scène. 
Il est composé d’une façon toute semblable, mais placé en un tout autre 
lieu des parois du temple : le dernier registre de la face extérieure ouest du 
pronaos W. Là, il ne fait partie d’aucun ensemble liturgique : derrière son 
épieu éhm-hr, en avant des huit dieux shtî-w, au-dessus des tiges de roseaux 
nbi-t, seul Horus-Râ d’Edfou se dresse sous l’aspect de l’Oiseau de proie 1 * (3) ; 
le Faucon-vivant n’est pas représenté 

Au mur d’enceinte nord, cette mise en scène donne l’occasion de présenter 
une longue prière de commémoration et de protection : c’est la 


copie faite par Thot, selon la parole des sages de la grande Mh-t, (et) qu’on 
appelle le Recueil des lieux saints du premier (dieu) primordial ( X ^ V zTl 


ni'*:,:*- 


iAj* 

I I I I 



Ce récit cosmogonique relate la création du site sacré d’Edfou par Horus, 
au centre de l’univers, au commencement du monde. Sa lecture ne faisait pas 
partie de la cérémonie du i er Tybi, selon toute vraisemblance. Il en est de 
même, pour les autres tableaux du troisième registre. Ce sont des scènes de 


(1) Les bras pendant vers le sol, et les mains vides ouvertes : cf. pl. phot. 56o. 

O) Cf. Edfou, VI, 357 , 1 5 à 359 , 8 ; pl. (au trait) CV, 4” registre, 
m Edfou, IV, 357, 1 5-i6 et 358, 6 - 7 . 

<*> U convient donc de voir, dans l’adjonction, du Faucon-vivant au tableau identique du mur 
d’enceinte nord, un lien avec la présente scène. On pouvait, si besoin était, intercaler cette 
récitation commémorative dans la cérémonie du i cr Tybi. 

( 5) Edfou, VI, 181 , 10 -it, 


— *-#■( 664 )•*■* — 

couronnement royal humain : elles semblent présenter certains détails spéciaux 
à Edfou mais elles ne servent manifestement qu’à compléter la’ décoration 
du mur d enceinte, et n’ajoutent rien à notre connaissance des rites de la 
grande fête annuelle du couronnement du dieu. Il ne reste donc plus qu’à 
exposer tout ce que le temple nous livre encore sur le dernier acte de la 
fête : le retour du Faucon-vivant dans son temple particulier. 

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lil »- 

-nu, Il 


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* ’ ^ : ■’ ■ 1 I!»f '■ ■ ■■ pu: in: ,t* aCOÜ .)■» 

(1) Cf. surtout : a) le cérémonial publié en Edfou , VI, 187, 3 à 190, 3 (pl. phot/. 56a) : c’est 
le tableau central ouest du registre. Cf. aussi Edfou, VI, 334, 9 à 336, h (protection du roi 
couronné suivi de Montou et des quatre enseignes devant Atoum, au moment de l’acclamation 
/wm») ; b) Edfou, VI, 336, 6 a 338, 1 1 (don des fètes-sed, par Harakhtbès, au roi agenouillé 
devant lui). 


CHAPITRE III 


TROISIÈME PARTIE DE LA FÊTE, DANS LA JOURNÉE DU 1" TYBI : 
LE FAUCON-VIVANT RENTRE AU TEMPLE DU FAUCON, 
PUIS LA STATUE D’HORUS-RÂ AU GRAND TEMPLE 


Notre seule source directe d’information sur la fin du cérémonial du 
i er Tybi est la dernière partie du rituel général de la fête. Ce texte ajoute 
encore certains détails sur le caractère d’ensemble des rites du couron- 
nement du roi : 

= H i 11 ï ir * \ i - S ! H ! !«1 J» IV H' 1 1 Z à' — B- Z U <1 

1 0 Ensuite, sortie ( pour revenir ) en arrière, par le dieu d) : la Majesté (du) dieu 
vénérable Horus d’ Edfou-grand-dieu-du-ciel et de Msn(-t) W sort en procession 
derrière lui, pour qu’il aille au temple du Faucon divin, jusqu’à ce qu’il se tienne 
debout sur son trône, en roi sur le siège d’Harakhthès à longueur d’éternité et à 


(1) Le Faucon-vivant. 

(,) La statue d’Horus-Râ du grand temple. 


84 


BibL d’Elude , t. XX, 2* fasc. 


jamais, tandis que plie le bras pour lui avec toutes bonnes choses (c’est-à-dire : lui 
fait offrande) son fils Chou, en la personne du serviteur-du-Faucon. (’lr 
m-ht pr r h; în ntr pn : iw fim ntr pn sps^ 1 ’ Hr Bhdti ntr f ;nb p-t nb Msn(-t) 
h'-tw m ht-f, r spr-f r pr Bik ntri % r 'h' fir ns-t>f m nsw-t-biti hr s-t n Hr-;hti, 
mjwnd-t nhh, hr k'h n-f d-t m îh-’t nfr(-t) nb(-t) in s;-f Sw m îrw-f n tim- 
gmhsw). 


2 ° Marche, en paix, par la Majesté ( du ) dieu vénérable Horus d’ Edfou-grand- 
dieu-du-ciel et de Msn(-t) jusqu’à son palais ® de Vie-prospérité-santé W (wd; 
m htp in (im ntr pn sps Hr Bhdti ntr nb p-t nb Msn(-t) r 'b-f n 'nh- 
wdj-snb). 

3° Tous les gens du domaine (sacré) poussent des cris de joie aussi haut que le 
ciel, quand on inaugure la fête (et) renouvelle la fête (di îhy r k; n p-t in b(w)- 
nb n nw-t, m ir hb whm hb). 

4° Hommes et femmés observent l’ouverture (de fête), jusqu’à la fin de la 
première journée de la fête (ir wp in t;y-w bm*w-t, r km hrw tpy n hb pn). 


m 


bitî nb tî-wi f" 


5° C’est le Couronnement du roi comme on l’appelle. On célèbre cette fête d’année 
en année. Que le roi . . . ( Ptolémée célèbre cette fête d’année en année, sans 

i cesse, à j amais! (H-nsw-t hr-tw r-f. ’lr bb pn n rnp-t. rnp-t-’Ir-n nsw-t- 

s’-R' nb b-'w ( Ptlmys 'nb d-t, mri Pth'j 
hb pn, n rnp-t rnp-t, n sk, n mrh, d-t) W. 

L’offrande est donc terminée, au cœur du sanctuaire è-t-v&r-t. Le dernier 
chant s’est éteint ; ie nouveau roi divin a rendu hommage au dieu-rqi éternel ; 
le roi humain, par la main de son prêtre, a satisfait la double personne de la 
divinité d’Edfou. La procession se forme alors, une fois de plus. Telle elle 
entra au grand temple, telle elle en sort, semble-t-il. La statue d’Horus-Râ 


(1) Chassinat publie : km pn ntr sps . En réalité, le texte en colonnes intercale pn entre km et 
ntr, par inversion graphique courante (cf. Von Behgmann, H. L , pl. XL, col. 1 6 , à la fin) : il faut 
lire km ntr pn sps . 

(8) Le grand temple d’Edfou. 

(3) Expression intentionnellement employée pour marquer la similitude des rites de cette 
cérémonie avec les rites royaux humains. 

(4) Edfou, VI, io 2 , il à io3, 6. 


est derrière le Faucon-vivant : c’est dire que l’idole retrouve sa litière, et que 
l’oiseau de proie reprend sa place sur cette même litière, en avant de l’idole, 
le dos tourné vers elle, la face vers le but à atteindre W. La lente théorie sort 
de l’ombre, purifiant son voisinage par l’eau et l’encens. Elle traverse la 
grande cour intérieure du temple ; elle franchit le portail entre les deux 
pylônes ; elle atteint la porte du temenos du temple du Faucon ; elle tourne 
vers l’est, pénètre jusqu’au sanctuaire de l’Oiseau sacré. On pose la litière; 
on prend 1 ’ Image-vivante ; on l’installe sur son trône : Harakhthès renouvelé 
va régner là et vivre là, pour une année. Le prêtre bm-gmkéw s’approche, 
avec un plateau d’offrandes. Il le consacre devant l’oiseau de proie, il 
brûle l’oliban en face de lui : c’est un second sacrifice, spécialement offert à 
la bête sacrée. Ces soins justifient encore une fois le titre de serviteur du Faucon, 
porté par le prêtre royal tout au long de ces fêtes. 

Pendant ce temps la litière du dieu du grand temple a été déposée à part, 
avec sa statue. Les porteurs la soulèvent; les prêtres se groupent devant et 
derrière elle. On quitte le temple du Faucon, laissant en arrière les serviteurs 
sacrés qui prendront soin du nouveau dieu vivant. 

Parmi les cris de joie, au son des instruments ( 2 3 4 >, la statue du grand sanc- 
tuaire revenait alors sur ses pas-, seule dans sa litière. Elle rentrait dans 
son palais; elle retrouvait l’ombre protectrice du saint des saints. Après 
un ultime salut du prêtre, les portes de son naos se refermaient sur elle. La 
journée de fête était achevée ; la nuit pouvait descendre sur terre, le soleil 
plonger sous l’horizon pour parcourir son royaume caché aux vivants. 

Le lendemain matin, à la pointe de l’aube, les mêmes préparatifs accueillaient 
le dieu au temple d’Edfou, les mêmes cris de joie éclataient parmi la foule des 
gens du domaine sacré. Ceux de toute la ville, de tous les pèlerins venus de la 
province et des provinces alliées à son culte, y répondaient sans doute. La 
même procession se mettait encore en marche pour introniser une seconde 


tlJ Cf. la scène de l’entrée de la procession : Edfou, pl. phot, 55a. 

( 2) Il semble que toutes les processions annuelles aient été accompagnées par les musiciens 
sacrés, mais seulement sur leur trajet en dehors des lieux purs, où seuls les prêtres w'b 
pouvaient entrer. Les joueurs d’instruments ne sont ni mentionnés* ni représentés, aux tableaux 
et textes concernant les fêtes du Couronnement, à Edfou. 


— +*•( 668 )i*4 — 

fois le Faucon-vivant dans son temple, l’amener aux dieux de la maison de Râ, 
le rapporter dans son domaine propre W. Un détail est conservé par l’avant- 
dernier paragraphe du rituel. Tous ceux qui assistent à la fête du couron- 
nement sont invités à se maintenir dans un état qui n’est plus prescrit à 
partir de la fin du premier jour de fête. Le terme wp est jusqu’ici traduit, 
d’une façon très vague, par fête, ou état de fête, joie®. Cependant, comment 
maintenir une telle traduction dans le cas qui nous occupe? La fête, ou la 
joie qui en résulte, ne peuvent être réservées à la première seule des journées 
du Couronnement royal. Le mot wp, qui semble bien se rattacher au verbe ivp = 
ouvrir, inaugurer, s’employait aussi d’une façon plus précise. L’état attaché 
au jour initial d’une période de fête est probablement un état de pureté : tous 
les assistants sanctionnent ainsi le début des réjouissances sacrées. Les diverses 
pratiques d’abstinence, liées souvent ailleurs à la seule veille des jours de 
fête ®, pouvaient être prescrites encore pendant toute cette journée) 

Il est probable que la fête du Couronnement du roi, ou de l’ Ouverture de 
Van de règne d’Horus d’Edfou, occupait une période de cinq jours, du i er au 
5 Tybi Cinq fois de suite, comme au cours des autres périodes de 
grandes fêtes, les mêmes allées et venues se déroulaient à travers le terrain 
sacré. Une festivité annuelle aussi considérable, aussi caractéristique du culte 
d’Edfou, n’a pas manqué de laisser, hors du mur d’enceinte nord dont la 
face intérieure lui est consacrée presqu’en entier, d’autres traces de son 
existence un peu partout dans le temple. 

î . C est d abord l’attestation du montant de la porte est du couloir qui 
fait le tour du sanctuaire central. Après la statue de la maîtresse de Dendéra, 

Vil r ; I r v Vffri V»r)H *T 'I » I h O r 't 1 '/ 'i 5 — I > ‘ r; JH — -î r T - v i re r v î t » — ,.' h :■! * — 

(1> L es expressions tr hb, whm hb désignent iei, la première, le premier jour de fête, et la 
seconde, les autres journées pendant lesquelles les rites étaient répétés. 

Cf. Wb., I, 3 o 4 , 12-1 3 . Wp est évidemment, dans un grand nombre de eas, un syno- 
nyme approximatil de hb. C’est la joie du début d’un temps de fête qui est désignée (p. ex. Mar 
Dend., III, pl. 76 j : les termes parallèles sont nhm, et rsw t. 

(S) Parmi ces pratiques figurent très probablement le jeûne et les diverses abstinences prépa- 
ratoires aux fêtes. Les documents égyptiens conservés ne nous renseignent pas sur ce point, 
mais Hérodote affirme qu’on jeûnait en Egypte, avant les sacrifices. Cf. Hérodote, II, li o : 
■npovr}<rie<ûoaines U &ùovm. Wp garde ici son sens premier de retranchement, coupure. 

(4) Cf. la discussion sur ce point, au début de la 5 e partie. 


la seconde image divine qui entre au temple d’Edfou en son temps de 
Vannée est : 



' : ?Ll~=ærü^! >s, 

Vâme-vivante de Râ, qui réside dans le tempk-de-ta-loge-du-(Faucoît~)èiïw : 
c’est le Faucon-vivant-[sur\-son-sx\ ® . A ces deux divinités, on demande de 
mettre l’Egypte et l’étranger sous les sandales du roi ( Ptolémée J . 

2 . Au montant est du tableau de la porte de la salle de l’ennéade, le roi 
déclare : 




j’affermis le (trône-)sxh de Vâme-vivante de Râ : ( je suis) son (fils) Chou, qui 
plie [le bras pour lui ] ®. 


3. On s’adresse dans les mêmes termes au dieu d’Edfou, au milieu du 
petit hymne gravé en son honneur au montant est du portail de la chapelle 
w'bft), sur sa face intérieure : 

ton âme-vivante qui est dans le temple-de-la-loge-du-Faucon-) Si i w , ton fils 
Chou plie le bras pour [elle), portant V horizon-de-Râ semblable à Nout en qui 
est le grand disque-ailé® . 

4. Un texte plus important fait allusion à la fête du Couronnement du roi : 
il se trouve au milieu du long bandeau de frise du mur d’enceinte du temple, 
à l’extérieur, sur la face est. Comme la description de la fête de la visite 


o Edfou, I, 352, 2-3. 

(8) Edfou , I, 36 1, 11 (smnd srh n Bî~ nh-n-R% [m si]f Svo k’hf [nf d*(|). 

(3) Edfou , I, Û16, 9 : bl-k * nh m ssd*t Ètlvo, s’yk Sw hr Jç'k n[f]d-t hr ih*t R\ mt Nw 4 *py wr 
m-hnt-s. C’est toujours l’image du sacrifice offert par Chou, le prêtre du roi, au Faucon- Vivant, 
qui est évoquée. L’offrande caractéristique au Soleil nouveau, c’est ici V horizon de Râ, c’est- 
à-dire la voûte du ciel avec le disque solaire en son centre. C’est l’objet cultuel bien connu de 
l’offrande 'h p t : élévation du ciel (vers son créateur). 


BibL d' Etude, t. XX, 3 e fasc. 


85 


— **•( 670 )+*— 

d Hathor en Épiphi, qui suit celle de notre fête, il se place incidemment, à 
propos dun des divers noms du lieu saint d’Edfou : é4 éndm Sw , la chaise 
ou s’asseoit Chou : 

C est la-chaise-ou-s asseoit-Chou ^ depuis l origine : ( Chou j y plie le bras 
(k h d*t) pour son pere : il (y) est en sa nature de serviteur-du-(Faucon-)gmhs'iv . 
Il y prend soin (ir hr-t) du Faucon(Bik)-qui-(«æt)-dans-Edfou, son âme vivante 
dans (le temple-de)-la-loge-du-(Faucon-)&i’,w ; il y officie (ir ih-t), à jamais. 
C’est sa® chaise sainte (s-t-f dsr(-t)) dans son domaine (sacré) (h-t-ntr-f) ; (il y est) 
en sa nature de Râ-au-dessus-des-dieux . Chou-fils-de-Râ, ses bras sont derrière 
son père : il le protège de sa puissante plume ® (sw-t-f wr-t). (Quand) le dieu bien- 
faisant (ntr mnh) s’est manifesté en tête (hpr m-hnt) des dieux W, un autre (dieu) 
vient, semblable à lui® (sb ky m sn(-t)r-f) : cest le protecteur de sa mère ; il fait 
la sauvegarde de son père, et (mit-i) de toute Vennéade. Il se révèle (rdi-n-f [sw(?)]) 
pour (r) se dresser sur son trône, qu’il a créé (îr-n-f s (y)) pour son propre fils. 

(Tel) Geb a transmis son héritage à son fils Osiris, Horus est sur son trône, à 
jamais!®. 

Malgré les redites, et l’identification difficile des personnes divines désignées 
par les pronoms, on distingue en ce petit exposé laudatif l’essentiel du symbo- 
lisme de la fête du couronnement. La chaise-m-s asseoit-Chou, qui est dans 
l’enceinte sacrée d’Edfou, c’est le temple du Faucm dédié à Vâme de Râ, 


(1) *»•«• Le pronom tient la place de h-t-R' et h-t-Bîk (fém.), la demeure de Râ (ou : du 
Faucon ) , c’est-à-dire le temenos d’Edfou : kt-ntr . 

(S) La chaise du Faucon-qui-(est)-dans-Edfou ( Bik nty m B kit). 

L’insigne le plus courant du dieu Chou; c’est la même plume que celle de Mâat. 

(4) Horus-Râ d’Edfou, roi des dieux = le Faucon vivant* 

(5) Chou-fils-de-Râ, serviteur du Faucon = le prêtre tenant lieu du roi humain de l’Égypte. 
w Edfou j VII, a 5 , i 3 à 26, 2, 


— *>( 671 )•*+ — 

le Faucon vivant, qui est aussi l’âme de son fils Chou. A chaque cérémonie 
annuelle, l’âme de Râ rejoint Râ au ciel, et s’incarne dans un autre rapace 
choisi. Horus-Râ renaît, en sa personne royale. La royauté divine et ter- 
restre est confirmée; les dieux couronnent leur fils et lui communiquent 
leur âme; le roi humain reçoit une fois de plus sa couronne, de la main 
des dieux. 

5. Deux vastes surfaces, enfin, ont été consacrées au culte du Faucon-vivant 
d’Edfou, et à sa fête du couronnement. Elles se font vis-à-vis; elles sont placées 
a mi-chemin entre le sanctuaire du grand temple et le temple du Faucon. 
Ce sont les faces latérales internes des deux tours du pylône, au-dessus du 
portail central. Sur l’une et l’autre, le dieu d’Edfou est représenté, de taille 
gigantesque. Il est assis sur son trône, comme un roi humain à face de faucon ; 
il tourne le dos à son sanctuaire. Il accueille le Faucon-vivant perché sur 
son êrh, ou sur la litière spl, au-dessus d’un signe sm', et des deux couronnes 
d’Egypte. Derrière le Rapace, sur la paroi est de l’aile ouest du pylône, 
Atoum maître du pays, V héliopolitain (’ltm nb t’,-wi, iwnwy) protège 1 ’âme-de-Râ 
et tend le sceptre mkê. A la même place, sur la paroi du pylône d’en face, 
Thot-dem-fois-grand d’ Hermopolis le garde avec le même geste et présente 
les fêtes-sed d’éternité M, Les textes ne se rapportent pas à un moment 
particulier de la fête : ils y font allusion dans son ensemble, et rappellent 
seulement la valeur symbolique de ses principaux épisodes. A l’ouest, le 
dieu Atoum dit au Faucon-vivant : 

ton (temple -) mjrw est en joie, quand tu touches son sol; son ennéade se réjouit 
à ta venue! Tu montes vers le trône (bs-k r bkr), en présence du Faucon de l’Or W 
(hr Rîk-n-nb) ; tu saisis ton (pavïllon-)sed dans le sanctuaire (s-t-wr-t) ; tu vois 
le dieu d’Edfou dans son saint naos (hd-f sps) : il élargit tes ans en vie et prospérité; 


(1) Edfou , pl. phot. 673 et 676. — ^ Horus-Râ du grand temple. 


85 . 


— - »» ( 672 )> ♦»— ■ - 

tu es sur ton trône (iw-k (h)r srh-k), le cœur joyeux, (avec) V éternité serrée en ton 
poing! (rf m hf-k) W. 


Le Faucon est : 




ŸOC-3 




- s' ï v 4 ' S b- - k : s “ r v. r « u ? ♦ j t> 

/’ Image-vivante, l’àme-de-Râ, le grand Faucon debout sur son trône. C’est 
encore : l’ àme-vivante de Râ, qui est venue de Pwn-t (ü-tw hlw Pwn-t). Il est 
désigné ® comme (dhn-tw-f r) maître éternel (quand) il apparaît dans son temple 
(mirw-f) et sur son trône (hnt tnt i-t-f) , jusqu’à ce que son («me-)k’ arrive 
(spr(?)) par devant le ( dieu-)au-plumage-moucheté . Alors lui sont donnés (ir 
di n-f) les millions de Vie-durée-prospérité, les bouquets des (dieux) de l’ennéade, 
et les millions d’années solaires (hh n c b‘b) au (temple-de)-la-loge-du-(Faucon~) 
&iiw, sur son trône, dans la maison du Faucon divin ( * * 3 4 L 


— L’énumération se termine par un souhait adressé au Faucon : Sois 
le bienvenu (îî-ti) à Msn(-t), ô (Faucon-)étincelant , afin que ta Majesté soit 
consacrée en présence de ton image (r shn hm-k hr shm-k) ( 5 L 
A l’est, le dieu Thot déclare au rapace sacré qu’il protège : 


&- .îJdtn-i— 


LîttMTïi 

je te donne ton office (ilw-t-k), ton trône, ta royauté. Tu es établi (mn-ti(f)) 
au temple du Faucon! Il lui offre : des centaines de milliers d’années sur ton 


i — ’ ‘ v r — trtr- 


* r r t~*~ 'T ^ t 






« Edfou, VIII, 109, 1 1-1 4 . 

(,) En prononçant à haute voix son nom. 

(3) II faut interpréter : les millions d’années ( dont il jouira, une foi s installé) sur son trône, (qui 
est) au temple du Faucon divin. 

(4) Littéralement : couleur de turquoise (mfk-iwn). 

(5) Edfou, VIII, 109, i 5 à 110, 3 . 


(trône-) srh, au sanctuaire. L’héritage que Râ donne à son fils Chou, celui-ci le 
donne à son fils Geb; Geb le lègue à Onnôphris-le-justifié, et celui-ci le transmet 
à son fils Horus d’ Edfou-grand-dieu-dù-ciel M. ô Image-vivante sur le (tram-) srh, 
ton kl existe pour toujours, à jamais! W 

Comme sur la paroi opposée, les paroles gravées auprès de l’Oiseau ; Image- 
vivante, âme-de-Râ, grand Faucon debout sur le srh, lui sont en réalité adressées 
par Horus-Râ, qui lui fait face : 

je consacre ta Majesté, en Vie-durée-prospérité* : à la pointe du jour ( dwlvv 
dvvlw), tu es renouvelé (iw-k rnp-tî)! 

Quant aux paroles inscrites en une colonne derrière Horus-Râ, elles sont 
adressées à lui-même, bien qu’elles paraissent être mises dans sa bouche. 
Elles sont très caractéristiques : 

ta Majesté est assise sur son ( 3 ) trône primordial, en (m) grand-dieu-au- 
plumage-moucheté, afin d’imtaller ton (âme -) kl dans ta loge de l’apparition 
(hnt ssd-n-h'-k), en toute (?) belle fête d’installation de ton héritier : oui, V office 
de la Bête (sacrée) d’Harakhthès est (un héritage) assuré W, car (le Faucon W) 
a saisi sa royauté (is ran il w-t n 'w-t-n-Hr-;hti, dr ssp*f nswy-t-f) ! (®) 

- H- - T 

r ... <-' 

(l) Confusion, dont les formules ptolémaïques offrent de multiples exemples, entre Horus 
fils de Râ et Horus fils d’Osiris. 

« Edfou, VIII, 1A8, a-7. 

{3) Littéralement : sur ton trône (/*r bhdw-k); cf. Edfou, VI, 26a, 17. 

(4) L’idée d’héritage est exprimée par le terme de iïw-t : la fonction du père assurée à son 
fils. 

(5) Littéralement : il — le Faucon ( Btk ). 

« Edfou, VIII, iU 8, 8-ia. 


K 674 )« 


Tel est l’ensemble des témoignages laissés, aux murailles du temple, par la 
fête du couronnement du roi. Parmi toutes les grandes cérémonies annuelles 
de 1 annee liturgique d’Edfou qui se signalent encore aujourd’hui par des 
documents importants, celle-là est restée la plus mal connue. Von Berg- 
mann seul, en 1879, a publié une partie des tableaux qui s’y' rapportent, 
mais il n a pas discerne le lien qui les relie. Dej^uis son époque les recherches 
portant sur les textes religieux ptolémaïques sè sont ralenties. Cependant 
le faisceau des documents réunis ici ne permet pas de mettre en doute 
son existence et sa nature. Son caractère le plus original est d’être la grande 
festivité de ï animal sacré local, entretenu à côté du grand temple, et qui 
était un faucon d). A ce titre, le temple du Faucon d’Edfou, dont le site 
probable n’a pas encore pu être exploré à l’heure actuelle, mérite d’être 
placé en regard des sanctuaires des autres animaux sacrés de l’Egypte. L’oiseau 
choisi au printemps de chaque année, et nourri au temple comme âme du 
dieu sur terre, n était a vrai dire qu’un des nombreux rapaces vivants voués au 
dieu du ciel et entretenus dans les divers temples d’Horus du pays. L’influence 
du clergé d’Edfou n’a jamais été assez grande, au cours des siècles, pour égaler 
celle des plus puissants clergés d’Egypte et faire connaître au monde le 
nom de la bête sacrée qu’on nourrissait là. Aucun voyageur ancien n’a signalé 
sa présence comme celle de l’Apis de Memphis, du Mnévis d’Héliopolis, du 
Bouchis d’Erment, du bélier de Mendès, ou même du rapace de Philæ, et 
de tant d’autres animaux divins adorés dans tout le pays. Au temple d’Edfou 
les quatre premiers désignés ici ont leurs images, en grandes divinités com- 
munes à toute 1 Egypte qu ils étaient, tandis que le Faucon local apparaît 
seulement là où l’on a voulu éterniser le souvenir de sa fête de Tybi. Le simple 
fait que l’Oiseau sacré d’Edfou était remplacé par un autre chaque année 


(,) Chassinat en a déjà reconnu l’existence : cf. plus haut, p. 577 - 581 . 

(î) Il est peu probable qu’un même faucon ait pu recevoir, à Edfou, plusieurs investitures 
annuelles successives au cours de son existence. Il est beaucoup plus vraisemblable qu’on y 
élevait les jeunes rapaces sur place, et qu’on mettait à mort l’oiseau consacré, à l’époque du choix 


675 • — 

lui enlève toute personnalité comparable à celle des animaux investis de leur 
pouvoir pour la durée entière de leur existence. Cependant nulle part peut- 
être dans la littérature sacrée de l’ancienne Egypte on ne peut saisir mieux 
qü’aux présents textes l’importance cultuelle et dogmatique d’un animal 
en tant que symbole de dieu sur terre dans l’exercice de sa royatfté. 
Le somptueux couronnement royal du faucon d’Edfou met en pleine valeur 
l’importance qu’une bête vivante soumise à de tels rites prenait dans le 
culte général. Témoin le rôle que l’Apis, par exemple, jouait à Memphis 
aux couronnement^ royaux, en accomplissant sa course traditionnelle : le 
roi divin par excellence accompagnait le roi humain dans la prise de posr 
session de sa royauté. Témoin encore le rôle que voulut jouer un roi bien 
informé sur les croyances du pays tel que Ptolémée Philadelphe, aux céré- 
monies en l’honneur du bélier de Mendès. En se rendant lui-même à Ces fêtes 
ou en s’y faisant représenter, il recevait d’un dieu roi de la terre une 
consécration plus efficace qu’un sacre personnel, selon les usages égyptiens 
de son époque. 

La fête du Couronnement du roi à Edfou n’a rien de commun avec les 
anciennes fêtes annuelles anniversaires du couronnement du roi régnant, 
telles qu’on les trouve, par exemple, aux listes de Médinet-Habou (*) et du 
Papyrus Harris ( 2 L Ces fêtes ne figurent plus aux listes gravées dans les temples 
à l’époque ptolémaïque. II existait aussi des rites de couronnement en de 
nombreuses fêtes solennelles de tous caractères, dès l’époque du Nouvel- 
Empire et sûrement plus tôt encore : tels sont ceux de la Sortie de Min 
étudiée par Gauthier, par exemple ( 3) , ou ceux de la Visite d’Hathor à 
Edfou en Epiphi ( 4 L Mais le Couronnement du roi attesté à Edfou et à 


de son successeur. Cf. le témoignage de Pline l’Ancien, par exemple, sur l’Apis mis à mort au 
bout d’un nombre d’années de vie fixé d’avance, à Memphis ( Hist . nat., éd. Mayhoff, VIII, 46 
(a 84) : Non est fas eum certos vitae excedere annos , mersumque in sacerdotum fonte necant quaesituri 
luctu alium, quem substituant ...). 

(1) Cf. Brugsch, Thés., 364 ; Gauthier, Fêtes du dieu Min : discussion de la date de la Sortie 
de Min, p. 64-73. 

(!) Cf. Schaedel, Die Listen des grossen Papyrus Harris, p. 65. 

<3) Cf. Gauthier, ibid., p. 206 et 2i5-a24. 

(4) Cf. plus haut, 4 e partie. 


Dendéra est une fête consacrée toute entière au renouvellement de la royauté 
divine par l’intermédiaire de l’animal sacré du temple. Sa date est fixée au 
calendrier astronomique, et ne dépend d’aucune contingence humaine. 

Quant à sa nature, elle est bien dans la ligne d’évolution générale du 
culte égyptien à l’époque récente. Les fêtes de la royauté divine ont annexé les 
rites humains traditionnels : elles en tirent les mêmes bénéfices pour les 
croyants et pour le pays. 

Peu importe la façon dont un roi étranger s’acquitte, pour sa part, des 
antiques obligations religieuses de sa charge. Chaque an Horus redevient 
roi sur terre, et rajeunit sa royauté. Chaque an un oiseau divin reçoit son 
pouvoir, et fait rayonner sur le pays les bienfaits du maître suprême. 
Chaque an Ghou-fils-de-Râ officie en héritier de son père ; par l’œuvre du 
prêtre hm^gmhéw, il s’incarne en un roi d’Egypte, il s’identifie au Faucon- 
vivant. 

La continuité est assurée, aux yeux de la foi, entre la tradition d’hier et 
celle des temps nouveaux. Le roi humain peut n’être qu’un nom gravé 
sur un cartouche, qui souvent reste vide. Mais le roi divin vit, visible et 
présent dans le temple du Faucon. En son plumage fauve transparaît la 
nature du soleil, dont il cache l’âme. Le serviteur du Faucon lui rend les soins 
assidus qu’un roi fils de Râ doit à son père, et les dieux veillent sous son 
commandement à la prospérité éternelle de l’Egypte. 

Au début de Tybi, le roi est couronné à Edfou et reçoit son héritage. Mais 
c’est en triomphant des ennemis de Râ qu’il marque sa prise de pouvoir. 
Le 2 1 du mois suivant, le temple se retrouvait en fête pour célébrer le sou- 
venir de cette victoire. C’est le sujet de la sixième partie de notre étude. 


SIXIÈME PARTIE 


LA FÊTE DE LA VICTOIRE'" 


CHAPITRE PREMIER 


DISPOSITION DES TEXTES ET TABLEAUX DOCUMENTAIRES 
DU MUR D’ENCEINTE. ABRÉGÉ DU MYTHE D’HORUS 
ET RÉSUMÉ DES RITES DE LA FÊTE 

La fête de la Victoire est le bref titre que nous transmettent les calendriers 
des fêtes. La grande solennité du 2 1 Méchir est la dernière dont les textes 
du temple d’Edfou permettent de reconstituer les cérémonies. Contrairement 
à la fête de la Bonne réunion , et à celle du Couronnement du roi, aucun rituel 
n’en subsiste; mais un ensemble de tableaux, gravés sur deux registres 
du côté intérieur du mur d’enceinte ouest du temple, y suppléent. L’ordre 
dans lequel ont été placées les scènes de cet ensemble est opposé à celui de la 
décoration générale, tant au premier registre qu’au second. La constatation 
s’impose pour ce dernier : un récit continu s’y déroule du nord au sud <‘ 2 ), 
sur l’espace de huit tableaux. Au premier registre, la chose n’est pas moins 
évidente : dix barques se suivent, réparties sur cinq tableaux, et dix coups 


«*> Hb kn(-t) : cf. Edfou, V, 35 1, 11. 

W L’ordre de la décoration générale, à Edfou, est partout du sud au nord : de l’entrée vers le 
fond du temple» 


—w( 678 )**— 

d’épieu y sont donnés. L’ordre de ces coups est fixé par les inscriptions, du 
nord au sud également. 

Un fait accroît encore le caractère d’exception de ce dispositif : d’autres 
tableaux sur la même paroi entourent l’ensemble inversé, tant en avant qu’en 
arrière. Ils se succèdent dans l’ordre habituel, du sud vers le nord, en bas 
et en haut : ils isolent ainsi d’une manière plus frappante ceux que les déco- 
rateurs anciens ont voulu détacher de l’ensemble des scènes de la muraille 
ouest. A une disposition matérielle identique ainsi opposée à l’entourage, 
correspond avec évidence une unité entre les séries des deux registres super- 
posés. Le premier examen de Naville, dès 1868-1869 U® de suite amené 
à publier l’ensemble des scènes rétrogrades des deux registres du mur 
ouest Il y a joint à juste titre les deux récits, différents à plusieurs points 
de vue, gravés de l’autre côté du temple, au soubassement de la face interne 
du mur d’enceinte est. Ces textes se rapportent au même cycle de traditions 
Naville cependant n’a vu, dans les deux séries de scènes superposées, que deux 
«récits», ou deux «légendes»^), portant sur des faits semblables, mais 
divers par leur forme et leur disposition. C’est à la seule série supérieure 
que s’est attachée longtemps et presque exclusivement la désignation de 
mythe d’Horus 

L’introduction de Naville, et le commentaire de ses planches, étaient un 
premier effort pour dégager le contenu total des textes qu’il faisait connaître. 
Par la suite furent publiées quelques traductions nouvelles^. La publica- 
tion, en 1931, du tome VI, puis, en 1934, celle du tome XIII de la grande 
édition d’Edfou par Chassinat vint fournir une base d’étude exacte et com- 
plète pour les textes et figures du mur d’enceinte (face interne). 

Alors Fairman publie le premier, dès 1935 ( JEA XXI, p. 26-36), son 


{1) Déblaiement du temple d’Edfou par Mariette. 

(S) Naville, Textes relatifs au Mythe d’Horus, recueillis dans le temple d’Edfou (1870). 

Ibid., pl. XXII-XXIII (col. 1-70), et XXIII-XXIV (col, 71-110). 

(4) Ibid., p. 16, 1. 1 ; p. 8, 1 . 3 a, etc. 

(5) Brugsch, Die Sage von der gejlügelten Sonnenscheibe nach altàgyptiscken Quellen (Abhandl. d. Kôn. 

Ges. d. zu Gôüingen , t. XIV [1869], p. 178-286); Kees, Kultlegende und Urgeschichte . 

Grundsâtzl. Bemerkungen zum Horusmythus von Edfu (Nachrichten d. Ges. d. JVïss. zu Gottingen, 1980, 
p. 345 - 362 ). 

(6) Brugsch, ibid.; Roeder, Urkunden zur Religion des alten Agypten (1916), p. 120-187. 


— *+•( 679 )«*-*— 

Myth of Horus at Edfu-l , intitulé par lui : (A) TheLegendof theWinged Disk. 
Il annonce à la suite un autre bref récit d’un combat d’Horus distinct des 
premiers (B), puis une « version dramatisée des exploits d’Horus, qui était 
jouée à sa fête» (C), et enfin les deux courts récits de même nature que A, 
gravés au mur d’enceinte est (D et E). 

Trois ans après, en 1938, Drioton fait paraître une étude intitulée : Ce 
que Von sait du théâtre égyptien (éditions de la Revue du Caire, 29 pages). Il 
y expose ses premiers résultats, et (p. 21) son hypothèse maîtresse : il y a eu 
de vraies représentations théâtrales en Egypte, de caractère populaire, mettant 
en scène des divinités et des hommes, s’adressant aux sentiments et à 
l’émotion des spectateurs. Les livrets d’acteurs en ont été, plus tard, utilisés 
à des fins différentes : évocation du pouvoir bienfaisant des dieux, mise en 
scène des offices religieux de fête célébrés devant la foule des croyants. 

La même année 19A2 sont édités : i°) à Londres, la deuxième partie du 
mythe d’Horus à Edfou, c’est-à-dire, d’abord, une introduction au texte C, 
que Blackman et Fairman intitulent : Le triomphe d’Horus sur scs ennemis : 
un drame sacré ( JEA XXVIII, p. 32 - 38 ); 2 0 ) au Caire, Le théâtre égyptien, 
par Drioton (éditions de la Revue du Caire, 1 1 5 pages). Drioton y reprend sa 
distinction fondamentale entre les « mystères », et les « représentations dra- 
matiques» proprement dites. Il définit les caractères auxquels on reconnaît 
un texte dramatique réutilisé, et dans quelles conditions s’en est produit le 
remploi. 

Les années 1943 et 1944 voient alors, à Londres, Blackman et Fairman 
achever leur publication du «drame sacré» d’Horus à Edfou ( JEA XXIX, 
p. 2 - 36 ; JEA XXX, p. 5-2 2). Ils y décèlent tout ensemble un livret des 
acteurs et du metteur en scène, non pas remployé, mais joué tel quel et 
d’un bout à l’autre au cours de la fête de la Victoire, exactement comme on 
jouait un mystère au moyen-âge. Ils divisent ce mystère en «trois actes, 
subdivisés en scènes», encadrés d’un prologue et d’un épilogue. 

En 1948, Drioton publie à son tour ses Nouveaux fragments de théâtre 
égyptien (éditions de la Revue du Caire, 34 pages), puis son Texte dramatique 
d’Edfou (supplément aux ASAE, cahier n° 11, i 48 pages). Il y reprend le 
travail d’exégèse de Blackman et Fairman dans son entier, mais en appli- 
quant la méthode définie par lui en 1942. Pour lui la composition d’Edfou, 


— **•( 680 )• * * •■ ■ 

dans la forme où elle a été gravée, n’est pas le texte d’un mystère : c’est la 
«transposition idéalisée» d’un livret de prêtre cérémoniaire, directeur des 
rites de la fête de la Victoire. On y trouve d’une part la suite des gestes de 
l’officiant, avec les actes à accomplir par ceux qui l’assistaient; d’autre part, 
les psaumes que le cérémoniaire psalmodiait pour donner efficacité à chaque 
phase de l’action liturgique. Ces psaumes sont composés d’éléments pris à 
deux véritables livrets dramatiques, réellement joués à époque plus ancienne 
l’un à Bousiris et l’autre à Bouto. 

Ignorant depuis 19Ù0 les travaux parallèles de Blackman-Fairman et de 
Drioton, j’ai achevé pour ma part de rédiger mon propre travail au cours 
de l’année 1944. Il est évident, avant toute «chose, que les textes et scènes 
figurées du mur d’enceinte représentent l’office religieux célébré par les prêtres 
du temple d’Edfou devant les tabernacles des divinités, et que cet office est ce que 
les Egyptiens appelaient la fête de la Victoire d’Horus. Telle est, on ne peut 
le nier, l’intention des décorateurs de la muraille, et j’ai considéré dans 
cet unique esprit l’ensemble de ce qu’ils y ont fait représenter. 

Que cette liturgie, par son agencement, ait le caractère d’une action dra- 
matique, cela est également vrai, mais d’un tout autre point de vue. Elle 
est faite pour parler aux yeux, pour nourrir l’émotion religieuse de la foule 
qui s’y associe. Et pourtant ce n’est pas un mystère, joué à l’occasion d’une fête 
religieuse : c’est tout simplement le service religieux lui-même. 

Quant aux origines des paroles psalmodiées, chantées et mimées, elles se 
trouvent pour une grande part, à coup sûr, dans des «livrets d’acteurs», 
dans un théâtre véritable, indépendant de la célébration du culte, mais riche en 
thèmes utilisés plus tard dans le culte : c’est pourquoi je donne mon adhésion 
au raisonnement et aux preuves apportées par Drioton. 

Après eette mise au point nécessaire, je reprends l’étude des documents 
qui nous font connaître la fête de la Victoire. La série inférieure du mur d’en- 
ceinte ouest montre essentiellement une suite d’actes de culte. Son carac- 
tère liturgique, dans l’unité d’une même fête, apparaît évident Son der- 
nier tableau donne la date de la fête : 21 Méchir ( * 1 * 3 * * * 7 ) , et l’identifie avec la fête 


W Voir plus bas l’analyse des divers éléments de la cérémonie et leur enchaînement. 
(!) Edfou, VI, 88, a : m ibd m-nw pr-t, mat. 


— *■»•( 681 )» « i " 

de la Victoire des calendriers W . Dans ces conditions pourquoi les décorateurs 
anciens lui auraient-ils lié la série supérieure, par un voisinage étroit de 
tableau à tableau et par un ordre inversé semblable, si ce n’est pour 
incorporer à ce véritable rituel figuré de la fête le récit lu par Thot ou Imh&tep- 
fils-de-Ptah, le cérémoniaire qui conduit le rite ® ? 

Il convient de tenir compte d’un passage de la première composition dite 
«mythologique», gravée sur la face intérieure est du mur d’enceinte. Ce récit 
est, depuis son début, présenté d’une façon toute semblable à celle du mythe 
d’Horus de la paroi ouest II raconte la naissance d’Horus-fiîs-d’Isis, le défi 
lancé plus tard par Seth, l’aide apportée par Horus de Mén{ 4 ), la poursuite 
entreprise en remontant le fleuve. Là brusquement s’intercalent, au milieu 
de la simple narration, des détails précis sur la taille des persbnnages sacrés 
du drame, sur celle des instruments et des armes dont ils se servent. Ces 
détails sont donnés exactement dans les mêmes termes qu’au premier tableau 
de la série rituelle du mur ouest W. Puis vient le titre d’un chant exécuté 
pendant la cérémonie telle qu’elle est ordonnée au premier registre du mur 
ouest : hîfn-i m wnmy-i, sn n-i m émhy-i, <mi lr-n èhty kn I®. Le manuscrit 
transcrit sur la muraille continue par le titre même du premier coup d’épieu 
du rituel des harpons ; bl] tpy mn m fnd-k, fdk-n-f èr-ty-f&h Or le récit 
a déjà fait savoir qu’à ce moment la scène est «censée se passer à Edfou M . 
Nous avons ici la liaison qui manque au dispositif employé pour décorer le 
mur ouest. Là-bas toutes les indications liturgiques sont au premier registre, 
et toutes les précisions de lieu Sont au second : ici, par contre, nous voyons 
que le premier épieu du service de Méchir symbolise le premier combat d’Horus 
contre Seth, à Edfou. II est donc probable qu’à chacun des dix épieux de la 

. -4, , ; n.u i n-. — U Jtrui m+i m-Km .jiial. J.'j. j iiit v.! in. mu. « 1 

(1) Fairman n’a pas discerné ce fait, dans l’introduction de son article : C. This section is not 
ivorded tn the form of a connected story, but is perhaps rather the lext of a dramatized version of the 
exploits of Horus, which was enacted at his festival {JE A, XXI, p. 26). 

(,) Thot apparaît en deux des huit tableaux du mythe d’Horus : Chass., Edfou, pl. phot. 5 2 h 
Naville, pl. XV; Chase., ihid., ph phot. 53 1 = Naville, pL XVIII. 

Cf. plus bas, texte D. 

(t) Comparer Edfou, VI, 61, 7-10 {texte C ) , avec Edfou, VI, 216, 10-12 {texte D). 

,;5; Cf. Edfou, VI, 61, 10 et 216,12 à 217, 1. Voir plus bas la traduction. 

m Edfou, VI, 64 , 3 = 217, 1. 

(7) Edfou, VI, 2 16, 9 : en face de Wtst-Hr, c’est-à-dire Dbi (mJlcl n Wtst-Hr, Dbl pw). 

Bibl. d’Elude, t. XX, a' fasc. 86 


— «•( 682 )•♦*— 

série rituelle correspond un des combats du mythe d’Horus proprement dit. 

Un peu plus loin au soubassement du mur est, il est encore question du 
second épieu W. A ce moment, la poursuite est définie géographiquement 
en descendant (le fleuve) ( m [id) donc du sud au nord, comme au texte 
du mythe. Nous possédons là, une fois encore, la liaison du geste rituel et 
de l’énumération topographique qui manque au mur ouest, et ne s’y laisse 
deviner que par la juxtaposition des scènes W. Le dieu vainqueur atteint 
enfin Bouto ^ : c’est là qu’Horus de Mév(-t) donne la fonction d’Osiris à 
Horus fils d’Osiris et d’Isis. L’hippopotame rouge y est égorgé, découpé, 
et ses morceaux distribués aux dieux du cycle d’Horus, sous la direction 
d’Isis Tout se passe comme au dernier tableau du rituel de l’ouest. 
Mais là, une localisation du triomphe à Bouto serait inconciliable avec une 
version du mythe adaptée aux besoins du clergé local d’Edfou. Il est donc 
nécessaire, en l’absence de toute précision sur le lieu, de penser que la 
huitième scène du mythe W, voisine de ce tableau, lui prête un cadre qui 
ne peut être que le site d’Edfou lui-même. 

Nous avons donc des raisons nombreuses de penser que les huit tableaux 
contenant le célèbre récit mythologique W n’ont pas été gravés au mur d’en- 
ceinte uniquement dans le but de conserver un exemplaire de la légende, 
illustré de scènes appropriées à chacun de ses grands épisodes. Les scènes 
qui décorent les parois des temples à l’époque des rois grecs représentent, 
à de rares exceptions près, des gestes rituels. Soit isolées, soit groupées en 
séries, elles ont leur place dans le culte. A l’abri seulement de cette utilité 
primordiale, des textes d’urle autre nature ont pu se glisser. La série du 
premier registre représente à coup sûr les grands actes de la fête de la 
Victoire en Méchir : c’est donc elle qui tient le premier rôle, dans l’ensemble 


(l) Edfou , VI, 217, 7. 

(,) Edfou, VI, 217, 3 . 

(3 > Malheureusement, le nom du lieu correspondant au second épieu n’est pas indiqué, au 
texte du mur est. 

!4> Edfou, VI, 217, 8. 

(5) Edfou, VI, 217, 8-9. 

Edfou, VI, 129-130 (tableau XII du second registre, dans l’édition Ghassinat). 

<7) Ce sont les planches XII-XIX de Naville, 


— w( 683 )*-♦-— 

lié des deux registres. Le récit lui est manifestement subordonné, et il y a 
bien des chances pour qu’il ait joué lui aussi un rôle utile dans la liturgie de la 
fête : peut-être sous forme de lecture commémorative, intercalée aux instants 
convenables, entre les actes, les paroles, les chants des officiants et figurants 
sacrés. Non pas que nous puissions discerner le détail de cette participation 
au rituel avec une précision complète. La correspondance graphique, 
entre les dix gestes du prêtre du roi (groupés deux par deux) et les tableaux 
concernant au-dessus d’eux les lieux successifs du combat, n’est pas rigou- 
reuse Le sectionnement choisi par les décorateurs ne semble pas destiné à 
donner une image précise de l’usage rituel du récit. Le tableau que nous 
présenterons du cérémonial de la fête sera donc, sur ce point, soumis à incer- 
titude : il n indiquera que d’une façon très schématique la correspondance 
entre les phases du rite et celles du récit mythologique associé. 

Nous connaissons les titres des deux manuscrits, fort différents l’un 
de 1 autre, dont les copies ont servi à garnir les scènes des deux registres 
superposes, au mur ouest. Celui d’en haut est le livre de la destruction de 
l’hippopotame (md’,-t n dr hib ) ( a L Celui d’en bas est intitulé justification 
d’Horus contre ses ennemis (émf-hrw Hr r ftftiw-f) M. Le premier a l’aspect 
d’une révision adaptée à la théologie locale d’Edfou; son style est archaïsant, 
son vocabulaire peu varié. C’est le récit mythologique, ou texte A de Roeder 
et de Fairman W. Le second est une compilation très composite qui mêle 
a des textes de rituel très abrégés de nombreuses interpolations complémen- 
taires . La langue en est nettement néo-égyptienne ; les modèles semblent avoir 


ll > La plus frappante des correspondances de décor, entre les scènes de la série inférieure et 
celles de la série supérieure, est la présence, parmi les barques à rames ( m hd), d’une seule 
barque à mât dressé et voile tendue (m bit). Elle se trouve, en bas, en Naville, pl. VII = Chass., 
pl. phot. 5 o 8 (9 e tabl.) ; en haut, en Naville, pl. XVIII = Chass., pl. phot. 53 o (11'tabl.). 
En bas, elle est montée par Isis et Horus combattant; en haut, par un harponneur d' Horus, 
qui garde le dieu (Horus) dans sa barque de combat. Or, en haut, l’expédition du dieu hisse la 
voile en entrant en «mer», après le combat de Silé, pour chasser les derniers ennemis hors 
•l’Egypte. En bas, Isis protège la barque à voile avant le dernier combat, et les harponneurs 
s’encouragent pour l’ultime bataille (c’est le chant de triomphe qui suit, au tableau suivant) 
w Edfou, N I, ni, 2. 

« Edfou, VI, 61, 2. 

(4) Faibman, JEA XXI, p. 26. 


86 . 


—w( 684 )*4— 

été rédigés à l’usage de sanctuaires du delta : Mtfn(-f)-Silé, Bousiris et 
Bouto. Fairman donne à ce rituel le nom de texte C. A lui se rattache le 
tableau gravé au nord du texte A, et intitulé : procession de Solcaris 
($' Skr) W . L’épisode fait partie du cérémonial de la fête de la Victoire, 
contrairement à ce qu’en a pensé Naville Ces deux groupes de scènes 
A et C forment l’essentiel du dispositif groupé par les décorateurs du 
temple. 

Les traducteurs précédents ont détaché du texte A le grand tableau qui 
lui fait suite au s«d, et qui s’intitule : offrande du hrw - W. Ce traitement 
spécial est dû à la nature de ses textes, et non à la forme dans laquelle ils 
sont rédigés. La langue et le style on sont eq effet semblables à ceux du 
texte A ; il est probable que ces textes ont fait partie du même recueil que la 
destruction de l’hippopotame. La grande ligne réservée au-dessus des person- 
nages contient une seconde formule opératoire pour la protection du roi : elle 
est rédigée en une forme toute semblable à celle de la première, qui se trouve 
aux colonnes voisines, dans le dernier tableau du texte A. Cependant, le 
texte B mérite un classement à part : il a trait à une fête toute différente 
de celle des 2 1-2 5 Méchir, à Edfou. Cette fête est bien connue par le ca- 
lendrier d’Horus du temple : c’est celle de la grande offrande de Râ, célébrée 
chaque année un mois avant celle de la Victoire, du 2 5 au 27 TybiW. 
On y commémorait l’installation d’Harakhthès, vainqueur de Seth, sur le 
trône royal d’Edfou. La fin du même tableau contient une version du combat 
d’Horus-fils-d’Isis, aidé de sa mère et d’Horus de Mén{ 4 ), à Edfou. C’est là 
encore un texte accommodé selon les besoins de la légende divine locale. 

L’ensemble des textes A B et du texte C forme, en y faisant entrer le tableau 
êh' Skr, un vaste rectangle qui couvre la majeure partie des deux registres 
inférieurs du mur d’enceinte ouest, du côté du couloir de ronde W. Tout 


(,) Naville, pi. XXV = Chassinat., pl. phot. 536 (a e registre, i4' tableau). 

Cf. Naville, p. a ç. C’est que le premier éditeur du mythe d’Horus n’a pas tenu compte de 
V abrégé du mythe, gravé au bandeau de soubassement du mur d’enceinte ouest : cf. plus bas. 
Naville, pl. XX-XXI = Chassinat, pl. phot. 534-535 (a” registre i3” tableau). 

«*> Cf. Edfou, V, 4oo, 1 = Edfou, VI, 1 34, 3. 

l8) Le troisième registre, ou registre supérieur du mur, est décoré de scènes qui n’ont pas de 
rapport ave le mythe d’Horus. 


se passe comme si les décorateurs du temple, sous le règne de Ptolémée VIII 
Sôter II {116-108), avaient décidé de placer le texte C approximativement 
au centre du premier registre, en faisant commencer la gravure des tableaux 
au nord, à une certaine distance choisie par eux de l’angle nord-ouest du 
mur d’enceinte. A la longueur occupée par le déroulement des scènes du 
cérémonial de la fête devait probablement correspondre une étendue égale 
au registre d’en dessus, réservée au récit mythologique ( J b En cours de 
travail, cependant', la longueur primitivement fixée semble avoir été dépassée, 
pour la série inférieure. Le plan préparé pour la série supérieure se trouva 
donc trop court. Au lieu de modifier les dimensions ou le nombre des tableaux 
préparés pour le texte A, on décida de les laisser téans changement, et de 
compléter à ses deux extrémités l’espace insuffisant occupé par ce texte. C’est 
ainsi que le tableau élf Skr , destiné à terminer la série rituelle, fut placé 
en tête de l’espace à remplir au second registre. De même, le vide à combler 
à la fin — il égalait la longueur de deux tableaux normaux -r- le fut par Funique 
et vaste cadre qui renferme le texte B. Ainsi s’expliquerait le caractère 
disparate de cette composition supplémentaire, due aux nécessités de la mise 
en place décorative. 

Il est par ailleurs probable que d’autres textes encore devaient être joints 
au récit A. Mais, au moment où l’on traça le plan des tableaux destinés 
au mur ouest, on adopta le dispositif dont nous venons de tenter d’éclaircir 
la genèse : ce plan répondait au désir de fixer le plus vite possible sur la 
pierre l’essentiel des rites et symboles de la fête de Méchir. Le reste, eoiqposé 
de deux récits disparates, d’un caractère familier et d’une langue plus récente, 

“*^*7 7777 TÎTP T* - \ T : “ 71 . . ... T TT T ’ ; î "T 

Dans l’hypothèse de ce projet initial, les huit tableaux du récit mythologique ( texte 4) 
se seraient trouvé exactement superposés aux huit tableaux d’égale longueur du texte C, 
comprenant le cérémonial des dix épieux , le chant de guerre des Msnw-w et le chant de triomphe des 
femmes de Bousiris et Bouto , Il est frappant de constater qu’aïors le tableau préliminaire 'h pd 
se serait trouvé au-dessus du tableau préliminaire n° III de Chassinat (su/u^ïékîIv de Tkot) ; 
qu’aux six tableaux contenant le récit des combats mythiques auraient correspondu les six tableaux 
rituels commémorant les batailles d’Horus; que les deux barques à voile se seraient trouvées 
l’une au-dessus de l’autre, dans la sixième scène des deux séries parallèles ; qu’enfin au récit de 
l’installation à Edfou d’Horus victorieux (dernier des huit tableaux A du second registre) 
aurait correspondu, en dessous, le chant de triomphe des femmes, à la vue d’Horus couronné 
du pschent (tableau n° X de Chassinat, le dernier avant les scènes de sacrifice). 

Bibl, d’ Étude, t, XX , 3 * fasc. 87 


provenait de sources différentes de celles de A et de C. On les réserva 
pour un emplacement secondaire, sur la face interne du mur opposé, à l’est 
du temple. La comparaison des cartouches royaux sur les parois intérieures 
du mur, à 1 ouest et à l’est, montre en effet que la décoration fut achevée 
plus vite peur la première que pour la seconde, dans la partie inférieure U. 
C’est donc un peu plus tard que les récits concernant l’enfance d’Horus à 
Bouto, ses combats contre Seth, son triomphe, les soins qu’il donna au corps 
de son père Osiris, furent placés au soubassement est : la liste géographique 
gravée plus au nord, avec un inventaire abrégé des biens fonciers du temple, 
ne suffisait pas, semble-t-il, à remplir sa surface. Ce sont les textes D et E de 
Roeder et Fairman W. Ils ne concernent pas d'jjne manière directe le rituel 
de la fête de la Victoire. Cependant, le texte D, comme nous l’avons montré 
plus haut, est apparenté à C dans l’une de ses parties. Il conserve une série 
de phrases identiques, intercalées dans la narration^. 

On trouve de plus un tableau intitulé : vision du dieu (m’A nir ). Il est 
gravé à l’ouest, au premier registre du mur d’enceinte, au sud de la dernière 
scène du texte C W. Il contient une courte, mais précise description de ce 
qui caractérisé la fête de la Victoire. La formule initiale s’applique à une 
phase bien connue de l’ouverture des naos divins < 5 L Le tableau a été gravé 
après achèvement de l’ensemble concernant la fête, comme tous ceux qui 
complètent la décoration des deux registres inférieurs du mur, au nord et 
au sud du rectangle central. Il semble cependant concerner le premier acte 
liturgique de la journée du 21 Méchir fl*) . 

(1) Le soubassement ouest est tout entier daté du premier règne de Ptolémée VIII Sôter II ; 
la décoration du soubassement est, inachevée en 108, fut complétée entre 108 et 88, sous 
Ptolémée IX Alexandre I* r . 

(,) Ils furent gravés au moment où le royaume passa des mains de Sôter II dans celles de son 
frère Alexandre I* r , vers 108. Les cartouches royaux sont aussi impersonnels que possible : le 
premier est vide ; le second 11e comprend que le nom seul de Ptolémée, sans le complément mri 
Pth, de rigueur pour Sôter II (1" règne). La partie du soubassement occupée par les textes 
D et E touche à celle où commencent les cartouches du règne suivant. 

(3) Cf. Navilie, Mythe d’Horus, pl. XXII-XXIV = Chassinat, Edfou, pi. phot. 576-581, et 

589 - 584 . 

( *> En ne tenant pas compte du tableau sh' Skr, rejeté au second registre. 

(6) Cf. plus haut, 1” partie (culte journalier). 

<*> Cf. Edfou, VI, 58 - 6 o (tableau II du pacmier registre). 


Il existe surtout un long passage du bandeau de soubassement du mur 
d’enceinte ouest. Ce passage se trouve gravé en entier au-dessous des scènes 
du rituel de la fête de Méchir M. Il donne d’abord un abrégé complet du 
récit mythologique ou texte A, puis un résumé des principales scènes de 
la fête (texte C ). Grâce à lui, on peut avoir la certitude que la procession 
de Sokaris faisait réellement partie du cérémonial. C’est le seul texte suivi 
qui embrasse tout ce qui se rapporte à la fête de la Victoire, et qui la traite 
comme un ensemble vraiment réalisé par les rites. En ce sens il possède une 
importance capitale pour notre étude ( 1 2 3 * * 6 L Le voici d’abord, en manière d’intro- 
duction : 


(t»vnmixlrjjifni^x^iT£^'=iPsr:*v£:yisf!iP)x 

nâ=î-î:flfl4Vfi£fiftniiiv«uié*-ioi‘rvsc 

è*bs^l v -V»IT t ’' ^ ^ ^ Mb ! 

1 1 1 1 A© T <=* V— 1 T 1 V— * t «=* A*I r^l V— I n 1 


La muraille (du temple) est inscrite, comme il lui convient (m sn r-f ), de tous 
écrits (faits) des paroles divines (hr ss nb n mdw-ntr) ; ( elle est) gravée des (écrits) 


On peut contrôler sa position grâce au fragment visible sur la planche phot. 5 i k de l’édition 
Chassinat (Edfou, VI, 9, 7-8). 

W Cf. Edfou, VI, 8, 6 à 9, 8. Aucun des traducteurs des textes du mythe d’Horus n’en a 
jusqu’ici tenu compte, 


87. 


— **■( 688 y*+~ 

protecteurs qui exaltent Msn(*t) en la toute-puissance de ses dieux (m wîîr-nht n 
shm<w-s), à savoir que (m) Râ vint à son Châtwurde-vepo* W, tandis que les 
ennemis complotaient contre lui au ( pays de) W;wî4, et (que) son fils Chou (y) 
vint (aussi), son protecteur renouvelé (m nhw-f nfr), en son image d' Horus d’Edfou . 
Il étendit ses ailes , en disque^ailé divin , au-dessus de la proue de la barque d’Harakh - 
thés; (puis) il se métamorphosa en W un vaillant harponneur (h wti l * * 3 ) pr- ), qtii 
porte son épieu (de métal) à hampe (de bois et ses harpons (hr bi;4 miw44* 


H-t-méhn-tf : un des noms sacrés du temple d’Edfou. C’est une extension du nom de 
Vwéh't hrt-îb (ou salle de Vennéade) du temple : cf. Edfou, VI, 5 , 12; Edfou , VII, 1 5 , 8, 

^ Littéralement : il se changea en sa formy, pour ^devenir) un paillant harponneur ] ('«*/ 
rffw) iVtitflt.. 

(3) Le terme de ilwti *= harponneur, rencontré ici pour la première fois* et qui joue un 
rôle sf important dans la légende d’Edfou, demande une mention Spéciale. C’est un adjectif 
nisbè en employé comme nom. Il est dérivé de iîi-t, mot ancien (Pyr., 866, par 
exemple), qui désigne une tige de bois (avec ou sans tête formant massue) (cf. Wt>., I, 27, 10 ). 

lïwti supplique, à Edfou, "à celui qui manie le harpon (ou épieu à la hampe duquel s’attache 
une corde : cf., par ex., Edfou , pl. pfiot. 496, dans la main d’Horus de M$n(-t)). Les Variantes 
graphiques du mot ilwtt (cf. Wb., I, 29, 18) sont très nombreuses à Edfou* Il ést difficile 
de le reconnaître dans certaines d’entre elles, quand manque son déterminatif habituel (Edfou, I, 
îî, 9ê\. i 3 , par^x.^i Une de ses orthographes, très répandue, a donné lieu à une erreur de 
lecture acceptée partout, encore aujourd’hui : c’est le mot écrit par la tête de harpon faite d’un os, 
suivie du suffixe -fi {Jétlvent doublé du huzard =f (phonétique^ -tfau, -ty) : il 4 est transcrit 
msnty , et considéré comm^ upe variant# de mênvo (çf. Wb. L IL i 45 , 4-8 == msnw ; 
toMt = msnty). Or la transcription mrnty est h supprimer du dictionnaire égyptien. Le mot 
minw est toujours écrit avec le signe ms ^trois peau* de renard liées, çnspmble) au début, 
bien qu’il emploie le harpon d r os comme déterminatif. Quant à ce dernier, sa valeur d’idéogramme 
s’applique aussi bien à l’idée de harpon gl-t qu’à relie de l’os kf, dont celui-ci est fait. C’est 
ce que montre le passage suivant (Edfou, V, 10, 7-9 ) zJÜ 4 W tnit t ilwti (écrit par Vidéogramme 
du harpon d’os + suffixe, et déterminatif) r kmf imv^fpw n ijwti (Récrit entièrement par le procédé 
phonétique + le déterminatif), sml*rvf hfti hr mw n Msn(*t), wnp nf sfyu) mhlb, htm tkr-phlxf, hw-n-f 
swmilî't (idéogramme de l’épieu ordinaire) : dd tw nf ilwti (idéogramme du harpon d’os + suffixe 
et déterminatif) r min = on dit de même : le Harponneur , à sa Majesté (Horus d’Edfou) ; t’est (là) 
son image de harponneur, qui massacre l’ennemi sur l’eau d' (Edfou-) Mm (-Q , qui le perce sous (forme 
d’) hippopotame, qui détruit la (bête) puissante (qu’est celui-ci), qui le frappe avec le harpon : (c’est pourquoi) 
on lui dit : le Harponneur, jusqu’à aujourd’hui . Étant donnée la répétition, voulue quatre fois 
de suite, du même terme, dont on veut préciser la signification, il est difficile de contester la 
lecture ilwti (et celle de illajil-t), aux quatre exemples cités ci-dessus. 

^ Littéralement : son épieu et sa hampe. Il ne semble pas qu’il soit question ici de deux 
armes différentes bil et mlwt , mais d’une seule, faite d’une lame plate et ovale de ipétal, et d’une 


(lbî-wif). (Alors) il s’en alla vers l’aval (du fleuve) (di-f- m hd) depuis sa Msn(-t) 
du sud, jusqu’à ce qu’il atteigne Msn(*t) du nord (m Msn(-t)-f sm'#, r spr*B-f 
Msn(-t) mli-t), massacrant les hippopotames, égorgeant les bêtes ennemies, traqmnt 
(]u- bhs) les adversaires sur son chemin. Ces localités, il touche terre sur leurs rives, 
entre Msn(-t) et sa pareille d) : l’(um) s’appelle Uî-t-ddm^t), sur h partie sud de 
(la province)f de Thèbes (hr g« sm'i Wjs4)$ (l’autre), di-H à l est de (la 
province de) Dendéra (hr idn II cerne W (gwh»*f) les ennemis à l’est de 

(la province d’)Hermopolis (m i^bi Wn-t) ; il égorge Vonfæ auprès de Hbnw (m gs 
Iibnw) ; il tue les adversaires de Râ dans Pr-ratn ( 3 ), alors qu’ils s’étaient joints aux 
compagnons (de Seth) : il massacre (ces) ennemis, transperce leurs compagnons, et 
les donne à Horus et à samère. Il fait éclater (sa) force (kmMi-fphti) dans S 
en protégeant Osiris-qui-est-dans-Nirî, (puis dans) Msn(-t) de l ouest, Msn(-t) 
de l’est, et les places de sa Majesté (qui sont) dans les villes du centre ( 3 î >-\v-t 
hri-w(-t)-xb). Sa barque fait voile (hnty wîi-f) sur le lac-du-tour (en barque ) (hnt 
ym n skd(w-t)); ilva jusqu’à (îi-n-f r) Sls-hr-t. (Puis) il s’en revient vers l’aval, 
depuis la tête du pays de Wîwht (îi-n-f m hd, m hnt fc-Wjwht), et touche la rive dans 
Edfou (m S-t-wr-t). On consacre de grandes offrandes devant Râ (ir-tw vvdn-w ';-w 
m-bîh R'), aux fêtes de sa ville-du-trône méridionale (m hbw n Bhd-t-f sm'w), 
à l’occasion de la victoire du tout-puissant (hn' kn(-t)-nht &hm-wsr) ( 5 * >. (On 
célèbre) la course du Faucon de l’Or, qui enferre (la proie) de son épieu, et darde son 
javelot (phrr n Bik-n-nb, ndr n bi;-f, st n mjw-t-f) ( 6) ; (on fait) la protection des 
tueurs qui l’accompagnent ( 7) (hw n îmnh-w m-ht-f); (on célèbre) l’adoration de 


hampe de bois. Cf. Edfou, VI, 83 , 1 3 ibil-k m phi n bil, mlw-t-k m nbs n htf*t = ton épieu est à 
lame de cuivre , ta hampe est (faite) de jujubier du désert ; Edfou, VI, 90, 5-6 : mn n-k ' 64 (-Q m phi n 
bti, hr mlw-t m nbs n hUt^ prends pour toi l’épieu à lame de cuivre, à hampe en jujubier du 
désert. 

(l} C’est-à-dire : entre Msn(-t) du nord et Mên( 4 ) du sud. 

(*) Sens du vh. gw\ : cf. Piankhi 5 et 9 ; Montet, Scènes , p. 34 . 

( s ) Pr-mtn de la province d’Oxyrhynchos : cf. plus bas. 

(*) S't-Vbi de la province d’Hérakléopoiis : cf. plus bas. 

Sur l’expression kn-t-nht, cf. Wb., II, 3 16, 21 et V, 46 , 1. Shm-wér forme une autre 
expression composée toute semblable (adjectif verbal substantivé). 

{«) En cette expression stéréotypée (cf. plus bas), bileimîw-t sont traités comme des mots 
presque synonymes, désignant tous deux l’arme de chasse du dieu. 

W Ce sont les ilwtlw (ou msnw-w) de la suite d’Horus, pendant les combats du mythe. 


— !-*•( 690 )•#-* — 

l’épieu divin pour faire la protection de sa Majesté (d\v; bi; ntr, r ir s; hm-f); on 
joue du sistre pour sa mère, qui fait sa protection à la proue de sa barque (ihy n 
mw-t-f, ir mk-t-f r-h;-t wi;-f), tandis qu’il abat ses ennemis, brillant comme Râ 
dans l Hortzon (dr sfir-l sbi*w*f, psd nu R in! h*t). L’adversaire de son père Osins 
est découpe (sft hfti n it-1 Wsir) ; ses morceaux sont offerts aux sanctuaires (ssni 
sb-w-f r gs-w-pr-w), et l’on accomplit tout le cérémonial de traîner Sokaris sur le 
(i traîneau-’jmîh autour de Msn(-t), au matin-divin (m ir nt-' nb n si" Skr hr 
mfh r-phr Msn(-t), m dw^w-ntri) d). 


T 


“> Cf. Edfou, VI, 8 , h à 9 , 8 . 


CHAPITRE II 


PREMIÈRE PARTIE DE LA FÊTE DE LA VICTOIRE 
LE CADRE ET LES PERSONNAGES DE L’ACTION LITURGIQUE 

Le tableau m\\ ntr au sud de la série des scènes rituelles du premier 
registre ajoute aux paroles du texte du bandeau quelques indications précieuses 
pour notre connaissance de la fête : 

4rtE3i:JTm:î:i5£:p:«3T2*.ï.! l * 3 4 ltei.Aîi:!S! 

TSV 

Le dieu sans égal s’en va, depuis la Nubie jusqu’à la Méditerranée (sb ntr 
(n) wn mitw-fM) m tï-Sti r-drw w;d-vvr (2) ) : c’est Horus d ’ Edfou-grand-dieu- 
du-ciel, le Faucon de l’Or, le fils d’Osiris, le vaillant harponneur qui apparaît puissant, 
victorieux 1 Sa mère Isis le protège; il est en sa forme de héros au bras fort, qui 
massacre l’hippopotame. Sa mère est sa sauvegarde, (elle) dont la statue se trouve ® 
dans la barque de combat qui le porte ^ : elle protège son corps sur le lac d’ Iiorus 
(hr hw h'-w-f m s-Hr) W. 


(i) Le texte, vraisemblablement altéré, porte ici : sb ntr wn mtt-t-s. 

< 2) Ce mot précis de wld-^vr ne se trouve pas au texte du récit mythologique. Il y a des 
chances pour que ym n skd = wld-wr, ou son ancien golfe, devenu le lac Menzaieh d’aujour- 
d’hui. Voir plus bas. 

(3) hpr tw t-s — la statue d’Isis. Cf. plus bas. 

(4) m 'hl't hr*f : littér. : dans la barque ( qui est) sous lui (Horus). 

< 5 > Edfou, VI, 5 9 , 4 - 7 . 


692 > 


Ces allusions précises montrent que la scène représentée est en rapport 
étroit avec 1 ensemble consacré à la fête de la Victoire. Nous pouvons donc 
nous représenter le début de la journée solennelle, comme le veut le titre du 
tableau. Selon toute vraisemblance, on venait le 2 1 Méchir à la pointe du jour 
chercher les images saintes dans leur sanctuaire du temple d’Edfou. Ces images 
sont celles qu’abritent les dertïx tabernacles du naos de la chapelle Mén(-t) O. 
En effet, la présence des trois statues d ’Horus-Râ, d ’ Hathor-Isis, et d’Horus-le- 
vaillant-harpnneur était nécessaire sur le lieu où l’on célébrait les rites de la 
fête. De très nombreuses allusions à ces trois personnes divines se trouvent 
tout au ioiig des' iextes que noüs ètudionà ici. I/üüe d’eütre ces personnes 
Surtout 1 la tyoipippjMj, donainp, tout le céyqiqo*}^!, Or çous savqns que la 
statue d’IIorus à forme humaine conservée dans le sanctuaire Ménft ) 

réunissait les caractères si souvent décrits aux murailles d’Edfou : 

1 






Sa statue dam Bjubt est ctfle tPpn vaillant harp&nneur (bs<f m Bhd-t m i;wti 
kn) ; son beau visage est celui d’un faucon; il est debout , t ÿe facç (fir h t-f) , son 
épieu au poing : l’ennemi, il l’a maVsacré (sbi m ns-t-l*) W. 

C’est probablement la prière du prêtre du roi découvrant les idoles de la 
chapelle secrète que le tableau de la vision du dieu nous a conservée : 

1 il 1 i ■ 

4 

J’entre dans Wtsj^) W p pas lents t 5) (m wsh nmt-tj ; j’atteins le grand-siège ^ 6) 
[de 1 U, pur voir Horus[ï)] d’Edfou en sa sainte image, {avec) la crainte (qfil 


(l) Cf. plus haut, 3 e partie. 

(,) Littéralement : l’ennemi est son massacre. Nous avons encore ici un exemple du mot ns t, mal 
reconnu actuellement. Cf. Wb., II, 319, 5 . 

(3) Edfou, VII, 2 4 , 11-1 a. 

^ Wts-t = le temple d’Edfou. 

(s) Littéralement, en marche large (donc lente), 
ê-t-wr-t = le sanctuaire, en général. 


— »•#.( 693 >*» — 

impire) [ répandue ] autour de son corps (snd-t-f [ phr-jti m-ht f -w-t-f ), [et) voir 
le ( Faucon-)èi’,w puissant, en [son] idole (sstl[-fj) [de..], en sa forme de glorieux 
rapace (m irvv-f n drty e ; sfy-t) ! W. 

L’éveil des dieux accompli selon l’immuable coutume, prenait-on de suite 
les idoles dans leurs tabernacles, pour les déposer sur leur litière? La pré- 
sence d’unè action liturgique isolée, représentée au tableau initial de la série 
du second registre, peut faire penser qu’il en était autrement. Si l’on examine 
l’ensemble de ces huit scènes, on constate que là seulement la présence du 
prêtre est affirmée. Dès la seconde scène, ce dernier disparaît : seuls sont là les 
dieux de l’expédition guerrière, et leurs compagnons fabuleux, les ménvo-w. 
C’est donc à la série des tableaux du premier registre à fournir les éléments 
du cadre rituel de la fête, par la suite ; mais c’est au premier tableau du second, 
à montrer comment débute l’office tout entier. Or le geste du prêtre royal 
y est représenté devant les deux-dieux d’Edfou dans un même tabernacle; 
ce tabernacle est posé sur un support, ou dans le naos de pierre du 
sanctuaire. Puis une seconde fois il est exécuté devant les mêmes divinités, 
dans la cabine d’une barque-litière. Il est donc probable que le prêtre 
honorait les dieux de la fête',' avant toutes choses, dans Mén{-t) même, par 
le geste du 'à pt, ou élévation du ciel. Au matin du 2 1 Méchir le bijou 
rituel, conservé aux jours ordinaires dans le trésor du temple, s’élevait vers 
les divinités sur les deux paumes ouvertes du roi : c’était le disque-ailé 
d’or de Celui d’Edfou. Il était bien à sa place en ce jour où l’on commémorait sa 
première victoire sous cette forme même : 

1 

r 

* Y~«[?]Ml|]?iSysi;âhS+*llM;5fi.]T£V 

Ton ciel est à toi, 0 {dieu) d’Edfou, au-plumage-moucheté ! Plane en lui 
('py-k m-hnt-s), en {forme de) [ Disque-ailé ], et pse-toi (shn-n-k) sur la proue 
de la barque d’Harakhthès, avec tes deux U meus sur [ton front] ! ( 2 ). 

Le prêtre à ce moment : soulève le ciel qui porte Celui d’Edfou ; il s’approche 


Edfou, VI, 58 , 4 - 8 . — (,) Edfou, VI, 108, i 5 à 109, 2. 


— >* * * * •#*( 694 )• **** 

comme le (Bon-) génie (Sjw) W vers la barque d’ Haralchthès, avec (m) le Disque-ailé 
divin d’or. Il est comme Chou qui lève le ciel vers son père W. 

On prenait les tabernacles; les prêtres porteurs les amenaient devant le 
sanctuaire des barques. Là, les images saintes étaient tirées de leurs retraites, 
et placées toutes trois dans la cabine de la barque-litière wls-nfrw W . 
Le prêtre du roi offrait alors, avant le départ des dieux de la fête vers le 
dehors, le bijou symbolique 'jt iy n ktm-t pour la seconde fois W. Puis le 
cortège sacré se mettait en marche, vraisemblablement selon le cérémonial 
habituel ( 5 L II suivait 1 axe central du temple. Toutes portes ouvertes, 
il débouchait dans la grande cour, où l’attendaient les chœurs sacrés, les 
musiciens, les danseurs. Il franchissait le portail du pylône et tournait vers 
1 est, puis au nord. Il lui fallait en effet atteindre le lac sacré du temple. C’est 
au bord de ce lac que se déroulaient les rites particuliers à la fête de la 
Victoire. 

Le site archéologique d’Edfou, très incomplètement fouillé, n’a pas encore 
révélé le lieu exact ou se trouvait le lac sacré. Nous sommes certains cependant 
qu il en existait un, comme auprès de tous les grands sanctuaires rebâtis 
a 1 epoque grecque^. Nous possédons par les textes son nom, ou plutôt 


( ' Le roi est souvent identifié à cette divinité, le Psaïs ou Agathodêmôn des Grecs d’Egypte. 

m Edfou, VI, 109, 6-7. 

* * Il semble plus conforme a tous les indices donnés par les textes et scènes du rituel de 
supposer qu’une seule barque-litière contenait les trois statues de Msn(-t). Les images 
sont certainement présentes en dehors du temple, là où se déroule la cérémonie. Elles y assistent 
en barque : cela est nécessaire au symbolisme du récit. On voit Râ-Harakhthès et Horus d’Edfou- 
fils-de-Râ dans la même cabine d’une même barque, au moment du second *h-pt (Cbassinat, 
pl. phot. 5 1 8 - 5 19). On voit aussi, au début de la navigation mythologique, Râ-Harakhthès, 
Hathor de Dendéra et Horus d’Edfou-image-de-Râ dans la même barque (Chassinat, pl. phot. 
52 0 - 52 1). Au premier tableau de la série du rituel, la statuette d’Horus -Hnt-hly debout derrière 
la barque pour tenir le gouvernail est celle qui existait en fait sur la barque-litière wls-nfrw du 
sanctuaire central du temple (cf. par ex. Edfou, pl. XL/). 

« Selon la fiction souvent employée par les' dessinateurs égyptiens, le geste de V élévation 
du ciel vaut une première fois pour le tabernacle posé sur un socle (Msn (■{)), et une seconde 
fois pour le tabernacle placé sur la barque (Chassinat, pl. phot. 5 1 8-5 19 = NaviJle, pl. XII). 

(5) Cf. plus haut, 4 e partie (barque-litière). 

1 1 Ce lac était nécessaire pour permettre les ablutions journalières des prêtres w‘b avant 
leur service au temple, chaque jour (cf. plus haut, 1" partie) ; pour fournir de l’eau pure, au 


— «» ( 695 )«« v - 

ses divers noms; ce sont : le lac royal (s-néw-t) W, \e lac de l’hippopotame 
(s-hib) et le lac d’Horus ( s-Hr W, p(’)-s-n-Hr W). C’était un usage très 
répandu, dans la décoration des temples ptolémaïques, de réunir en une sorte 
de résumé les noms sacrés particuliers à chaque domaine divin ( 5 >. La compa- 
raison de ces documents dans les temples d’Edfou et de Dendéra permet 
d’affirmer : i° que le mot s y désigne bien le lac sacré de chacun d’entre 
eux ; 2 0 qu’il ne faut pas confondre les noms appliqués aux lacs des temples, 
et ceux qui désignent le grand canal traversant la province (toujours rattaché à 
l’embarcadère des barques sacrées) W. Les listes qui concernent le temple 
d’Edfou déclarent : (le nom) du lac divin ( (rn)s-nlri) est : s-h. ; b ; s-Hr, 
puis : (le nom) de l’eau divine ((rn)mw-nlrt) est : p (\ ) hnw ( 7 b Les listes qui 
s’appliquent à Dendéra disent, de façon toute semblable : lac de l’inondation : 
c’est le nom \du) lac divin (s-ivoh rn [n] s-ntri), puis : le grand cours (d’eau) : 
c’est le nom de l’eau divine (îtrvo e î rn mw ntrî) M. Or nous sommes certains, 
par la liste géographique du pourtour du naos à Edfou, si nettement 
composée à ce point de vue, que le canal de la province d’Edfou portait le 
nom dep(;) hnw ( 9) , en même temps que les terrains en bordure du Nil 


cours de certaines fêtes (cf. par ex. Edfou, VI, i 34 , 1 1 : on appelle le lac sacré d’Edfou lac royal 
d’Edfou, (parce qu’mon apporte de son eau au « palais du roi» pendant la fête-sed (voir plus haut, 
5 “ partie) ; enfin, pour célébrer sur le bord du lac l’office secret de la mise à mort d’Osiris par 
Seth sur la rive de Ndi-t (le soir du ah Choiak), et l’office delà victoire d’Horus surles ennemis de 
son père (les 2 1-2 5 Méchir). 

(1) Voir la note précédente. 

(,) Edfou, V, 397, 1 ; Edfou, I, 35 g, i 4 . 

< 3) Edfou, VI, 5 g, 7 ; Edfou, I, 359, i 4 . 

« Edfou, VI,. 79, 5 . 

(s) Ces résumés, plus complets, sont très proches des notices de provinces de certaines listes 
géographiques des temples : cf. Edfou, I, 336 , 12, etc. (province d’Edfou : Edfou, I, 337, 9 _1 4 ). 
Comparer Edfou, V, 3 9 5 , 9 à 397, 2 et : Edfou, I, 358 , 16 à 35 g, 19. 

m C’est l’erreur que commet Gauthier par exemple (D. G., V, i 24 ,«chi H01», 2' titre), à 
propos du nom du lac sacré du temple d’Edfou. 

(’> Edfou, V, 396, 9 à 397, 1. 

(,) Edfou, V, 347, 8 . La liste semblable dans la crypte n° 9, au temple de Dendéra, donne 
jusqu’à cinq noms différents pour le seul lac sacré du domaine d’Hathor; le second est aussi : 
ê-iwh (Mouette, Dend., III, pl. 78 f, ligne 6). 

w Voir aussi les textes de la fête de la Bonne réunion , à ce sujet (cf, plus haut 4 e partie). 


—*■»•( 696 )•*+— 

(mr) W s et cela, par opposition aux terrains de culture (mm), et aux terrains 
inondés par la crue en bordure du désert (phw). Nous savons que le canal 
P’> hnw est bien l’eau divine ( mw ntri)i puisqu’il apporte (à Horus d’Edfou) 
l’eau pure qui sanctifie son corps D’autre part, dans toute cette liste, il 
n’est nulle part question de lacs sacrés des temples, mais seulement des 
trois divisions territoriales de chaque province de l’Egypte. 

La description donnée par Hérodote du lac sacré du temple d’Osiris derrière 
celui de Neith à Sais à l’époque persane, correspond à ce qu’on constate 
a Dendera, a 1 heure actuelle W : le lac y était orné d’une bordure de pierre® i 
Or on célébrait auprès de ce lac®, à Sais, les représentations des souffrances 
(d Osiris ), que les Egyptiens appellent des mystères 
A Dendera aussi, comme dans tous les grands sanctuaires à la même époque, 
le 2 â Chmak, (il y a) procession d Osiris, a la nuit /• on s’arrête en face du lac 
(sacré) (m-hr pi s); on célèbre tous les rites, (puis) on fait le tour du temple, (et) 
on s’arrête ausiège (de la statue du dieu) W. Il y a aussi fête de la Victoire d’ Horus, 
le 2 1 Mechir : on va a la grande voûte (du ciel), c’est-à-dire sur la terrasse du 
temple, puis probablement aussi au bord du lac. 

Or, a Edfou, on va sûrement au lac, puisque p 1 * 3 4 * , s-n-Hr le désigne 
Et de plus ce lac d Edfou a bien des chances de se trouver, par rapport à la 
position du temple sur le terrain sacré, à peu près là où est creusé le lac de 
Dendéra : au nord de l’espace occupé par les ateliers anciens (*), à quelque 

* î u t •! tï ïTvTjTÎ f. TTTTï i * HT *“ . ' : n~r\ ~r — : r — ? - r — ; — « — t ? * 

(l) Les deux écritures ne diffèrent que par le déterminatif. 

« Edfou, IV, 17 3, 4-5. 

(3> Hérodote, Ilist., II, 170-171. 

(t) Le lac sacré de Dendéra est le seul lac qui ait été révélé, par les fouilles, à peu prés intact 
dans sa construction (fin du n 6 siècle av. J.-C.) : cf. Chass., Dend., I, pl. pkot. XL XV XVI 
XXV, XXVI. 

‘ 5) . . . XtOtvy xpyjrtèi xexotrpyj pévrj ([ital] èpy»r( ’xévp eü xùxXp) (Hérodote, éd. Legrand, 

II, 170 , 5-6). Il faut ne tenir compte ici que du début de la phrase, la fin étant sujette à 
deux interprétations, selon le texte adopté. 

m Il convient de suivre la traduction que Legrand donne de si> bè t rj Xtuvt) (t. II 
p . 186 , note 5 ) . 

(7) Cf. plus haut, a” partie (grand calendrier d’Hathor à Dendéra, col. i 3 ). 
m Allons, courons vers le lac d’ Horus, pour y voir Horus en sa barque, pour (y) voir le fils d’hh 
en son esquif (de guerre), chantent les msnw w pendant la cérémonie (Edfou, VI, 79 , 5 ). 

(«) Qf , p ar tie, plus haut ! préparation de i’offrande journalière. 


— +#•{ 6ff7 )*m — 

distance à l’est de l’cmpl^cemeqt du puits sacré : depuis la hauteur de. ce 
puits jusqu’à celle de l’angle nord-est du mur de pierre qui enclôt le 
temple W. 

Si donc, à Dendéra comme à Sais, on célébrait ji’ office d’Osiris du a 4 Choiak 
auprès du lac sacré, il y a bien des chances phur qu’il en ait été de même à 
Edfou pour l’office d’Horès, le 2 1 Méchir. Dans ce cas, les porteurs chargés: de 
la barquë divine mls^nfrm la déposaient selon toute vraisemblance .sut un 
socle portatif, à proximité du lac, la proue tournée vers l’eau. Devant elle, 
on plantait debout dans leurs supports les deux armes d’ Horus, les épiètix 
p? mdw et pi égmh, Est-ce à dire qde le lac lui-même soit resté vide de 
tout symbole matériel, tau cours de la fête? 

Il semble évident que les images divines présidant à la cérémonie sont 
celles mêmes du sanctuaire du temple. Il en est ainsi pour toutes les grandes 
fêtes d’Edfou : celle de Méchir ne peut échapper à k règle. L’office de la 
victoire d’ Horus est un service divin. Le prêtre, *du roi y est en la présénee 
réelle des dieux. CeUx-ei ne peuvent être là que sous l’apparence xlq leurs 
statues consacrées, habitées en temps ordinaire par leurs âmes. Or ces statues 
ne voyagent hors du sanctuaire que dans leurs tabernacles et dans leur 
litière, ou barqiie divine, s’il faut sortir du temple. Par ailleurs, la barque* 
litière qu’on amène au bord du lac le 2 1 Méchir, sur les épaules de ses 
porteurs, est une litière en' forme de barque, et non une bfcrque capable de 
flotter sur l’eau. Il ne peut donc être question de l)y déposer. De plus, cette 
litière est d’assez grande taille W 1 . Or le lac sacré d’Edfôu, comme ceux vie 
Dendéra ou de Sais, était selon toute vraisemblance entouré d’trne margelle 
basse, en pierre^. À Dendéra, on n’accède à la surface de l’eau, variable 
selon la hauteur saisonnière des infiltrations, du Nil, que par des escaliers en 


Ce site est encore occupé par des maisons modernes habitées, à l’heure actuelle. 

Ces épieux protégeaient, en temps ordinaire, les abords du naos de pierre de la chapelle 
Msn(-t) (cf. plus haut, 3* partie). Voir l’épieu dans la main d’Horus : Chass., Edfou, pl. phot. 

*96. 

(3) Il est peu probable qu’il y ait une exception pour la fête du Goutonmmmt du roi, du i er 
au 5 Tybi : cf. plus haut, 5° partie. 

(4) Cf. plus haut, i re et 3° parties. 

{5) Cf. Chass., Dend., I, pl. phot. XV, et XVI. 


Bibl. d’Étude, t. XX, 3 e fasc. 


88 


— ■**«( 698 )» m- 

pente douce assez étroits, de meme que les quatre portes qui les commandent. 
S il en était ainsi egalement a Edfou, on ne pouvait déposer sur le lac qu’une 
embarcation légère, et d’une taille très réduite. 

Il n’est pas impossible qu’une barque W répondant à ces nécessités ait 
existé, à la fête de Méchir. G’était probablement un esquif de bois de petite 
taille, et tel que deux hommes puissent le porter. Il était capable de flotter. 
On l’apportait en procession avec les dieux; tandis qu’on plaçait la grande 
litière sur son socle, on le descendait jusqu’à la surface de l’eau du lac. Il 
était muni d’un mât avec voile et cordages Sur le pont, une statuette de 
bois figurait Horm-k-Harponneur, debout, le bras levé, le harpon dans la 
main droite. Devant lui, à la proue, une autre statuette était celle de sa mère 
Isis, qui le protège pendant qu’il combat. Cette embarcation ne sortait 
qu une seule fois par an, a la fete de Méchir. Elle n’avait pas le caractère 
sacré des litières divines : les statues des divinités y étaient exposées à la vue 
de tous, et non cachées à l’intérieur d’un tabernacle. 

La présence effective d’une barque déposée pendant la cérémonie sur l’eau 
du lac répond à plusieurs allusions précises des textes de la fête. Une phrase 
telle que : on joue du sistre pour sa mère, qui fait sa protection à la proue de sa 
barque, tandis qu’il abat ses ennemis semble, au résumé du cérémonial, 
faire allusion à une image matérielle. Une autre phrase, au tableau m\\ ntr> 
est encore plus décisive : sa mère est sa sauvegarde; sa statue (twt-é) se trouve 
dans la ( barque ) de combat ( h’,4) qui le porte; elle protège son corps sur le lac 
d’Horus W. Enfin et surtout l’hymne d’incantation pour la barque d’Horus, 
placé dans la bouche de la déesse Isis t 5 >, ne peut être pleinement com- 
pris que si l’on se place dans cette hypothèse. Ce chant est le centre 
d’une des scènes les plus importantes du rituel de la fête. La figure 
de la barque elle-même, avec tous ses agrès, entièrement différente de toutes 
les autres barques divines fictives représentées aux deux registres, groupe 

' ’ ** • d " .ju oh - ! >7~ t ÏT: i ) f Mi .• Tl /ii«; — *: — ri — « 

. <’> Et, plus précisément, une (barque) de combat (kl-t), légère et sans cabine, comme celle 
sur laquelle combat Horus-le-harponneur . 
m Cf. Edfou, pl. phot. 5 o 8 . 

<3) Cf. plus haut (Edfou, VI, 9, 6-7). 

(i) Cf. plus haut (Edfou, VI, 5 9 , 6-7). 

(5) Edfou, VI, 79, 11 à 80, 11 Cf. plus bas. 


autour d’elle tous les textes relatifs à cette scène. Comme Naville l’a entrevu (’), 
l’éloge de protection, minutieux et technique, de chaque partie de l’esquif 
sacré ne prend sa vraie valeur que si, sur l’eau du lac, flottait en pleine 
réalité l’embarcation du dieu et de sa mère. 

Par ailleurs, on voit partout, au cours des scènes de combat gravées au 
mur, l’épieu vainqueur s’enfoncer en une figure minuscule d’hippopotame, 
toujours placée dans l’eau. Au rite des dix harpons en particulier, chaque 
fois que le prêtre du roi — c’est-à-dire Horus — lance son arme, il est censé 
toucher d’un coup mortel la bête de Seth. II est donc probable que, dès le 
début de la cérémonie, et non pas seulement à l’instant du sacrifice final, 
une figure d’hippopotame était nécessaire, afin que le prêtre puisse la toucher 
de son épieu. Elle était cependant censée se trouver sur l’eau du fleuve, ou 
du lac qui en tient lieu ; mais elle se trouvait, semble-t-il, en réalité, posée sur 
un socle W, ou sur les dalles de pierre mêmes qui entouraient la margelle 
du lac M . Sa taille peut avoir été' celle que le décorateur lui a donnée aux 
deux tableaux cités ci-dessus, par rapport aux personnages humains. Existait-il 
une seule figure qui servait dès le début de la cérémonie, et qu’on découpait 
à la fin au moment du sacrifice de Seth? Cette dernière était faite de pâte 
(cuite) (s'w-t), comme le déclare la notice intercalée entre la fin du discours 
d Isis et la première prière des prêtres M . Mais précisément cette notice 
dit : on introduit l’hippopotame de pâte (cuite) en présence du dieu-au-bras-levé : 
il semble donc qu 'auparavant elle n’était pas encore devant la statue à’Horus- 
le-vaillant-harponneur. Nous sommes ainsi amenés à penser qu’il y en avait 
une autre : c’était peut-être celle qu’on voit encore au II e tableau de 
Chassinat. Il serait conforme aux usages qu’elle ait été faite de cire colorée 
en rouge. C’était la matière et la couleur traditionnelles pour les figures 
d’animaux séthiens employées dans le culte Ainsi la fiction mise en œuvre 

— »*(**■■ ; — r-rr 4 — TT TT'‘” ’ T " — — . i T 7 " — hTrr’ — m — -r v — t ~ — -—tt — — f* — > — ’f t 1 .- 1 t j r:' ■ - T — fc 

«Il s’agit de faire l’éloge d’une barque qui, pour les habitants d’Edfou, était un objet 
saeré qu’on portait en triomphe à certaines fêtes» (Nàvills, Mythe d’Horus, Introduction, p. 12). 

(S) Edfou, pl. phot. 5 1 U . 

( 3) Edfou, pl. phot. 5i2 *= u* tableau de Chassinat. 

(4) Edfou, VJ, 88, 1-2, cf. plus bas. 

w De plus le texte D indique que pendant la navigation d’Horus, l’Çnnemi était un hippopo- 
tame rouge : tr*n &ts hrbf m hlb dêr (Edfou, VI, 916, 2) ; iwf m h lb dsr (Edfou, VI, 217, 
et note 1) ; pl db dsr (ibid., 217, 9)* 


-*» ! ■-> » ( 700 

faisait qu’ Horus fils d’Osiris était en face de Seth son adversaire, au lieu 
mémo ou ce dernier avait découpé le corps d’Osiris. Au bord du lac sacré, 
substitut de la rive du Nil ou de Ndi-t, Seth va être mis à mort et démembré. 
Le fils qui venge son père le fait au jour de sa victoire, selon la loi du talion. 

jLes premiers rôles dans l’office qui se prépare vont être comme en toutes 
fêtes dans les temples d’Egypte ceux du prêtre du roi, et du cérémniaire. L’un 
est Horus, et , l’autre est Thot : à eux deux, ils «conduisent le rite». 
Le premier, qui est également le roi d’Egypte, est chargé d’accomplir les gestes 
liturgiques, aussi bien que de prier, à certains moments de l’action. En lui 
s’incarne le dieu, dont l’âme habite aussi l’image du vaillant harponneur ; il 
en est l’image sur terre. Tout ce qu’il fait, le dieu combattant ou victorieux 
est censé le faire par sa main. Quant au cérémoniaire chargé de l’autre partie 
dominante de l’office, il tient les, manuscrits ; il en psalmodie à voix haute 
les passages rituels; il dirige le chœur des prêtres, et celui des ménw-w^K 
H existe enfin un troisième rôle sacré de premier plan. Celle qui le tient 
est la première chanteuse du temple, représentante^ d’Hathor et d’Isis. Le nom 
qu’elle porte est celui de sffi'y-t;, son titre spécial, au clergé d’Edfou, 
était : eelle-gui-est-sur-sorir-trône (hr{- t t)-ni-t-$), ou encore : ceJle-du- (collier-)mni ■ t 
Elle joue le rôle de la déesse Isis et, en conséquence, celui 
de la reine d’Egypte également, pendant l’office de la fête de la Victoire W . 

m î 1 P i . . i : 7 ‘ — : — * 1 7 » r — ; • 

Voir plus bas. 

w Elle n’éxerce en réalité qu’une charge éeclésiastique subalterne. Aucune femme attachée 
au culte des dieux en Egypte ne semble avoir eu la qualité de ( prêtre-)pur (w'b). La im'yt 
elle-même n’avait donc pas ^ccèp aux salies toujours pures des teruplçs. Rappelons en passant, 
à ce sujef, les deux jeunes filles jumelle^ chargées, dans le temple de Sérapis à Memphis, un peu 
avant l’époque où les textes du mythe d’Horus furent gravés au temple d’Edfou, d’accomplir 
certains rites et de figurer les pleureuses « Iti *» et « Nephthys » aux fêtes d’Osiris en Choiak. Celles- 
là étaient au bas de l’échelle dont la bn'y-t en chef répresentait le plus haut degré (cf. 
WïlcKex, Urkunden der Ptokmàerzeit, I, 1 9/t , ail, 658 ). 

m ’ Edfou, V, 896, 9 ; Edfou, î, 359, ii. Voir aussi, par ex., Edfmi, I, 337, 11-1 a ; celle- 
qui-est-sur-son-trône joue du sistre devant lui ( Horus d’Edfou). 

(4) Isis elle-même porte parfois le titre de ( chanteuse-) hn y -t d’Horus-laureau-puissant (cf. 
Wb., IV, 48 o, sm'y t, h). C’est le décalque, sur le plan divin, de ce qui se passe en fait dans le 
teïùple. lin passage semble décisif, sur l’attribution matérielle dn rôle d’Isis à la première 
chanteuse sm'ÿ-t : c’est celui du récit mythologique, après le combat de ii-t-ilb-L Isis y 
accomplit tous enchantements pour chasser Bê de N- îrfy et Thot dit ï voilà pourquoi on appellera 


— ♦-»•( 701 )•** — 

Elle entre devant les statues divines en même temps que le chœur des chan- 
teuses qu’elle dirige et seulement lorsque la cérémonie est déjà commencée. 
La part qu’elle prepd à l’action complète celle de Thot : tous deux sur le même 
plan aident Horus pendant le combat, et 1 b guident dans son triomphe^. 

Ainsi la procession des dieux de la chapelle Mên(-t ) se changeait-elle, au 
bord du lac sacré d’Edfou, en un rassemblement prêt à célébrer un «office 
dramatique». Entre la litière des dieux arrêtée sur son reposoir, et la figure 
de Seth sous l’aspect de l’hippopotame, lé prêtre du roi et le cérémoniaire sont 
debout, face au lac, tournés vers la [barque) 1 de combat ancrée à sa surface, 
au centre d’up groupe formé par les prêtres du temple ®. 

Alors, derrière les officiants, des hommes entrent dans l’eticeinte. Ils se 
rangent debout sur dpu» rangs®. Ils tiennent dans leur main droite, la 
pointe basse, un harpon ;< dams leur main gauche, ils ont le glaive qu’on 
voit au poing des gardes du temple, sur les bas-reliefs de la 'fêté- de la 
Bonne réunion ®i. Ce sont des chanteurs et* - danseurs, dans le rôle des 
suivants d’Horus [smé-m-Hr, ou : imi-vc-ht Hr), ceux de Mén[-t) [ménw-tv), 
ou harponnèurs d’Horus [iiwtî-w Hr ). On a beaucoup discuté sur la significa- 

«V enchanteresses la (chanteuse-)smy 4 de ce dieu . Si la smyt du temple de N-lrf y tient le rôle 
d’ïsis, il est vraisemblable qu’il en était de même à Edfou. 

(1) Voir plus bas. 

(2) Le titre féminin correspondant à ^ hrt striw*w = premier des chanteurs (du temple de Ptah, 
ou : deVUraeus) (cf. Wb., IV, /i 7 9 , srnw, 4 - 5 ), et qui serait ihp( 4 ) *my(-vo\t), ne semble pas 
attesté par les documents. Mâis le^ titr^ de smy 4 isolé* place dans les tableaux des noms 
sacrés^ particuliers $ chaque temple, à l’époque ptolémaïque (qf. le présent ouvrage, 

cjbap* 1, 1), joiontre qu’il s’agit d’une chanteuse (et musicienne, s’accompagnant du sistre* 
du collier de la harpe) unique au temple* Elle ne peut donc être que la première de 
toutes celles qui portent ce nom. Comparer, pour la période du Nouvd-Empire : G. Lefebvre, 
Histoire des grands-prêtres d’Atmn de Karnalc jusqu’à la XXI e dynastie, I, 1 , paragr. 6 ï Le clergé 
féminin du temple de Kamak, p. 3 3-3 h ; H. Gauthier, Le personnel du dieu Min, chap. x : Le personnel 
féminin. 3 (les instrumentistes), p. 11 3 . 

Tous ceux qui sont de service en ce f|iois y figurent probablement, comme à toutes les 
grandes fêtes solennelles : cf. l’ indication rituelle, au moment du sacrifice : (alors) disent 1 p$ 
prophètes , les pères-du-dieu, les (prêtres-)pur$ (Edfou, VI, 88, B). 

(4) Si l’on se fonde sur l’analogie de la présentation, femmes de Bousiris et de Bouto sur 
deux rangées, au tableau voisin (Edfou, pl. pbot. 609), et sur la présence de deux <u?i?nw'm», 
au tableau IX (%¥ r$g.) de l’édition Chassinat. 

(ï) Cf. Edfou, pl. phot. &07 ■«= Naville, pL VII, et Edfou, pL pbol. 46 a- 463 , 471 . Voir plus 
haut, sur ces armes ( 4 ^ partie). 


Bibl. d'Êtude, XX, 3 e fasc. 


— «•( 702 )+*~- 

tion de min, Mén(-t), rnétwfw) : il n’entre pas dans notre sujet de suivre 
cette voie À Edfou, à la fin du n e siècle av. J .-G,, les hommes qui 
portent, entre autres noms, celui de ménw-w, sont à coup sûr des figurants, 
des auxiliaires du service divin qui se déroule au bord du lac. On leur donne 
bien, il est vrai , le titre de fils royaux ® : il est entendu qu ils figurent, 
comme suivants (ou i successeurs). d’Horus, les rois humains légendaires les 
plus anciens, a qui Horus, le roi par excellence, a légué sa couronne®. 
Mais 1 essentiel, du point de vue du rite, c’est qu’ils forment, le 2 1 Méchir, 
V équipage d’Horus, qui ne quitte pas la barque du dieu. Ils sont censés 
y ramer pendant son expédition navale. Ils sont surtout les guerriers et les 
chasseurs qu’Horus dirige. Armés de i’épîeu et des harpons, tout comme 
lui, ils montent une flotte de barques de combat, qui entoure l’esquif de 
leur chef divin Ils traquent avec lui les hippopotames et les crocodiles 
en qui se dissimule le dieu Seth sur l’eau du fleuve. En réalité, ils dansent 
et chantent à côté de sa litière divine. On peut suivre les titres des chants 
mimes qu ils exécutent, au cours de l’ojfice des dix harpons A ces instants, 
Thot, le cérémoniaire en chef de la fête, les dirige effectivement W. La première 
chanteuse, dans son rôle d Isis, les interpelle plus d’une fois. Elle leur promet 
la chair, les entrailles des bêtes ennemies à dévorer et leur sang à boire, tout 

—— — — — — — mfat ii»/ ■ ' — 

Cf- surtout Sethe, Die angebltchen « Schmiede» des Horus von Edfu : ZAS, 54 (1918J, 
p. 5 o et suiv. ; id., « msn-w» Harpunierer : ZAS, 5 7 (19 99 ), p- 1 3 7 . U est certain que les 
compositeurs (d époque recente) du texte intitulé Recueil des lieux saints du Premier (dieu) 
primordial ne connaissent pas le sens ancien du mot Msn(-é), et imaginent pour lui une 
étymologie banale : ms n-t — (le lieu) né de l’eau, ce qui est en accord avec leur cosmogonie 
(Edfou, VI, 186, y). En fait, msnw-w ne peut se traduire par harponneurs qu’en vertu de la 
légende propre au lieu Msn, car msn, au sens matériel primitif, désigne un panier-flotteur en jonc 
tressé et ligaturé, servant à soutenir en surface la corde d’un harpon. Au contraire, ilwti-w-(Hr) ( les 
harponneurs (d’Horus)) est un terme matériellement précis. Cependant en matière de culte, à 
1 époque ptolémaïque, les deux expressions s’appliquent indifféremment aux mêmes personnages. 
(,) Edfou, \ I, 79, 1. Les porteurs de la barque-litière sont aussi des fils royaux. 

P) Cf. surtout Sethe, Retirage zur âltesten Geschichte Àgyplens ( 1 9 o 5 ) , p. 3-2 1 ; Sethe, Urge- 
schichte und âlteste Religion der Agypter (1 9 3 o), p. 187-166. 

m Cf. les deux msnw-w qui dirigent leur barque à droite et à gauche de la barque d’Horus : 
Naville, pl. XVII; Chassinat, Edfou, pi. phot. 5 a 8 - 5 «o. 
m Cf. plus bas. 

(8) Une phrase du dernier récit traditionnel conservé à Edfou texte E de Fairman) semble 
faire allusion à ce rôle mythologique de Thot : [Horus de Msn(-t) arriva (i?)], et les compagnons 
(sms-w) gui étaient à son côté: Thot était à leur tête (ko Dhwty mhl-t iry) (Edfou, VJ, 2 19, 10-1 1). 


— m*( 703 )•*+■ — 

comme à des chiens de chasse, pour la curée Quand elle préside elle- 
même au partage de l’hippopotame, elle fait servir leur part aux chiens et aux 
seipents, avant de distribuer la leur : il est vrai qu’elle fait preuve ensuite 
d’un soin particulier pour leur récompense. Cela ne montre pas, dirait-on, 
que les ménw-w d’Horus aient occupé un rang très honorifique, dans la 
tradition mise en œuvre au cérémonial d’Edfou à l’époque des rois grecs. 

Qui peuvent-ils avoir été, en fait? Non seulement peut-être certains dévots 
du dieu venus d’Edfou même, mais encore d’autres, arrivés en pèlerins, 
depuis Dendéra, et depuis V oasis d’Abydos ® ; l’oasis de Khargeh d’au- 
jourd’hui. Le héraut qui annonce la fin du combat et la victoire du dieu 
le fait en deux cris ; l’un aux gens d’Edfou, l’autre aux gens de Dendéra ® . 
Le Dieu Khnoum de l 'oasis d’Abydos est particulièrement remercié, parce 
qu’il pourvoit à l’équipage de la barque d’Horus au moment de la fête®. 
Les figurants ménw-w qui portent le harpon et marchent du même pas 
aux scènes du rituel, on les appelle encore, littéralement, les fils de 
ménw-w ® ; ils sont non seulement les chasseurs (éfyti-w), mais les fils de 
chasseurs (mé-w éhti-w) ®. Ces très anciennes et spéciales expressions semblent 
s’appliquer à des groupes réunis soit par une ascendance commune W, soit, 
ici, par un lien religieux. Comme on le verra plus loin, les rites de la 

Victoire d’Horus, probablement bien plus anciens que la rédaction du récit 
mythologique unissaient à travers l’Egypte un grand nombre de lieux 
sacrés. Dans tous ces lieux, dont plusieurs portaient le nom de Mén(-t), 
il y avait des hommes habitués, par une tradition de famille, à tenir à la 
fête annuelle du dieu le rôle de ménw-w. L’existence de confréries religieuses 
égyptiennes dévouées à certains cultes et attachées à certains temples est 

— ou — w, « . tu ,. — r _— . ki ... a,h * ÿt i ^ * * i l i...... i- 

(,) Edfou , VI, 73, 8-9; 77, 7-10, 89, 5 -io, etc. Cf. plus bas. 

wh\>t Tl-wr {Edfou, VI, 84 , i 3 ), ou Knm-t [Edfou, VI, 69, 10). Cf. plus bas. 

« Edfou, VI, 86, 8-9. 

« Edfou, VI, 85 , 6. Cf. plus bas. 

^ Edfou, VI, 80, 11; 85 , 9 [mi'W mmw-vo). L’expression semble même réduite à son 
abrégé ; les fils (*rw«te), en Edfou, VI, 85 , 9. Cf. plus bas. 

« Edfou, VI, 7 3 , 8. 

W Cf. l’expression mi-tu hmw-w = les fils des artisans , c’est-à-dire : les artisans, dans le sens 
de : le ( corps des) artisans {Edfou, VI, 74* 6 ). 

(8) Ce récit a pu d’ailleurs être rédigé d’une façon comparable dans de nombreux sanctuaires 
horiens de l’Egypte, afin d’expliquer une situation de fait : la très ancienne communauté des rites. 


89. 


certaine en Egypte, à l’époque des rois grecs et sous la domination romaine M.* 
A Dendéra, en particulier, l’existence d’une grande Confrérie d’Harsomtous 
(knb-t 'M n Hrsm\-t)-wi), composée de gens de la confrérie (n) rmt knb-t) 
dont certains occupaient des fonctions -importantes, est attestée par la stèle 
publiée par Spiegelberg en 1912 W. Il existait aussi, à Dendéra également, 
une confrérie d’Hathor connue par une stèle du Musée du Caire W . 

Ces associations pieuses fournissent à Dendéra, sous les règnes des premiers 
empereurs romains, des sommes destinées à la restauration des édifices 
construits sur le terrain sacré. Il est possible qu’à certaines époques et en 
certains lieux elles aient répondu depuis longtemps à d’autres besoins, liés à 
la nature des rites. Les ménw-w légendaires recevaient un culte en tous lieux 
saints consacrés à Horus vainqueur de Seth, et en particulier dans ceux du 
delta, d’où le nom de mén semble originaire M. Un passage du récit mythologique 
est très net sur ce pointé. Comme la plupart des faits divins rapportés, 
les paroles de Râ y sont destinées à rattacher à une légende — donc à 
expliquer logiquement — l’existence de statues ( ; Am) dans des chapelles 
(shm)l% qu’on disait être celles de ménw-w. Ces images étaient purifiées 
par des ( desservants ) en leur mois, et par des ( desservants ) horaires, attachés 
spécialement à leur service. Le rapprochement de ces associations cultuelles 
et de ces hommes chargés du soin des statues de ménw-w,, d’une part, avec 
ceux qui d’autre part, sous le même nom, chantaient et dansaient aux fêtes 
de la victoire du dieu peut aider à pressentir ce qu’étaient les harponneurs 
dont l’image existe encore au temple d’Edfou W. 

Cf. W, Otto, Priester und Tempel im hellenistischen Agypten, I, p. ia 5 -i 33 . 

W Cf. Spiegelberg, Denkstein einer Kultgenossenschaft in Dendera aus der Zeit desAueustus (Z AS, 5o 
(1912), p. 36-39). 

W Cf. Spiegelberg ( Catalogue général du Musée du Caire), Demotischen Denkmâler, I >{i 9 o 4 ) : 
stèle Caire 3 1 . 1 3 0 . 

W Cf. par ex. : Kees, Horus und Seth als Gôtterpaar , II; Horus von Msn > p. 791-82. 

< 5) Edfou , VI, 126, 5 à 136, 1. Cf. plus bas* 

W Ces chapelles étaient peut-être placées en dehors des temples proprement dits, dans, 
les terrains sacrés. 

< 7 Î Voir aussi plus bas (p. 775 et note 5 ), deux exemples du mot knè*t^ confrérie* qui 
désignent les chanteurs et danseurs participant à la fête de la Victoire à Edfou (Edf., VI, 83 , 6 
et 9-io) : knb-t (h)r gè * nd-t , et : knb-t {h)r gé phmw. Les confréries d’Horus et d’Isis-Hâthor 
sont donc attestées dès le h® siècle y nv. J. 4 L 


CHAPITRE III 


PREMIÈRE PARTIE DE LA FÊTE DE LA VICTOIRE 


LE CÉRÉMONIAL DES DIX HARPONS 

L’office sacré va donc commencer, sur la rive du lac. Le prêtre du roi 
— c’est-à-dire Horus lui-même — un sistre dans la main droite, élève les 
bras vers la statue d’Horus sur la barque du lac, puis s’incline devant le 
manuscrit déposé à côté de lui : 




Invomticm vers loi, crépitement du sistre vers ta barque (L w n-k p ihy n 'h 
Horus d’ Edfou-grand-dieu-du-ciel ! J’adore ton nom, (celui) des tueurs (sfti-w) qui 
mit avec toi (m-ht.k); f invoque tes harponneurs (i:wti-w*k) je me prosterne 
devant tes épieux' (qui sont ) dans (m) les saints écrits; j’adore tes harpons ! W. 


Le cérémoniaire vient alors vers le livre. Celui-ci est intitulé : 


Cl 

>i.n»H'( ih * -1 Jl&u m tu. ;?i; 






O) Edfou, VI, 60, 1 1 à 6 1 , 1 . 


Justification d’Horus contre ses ennemis, lorsqu'il s'élança M pour tuer (ses) 

ennemis, quand il entra ( au combat ) pour anéantir Seth C'est Thot qui 

parle. Il le prend à deux mains, le déroule, et commence à psalmodier 
1 introduction, au nom de Thot qu’il représente. Cette préface est la 
salutation de Thot : 





(?) 



.0 


C'est jour de fête, 6 Horus maître du pays, fils d'Isis bien-aimé, justifié, héritier 
d’Osiris, rejeton d’ Onnéphris-le-justifié, puissant en tout lieu ( qui est ) sien! C'est 
jour de fête, en ce jour partagé en ses minutes! C’est jour de fête, en cette nuit partagée 
en ses heures! C’est jour de fête, en ce mois partagé en ses quinzaines! C’est jour de 
fête, en cet an partagé en ses mois! C’est jour de fête, en cette éternité partagée en ses 
ans! C’est jour de fête, en cet à-jamais! Que e’est beau, quand {tout celai) ^ vient 
pour toi, ( toujours ) renouvelé (n rnp-t) ! W. 

A son tour, le prêtre du roi prend le livre, et entonne un chant de guerre, 
placé dans la bouche d’Horus : 


?n>-y*-TKi!Ewr;jTi:oss:»(*Sri>fv-yi 

C’est jour de fête : je darde à nouveau! (m rnp). Mes mains plantent ( l’arme ) en 
sa tête (ndr c -wi-i m tp*f)! Je darde contre ((h)r) les femelles d’hippopotames 


(1} b fi phrr-nf. C’est le terme même du résumé, au bandeau de soubassement du mur d’enceinte 
ouest : phrr n Btk-n-nb (cf. plus haut). Voir aussi Edfou, VI, 62, 2 : phrr hnt'hî-tf = (Horus) qui 
s* élance dans m barque. 

(S) • sn représente toutes les divisions du temps réparties plus haut. 

(3) Edfou, VI, 61, 2-7. Le morceau est bien placé dans la bouche de Thot, l’ordonnateur du 
temps et de la course des astres. En ce sens, il règle la marche toujours renouvelée de l’Horus 
solaire, Harakhthès. 


707 )*#+, — 

(hrn-w-t n hjb*w) M { dans une eau de huit coudées ) ! Je darde contre (r) le taureau 
du marais (dans une eau de vingt coudées) ! ( Un fer (bi;) de quatre coudées, une 
corde (db;) de soixante coudées, une hampe (m;w-t) de seize coudées (sont) en 
main(s) d’un jeune homme ([nd]s) (haut) de huit coudées ) W Je darde, debout sur 
la barque ( dans une eau de vingt coudées) M ! 

Je lame (le harpon ) de ma (main) droite, je file (la corde) de ma (main) gauche, 
comme fait un vaillant chasseur ^ ! 

Une fois chantée la phrase et son développement probable, qui ne nous est 
pas indiqué, le cérémoniaire reprenait la parole; s’adressant à Horus, au 
nom du dieu Thot, il lançait la malédiction de stérilité sur ses ennemis : 

il 4 T. 11! ■ S ï. ï: a - = S r 71 rn ^ '£ ct I ■ stEi vt ~ | »i £ s 


{l) L’expression s’oppose à celle qui désigne l’hippopotame mâle. 

(a) ivo st*n-i r kî-mhy. Cf. plus loin, et : Wb ., V, 96, 10. 

(8) m- c n[d]« n mh hmnw . Passage parallèle (Edfou, VI, 216, 10) : (Alors) Horus d'Edfou . . . se 
métamorphosa en un [bel] et puissant garçon, un jeune homme (n[gl]é?) de huit coudées, { debout sur 
une barque (dp-t) de vingt coudées). 

Toutes les phrases indiquant des mesures en coudées semblent être des commentaires inter- 
polés. Elles ont été introduites, semble-t-il, depuis un autre manuscrit, au milieu d’une phrase 
unique : Je darde contre les femelles d’hippopotames, je darde contre les taureaux du marais, je darde, 
debout sur la barque! La répétition de : dans une eau de vingt coudées, décèle l’interpolation. Les 
mesures données amplifient toutes les dimensions humaines, mais elles sont approximativement 
harmonisées les unes aux autres. L’ensemble se rapporte à un combat mythique gigantesque, 
dont tous les acteurs et les instruments auraient de 2 y 2 à 4 fois les dimensions humaines. 

C’est-à-dire î je laisse glisser la corde (du harpon, quand la proie est ferrée). Cf. Edfou, VI, 83 , 
i 3 -i 4 ; 216, 12 : hï'to-t m wnmi i, sn^n-tm tibvt, mi «>•« shty kn. Voir Wb., III, 455 , 7 et IV, 
282, 5 . Le verbe *»(i) est certainement employé ici dans un sens technique, ayant trait à la 
chasse de l’ hippopotame. Du sens normal de dépasser, on passe au sens factitif que 
nous proposons. Il n’y a pas d’exemple parallèle, à notre connaissance, en dehors de ceux du 
mythe d’Horus. &hty signifie ici, à coup sûr, non pas habitant des champs, paysan, mais chasseur 
(dans la brousse vierge Sht , où l’on ne pratique ni culture, ni élevage). La phrase entière sert 
de titre : cela se produit souvent aux tableaux rituels de la fête (cf. la même phrase-titre : 
Edfou, VI, 83 , i 3 -i 4 ). Ces titres indiquent les premières mesures de chants connus, que les 
décorateurs n’ont pas fait graver en entier sur la muraille. On peut supposer qu’en cet 
instant de la cérémonie le chœur des assistants soutenus par les instruments de musique 
chantaient l’hymne, tandis que les danseurs msnw w mimaient tous ensemble la scène de chasse, 
debout sur deux rangs, le harpon à la main* 


709 )l***^- 

Plus ne mettront bas le»'' (femelles) 4’ hippopotames (qui sont) , pleines! Pim de 
conception parmi leurs génisses, quand on entendra le bruit déchirant (hrw hbk) 
de ton épieu et la voix sifflante (hrw ssd) de ton fer, comme (celui) d'un orage 
à l’orient du ciel, comme le roulement, d’un tambour dans la main d’un enfant W ; 
grippe(-le), Horus, grippe(-le) \ té). 

La préface est dite. Les deux grands officiants s,e sont pfjssé deux fqi^ i’un à 
l’autre la parole. Le service des dix hqrpçns proprejpeiit (jh,t, commence. Çjest 
la commépioratipn des combats terrestres du dieu : le cérémonial y ppit pas 
* à pas la marche victorieuse d’Horus à travers l’Egypte. Lç chiffre de dix e^t 
celui même des batailles qu’il a livrées, en sa [orme de géant humain à tête 
die laucom, à son ennemi caché sous l’aspect -de L-hippopotame. Le récit, 
gravé au-dessus des scènes dik rite, donne dors à la cérénto^ie son enchaî- 
nement et sa progression. Si on le lisait au cours de la fête, c’est, selon toute 
vraisemblance, au fur et à mesure que les dix coups d’épieu étaient rappelés 
par les gestes successifs de l’officiant. 

1 . ]Les combats d’Horus sont groupés, selon le rite, deux par deux : voici 
donc ce qui concerne les deux premières batailles du roi divin té) • 


(4) mi nh(w) sh\ (k) hrd: 1 0 L’oi$eau lu i par Naville et par Chassinat est à tire nh (cf. Edfou, 
pl. fhàt. 494, col. 10 au centre). Il s’agit ici d’un second exemple Récrit défectivement, sans 
déterminatif) de l’dtoræf signalé aux textes de Ce fui est dam kiDl-t (Mém. Mission franç. Caire, t : II, 

1, A* partie, p* 48 = Wb., II, 388, io) : nkto. Il en précise le sens, et l’on doit traduire mi hrw 
nte ty > nsnyf par : comme h voix (et) le grand roulement de sa colère, en parlant du tonnerre ( nsny m 
p 4 ) . Nhw = roulement convient aussi bien à exprimer le bruit du tonnerre que celui d’un tambour 5 
d’ailleurs le bruit du harpon dardé par Horus vient déjà d’être comparé à la mix de l’orage 
(èilyf 2“ Le déterminatif de shi 4 ( Wbt, IV, 207, 6-7), bien lu par Ghassinat, permet d’identifier 
le mot dans une orthographe non encore reconnue, mais normale à l’époque grecque (rétablis^- 
sement de r final non prononcé, dans un radical de genre féminin). 

(,} Cf. Wb>, II, 383 ,. t 2. Le cri de ndr, Hr , ndr! est le leit-motiv le plus fréquent au rituel de 
la fête do la Victoire . Clest une acclamation poussée vers le dieu qui saisit les bêtes ennemies, 
un cri d’encouragement semblable à pille! (pour le chien de chasse) ; mais ici il s’agit d’un faucon 
qui /tceajuoie* Cf. Edf, VI, 60, 1 1, à 6i , 3 ; pl. phot. 494-/196 ±= NaviHe^ pl. I. 

La première de toutes fest livrée par Horus à Edfou sous sa forme divine de disqm-ailé 
solaire. Aussi ne compte-t-elle pas, dans la correspondance du nombre des batailles au nombre 
des épieux pris en main par le prêtre au cours de la cérémonie, 


709 

e =.+.'î , >r , =:'-| *qi=r-rias ,® 

*■ ç — \ a U L*s I ■ s , I _SV a © Jf 1 t * v 

1 ISÎPaî!-W)T 4 -irSTPM.^M^«y--AS 51 ^^ 4 i 


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iii»«yV=î«sjè»yvs-Ji^pïr.:ï:ife , fazz4-:iii 

i;î»STaiTP:%.w;.i£T^:,?iî£T^+:i+ 5 ”Vi 

A.f:K:.ji^Ks;iMAriit=î+]yiT!SPÂT++yî:y 


11 J i 4 


II^fiïVKlt&^^ÏÏPfSWV^^ 

L'an 363 du roi (^ Râ-Harakhthès ^jj , qu'il vive toujours, à jamais! M. Or donc , 
sa Majesté était en Nubie (TVSti), et ses soldats (étaient) avec fëii, innombrables , 
(quand) [il y eut ] complot (wîw^ J contre leur maître ([wn] r w’w(^) r nb-sn) W : 
(aussi) appelle-t-on (la Nubie) encore aujourd'hui W. Râ se mit (alors) 

en route en sa barque , et ses compagnons (§ms-w-f) étaient avec lui. Il toucha terre 
sur (la province d ') Wts-Hr (et la rive) ouest de cette province , à V est du canal 
[jfl’jon appelle [l’eauj-du-roi (dd-tw [mw]-nsw-£ [r-f])^ encore aujourd'hui. 
Horus d'Edfou était (aussi) dans la barque de Râ; il dit à son père Râ-Harakhthès : 
« je vois les ennemis qui ont comploté contre leur maître : ton Uraeus va triompher 
sur eux ! (shm-[nht] ;h-t*k im-sn)». 

(Et) sa Majesté Râ-Harakhthès dit : « à toi (n k;*k)M, Horus d'Edfou-fils- 


Cf. les points de vue opposés de Newberry et de Kees, rappelés par Fairman, JEA, 21 
(1935), p. 28, n, 2, 

W [mJ^IAt) r wîw(î) : (alors qu’)(m) [fut] à comploter. Il s’agit d’ennemis de Râ- 
Harakhthès en Nubie, et non de complot parmi ses propres soldats. Il faut probablement rétablir 
le lièvre wn dans la lacune, déjà existante à l’époque de la copffë de Naville, et assez large pour 
contenir ce signe (cf. Edfou, pl. phot. 5 18, col. 5 , le second joint maçonné : on distingue un 
fragment du signe phonétique n; deux coups de pcrfïîte, semblables à ceux du voisinage, se 
trouvent au bord de la cassure remplie de ciment). Pour l’écriture de wlwl, cf. la même, en 
Edfou, I, 45 , 18, à corriger d’après : Edfou, pl. pheft. 226. 

(3) r-mn hrwpn. Le sens de r-mn est manifestement équivoquej dans les textes du Mythe d 9 Horus : 
i° Quand l’expression ci-dessus n’est pas placée dans, la bouehe d’un personnage divin, 
comme c’est le cas ici, elle signifie : jusqu 9 à ce jour ( bis auf diesen Tag : Wb II, 64 , 8), ce jour 
étant celui où vivent les rédacteurs du texte. C’est ce que nous traduisons par : encore aujourd'hui 
(Boeder, bis zu diesem Tage ; Fairman : to this day) ; 2 0 Au contraire, quand elle est placée dans 
la bouche d’un personnage divin (donc, qui parte au moment de l’origine du mot créé) ou 
quand la phrase précise qu’il s’agit de l’originç (par exemple : Edfou, VI, 1 1 4 , 3 , pour l’ori- 
gine des harponneurs) , l’expression r-mn hrw pn signifie : à partir de ce jour Ç;e sens fr’est 
indiqué, au Wb f , que pour r-mn m, et non pour r-mn seul), ce jour étant celui où ]e mot en 
question a été créé. C’est, ce que nous traduisons aussi par à partir d’aujourd’hui (Roeder, nom 
heutigen Tage ab; Fàïrma n , frotn this dpy). jpmi mjaurd’hui est tantôt le moment présent pour le 
rédacteur du texte, tantôt le moment présent pour le personnage du mythe. 

(4) Chassinat met es doute, à tort, la lecture de Naville (Edfou, VI, 111, note 3 ) ; comparer 

le texte et la correction proposée en Edfou, VI, 1 28, 3 . • 


de-Râ , (être) suhliîne (qui est) sorti de moi! Abats l'ennemi devant ta face , sur le 
champ It. [Alors) Horus d'Edfou, il monta (en planant) fpy ) jusqu'aux deux , sous 
(forme d' un\ grand disque-ailé ( c py wr) : aussi V appelle-t-on grand-dieu-du-ciei, 
encore aujourd'hui. Il vit les ennemis du (haut de) la voûte céleste (hr-t), (et) arriva 
devant eux (ss-n-f m-hr-én) sous (forme de) grand disque-ailé ; alors il fit rage 
contre eux avec (l' Uraeus de) son front, et ils ne virent plus de leurs yeux, ils n'en- 
teruhrent plus de leurs oreilles. Ils se massacrèrent l'un l'autre en l'espace d'une 
seconde : (il n'y eut) plus une têie, en qui ils puissent vivre (encore) (n tp c nb4n 
irn-f) W, 

Horus d'Edfm s'en revint (donc), comme un (faucm-)mhti aux mille couleurs 
( c 8Mwn) ( 2 ) , comme un grand disque-ùiU, jusqu à la barque de Râ-Harakhthès. Et Thot 
dit à Râ maître des dieux : «(Celui) d'Edfm est revenu: c'est un (un) (fâucm-)snbti 
et m grand disque-ailé, quand {ses mms(?)] se sont acharnées sur les rebelles! 
([ e -wi*f(?)] mds m h^k^w-ib) ( 3 b>. Aussi V appclh-t-mi Horus d ? Edfou, encore au- 
jourd'hui. Et Râ-Harakhthès de dire: «je regarde Horus! ». (Aussi) dit-on [celîe-qui- 
regarde-]Horus [à] (la ville d') (Edfou-) J)b^ encore aujourd'hui W. Abrs) Râ [le] 


{J) Cf. la même expression dans le passage parallèle : Edfou, I, 357, 16-17 (linteau, côté est) : 
n tp 'nh'b im . On ne peut la réduire au sens de ; and not a soûl lived, comme le fait Fairman (ibid., 
p. 28). L’anéantissement surnaturel — car c’en est un ici — détruit toute vie simultanément : 
ainsi seulement l’âme qui habitait un corps (littéralement : une tête) déjà détruit ne peut en 
retrouver un autre encore vivant, pour s’y réfugier. Qu’on pense aux têtes sculptées déposées 
dans les tombes, sous F Ancien-Empire. 

w Cf. èlb-ko't — au plumage moucheté. 

(3) Cf. Edfou, VI, 1 1 1, note 8, et pl. phot. 620 (ligne 3 , à la fin), à comparer avec : Edfou, I, 
357, 18 (texte parallèle). 

(4> ddtn R'-Hr-îhtt i «mJLe ffr». Dd-tw \M\l\t-Hr [n] Db r-mn hrw pri . Cf. Edfou, 
pl. phot. 621, ligne 4 , au début. Naville, suivi par Chassinat, semblent s’être trompés en lisant 
le groupe habituel (Hr) [Bh]dt(i) là où, en réalité, on distingue encore au bord du ciment, 
non le reste d’un d (de [Bh]d f(t)), mais celui d’une faucille mîî, qui amène à la lecture [M’l\t. 
Là se trouve la clef du problème. L’expression géographique Mll-t-Hr est connue, parmi 
les noms de la ville d’Edfou et du domaine sacré (cf. Gauthier, D. G., III, 8 (7 0 ) ï «ma Hor», et 
Wb., II, 10, 6). On le trouve, par exemple, dans la grande liste de la porte de la salle de l’ennéade 
(Edfou, I, 359, il), sous la forme de Mil-t (avec le déterminatif de la maison) nb-Msn(-t) = celle- 
qui-regarde-le-maître de Msn(-t). On le trouve, dans l’orthographe exacte employée ici, par exemple 
en Edfou, II, 217, 8 i Mll-t-Hr = œlk-qtii-regarde-Horus. Si l’on adopte cette lecture, le 
passage non compris jusqu’ici (cf. les traductions de Roeder et de Fairman) s’éclaire, parce que 
le véritable jeu de mots entre Hr, et Mîyt-Hr apparaît. Par ailleurs, la tète du personnage 


serra sur sa poitrine M ; et Râ de dire à Horus d’Edfou ; « tu as mis du ( jm de) 
raisin dans l’eau qui en ® sort, afin d’en satisfaire mon cœur! W». Aussi offres 
t-on h hrw-' à Horus d’Edfou, encore aujourd’hui, et dit-on [a« MaUre{fj\-de- 
tout-[dieu ( ?)} W : (Faucon-)snbti^-aux-mille-co«leurs ! (sirbti 'èl~iwn)t, encore 
aujourd’hui. 

Horus d’Edfou dit ; « viens, Râ;, (pour) que tu voies tes ennemis gisant sous toi 
(hr-k) sur cette terre!». Sa Majesté Râ s’avança, et Astarté ® avec lui. Il vit les 
ennemis gisant à terre, la tête brisée. Et Râ dit à Horus d’Edfou r' « C’est là 
qu’il est doux de vivre!». Aussi appelle-t-on ie-doux-de-vie (ndm-'nh) le palais W 
d’ Horus d’Edfou, encore aujourd’hui. Et Râ dit à Thot : « voilà le châtiment 
i(db;[w]) de mes ennemis!». Aussi appelh-t-pn Db ; cette province , encore au- 
jourd’hui. Et Thot dit à Horus d’Edfou : «ta protection est grande!». Aussi 
appëlk-t-m la-grande-en-protection ( c j mk-t) la barque (mi) d’ Horus d’Edfou, 
encore aujourd’hui. (Alors) Râ dit aux dieux de sa suite ri «or ça, ramons en 
notre barque sur ((h)r) l’eau! Réjouissons-(mms) (W de nos ennemis gisant à terre !»\ 
Et (l'èau) sur laquelle rama (hn) le grand dieu, on la nomme hnw, encore 
aujourd’hui 

- Üt l/rn li f » f * b I. • 4 jflLTi il ui» . ft t I al t w lr*^*M* *' 1 * * * 5 * 

assiq, après le verbe mli-i, dont la valeur de 1" personne est évidente, doit être restituée en 
tête (kfifucon,- Il existe l’espace d’un n phonétique au-dessus de Db J, correspondant à IV phoné- 
tique nécessairement restitué au cadrai suivant, au-dessus de mn (hm pr\) . 

(,) wn-in R hpt-J {«(t»)] \ir hibtf. La transcription snb-t est sure, à cause du déterminatif. 

Il faut rétablir un s (verrou) pour le pronom sw, dans la lacune au-dessus de hr üuh-i-f. 

im-s = m Dbl (nom de lieu, traité comme féminin-neutre) ; <jui sur t d’Edfau-( Db ') . 

(3) [é\htp k ibi hr s ; 1° Il convient de restituer 1 ’» (verrou.) au-dessus du signe htpi a 0 ib i 
est logé sous le signe hlp, et k gravé ensuite, par un accommodement graphique fréquent dans 
1 épigjraphie ptolémaïque ; 3 °' L’antécédent de •$ est le mot féminin iîrr-tj h " Il n’y a pas de 
proverbe dans cette phrase (cf. Roeder, p. 123), mais simplement une explication de la coutume . 
du hrw- (ju s de raisin rouge versé dans de l’eau) offert à Horus d’Edfou. Lé mélange symbolise 
le sang des ennemis de Râ, répandu dans l’equ du canal pl 4nw.> qui traverse la province 
d’Edfou. 

(i) dd-lw [n Nb (?)] n [n/r (?)} nb. Cl’, gdfou, pl, phot. 5 a o , l, 4, à la fin. 

(5) Par jen de mots avec hib-t, la poitrine, de Râ, sur laquelle il a pressé Horus d’Edfou. 

Cf. plus bas, à propos des femmes de Bousiris et Bouta. 

l 7 * > C’est-à-dire le sanctuaire du temple {S-t-wr^, ou 

lw-ib-[n] : littér. dilatons-nous le cœur. Le 2* signe dp mot est une faute de graveur 
pour ’tb. 

w L’expression complète serait : pl (mw) hnw. 


— «M*( 713 

Alors les ennemis s’en allèrent vers l’eau, et (y) devinrent crocodiles et 

hippopotames. (Et comme) RârHamkhthès en sa barqm naviguait sur l’eau, les 
crocodiles et les hippopotames arrivèrent, et ouvrirent leur gueule contre la barque 
de Râ-Harakhthès M. Alors arriva Horus d’Edfou , (et) ses compagnons avec lut ^ : 
(ç étaient) des harptmneuva (ta msnw-w)I 3) , (avec) d’épieu ^bf?) et la corde en 
mains ; chacun avait son nom. Ils frappèrent les crocodiles et les hippopotame s : on ra- 
mena sur-le-champ 65 1 (bêtes) ennemies, (qu’on avait) tuées en face de la Bulto-de- 
Râ & p Et Râ-Harakhthès dit à Horus d’Edfou : « voici won 

image en Haute-Égypte >• voici celki-donthle-palais- est-puissant (nht ’h< pw) ! » Wî 
(Aussi) appelle-t-on «C le palais d’ Horus d’Edfou : Nht-'ti, encore aujourd’hui. 

Thot dit alors, ayant m les ennemis abattus à terre : « réjoumez-wus, dieux 
(qui êtes) au ciel! Réjouissez-vous, dieux (qui êtes) sur terre! Le dieu-rajeuni 
(ntr rnp) est revenu en paix p d m continuer sa marche (di-f ht# hr ; (®) 

il va agir selon le Livre de la destruction de l’hippopotame W ! » C’est là T origine 
des harpon neufs d’ Horus d’Edfou, jusqu’à aujourd’hui (hp (ï) msnw-)v pw n 
IJr-Bhdtî, r-mn hrw pn). 

Et Horus d’ Edfou se métamorphosa en disque-ailé sur la proue de la barque de 
Râ; il mit Nekhbet et Ouadjet avec lui, les deux Uraeus, qui feront trembler les 
ennemis en leur corps de crocodiles et d’hippopotames, en tout lieu où l’on aille en 
Haute (c m) Basse-Egypte. 


t* 1 L’écriture inaccoutumée de la locution r-hft n (*wi n R'-Hr-lhti) n’a pas été reconnue 
par Fairman (ibtd., p. 29, 1. 1 5 }. 

« Le sens affaibli de m-ht — avec (qmlq^un)^ est constant dans les textes d’Edfiou. v Cf. 
B#.* III, 34 5 , 3 , et Edfou, V, 5 * parex., où Maât estàlafoisira-A*A etm-ht. 

w Sur la relation de sens entre et cf. plus hait, p. h 17, n. 5. 

Pour la première de ce 9 deiâx expressions * il est encore préférable aujourd’hui de garder la 
traduction de Sethe-: des harptmneurs. Mais la discussion sur l’étymologie du moty et sur 'les 
rapports entre »wtt> Mm( 4 )h msmo > est è reprendre à l’heure actuelle. Gf. Wb., 

BtiegiL, II, 1 45 , et Gardi^eh, Eg. Grammy p. 5 io (signdist V 3 ^, et notes). 

t4) Un des c noms sacrés» du terrain d’Horus, à Edfou. 

(5) Cela revient à dire ; tu es mon image , ete. Il faut noter ici que Râ plaèe Edfou dans l’Egypte 

méridionale ( Tl-snC ), comme normalement. 

(,) Cf., pour le sens de cette locution ; Edfou, I, 671, 1 % ; Edfou, H, & 4 , 1 7 à 35, 1 . 

£7) Ce titte n’existe pas* panniieeiEx dès deux listes de manuscrits conservés à la bibliothèque 

du temple d’Edfou (Edfou, HI* p. 3/17 et 35 4^* Le de) la jmtifcütim d* Horus contre m 
ennemis ne s’y trouve pas non plus. 


Bibl. d 9 Etude, t. XX, 3 e fasc. 


9 ° 


Or donc , les ennemis s'enfuirent devant sa face&K Leurs visages étaient ( tour - 
nés) vers la Haute-Egypte (r TVsm')®; leurs cœurs défaillaient de la crainte 
(qu')il (leur inspirait). Horus d'Edfou était derrière eux ( 3 ) dans la barque de Râ, 
Vépieu et la corde en mains , avec ses compagnons . '(Ceux-ci) étaient mtrnis (spd) 
de l'arme et de la corde r t étaient les harponneurs (msaw-w); (ils) étaient prêts 
contre eux^K Alors il les aperçut, sur (la partie) sud-est W de (la province de) 
Thèbes (Wîé't), (rassemblés) en (une surface de) (?) deux schènes en tout®. 
Et Râ dit à Thot : « ces ennemis, il Horus) va les amonceler (ddb) ! » Et 
Thot répondit : « ie-monceau-de-Râ (|Mm*t-R c ) M : on appellera (ainsi) cette 
butte, à partir d'aujourd'hui!*. Alors Horus d'Edfou en fa un grand carnage 
(h;y*t y* Et Râ dit : « arrête-toi, Horus d'Edfou, que (fa) te voie t ». Aussi 

\ : ^ * ^4 

(l) Mieux que : devant lui : ee sont les Urmus de la face ( 4 Î 4 ) du dieu qui font fuir les 
ennemis* 

w C’est-à-dire : ils continuèrent à s’enfoncer dans Tî-im\ plus au nord qu’ Edfou, mais ils 
étaient déjà dans TUbn\ au moment du combat d’Edfou : cf. plus haut. Edf Vï, n3, 3, 
et note. Il n’est pas nécessaire de déduire de cette expression qu’Edfou est considéré, au mythe 
d’Horus , comme ne faisant pas partie de Ti-im (cf. Fairman, op. vit., p. 99* note 7^. 

(3) Littéralement : sur leur dos. 

(4) ity*w spd m c hiw ntt : msnw-w grg (h)r-én. La phrase est ambiguë, mais elle se retrouve 
encore trois fois, avec variante (grg (k)r-sn est dit d’Horus seul, la 2* fois : c’est ce qui permet 
une traduction certaine) : Edfou, VI, n 5 , 5 (2 exemples); 116, 3 . Cf. Wb., V, 188, 3 . Le 
sens de grg est semblable à celui du verbe hr (Wb., III, 147, a- 3 ). Le sens littéral serait plutôt : 
préparé à eux, prêt à leur faire face (eux représente nf sbi-w ; cf . Edfou, VI, 1 1 4 , 5 ) . 

(5) Par conséquent, il ne peut être question, comme on le fait actuellement, d’identifier Ddmt- 
R' (ou H-t-R*) avec Dim-t ** Médinet-Habou, sur la rive ouest de la province de Thèbes (Cactkier, 
D. G„I, 35 ; VI, io 5 ; IV, 65 - 66 ; *o 5 -io 6 ; i* 7 >. 

(<) m dmd(^) itrw a. Trois autres exemples de la même expression se trouvent encore aux 
textes du mythe d* Horus : Edfou, VI, 119, 2; 12 3 , 10; is 4 , 1, avec des variantes de 1 
et de 4 schènes. Sur k graphie du signe itrw, cf. Edfou, VI, t*, i 4 (fort» =» nappe d*em). 
La lecture du sigae, pour lequel la transcription imd (?) est proposée ici, est douteuse (cf. 
CsaSs., Edfou, VI, 1 1 4 , note 1 3 ; 119, note 7 ; 1 râ, note 12). Une confusion a pu se produire 
entre le signe htp et le signe du rouleau de papyrus, qui se lit dmd dans les abréviations de 
comptes (Wb., V, 46 1, 8). L’expression aurait, dans ce cas, le sens littéral de : au total : 
deux schènes. Pour le sens général de ces phrases, voir plus loin, le dernier des quatre 
exemples. 

(7) Sous-entendu : sous forme de cadwres (nî sbt-w, dékf «<*)» 

< 8) Le jeu de mots existe véritablement entre ddb et ddm-t. En effet, le verbe écrit ddb se pro- 
nonçait certainement ddm, à l’époque ptolémaïque (en copte, S. xcdtm a probablement 
correspondu à xotmc = tas de blé : Sfiegelberg, Kopt . Handwb., p. 279). 


— m*( 715 >**— 

appelle-t-on cette butte encore aujourd'hui lU : le dieu qui y réside, eest 

Horus d'Edfou-Râ-Min ( 1 2 L 

Le prêtre du roi se tourne alors vers la litière divine. Les mains tendues 
vers Horus d’Edfou, il l’invoque d’une première phrase, dont le texte mutilé 
ne nous a conservé que quelques paroles : 

Louange à toi, louange à ton mm, Horus d’ Edfou-grand-dieurdu-ciel, bonne 

murailk [qui protège le pays(!)] (i[n]b nfr,[hw t>wi(?)]), [ ] la crainte 

[de] ton sceptre (?) (snd [n] shm-k (?)); [ adoration ] à [ton] image nouvelle (!) 
([sn]s n sst;[-k]nfr(?)), joie [pour] ton [...] (hknw[n. . .]-k, [...]) (*). 

Puis il saisit la première des deux armes divines dressées devant la litière 
des dieux de Mén(4) : c’est pi mdw, l’épieu sacré qui dompte les ennemis 
d’Horus. De sa pointe, il touche le mufle de l’hippopotame debout à ses 
pieds, en prononçant ces mots : 

Premier des harpons (db'-w), cours (sus) à Vagresseur (phrr m(?) s! thw 
[...], ôte le souffle au mufle de l’hippopotame (it tîw (h)r fnd n h; b) ! W. 

À cet instant le cérémoniaire commence à psalmodier les premières incanta- 
tions contre Seth : 



iai 




yfr r~r 


* 1 > ■ < » •* > » .» tjn 


1 ^ m , rrrrrr 

Dd-n R* : «' 4 ', Hr Bhdti, wî>(*i) lw*. Dd-tw H-t-R f r il-t tn 4 r{*$j, r-mn krw pn. 
Le jeu de mots semble placé sur * 4 ' et R ( d’une part, sur 4 4 et R\ de l’autre ; peut-être quelque 
chose comme : pH et : axn’pH. 

(f) Cf. pour l’ensemble du texte traduit ci-dessus : Edfou, \ 1 , 109, 9 à 1 io, 4 ; 1 1 1 , 3 a 1 1 3 , 4 ; 
1 1 4 , 1 à 1 1 5 , 2 ; pi. phet. 5 1 8 - 5 19 ; 5 9 0-62 i ; 52 2-52 3. 

(3} Edfou, VI, 63 , 12a 64 , 2. 

(4) Edfou, VI, 64 , 12-1 3 . 


90. 


— **< 716 )**— 

Plante-toi), épieu, dans la tête de l'hippopotame : c'est téne place sûre (*>/ (J jeune 
Horus (Hr pw nfr), ta parure est (celle) du prince d' ’lm-t©, ton filet est (celui) 
de Min, ton- épieu ft le jmloj d’Oi^uri^! ( Quand ) ton bras commence à lancer 
(ses traitsj^les riverains valent te voir , tel qu’apparaît Sothis au premier (jour) 
de l’année WJ Ils voient tes harpons scintiller au milieu du fleuve, comme (ceux 
du) (dieu-) Lune quand le ciel est calme M. Horus est en sm esquif comme un 
trumphateik © : il abat les hippopotames, de sa barquè (de eoi&aù ! Grippe fief, 
Horus, grippe (-le) ! . ' 


m - 4b - LiUéralernent : en une P fa» * (que frappe l'arme, pour tuer 

<’> hkr-wk m H«). êr n Im-i. L’expression sr « 7 *>< * le prince pour désigner 

l Horus de k v i lle d Im-t, semble avoir été mal comprise par les copistes du manuscrit : d’où 
1 absence de détermination éf, et l’écriture Serrante d’ Tm-t (nom de lfeù, dont lés gràphies 
sept nombreuses). La variante employée ki est de celles qu’influencent les écritures du substantif 
mm = peau : d ou, entre autres, le déterminatif. Le parallélisme .des deux autres membre* 
de la phrase ou les noms de divinités sont d’une lecture assurée (%k n Mnw, mlw-t-k m m’bl 

n ni, ‘ïjî mei , e , Ur cntenum en faveur de la iecture proposée. Cf. encore : ÉdfouM, 79, 8 
(Idcr-wk n Hd-htp, h± « Mnw = tes armes sont (exiles) de Hd-htp, ton fikt est (celui) de Min). 

d ® X P" e J S1 °" a éte ue : M m sr n mmy = tes ornements sont en poil de girafe, dans Wb., 
e gs e n, I, 58, 1 4 . Mais le signe des cheveux humains est celui du subst. km, syllabique »to- 
lémaïque m, et non pas le déterminatif du nom sr = cheveux, poil + „ phonétique (*= de) f cf. 
Edfou, pi. phot. 4 97 , col. U. Il convient donc de retrancher du dictionnaire de Berlin U variante 
ptolemaïque supposée du mot mmy = girafe ( Wb u JI, 5$, »4J, tiré* de ce passage du mÿthe 
d Horus de même qné 1 exemple du mot * (Wb., Belegst., IV, .9,, 4), dans le sens deli) 
de girafe), tire de ee même passage. Pour la localisation géographique du nom de lien Ct 
(centre, de (^Ite d Ibrusÿls-d Ists, comme l’étaient Bouta et ChemmieL J Gahotïner JE A V 
£»"»• P- •** «■«•. « XIX (,,»). ,.5; B. G., I, p 7 3->Tîlü 

*• '»»«). P' •5-6.L.fansc,ipU.n Y», 

est celle de Wb., I, 78, 12, qui identifie 7 m t avec Bouto (à torj : il s’agit de Tdl-Nébécheh 
près de Tams). En matière d’éeriture, les mots im-ti (Wb., % 78, i 4 ),~et ,’mj (IFA f 97’ 

*« «h- 

W * n iVè « mîi mi jsr m tpi 

(4) Mjx[*sn] dbî-w-k ttf m hri-tb ttrw, mi ’I% p-t htp-ti. 

( 1 Hr m smh.fm[t] Dmnli, #r •»/ Aii-w m Ai-*/. L’épithète de dwntÿ, quand elle s’applique 
a un dieu Horus, est souvent l’une de celles de l’Horus de Hbm (16* province de Haute- 
Egypte). üwnty est placé ici sur le même plan que Yôh 
w Edfou, VI, 64 , 3 - 6 . 


— «.( 717 >**— 

Comme il est facile de le constater, les paroles de Thot sont une incanta- 
tion, destinée à aider Horus pendant son premier combat devant Edfou. 
Le procédé opératoire est l’un des plus courants : les armes du dieu sont 
assimilées, par la vertu des paroles divines, à celles d’un groupe entier d’autres 
divinités : Horus d’ ’lm-t, Min, Onouris, Sothis, Yôh, (Hofus »)Dwnty. Ainsi 
toute cette puissance s’ajoute à celle d’Horus d’Edfou, pour le rendre invin- 
cible en face de Seth. 

Un dernier personnage prenait alors la parole. C’était un prêtre, la 
tête et les épaules peut-être recouvertes par un masque de lion. Il prête sa 
voix au génie Hri-tp-ti-vpt-ntr-wbn-f l’épieu au poing, le couteau dans la main 
gauche. 11 se plaçait derrière le prêtre du roi, c’est-à-dire derrière «Horus» 
lui-même : 


Je te garde contre celui qui t’affronte; je protège ta Majesté avec ma sauvegarde; 
je fais fureur contre tes ennemis comme un (singé) furieux ; j ’ abats tes adversaires 
autour (de toi) ! C’est moi la garde de ta Majesté, jour et nuit ; je suis le premier 
de ton équipage M ! 


Rien dans la scène gravée, rien dans les paroles, ne décèle un rôle local 
joué par ce personnage surnaturel, sinon la place qu’il occupe auprès du pre- 
mier harpon divin. Est-il vrai que cette arme corresponde à la première 
bataille livrée par Horus, selon le récit mythologique? Si cela est exact, il sera 
naturel de considérer les dix génies comme présidant à chacun des dix combats 
de l’itinéraire divin. Hrî-tp-t ; ■ wi-m-wbnf devient ainsi le gardien d’Horus 
pendant la bataille livrée devant Edfou. 

Le prêtre du roi prenait alors en main pi sgmh, la seconde des armes sacrées . 
Il en dirigeait la pointe vers le devant du crâne de la bête de Seth, et disait : 



■ X « ? A t # * 


W Edfou, VI, 65 , /i-6. 


Bibl, d 3 Étude, t. XX, a* faac. 


9 1 


T 1 "T“7T 


— w( 718 >**— 

Second harpon, atteins W k lâche qui reste au loin ® ! Fends « le front de l’hip- 
popotame W ! “ 

Le cérémoniaire lui succédait aussitôt, le manuscrit en mains : 


•VI ■SiJVî*>.‘ïî • T.Siî.t.T, fcl-î-S 

V»- j 


î’î’^s-i-'V’^vLv.r.z: 


— — * % — #> V- 


Sams le trait et prends k vent dans Chemmis ® ! (J maître du flotteur®, cap- 
ture® V hippopotame et crée la jour! - (C’est) fe &»« /«««m descend dans sa 
ôar ?M e : *7 prend fe fleuve en sa pirogue ®\ (C’est) un chef-de-mille-hommes ®, 


( ‘> Cf. Edfou, VI, 65 , note î . Il y avait très probablement, sur le joint des blocs, non pas trois 
traits verticaux, mais deux seulement, et un - : 'bb sn-nw, [t]kn hmty m wîyf. L’écriture cor- 
recte de l’expression est attestée en Edf., I, 56 o, i3. 

l) II manque probablement le déterminatif des jambes en marche au verbe wii (cf Wb I 
245 , 3 , et Edf., I, 56 o, i 3 ). ’ ’ 

() Plutôt que : il fend, comme le porte le texte (tls-n-f), par attraction de 65 , 7 (?) 

(i > Edfou, VI, 65 , 8-9. 7 U ' 

(5) hnp tjw m hnw Hb(-t). 

1 ] Le contexte autorise à penser qu’il s’agit, non d’une écriture défective de Msn(-t) (lieu de 
culte), mais du substantif original msn = le flotteur de jonc attaché à la corde du harpon des 
chasseurs d’hippopotames (Wb., Il, i 45 , 1) : cf. Edfou, VI, 12 5 , 1. 

<7) Littéralement : amsne(-le), comme une pièce de gibier abattue Cm). 

{S) dminf itrw m ‘kl-tf. 

m L ’ ex P ression : tpy s k’, ou tpy h’, n s, qui apparaît ici pour la première fois, et s’applique 
toiqours à Horus-Ie-harponneur à la tête de ses guerriers, est fréquente aux textes du mythe 
dHorus. Le rapprochement des deux variantes ci-dessus (1» : Edfou, VI, 60, 10 ; 64 , 8 (deux 
fois) ; a” : Edfou, VI, 2 1 5 , 7) permet d’isoler : * hi n s, dans le sens de : mille hommes = un 
millier d’hommes : c’est l’ordre normal des mots, dans les deux cas. D’où le sens de : le premier 
de mille hommes, que nous proposons ici, avec sa valeur probable de : le premier de tous. Cf. le 
semitisme qui consiste à choisir un chiffre cardinal élevé, dans le sens de : tous. L’expression 
parallèle : tpy h’, = le chef de mille, désigne un chef de guerre (cf. Wb., Belegst., III, 220, 9). D’où 
nh n tpy-h i (stèles du Mhyen-Empire) = homme du premier-de-mille, compagnon du chef-de-mille 
(cf. nt,t hkl). Cf. Blackman-Fairman, JEA, 29 (i 9 43 ), p. 30-21, n. 5 , et : Drioton, Texte dra- 
matique d’Edfou (1948), p. 3 o, notée). Y compris la mienne, aucune explication proposée 
jusqu’ici ne peut être considérée comme pleinement satisfaisante. 


■ ■♦ » ■( 719 )««» — 

(c’est) Horus {....], (c’est) Horus-aurcombat ® \ (C’est) un chef-de-mille-hommes, 
que craignent ceux-qui-sont-dans-l’eau, que révèrent ceux qui sont sur la rive ® ! 
— Chacun annonce [la victoire ] de tes armes (ssP hr-nb [kn(-t)] ‘h;-w-k) : le 
Mauvais ® a peur de toi! Tu frappes, tu tailles des blessures, comme (seul) peut 
tirer Horus, le Taureau vaillant, le maître de puissance ® : Râ a créé la protection 
d’Horus dans l’orbe du ciel, (et dans) T orbe de la terre, pareilkment ® ! (Que) 
tes serres empoignent le deuxième trait ® ! Grippe, Horus, grippe ® ! 


Le génie du second barpon ® ajoutait, pour clore cette première phase 
du cérémonial : 




(Je) suis derrière toi ..., je punis la méchanceté de ton ennemi : je tranche ses 
os, je mutile ses. vertèbres, je découpe sa chair et je bois son sang ® ! Et c’était, 
sur le plan rituel, la transposition du massacre fait par Horus et ses harpon- 
neurs, devant I)dm-t-R e ou H- t-R ' de la province de Thèbes. 


II. La seconde partie du cérémonial des dix harpons commençait alors. 
Elle répondait au fragment du récit qui concerne les troisième et quatrième 
combats d’Horus-le-harponneur : celui de H’-di-ntr de la province de Ben- 
déra, et celui de Hbnw dans la seizième province de Haute-Egypte. 


w %cr ! “=* 
T n 1 h VI « tu * 






(1) Cf. Edfou y VI, 60,10: tpy s ht,Hr hr 'ht = c’est un chef-de-mille-hùmmes, c’est Horus-au-com- 
bat . Edfou , VI, 2 1 5 , 7-8 : tpy hî n s, Hr hr*hi . *lm tr-n i(t») Hr m tpy s (ht) = c’est un chef-de-mille 
hommes , c’est Horus-au-combat . (Quand) Horus se fut changé en un chef-de-(mille)-h(mmes, (Râ dit : etc.). 

(2) [snd-f m] ml wrmw, sfy tf m imbm-wdb . La première expression s’applique aux enne- 
mis du dieu (hippopotames, crocodiles), et la seconde aux hommes qui lui adressent le culte. 

« Nhd (Wb., II, 2*7, 7). 

mi ét-n Hr, kl nht nb shm. ^>—1 par erreur pour V-/. 

iV*» R* sî n Hr m snw n p 4 , snw n tl min . Cf. Drioton, Le texte dramatique d’Edfou , p. 78 
(écriture énigmatique). 

(8) mh 'n-w(>t)'k m bit sn-nw (il s’agit d’Horus-faucon). 

Edfou , VI, 64 , 6-10, 

< 8) Son nom est ; Mï hr pss htplwf . 

« Edfou, VI, 65 , 12 à 66, 2! 


91 * 


; O l 


— 4 **( 720 )**— 

T. H I S 3, ,t,ï, “Il P î 4* *' — îâ sï 3E i. i fc 1 + 1/ 

^^)T!'S , *^tÿ^=aïVri^TXKIJ I ùi B ^-!4y , v 

srrTiUias^.nïssiîJiŸrjkàjimtTî^mfl 

[SO'V-rsTtsftjlIsë.t.T.CH^'Ay^jMÆ.l'i^tlFri 

issrr'rvsi'miiï'jiriirîTvii^TrfW^îtaJïïk^ 
z , fâr-î2"r.=îki>i2*iiWf,''.î^ï[; l j."BWi] 
a s a à s" i iv z ” w ! s £ 2 i s ~ ; t.r, r =,t,r ~ 2 ~ 

âEê“'g'.2îâ==v:' ! r^-6C > iM:v,-inq,w:f: 

i:j]i;i=-^3aii®nï!:iB^yHT:!:jr.\ai*=i 

lr+“* 

Or donc, les ennemis s’enfuirent devant lui. Leurs visages étaient tournés vers 
tl-mhw (= la Basse-Egypte ) W ; leurs cœurs défaillaient de la crainte fqu’)il (leur 
inspirait). Horus d Edfou était derrière eux, dans la barque de Râ, le harpon et la 
corde en mains, [<tî>ecj ses compagnons. Il était muni de l’arme et de la corde, 
(et) les harponneurs (iïïshw-w) étaient prêts contre eux. Et qwind il eut passé 
une journée, (tout) prêt contre eux, il les aperçut sur (la partie nord-est de (la pro- 

—— - - . n , ! ■ H... A il Lu 


^ On est encore très loin, quand on sort, de la province de Thèbes, du lieu le plus méridional 
qui a pu marquer, à toutes époques de l’histoire de l’Egypte, la li mi te de tl-mhw. En réalité, 
il s’agit de l’intention des ennemis d’Horus, dès ce moment, de gagner la Basse-Egypte. 

m Tout le passage reproduit exactement le précédent (Edfou, VI, né, 5- 7}. C’est donc, 
semble-t-il, par erreur, qu’il porte ici iwf au lieu de im-w (=* iw-sn). Il s’agit ici des msnw-w, 
et non d’Horus, dont on vient à l’instant de mentionner déjà les armes. 


— -*>( 721 )<■*—- 

vince de) Dendéra W. Et Râ dit à Thot : « les ennemis sont là (di) : (voilà) du 
massacre) (pour) toi (hî[y-]t-k s-tjUW. Et sa Majesté Râ-Harakhthès dit à 
Horus d’Edfou : «tu es mon fils, l’(être) sublime qui est sorti de moi ® ; abats 
les ennemis, à ton heure / » ^ . Horus d Edfou en fit alors un grand massacre. Et 
Thot dit : « on dira : di-H;, comme nom de ce lieu-saint (i> t, tn) ; on dira d Ho- 
rus d’Edfou : Celui-qui-[regarde (?)] ^-vers-sa-Majestc (Hathor), et dont le 
visage est (tourné)* vers le sud (c’est le nom de ce dieu); l’acacia, le jujubier, 

seront les noms de(s) arbre(s) saeréjs) » < 6) . 

Or donc, les ennemis s’enfuirent devant lui. Leurs mages étaient (tournés) vers 
t>-mhw, vers le (bras du Nil-) hn-t, pour atteindre le lac (Mœris) < 7 h Leurs cœurs 
défaillaient [de la crainte { qujil ( leur inspirait)). Horus d Edfou était derrière 
eux, dans la barque de Râ, le haipon en main, avec ses compagnons. Il était ( 8 ) muni 
de (son) arme, (et) les harponneurs (msnw*w) étaient prêts contre eux. Il passa 
quatre jours et quatre nuits à naviguer (Kr mh) derrière eux M : et ils ne voyaient 
pas un seul des ennemis, crocodiles ou hippopotames, qui étaient dans cette eau devant 

O) C’est bien l’emplacement exact de di-H’, (mieux que Hî-di-ntr), le lieu saint d’Harsomtous, 
sur la rive droite, en face de Dendéra (cf. 2* partie : étude du calendrier d’Halhor à Edfirn). 

(ï) Le jeu de mots est sur t di plt’, (y-t)'-- di-H’, . 

P) Cf. plus haut : Edfou, VI 111, 3 : s’, -R', hy pr m i. 

<*> m l-tk. Littéralement : en ton instant, à l’instant que lu vas choisir. 

« [ptr}f (?). 

(•) Cela signifie que le temple de di-H ’ (et par conséquent la statue d Harsomtous dans son 
sanctuaire) faisait face au sud, dans la direction du temple d’Hathor à Dendéra, depuis 1 autre 
rive du fleuve. 

(»> iw hr-sn r t’-mhw, r hn t rph w’,d-wr. Cl. le passage parallèle qui suit (Edfou, VI, 118,1): 
iw hr-sn r hn-t r ph wld-vor. Le texte en semble meilleur, pour l’écriture du verbe ph. Le nom 
de hn t était donné anciennement aux bras naturels du Nil, par opposition à =, mr. Il était donné 
tout spécialement à celui qui pénétrait dans la dépression du Fayoum, à Illahoun - rî-Àn-t 
(cf. Wb., IIÏ, io 5 , 2-3). Ce bras Correspondait à la partie nord du bahr Yonstff actuel ; il se 
détachait du fleuve dans la région de Samalout-Kolosna, au nord de la ville actuelle de Minia. 
Par ailleurs le lac Moéris du Fayoum est souvent désigné par le terme de ivld-wr (cf. Gauthier, 
D. G., I, 1 83 ; Wb., I, 269, 17). Il ne s’agit donc pas pour wld-vür, dans ce passage, de la Médi- 
terranée’. Au moment où les ennemis d’Horus quittent la 6 e province en direction du nord, 
ils ne sont pas encore engagés sur la hn-t, qui se sépare du Nil beaucoup plus loin vers l’aval. 

m Même remarque que pour le passage parallèle précédent : ils (= ses compagnons) étaient 
munis > etc., est la meilleure variante. 

w Les durées de navigation indiquées pour chaque étape semblent proportionnées aux dis- 
tances réelles entre les lieux des combats (ici, du voisinage de Dendéra à celui de Minia). 


+*•( 722 )* *— - 


lui. Alors il les aperçut, et Râ dit [à Horus d’ Edfou-grand-dieu-dans-(^)] (0 Hb- 
[n]w — c’est Horus d’Edfou W-grand-dieu-du~cid — : « tu vas les capturer 
(hbn-n-k s4) sur [la rive ] de Hbnw M ! ». Et il (= Horus ) lança [son] trait contre 
eux; il les abattit; il fit d’eux un grand carnage. Il ramena i42 ennemis en face 
de la barque [de Râ, et le...) de l hippopotame mâle qui se tenait juste au centre 
des ennemis W. 

Il les découpa avec son coutelas ; il donna leurs entrailles à ses compagnons, et 
un de leurs morceaux à chaque dieu et déesse qui se trouvait dans la barque de Râ, 
sur la rive de Hbnw. Et Ra dit a Thot : « regarde donc Horus d’Edfou! C’est 
son image ( qui est) sur les ennemis! Vois, il les a assommés ! Quand s’est ouverte 
contre lui la [gueule (1)} de l’hippopotame mâle qui (était) parmi eux (?)«, il 
lui a fait son affaire W, et (maintenant) il est sur son dos!». Et Thot dit à Râ : 
« aussi appellerdr-t-on Horus-d Edfou-le- grand-dieu : Celui -qui- assomme-!’ en- 
nemi- [dans-Hbnw], à partir d’aujourd’hui ! Aussi appellera-t-on Celui-qui-est- 
sur-son-dos (?) (h ri psd-l (?)) h prophète de ce dieuW, à partir d’aujourd’hui!» 


* * Le texte est entièrement détruit, et l’était déjà à l’époque de la copie de Naville. La resti- 
tution proposée convient à la taille de l’espace détruit. Cf. Edfou, VI, 117, a- 3 . 

* * L écriture spéciale de Hr-Bhdti (= Horus d’Edfou) que nous trouvons ici est une graphie 
ptolémaïque connue, parmi celles du temple d’Edfou. Les textes du mythe d’Horus en possèdent 
un nombre d’exemples suffisant pour rendre certaine son identification : cf. Edfou, VI, 117, 
a- 3 ; 120, 2 et 9 ; 1 29, 4 et 5 . Quant au contexte, il assimile l’Horus d’Edfou et celui de Hbnw. 
C’est un seul et même dieu, auquel on s’adresse au singulier dans la phrase suivante. 

* * hbn-n-k s-t hr\wdb) n Hbnw. A ne pas lire hnb, qui ne formerait pas jeu de mots avec 
le nom de la ville Hbnw. Cf. le verbe hbn : Wb., III, 63 , 10, et le verbe hnb/hnbb : ibid., 1 13 , 
4 , et i 5 . 

hlb tly nt(y) m-k l b mtr n nf ébi-w. Le chef est au centre de sa troupe, comme dans une 
mêlée de guerriers humains, hlb tly est une expression parallèle à kl mhy du texte rituel. 

l) wn n 'f [ r ’ ( ** )l n blbtly, nt(y ) im ••«[«], Le verbe wn possède le sens réfléchi ( Wb . , 

I, 3i2, 9-to). Le texte porte wn «/[ ]/, avec déterminatif du lambeau de chair, pour 

le signe détruit (rl). Il est préférable de supposer un redoublement fautif de -f. Le sens obtenu 
est bien plus satisfaisant (cf, Edfou , VI, 112,9 = rUn r-hft n mil n R'-Hr-lhtt = ils ou- 

vrirent leurs gueules contre la barque de Râ-Harakhtkès) que si l’on suppose qu’il s’agit de la 
bouche (?) d Horus d Edfou lui-même. Il y aurait d’ailleurs, dans ce dernier cas : r (hlb tly), 
plutôt que : » (hlb tly). 

(8 ' * rn f fat r-f : plutôt il a fait affaire contre lui (= il l’a tué), que : il l’a assommé. 

m Cette expression doit s’entendre probablement du premier prophète du temple d’Horus à 
Hbnw . 


Et (r>) ces choses existèrent sur le territoire (w) de Hbnw, en (une surface de) 
342 ht* * 1 * ), du sud au nord, et de l’ouest à l’est W. 

C’est aiors au tour du prêtre du roi. Il invoque d’abord Horus, en souve- 
nir des troisième et quatrième combats de sa randonnée à travers l’Egypte ( 3 * 5 h 
Puis, dans le couple d’armes plantées devant la litière sainte, il choisit de 
nouveau la première; et touche de sa pointe la nuque de l'hippopotame placé 
devant lui : 

Fais carnage, dit-il au harpon, (toi dont) les barbelures vont mordre la nuque 
de l’hippopotame W ! 

C’est le moment où pénètre au milieu des officiants la première chanteuse, 
la sm’y-t, qui est Isis : elle va désormais jouer un rôle de premier pian dans 
tout le drame sacré. Thot, le cérémoniaire, toutefois, prenait avant elle la 
parole. Il psalmodiait deux psaumes, dont seules les deux phrases du début 
sont indiquées : 


Salut à toi qui te couches solitaire (sdr w') et qui parles avec (ton) cœur (mdw 
hn‘ îb-f) W, (ô) batelier qui prends le pieu (d’amarrage) en (plein) courant! 
(etc...) ( 6 h 


«VJTÏS 


« ♦■Ai . ^ 

A I LU /WW a 




Lance-moi ( ton trait ) au milieu du Nil ! — 


Te voici sur un tertre sans broussaille , 


(,) Un ht égale ici 100 coudées carrées (o m. 5 a 5 X îoo)* = 3766 m 1 = 1 stî-t). 3 h 2 ht 

correspondraient donc à un terrain d’une superficie de ÿk ha, 26.37, c’est-à-dire environ 

5 itrw ou schènes carrés de 18 ha, 60 (cf. plus bas, épreuve n° i 4 i, ligne 5 i). Ce serait la su- 

perficie du terrain sacré réservé à Horus à Hbnw . 

(5) Edfou, VI, 11 5 , 3 , à 117. 4 ; pl. phot. 52 9 - 523 . 

f3) L’inscription est trop mutilée pour livrer un sens suivi (Edfou, VI, 66, 7-9 ) f Cf, JEA, 
29, p. 9, texte G. 

(4) Edfou, VI, 67, 10-11. 

W L’épithète fait penser aux aspects théologiques du fatwon divin d 9 Edfou, créateur du monde 
par la pensée (étîw), Cf. plus haui, 5 e partie. 

(6) Gf. Edfou, VI, 60, 10 : s n ssp mni-t rn nwy ; c’est exactement la même expression, et elle 


mr une rive mm buisson m : n’aie pas pour Je son (air) redoutable Cl, ne recule 
pas devant celui-qui~est-dans~reau ^ ! (ptô . . 

Alors Isù prend la parole. Une rubrique marque le début de son rôle 
dont les premiers mots seuls paraissent écrits : 

p lanle l on harpon en lui^ mon fils Homel [C’est lois ,ui parle i Home.] Ton 
ennemi est tombe sous toi : tu dévores la chair de sa nuque! (etc...). 

Puis c’est le tour des chanteuses. Elles pénètrent près des coryphées de 
la ceremonie; elles viennent se ranger debout sur deux rangs, leurs tam- 

" mai "’. demère his leur " *> Le texte ponctue leur 

arrivée par une indication en rubrique : r 

^ ^ ^ ^ WWW 

C’est l’entré des femmes ( bs (-%) pu, n InCw,) IM. De suite, elles en- 
tamen nne incantation. Les paroles en sont placées dans la bouche dises : 
est donc elle qn. conduit le choeur. Selon le procédé désormais cornant 

Tp^Zm^ 1 * * * * * 7 ^ ^ ^ rh ^ ■’* 1 ue par 

I ' = tfî — ZZ ‘ i ~ rï I ' i I 2 tfÿ 1 1 J iL, T J, = V — T v 1 

V-i 

Cn de douleur au ciel du sud, gémissement au ciel du nord! C’est le cri de dou- 

'■ ' . ri " 11 """ m i. ri.L.1* ..'.'.n 

« me du dieu 

dans ces d«„ rôles? 0 ” * ^ ^ ^ 0m,IleS ^ équipage ; elle le compare au premier d’entre eux, 

Z ‘1 uZm.ï\t  *" ' iu ” mu ’ 

t m - n vKÜ't-)/ (— par erreur pour »). 

' f m bhn n imi(-w')-ww . 

££?£,* tdTrZ'LT: 7 'z z 1 réïmé ’ d “ ! u sé ™ ** «*~ 

» E «h, VI, 66 ,3 ° 6, pr<Cé,, “ te ’ rf ’ «. 66 . 


-—*»*( 725 )< 4 *— 

leur de mon frère $etk, quand mm fils Horus h transperce / 

Et le chœur des femmes rythmait le refrain : grippe, Horus, grippe ® ! 

Il ne reste plus au génie à tête de taureau du troisième harpon W, celui 
de la victoire de di-Hî en lace de Dendéra, qu’à placer ces paroles, derrière 
le prêtre du roi : 

ryxkTFâüi” 

T encorne quiconque vient pour assaillir ton palais ? je perce de mes cornes celui 
qui complote contre lui W ! Du sang sur mes cornes et de la poussière derrière moi W 
pour tout profanateur de ta province ® ! 


De nouveau, l’officiant saisissait le second do* épieux d’Horus. Pour la 
quatrième fois, il pointait une arme vers 1$ tête de l’hippopotame : 

Egorge le pillard, (toi) qui te montres le quatrième, (et) vas trancher les veines 
dans k crâne de l’hippopotame 7) l 


Le chœur des femmes s’adressait alors à Horus : 




(1) hnv \mm m p trsy, Vnw m p t mhty ; hrw imm n sn*i èti. Le terme de J f nw, qui apparaît 
pour la première fois irii, est partieuiier aux chanteuses de la fête de la Victoire r cf. E dfou, 
VI, &9u io;79,7;86,i3*Ge psaume dramatique rappelle aussi la conjuration de Ebers \, 58 , 
7-8 z II y a un bruit dans k ciel du sud depuis la tombée de h nuit, il y a de V orage dans le ciel du 
nord, etc. 

Edfou, VI, 67, î-a. 

Son nom est : 

^ hwn t wUvl m c 4 *wM. Le mot C A (palais — temple d’Horus) est traité en nom féminin. 

W snf (h)r krm&*i*î4u 

n pi ih(w) nb n sp4 k. La relation de lieu est ici très nettement indiquée. Le taureau 
divin et son compagnon défendent Horus dans une province déterminée. Les génies figurés pour 
chaque « harpon» sont donc ceux qui aident le dieu pendant ses dix combats, et quand il fonde 
dix lieux saints v®«és à son culte Edfm , VI, 68 n 4 - 6 ) k 

(7) wsm <\ pour \,) dtf é(w) fd nw,fdh nf mt w m dldl n hlb. Edfou, VI, 68, 8-9. 


■ •* +•( 726 )« *< » — 

i=u:i*UMW~Pï«”3ir!E^=sr:sîM-k^ 

fî^itilSJâî-JérêH-E 

Empoigne le trait que Ptah-la-belle-idole a forgé W pour Sekhet, (le trait qu’il a) 
forgé en cuivre pour (ta) mère ( 2 ) ! (etc...). 

Puis Isis, leur conductrice, reprenait seule : fois) : J’ai [dédié] une (pièce 
d’)étoffe à Sekhet-Taït-CkedetriSothis-Djaït, dame de la chasse W : sois ferme (sur) 
tes jambes contre cet hippopotame que tu vas ferrer, de ta main W ! 

Horus, l’officiant, lui donnait la réplique : Je vais darder sur le taureau du 
marais, je vais tailler en pièces (la bête) à la face hideuse ^ ! Je fouille ^ l’eau 
de mes [traits] W près de la rive, (puis) j’attaque, l’eau à fond ' H ' ! et j’atteins (son) 
courant M . 


Isis terminait l’invocation par ces cris d’encouragement et de victoire : 

Plante ton trait en lui, mon fils Horus, (en lui) l’ennemi de ton père! Tu vas 
le plonger, ton trait, en [lui], mon fils Horus / Que ton dard morde en son cuir C*°J, 
que la force de tes bras traînent ce lâche [ ] ! Grippe, Horus, grippe ^ ! 

Le génie du quatrième harpon déclarait là-dessus : 


Littéralement î forgé de Ptah , ete. 

w Horus-chasseur (éhty) est fils de la déesse (assimilée à Isis-Hathor). 

(â) Cinq divinités en une seule, en qui la dévotion de l’époque réunissait des caractères communs. 
W Littéralement : que tu vas prendre . Le harpon barbelé évoque un verbe que le français 
emploie pour l’hameçon. 

(6) st-n-i r lcl~mhy, (*)>{•»•$ nhî-kr. 

(#) hbs se dit des oiseaux pêcheurs qui fouillent à coups de bec les eaux sans profondeur : 
cf. Edfou , VI, 74, 7, 

{V [J!.] Cf- Edfou, VI, 67, n. 8 : jr au lieu de ■;•••= « quelques traces de petits signes». 
< 8) m*t mw. */«»(t) = aller chercher le bout (ou le fond) de quelque chose. Cf. m(i) phw y ( Wb 

I, 536 , *8); m(i) r>- c (Wb. IL, 3 9 4 , a); tt»(t) drw (Wb., V, 58 7 , to = I, 9 t, *). 

Edfou, VI, 67, 3 - 6 . 

(1#) Le déterminatif du mot ntt — cuir, est par erreur, celui de son homophone ntt — corde . 
Edfou, VI, 67, 6-8. 


727 )•**— 

•»'W) 

le m 

Je dévore [la chair] (î[wfj) et je bois le sang de ceux qui inquiètent ton temple. 
Ma face terrible fixe quiconque ) rôde autour de ta demeure M, et je chusse le lAche 
(loin) de la maison des dieux ^ . 

Ainsi l’on commémorait, sans que les textes rituels fassent allusion au 
lieu où elle hit remportée, la quatrième victoire d’Horus sur Seth auprès 
de la ville de Hbmv. 


III. Aussitôt l’office passait à la célébration des cinquième et sixième 
victoires du dieu sur son adversaire, dans la partie nord de la* Haute-Egypte . 
Le récit se charge, là encore, de donner un cadre terrestre à ce débat dont 
le pays es! l’enjeu : 


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\ A^ A— A—A/ \ ^ T ST, > ï tAl (JK*- 1 

JQT A I I a—h < — wm, <<=3» a « as » MM 1 /— -'-a rog «sa» ^ | | | " J» a a I * 1 

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T £ A » I I JL ? * I III 1 \ GS © SffiŒ © -A- A ■ « /— A © «=3» /—* A <=» I | I j f 


I 4 i fw x.' A 


{,) Le «taureau» divin, malgré son nom, est représenté avec une tête de lion, et non 
de taureau [Edfou, pi. phot. 4 99 - 5 oo). Par^onéèquent il faut lire sur la pierre æ- au lieu de 
et transcrire Ufsl n-t hr-t—je suis terrible (quant à) ma face. Le verbe d’état hsl te- s’ap- 
plique spécialement ou regard fixe des lions (donc, des divinités à face de lion). 

(î) Ou mieux ; du château d’Horus, en restituant : □*; tf t-Hr. Cf. Edfou, VI, 68, 
1 9-1$, et note t). 


— 728 


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fMs4-4-5STtS:iî\^iYë\'ÇRaS^«-l>.jil2:Sg 
îfnp , a^ , Hj-Vÿ!srs^ i + , üt7 J îi'éT: , 2s^£: 
*■ £ r o a 4 1 > j ü : *. fcr w. ™a \ «* y m mis 
'?sr' , ’rmDa6nr:'^ïis: v>as«!>vi;Ti -> tsîn 

',55M(’ÆT^C m !M[i51^|ï?SriÎ7ni>^H 

«iV^iïsn^B. a ;7âî4(s:'TIS.}R^T^* 

ïî^rt[S"î»l^Tr:,ï:,tt>?-i;mn\-ki:*!2œ*- 

-•** jk^^sso a m '■r'T'fi 

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B^rKnti 


eu . 


n 


Or donc, les ennemis nageaient (*) devant lui; leurs visages étaient ( tournés ) vers 
le ( bras du Nil-)hn-t , pour atteindre le lac ( Mœris ) en descendant (U courant) 
(m hd), (car) Rà ^ (les) avait frappés en leur esprit W. Et comme ils s’enfuyaient, 
ils s’écartèrent du fleuve W : ils s’engagèrent vers le bras du désert de l’ouest et se 
joignirent, sur le bras de la province de Mr t, à cette tribu de Seth, qui (habite) en 
cette ville W. ( Horus d’Edfou naviguait derrière eux, muni de tous ses instruments 


(,} (h^n nf sbt-w)kr mh . Il s’agit du verbe mh , et non d’un substantif désignant un canal 
(Rœder). Cf, le même verbe en Edfmi , VI, 118 , 3. Les animaux séthiens sont dans l’eau; Horus 
est dans sa barque, sur l’eau. 

(î) Restituer la tête de faucon couronnée du disque solaire. 

(3) C’est-à-dire : les avait découragés . Cf. plus haut : tw ib-sn bds n snd-t^f* 

(4) (rwi-m m ) hridb (déterminatif de l’eau), dans le sens de : Veau qui est au milieu, c’est-à-dire 
le Nil lui-même, par opposition avec le bras du fleuve ou les canaux qui s’en détachent. 

{5) rdi sn r mw n mrw imnti , dmt sn r mw n ép4 Mr t, r smy(ÿ4) tf n Sts m tl4 tn . Le terme 
mw est vague, et s’applique aussi bien à un bras naturel du fleuve qu’à un canal creusé de main 
Bibl, iVEtude, t. XX, a e fasc. 9 a 


730 }«iv- 

pour les combattre ). Horus d’Edfou descendait donc (le fleuve ) dans la barque de 
Rà, avec le G rand-d ieu-qu i-est-dan s-sa- barque, avec les dieux de sa suite; et il 
naviguait derrière eux , en toute hâte M . Il passa un jour et une nuit en descendant 
le fleuve, à leur recherche; ( mais ) il ne les découvrait pas, (car') il ne savait pas le 
lieu ou ils étaient. Et comme il arrivait à Pr-rh-wi, sa Majesté Râ dit à Horus 
d’Edfou : « regarde les ennemis! Ils ont atteint le bras (du Nil ) à l’ouest de la 
province Mr-t, et cette tribu de Seth qui ( habite ) en cette ville : (c’est) l’endroit 
où le ( sceptre-)w’,b (se trouve) au milieu d’eux!». Alors Thot dit à Râ : « ainsi 
appellera-t-on w ; b\v ; ]) (*) la province de Mr-t, à partir d’aujourd’hui, et ci mi- 1 i 3 ), 
le bras (du Nil) qui s’y trouve!». Horus d’Edfou dit ( alors ) à son père Râ : « fais 
pousser ta barque contre eux, que je fasse d’eux ce que veut Râ!». Et tout se fit 
comme il (le) voulait. 

(Alors) il parvint à eux sur ce bras de l’ouest qui mène à cette ville M ; (et) il 
les découvrit sur la rive (au) sud de la province de Mr-t, (rassemblés) en (une sur- 
face) totale d’un schène ^ . Horus d’Edfou les aborda donc, avec ses compagnons 
pourvus de tous engins de guerre, et il en fit un grand carnage. Il ramena 381 
ennemis, et les égorgea par devant la barque de Râ. (Puis) il donna chacun 
d’eux à chacun de ses compagnons. Alors Seth fit éclater un cri terrible, 
rugissant contre ce qu’avait [fait) Horus d’Edfou en égorgeant V ennemi W. Et Râ 


d’homme. Brugsch et Gauthier ( D.G. , III, 5 4 ) donnent une valeur certainement inexacte à 
l’expression « (pa) merti àmenti», en ce qui concerne le mythe d'Hcrus . La poursuite divine 
quitte en ce moment la 16 e province de Haute-Egypte : il ne peut être question d’une région 
du delta. L’expression mrw ’rnnti n’est pas un nom propre géographique; il s’agit d’un bras 
du fleuve, qui s’en détache sur la rive ouest, pour aller longer le désert mrw : c’est la hn4, qui 
passe précisément à El-Bahnasa-Oxyrhvnchos (= Mr4, la ville au bord du désert mrw 

V) ls- îs. Cf. Edfou, I, 4i4, 10 : (m wni-gsy ), m ls-tb4t — à pas rapides . 

(î) Le jeu de mot ne peut exister qu’entre r hw wlb (imitw-sn) et le nom de lieu J ^ 

Ce dernier se prononçait donc wlbwlb, et non wlb-wt. 

^ Littéralement : l'atteinte, le lieu où le dieu atteignit ses adversaires. 

(4) m mw imnti pw r il 4 tn . Le rebord inférieur du signe de la bouche rl—r existe encore 
au-dessus de il4. Chassinat a suivi la restitution m de Brugsch ; Cf. Edfou, pi. phot. 
5 a 4 , 1. 

i * * * 4 (S) Cf. plus loin, le dernier exemple de cette mesure. 

W 7 C-n Sts pr m mdw nhl , hr wd dniw t mi nn [tr]*& Hr Blidti hr sml èbi . La subordination 
impersonnelle n’est pas traduisible littéralement, mi conformément à, en conséquence de) est 
employé pour éviter la répétition de hr trois fois de suite, 


731 )•*-*—- 

dit à Thot : «qu est cela (m p(w)? (Serait-ce) les cris de Nhî-hr, qui vocifère sur 
ce qu'a fait Horus d'Edfou contre lui?». Thot [dit] (alors) à Râ ; «ainsi dira- 
t-on : Yenàxoit-de^-cris-de-Nhl-h(r) W, à partir d’aujourd'hui ». Horus d'Edfou 
combattit (là) longtemps (‘ 2 > avec (son) ennemi . Il lança son trait contre lui , et le 
renversa sur le sol en cette ville, qu'on appelle Pr-rh-wi depuis ce jour . (Alors) 
Horus d'Edfou arriva : il amenait l'ennemi, le pieu (attaché) au cou, la corde 
(liée) aux deux bras W : et la masse d' Horus s'abattit pour lui clore la bouche W. 
(Quand) il l'introduisit devant [son] père, Râ dit : « Horus d'Edfou, quelle grande 


Le jeu de mots porte sur : wi-p(w), n(>) rl-w Nklh(r ). . et : é(w) n ni rl-w Nhlh(r ). . . .| 
* n 2X20, graphie phonétique. 

w m Tiw = pendant un temps prolongé. 

W kdb-nf é(w) kr sllw. L’oiseau lu f k par Naville, et aujourd’hui presque complètement 
détruit, est certainement à lire : si. 

(4) La maison (ou : temple ) des deux (combattants) : Horus et Seth, couple divin d’adversaires. 
Le temple d’Oxyrhynchos était probablement double, comme celui d’Ombos, appelé temple de 
Seth par le Grand papyrus Harris (Harris, I, 69, 4-7 = Erichsen, Bibl . aegypt., V, p. 68-69). 

(5) m-nf sbi khf r hhf, nttf m *• wtf \ L’expression kh (ou : mnut) r (ou : m) hh est restée 
jusqu’ici mal comprise. Le pal ne fut en usage à aucune époque chez les Egyptiens anciens, 
selon toute probabilité : on n’en connait du moins jusqu’ici aucune représentation. Au con- 
traire on connaît par de multiples exemples le pieu, ou «poteau d’exécution» (fourchu à la 
partie supérieure; à branches dissymétriques : Garbiner, Eg . Gr p. 627 ; Aa 26, puis égales, 
à l’époque moins ancienne), auquel le condamné était attaché : i° soit par les bras (les poignets 
liés aux chevilles : cf. pi. phot. 5 a 4 elle-même de Chassinat) : c’est la posture de Seth agenouillé, 
le poteau derrière le dos (cf. Mariette, Dend., IY, pi. 56 , a) ; c’est celle aussi d’un des déter- 
minatifs du mot hfty — ennemi (cf. p. ex. Edfou , V, 10, 8) ; 2 0 soit par le cou (les bras également 
liés, mais non les pieds) : c’est un des déterminatif caractéristique du mot sbt — ennemi ( Wb 
IV, 87, i 4 à 88, 7} ; le poteau est alors devant l’homme à genoux. C’est cette dernière pos- 
ture qui explique notre passage, et beaucoup d’expressions semblables, kh désigne, comme 
mnx 4 , le poteau d'exécution auquel on attachait le condamné par une corde. De plus, hw mni t ne 
signifie pas : enfoncer le pal dans le corps (Wb., II, 73, 5 - 6 ), mais : enfoncer (m terre) le pieu, déjà 
attaché au cou du condamné ; (bti'W) n di hr mni t ne signifie pas : (des criminels) à mettre sur 
le pal, mais ; à mettre au poteau (d'exécution) : cf. Wb., Belegstellen, IL 73, 4 - 5 - 6 . Il semble donc 
nécessaire de supprimer du Dictionnaire le paragraphe II de l’article mn% 4 . Dans notre passage 
du mythe d' Horus, le dieu amène Seth, qui marche les bras liés derrière le dos, et le pieu déjà 
attaché au cou : il n’y a plus qu’à enfoncer le pieu en terre, et à faire agenouiller Seth, pour le 
mettre à mort. Comparer Fairman, The Myth of Horus, JEA, XXI, p. 3 i, note 7. 

W U mdw n Hr r htm rlf. Le signe nb (?) semble un redoublement fautif du copiste ancien. 
Le verbe ks(î) — se peticker (vers le bas) (au sens pronominal) (cf. Wb., V, 189, 16) s’applique 
sûrement ici à l’arme du dieu qui s'abat . Cf. les innombrables représentations du roi d’Egypte 
abattant son casse-tête pour assommer des prisonniers de guerre. 


9 a ■ 


furie tu as montrée, (quand) tu as purifié cette ville!». Et Râ dit à Thot: « aussi don- 
neva-t-on au palais d Horus d Edfou (dans cette ville) le nom de ; lo-tcrtro-pur, à partir 
d’aujourd’hui; et à (son) prêtre le nom de grand-de-/ttne> à partir d’aujourd’hui!». 

Alors Râ dit à Thot : « qu’on livre la tribu de Seth à Isis et à son fils Horus, 
pour qu’ils fassent d’eux tout ce qu’ils voudront! (Car) elle a tenu bon avec son fils 
Horus : leurs harpons étaient (tournés) vers lui (== Seth), pendant la bataille dans 
cette ville ! ». Et Ton donne au lac sacré (de Pr-rh-wi) le nom de iac-du- combat (0, 
encore aujourd’hui. Or donc, Horus fils d’Isis trancha la tête de son ennemi et de 
(ceux de) sa tribu, par devant son père Râ (*) et toute la grande ennéade; il traîna 
(Seth) par les pieds, à l’intérieur de son terrain (sacré) (m-hnw n w-f), et lui 
planta son harpon dans la tête et dans le dos. Et Râ dit à Thot : « regarde le fils 
d’Osiris! Il a traîné (itfc-n-£) l’enragé (nsny) dans son terrain!». Thot dit 
(alors) : « ainsi dira-t-on : 1’ (endroit-du )-traîné (ith) comme mm de son terrain 
(sacré), à partir d’aujourd’hui!». Et Isis-la-mère-divine (&-t mw-t ntr-t) dit à 
son père Râ : « fais qu’on donne Horus d’Edfou comme protection à mon fils Horus , 
qui a tranché la tête de l’ennemi et de (ceux de) sa tribu!». 

Or donc, Horus d’Edfou et Horus-fils-d’ Isis tuèrent ce lâche ennemi et (ceux de) 
sa tribu, et (encore) les ennemis qu’il (sic) atteignit ® sur le bras de l’ouest, en 
cette ville. Et Horus d Edfou s y trouve aujourd’ hui comme un homme d’une 
force éprouvée W, a visage de faucon, couronné de la couronne blanche, de la couronne 
rouge, de la (double-)plume ; les deux Uraeus sont sur sa tête ; son dos est (celui) 
d’un faucon; il a en mains le harpon et la corde. — Horus-fils-d’ Isis s’est méta- 
morphosé de la même manière qu Horus d’Edfou l’avait fait avant lui, (quand) ils 
eurent massacré l’ennemi ensemble, à l’ouest de Pr-rh-wi, au bord de l’eau ( 5 ). Et ce 

(1) é-nlri, é-n-'h’,. Le terme de £ est toujours réservé aux lacs sacrés des temples. 

(,) Horus-fils-d’Isis est assimilé à Horus d’Edfou; il en résulte qu’Osiris est assimilé à Râ. 
Plus loin, au contraire, Râ nomme Horus le fils d’Osiris, et Isis est fdle de Râ. 

<S) spr-n-f %) (=£n). Le sujet du verbe épr n’est pas accordé avec les deux divinités qu’il 
représente. II y a deux groupes d’ennemis : ceux qui habitaient la ville d’Oxyrhynchos, avec 
Seth ( sbipf hé), et ceux qui, fuyant devant Horus, sont venus les y rejoindre. 

(,) msn kmî-phty. L’expression se rattache à la vieille épithète d’Horus kml- (Wb., V, 37, 
10). Rapprocher pour préciser le sens : km’, n-f phty (Edf. VI, 9 , a) = il a fait éclater sa force (s. e. : 
aux yeux de tous), comme un produit qu’on crée, et qu’on révèle (Wb., V, 3 A, 3 à 35 , 11). 

w Tout le morceau est une description des deux statues, telles qu’on les voyait dans le temple 
de Pr-rh-tvi, près d’Oxyrhynchos, à l’époque des rois grecs. Cf. plus bas, la description presque 
semblable de la statue d’Horus d’Edfou dans le temple de près d’Hérakléopolis. 


I 


— «.( 733 /K-*— — 

dieu (= les deux Horus) parcourt à la rame (hn) cette eau qui est sienne ( J ), encore 
aujourd’hui, (le jour anniversaire de celui ) où ces ennemis l’atteignirent W. Or 
(y;) tout cela est arrivé le 7 Tybi. 

Et Thot dit : « de là, on appellera : butte-du-carnage cette butte ( 3) , à partir 
d’aujourd’hui! On dira : l’atteinte (dmi-t), comme nom de ce bras du ( fleuve ) 
qui est près d’elle, depuis ce jour-ci! On appellera : fête de la navigation M h 
(jour du) 7 Tybi, désormais! ». 

Alors Seth se changea en un serpent (hfcw) qui grondait (iw*f hmhm), et il 
entra en terre dans ce lieu (i'-t), et on ne le vit plus (n mt>’[tw*£]). Râ dit « Bé 
s est changé en serpent qui gronde! Mets W Horus-fik-d' Isis en (forme de) massue W 
au-dessus de lui pour empêcher qu'il sorte jamais! ». Et Thot dit : « on appellera 
(donc) : Gelui-qui-gronde (hmhmty) le serpent sacré W qui est en ce lieu saint, 
à partir d'aujourd'hui; et Horus-fils-d' Isis sera l épieu {a tête de faucon) (qui est) 
au-dessus de lui ; il sera là, en ce sanctuaire (s-t), avec sa mère Isis» : et toutes 
ces choses furent. — La barque de Râ était (alors) amarrée (mnî) [à] la rive (dmi) 
de Pr-b; W; sa proue était (faite) de palmier mâle (irai), et sa poupe, d'acacia 
(Snd) : ce sont (là) les arbres sacrés t ] °) (de la province), encore aujourd'hui. Horus 
d'Edfou vint (wdî) jusqu'à la barque de Râ, après qu'on eut fini de ramer; et Râ 

dit à Thot : « vois! [ ] pour ramer (r hn) ! », L'on appelle : le Rameur (nb hn) 

le vaisseau d'Horus d'Edfou, encore aujourd'hui. Et toutes ces choses existent en 
ce lieu , encore aujourd'hui. 

( l * ï Il s’agit probablement du canal qui mène à l’embarcadère, et non du lac sacré du temple 
de Pr-rh-wi : c’est là que les dieux célébraient leurs /êtes de navigation (d. plus haut, 2 e partie). 
iw nir pn hr hn mw f pw,r-mn hrwpn, ( hrw ) dmi n nf sbt-w hr f (~hr mw pw ) iîn/(=m hrw pn). 

(*) signifie à la fois butte et ville ; c’est une seule et même chose, dans la vallée du Nil. 
De plus il s’agit toujours, au mythe d'Horus , des terrains consacrés aux dieux, et non des loca- 
lités au sens général. 

M hb hn-t. Le graveur a oublié le losange à l’intérieur de la coupe hb. Navigation à la rame , 
précise le terme hn. 

( 5 ) imt = mets (j Horus-jih-d’ Isis) équivaut à l’habituel tmi di-tw — quon mette. 

(•) C’est Hr shtn-hr, p> sgmh — l'Horus-épieu ou harpon, une des formes materielles frequente 
de l’image d’Horus. 

W m gé-f hri n’est pas à traduire littéralement par : à sa partie supérieure. 

Littéralement : le gardien du sol (sl-tl). 

W Cf. Gauthieb, D. G., II, 64. 

(,0) Littéralement : les arbres protégés (tyw). 

Bibl , d s Etude, t. XX, 3* fasc. 


9 3 


Râ dit {alors) à Horus d’Edfou : « vois! Le champion de la tribu est disparu ( ] ), 
(lui) et sa puissance (hn' phti-f) ! La tribu de Seth s est mise à l’eau : et si nous 
descendions (le fleuve) derrière [elle, ( pour qu’(elle) ne relève (?)] jamais la 
face ? » ( 2 ) . Horus d’Edfou répondit : « tout ce que tu ordonnes va se produire, 
Rà maître des dieux! Fais pousser ta barque contre eux, vers tout lieu ou ils iront, 
que je fasse d’eux ce que veut Râ! ». Et tout se fit comme il avait dit. Horus d’Edfou 
lança la barque de Râ M pour (h)r naviguer [derrière eux et) toute corde de 
combat M. Alors il découvrit (à la fois) chacun des ennemis ( h'-n gmh-n-f w' im m 
nn sbi-w) en chaque lieu qu’il occupait (m s-t w'-t hn'-f) et il lança son trait : un 
seul contre chacun, simultanément (h;'-n-f bi ’*f, w' r-f m ;-t w'-t) ; et il les ramena, 
sur-le-champ (in-f s-t hr-*) ( B h Il les égorgea devant Râ, et les anéantit si bien 
qu’(r) [il] n’[y en eut (?)] plus (?); il [anéantit (?)] Ré de sorte qu’[il ] n [exista 
pZws(?)] en ce lieu, à l’instant! (•). 

Thot dit (alors) : « on appellera : S-t—; h • j W le lieu saint qu’ Horus d’Edfou 


(1> ’hî n sm y ,y-t wsr. Le contexte très clair oblige à prendre ' h’, dans ce sens, qu’il possède 
souvent. 

W hî hd-n hr tm-s fl (%)]hr, rsy . 

^ Cf, Edfou, VI, 127, 9 : alors ils poussèrent la barque de Râ, etc. (d’un coup de perche, 
pour lui faire quitter la rive : wdt est l’inverse de mnt ). 

<4) hrmh [hr éi-sn ]-/,[...]-/(*!), ntt nb n'hî. Cf, le passage parallèle : Edfou, VI, 126, 1. 

t5) Le sixième combat d’Horus contre les ennemis aquatiques est (comme la bataille préli- 
minaire qu’il gagne à Edfou sous forme de disque-ailé) un combat surnaturel. II lui faut, dans 
l’un comme dans l’autre, anéantir à la fois tous ses adversaires (pour que la force des premiers 
atteints ne puisse s’incarner dans les survivants ; cf. plus haut : n tp 'nh-sn im. Ici, le procédé 
du dieu est autre. Il les anéantit par le harpon, en sa forme de « harpotmeur». Mais il les vise 
d’un seul coup tous à la fois, et tous sont atteints au même instant par l’arme. L’expression 
des deux phrases est embarrassée, w * im == w' nb im : la répétition w? im . . . m s 4 w'-t rend sen- 
sible la pluralité, s-t hn'f—st wnn w'(-nb) im-s . Dans {btî) w' r-f, f représente (.sèt) w * de la 
phrase précédente, (inf) s-t, avec les traits du pluriel, atteste qu’il s’agit non d’un seul ennemi, 
mais d’eux tous ensemble (visés et atteints séparément, et à la fois). 

<f) kn-nf s[-f|, r n[wn-m; kn-n( 2 )]f B, r n[î»n/(?)] m s-t tn, m > 4 . 

(7J Le lieu que y aime : paroles mises dans la bouche de Râ. Le pronom personnel • i est écrit, 
tantôt par le panache de roseau, tantôt par Limage de Râ. Telle est du moins l’étymologie 
que les auteurs du mythe d’Horus ont voulu mettre au premier plan. Peut-être y en a-t-il une autre, 
par équivoque avec la première. Les deux signes U et iîb alternent dans les mêmes mots, à 
l’époque grecque ; quand ce dernier est employé, on peut lire è-t-’Iibi, et traduire avec Kees 
l’expression par : le lieu de Celui-de~la-gauche, =le Sinistre, c’est-à-dire : Seth . Cf. Kees, Horus 
und Seth als Gôtterpaar, II, p. hq, et notes ; cf. i bid,, I, p. 36-27. Cela P eut &re exact pour le 


- - - *> ( 735 )<*— 

a fondé sur eux M». Et [Horus) passa six jours et six nuits [dans sa barque ) amar- 
rée sur ses eaux , sans apercevoir un [seul) d'entre eux ; [puis) il les aperçut , gisant 
dans le (bras du Nil-) hn-t®. Et il disposa (spd-n-f) ce lieu, qui fut S-t-;b-i. Il 
est sur le bord de l’eau; son beau visage ® est tourné vers le sud. On (y) célèbre toutes 
les cérémonies pour Horus d’Edfou, le i er Thot, le 7 Tybi, et les 3 1 et sû Méchir W. 
Ce sont là les fêtes de S-t-;b -t~ (qui-regar de-)au-sud , dans N-;r-f : (car) (le 
dieu) (y) amarre sa barque (sin-t-f) (tournée) vers eux W, veillant (là), sous 
(l’aspect d’un) roi d’Egypte (m nsw-t), sur le Grand-dieu-de- N-;r-f t 6 ) qui est en 
ce lieu; il (y) repousse (hr hsf) l’Ennemi et sa tribu, quand il (y) arrive à la nuit 
(m ws;), (venant) de la province de Mr-t, de l’ouest de cette ( dernière ) localité W. 

Horus d’Edfou est (aujourd’hui, à S - 1- ; b - i ) un homme d’une force éprouvée M, 
à visage de faucon, couronné de la couronne blanche, de la couronne rouge, de la 
(double-) plume, et de V (antenne-) h;b-t(?) ( 9 >; les deux Uraeus sont sur sa tête; ses 
mains [puissantes) ([rwd]) portent son harpon (hr m'b;-f); (il), tue l. hippopotame 
(fait) de (ce) jaspe rouget (hr sm; h;b m hnm-t) qui provient du pays étranger 
comme lui hO (nt(-t) hr h ^ s-t hn'-f). 


temple dont il s’agit ici ; mais, d’après les textes du mythe, tous les lieux saints fondés par Horus 
en souvenir d’une bataille contre Seth ne semblent pas avoir été aussi des lieux consacrés à 
Seth. Pour les variantes de é-t-lb- i, cf. Gauthier, D. G., V, 69. 

(1) C’est-à-dire : sur leurs cadavres (ir-n Hr Bhdti hr-sn ). 

(’) Il s’agit toujours du bras du Nil hn-t, qui pénètre au Fayoum a Illahoun. 

(3 > hrfnfr est dit spécialement de la statue du dieu qui est dans le sanctuaire du temple. 
Cf. plus haut, pour le temple d’Horus fondé à di-H’, dans une orientation semblable. 

< 4 > Littéralement : Méchir, le ùt, le ah. La première de ces deux dates coïncide avec le 
jour initial de la fête de la Victoire à Edfou 5 la seconde, avec 1 avant-dernière des journées 
consacrées à Edfou à la même fête. 

( s > On revient maintenant au souvenir de la poursuite d’Horus contre ses ennemis. 

(«) Le grand-dieu-dans-N-irf est l’Osiris de la nécropole d’Abousir-el-Melek près d’Ahnas- 
Hérakléopolis (Wb., II, 196, 1). Cf. Gaijth., D. G., III, 66-67. 

W Ce dernier membre de phrase précise, comme on l’a fait au passage concernant le 5 combat, 
que le site de Pr-rh-wi est à l’ouest de la ville de Mr-t, et de la province du même nom. 

W Cf. le passage parallèle précédent : Edfou, VI, 121, 4 - 6 . 

(•) Horus d’Edfou ne porte pas d’autre couronne que le pschent royal complet, avec les 

( detiæ)-plumes , et la h’,b-t. , 

<»•) Ce détail très précis montre qu’il s’agit ici de décrire une statue réelle, au temple de S-t- lb-i. 
<**> f dans hn'-f représente non pas Horus d’Edfou, mais l’hippopotame (de Seth). La clef du 
sens de tout ce passage, c’est le sens exact de la préposition hr. Celle-ci ne signifie pas ici : sur, 

93. 


Et Râ dit à Thot : « vois ! Horus d’Edfou est le guerrier (nb 'h;) qui tue ses 
( ennemis ) étrangers , chaque jour!» (hr smî h’sti-w-f, r' nb). Thot dit (alors) 
à Râ : « aussi appellera-t-on : le guerrier le prêtre de ce dieu , à partir d’aujour- 
d’hui /». 

(Alors) Isis fit là toutes conjurations pour chasser Ré (loin) de (r) N-îr-f, en 
ce lieu (saint) (s-t tn). Et Thot dit : « aussi appellera-t-on : la conjuratrice 
la (chanteuse-)smf-t de ce dieu ». (Puis) Thot dit à Râ : «qu’il est beau, ce 
lieu où tu résides comme un roi d’Egypte veillant sur le grand dieu de N-’r-f, et qui 
comprend (une surface) totale de quatre schènes !». Thot dit ( encore ) : « aussi appel- 
lerat-on : le beau-lieu le palais W (qui est) en cet endroit, à partir d’aujour- 
d’hui! ». Il est dans le sud-ouest (de la province) du (laurier-) n'r-t W ; il comprend 
en tout quatre schènes l 3 L Râ dit à Horus d’Edfou : «as-tu (bien) exploré ces 


ou : dans, mais : qui vient de. Précisément, elle s’emploie volontiers avec le mot h’ s-t, et quand 
il s’agit de produits minéraux (or, pierres fines). Cf. Garriner, Eg. Gramm., § i65, 2 : nbm 
hr h s-t ; Wb., Belegst., II, 287, 8 : nb hr hls-tf. Or la pierre fine rouge hnm-t venait, pour les 
Egyptiens, du désert étranger de la Nubie (Wb., III, 294, 5 ) : c’est aussi le pays d’origine de 
Seth, d’après la tradition suivie à Edfou, et de l’hippopotame rouge en qui il s’incarne, aux 
textes du mythe d’Horus. Le relatif »((-t) se rapporte donc à lmm-t, et non à hlb. Cf. les traduc- 
tions actuelles : Rœder : und er tôtete das Nilpferd mit (?) dem Karneol (bnm), das mit ihm zusammen 
auf dem Wüslenboden war; Fairman : while slaying the hippopotamus of red jasper whtch was in the 
desert with him. Du même coup, on comprend aussi pourquoi l’idole d’Horus, en combattant 
l’hippopotame de jaspe rouge au temple d eé-t-lb-i, tue chaque jour ses ennemis du ( désert ) étranger, 
et mérite son épithète, bien connue aussi à Edfou, de : sm’, hlsti-vu (ou : sm’, h’-s-rr-t). 

(l) 'h-t - II s’agit du terrain sacré (et du temple qu’il contient). 

(,) Hérakléopolis et ses nécropoles sont en effet sur la rive ouest, et dans la moitié sud de la 
20' province de Haute-Egypte. 

(3) Cinq exemples, aux textes du mythe d’Horus, semblent suffire à préciser la valeur de 
ces expressions (Edfou,\l, 114,7; 119, 1-2 ; 128, 9-10 ; 124, 1). Le second exemple 

donne une mesure calculée non en itrw, mais en ht : il s’agit manifestement là de la con- 
tenance d’un terrain. Les autres sont, selon toute vraisemblance, de même nature (bien qu’on 
ait considéré jusqu’ici, dans tous ces exemples, Vitrw comme une mesure de longueur). 
En effet, dans le dernier cas cité, s’il s’agit de quatre schènes de distance, le total vaut, d’après 
les calculs de Sethe sur le schène ( Dodekaschoinos , p. 7, 8, 10), 5.940 m. (c’est aussi le parasange 
de Perse) X 4 = a S kms., 760. Entre quels points pourrait avoir existé cette distance, sinon 
entre le beau-lieu, c’est-à-dire le terrain sacré d’Horus à St-lb i, et N-’,rf, où se trouve 
le «sérapéum» d’Osiris? Or il est évident que é4-’,b-t et N-îrf sont des lieux tout voisins 
l’un de l’autre r un tel intervalle ne peut les avoir séparés, puisqu’Horus au beau-lieu veille 
sur Osiris à N-’r-f, puisqu’Isis, placée à è-t-’,b-i, chasse Seth loin de N-’,rf. Il faut donc 


- -h «( 787 Vit’ • - 

eaux, à (la recherche) (hr) des ennemis ?». Et Thot dit : « on appellera : l’eau- 
de-1 'exploration le lac sacré (mw ntri) qui est en ce lieu». Et Râ dit : « elles 
sont grandes (de crainte (?)) W, tes barques, Horus d’Edfou, (qui sont) sur la rive 
(hr dmi) en [ce lieu ] (m[s-t tn] ! ». Et Thot dit : « On appellera (là) : le grand- 
[de-crainte (?)], [ I esquif ( * (l) 2 ) du) dieu; on dira : la rive, comme mm du canal 
[<Z.Or donc, é-t-?b*n-i est sur le bord de l’eau; le beau-lieu est le mm du palais; 
le guerrier, celui du prêtre; [la conjuratrice], celui de la (chanteuse-) snxj-t ; 
l’eau-de-1 'exploration, celui du lac [socr/j, [ qui est en ce lieu ] ([nty m s-t 
tn (?))]; [(la rive est celui ] du canal (dmi, rn] n mw); le palmier mâle et 
l’acacia sont les noms des arbres sacrés; le château-du-dieu, celui de la butte 
divine (i;4 ntr(-t)), et le grand-de-crainte, celui de la barque. Les dieux qui y 
résident sont : Horus d’ Edfou-qui-tue-les-étrangers, Horus-fils-d’ Isis, (et) Osiris M 
[grand dieu de N-lr-f] 

Comme il est facile de s’en rendre compte, le caractère du « récit mytholo- 
gique» change avec le troisième fragment. Les deux premiers prennent à 
peine le temps de citer les faits principaux, au milieu d’une course rapide. 


considérer Vitrw (avec Roeder, pour cet exemple : cf. Urkunden zur Religion, p. 1B2 = 17, 
5 ) comme une mesure de surface. Cette mesure, Sethe l’a également calculée ( Dodekaschoinos } 
p. 11) : il s’agit d’un petit schène carré de 43 1 mètres environ de côté, et d’une contenance 
de 67, 5 aroures (stVt) environ. L’aroure valant par ailleurs 9766 m ? (cf. Erman, Erklârung d. 
Pap. Harris = Schaedel, Die Lisfen d . gross. Pap. Harris, p, 5 i , note 5 ), les deux calculs donnent 
à Vitrw carré la valeur approximative de 18 ha, 60. Des contenances de un, deux, et quatre 
itrw pour les domaines sacrés d’Horus à Pr-rh*wi d’Oxyrhvnchos, Ddm4-R' de la province de 
Thèbes et à-t-îb i d’Hérakléopolis, semblent vraisemblables, par comparaison avec les conte- 
nances de nombreux terrains sacrés d’Egypte, entièrement reconnus aujourd’hui par des fouilles 
archéologiques. Quant au terrain de 342 ht à Hbnw, il pourrait lui aussi correspondre sans 
invraisemblance avec la superficie occupée par le domaine sacré d’Horus en cet endroit (cf. 
plus haut, page 723, note 1). 

C’est-à-dire : puissantes par la crainte qu’elles inspirent. Il semble nécessaire de restituer : 
wr (nrw), afin de rendre compréhensible l’explication de nom qui suit (ce serait ici une omis- 
sion du scribe décorateur). 

(*) wtî = barque est du genre masculin . 

(3) Il s’agit du débarcadère du canal du temple, où est attachée la barque sacrée. 

C 4 ) Tout ce dernier passage est une récapitulation complète des noms sacrés du temple de 
§4-lb-t pareille A celles des listes géographiques et des monographies des temples. 

(*) Edfou, VI, 1 18, 1 à 120, 9 ; 121, 3 à 122, 8 ; 122, i 3 à ia 4 , 7 ; pl. phot. 524-525 ; 
526-527 ; 528-529. 


— •-*£*( 738 )* t t » - — 

Le dieu et ses guerriers talonnent leurs ennemis ; la bataille est au premier 
plan. Au rituel donc on ne trouve guère que de brèves conjurations pour 
protéger Horus et affaiblir son adversaire, mêlées à des chants et des cris 
de guerre. Au contraire, les longs récits qui rappellent les exploits du dieu 
dans les provinces du nord de la Haute-Egypte parlent autant de victoires 
definitives et de fondations éternelles que de la lutte pressante à mener 
contre Seth. A ce moment la moitié du pays est conquise; Horus et Râ s’at- 
tardent à parachever leur œuvre, avant d’entamer la poursuite dans les basses 
terres du delta. Le rituel s’harmonise alors avec la nature nouvelle du récit. 
Les souvenirs de victoire vont y apparaître, les chants de triomphe s’y 
mêlent aux cris de la bataille. A tout cela s Ajoute le combat incessant des 
deux incantateurs, Isis et Thot, contre l’esprit du mal. 

Le prêtre du roi prend d’abord la parole. Tourné vers la barque-litière où 
les statues consacrées président la fête, il lève les mains en face d’Horus, 
il s’incline devant luit 1 ), il annonce la victoire sur les adversaires, il appelle 
la protection qui repousse les ennemis du dieut 2 ). Il saisit le premier des 
deux harpons divins et pour la cinquième fois, de la pointe du fer, il touche 
le flanc de la statuette de Y ennemi, en souvenir du combat d’Oxyrhynchos : 

Premier epieu, qui n a pas de second (®) : (tu es) le cinquième des harpons, qui 
va ouvrir les côtes du taureau du marais ! (*) . 


(l) [ ] h r n sfym-k, hlb n hprw lc, [ ] (Edfou, VI, 69, 4-5). 

m 4 »»-n km-k r rky-w-k, *»' s-t hm-lc m si hl Msn(-t) (Edfou, VI, 69, 6-7). 

< 3) sir tpy, iw(ty) sn-nwf. Second est pris dans son sens courant de semblable; en même temps 
son sens numérique s’oppose à : premier (des traits), la pensée étant : il n’a pas besoin d’être 
suivi d’un second (coup). 

W w P- n 'f ***** n hi-rnhy ( Ed M> VI, 71, 7-8). L’expression kl-mhy signifie littéralement : 
le taureau (ou : bête mâle, par opposition à la femelle) du marais (de papyrus) (mhw). Le détermi- 
natif montre qu’il s’agit de l’hippopotame (mâle), kl-mhy, du point de vue du sens, est paral- 
lèle à : hlb-tly (Edfou, VI, 1 16, 7, par ex.) : c’est Seth, le mâle du troupeau d’hippopotames, 
et son chef en même temps. L’expression est analogue, du point de vue de la forme, à : kl-n'w 
(Edfou, VI, i 5 i, 10) : (ils font sa protection contre) le serpent mâle, c’est-à-dire : Apophis, l’en- 
nemi de Râ. Kl mhy se retrouve six fois aux textes du rituel (texte C), et une fois encore au texte D, 
dans un passage parallèle à l’un de ceux du texte C. Cf. Edfou, VI, 61, 8 ; 67 5 • 71 8 ■ na 
7; 8 e, 6; 83 , 7; ai6, 11. /V ’ 


Le cérémoniaire de Thot lui succédait; en face de l’image du dieu dans 
sa barque, il déployait son manuscrit : 


Enfonce le harpon (dr bil) et tends la corde W pour ne faire qu’un avec Horus- 
maître-du-coup-au-but ® ! Te voilà (1 devenu ) un (homme) bronzé du Soudan ( 3 4 ), 
(mais) tu résides dans un temple, (car) Râ t’a donné sa royauté sur le lac [om] l’on 
abat l’hippopotame! W. 


Là-dessus, la parole passait aux chanteurs et aux chanteuses ( 5 ) : 

5 M* s <• x - ! 


Les phrases initiales des chants, sans liaison de sens entre elles, sont 
bien reconnaissables. C’est d’abord : (II) crie, l’hippopotame abattu par ta 
corde, (etc.)... W, hymne adressé à la gloire d’Horus, chasseur victorieux. Vient 
ensuite le refrain caractéristique du chœur des femmes : Il y a un cri, un cri 


(1) pd ss (Wb.j I, 567, 8) : l’expression n’est pas prise dans son sens courant (cérémonie 
de fondation) ; il s’agit ici de la chasse au harpon. Horus a planté son trait, puis, après avoir 
laissé filer la corde (s»*n** m ilbt-i), il tire dessus (pd), pour ramener à lui la bète fatiguée ( tth sbt ). 

r snsn n Hr nb mdd. Le prêtre s’adresse à Horus d’Edfou, le priant de s’identifier à la 
nature d’un Horus guerrier du Soudan, renommé pour ses traits infaillibles dans les combats. 

(3) mk tw m nhs m Hnt-hn-(n)fr . L’idole du sanctuaire de ce dieu le représentait comme un 
homme à la peau bronzée. 

(4) s n shr hlb : le lac sacré du temple d’Edfou. Cf. Edfou, V, 397, 1 : s-hlb, etc. 

(5) Cf. plus haut. 

(8) hlb hr m nwh k. L’expression tomber par la corde fait allusion à l’abattage des bêtes de sacri- 
fice, dont le boucher liait les pattes avec une corde, avant de les renverser sur le sol. Cf. Edfou , 
VI, 77, 3 . Par ailleurs, en chaque scène où le dieu perce l’hippopotame de son épieu (tant 
au premier qu’au second registre du mur d’enceinte ouest d’Edfou), il est représenté tenant 
dans la main gauche la corde qui lie l’animal. Ce fait est une licence prise par les décorateurs : 
ils auraient dû représenter la corde qui reüe le harpon à la main du chasseur, quand celui-ci 
vient de toucher son but. 


-*> ( 740 )**+< — 

c?ans Khargeh, (etc.)... W. On exécutait enfin deux cantiques, qu’on chantera 
un peu plus tard une seconde fois, au cours du même cérémonial des dix har- 
pons. C’est d’abord celui qui commence par ces mots : La barque est légère 
et celui qui est en elle est un enfant, (etc.')... W. C’est ensuite : C’est un lâche, 
celui qui est (pris) dans ta corde, (etc.)... W. L’acclamation rituelle : grippe, 
Horus, grippe! poussée à la fois par tous les chanteurs rassemblés, terminait 
la commémoration de la victoire d’Oxyrhynchos, la cinquième victoire du 
dieu sur ses ennemis aquatiques W. 

C est encore en souvenir de ce combat que le génie du cinquième harpon 
déclare : 

Je tranche (bsk-i) les cœurs de ceux qui font la guerre contre ton trône; j’ar- 
rache (nf'-i) les cœurs de tes adversaires ; je bois le sang de ceux qui sont hostiles 
(ndy) à ton domaine, et je savoure le (s) rein(s) de tes ennemis! ( (l) * * * 5 6 * * * * ). 

Puis le prêtre du roi prenait de nouveau le second épieu. Pour la sixième 
fois, il le dirigeait vers l’hippopotame campé près de la bordure du lac sacré : 

f t 1 1 ’f |T* ra e V 1 ■*** 

Sixième épieu, disait-il, dévore ( c m) quiconque vient (ü nb) près de lui, 



(l) i’nw, ïnw m Knm t. Kénémet est l’oasis de Khargeh actuelle, l’oasi* (de la province) d’Abydos 

(whi-t Tl-wr) du partage de Seth (Edfou, VI, 84 , i 3 ), dont Khnoum était la divinité maîtresse. 
11 est question du î'nt» à quatre reprises (dont trois fois : n Knm t), aux textes du rituel. Cf. 
plus loin. 

{i) dp-t is'ti, nty m nhn. Cf. Edfou , VI, 74, 3, et 217, 7. 

^ hmty pf nt(y) m nwlyk. Cf. Edfou, VI, 74, 3 . Même sens que : V hippopotame abattu par ta 
corde , à la ligne précédente. 

Edfou, VI, 69, 3-11. 

(6) dp i dp 4 m hfti-W'k. C’est une allusion (anticipée, au 5 e harpon) à la scène très particu- 

lière du combat d’Horus à Silé (9 e victoire), où le dieu fait goûter (dp) les reins (dp-t) de ses enne- 

mis à ses compagnons (Edfou, VI, 127, 12-1 3 ). La relation entre le texte A et le texte C est, 

là encore, manifeste. Les divinités protectrices d’Horus dans ses combats du rituel se comportent 

à beaucoup d’égards comme les msnw-w du récit mythologique. Les uns semblent être la 

transposition des autres, sur le plan de l’action rituelle. Cf. Edfou , VI, 71, 1 2 à 73, 2, 


— *» «( 741 


(et) tranche les vertèbres du dos de tes adversaires! 0). 
Et c’était au tour du chargê-du-livre t 


^jn:si^(^vri:!&#îkTi:riiüîivs:vaffi 


S'=î:si:»:’üïï\. < ?iSA(Uvi!:i:rîvn i yx i i!-J^j| 

IL'KTÜSr+iÜIJ’g'iPH'-n-'l-tTll 


J'ai lavé ma bouche , j’ai mâché le natron pour exalter la victoire d Horus-fils - 
d'Isis, le jeune guerrier sorti dlsis, le fils d'Osiris, le bien-aimé! Horus va lancer 
(le trait ) de sa main , (lui) dont le [bras] a inauguré la victoire (&f *n[hps]*f m nht), 
(quand) il a affermi le ciel sur ses quatre piliers : elles ont réussi , (toutes) choses 
qu'il a faites (mt sp-w fr-luf) ! Vois! Bousiris, Mendès, Héliopolis, Létopolis , Bouto, 
Memphis ; Hermopolis , Minia, Hipponos, Ilérak Uopolis, Ahydos, Parwpolis, Cojh 
tos , Assiout, Edfou , Mésen et Dendéra, sont en joie, en joie! Elles jubilent (hir nhm), 
de voir ce beau monument , cette fondation qu'a faite Horus-fils-d Isis! Il a bâti 
une Pé ornée d'or, rehaussée et finie à l'électrum! Son sanctuaire (dry-t) magnifique 
et précieux est semblable au trône du Maître de l univers . Sa Majesté siégé en la 
Belle-salle (hj-nfr) W, et les rives d'Horus (idb*wi-Hr) l'acclament, parce qu'il a 
les biens de son père Osiris ^hr ih*t ï t*f Wsir) ! (Car) il a pris (en main) la charge de 
son père, il l'a fait triompher (au tribunal) en répoiidant à sa place (ir wsb hr*f) : 
celui qui méditait sa ruine (hmt*n*f djr*f), il l'a abattu (hi-n-f sw)! Comme 
il est bon que la charge d'un père soit à son fils qui a fait triompher sa cause ! 
Il devra [en] remercier dieu W [,,.]! W. 


Comme on peut le constater, l’œuvre verbale du prêtre de Thot n est plus 
une incantation. C’est un véritable hymne de louange, qui clôt la première 

r-r~t — n ’m’iM « »it — ■ -n _ ‘ T ï ’^ r * ’ îl ' T -1 * 1 

«) Edfou, VI, 79 , 5-6. 

(«> C’est la salle où le roi d’Egypte siège, comme chef de l’administration du pays. 
nfr-wy ilvo-t n h n sîf sm’ c -hrmf : dw’-nlrf [ 4 r*]«/ 

Edfou, VI, 70, 1-8. 


-* ■ ** •( ?42 


I ’offede Mfchir ,S 1 ’bstalLr ''"j-* '' m0t ' f domisera ‘««le la fin de 

vainqueur de Sefh, la fondation vJt ï<meS “ * d " 

1« pouvoirs légitimes qu'il tient de son plé J r °' ™ eïerCer 

vicW« “ éCh ° ^ *" * Th ‘ S ' él ™ il -W d’/vw, déjà sûre de la 



^ ^ ^ tyi V ! * — fjfr 

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mtg, r m, pire Le ciel 1 JT, , “ “A"». « « * mettre i 

*i tZJ: zztzz ! z: h ^ du r ^ •■- *► 

f-r partir sur elk en cantpZZZ IZ, T “ *"*“ Æ »-« 
<& se saisir pour lui des rebelles ’■ c'est m > ‘ * son père Ostris et 

•*- - «- S3 ~ - 


,rzsr üs: * - r- ^ *- 

intercalé les têtes de deux cantiques, tout différente^ “f °“‘ 
la prêtresse A.',-! et le chœur des femmes II a ^ 

cet hymne et les imipit dont il p«t y a aucun lien entre 

- mnpit dont ,1 est quest, on maintenant. An contraire, si 

d’Edfou, p. 5 7 , à qui V B “ 0IW > ^ texte dramatique 

et J’awir donné son sens correct à hri-< [notes c et rfl ° PP ° Sltl0n entre ces deux emplois de ir, 

, ‘V''! - /r (pseudoparticipe), m nfe/, , J,' . 

.? (^/passif) m wîd-sm', etc. L’hymne d’Hori ^ ^ J J^P assd ) »/P< » mhyt, 
hsme des saisons. Après la mort apparente d’Osiris |T“ MeCbr Semble 86 Servir du s y mb °- 
qu’elle féconde, pendant la saison Tè-t Horus son «“** leaU dU NÜ dans les terres 

début de la saison p,. Le vent du norf^Te ciel- *? ***«. au 

comme des pierreries : c’est la victoire d'Hun ■ ’ ,? 8ermes ve gétaiix verdoient au jour 

» *-*(•<) » mih n/ " l 10 " d Ho ™' 1"' •»* Osiris revenu su, ,, ttrre . ‘ 

” W, 7 o, 8 à' f 


l’on extrait, comme nous le faisons, les deux mcipit de leur milieu artificiel, 
le mouvement initial de l’hymne continue et s’achève normalement. Voici 
les débuts des cantiques insérés : 


i ) Je suis Horus-jils-d’ Osiris, qui frappe les ennemis et abat ses adversaires 
(etc.). . . 


2 ) [ Comme il est beau ] de marcher sur la rive sans entraves, de franchir l’eau 
sans que le sable croule sous tes pieds W, sans qu’une épine les pique, sans que se dé- 
couvrent les (bêtes) qui sont dans l’eau, (etc.)... 

Les deux chants sont tirés d’un recueil en l’honneur du dieu fils d’Isis 
et d’Osiris. L’un est un chant de triomphe, mis dans la bouche même du 
vainqueur. L’autre met en scène Horus-l’enfant que la nature entière recon- 
naît déjà comme son maître : devant lui se cachent au fond de l’eau les bêtes 
féroces qui l’habitent. C’est là un écho, conservé par hasard, de cette grande 
littérature pieuse qu’inspira l’enfant divin né d’Isis. Ainsi traduisent la 
même pensée les tableaux des stèles guérisseuses : Horus à la tresse, le 
corps nu, le doigt à la bouche, se tient debout, vainqueur dans sa toute- 
puissante faiblesse, sur le corps monstrueux des crocodiles. 

Le sixième génie, par ailleurs, apporte avec empressement son aide pour 
le combat de S-Hb-î : 




. ^ m 


J’aiguise mes dents (ts-w(-t)-i) pour mordre tes ennemis; j’affile mes griffes pour 
avoir prise en leur peau! ( 3 L 


tl) [nfr-wq] sm hr mry-t n inty. sn-t mw n i}fhf n s' kr rd-wt-k, 
n tbs ê(w) ér-l, n kf(i) imt-w-mw, 

(3 > Edfou, VI, 72, 9-10. 


< 7 44 > 


IV. Le «service des dix harpons» continuait. On entamait la célébration 
des victoires du dieu en Basse-Egypte. C’est ce que le récit mythologique 
relate aussitôt : 

— v s t i — • + z 2 “ = ïs v, f h cm r J oz m n m y \ <> 

vsMSiiT^-=rr;r^i [ n™"'3C-i,iï,T*Ê:A0 

^ * =5 s 3+- ■= s » — i v rr fi ~ 1 s s; j, ~ l & +, ©n — .j j 


■ * 

€ ^ 

[A**w*\] 


IV^MrfcSS-îîM-gMn.ws^SlBlYJ:!! 




I /w«\ o 

f I I ^ ■ S 


iO 


[//orus d Edfou reprit le fleuve avec (?)] (*) harponneurs et ses compagnons 
(sms-w-f nf-imy) autour de lui (m swfw-f*), avec son épieu, avec (m) ses ( flotteurs -) 
msn, ses (flotteurs-)bb , (et) avec toute sa corde (m ntt-f nb) < * 2 * ). Horus d'Edfou 


(,) On peut rétablir approximativement dans la lacune : [wnn Hr-Bhdti hr mh, hn' l Cf. le 
passage parallèle : Edfou, VI, 133 , 6. 

1 1 II est nécessa re, à cause du contexte très clair, de donner ici au substantif mép,-w le sens 
de flotteurs (de jonc, tressés en forme de bourriche et fixés à la corde du harpon), que réclame 
déjà l’unique exemple attesté jusqu’ici du papyrus des signes (XXI, n° 3), grâce à son équiva- 
lence : g’,w(-t)=mm(w) (m., II, i45, 1 ; V, i53, 3). Dans ce cas, le mot serait employé 
une fois de plus dans son sens primitif, conservé jusqu’au copte mqcn = corbeille (Spiegelberg, 

Handwb., p. 65, 4°). Quant au subst. bb-w (au pluriel, comme min-w), la restitution pro- 

posée par Chassinat (Edfou, VI, i a 5, note 1 ) est certaine, lorsqu’on la rapproche des deux 

autres exemples de bb-w dans un contexte identique, que présente le texte D : Edfou, VI, si 5, 

6 (et note 5) ; 317 , 6 (et note 4). Mais dans ce eas, étant donnée la présence du déterminatif 
de la corbeille msn (ou giw-t) aux deux derniers exemples, il devient nécessaire de supposer 
une confusion du scribe, dans le tracé du déterminatif du premier exemple (bien visible sur la 
planche phot. 5s8, col. 9 ). Ce déterminatif est peut-être celui du collier bb, terme homophone 


était sur ses gardes dans la barque [de Râ] (wnn Hr Bhdti hr m wil [n R']). R 
s’en alla vers l’aval jusqu’au Delta, [avec ses] compagnons; [pour atteindre (?)] 
les ennemis ([bd] pwar-n-f r TVmhw [hn'] imi-w-ht[-f, r spr (?)] nf sbi-w). 
Et quant aux (ir) harponneurs ( arrivant ) aux îles-du-centre ((h)r fww hri-w-ib), 
(h dieu) fit grand carnage grâce à eux et l’on ramena 106 captifs. Et du côté 
des harponneurs de l’ouest, on ramena 106 captifs. Et du côté des harponneurs 
de l’est, au milieu de qui W était Horus d’Edfou, (le dieu) égorgea (les ennemis) 
devant Râ dam les bourgs-du-eentre (m ii-w-t hri-vv(-t)-ib). 

Alors Râ dit à Thot : « mon cœur (est heureux) W des exploits (ki-vv-t) de ces 
harponneurs d’ Horus d’Edfou, et de (ceux de) ses compagnom! Ils se trouveront 
(désormais) dans les sanctuaires ; et [il y aura ] eau et encens W pour leurs images 
et (pour) leurs prêtres de mois, et tous les desservants de leur domaine, autant qu’il 
y en aura, en récompense d’avoir égorgé pour moi les ennemis / » W-. 

Et Thot dit : non appellera : ceux-des-harponneurs (an msnw-w) les 
bourgs-du-centre. On appellera : Horus-d’Edfcu-maître-du-Mésen, le dieu 
qui y réside, désormais. On appellera : le bourg le Mésen de l’ouest, désormais. 
Et quant au Mésen de l’ouest, sa face sera ( tournée ) vers [le bras (du Nil)], 
vers le lieu où le soleil se lève t 6 -). On appellera i les-( flotteurs-*) mésen le Mésen 


de bb (et non celui du substantif m'y-t sans rapport avec bb). Le sens de bb est apparemment très 
voisin de celui du substantif mh : on ne possède que les trois exemples des textes du myths-d’ Horus 
(Wb., et : Belegst., T, 455, 7 ). Pour m ntl nb, cf. le texte parallèle : Edfou, VI, 123,6 =nrt nb n '4L 
<*> L’antécédent de îm-h est : mhw-w. Cf., à ce propos, Wb.,Belegst., Il, i45, 7 (mhn:-w) 
als Feinde gedacht : c’est une grosse erreur, à rectifier. 

m ir mhw-w ilbt-t, Hr Bhdti imitw-sn : l’expression interdit de considérer, malgré le 
déterminatif de ville employé là (et plusieurs fois au même texte), le terme comme désignant les 
localités des harponneurs (?» Harpunierplëtzen : Kees, Horus und Seth als Gôtterpaar, U, 79). 
II s’agit bien ici des harponneurs eux-mêmes. 

<’> Le verbe manque dans cette phrase, dont ib-t est le sujet. Le sens exige une restitution 
analogue à celle-ci (hr (?)). 

< 4 ) L’expression implique, sans que rien l’indique formellement, l’existence d’un service d* of- 
frandes, , fondé à perpétuité en faveur des desservants des chapelles et images de mhw-w. 

i 5 ' hp( r )-h m shm-w-t, w'b-twr [4pr(?)j n ’hm-w-sn hn * imi-w-ibd-h wnwti-w h-l-nÿr-h nb mi 
lcd-h, m isw n smî-h n i sbi-w. Pour la portée de ces paroles prêtées à Râ, cf. plus haut. 

» ir Mh(-t) imnty, wnn hr-f r[mw -(?)], r bw wbn R' im. Hr-f semble montrer que le subst. 
Mh(-t), toujours écrit avec -t à l’époque grecque, est considéré comme appartenant au genre 
masculin (sens étymologique). Mais, pris comme nom de lieu, il est sûrement, d’autre part, 
traité en féminin. 

Bibl, d’Etude, t. XX, a' fasc. 


9 4 


de l est, désormais. Et quant a (ce) Mesen double, ouvrage des harponneurs de l’est (*), 
sa face sera tournée au sud, vers Behdet, (car) c’est la demeure d’Horus (h;(yt) 
pw n-t Hr). — On célébrera tous les rites pour Horus d’Edfou en Basse-Egypte le 
a Thot, leaâ Choiak, le 7 Tybi et le a 1 Méchir, à partir d’aujourd’hui. On appellera : 
lac-du-double-trône leurs hcs ( sacrés ) (c’est-à-dire : les lacs de ces trois Mésen 
du delta). Le trône-pur (s-l-w'b-t) sera le nom de leur château (= temple bâti). Le 
vaillant-au-combat (kn-'hl) sera le mm de leur [pâtre] . Les-travaux-de-Mésen 
(k’-wt Msn(-t)) sera le mm de leur bourg (h-t-sn), à partir d’aujourd’hui! P) ». 

Tel est le récit des deux premiers combats disputés par les harponneurs 
en Basse-Egypte. Ces combats sont celui du ^centre, et celui de l’ouest. La 
bataille de l’est ne compte pas encore ici : un chapitre spécial lui est réservé, 
à cause de son importance particulière, ou plutôt de celle du sanctuaire 
d’Horus auquel elle correspond. Dans le cérémonial de Méchir à Edfou, 
les septième et huitième harpons commémoraient ces premières victoires du 
dieu au milieu des basses terres du delta. 

Le premier officiant priait donc Horus, selon l’ordre établi : 

MGP^^kiWrinîs.pjjniS'i^jvs'ii^? 

tfesu+si* 

Louange à ta face, adoration à ton pouvoir, ô Horus d’ Edfou-grand-dieu-du 
ciel, (0 toi) le vaillant rempart [ de l Egypte (?)], faucon rapace, ô puissant, grand 

de crainte grand héros, [pour qui (?)] il n’y a pas de [rem]part (?) [ ], 

tu protèges Mésen pour toujours, à jamais! Ta force et ta vaillance sont autour de 
ton temple, éternellement / (3 h 


Ce Mén-wi est celui de Silé, le plus ancien probablement de tout le groupe des Msn 
d’Horus. Etait-ce un temple double, construit en deux parties symétriques, comme le temple 
d ’Haroèris et (Setk-)Sobek à Kom-Ombos? 

(,) Cf, Edfou, VI, ia4, 7 à 196 , 7 . 

(3) Edfou, VI, 72 , i5 à 73 , 3. 


ni )•*+— - 

Puis il prenait le septième harpon, et, la pointe tendue vers le ventre de 
l’hippopotame, il lui adressait ces mots : 

rt* i— w-j * m «s t — iin 

'î„~£îU:k 1 , 

Septième harpon, perce son corps (twn d-t-f), tranche (ngi) ses membres, fouille 
(mhl) l’hippopotame du ventre aux testicules (r gs-tî-f) ! ('). 

Cette fois, la parole passait, non au cérémmiaire, mais de suite à Isis, la 
prêtresse sm* y-t; le titre en rubrique place les personnages sacrés dans leur 
rôle : 

Isis la mère divins pousse un cri : elle s'adresse à V orphelin-sam-père, qui va 
combattre avec la Bête (p(j) nh[^]) M : 

Affermis ton cœur, Horus mon fils! Vois, tu vas saisir V ennemi de ton père : 
ne V épar gm pas! W. [D'une main,] plonge avec ton dard dans son cuir ; de Vautre, 
agis avec ta corde : ton dard, il va lui mordre les os! Je vois (déjà) ton dard en 
son ventre , ta serre fixée en ses os W ! (Êtres) qui êtes au ciel et sur terre, craignez 


P» Edfou , VI, 7 5, 2 - 3 . 

(3) C’est la situation dans laquelle placent leur récit les rédacteurs du texte B, pour le combat 
d’Horus-fds-d’Isis avec Seth, à l’est d’Edfou (Edfou, VI, i35, 2 * 3 )* 

(3) mk, ndr-n-i s\bi]pf n itk . Il existe un b coupe d’encem allumée) de petite taille, dans 
la cassure de la pierre, devant l’homme agenouillé qui sert de déterminatif à sbt : cf. Edfou, 
pl. phot. 5o3, col. h. 

(4) im k gn n f. Littéralement : ne sois pas mou envers lui. 

[rf*l Jp-l], <k m biî-k m mékf; (d-t) én-nt, K k m ntl-k : btl-k, ndr*nf ksmf! 

{fi) iw mlî-n4 btî*k m stmf, smnk m M*wf! Pour la lecture c n t (et non < #), cf. les formes 
de Béni-IIasan, II, 4, et d'Edf. VI, 64, îo (le signe est gravé obliquement). émnh(w) (ancien 
parfait) semble pris ici dans son sens étymologique de : fixer, ajuster (en pariant d’une pièce 
de bois, en matière de menuiserie). 


9 *- 


— «q 748 

Horus (snd n Hr) ! (Êtres) qui êtes aux enfers , honorez-le : voici qu’il se lève en 
roi victorieux, qui a conquis le trône de son père! Lv bras droit d’ Horus, c'est la 
race des chasseurs (Al : mangez la chair de l’ennemi, buvez son sang, (et) annoncez 
aux habitants des enfers v c’est le ( dieu)-de-Létopoüs (Shmtî), qui égorge les 
ennemis de sa mère Isis! 


A cet instant, le récitatif d’Isis fait halte. Une note en rubrique indique 
qüe là grande chanteuse s’avance vers la figure d 'hippopotame dressée au 
bord du lac sacré d’Edfou : 


JWUU1 

la mère divine arrive ; elfe trouve "¥ hippopotame debout pâv terre sur ses 
pattes. Et la r y brique précise le mouvement que d»it exécuter la chanteuse 
dans son rôle à’ Isis : 

££, fkm ' — * i V ' — 

£ A * JB* I _ ) *=» — — « — 

(Elle) se jette vers la barque et i * fvers i j son fis Horus W, et dit : (*U 

JV ^ A *=. TU * il JJ > # ■ 1 l i {il X l \|[ n 1 L» i II 

Me voici, je suis là! (Je suis) mie mère qui vient de Chemmis^K Je vais pour- 
suivre pour toi jusqu’au bout les hippopotames ® ; m vais détruire le nid de [ leurs 
marais ] W ! 

Là &e terminait le rôle d'Isis seule. Pour achever la commémoration de la 
septième victoire, le chœur exécutait de nouveau un chant, déjà entendu au 
moment où le prêtre prenait Larme en main une cinquième fois : 


M Littéralement : «le$ fihdes chasseurs » {mé-w ihtlw). cf. plus haut. i 

« ir-n[-é] nwd n K hl ./(/) À» c al -à Hr : 

W La graphie de dd employée ici est insolite aux textes du rituel, mais courante en celui du 
récit mythologique parallèle. 

(4) mk roi, itkwt! ( tnk ) m mw t m Hb. Cf. Edfou, VI, 64 , 7. 

(5) in-in-k[ph(wt)] n db*w, 

(8) dr[d] ss n [phww tri] ( Wh I, 538 , 7). La restitution est basée sur le déterminatif (lu 
par Nâvüle, détruit aujourd’hui), et sur le sens général de la phrase (proximité de l’image : 
tn*i phwy) « Si cette restitution est exacte, elle est d’un intérêt certain pour la compréhension 
de l’ordonnance du rite. Le septième harpon est bien celui de l’entrée du dieu au delta ; celu^ 
qui correspond à ses victoires dans les rw-w hrbw-ib du récit. 










Lu barque est légère, et celuiggid est en elle est. m enjgpt : (mais) e est un lâche, 
celui qui est (pris) dans ta co\d^l (i>. 

Puis l’acclamation qui scande les phases du drame sacré au bord du lac 
était poussée par les assistants : grippe, Horus, grippe! W. 

Le génie du septième harpon faisait alors son apparition : 

'j: — rri~il , J333£L& 

\ 

Mes yeux flamboient, mes prunelles rougeoient; je repousse quiconque) vient, 
pour (faire) le mal, Vers ton trône. Je dévore hur chair, je bois leur sang, je brûle 
leurs os au feu! ( â hi 

Derechef, l’officiant saisit son arme; pour la huitième fois ? en souvenir 
des victoires du delta occidental, il touche 1 image de Seth en disant : 

Huitième harpon, saisis Varrièreiprairi) (p^wy) de ton [adversaire (?)]> et 
tranche-lui les cuisses (m;s-tî-f) W. 


il 

Cette fois, c’est a nouveau le cérémoniaire qui mèn? l’incantation, avec 
des mots adaptés au nouve u théâtre de la ehasse du dieu* les marécages 
de la Basse-Egypte : 




t: 


©® ^ v* 

« w 


* ; i ) - £ 5 = s 5 * ^ ~ » 2 = P K : ï i» ! ,î 


: î. »i, ' ... n ïï> v.h rn-mii l a '<n> -s* VI ■ v > * 

, 4 ) Les deux autres exemples d’ntctpif'du chant de la barque d Horus ( Edf VI; 6g, îo et 217, 
7) débutent par le mot dp-l. Il est préférable de rattacher à» [p*wu>], en le lisant ^ iry, le 
petit fragment de signe qui précède dp 4 , dans notre présent texte, try complète donc la phrase 
précédente (cf. p. 748, note 6 ). • 1 

m Edfou, Y I, 7 3 , 4 à 7 4 , 3 . 

< 3 4 > Edfou, VI, 75,7-9. 

<‘> Edfou, Y I, 75, 1 1-12. Ici encore, ;«•»/= faute pour : \m n-k; n)p-nf=* faute pour : mp-n-k. 

Bibl. d’ Étude, t. XX, »' fasc. 9 5 


+*•{ 750 )**— 


ajT^iV'-një/i”Aüte4T i f[î*]S”[rs:]s:T 


ÿ-ahmu-'Ç-ï'-vx- 

Saisis l’arme à la face de faucon M : c’est ( celle d’)Horus quand il triomphe, 
celle d’Onouris quand il vient en aide! Tes serres, c’est la lame qui \va chercher (?)] 
le (fomon-)A éé dam le gosier du seigrmr-de -£.;.(?)] Que de fais tu transperces 
ce qu’ont saisi tes serres, ( que de fois ) ton javelot est garni en ta main! Le Nil t’ap- 
provisionne dès le matin (sdf] n-k Hpy tp dvvjw), tes traits (Sr-w-t) sont ceux 
du n i a i ire -d e- la -cataracte l 3 4 5 * * * 9 L La satiété de ton gosier t’est donnée {disent les fils 
des artisans) par Ptah W : nous te V offrons W. Salut à toi, Horus! disent les chas- 
seurs. Vois : tu es un cormoran plongeur (hbs hrp) (®) qui fouille {à coups de bec) 
une eau poissonneuse ! Vois : tu es un ichneumon (hîtrw) sûr de ses griffes, qui rafle 
ce qui est tombé sous sa patte (tj-n-f hr m-'-f)! Vois : tu es un lévrier de chasse 
(Ism n nw) W, qui fend une gorge grasse (t;s hpn nhb-t), pour [dévo]rer la chair ! 
Vois : tu es un gamin fort au bâton de jet, qui a abattu plus grand que lui! (®). 
Vois : tu es un lion farouche aux aguets sur la rive, couché sur le corps (de sa proie ) ! W 


‘t'fhdf, rrrh * * )\ 


(1) Cf. le nom du harpon divin p\ sgmh (àlliot, Le culte d'Horus, I, p, 3 s 4 ) : (Horus-)faucon 
au puissant visage (ffr sTbn-Sf). 

(a) c n w^h [rfro-f]p[w] s[fy]n dss imttw hh n nh -[ kn (^ t )]* Restitution due à Drioton (Le texte dra- 
matique d'Edfou, p. 64 , notes o-c). Le seigneur de la violence est dans ce cas Seth -crocodile (et non 
hippopotame). Allusion probable à quelque détail de récit légendaire. 

^ nb kbhw , lé dieu Khnoum d’Eiéphantine, qui est aussi le Nil Hâpy. 

(4) rdlt(w) n k éî t n i hhk (Ln ms-vo hmw tv) in PtL C’est Ptah qui, par les mains de ses ou- 
vriers forgerai#, crée les harpons dont se sert Ho*«s (tui-mênre patron des jcjias&eurs) pottr 
abattre son gibier, sa nourriture. 

(5) ms-n n k s(y). Paroles qui traduisent la fierté des auteurs de l’armement du dieu, 

^ Voir Wb., III, 267, 1 ,Cf. plus haut : Edfou , VI, 67, 5 -d. C’est un autre nom du cormoran 
('*) : .« le piocheur». Autre exemple de ce nom : Edf IV, 1 99, 6. Le participé hrp est pis dans 
un emploi unique. 

<7) Cf. Edfou, VI, 85 , 8 ( à corriger sur Edfou, pl. phot. 5 1.1, col. i 5 ), et 218, 1. Littérale- 
ment : tsm n nw = un lévrier de chasseur. 

(S) mk ivo m nd\s\ kn hr krnlf, hdb-n-f wr r-f. 

(9) rd’t-n-f hl-t hrf. Littéralement : qui a mis un cadavre sous lui. 


■ •< » ( 751 )**-— 

Vois : tu es une flamme au foyer caché, qui se ranime sur un tertre de broussailles W ! — 
Griffpej Horus, grippe ( 2 ) . 

Cette fois,, les images de la chasse aux marais animent, presqu’à elles 
seules, la composition poétique mise dans la bouche du prêtre. L’adaptation 
du rituel au récit mythologique ne peut être plus frappante qu’ici. Le 
compositeur du couplei semble avoir voulu calquer l’un des textes sur 
l’autre, pour rendre l’éloge divin plus précis et l’aide apportée plus 
efficace. Tandis que les harpemmurs du dieu parcourent l’ouest du delta et 
le nettoient de tous les monstres de Seth, d’officiant assimile Horus aux 
divinités les mieux adaptées à cette chasse. Sous l’apparence de Sekhet et 
de Hâpy, patrons des fourrés de papyrus; sous l’aspect des animaux chas- 
seurs les plus redoutables aux bêtes du marécage, Horus va mener une battue 
plus fructueuse encore ; aucun hippopotame, aucun crocodile n’échappera 
à son harpon. 

Et le génie du' huitième épieu paraît enfin pour annoncer : 

sE Æ. J 1 3! JLÎ 2 ZI ♦ m ^ J a? 3 V S=i 

Je force au calme l’assaillant autour du (temph^de)-la-loge-du-Ftmcon ; je détourne 
('n*i) le [mal] (loin) de lui, en (la forme du) (cynocéphale-)’ x\ ! ( 3 L 


V. C’est alors la dernière partie du cérémonial des dix harpons qui débute. 
La fin des combats du dieu est proche, et son triomphe définitif imminent. 
Il lui reste à purger d’ennemis la partie orientale du delta, celle qui touche 
aux territoires des asiatiques, suppôts de Seth. Puis il regagnera les marches 
méridionales de son empire, Içs nettoiera une fois encore, et s’installera sur 
son trône d’Edfou en roi, sans rival dans toute l’Egypte. 




— ' î « — n — 

W mk Iw m ( n^t stî't hry4, *nh'é m tld k(l)k(î). 

& Edfou, VI, 7&, 4-i 1 . 

(3) Le jeu de mots n’est pas littéralement traduisible. Cf. Edfou, VI, 76, 1-2. 


9 5 . 


- - • «• *( 752 - 

p.;.r^;siî(fi,r!fj:i>rn“=\ , f 

W '\ * — VU r » i . 1 ^ V' I J Ç 

“ I • 35 — ' ^ ^ * « S .1 ! S 2U & ■f v rs ï X ‘î 1 1 X S 

M sa j=! : W i îlT; ■ S T ® s Si V ri ÜJ Zi !k + X î îîî — 1 K 'JJ U| & 
H a .. ,=Æ|ÿ{( x *.= 5 ‘ 23 ,' 2 “ 11 X§» 


„„•/,“ HomsiEdfm , «or ça, ces cmmfi, * on, /„« mile „„ f M „ 

?i ” f Pb) “Tf 5 C Iwnw ?«*»). * »»<>« «life vm l’est jmqu’iSilé 
(T.rw), leurs marau du nord (pbwwin) ! », Horus d’Edfou dit (alors) ; «ta, 

ce que lu ordonne, se fera, i Ri naître des dieux, (car) tu es le maître de l’ordre. 
On poussa (donc) la barque de Ri, et l’on fi voile vers l’est, Alors (h dieu) aperçut 
s ennemis : parmi eux les uns étaient vautrés sur le lai. et les autres étaient couchés 
mr les collines U Or donc Horus mfou-se changea en un lion i face d’homme 
1 ,r " P '•), couronné de la triple (comnm-jhmhm ; et Iles griffa de) sa 

— ^r"’"W »"» ^ .M ± fHWM «|\ f î- Il 


JlfeJ im t: A ym ’ ^ y l r 4W W - Le V6rbe ¥ n ’ a P as ici son sens ordinaire de • être 

: r i,^ 

collines ou : ks dunes (#«,„); les autres se sont placés à l’ouest, au bord duTac^MenTleh Ce 

681 ouf d T ^ Gardiner ’ aU Teü Abu Seifeh (<*• <W, D. G VÎ 67- 

à ifilÎ ?" ^ ^ ^ C6ile dC 18 même * lfe > P- Griffith, 

blement * «W de 1' ’ § ' ° “ ®“ effet qU6 ® branchc pélusi?»que du Nil passait proha- 

blement, c est de » qu on pouvait continuer à naviguer, en entrant dans le lac Menzaleh. Le 

rme e ym s appliquait, comme le mot bahr actuel, au Nil lui-même (cf Edfou VI i35 61 
a la mer proprement dite, et aux grands lacs d’Egypte, comme eelrn du fl Y0 l auK Ïde à 

ZylZr ™L f™ ” * ^ }* ^ 68) - 16 kc Memaleb P ortait P^-ent le nom 

t éSeTLeutolll n , TZiTlr f '“i'" 4 ' P " k 

e r rr d'abord ,* ta, ta d.^^ 


patte étaient comme du silex (ds), Il s élança à leur poursuite (hr ti;-sn), et ramena 
là 2 captifs. Il les égorgea avec ses griffes, il leur tira {du corps ) les rognons et 
le sang sur le sable sec, et il en fit un repas pour ses compagnons t 1 ), tandis qu’il 
se trouvait sur la hauteur. 

Et Râ dit à Thot : « regarde ; Horus d’Edfou est comme un lion sur son flotteur W , 
{quand il est ) sur le dos des ennemis; et il fait goûter leurs reins I » Et Thot dit : 
« aussi appelkra+t-on ce lieu (tjit itiv) : Hnt-i'b-t M et Silé (T?ï»v|)> à partir d’au- 
jourd’hui; et l’on apportera {en présent aux dieux ) des rognons {venant} dû nuirais 
de Silé, désormais. On appellera Horus d ’Edfou-maîfcpe-du-flotteur k dieu ( qui 
réside lajq désormais té. 

Alors Râ dit à Horus d’Edfou : « mettons donc à la voile {hntyfi jusqu’ au lac 
M ( 5 ), et poussons donc les ennemis, crocodiles ou hippopotames, hors d’Egypte ! y>, 
Horus d’Edfou répondit : « à ton souhait (k;-k) Râ, maître, des dieux!», et 
l’on mit à la voile (hnty) M contre tout ce qui restait des ennemis sur le lac (ymr) ( 8 J. 
C’est alors que Thot récita les charmes pour protéger la barque (de Râ) et les 


01 ir-n-jf ih-t îm-mi n imi-u’Aà-f. C’eit exactement la même expression et le même sens, en : 
Edfou, VI, 34 g, 3 et 7 (cf. plus haut, 1" partie) : r ir ih-t n wndvo t-f; r ir ih-t n nb ntr-w. 

*** C’est ici le troisième exenîplafdu terme min = flotteur pour U chasse au harpon, qt bour- 
riche à gibier. La description est celle .de la statue d’Horus de Mésen, dans le temple de Silé. 

P ' Cf. Edfou, (Vf. 72, 2 (plus haut) : tlg-î dp-t m hftvw-k -■f> mange (littéralement *■ jêgo&te) 
les reins de tes ennemis. 

^ €’e£t-à~dire : le frm^ orimtaL 

(S) Cf. plus haut ï tw hr tm*$n r ym, et note. 

(<) Cf u Eéÿou, VI , 1 1 1 , 3 . Jci, Jet -k est l’abrégé de la locutiop familière : nkl'jt, déjà mi$e au début 
du fécil dans la bouche de Râ. Dans les deux exemples, une des divinités offre à l’atifre (comMé 
on présente l’offrande aux dieux dans les temples) les ennemis qui vont être massacrés au pro- 
chain combat. Cf. Wb V, 87, 12, etc. 


^ A partir du moment où le dieu et ses adversaires entrent dans le delta (k Héliopolis), le 
mot hd est abandonne, et le terme hnty le remplacé. Cependant, on se déplace encore en des- 
cendant le cours des branches du Nil. Tl faut donc donner à hnty, non pas son sens de remonter 
le courant, mais celui de naviguer à k voile. Or les deux faits ne sont liés l’Un à l’autre que dans 
la vallée du Nil de Haute-Egypte. Dans le delta, l’orientation des vents est souvent telle qu’on 
peut s’aider de la voile, même en descendant les canaux et bras du fleuve. Le verbe hnty, dans 
notre exemple, est pris au sens neutre impersonnel, sans pronom sujet. 

(&) hr sp Wy n sbi>wm ym. L’expression sp iry =- tout le reste est d ? un usage normal et correct 
à l’époque grecque. Comparer Faïrman, Myth of Horus, JEA XXI. p. 35 , n.' i : il ne s’agit ni du 
« tiers restant (des ennemis )», ni d’ttn passage altéré. 


< 754 )h 


esquifs des harponneurs, pour apaiser ia mer (ym) W en son heure de 
tempête. Et Râ dit à Thot : « n’ avons-nous pas traversé {in m ékd-n) toute la 
terre (tj) et traversé toute Veau (nwy)?W*. Et Thot dit : « on 'appellera (ees) 
eaux (mw) . i eau-de-la-tra versée (nwy n skd(w*t))( 3 ), à partir d’aujourd’hui». 

Ici se termine, au récit mythologique, tout ce qui concerne les combats 
d’Horus-le-vaülant-harponneur contre ses ennemis aquatiques. Désormais, il 
n’est plus d’hippopotames ou de crocodiles qui ne soient exterminés, depuis 
la Nubie jusqu’à la Méditerranée W . Le périple du dieu va s’achever ensuite 
comme il a commencé, par un anéantissement surnaturel : ce dernier mas- 
sacre, Horus l’opère sous sa forme céleste du disque-ailé, et sur des adver- 
saires d apparence humaine. C’est pourquoi le cérémonial du dixième harpon 
commémore la poursuite sur 1 ’eaunie-la-traversée, et non la victoire de S’J- 

hr-t W. Voici, pour mémoire, la fin du récit qui reste en dehors de l’action 
liturgique : 


= ° * x ? • 'V 'Tl - îtî Z — W : T ‘ S S S 5Ti IZ tu I „ 1 £ " 4 . 

yiT!ssvi,5f:üs=flftrtfl»*-ji=é\.s©ï:sî 

■*' >2. , Vf : -= JL ! H in ~ T f aj S as ! k S/ % I * 7% J£| Ils Qp J } JS 


(,) 11 ià d ’ un titre conservé parmi les livres sacrés d’Edfou, ym y garde son sens général, 
commun à toutes les grandes étendues d’eau. 

Le signe employé est un jeu d’écriture : »({) (adject, possessif)* tm (=» lie) = niw(y), nwy. 

^ L’ * abrégé du mythe d’Horus», au bandeau du mur ouest, donne la variante : le lac de 
la traversée (ym n skd(m-tj) cf. plus haut. De même, la liste du texte B (Edfou, VI, i34, 8 ) : 
cf. plus bas. ’ 

(4) r-drw mid-mr (cf; Edfou, VI, 5p, 4-5) : voir plus haut. 

w D’autant plus que, dans la liste du texte B, ym-n-skd(w-t) est cité à titre de bourg ou de 
lieu saint (ii-t), et non comme une simple étendue d’eau. Il y eut donc aussi une localité portant 
ce nom, probablement au bord du lac Menzaleh (peut-être la même que pi iwfy (cf. plus haut). 


+->*{ 755 )*H 1 — 






Et ils se mirent de nouveau à naviguer à la voile (ir*sn sp snnw hr hnty), jour 
et nuit (m grh hrw) sans apercevoir les ennemis. Alors ils arrivèrent en Nubie 
(Tj-stî),. (puis) à la ville (dmi) de S’a-hr-t ( 2 >. Et ( le dieu) aperçut ces ennemis 
dont les alliés, dans Tl-wlwj-t, avaient complété contre leur maître Or donc 
Horus d’Edfou se métamorphosa en disque-ailé ( c py) sur lu proue de la barque de 
Râ; il mit avec lui Nekhbet et Ouadjet, (sous forme ) des deux Uraeus qui font 
trembler les ennemis en leurs membres W ; et leurs cœurs défaillirent de la crainte 
(qu’)il (leur inspirait) : ils n(y) résistèrent pas, et moururent sur-le-champ. Alors 
dirent les dieux qui accompagnaient la barque de Ra-Haralchthes : « comme il 
est fort, celui qui s’est placé entre les deux Uraeus! Il abat les ennemis par sa (seule) 
crainte!». Et Râ-Harakhthès dit : « fortes sont les deux Uraeus! Qu’on appelle Horus 
d’Edfou le fort-aux-(deux-)Uraeus (wr-wld-ti), à partir de ce jour!». 


O) cf. Edfou, XIII, pl. phot. DXXX, au las 1 de la colonne 5. Ce que Chassinat a lu * doit être 
lu JJ. La phrase signifie littéralement : et ils firent une seconde fois en allant a la voile, de nuit (comme) 
de jour. La compréhension exacte de cette phrase est d’une grande importance pour la r*cons‘ 
titution de l’itinéraire du dieu. Le verbe hnty reprend son sens le plus courant, car il s’agit 
d’une traversée complète de l’Egypte en sens inverse, du nord au sud. m grh knv est sur , le 
second disque ne peut faire partie du subst. grh (cf. Edfou, pl. phot. 53 o, col. 5, dernier signe). 
L’expédition d’Horus ne gagne pas la mer Rouge, mais reprend le parcours fluvial en sens in- 
verse^ après avoir atteint la Méditerranée par le lac Menzaleh. De là, Sls-hr-t n’est pas à localiser 
sur la cête, mais dans Tl-sti et au bord du Nil, comme le récjt l’affirme. 

(>) Cf. Gaiiïi., D. G . , V , 107 . S’s-hr-t est probablement à identifier avec laSD’s des listes de 
Thoutmosis III (Gacth., ibid.,p. 1 1 1 ), et la Slîsdu temple deTaharqaàSanam=Contra-Napata. 
Cette dernière, située sur le Nil en amont de Sanam (Gàuth., ibid., p. 97 - 98 ), précise dans 
une certaine mesure la position de S’s-hr-t du mythe d Horus. 

( 3 ) ' 4 '-» gmh ir-nf nf sbi-w, sm,(iv)tî-w-sn (?) m Ti-wîwl-t hr w,w> r nb-sn. Le second signe 
de sm’(w)tt-w, placé dans une cassure de la pierre, était vraisemblablement douteux quand 
Naville l’a copié comme Il s’agit en réalité d’un m très mince. On peut alors identifier 
le mot avec le substantif pluriel attesté aux textes d’exécration (ç,3) du Moyen-Empire, et signalé 
au Wb. (m, 45 o, i 3 ) r II est dépourvu du signe sm’,_ (comparer smly y H*, Wb„ III, 45o, 
8 - 9 , et p ^ 5$, », Edfou, I, 553, 8 ), mais comporte le redoublement de l’m par la plume 
m’, (fc=phonét. ptolém. m). 
t‘> Cf. Edfou, VI, ii 4, 3-4. 


— ■+-*•( 756 

Et M-HarakKtJm navigua je» sa barété, et il aborda à Wts-Hr. Et Tfiot dit : 
«le (i dieu)-au-plumage-moueheté est sorti de l’horizon; il a assommé hs ennemis 
en cette forme qu’il a prise!». Et on l’appelle le (dieu^-pl«nàge-mducheté 
qui sort de 1 horizon, encore aujourd’hui. Râ-Harakhthès dit (alors) à Thot : 
« tuféras ée disque-ailè W eh 1 tous sanctuaires ou je me suis arrêté (sndm-nd im) 
dans les sanctuaires des dieux de ta Haute-Egypte et dans les samtukiies des dieux 
f a Basse ~Egypte ■ qu’lïl] soit prospère [au ciel, sur terre ] et aux enfers (wjs- 
[f m ^ m fi,] m hr-t-ntr), (car) it a abattu le conseil des méchants bin-t) 

sur tèur chemin (m rî-wM-én)!». Or donc , Thot fit cette image en tous lieux et 

partout ou ils sont (ht (y) sn ïm), là où sont tous dieux et ( toutes ) déesses, à partir 
de ce jour (*. * r 

11 restait aux oAîciants de la fête de la Victoire à célébrer le souvenir des 
deux derniers combats d’Horus contre les (ennemis)-' juî-sont-fians-ï eau. Le 

prêtre du m élevait donc ses mains, cette fois vers la barque qui flottait sur 
le lac sacré, et disait : 


uittowifiiri 

Louange à toi (Uw n k;-[k}), ô puissant harponneur (l’wti wr [phti)]) ,* Horus 
d’ Edfou-grand-dieu-du-cicl ! Gloire (sswjs) à. tes sacrificateurs (imnh-vv-k), à tes 
compagnons (sms-w-k) « tes messagers (de mort, ) (hby.w-jc), fl tes veiUews (ré>\v-k) 

• . ..... __ ’ * * 'IM I7U ’ll f 

AJurmV\ V» ,.Wi |t r 1 > . . A " ' a i r . . . T” - » * 

dré des 2 e“ œ Vl ’ 1?9 ’ ^ CXempie : écriture de P'J Par le disqué simple (sans ailes) enca- 

< > Edfou, Vf, »â7, 7 a lâg, îé. Ici prend fin le «récif» proprement dit du mythe d’tiorus 
e reste du texte Jtayé an tableau XII de Chassinat (fcf. Edfou, pl. pbot. 53 2 - 533 j, est manifeste- 
ment destine â compléter sa décoration. Il commente les principaux 1 feymbolesr d’Hôrûs d’Edfou 
représentes sur le tableau : disque solaire ailé, inscription double de la titulaire du dieu ; 
Horus d Edfou-grand-dieu-du-ciel comme Etoile du matin, et comme Etoile du soir; Horus 
a Mtou-scarabee-ailé, et sa protection spéciale sur la personne du roi d’Egypte, 


— **»( 757 )* «» ■ — 

qui veillent sur ton [sanctuaire] (rs r s[hm]-k) ! W Louange à ta barque (de 
combat ), à ta mère et nourrice (mw-t-k ’ty*t-k), qui t’a allaité sur ses cuisses (jt 
nfrw-k hr mn-ti>s) ! 1*1. Honneur à ton fer et ta hampe, à tes cordes, a ces tiennes 
armes qui ont abattu tes ennemis! Que ta Majesté en fasse protection autour de ton 
temple; (puisses-)tu (kl-k) (par elles} préserver (swdî) Mésen, à jamais! 

Puis il prenait le harpon sacré et en appuyait la pointe contre les cuisses 
de l’hippopotame, image de Seth : 

^ m — 

: t**H**\ J A 

Neuvième harpon, reste planté en ses cuisses ! W . 


Alors Thot, le çérémoniaire, psalmodiait paroles du neuvième épieu; 
puis Isis prenait à sa suite, à partir de : $ est-il souvenu de toi : 

jr* w «ft 5 V. ?; 'V P . ! ~ L 1 1 a V tf. - V! T rS \ Z 1 J 


Plante ton harpon en lui, Horus! Sois terrible (hs;-hr), vaillant fils du maître 
de l’univers J (Demain) matin (bd tl) on verra tes exploits (ptr bil-w-k), comme 
(ceux) d’Haroéris, sur la rive (br i^m-t) ( 5) ! Est-ce donc un frère, celui qui hait son 
frère plus âgé que lui (in irf sn, msd sn-f vvr r>f)? Qui peut l aimer (nm mr-n*f 


(>) Cette énumération est précieuse : elle montre la transposition des compagnons d’Horus 
du récit mythologique en divinités guerrières, maîtresses du sacrifice, pendant les rites de la 
fête. Cf. plus haut (Edfou, VI, 9,6) hn> n imuk-w m-kt-f. 

(») Ces paroles soulignent la présence de la statuette d’Isis à côté de celle d’Horus au harpon, 
sur la barque du lac. hr mn-ti-è= sur ses cuisses (la nourrice égyptienne allaite agenouillée, et 
non assise : cf. le déterminatif de itg-t et du verbe sd). 

p> Edfou, m, 7&y 8-11.' 

« Edfou, VI, 77, 11. Les paroles du rot n’otit pas été inscrites, pour le neuvième harpon 
(cf. Edfou, pl. pbot. 5 06p. 

P) Il s’agit d’Horus-fils-d’Osiris (le nb-r-dr), qui va égaler les exploits d’Horus d’Edfou- 
Haroéris contre Seth. 


Y vx* n 758 H*— 

tL::^ ^ k -* a «— « : * « „w ^ fc ^ 

k ■•“*). (« ^ w«lt }l:z v z fe «* 

(deux) a son tour! C’est KhenlMm qui nous «LT ^ "**' chacm 

nms 7n °ntra la route ®! ^ * m< ^ gouvernail ', c'est Gueb qui 

,^'lZr M ' k rrfrain > *W», Home, griffe, * le . . . 

Je serre mes bras autour de ta Maint ’ ■ ' 

*“**' reste fivé en ses jarrets®. 

Et le cérémonial reprenait la parole C’U •* 

U C œur des harponneurS. A eux pour le f i ’ Cette fois > comme chef 

— — t ^ d ",r/ *■ * 

’ ^ ‘ O ‘l' ^1» v-j 


" r S ^f w e divi »« K plus haut). 

“ “ “ "* rf “ -H. 

”TLt: r^ 

™ üjK «TT “”” émowio " d " “"*»■> «X ,rX' i“i' bfc "'“‘ *** 

,5i Ed M, VI, 7 8, 4. 


— *-*•( 759 )« <** •- 


revenait l’honneur de danser sur un rythme initial, qui revient ensuite en 
leit-motiv de la fête, ce chant de guerre contre les ennemis aquatiques : 


* A * 4 . — I / _ 

jK i i i Pi * f* ■] \va ® 


A w \\ A © w 


üiHiï 


v_.rrîr.^ v ** . . . k 


I 1 I +*— A w 


|-^«A4|. - x 1 | - -*■ 

x t ? < *m>- jj i i i .•■••» yrç i i i ! A * i V 9 mi * # A I i nfli i Je 

TM*I” -T^Tv- 


Allons (-y) : faites\-nous] virevolter et virevolter là-dessus (bis) ! , disent les 
(fils des ) harponneurs O. Ce que vous avez pris, tenez(-le ) bon, vous tous (ndr-tn 
mh-tn, n; nb-w)! C’est dur, ce que vous avez pillé, vous tous : (c’est) de la 
viande d’hippopotame (nht wjy-tn, n; nb-w : h'w db) ! Abreuvez-vous du sang 
[i de ] vos ennemis, au (fond de) leurs marais (b'b'-tn m snf [n] ébi(-w)-tn, m 
phw-w(-t)-sn) W ! Affilez vos couteaux, [aiguisez) vos dagues, et distribuez vos 
armes en lui (spd-tn dé-tn, [dm-]tn dm-t-tn, hn-tn dbj-w-tn îm-f [= db]) ! 
— Vous êtes une portée de lionceaux à l’intérieur d’un fourré d’embuscade (n(t)tn 
h-t n-t m’î-w m-hnw n bî-t îmn(-t)) ( 3 >, vous êtes une ventrée de laie, dont 
l’abomination sont les buses (n(t)tn h-t n-t rr-t, bw-t-én pw tiw-w) ®, vous êtes 
une couvée de martinets -f bb qui passent (en flèches) sur une rive , en s’amusant 
à la raser ,(n(t)tn h-t n[-t] 'bb-w shs hr wdb-t, ib-sn mh m c py-s) (6) ! Et une 
dernière fois éclatait le cri du combat : grippe, Horus, grippe. 


■ ' — — r — * — 

mi n, di’ln tr[*n p]n c n c , pnV r-f (sp snw ), In ms-w ménw-w. cf. Drioton, op . rit,, p. 4 i- 42 . 

(S) Cf. Edfou, VI, 74, 2 ; Edfou, VI, 127, 8. L’allusion topographique est encore là très 
claire, et la correspondance du mythe et du cérémonial très visible. Il y a même, très probable- 
ment, une harmonie symbolique recherchée entre l’ordre des parties du corps de l’hippopo- 
tame frappées successivement par le karpon du prêtre, et celui des parties de l’Egypte nettoyées 
d’ennemis l’une après l’autre, dans le récit. Horus frappe d’abord à la tête (dhn-t) la bête de 
Seth, comme il a frappé d’abord ses ennemis en la tête (dhn-t) de l’Egypte (combat d’Edfou, 
la pointe sud du pays). Puis il frappe d’avant en arrière le corps de l’animal, tandis qu’il s’en- 
fonce du sud vers le nord du pays. Quand il touche à l’arrière-train (phwy ), c’est pour commé- 
morer ses victoires dans l’arrière-pays (phww) du delta. Dans notre texte ^ 5 T (dans m phmo{-t) 
-én) est équivalent à Cf. Wb., I, 538 , 5 et 12. 

C’est un des surnoms des marais du delta : le fourré qui cache. 

(4) h-t, trois fois répété, désigne des bandes de jeunes animaux. Ce sont les jeunes sangliers, 
déjà chasseurs, qui détestent les oiseaux de proie, leurs rivaux. 

' 5) La traduction d'Edf VI, 77, 9-10 est due à Drioton (op, rit., p. 43 )* Le nom des oiseaux 


■■ ■ •» »♦( 760 )<♦— 

Une dernière fois, le génie du dixième harpon s’écriait t 

Je Ws (ihb.i) le sang de qui voudrait abattre ton sanctuaire, je taille en pièces 
ta chair de qui cherche à mkr ta demeure! Je te donne la vaillance (kn-f-nht) de ma 
bras et la puissance de ma Majesté contre tes ennemis /(«. 


Tel se déroulait au bord du lac sacré le cérémonial des dix harpons du dieu 
au rythme du récit des victoires qui lui donne sa liaison profonde. Grâce’ 
a ce »! conducteur le rite pouvait, sans rompre son enchaînement, se com- 
poser d éléments en apparence très disparates. Les uns sont des incantations 
psalmodiées par l’un des deux coryphées : Thot et Isis. Ces incantations 
s articulent directement sur les attitudes du premier officiant, qui agit au 
nom du roi et d’Horus lui-même : c’est la manipulation des harpons 
drnns qui fournit sa base matérielle à la première suite liturgique de la 
ee de Mechir. Les incantations opèrent comme les actes mêmes. Elles 
aident à renouveler de façon permanente, éternelle, le triomphe d’Horus 

Les autres éléments du rite sont : .• des louanges, psalmodiées par les mêmes 
acteurs de premier plan; »• des chants damés, exécutés sous la direction des 
coryphées, tantôt par le groupe des hommes, tantôt par celui des femmes. Les 
îarponneurs munis de leurs armes miment tous ensemble les motifs de 
eur chant. Les femmes s’accompagnent et accompagnent les gestes des 
hommes avec le tambourin, peut-être avec le sistre. La variété des titres 
de ces hymnes laisse deviner la richesse de la littérature conservée aux biblio- 
thèques du sanctuaire 0). Les chants étaient probablement soutenus par 


Il t.js | | h , r y 

•IlIJI ,1 >11 . ' 


-%ll rlju -, t} 




P ^ : St ^ SUF 16 VerbC V — 1 q«i désigne leur vol- planant, 

pproc « e,H 1M py(-w) {Edf., I, 180, 7}, dont le détermina^ corrigé à tort au Wb 

**•**>• >■ *»**>. *. ^ n« ««j rir, 

TZ VT 6 '» 6 ma gC VOi ^ martinetS <° U d 'hirondelles) au bord de l’eau. 

üajou, VI, 70, 7-9. 

^ Rien de ces recueils 


sur papyrus ne nous est parvenu, jusqu’ici'. 


— «.( 761 )**— 

d’autres instruments de musique que les tambourins et les sistres. Ces ins- 
truments sont attestés pour d’autres fêtes; de plus, le cérémonial de Méchir 
se déroulait tout entier hors du temple, et en un même lieu : c’est le modèle 
des offices solennels où chant, danse et musique jouaient un rôle prépondérant. 
3° Un troisième et dernier élément, les acclamations rituelles, stéréotypées, 
revenaient à intervalles égaux pour ponctuer les phases du cérémonial. 


Bibl. d' Etude, t. XX, a* fasc. 


9 6 



CHAPITRE IV 


DEUXIÈME PARTIE DE LA FÊTE DE LA VICTOIRE : 

HALTE DE L’ACTION LITURGIQUE 
ÉPISODE INTERMÉDIAIRE DANSÉ ET CHANTÉ 

La séquence initiale une fois menée à son terme, la cérémonie passe par 
un stade de transition. L’action apparaît comme suspendue, avant de 
reprendre, prépondérante, avec le sacrifice qui va suivre. Cependant le lieu 
où se déroule le drame est toujours occupé par les mêmes protagonistes, 
au complet. Les chants et danses tiennent le premier rôle, et cela dans un 
double développement opposé. D’un côté, la lutte du dieu pour la victoire est 
résumée, amplifiée. L’attention se porte sur ses plus efficaces soutiens : les 
harponneurs, ses compagnons de combat, et Isis, sa grande protectrice. 
De l’autre côté, le triomphe est célébré : le dieu règne; il a anéanti ses adver- 
saires. Le coryphée est encore la prêtresse smy-t, dans le rôle de la «reine 
d’Egypte». Les exécutantes du chant de victoire sont les « femmes de Bousiris 
et de Bouto », c’est-à-dire le chœur des chanteuses. Ainsi, au tournant de 
la cérémonie, les deux faces du drame confrontées se succèdent, symétriques. 

I. Sur scène est donc d’abord la lutte : c’est le dernier combat du mythe, 
celui du lac au nord de Silé, qui va donner la victoire définitive. Pour ce 
choc naval, les harponneurs accourent sur leurs barques de guerre ; Isis rend 
invulnérable celle qui porte le dieu. Le prêtre du roi pointe son épieu vers 
l’Ennemi. Les chanteurs d’Horus sont groupés derrière lui. En face d’eux 
flotte l’esquif du bas-relief, que la procession déposa sur l’eau du lac. On 
y voit le dieu frapper du harpon, et sa mère paralyser 1 adversaire. Aux cotés 

96. 


K ™4 )m 


du roi, le cérémoniaire et la smfi-t sont debout. Voici la présentation des com- 
pagnons de guerre : 

» A J ~ ~ & f î §3Mi Xi JL~ T f (Si * ^rss = ~j Z î .fc 


9 A**~**i 
. X 


visazH® 

Ce sont les fils-royaux, l’équipage d’Horus, les harponneurs du maître de Msn(-t) 
ks vaillants porte-épieux (iiwti-w kn-w) d’Horus d’Edfou, qui exterminent sous 
leurs coups tous ses adversaires (wd r s'rk m hftf.wf nb), puissants champions 
qui ferrent ( leurs proies) (ndr tnr n nht) ! Leurs dards touchent (la cible), perçant 
les eaux profondes (dr kbb-t) M ; leurs harpons brillent aux trousses des bêtes de 
proie (wîy-w), leurs crocs s’enfoncent (mh) en leur chair, et leurs bras sont forts 
quand ils traînent ( vers eux) W les ennemis l Qu’ils regagnent (spr*\*r>= spr-sn) 
Mésen, en joie et liesse M ! 


Les harponneurs entamaient alors un chant mimé; ils en scandaient peut- 
être Ip rythme par le choc des armes qu’ils portaient M : 


Allons, courons vers le lac d’Horus, pour y voir le Faucon en sa barque, pour y 


liî 


(1) kbb-t désigne t’eau froide qu’on trouve en creusant le sol et, ici, en atteignant la profon- 
aèur du fleuve. 

<*» ith semble avoir plusieurs fois, aux textes du mythe d’Horus, le sens technique de : ramener 
(« sot la proie harponnée); il est alors l’opposé de *n = laisser filer (la corde), quand la proie 
harponnée tente de s’enfuir. 

(3} Edfou, VI, 79, i -4 . 

(4) Cf. Edjou, pl. phot. 507 : les deux harponneurs, armés du harpon et du glaive, y sont 
représentés selon le motif, conventionnel dans les ateliers de dessin, de l’homme qui marche à 
larges enjambées. Les dessinateurs, sur les parois des temples d’époque ptolémaïque, traduisent 
par cette attitude tous les mouvements rapides du corps humain. Cf., par exemple, les scènes de 
fermeture des filets de chasse : les dieux semblent marcher, au lieu de se laisser tomber en arrière 

comme aux scènes identiques des tombes de l’Ancien-Empire (Edfou, pl. phot. 4 9 a, et 585 - 
586 ), 


voir le fils d’Isis dans son esquif (de guerre), comme Râ dans la barque-dur-matinl 
Son épieu est ferme en son poing, comme celui d’ Horus-au-bras-puissant (tml- ) W ! 

Il darde, il tire (la corde), il capture l’hippopotame, il égorge le Taureau-du-marais® ! 
Réjouissez-vous, vous qui êtes dans la ville-de-la-revanche (Db l) ! 

Alors, à ce chant de combat, répondaient les voix hautes des femmes. Elles 
entonnaient le chœur : 

Il y a une plainte, une plainte dans Khargeh, (etc.)... t3) . Puis le chant et la 
danse faisaient halte; la voix du cérémoniaire s’élevait en face de la barque 
divine : 

Prends ton harnais (ndr dml-t-k) M, et embarque hardiment (h; mn) ( 5 U Tes 
ornements sont ceux de Hedjholpé ; ton filet est (celui) de Min ( 6 > ; Hathor-dame-de- 
V ivresse (nb-t th) a filé pour toi, a tissé pour toi! On t’a préparé un repas 
d’épaules : W tu vas l’avaler, les yeux aux aguets! 

Enfin deux cantiques réunissaient, semble-t-il, tous les exécutants. Leurs 
deux titres reparaîtront une seconde fois, en cette même phase des cérémonies. 

— ■ * — — ' 

(«» C’est Horus d'Edfou-fih-de-Râ, maître du temple d’Edfou. 

<*> Çf. plus haut. 

<’> Edfou, VI, 79, 5-7. Cf. Edfou, VI, 67, 1 ; 69, 10 ; 86, i 3 . Voir plus bas. 

(*) c’est l’équipement du chasseur au harpon, lui permettant de porter, attachées a lui, ses 
armes avec leurs accessoires. Cf. Blac kman-Faihman - , JEA, 3 o, p. 17 note 37 . dm, 

< 5 > Cf. Wb., II, 473 , 4 . 

(•) Cf. Edfou, VI, 64 , 4 : ’h-k n Mnw. , 

< 7 > ir-tvo n-k 'km m hps-m. La pièce d’honneur hps est l’offrande par excellence a Horus-fils- 

d’ïsis , vainqueur de Seth. Cf. le rite de la patte de devant droite de h victime, au cours de U fête 

de la Réunion (plus haut, 4 ® partie). x 

m Ed f 0Uf VI, 79, 8-9 : i'm-k é(w) = t km- M épd-hr, littéralement : en (homme) prêt quant 

aux yeux (hr a ce sens, comme (lat.) vultus). 


i* 


Bibl. d' Étude, t. XX, a® fasc. 


97 


-—*»*( 766 ) ** — 

de k feTTt 7 ri “’ 7 Γ' S dé *”»‘ «- P-olee de 7ïo(; au coure 
e la seconde, ils s encadrent dans celles d7 sis : 

nr n Hrl [ P ^ f“ '' mU P mu H « ™*> (rtr.w[n]p.t hr (dd) • 

. ) . entendez-vous les grognements (dni-wt) de Néhés ? (etc.)... 

— ï'-'Vfe-, 

( „uj!" bm ’ H ° rm ,.^ n !w ' f r ) ! *> M P"* devant tes hZ de l'eau 
( (,) imi-w-mw) ! N me pas peur des Utes de l'onde (m sud n imi-w-n-t) I 

" l m - ’ d ‘ "V l/ " r (rn s'dm, snndi.f „.k) ! (elc.)..J‘h ~ ’ 

Et loue ajoutaient, comme aux étapes précédentes : grippe, Home, grippe h). 

Le premier rôle passe alors de T ko, à /sis, du eérémoniaire k la lm’u-1 Pour 
un long temps, c’est elle qui mène l’office tout entier en sa oualûé de 
sont, magunenne. Elle apporte les ressources de son pouvoir au comîTt 
que soutient Sou (ils. Elle entreprend d’abord d’enchanter la baruue uffi 
porte leurs deux images. Elle la rend invulnérable aux coups de l’adversaire 


1’ v i tium\ • r 

(I) Cf - Ed f ou > VI, 8 1, i- 3 . — m Edfou, VI, 79, o-i t . 



Prends ta barque de combat, Horus, mon fils aimé (si *i Hr mr(-i)) : je .suis la 
nourrice (nwi i ty-t) qui allaita Horus sur l’eau cachée I®. ( Cette barque)®, sa 
quille est (de couleur) sombre®, c’est du cèdre (mrw) : il n’y a (rien) à craindre, du 
démarrage à l’amarrage ® ! Le bon gouvernail vire sur son verrou®, comme Horus sur 
les genoux ( 6 ) de sa mère Isisl Les (deux) poteaux sont fixés sur la fourche de poupe®, 


(1) hr mw imn : l’eau que dissimule le fourré de papyrus, au centre des marais de Chemmis, 
où Isis mit au monde et allaita Horus. 

(a) Depuis Navilie, qui signale déjà l’intérêt particulier du morceau qui va suivre (cf. Mythe 
cT Horus, ifttrod,, p. 11-12 [pl. VII]), le texte a été traduit par Lefébure (Rites égyptiens, p. ey 5 - 
96), et étudié dans son vocabulaire technique : i° par Brugsch, pour son Worterbuch (Supplé- 
ment, à l’ordre alphabétique des mots : cf. surtout p. 35 o- 352 , et p. &$ 5 ); a 0 par Jéquier 
(Essai sur la nomenclature des parties de bateaux ; BIFAO, IX {191 i] y p. 3 ^- 8 2 )* Ce der- 
nier rapproche quatre listes de mots : les deux premières, trouvées sur des sarcophages du 
Moyen-Empire (surtout Éléphantine et Meir) ; la troisième, au chapitre 99 du livre des morts ; 
la quatrième, tirée du texte de la fête de la Victoire, que nous traduisons et replaçons ici dans 
son cadre rituel (contrairement à ce qu’en dit Jéquier, les mots en sont pour une grande part 
différents de ceux des autres listes). Cf. aussi Monte t, Scènes de la vie privée, p. 33 1 - 346 . Grapow 
dans : Religiose Urkunden, Ubersetzung, p. 70-76, transcrit, mais ne traduit pas les termes de 
la liste du chapitre 99 du livre des morts . 

(3J shr-é kk. Cf. Wb., IV, 270* 1 2-1 3 . Sfar désigne la pièce de bois de dessous (hr), d’une seule 
pièce (et non assemblée : mdh ). C’est une sole , une quille, un fond (de cercueil : Mar . Dend>, IV, 
36 , 42 ). 

< 1 * * 4) 5 n wn snd m rk r mni-t. Le verbe rk (Wb., II, 456 , 9), assez rare en égyptien (cf. Belegst 
II, 456 , 9, 10), n’est pas signalé dans le sens matériel qu’il a conservé ici. Brugsch (Wb., 
p. 874, et Suppl., p. 738 ) donne une physionomie plus complète du mot, et signale le déterminatif 
qu’il possède ici. 

(5) hmw nfr wdb hr klr-Us. Klr-t se dit au propre d’une serrure de porte, de forme com- 
parable à l’encastrement que traverse la tige du gouvernail. c hÏ 4 , comme dans la phrase 
précédente. 

{6) mn 4 t. Littéralement : les cuisses. Le déterminatif montre que l’image s’applique à la 
personne d’Isis assise, allaitant Horus-l’enfant sur ses genoux. 

W iw h‘*w( 2 ) mn hr misty . Ni l ? un, ni l’autre des deux termes ne se retrouve aux listes plus 
anciennes (cf. Jéquier, op . citi, p. 79-82 ; il laisse leur sens dans l’incertitude : p. 63 - 64 , 
n° 21). Brugsch alu le premier : hw (Wb., Suppl., p. 787), sans en préciser le sens. Lefébure 
traduit par ; « mât», à tort. Il n’y a pas d’autre critérium que le contexte (le terme est un dùr «£). 
Les seules pièces de bois qui se dressent au-dessus du pont sur une barque 7 il 4 comme 
celle d’Horus (cf. Edfou, pl. phot. 5 08), en dehors du mât et de tous ses accessoires (auxquels 
on arrive aussitôt après) , sont les deux pieux verticaux qui règlent la course transversale de la 
rame-gouvernail. On distingue leur ensemble, relié par des cordes ou des entretoises, gravé en 
très petites dimensions sous le talon gauche du dieu. Il existe un subst. h'w (Wb., III, 39, 1 5 ), 


97 * 


comme un vizir au palais ! Le mât est ferme sur Vemplanture W, comme Horus 
quand il gouvernait ce pays ! La belle voile est d 9 un ton brisant, comme la 
grande Nout grosse de divinités W ! ( Quant aux) deux « porteuses »M, lune est 
Is%s, l autre Nephthys / chacune d elles tient sa partie W sur les vergues, comme des 
frères de même mère qui jouent aux balles M. Les anneaux (de cuir ) sont fixés sur 
les plats-bords, comme des décorations de princes M / Les avirons frappent sur ses 
flancs, comme (font) des champions qui engagent la joute W / Les couples sont de 


avec le sens de « bâton», « pieu», qui peut correspondre au terme écrit ici hw. Quant à mlsty, 
si 1 on adopte cette hypothèse, le mot désigne nécessairement la partie de la barque sur laquelle 
reposent les bases des pieux. Cf. les pieux de gouvernail, très soigneusement gravés, des navires 
de mer de l’expédition d’Hatchepsout au pays de Pwnt : N avilie, Deir-eLBahari, III, pi. 72, 
73 (et pl. phot. VII de l’introduction)^ 74, 7 5 ; cf. aussi ceux de barques plus légères, sur le 
Nil : IV, pl. 88 à 91. 

(l) iw ht-tjw mn hr htt 4 . Le terme htt 4 (cf. Jéqwer, op . cit., p. 64 , n° 22), l’« épaulement», 
désigne la partie de la carlingue où le mât vient s’implanter. 

(f) ht in ) pf nfr , psd-xwn , mi Nw 4 wr 4 bkl4t m ntr>w. 

( 1) m 4 (t). Il s agit d un double râtelier à manœuvres, fait de deux branches symé- 

triques fixées de part et d’autre du mât, à hauteur d’homme (cf. Edfou, pl. phot. 5 o 8 ï les deux 
extrémités en sont sculptées en forme de tête d’oiseau d’eau, à col replié). Ce râtelier servait 
a regler la tension des drisses et balancines pour la voile et les vergues (sauf les écoutes). 
Ces cordages forment un réseau à larges mailles, très visible sur la planche phot. 5 08. Le subèt. 
fly-t peut être l’abréviation de fly 4 -htlw ■= (la pièce qui sert) à lever, à «porter» la voile. Cf. 
une opinion différente soutenue par Jéquier (op, cit,, p. 70-71 [n° 1 33 ]). 

(4) s-nb im-sn mh m irlsn hr sgrg-w. L’expression s-ni a perdu sa valeur masculine : elle a 
comme antécédent fly-t (fém.). 

w mi m-w n mwt wt, hr ir m hm(f)-w. A Drioton revient le mérite d’avoir trouvé la lecture 
exacte du groupe ZZZ : et non : km-wt. Il n’y a pas d’écritures volontairement crypto- 

graphiques dans tout le texte avoisinant : il est préférable de penser à une erreur du transcrip- 
teur ancien, du hiératique aux hiéroglyphes. L’original portait probablement qoo* Cf - 
Drioton, Le texte dramatique d'Edfou, p. 37, 1. 7, 12, et note c). 

w ' w mn fy&'lwmi hkr-w n mé'W-nsw 4 . Le moi s' l (Wb., IY , t) est bien connu depuis 

1 Ancien-Empire (cf. Montet, op, cit., p. 34 1). Il désigne la pièce qui termine le bordage d’une 
barque. Le sens de hs, (Wb,, III, 332, i 5 ) est clair lui aussi: il s’agit d’anneaux de cuir, les 
TpoTrcorrjpss des Grecs anciens. Les hkr w sont les décorations militaires (anneaux d’or pour le 
cou et les bras) que portent des harponneurs, appelés «fils-royaux» dans cette scène même de 
la cérémonie (Edfou, VI, 79, 1). 

W iw wsr-w sh hr drww-s, mi kmLw sr-én 'kl. -rf représente 'hU, comme dans la phrase 
initiale. Le sens précis de km l-w (et non comme l’a transcrit Lefébure) est difficile à défi- 

nir. Le dictionnaire de Berlin (Wb., V, 38 , 4 ) propose Hero Ide, à cause de sr Mais d’autre 


grands amis : .on ne peut séparer Vun de Vautre W/ Le pont est comme une 
tablette à dessin, remplie de figures de déesses ( * (l) 2 ) / Les épontilles au dedans de la 
cale , sont comme les colonnes assises dam le palais I 3 4 ) / Les amarres sont à V intérieur 
des soutes, comme le serpent sacré qui cache son dos W/ L 9 écope est (faite) de 
lapis véritable : elle puise Veau comme une essence de prix ( 5 ), tandis que le bouquet 
de lis se balance à sa proue, comme un cobra (royal) à la bouche de son trou W/ 


part, il traduit aussi sr *hl (Wb., IV, 190, 16) par : Kampf beginnen, et non Kampf ansagen . 
Il ne faut plus voir alors, dans les kmiw, des « hérauts » qui annoncent, mais des champions qui 
entament eux-mêmes une joute au bâton. Le mot désignerait ce qu’est le nht, ou pry, qui 
vient défier Sinouhe au pays de Rijiw (cf. Bibl. aeg ., II, Sinuhe B, 109-1 10). Il convient mieux 
à l’image des armes qui s’entre-ehoquent comme des avirons battant l’eau, et au déterminatif 
spécial ajouté au mot * 4 ’ : les deux hommes debout face à face, le bâton brandi au-dessus de la 
tète. 

iw wgl'W m knms, m hnms : nn tls-n w* r w im^sn. Le sens du subst. wg(l) (Wb,, 1 , 376, 8) 
est sûr. Cf. Jéquier, op. cit., p. 6 a -63 (n* 20). 

W iwphl mi *nn ss,mhm rpw-wt n ntr-w 4 . La valeur du subst. phi — pont d’un navire, est 
sûre. Il existe un autre exemple du mot dans le même emploi : Pap. médic . Berlin , 3 o 38 , ai, fr. 

W tw ip&'W m-hnw wndw4 mt whl*w mn mh 4 -l 4 . Le subst. wndw 4 — cale d’un navire est 
connu (Wb., I, 3 a 6, 1 î=Spiegelbërg, Kopt. Hdwb., p. 170,1°. Le parallélisme du « vizir au palais 
(royal)» fait préférer le «palais» au « temple», comme traduction de h 4 J l 4 . Quant au subst. 
ips-w, il a été étudié par Jéquier (op. cit., p. 65 , n° 2 4 ); il est préférable de le traduire par 
« épontilles» (poutres verticales soutenant le pontage, de la carlingue au centre des baux). 

W iw inktyjto (?) m-bnvu my-wÇt) mi ddf 4 sps( 4 ) hbs si s. Le texte porte inby*w. Ni ce 
terme, ni celui de my-w ne sont attestés ailleurs qu’ici, dans les listes des parties de bateaux. 
Aucun cordage n’a encore été cité dans notre texte (une seule autre variété ; hrp 4 , le sera 
plus loin), contrairement à ce qui existe en toutes les autres listes semblables. D’autre part, 
l’énumération des parties de la coque est terminée; l’on arrive ensuite à un accessoire qui ne 
fait pas partie de la barque : l’écope. Enfin, il semble qu’aucune pièce ou objet de bois ne puisse 
être vraiment objet de comparaison avec un «serpent qui cache son dos». Or les confusions 
entre déterminatifs du bois et de la corde existent, aux textes parallèles réunis par Jéquier, cf. 
op. ck. f p. 53 (n° 9) : hp4 (n ép4) = cordage, avec déterminatif de l’objet en bois, etc. Il est 
donc permis de supposer une confusion graphique entre inby-w et mktw, mot qui désigne des 
amarres (Wb., 1,101,9= Jéquier, op. cit., p. 60-6 1 (n° 17)). my-w serait alors, pour la néces- 
sité de l’image, les soutes à cordages, où les amarres de réserve sont renfermées, «comme des 
serpents qui cachent leur dos». 

( 6 ) iw mdlbt m hsbd n mÏ4, hrpnk mw m tp 4 (n) kn. Pour tp( 4 ) kn = tp( 4 ) n kn, cf. Wb., V, 
293, i 3 (tp4) ; 49, i 5 (dm n kn ); i 45 , i 3 (ktm 4 kn). 

(B) ith tftf hr hl4*i, mi wrr(*Q (h)r rl hrr4-s. 3 Iih : cf. Wb., I, 39,1; tfif—fift : cf. Wb., V, 3 oo, 
6 = Wb., I, 58 1, 3 - 5 . 


L aussiere est a cote du taquet, comme l oisillon à côté de sa mère W l Grippe, Horus, 
grippe! ( 8 L 


L incantation de la barque une fois chantée, Isis s’adresse aux combat- 
tants eux-mêmes, et d’abord aux guerriers qui suivent son fils : 




:= A - 


m- 4 > 


in 


— . x - 

I I \4 


:[ 3 L< ?) ] 


> 7 \ ^ — ***** 

— i ■ 


1* 1 


Isis la mère divine dit aux jeunes harponneurs, [quand) elle voit leurs 
mains amies ( 3 ) : « fondez M sur V ennemi, égorgez-le dans son repaire (tph-t-f) ! 
massacrez-le (tj-tn s(w)) en son [ marais (?)] W, [tous) ensemble (m sp w')! 

]/(«). 

La prêtresse pousse ces exhortations avant qu’on ne chante encore une 
fois les chants de guerre de la dernière scène des harpons : 


Multipliez vos coups sur [ lui 




JM /W. 

t li 1 1 \ 


— 5 H * — 

* *=. 1 A 

Les dieux du ciel disent : craignons pour Horus ! Entendez-vous les grognements 


1 * ,w srp't r ~g s n yd mit* r-gs mw-t-f. , Srp-t = krp-t; n'y -4 est le taquet fixé à la proue de la 
barque. L’aussière srp-t le relie au pieu rnni-t, qu’on enfonce dans le sol de la berge avec le 
maillet hrpw, quand l’embarcation est au mouillage. Pendant la navigation, 1 ’aussière est roulée 
au pied du taquet : d’où l’image du petit oiseau auprès de sa mère. 

(S) Edfou, VI, 79, 1 1 à 8o, 1 1 . Il est remarquable de constater que la description de la barque 
de guerre d’Horus n’est pas celle d’une barque de type ancieD (cf. Montet, op. cit., p. 336-337 5 
Hérodote, II, 96), assemblée par ais à tenons et mortaises, mais d’un bateau tel qu’on les cons- 
truit en Egypte à partir de l’époque ramesside, avec couples articulés sur la quille et sa carlingue. 

<3) m , , -tt-.v -wt-èn n. Le verbe 'n— être bon, être bienveillant (amical), s’emploie plus rarement 
pour les parties du corps humain. Cf. cependant r 'n dr-ti (hr êhm-wi) — (Hathor) aux mains 
amies (portant les deux sistres : Edfou, II, 64 , 17). Il s’agit ici des mains armées des 
harponneurs, prêtes a aider la deesse et son fils. La phrase note un jeu de scène de la 
cérémonie. 

(4) Sens dérivé de hl = descendre, d’où : venir (en ennemi) vers quelqu’un. 

<s) m [phww]f('V) . 

* ’ s dm(-t)-ln wi \f ] . Ce sont les coups des dagues (b’gsvo, dm-t) que les msnw-w tiennent 
à la main, à côté de la prêtresse dans son rôle d’Isis, sur le bas-relief gravé au mur d’Edfou 
{Edfou, pl. phot. 607). 


-«.( 771 >*■ 


de Néhés ? [etc.)..., et : t[Tiens bon, Horus!] Ne fuis pas devant les bêtes de Veau! 
N’aie pas peur [des] bêtes de fonde! N’écoute pas s’il [ t ’] implore! [etc.)..S l * * 4 5 K 


Puis elle reprend ses cris, tournée cette fois vers le dieu lui-même : c’est 
l’effort de la dernière bataille : 


[Qu’il n’]échappe [pas] à ton étreinte mon fils Horus! Saisis, Horus, saisis 
la hampe! C’est moi, c r est moi la patronne du harpon W / C’est moi la jeune [déesse), 
celle qui maîtrise celui-qui-pousse-des-grondements ! Apparais sur la rive W ; fais 
luire [ton arme) au dos de la bête de proie ^ / Lacère sa peau, tranche ses côtes ! Entrez, 
gens d’Horus (hr-w n Hr), au fort [de la mêlée (?)] (r-hnw [hr-n-hr (?)] 
[car) je [n’]oublie [pas] la nuit du marais, à l’heure du combat W ! Grippe, Horus 
grippe ! W . 

II. Telle était la première scène centrale : celle qui montre le combat 
décisif, toute pleine des appels des guerriers, des incantations et des cris 


« Cf. Edfou, VI, 79, 9-1 n 

W L’image est toujours celle du harponneur, qui touche d’abord du harpon, avant de saisir 
([ssp(?)] mh m ndr-k) de ses mains sa proie. 

nm, nwt hnW't m Uv 4 l Cf. plus haut [Edfou, VI, 67, 3 : quatrième harpon) . 

(4) Cf. Edfou , VI, 77, 2 : hd-ti ptr bil-w-k mi Hr-wr kr ikmw-t . 

(5) Cf. Edfou, VI, 79, 3 : shd m]m't-sn m 'voly-w. # 

w Cette restitution a l’avantage d’assonneravec hr*w n Hr = les gens d’Horus. Une expression 
de ce genre a chance d’avoir été choisie : c’est bien souvent le cas dans nos textes. 

W [n(?)] smhnd grh n mh , m vonw 4 n pr-h*. Mh, avec le déterminatif de l’étendue d’eau 
mr, semble désigner ici le marais de Chemmis (cf. Gàuth., D. G., III, 55 , meh. 2°). grh n mh 
serait donc la nuit où Isis, traquée par Seth, mit au monde son fils dans le fourré de roseaux. 
C’est cet épisode qu’on fêtait pour Isis, sous le nom de grh nhn m ssf, ou : nuit de l'En- 
fant dans son nid, dans tous les temples d’Egypte (cf. Mariette, Dend ., I, pl. 62, m (col. 26)). 
Le combat commémoré le 2 1 Méchir venge la déesse de ce souvenir. Le signe dans m wnw-t, 
très bien conservé sur la pierre, a été omis tant par Naville que par Chassinat (cf. Edfou , pl. 
phot. 607, col. 22). Le verbe pr ( Wb », I, 52 0, 1), comme le verbe hl 7 ont tous deux le sens 
de : s’avancer au combat. 

(,) Edfou, VI, 80, 11 à 81, 6. 


de iutte de ia déesse. Alors lui succédait en contre-partie la seconde scène. 
La victoire est complète; l’ennemi est abattu. Horus, encore monté sur sa 
barque, approche de son trône royal d’Edfou. La reine et les princesses du 
nord et du sud l’accueillent au débarcadère du temple, où il vient s’installer 
pour régner sur les deux Egyptes. Autant la première partie rappelle le 
dernier combat du récit mythologique, autant la seconde se modèle sur 
la scène de triomphe qui clôture ce même récit, en ramenant à Edfou Horus 
vainqueur W. 

L officiant principal, en cette phase du cérémonial, est plus que jamais la 
première des femmes attachées au culte du temple, la sm'y-t. A elle revient 
la gloire de célébrer la victoire, après avoir dirigé la lutte. Derrière elle, 
qui fait face à la barque flottant sur l’eau, Içs chanteuses sont debout sur 
deux rangs, le tambourin à la main. Ces chanteuses sont entrées avec Isis 
dans le cercle des grands acteurs du drame, au moment du jet du troisième 
harpon < 2 ). Elles figurent jusqu’à la fin de la cérémonie au bord du lac sacré. 
Elles ont déjà soutenu de leurs voix et de leurs instruments le chœur des 
harponneurs, et exécuté seules de nombreux cantiques, tout au long du rituel 
des dix harpons. Qui donc sont-elles? Les renseignements précis donnés 
sur elles par les textes sont peu nombreux. Elles portent des titres semblables 
a ceux des harponneurs. Comme ils sont fls-du-roi, ou princes, elles sont filles- 
du-roi, ou princesses, et semblent rattachées par la tradition à l’antique culte 
royal du delta, dont le centre était à Bousiris et à Bouto 


(1 > La formule même placée dans 1# bouche de la reine le montre : Je joue du sistre pour toi, 
o toi qui brilles en (la forme du) disque-ailé! Tes ennemis, tu les as massacrés ■ (ns-t = ns : Wb., II, 
3 t 9 , 5 ) ! (Edfou, VI, 8a, 3 ). Or l’institution de la puissance du Disque-ailé sur toute l’Egypte 
est le motif principal de la scène d’arrivée d’Horus à Edfou après sa dernière victoire, au récit 
mythologique : cf. Edfou., VI, 129, 8 = i 3 a, à. L’écriture même, non habituelle, du mot 'py 
par le disque simple aux deux Uraeus, qui se lit d’ordinaire ném t-biti, est reproduite encore 
une fois en notre exemple. 

(S) Cf. plus haut : C’est l’entrée des femmes (Edfou, VI, 66, i 3 à 67, 1). 

(S) L’assimilation du dieu local 'nd-ti de Bousiris avec Osiris, et celle de la déesse locale 
Ouadjet de Bouto avec Isis, semble déceler à une époque très ancienne une communauté 
cultuelle entre les deux capitales du delta central. L’influence des usages sacrés de ces deux 
sanctuaires du royaume du nord sur la formation du culte royal — en particulier sur la fête-sed — 
semble avoir été prépondérante, en Egypte. 


Elles se divisent en deux groupes : l’un est censé représenter le culte de 
Basse-Egypte, et l’autre celui de Haute-Egypte. Le premier est formé des : 

'j-ïai:rr^ff:T^’ïi^VTE#_+wairr:yvîii7^'i 

Les filles-du-roi-du-Nord, femmes de Bousiris (s;-w-t biti, hm-w-t n Ddw)ô), 
qui acclament Horus en sa victoire < 2 ). Le second comprend les enfants-du-roi-du- 
Sud, femmes de Bouto (ms*\v nsvv-t, liin-vv-l n P-dp qui acclament Horus en son 
couronnement W. Ainsi Bouto joue le rôle qu’on attendrait ailleurs de Nhn- 
Hierakônpoiis, la vieille capitale du royaume du sud. 

En realite, les chanteuses présentes a Edfou aux fêtes de la Victoire en 
Mechir ne venaient pas d aussi loin. Ce qui est valable pour les harponneurs 
vaut aussi pour elles. Quand le héraut s’adresse aux assistants, il parle à 
ceux d’Edfou et à ceux de Dendéra; à ceux-là s’ajoutent les gens de V oasis 
d’Abydos. Il est possible, surtout pour les chanteuses, qu’à des femmes 
attachées au temple d’Edfou soient venues s’ajouter, chaque an, des femmes 
attachées aux temples de l’Oasis. Peut-être y eut-il là seulement une influence 
passagère. Elle est marquée, en tous cas, par le nom même d’un chanté parti- 
culier aux femmes qui prenaient part aux offices de la fête : le cri (Vnw) de 

- - 1 - - - ■» _ * I ' ni L 

(1) L’orthographe Dd-t, à l’époque récente, n’est aucunement réservée à Mendès, pas plus 
que Ddw à Bousiris. On trouve au contraire aussi souvent Dd-t que Ddw, pour écrire le nom 
de Bousiris (cf. Gauth., D. G., VI i zdou, p. i 36 : formes en t final, dès les textes des Pyra- 
mides). Par ailleurs, Bousiris, puis Mendès sont toutes deux citées comme villes d’Horus,' en 
tête de la liste du sixième harpon (Edfou, VI, 70, 3 ). Au début de la première liste du sacrifice de 
Seth, c’est sûrement Bousiris seule ( Ddw-t ) qui est nommée (Edfou, VI, 85 , 2). A la même 
place, sur la deuxième liste du sacrifice de Seth, le sanctuaire Ht-sr d’Osiris -rs-wdl a bien des 
chances d’être aussi celui de Bousiris (Edfou, VI, 89, 7). Au chant final des prêtres d’Edfou, 
ZMai-Bousiris est également mentionnée (Edfou, VI, 88, 3 ). Par conséquent, il n’y a pas lieu 
d’enlever à Bousiris son ancienne prééminence en matière de culte d’Osiris et d’Horus, et de 
traduire ici Dd-t par Mendès. 

« Edfou, VI, 82, 8-9. 

« Edfou, VI, 83 , q. 

<4) Ce cri est peut-être proche du zaghrouta des femmes, dans l’Egypte moderne, qui sert 
autant d’acclamation de joie que de cri de deuil. 


Knm-tM. A Edfou comme au temple d’Hibis dans Aran-f-el-Khargeh, le culte 
d’Amon, celui de Khnoum, et surtout celui d’Astarté sont attestés Ce 
dernier, très important dans l’Oasis, est mêlé précisément à la célébration 
de la fête guerrière d’Edfou < 3 ). Ce sont là des points de contact dont il 
faut tenir compte, en ce qui concerne le groupe des chanteuses et la nature 
de ses chants, au cours du drame sacré de la fête de la Victoire. 

Thot, le cérémoniaire, prenait le premier la parole. Sa louange d’Horus 
donnait le ton à la nouvelle phase de la cérémonie : 

% " s ti a y « i * v s n s 3 s n> r * t s r & t i & t t y a t ? 3 

■t — W ti % li T £ Jh v = v 1 M • U L. Z Z, S î H * t ! T m t,T! 

j Vf *tP v 1 1 "ir 

a. en <— 

Comme il est beau, ton visage quand tu te lèves (h'-tî) en ta barque, Horus d’Edfou- 
grand-dieu-du-ciel, comme (le fait ) Râ dans la barque-du-matin, car tu as reçu ta 
dignité (Ùvvt-k) avec les (sceptres-) hkj et nhih;! Tu es couronné du pschent 
d’Horus, (Sekhmet) ayant puissance sur qui se rebelle contre toi, et le grand Thot 
créant pour toi la protection! Ton héritage est à toi, ô grand Ilmus-fils-d’ Osiris W, 


<') Attesté à quatre reprises : Edfou, VI, 67, 1 ; 69, 10 ; 79 , 7 ; 86, i 3 . On ne peut guère 
éviter de corriger, au dernier exemple : ïnw m-hnt Kns(-t) en ïnw m-hnt Knmt, l’oasis d’A- 
bydos — Knmt étant par ailleurs citée plusieurs fois : Edfou, VI, 84 , i3 ; 85 , 6. 

W Cf - Bbucsch, Rem nach der grossen Orne El-Khargeh in der Libyschen Wüste. Le temple d’Hibis 
ayant été reconstruit sous le règne de Darius I ,r , sa décoration reflète l’état du culte dans l’Oasis, 
à une époque qui ne précède que de deux siècles et demi ( 48 7 - 9 3 7 ) au maximum celle où l’on 
posa la première pierre de l’actuel temple d’Edfou. 

() Edfou, VI, 112, 4 et n 3 , 9-10; pl. phot. 5 ai. Le culte de l’Astarté syrienne a toujours 
gardé en Egypte son caractère asiatique. Patronne des hommes de guerre, et spécialement des' 
cavaliers et combattants en char (voir la figure d’Edfou), elle est aussi patronne des femmes 
comme l’Isis-Hathor égyptienne. Elle était probablement, à Knm t, confondue avec Isis II 
est naturel que des chanteuses attachées au service de l’Isis-Astarté guerrière de l’Oasis soient 
venues une fois l’an participer à son triomphe au temple d’Edfou (où on l’adorait également 
sous cette forme) et y faire entendre le ïnw n Knm t. 

w Le passage est frappant, de l’épithète à' Horus -fils- d’ Im pendant la bataille, à 
celle d' Horus - fils -d’ Osiris (donc légitimé, reconnu fils du dieu-roi tué par Seth) après 
la victoire. ' * 


puisque tu as abattu le T aureau-du-marais (kl mhy) 0) ! Soyez joyeux, (dieux) 
qui êtes dans le Grand-siège ; Horus a pris le trône de son père! W. 


Une des femmes de Bousiris chantait alors seule : 


~ jti ? 'Z ü w ¥ t ~ bât _ Z, ’£ 1" LT- T- 4 b 1 (t) 1 if a 1 . 


Jouons du tambourin pour toi! Réjouissons-nous de te regarder! Exultons de 
voir [ta victoire] ! — Une autre reprenait : Faisons résonner pour toi ms sistres 
aussi haut que le ciel, car tu as châtié le crime de ton ennemi ! — Une troisième 
continuait : Tendons nos bras vers toi W ! Chantons louange pour ta Majesté, (car) 
tu as abattu l’ennemi de ton père! w . — Et le choeur tout entier des filles-du- 
roi-du-Nord entonnait le refrain : 


Réjouissez-vous, femmes de Bousiris, (et vous ) , troupe qui venez (des bords) d’An- 
djet! t 5) . Venez voir [Horus] : il a transpercé le T aureau-du-marais, il a bu le sang 
de l’ennemi! (Venez voir) sa lance : elle a fait du butin! Il a répandu un flot 
couleur de sang ^ , comme Sekhmet en (plein) carnage ! ^ . 


W Cf. plus haut. 

^ Edfou, VI, 82,4-7. 

(3) Littéralement : faisons h (geste~)dw’s vers toi (swibn n-îc). 

Edfou, VI. 82, 10-12. 

(S} knb t (k)r*gi 'nd*ti. L’expression fait pendant à : knb't (h)r~gs pliW'W (p. 776 et note 5 ). 
Le terme knb-t est celui-là même qu’on trouve employé sur deux stèles de Dendéra (voir plus 
haut, p. 70/i, et notes 1-7). (h) r gè — (littéralement) : d’auprès de, c’est-à-dire : originaire de, 
qui vient de. Le nom de la province 'nd-t (Gauth., D. G., I, 162) est la preuve formelle de ce 
fait qu’il faut transcrire Ddw = Bousiris, et non Dd-t = Mendès. 

stf itrw m iwn n snf ( Wb IV, 829, 8). 

mi éhm t m VA t. Littéralement : comme Sekhmet dans le carnage. Allusion au mythe de 
la destruction de l’humanité par Sekhmet. 


( Horus ), tes harpons volti 
près de son petit, (etc.). . . («>. 


-w( 776 )*♦— 

(ttf) au milieu du fleuve, comme l’ (oie-)imn 
Grippe, Horus, grippe! 


Puis c’était au tour des femmes de Bouto, debout en une rangée parallèle 
a celle de leurs compagnes. L’une d’elles commençait : 


a .3* J?T 


ÎXSXf- 


* 1*1 ^ ^ ***** m a» W « * 

• ?ïïï ^ t ~ T— * V— — ! * & 




ÎU5X 


fîfi: 


Jouons du tambounn pour toi! Réjmtimm-mm de te contempler, quand lu te 
leves (pour) nous < l l en (ta forme de) dis, mutilé! Une seconde chantait : Frap- 
pons pour to,k tambounn! Soyons en liesse à tu vue, car tu as reçu la charge d’Ha- 
rakhthes! - Et la troisième s’écriait : Jubilons (tith-n) devant ton image, quand 
tu bn les pour nom comme Rd qui brille dam l’horizon! M. Alors, toutes en- 
semble, les femmes de Bouto scandaient : 







mV3*8üL*ï<» 
nî4Tfv.i.« ?as 


Réjouissez-vous, femmes de Bouto, (et vous), troupe qui venez (d’auprès) des 
e angs . emz voir Horus a la proue de sa barque, comme Ri qui brille dam l’hori- 
zon, pare de tmm vert (wjd-t), vêtu (bnd) de tissus rouge (ins'y), revêtu (?) de 


db,.wk ttfm hn-ib Urw, nu smn r-gê »»■*'. Le changement brnsque de la troisième à la 
seconde personne semble deceler un cantique spécial, intercalé à la fin du «chant des femmes 
de Bousiris », et dont la première phrase seule est indiquée, comme d’habitude. Le «chant 
des femmes de Bouto» est composé d’une manière toute semblable. Le substantif nww=nn ( Wb . 

, a i5, 22 ) n a pas ete signalé, quand il désigne le petit d’un animal (ici, d’un oiseau • c’est 
un synonyme de : |>). Le déterminatif est sûr. L’image est celle des oiseaux d’eau qui s’abattent 

erêle d d t T Th* T Leur “«cernent est comparé^ celui d’une 

grêle de traits qui font bouillonner la surface d’un fleuve 

(,) Edfou, Vï, 83, 6 - 9 . 

W dr wbn-k (n.)n.-Cf. ligne 5 : dr pédk n-n. 

m Edfou, VI, 83, 3-5. 

« Pllw - w : l’arrière-pays marécageux de la province de Bouto : c’est le lac Borollos actuel 
(région de Chemmis). Cf. Garni., D. G., II, i 45 . 


ses ornements ! La couronne blanche et la couronne rouge sont fermes sur sa tête ; 
les deux Uraeus sont entre ses sourcils! Il a pris le (sceptre-) hkl et le (sceptre-) 
nblhl, une fois couronné du puissant pschent, une fois Sekhmet établie sur son front, 
et Thot ayant créé sa protection ! 

C’est Ptah qui a taillé (ndr) ta hamqie! C’est Sokaris qui a forgé (nb) tes 
armes! C’est Hedj-hotep-en-la-belle-place qui a fabriqué ta corde avec du fil, ta 
pointe avec une feuille de cuivre, ta hampe avec du jujubier sauvage (nbs n his-t) ! 
(etc.)... 

ivrvj-fMJSVJ-HZlli* 

Je darde de la droite, je file (la corde ) de la gauche, comme fait un vaillant 
chasseur! (etc.)... W. — Grippe, Horus, grippe /M. 


(l) Les deux phrases qui précèdent sont les titres de deux cantiques (cf. plus haut, note à la 
seconde partie du «chant des femmes de Bousiris»). Le premier est nouveau, dans l’ensemble 
de ceux du programme de la fête ; au contraire, le second a été déjà chanté dès le début de l’office 
au lac sacré (cL Edfou, VI, 61 , 10 ). 

» Edfou, VI, 83, 9 -i 4 . 

Bibl. cf Etude, t. XX, a® fasc. 


9 8 


CHAPITRE V 


TROISIÈME PARTIE DE LA FÊTE DE LA VICTOIRE 
SACRIFICE DE L’HIPPOPOTAME 

La double scène de transition est terminée. L’une a résumé les combats; 
i’awtre déjà célèbre la victoire. Le triomphe ■d’Horus, va maintenant «trou- 
ver sa second# expression dans le rite qécçssjfqpe à tout# fêtq, coipme à iout 
service divin : le sacrifice. Séfclmest abattu. Horus a fondé sa'pfééniinCuce 
stir lui, en maints lieux d’$gypte£ C’est, le corps de; l’ennemi, daéoupd et 
partagé entre tous,les dieux établis déjà dans qes provinces, qui va li#r les 
membres de la confédération horîenne. 

I. Le cadre de la cérémonie ne change pas. CT est jyi bord du "lac que 
l’image de Selh va être cquf/ée en morceau*, devant les mêmes officiants 
et acteurs sacrés. La figure d : hippopotame est toujours la même, d^’est elle 
qu’on voit debout par terre, les pattes d’avant et d’arrière liées de cordes, 
la guehle fermée d’un lien dont une boucle pend sous la mâchoire W. Sur 
son dos, une statue d’ÿorus debout, le bras gauche levé tenant à- deux 

mains l’épieu éfrm-hr, la pointe basse au-dessus du crâne de la bête enne- 
mie, est installée. Les pieds du dieu sont posés directement sur l’animal. 
Malgré le manque de renseignements sur ce point, il est très probable 
que la barqüe d’Horus flottant sur le lac était, avant ia reprise de l’action, 
tirée à terre. La statue du dieu qu’elle portait était alors détachée de son 
support^, amenée sur le quai au centre de l’emplacement où se jouait le 

« T" H ’ <1 ''tu* Vr'“ — J-r TT7 M i 1 1 ' h”"V «m . -■ " TT ' T L iJï i* 1 ■ ** 

Cf. Edfou , pl. phot. 5 12. 

I*) Sa dimension, comme celle de la grande majorité des idoles semblables, était vraisembla- 
blement d’environ une coudée de haut (o m. 52). Cf., à ce sujet, les nombreuses dimensions 
indiquées pour les statues tenues en réserve dans les cryptes du temple de Dendéra (Mae., Dend.j 
t . m). La statue était faite de bois peint. 


98. 


•( 780 )* 


drame, et fixée par deux tenons au dos de l’effigie de Seth. Un autre détail 
est visible, au premier bas-relief représentant le sacrifice : neuf O petits 
autels portatifs de bronze (h à pied cylindrique creux et bassin évasé, 
étaient ranges, dès ce moment, en avant die l’image d’Horus perché sur son 
ennemi vaincu. Le prêtre du roi, le cérémoniaire de Tliot, la chanteuse d’Isis, 
sont tous là en protagonistes. Les deux chœurs des harponneurs et des femmes 
de Bousùris et Bouto occupent l’arrière de la scène sacrée. 

Isis, debout en face de la statue d’Horus, prenait la parole. C’est pour 
préparer le sacrifice, ef donner d’avance ses instructions à ce sujet. Une 
rubrique explicative nous en avertit : 


( > k a rs !_■ i : a ~ .k y i 5 i i, 5 j « v. s ( j 

* J ) ? J = i > * 3 p u s I f 1* s jl (§3 • \ > * » : *. i 

s i £ s i > * 1 4 ; ii'-ïs-t z*:! 1 7-5 1 n Ji:: 




Isis ouvre sa bouche W, ; elle parle à son fils Horus. Elle dit : 

Puisque tu vas depecer W ton (piy*k) gros hippopotame , viens à moi , approche-- 
toi de moi (ms tw fji, tkn tw que je te guide . Je te dis : — Fais emporter 


— *— — ^ L J 4J — JL Iii u-jjiua mn.*n\ UC imli Ui .1 j o^lLl 

(1) ^Huit seulement sont gravés sur te tableau : fefnout de Mdd en est dépourvue. Le chÉre 
neuf esf celui de tout groupe de dieux, quel que soit leur nombre exact. 

( J II faut lire : tw wp-n S-t ris (Edfou, pl. phot. 5 i i , col. îo) : Chassinat a déplacé, à tort, 
le trait vertical qui complète le signe de la bouche (il est correctement imprimé dans le texte 
de Naville). Le signe voisin du trapfc (Vœuf) , publié dans les deux éditions, n ’existe plus aujourd’hui, 
et n’était probablement rien d’autre que le signe du morceau de chair (ta/), déterminatif de ni 

(S) ir sft-k (pîy-k h* b wr). Littéral. : «(= étant donné que) tu dépèces . 


(Jmi it*tw) sa patte de devant (hpS-f) à Bousiris (Ddw), pour ton père Osiris - 
Onmphrisrde-justifié. — Envoie son flanc (imi drww-f) à lait W pour Haroéris 
de Létopolis, son jarret (hr-hps*f) $ restant (mn) à This (Tni) pour ton bisaïeul 
Onouris. — Envoie son épaule (k c h*f) à ’lb-t W,‘ pour ton oncle Ophoïs . — Envoie 
son poitrail (k;b*t-f) à Siout (Sjwty), pour Tefnout de Medjed W. Donne sa cuisse 
(iw c -f) à Khmuni-Haroéris-k-triomphateur sp-w) W, grand dieu d J Aphrodite- 
polis (Mtnw)^, le Tout-puissant qui abat les ennemis , car il est ton onde . Donnes-en 
le grand quartier ( 7 ) à Khmum de V oasis de To-our M, le grand dieu de la Cata- 
racte (ntr c ; nb Kbhw)( 9 ), qui a multiplié V équipage de ta barque ( 10 ). — Donne sa 
croupe (msd-t-f) à Nephthys, car elle est ta tante . — Son cœur est pour moi et 

r r Tffrr 'Tï' i jh A n*/* -i — t — rrrr- — nr^-r^v- f- *<> ■ ïo«TH h — m T *iy» 

L ’osireion de Létopolis-S&m (Gauth., D . G., I, 38). 

(a * Littéral . : le dessous de h patte (de devant) . 

(3) Gauthier ( D . G., I, 65 , à la suite de Brugsch et de Budge, identifie le nom de localité 
*Ib-t (attesté une seule fois ici) avec Wnvo =± Hermopolis. Cette identification ne repose que 
sur le parallélisme de la 2* liste des bénéficiaires du sacrifice de Seth, qui attribue la même 
pièce de viande (fr*fc) à Thot, à Hermopolis- Www; (Edfou, VI, 89, 8). Dans la i ro liste, il ne s’agit 
pas de Thot, mais d’ Ophoïs, qui n’a pas de sanctuaire connu à Hermopolis. Il est préférable 
d’identifier *Ib-t avec 3 Ihty des textes osiriens de Dendéra, qui désigne une localité dans la région 
de Siout, la ville sainte d’Ophoïs (Gauth., D . G I, 65 , 9 0 ). La confusion graphique entre 7 b-t 
et ’lbdw^ Abydos est possible, mais c’est Khentamenti et non Ophoïs, qu’on adorait à Âbydos. 

(4) Mdd (ou Mddny) — Dronkah (?), dans la province de Siout, à peu de distance au sud 
de la ville. Sa divinité principale était Hathor-Tefnout (Gauth., D . G,, III, 26). 

(5) Cf. Edfou, 1 , h h 2, il : (Horus)..., son triomphe est arrivé (spf hprtw). Littéralement 
$p.w — abondant en exploits. L’épithète est bien celle d’Haroéris, le dieu aux multiples victoires 
sur Seth. Les deux exemples rapprochés confirment le sens de sp seul — haut fait, triomphe. C’est 
l’extension de sp nfr, sp n nht ( Wb II, 3 1 6 , 19), etc. 

(6) C’est le chef-lieu de la 22 e province de Haute-Egypte, l’Atfih actuelle (Gauth., D. G., III, 
2 5 i°). Il y avait donc à Àphroditopolis un autre grand culte que celui d’Hathor. 

(7) sb tmf. Littér. : un grand morceau (tiré de lui). Il est préférable, semble-t-il, de ne pas 
chercher ici une localisation précise. Cf. Edfou , VI, 1 16, 8 : un morceau d’eux (s6 im-sn). 

whlt Tlwr. Littér. : l’oasis (qui fait partie) de (la province~)Tl-wr (VIII*). Cette oasis, dont 
l’écriture ^ ^ ne se confond pas avec celle d’ Éléphantine ^ est la Grande oasis d’ El-Kkârgeh, 

ou Knm t. L’identité de ce dernier nom avec celui du territoire agricole de la 7 e province montre 
que la Grande oasis fut probablement rattachée d’abord à la 7 e , puis à la 8* province (cf. Gauth., 
D. G., I, 2o 3; V, 2o4-2o5). Le sud de l’oasis El-Khargeh était réuni par des pistes, dans 
l’antiquité comme aujourd’hui, à Esna, à Edfou et à Éléphantine- Assouan. 

(s> Cf. Gauth., D. G., V, 170-171. C’est donc le même Khnoum qu’on adorait à Éléphantine 
et dans l’oasis de To-our. 

(10) sslf ht n 'hlt-k. Cf. plus haut, à propos des mènw*vo. 

Bibl . d’Étttde, t, XX, a e fasc. 


99 


pour mm ,on Me <■>, (car) j’ai été la vulve du DéfaillmUnomr, el mu cœur, lui 
mu lecteur, étati évanoui®. - Donne m os (fc-wf) aux chions (fa*..)» 
sa grume ( d-f ) aux vers (ddf.t), ses entrailles W à la tribu iss harponneurs : ils 

sauront U goût de sa chair. - (Donne) sa hure entière à leurs enfant, : ils content- 
fieront l agrément de sa forme 

(Donne) ses portions de choix à ceux qui fe soient .• qu’il, apprennent le goût 
de sa chair, ceux qui glorifient ton harpon ( fiché) en lui, mon fils Horus («)! Har- 
pon divm attache-toi à lui W : (c’est) l’ennemi de ton père Osiris! Grippe , Horus 
grippe W ! rr 9 


et phwy’tf. ,W ^ P ' Wt ' f ' JCU ^ m0t 6t d ’ éciliture entre ^ bUyf, entre phvo-tf 

« ink U(M., IV, 566, a) Wrd-’tb (Wb., I, 338, 7 ), kUyf, p ® nty hUyfrehy. La lecture 
et l interprétation correctes du passage sont dues au seul Drioton (T. dram. Edfou, 4 7 ) 

Le signe n est pas celui d’un chat, mais d’un chien accroupi (d. Edfou, pl.phot .5 , i ,col l5 • 

ml VI ZI ) P T S de deVant ° biiques; queue pluS courte ; la tête est détruite). CL 
.’\ -d l y est question, commérer, des chiens et des vers (tmwddf.t) qui partagent 
les restes de la victime avec la tribu des harponneurs. J P S 

W 8n î'?' f \ C ® pa , SSage permet de préciser Ie sens de 8^-w. Wb., V, i 7 6 , 8 traduit par • 
graisse (placée) mire les mtestms (?). Or il s’agit ici de chair (rnf), et non de graisse. D’autre part 

nous savons qu ondanneaux harponneurs, après le combat de Hbnw, les « entrailles » (imiw-ht) des 
e es a a ues ( fou, VI, 116 , 8 ), et qu 'après celui de Silé on leur donne les reins (dp-t) de 
ces mêmes an, maux, gnn-vo semble dérivé du verbe gnn = être mou (cf. le factitif : égZn). Il 
désigné donc vraisemblablement à la fois les intestins et leur graisse, et les organes de chair 

VT r ,,e 7 *? ‘ “ P ‘ r ““' i " * e esl dési 6" é ■» second p„- 

tage (Edfou, VI, 89 , 11 ), et les rems (dp-t). On insiste ici deux fois sur le mot dp-t = yoût, qui 
tait jeu de mots, au texte mythologique , avec dpt — reins. * ^ 

< s > hUft n mi-w-sn, p(t)r-w (= -sn) ndm lcyf. Cf. Driotok, T. dram. Edfou, 4 7 , 48 (e), (f). 
tp.w-tfn mt-w-ht-k : ’m-w^in) dp-t n ivoff, ikl-én biU imf, sl-i Hr. tpj-t n’est autre 
ment connu que précédé d’une préposition (m, r; hr ; Edfou, VI, 3o 3 ,' 1 1 : ’nh-t hr tp-vo-'-tf 

~ ” ( f. ymboIc ; ) est devant ses p° rti0ns de choix) : cf. IF4.,V, a 85, 3. m est le synonyme de 
r„, a a ligne > précédente. skUn bii-k imf est une expression caractéristique. Il s’agit de récom- 
penser avec des parts de la bête de sacrifice ceux qui viennent, en fait, d’exalter la gloire d’Horus 

fonfaZ n P0D f T 1 * 1 ChœUr d6S rnénW ' W S0Dt Renient désignés, en termes qui 
du 2 , Méchir” 011 * UFS attnbUtl0ÛS Symb0ll( l UCS ’ mais à leur râle humain dans la cérémonie 

•J * ssdm 'f : Wh ’ lV ’ 3o1 , a , 3, i3. Cette dernière phrase n’est que le refrain de toutes 
mpositions chantées ou psalmodiées au cours de l’office. II n’a plus de véritable raison 
d être, en ce pomt des rites : l’ennemi est définitivement abattu 
C) Edfou, VI, 84, i5 à 85, n t 


-—***( 783 )•**— 

Isis proclamait donc d’avance les noms des divinités et des êtres de toutes 
sortes qui recevaient leur part du sacrifice de Seth. Les lieux saints où sé- 
journeront (mra),en fondation pieuse, les membres disjoints de l’ennemi sont 
du même coup désignés. Cinq seulement le sont d’une manière précise : 
Bousiris, Iaït (près de Létopoüs), This, ’lb-t (près de Siout), et Siout 
même W. Les autres (Àphroditopolis, et l’oasis de To-onr) ne sont que les 
localités où sont « maîtres » les dieux nommés . Les deux dernières déesses : 
Nephthys et Isis, n’ont pas de sanctuaire ou de localité choisie. Par 
ailleurs ces lieux sont tous différents de ceux où Horus a combattu, où il a 
fondé des temples en son nom, d’après le récit mythologique. 

Il est pourtant certain qu’un effort a été fourni par les écrivains sacrés 
chargés d’adapter ces textes. Ils ont cherché à mettre d’accord les rites et 
la légende qui leur fournissait à la fois une explication et un lien. Les rapports 
voulus sont sensibles, même en ce morceau. Les allusions finales à la distri- 
bution des entrailles de l’ennemi aux harponneurs, après la bataille de Silé, 
semblent le montrer. Inversement, les noms des divinités et des lieux saints 
ont été laissés intacts . Ce fait prouve que la tradition écrite à laquelle ce texte 
se rattache est différente de celle du mythe proprement dit, et mieux adaptée 
qu’elle, peut-être, à des faits religieux plus récents. Il n’y a rien là qui soit 
anormal : au contraire, il en est ainsi dans la majorité des textes liturgiques, 
à l’époque des rois grecs. C’est chose difficile, à cause de cela même, que d’en 
tirer des enseignements sur les faits anciens auxquels ils font allusion. 

Par contre il est probable que l’ordonnance des cérémonies, à l’époque 
où les -parois du temple d’Edfou furent décorées, n’en souffrait pas. La 
première distribution des membres de Seth aux divinités représentées à 
côté des neuf autels W était, selon toute vraisemblance, fictive. Elle ne se 
traduisait matériellement par aucun geste des officiants, au cours de cette 
phase des rites. L’indication la plus précieuse qu’elle livre du point de 
vue cultuel, c’est l’assurance de la participation des ménw-w au repas 


(*) La relique de Seth est destinée, là, à une divinité qui n’est pas la «patronne» du lieu, 
mais d’une localité voisine : Tefnout de Medjed possédait probablement aussi un sanctuaire 
à Siout même. 

{a) Cf. Edfou , pl. phot. 5n-5ia. 


99 * 


►< 784 


samficiel de la file de h Victoire. C’est aussi la présence affirmée d’iowM, 
CT 2 , s -‘ I “ , ’ ) Pen<1 “ n ‘ ' a eiHm ° ak ’ ° nt '•** die " •* «glorifié son 

i r ;;r n ceuriâ" autw,rc ? k ^ £ 

materiels. Ceux-là nous sont presque toujours les plus cachés, parce qu’ils 
ST pTL ^ " réP ° 1Ue ° Ù ' eS *" «"* ™ *«« vivante. 


l'.nt£Tf Ce sr° P r it,enl di ‘ ™ S ’ effeC,Uer ’ C ’ est ™ P^bmation qui 
1 inaugure. Le prêtre du roi saisit une fois encore l’épieu sacré II s’avance 

debout, en face de l’image d’Horus sur l 'Hippopotame, tandis ,1 I 

£rr::rJiT e ; r les c ~ 

sur l’adversaire : " “ C ° mI>at9 ' ** ta ° mphe de * son maitre » 


VU ■ iiv* 


wÆ ' * mW - — (bnwif) du» «. 

I^r^; ?r fiÿ,a (Bip Dtj ) ^ « <**£ « — 

%« « /««, ^ Dmdéra {WDBfw n W) . (W0B] Maj(re a 
F rce son adversaire! Il n existe plus /(*). 1 J 


Alors il enflait sa voix, comme le montre la rubrique : 

I * T | ® h» * 'î' ^ ^ V J 4* ■ V 7 ^] m | — ^ • jj g* 

^^ w i )Æ =" i,> c:ïViTs;â'®r:=jJ 

— -T Velil- .„„ b 

,,','L r ' nhr ' <‘B »tiri:r,dio -,l, .,ii. . : — - — rr- — - — n— -p — 

: le/a ““ de « *> *. 

lonne, dau, le premii 3 p,e 74 », 7 t P Jt TTJ* T *", W * " - 

préférable de le rattacher à nb plutôt qu’au verbe in ■ IV V’ î™”* , ® ** 11 est 

temple. «««tel, que, « un .«ta*», inusiM j„, d „ 

” Désignation fréquente du temple d’Edfou 

m E <!fou, VI, 86 , 8 - 10 . 


■ tr »{ 785 )»*# ■<- — 

A voix haute! (mdw 'i), et s’écriait : 

Joie et joie dans Msn(-t)/ Que V allégresse monte (pr) dans Edfou (m Bhd-t)! Horus 
est venu : il (va) égorger le Nubien MT Sa bande (sm’y-f) est sur [ le billot (î)] 
(m [nm-t (?)]) M / Il jvaj lui trancher la tête j il (va) lui arracher le cœur; il (tffj.) 
le baigner en son sang! Edfou (Wts-Hr) et Dendéra j^Iwn-t) sont en joie, en joie! 
On crie, on crie (de douleur) en Nubie TM M, 

A ces derniers mots, l’acclamation des femmes éclatait. C’était le signal 
de la joie populaire qu’on devine autour de la mise en scène de ïa fête de la 
Victoire. A la figuration très nombreuse qui prenait part à l’office, au rôle 
primordial des chants et de la musique répondait sans Soute, dans tout le 
terrain sacré autour du tenqde, un vaste rassemblement de gens du pays 
et de pèlerins. Ceux de Dendéra, ceux de la Grande oasis étaient à Edfou, 
et peut-être encore tous ceux des villes et bourgs intermédiaires au loïig 
du fleuve, comme on nous l’affirme au récit de la visite d’Hathor de Dendéra, 
au mois d’Épiphi. Tous évidemment ne pouvaient suivre du regard la céré- 
monie : seuls les nombreux acteurs du drame sacré avaient, semble-t-il, le 
privilège d’assister à tous ses actes. Mais la grande foule côtoyait la proces- 
sion ; la ville entière écoutait les chants ; sa rumeur de fête devait suivre le 
déroulement des rites. Tous, de loin comme de près, associaient leur joie 
à la commémoration des combats et du triomphe divins. 

Au milieu des cris et des chants, le héraut royal jetait cette dernière 
phrase, inscrite au tableau suivant, mais qui n’est que la suite et la conclusion 
des précédentes : 

VT«TZII5î^î« 

Horus en sa force , il a réuni les deux Egyptes! Setk est abattu avec Vhijh 
popotamefW. 


(1) smî*f nhé(y). Cf. la tradition du texte D, dans lequel Seth défie Horus, en champion du 

pays de Mdy Nubie méridionale) contre T Egypte. La proclamation semble avoir trait au 

sacrifice imminent ^(verbes au fujtur). 

W Cf. Edfou y VI, 86, note 9 ; Edfou , VI, 87, 2* 

< 3) i'nw , tnvo m-hnt Kns-t (cf. Wb., V, 1 34, 2 ; Gauthier, D . G,, V, ao5*2o6) + 

« Edfou, VI, 86*, 1 i~i 3 . 

« Edfou, VI, 89, 6. 


-m-( 786 )« 


III. Isis jouait alors encore une fois le rôle de protagoniste. De nouveau, 
avant qu on ne prenne les dernières disposition pour le sacrifice, elle fixait 
d avance le partage des membres de Seth : 




La Fa ™>nw est venue au temple du Faucon <*). Elle dit ( f jcU) à son fils Horus : 
[ton] ennemi est abattu à jamais o vengeur-de-son-père (p(‘) nd-ît-f) ! Viens, 
que je te guide : — Envoie sa patte de devant (hps-f) au Château-du-Prince (H-t- 
Sr), pour ton père Osins-qui-s’éveille-hien-portant (W&r r^-wd;), [tandis que) son 
jarret (hr-hpg.f) restera (mn) à Dep pour ton bisaïeul Ipy-sehedj W. Fais envoyer 

à Herm P° Us ( Wnw )> Pour Thot-le-grand, quUst-dans-la- 
allée . Envoie son flanc (drww-f) au Tout-puissant ( 1 * * * 5 >, et son poitrail (bb-t-f) 
à OunoutM. Donnes-en le grand quartier (§b V im-f) à Khmum-au-châtean<livin 
(Hnmw m h-t-ntr) <*. (Donne) sa nuque (nhb-ff) à Outo-des-deux-Uraeus 


<’> Bik-t iUi rpr-Bik. La partie inférieure du panache de roseau est détruite (tf. pi. pfcot. 5,4). 
La restitution des jambes humâmes à ia basé du signe s’impose. 

<*> bfti\.k] hrs(—hsr) r nhh. La lacune sous le signe h/ti renfermait probablement le pronom- 
suffixe^Le si gne suivant a ete gravé comme le déterminatif du verbe ks: c’est vraisemblablement un 

31 pL phot - 5i4) - 11 est “ <- - iw 

" pF'tf 6 * 8 ^ dU di f c de B ° Ut ° : (aux hommes). 

C est le sanctuaire de Speos Artémidos (au nord d’Hermopolis et d’Antinooupolis, sur la 
rive est) ; on y adorait Pakhet et Tbot (cf. Gauïh., D. G., I, 87, 1» et a»), * 

(6 > Epithète caractéristique d’Haroéris d’ 7 yf et de SAm-Léto’polis : ’i-phti 
2 ( nathor -) ,a - Hase - C’est peut-être un des noms de 1 ’Hathor-Tefnout de Mdd c f. plus haut 
Désignation possible du Khnoum adoré dans Knm-t, la Grande oasis (cf. plus haut) 


( 787 )*+ 


(W?d-t-w;d-ti) O : elle est ta bisaïeule. Donne sa cuisse (iw'-f) à Horus-l’ ancêtre 
(Hr piwty), le grand dieu qui exista au commencement ^ ! — Donnes-en un (mor- 
ceau) rôti (;sr im-f) aux Gardtens-d’ en-haut qui rendent oracle à Djébâout (®L Donne 
son foie (mis-t-f) à Sépa M, (et) sa graisse ( c d-f) aux Âmes-errantes (smiy-w) de 
Dep. Donne ses os (ks-w-f) à Ceux-qui-m-hissent-pas-de-reste (ihnvw sp), (et) 
son cœur M « Chanteuse-du-Nord (Mr-t Mhw). Son devant (hM-f) est 
pour moi, et pour moi son derrière (phwy-f), (car) je suis ta mère, qu’il a persécu- 
tée (inf)W. Donne sa langue ® (ns-f) à la tribu des harponneurs (ms*w msnw-w), 
et la fine part de sa curée (hpt wadww-f) [à leurs enfants (?)] W. Prends pour 
toi sa tête (tp-f) qui a usurpé la couronne et le titre de ton père Osiris (ir wts hd-t, 
i;w-t n it-k Wsir). Ce qui restera de lui'( sp im-f), brùle-le (snwh an) dam cet 
autel à feu ('h) de la Maîtresse-des-deux-Egyptes ^ (Nj*4-tvwî) 

Là se termine la seconde répartition des morceaux de la victime. Sa forme 
est très semblable à celle de la première; mais les divinités énumérées sont 
deux fois plus nombreuses : on ne s’en est pas tenu à une seule ennéade choi- 
sie parmi elles. On commence des deux côtés par Osiris, mais l’ordre change 
ensuite. Les parts ne sont pas toujours les mêmes; les bénéficiaires appelés 
au partage varient dans les mêmes proportions. Les lieux nommés sont plus 


(1) Désignation de ia déesse de P-Dp (jointe à 5 Ip*shd), assimilée à Isis mère d’Horus. 

(î) Peut-être le Khnoum-Haroéris de Mtnw (cf. plus haut), 

f3) Si*w hrlw w<f mdw m Db'w-t. L’oracle des hérons sacrés, au temple de Bouto-Djébâout : 
cf. Drioton, T, dram . Edfou, p. 82, (a). 

W Probablement l’Osiris spî de la province d’Héiiopoiis, adoré en particulier à Toura (cf, 
Gàüth., D. G v II, 67, 127 ; IV, 125 ; V, 26), plutôt que le dieu patron de la 18 e province de 
Haute-Egypte. Comparer les deux formes, au Grand Papyrus Harris, 37 b, 3 et 61 b, 11. 
Héliopolis- J /wmr est citée comme ville horienne, sur la liste du rituel : cf. Edfou , VI, 70, 3 , 
et plus haut. 

i5) tnk mvO't-k \rf : littéralement je suis ta mère , sa persécutée . 

(6) Ce morceau, prélevé sur la tête que doit se réserver Horus, n’est pas nommé dans la liste 
du premier partage. 

< 7) hî t wndww'f n [fna*to*âfi(?)]. Cf. le passage parallèle : hl-tf tm n ms'W-sn (Edfou, VI, 85 , 9). 
wndww est écrit ici avec le déterminatif du morceau de viande. 

(8) Hatîior de Dendéra, entre autres formes de la grande déesse du ciel, portait cette épithète 
(Mar., Dend I, pl. 3 ; III, pl. 72 c). Étant donnée la participation importante des «gens de 
Dendéra» à la fête de la Victoire , c’est probablement elle qui est ainsi désignée. 

W Edfou, VI, 89, 6 à 90, 2, 


*( 788 ). 


rares ; deux catégories de divinités inférieures, les smiy-vo et les ihm-w sp, 
tiennent la place des chiens et des vers sur l’autre liste. C’est la langue, cette 
fois, au lieu des entrailles de la victime, qui va aux harponneurs d’Horus. 
Peut-etre les compilateurs de ce texte ont-ils voulu sauver de l’oubli la liste 
d un manuscrit different, mais tenu par eux en égale estime : ils l’ont remaniée 
de la meme façon que la première, sans cependant faire disparaître ses carac- 
tères propres. 

Il ne restait plus à Isis qu’à chanter la strophe suivante : en effet la der- 
nière phrase gravee a la fin de la quatrième ligne au-dessus des personnages 
du sacrifice n’est que le début du développement mis dans sa bouche, aux 
deux premières colonnes, derrière ces mêmes acteurs sacrés : 


A t J ^ | amwhm, 


lllWï 


5 ) 1 ' ! 



-sîa;=i[i::»]:s= 





Râ t a donné laforee de Montou : Horus, on t’ acclame. Toi qui as saisi ton épieu, 
donne-lui ( maintenant ) repos W, mon fils Horus bien-aimé. Le roi ( ^J, 

fils de Râ Ç Ptolémée "J est justifié dans la grande salle®. Il a terrassé les 
Mention, les [Iountiou (?)] de tous les pays de l’Orient (St-t), du fait qu’il est 
venu dans ® la grande salle. Il a vaincu ses ennemis; il a saisi (leur) dos (dans 
ses griffes ) ® ; il a détruit ceux qui ne voulaient pas (le) reconnaître, (en les saisis- 
sant) par les cheveux ( # ). 


(1) ir-k îbw lc imf. Littéralement : fais ta cesse de lui f = ton épieu : bii-k), 

W Cette grande salle est Ywèk-t du tribunal des dieux, où Horus, vainqueur légitimé, reçoit 
la succession de son père sur le monde terrestre. C’est aussi la salle hypostyie de tout temple 
où l’on célèbre les rites de la fête de la Victoire. 

(3) Texte altéré : s k sw mV m (? ) veiha. 

[n]dr-nf iVi-sn ; le texte porte iU-f, comme s’il y avait : hfti-f, et non : hftiœ-f. 

,5 > mir-nf km-m-sn (sw), hr sb t sn. L’image précédente est celle du faucon divin sur le dos 
de son ennemi vaincu. Celle-ci évoque le roi humain du pylône des temples, brisant la tête de 
ses adversaires. Texte : Edfou, VI, 90, a +87, 11 à 88, 1, 


789 — * 

C’est là la dernière apostrophe delà chanteuse smy~t. Elle mele le triomphe 
du roi d’Egypte et celui du dieu victorieux : c’est la rituelle « acclamation au 
roi» des fins de cérémonies. Les combats mythiques cèdent d’un coup 
la place aux victoires réelles qu’un roi vivant est toujours censé avoir rem- 
portées sur les peuples voisins du pays. Tel est le rôle traditionnel que le maître 
de l’Egypte continue à jouer dans le culte des temples, puisqu’il est Horus 
incarné sur terre. A la fin de toute cérémonie, il faut que son nom soit 
prononcé. Il est nécessaire que la parole des officiants le substitue au 
dieu lui-même, afin qu’il ne fasse qu’un avec lui, et que sa force soit la 
sienne, Alors la victoire lui est assurée, et le pays redevient pour un an le 
royaume d’Horus. 

Par ailleurs une première note liturgique nous dit ce qui se passait au 
centre de la scène sacrée. Le sacrifice de 3eth, tant annoncé, s’accomplit enfin: 
c’est la dernière phase du service de la fête. La statue d’hippopotame placée 
debout au bord du. lac, et portant l’image du dîeti vengeur sur dn dos, 
restait, semhle-t : il, au lieu qu’elle occupât Mais on en mettait en place une 
autre, posée sur un socle, un peu plus petite que la première. Celle-là pouvait 
être réellement découpée : elle était faite de pâte a gâteau s w-t®. De là le 
geste du sacrificateur, qui sur le bas-relief se penche vers l’effigie de l’Ennemi, 
le couteau prêt à lui trancher la patte de devant®. Voici la rubrique : 

On amène V hippopotame de pâte à gâteau (S‘wt) en [présence] de Celui-qui- 
lève-le-bras. Le sacrificateur le découpe. Le cérémoniaire en chef lit cet écrit, (tourné) 
vers lui, le vingt et un Méchir ® . 

— : V.V 41 ‘,1,1.:-. ‘-1 1 i ■ ' il* "C' . ! ‘< l * 3 ~ ’ 1,1 ' 

<Hl,La même pâle s'w-t sert encore aujourd’hui, dans les campagnes égyptiennes, a préparer 
les gâteaux traditionnels du jour de l’an musulman. Elle était faite de farine d’épeautre (de ble, 
aujourd’hui), pétrie avec de la graisse et du miel. La graisse employée donne aux gâteaux, une 
fois cuits, une couleur blanchâtre, et une consistance épaisse. On peut facilement tailler au 
couteau ces pâtisseries. Cf. Wb., IV, 4*1, 3 ; voir Hérodote, II, chap. 4 7 (image d un porc 
faite de pâte cuite S'wt, sacrifiée par les Egyptiens les plus pauvres aux fêtes de la pleine 

lune) . 

m Cf. Edfou, pi. phot. 5 1 4 : premier personnage. 

W* lp{i) hlbnïwt m-{blk}p(l)P»' fft in’mnks sd mdU tn r-f in hn-hb(. t ) tpy, m ,bd 
sn-nw Pr4, sw ai. 


*•( 790 > 


Un personnage de pins entre donc en scène : c’est le sacrificateur (imnh) 
11 est chargé de découper la pièce de pâtisserie, selon les instructions d ’/mW 
Les autres protagonistes sont tous présents. Thot, le cérémoniaire, tient son 
rouleau en mains, tourné vers l’image de Seth et l'Horus-au-bras-levé qui 
ui fait fece». Le prêtre du roi est debout derrière le prêtre du livre , vêtu 
lui aussi du pagne seul. Il porte le collier wéh au cou; il est couronné du 
diademe royal, et de la couronne (iprê . 

Un chant s’élève alors, conduit par celui qui tient le livre, et tous les 
prêtres de haut rang qui assistent au service chantent avec les choristes 
au moment où la patte de devant de l’Hippopotame se détache du corps 

sacrifie^ C ° UteaU dU sacnficateur - C ’ est la .seconde note liturgique pour le 




Paroles que chantent W les prophètes, pères-du-dieu et ( prêtre$-)purs : Réjouissez- 
vous, femmes de Bousiris : Horus a abattu ses ennemis! Soyez en liesse, gens de la 
province d’Edfou ; Horus £ Edfou-graruEdm-du-ciel a abattu celui-ci, Vennemi de 
son pere O sms! O Onnôphris, taforce est (revenue) à toi! Les monstres [de l’eau 1 ta 
craignent; [on te révère parmi les habitants des rives WJ. [Ils] t’[adorent (?)] W, ik 
t’acclament, les possesseurs des sanctuaires secrets W. Voici Horus (Hr pw), le vengeur 

— i--. ^ ^ U ^ \\i\ 


*!’ J* sacri,kateur P° rte ie Pagne court Sndwt, et garde le torse nu 
stn, eUa’coumrne’Ipr^! ^ P>n ^ Ue *^ e ^ n; ** P orte P 6 *" 1 de panthère des ptétres 

psiis rir- pré, “’ s i °" mi pt “°“ er ies mémes p,roies ’ c ’ e *' ’“ ,iis «- 

« M “ f trUite 6St FeStituée ici d ’ a P ïès Ei f m > VI > 64, 8-9 ( C f. plus haut), 

n, nb-w s-wt st,(-m)-t. Ces «sanctuaires secrets» désignent vraisemblablement les lieux 
parS hétaT dans chaque province, et où l’un des membres du dieu mis en pièce 

Les tes tesTu" rr y a, * “ ^ ™ obligés dans 








( 791 )- 


de son père OsirisW, qui a combattu de ses cornes W , qui a vaincu [ ], en captu- 

rant l’adversaire et assommant l’ennemi! W. 


Le sacrificateur se contentait peut-être, en fait, de détacher la patte de 
devant de l’image de Seth. Nous ne possédons en tous cas aucune rubrique 
portant sur d’autres pièces d’offrande prélevées sur le même ennemi. Il 
serait conforme à un usage souvent respecté que la première partie de la vic- 
time ait la valeur symbolique du tout, malgré l’envoi théorique de son corps 
entier, morceau par morceau, à chaque sanctuaire d’Egypte célébrant la fête de 
la Victoire selon les rites d’Edfou. 

Le sacrifice de la fête de Méchir est jusqu’ici d’une nature particulière. 
Contrairement à ceux des autres grandes fêtes, on n’y voit pas présenter en 
offrande alimentaire la masse des revenus en nature réunis par la commu- 
nauté. La dernière phase de ce sacrifice, à laquelle introduit la troisième note 
liturgique, ne rentre pas non plus dans le cadre ordinaire des offices de fête : 




\®S 


c 






i«. u a v- ■= A' vas c. «i m-* r>j n "rt » v <w o + v 

On amène l’oie (t; sr-t) . On lui verse du grain dans le bec. On dit W : [Acclama- 
tion, jubilation pour (?) Horus]-fils d’Isis-fils d’[Os]iris W, en cette heureuse journée, 


ainsi que (mdi) pour (n) le roi Ç" 


~^j, fils de Râ ( Ptolémée 


qui est venu comme [ ]• avec (?)] son [Uraeus (?) !] Il a illuminé le pays 

par sa beauté (m nfrw-f) W, ( lorsque ) le regard de ses yeux ( divins ) s’est étendu 


— , — ^ " i n : — — n — *■» — ”> ' n 7 — r — r *p‘ — : — ’ s ‘ ' !JJ " ur r,: - 

«»> ndty hr it-f W sir. Cf. Wh., II, 3 7 6, 11. 

{i) 'hî m 

(3) Edfou, VI, 88, 3^ 7 . Littéralement : les ennemis. 

( 4 ) élj tî sr4; giS dhdh r rLi ; dd mdw. Le verbe gis est conservé dans le même sens en 
copte, dhdh est un dÉrraf (Wh., V, 483, i3), mais son déterminatif du grain, et le bas-relief 
lui-même (Edfou, pl. phot. 5i4) rendent son sens sûr. Cf. dhî r Wh., V, 6o5, 7, 8. 

^ tw [hy knw n (?) Ifr] si &-t sl[Ws]ir . 

t*) Cela revient à dire : par son émanation matérielle, sa lumière (Wb., II, 2Ç0, 11). 



+*( 792 ). 


sur (ntr-t-f mr-ti-f ss rW 1 r i 

(Mtr), pour chasser les suppôts (d-T_ t Ü* Z[ J / [ J * 

[&J Flamme®, e„ e „ iLfar^T T” ( " 

ik) à son pire, toujours! (Car) perdit^ aZ'tÏJ H‘> 
«.te] contre lui», (car) m « ^ ^ ^ fa . ( ^ IV f * « * 

On présentait donc devant le dieu vainqueur une bête vivant. • 
oie ipt, qu on nourrissait en sa présence 7. „ ; j u,u ? ue ’ ™ e 

recevait des mains d’un assistant. Tand' ? !" (f| la 

terre, le premier officiant nren t i" < ’ U6 <len "* * a déposait à 
coupe à bords évasés » et faLitTe JTT*! R 1 *" 18 3 4 “"ternie dans une 
Rien n’indique, par contre ^ T " ,f- ’ «**— *’*■ 

de toute annotation üturgW sur ce enSU “ e ' L ’» bse "ce "idme 

pas d’introduire une victime mais d’a , S * P resuroer 'l u ** "e s’agissait 

Ce symbolisme a probablement trait sTl'riolh" d7Z‘ ^ 
puisque telle est l’idée dominant* a ^ du sur son ennemi, 
D’autre part l’oie ^ 2“ 7 £ ^ ^ * k **“*• 

^ r_T™ ÆtiS: WïW 


9 ™ ' ^^"sihfp^r rte ”" < * - - rf - n. 

: r,- - - — - 

<’> Edfou, VI, 88, 7 , à 89, a . 

” Pf r ° yal du bas -«liof en fait foi. 

w. Edfou, pl.phot. 5i4. 

/. ost un d °ublet féminin récent (XVIII* <J V n \ ,i«> i r 

(Ancien-Empire) ér. Sur l’oie , S V et son rôle dans les ? ' * 3 f ° rme “ asculine ancienne 
/^* * «. Min, p. 9a o. 9a 3 . L’identifiÜtioÎ nr reli S ieuses > * fi»»., Le, 

4T avec rollier ou gea i bleu (ibid., p. 999-9,3) ZaTf T^T * Ga " thier de J ’ oi ^au 
est un des plus caractéristiques parmi les oisp P ^ lfficile a admettre. L’oie sauvage 
tiens ont pu prêter un rôle d’envoyés célestes. De phs lîTôTdo^ *“ 8nCienS 
faible soit-elle, aux dessinateurs de l’énouue rrre P ’ doit accorder une autorité, si 

“">“1*» S«’ils représentent, le blreU.fTÊdf" P< ’"’', <l * ™ d * de» 

«ne JJ - 7 un „„.rd sifcr ^ iTZTlff-. '’f" *»* 

(tl. Edfou, pl. phot. 5 i 4 ). prwee, p. t 44 , n 1), ou un geai bleu 



{ 793 )*+— 


la mer céleste, et de messager divin ( inw ) W. A Edfou il n’est pas question 
du lâcher des quatre (oies-}ér vers les quatre points cardinaux, mais d’un 
oiseau ér isolé. Une seule oie ér a donc pu être introduite — c’est là une 
simple hypothèse — devant Horus, au moment du sacrifice de Seth de la 
fete de la Victoire r en souvenir de son rôle d’annonciatrice de cette victoire 
auprès des divinités qui résident dans l’univers. 

La scène finale du sacrifice de l’Hippopotame se terminait alors par une 
quadruple acclamation hnw, poussée par tous les officiants et acteurs sacrés en 
l’honneur des trois grandes divinités protagonistes, et du roi d’Egypte : 


HV^5ltSil^£ïh=BI7^eP:iî-»;= 

3? (H 


L®J 







Horus d’ Edfoungrand-dieu-dur-ciel a triomphé de ses ennemis! ( L’ennemi ) est abattu 
(h r 'f) ! ( quatre fois ) . Hathor de Dendéra et T hot-deuw-fois-grand d’ Hermopolis 


ont triomphe de leurs ennemis! (deux fois quatre fois). — Le roi Q 


X 


fils de Ra ( Ptolémée ^ a triomphé [de] ses [enjnemis! ( quatre fois ) ^ 


A ce moment encore, un redoublement de joie populaire répondait au chant 
de triomphe des prêtres et des assistants. La ville entière faisait monter vers 
les dieux ses cris et le bourdonnement rythmé de ses tambourins. Le sacrifice 
de Seth s achevait a la plus grande gloire d Horus. Déjà on préparait 
l’épilogue de la première journée de fête : le circuit du traîneau de Sokaris. 


IV. Si les cérémonies du 21 Méchir avaient pris fin à ce moment, suivant 
1 opinion émise par Naville la fête de la Victoire n’aurait pas comporté de 
véritable présentation des aliments. Mais l ’ abrégé du mythe d’ Horus gravé au 
bandeau du mur ouest fait foi du contraire^ : ce n’est pas au hasard que le 
tableau montrant l’encensement du traîneau de Sokaris fut gravé à la suite 


(l) Cf. Sethe, Pyramidentexle , Sprueh 52 1 = 12 24. 

« Edfou, VI, 89, 3 - 5 . 

(3) Cf. Naville, Mythe d } Horus, Introduction, p. 27. 

(4) Edfou, VI, 89. Cf. plus haut. 

Bill . d’ Etude, t, XX, 3* fasc. 


100 


— m*( 794 )h*~~ 

des scènes du second registre (*.). Le texte du h* A ,, , 
sont ««*«*», * r J Z , v bandeau décIar * •• ~ morceaux 

Sokaris sur le (traîneau-) m { h autour de MW tl f “ W " W de traîner 

Ce lte nous est bCco”*'”^’””' , 

Celait celle du 2 fi Ch„L a ’ Par le 
d Osirie et vengeur de s „n père eucM,! ’,/ *“?"**" d ’ H »™* * 

d Osiris en Chorale «. On y présentait ,1 n C ' remomes du grand *»>'( 
puis on lui sacrifiait l'dnc sauvage du tsmp fds Z al ™ entaires 4 
««; nue seconde image de Seth-Ap„phi s }***' 

d W^s^rtnt^nto,* (flraLL jo 'f SUr 1 autel 4 *» 
Pr ~ Mrt - Devons-nous en conclure nue ta -\ ^ devant les dw# de 
Méchir, devait attendre le matin du Lr f™***™ J oamée de fê te, le ai 

phase de ses rites? Non, selon toile 2 J'"' MC0 " 1 * * * J >iir ia d <™“re 

était effectivement célébrée - nous n avons U ^ de Solaris 

= 6 Choiak . temps du maùn (mtfdZ douter - le 

journalier des offrandes du matin On ’ j' , “ M ~ d,re a 1 heure du service 
tation des aliments („tn-w ?*.») J ' “ Mt par une « rand e présen- 
mention n’est faite de cette cérémonie ce J T' “ MWlir ’ a “«uie 
née liturgique d’un temple Depuis l’n 'i' *” eSsentlelle e ” chaque jour- 

Z - a ^plia, P e, e -«;LTan';:rr ZZ ““ T ^ ^ 

1 Hippopotame, aucun aliment n’a encore été off t TJ Symkdi< ï ue de 

comporte essentiellement cette offrande Puiscm’onV’ ff V ^ S ° karis 
des autres, c’est donc qu’il avait lieu non J T ^ 11 en conclusi ™ 

2 1 Méchir, et des quatre autres iourné ff!?’ m&1S dans ^près-midi du 

instant coïncidait-fl avec le temps du f'.' ' , PeuM,re °>» 

présentation journalière des aliments ( s > ’ ' U1 de a S€conde 

!^^e rai e r , iaode ^ 
•7 ,ce ,aweau eoni pièie, m 

gistres, comprend, de bas en haut : le texte C de F • ’ 6 rectan ^ régulier qui, sur deux re 

« ^«.v, 399 , Voir ^ pio< (s . 

Pl “ ! h “ (*'• partie ^ fascicule I, 


- ^ H*( 795 )**+• 


de h lictoire. Il symbolisait le renouvellement de la puissance de l’Horus 
solaire, Harakhthès vainqueur de Seth. C’était la procession finale de la 
barque-litiere h/uv autour du temple d’Edfou, précédée par l’offertoire 
des aliments. Le décor de la fête changeait. La barque-litière wts~nfrw, 
longtemps immobile sur son socle en face du lac, prenait place de nouveau 
sur les épaulés de ses porteurs. La procession s’organisait; tous les prêtres, 
tous les acteurs sacrés se plaçaient devant et derrière les images des dieux. 
Au milieu des chants, des aspersions d’eau pure et des fumées odorantes, 
le chemin du dieu voyait passer lentement, en sens contraire, le cortège 
d Horus vainqueur. Il regagnait le pylône, franchissait le portail, entrait 
dans la grande cour ceinte de son portique. Au centre de cette cour, un support 
de litière était dressé ; là, les porteurs posaient la barque sainte. Devant 
elle, sur des autels wdhwW, les aliments de la grande offrande de Sokaris 
s’entassaient, comme aux jours les plus solennels de l’année. A côté d’elle, 
posée sur son traîneau mfh muni de patins et de brancards W, la barque de 
Sokaris sortie du sanctuaire osirien du temple & et chargée du tabernacle 
du dieu présidait aussi la cérémonie. Les participants se groupaient en un 
vaste cercle autour des images sacrées, comme au bord du lac : les ( prêtres )- 
purs au premier rang, les figurants et musiciens en arrière. Le prêtre du roi 
retrouvait toute l’importance de son rôle. Ni Thot, ni Isis ne l’assistent 
plus, quand il s avance seul vers les divinités. L’encensoir en main comme au 
sanctuaire du temple, debout devant les revenus de la communauté accumulés 
en ce jour, il les fait parvenir aux maîtres d’éternité avec un flot d’encens : 

s-mrïDaPî'fy 

Salut, salut, Encens, en paix! Que le parfum entre, en paix! Que l’encens divin 


(1) Cf. Edfou, VI, 1 3 7 , 9, et traduction, plus bas. 

(î) Cf. Edfou, pl. phot. 536. 

< 3) Ce sanctuaire est formé à Edfou par les deux chambres du sh Skr , ou chapelle de Sokaris. La 

première est dite %.<, comme à Memphis, et la seconde ii-t-Sr, comme à Bousiris. L’ensemble, 

dans l’angle nord-ouest du temple, fait pendant aux deux salles de l’angle nord-est, ou 
chapelle de Khonsou-Thot (sh Ifnsw- Dhwty } . 


100 . 


rzrr l ' araùe r “ *•<««,/ t« « »»•««, 

Z ^JTJ'T- “ W’> 1 * ** *- - *«/ o»“Z!S 

Celut-qm-embellit-Ra , chaque jour! W. ^ 


Posant ensuite à côté de lui l’encensoir, le prêtre qui réunit en sa personne 
« ; l ^ ^ menait le rase * libation e, 


S 1 «Vï~l illlnsgnîslïl 

rr+surrrsrpiv^nïsnisiiîii,^,*^ 

-SlftîsII^iilîVU/MîUJirüîn.ivis.iîîp.^ 

— « 1111 — î-’tî— 

— ^ m *-* J J J — [»-i sT™ S If; S fa irri 1 2 


Je mens a Un, mm pere Osirist Je suis Um fils Horus , je fais présenUUim M 

T"! r n , nmge ’ {tm,r î”) “ “”>/*« « «» -#•««* de pureté (m h;w 
■ k-t.lc). Ont apporte ton kl autel à libatM», tandis que mes mains son, jointes 

'- 11 "” r v — ^ \ • ’ , , s tr . 

u -* * — d ” “« *■ 

(,) [WrS (?)]. h . ’ 9 > >• 

< 3 > Edfou, VI, i 36 r ii,ài8 7 , i. 

respond ^ à mrk== offrandes ("w h" T ^ “ **’ ® Ie ^ 

C’e»t l’autel-dressoir «IJ.', et. plu’, b,',„ pT 8 "-”Ï)"“ Sémiti,! ""' 


( 797 )« 


devant ton beau visage, tenant (m) ce-qui-s’est-écoulé-du-corps-de-dieu t J >. Tous les 
sanctuaires sont dotés de ton image; toutes les provinces portent tes effigies. TM 
t’adresse (le culte) (dans) les demeures des grands de l’ennéade (2) car ta Majesté 
possède leurs trônes, depuis que leurs possesseurs ont commencé d’exister R Que ton 
image se manifeste , que tu renouvelles leurs cérémonies, et les maisons des dieux 
sont gardées du Mauvais comme (par) une enceinte de fer Je décore leurs résidences 
(stwt-i iwn-t-sn), pour protéger les [puissants (?) ([shm-(?)]w) [dej ([m- (?)]) 
l’Ennemi (piy-f) M, car toute [ maison } des cüéu[x] [est gravée J, au portail (r-rwt) 
de son sanctuaire, au gmnd nom de ce dieu. Celui d’Edfou, chef du pays du Sud, 
lit-on vers (r) la droite ; le Maître de Msn(-t), grand dieu du ciel, lit-on vers 
la gauche. (Mais) on ne fait pas mention (shi) du révolté (sbi), il ny a pas de 
temple (h-t) [à(ip}) son nom, de par le pays (m-ht C). Quand V héritier apparaît 
dans les provinces du dieu®, chaque dieu châtie son ennemi. Viens à ma voix, mon 
père Osiris! Je suis ton fils Horus. C’est moi le taureau fils du taureau ; c’est moi 


. A -J X . 


, ï’.i-.iiMh ,i I) ‘)1 h»1'Vhi *j 1 iifd'V ) 


(« Al’J ’J U* 


(1) 


'. W U twt m hr-k nfr, m rdw n h'-w-nlr, CL, par exemple, l’eau pure jaiiüssant du corps 

Z~.~ -1— i- dJ-i- -1- ni J , -» ^ -■ - 


mutilé 


d’Osiris, sous l’action des deux sœurs , au témpie de Phiiæ Bénédite, Philœ, pi. XL, a” registre, 
au centre. Cette phrase était probablement accompagnée d’une aspersion d’eâu consacrée sur 
les offrandes. 

« Dhwty m nd-kr-k. Le spribe a éprit d’abord ni-rl, puis a continué par hr-k, en négligeant 

d’effacer ri (cf. Chassinat, Edfou, VI, 187, note 9). , 

m (m)Ü-vo t wr-w n péd-t, ti hm-h’m nb lt-sn, sl’-tw nb-tb-sn. Le sens^est beaucoup plus satis- 
faisant, si l’on restitue un m omis par le scribè après m nd-hr-k. Pour sï = SP hpr, cf. Wb., IV, 
/107, 6 : hft &'.•/= quand il commença d’exister (en parlant d’un dieu). 1 - ^ 

(») hpr twt-k, mîw\y] n-k n-t--sn; pr-w-nlr-w m gs-dp(-t) Nbd, mi sh n bit. L’ecntufe e 
gé-dplt) est l’une des graphies aberrantes du m|t (soudât écrit aussi gfitp, et parfois, 
par métathèse : gé-p(- 1 ), par le signe du ciel : p(-t)=p phobique ; cf., p.os. E^u, VI, 
346 , 7). De là, l’écriture non comprise jusqu’ici, signalée par le dictionnaire de Berlin dpVb., , 
aoô’, 6 et 7) : gépUi\ = gé-dp-ü ; les deux ( Uraeus ) protectrices; gép-tlw ~ gé-dp-ti-w t les 
(divinités) protectrices. Nous avons içi un nouvel exemple de la graphie gép (avec determmatif 
de la maison, fautif) = gé-dp(-t) i la protection, nbd est une épithète frequente de Seth- 
Apophis. L’expression sh n bit est parallèle à ébty n bil L’image de Sokaris dont il s agit, 
c’est le Disque-solaire ailé, symbole d’Honjs-fils-d’Osiris comme d’Horus d’Edfou, dont la fete 
de la Victoire commémore l’installation dans tous les temples, pour les protéger de Seth (cf. plus 
haut : Edfou, VI, 129, 8 à i 3 o, 4 ), comme un rempart do fer. Le renouvellement des rites de 
la fête est le garant de l’éternité de cette protection. 

< 5 > C’est ici le roi, bâtisseur des temples, qui parle par la bouche de son prêtre. 

« ép-vo-t ntr. L’expression semble désigner les provinces d’Egypte où les rites de la fête de 

la Victoire étaient célébrés comme à Edfou. 


Bill. d’Étude, t, XX, fasc, 


t 


»( 798 )« 


rLn du M (kl W’ 1 1 ” flS * M ’ hfinKm Mn »“■' *>« * /'**■ 

, du <wf (b.,), , «ÿi*. W w w fe ^ , 

fa fa»re Mb amour de Chemmis; la mint e effigie d’HarakiL LL* 
s est séparée de son ram* . fl l v j narmntties, sa réplique, qui 

celui 1 n • 7 Amft * r du P a y s ’ ( l m « «Ml fe F» («M(^)mké • 

ce/m efe qui a ouvert le sein (de sa mère) • le £h »* > j v , , ™* S ' 

£ «J V « f J WWS & H te "«*• fe «fc, mon Ooem 

“* - W ^t^ parffièee » TV^t'C. 7 “ 

«-* « w « «• z*. *1 ;i”. K 


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cr!:z‘'r!r^!: s < X;:Xiteï la feti °; ~ £ >” 

.« <w.'~ 1 r 1 .v: tr:tr i.-; srsfî 

“tt ment d “ s ,a «“* y ~ TJSZ 
Ct:;:: son p 7 ie - s,mboie de ia -*■*> •** au,::;;: 

Bandeau de -JZ, -TV^T T- tZT’ T* “ 
Cées là sont de ceües pouvait voir se dérouter en ce 


aiïirn*inyj*^'fw:i:ià'5îf,?yaj;j 


n ii i 


* 



Dieux et déesses crient de ioie lm î'n..,\. r . i , „ 

d’Outéset, les dieux de Béhédl 1 f pu^ loUan # e a Râ Usâmes vivantes 

pro^onmagmfyue fai, fe taur de M*en, au matin Soin ». " ^ “ 


7 * mia W ( m ‘> IV > 35 9> à). Cf., pour le faux pluriel sans f FAC „ "T 
est un synonyme de hprw. * *’ sans 4 • Ed f ou > D, 72, i4 ; rruvot 

m £rf M VI, i 3 7 , 8 à i 38 , 0. 

« Edfou, V, 6, 6-8. 


Sokaris précédé des enseignes divines passait le 26 Ghoiak, nous le savons 
aussi, par les deux portes du couloir de ronde ( phr-t ). La trace de son passage 
y est encore fixée aujourd’hui sur la pierre : 



'à i£J*r 

<=> Alll « 1 I I I J I I I I * 1 


(1 C’est la) porte sainte, par où font le tour du couloir les prophètes et les pères- 
du-dieu d’Outéset, dit la première, la porte de l’ouest < J) . Mais la porte de 1 est 
ajoute : 


PJiV 


ÏXÎ^HIS': 


iVkUtmnans^ip, 


s\ • „ 


■ itv w . 

* I 1 * c d» I 


(C'est la) porte par où s’avance, faisant le tour du temple, (le dieu) Sokaris , 
au matin-divin, tandis que les prophètes et les peres-du-dieu font le tour a sa suite, 
et que les ( dieux-)qui-sont-sur-leur-hampe lui ouvrent le chemin®. 

Or Sokaris, s’il partait de la grande cour, devant la porte du pronaos (comme 
c’est inévitable W) , pour faire le tour du temple, ne pouvait accomplir son 
circuit que dans le sens de celui du soleil, puisqu’il est le soleil. Il tournait 
donc vers la branehe est du couloir, passait au nord derrière le sanctuaire, 
puis revenait par la branche ouest vers la grande cour. G est ce que faisait 
certainement aussi la procession finale de la fête de la Victoire 


‘—r — , — : 1 — 1 — : n — .1. T~ .! r ~ 

« Edfou, VI, 2, 17. 

w Edfou, VI, 192, 10-11. 

(’) La barque hnw sort en effet du temple, et ne peut le faire que par la porte du pronaos. 

< 4 > II est remarquable de constater que le circuit solaire des processions est un parcours théorique. 
Il tourne, en réalité, en sens inverse du parcours apparent véritable du soleil autour de la terre. 
Mais telle était la fiction traditionnelle, pour l’orientation des maisons divines et. des cérémonies 
qui s’y déroulaient. Les processions circulaires passent de la « gauche du dieu» vers sa << droite», 
quand il réside en son naos du sanctuaire, la face tournée vers l’entrée. C’est ce que fait la pro- 
cession du jour de l’an (1" Thot), à Edfou. Son circuit autour de la terrasse, bien connu par 
les bas-reliefs des escaliers, était identique à celui de la procession de Sokaris autour du temple 
lui-même (cf. plus haut, 3 » partie). Par ailleurs l’inscription de la porte est du couloir de ronde 
(plus importante que celle de la porte ouest) correspond aussi à son rôle d’entrée, celle de la 
porte ouest à son rôle de sortie, pour la procession circulaire de Sokaris. De plus, ce sens du 
défilé terminal des images divines pendant la fête de la Victoire coïncide avec celui dans lequel 
ont été gravées les scènes du mur ouest du eouloir de ronde. 


— ***•( 8 00 

De f. n ,“ te du défflé ." ) se sroupent les porteurs A’enmgms. Ce sont 
peu^efe comme au Jour du ,» Thot, d'abord les deux Ophoïs, de la 
e et du delta; puis Thot d’Hennopolis, et Horus-d’Edfou-grand-dieu- 

e " Ie “ r forme dW “« des chemin,; enfin Khonsou et 
Nefertoum O. Demere les enseigne et les prêtres du premier groupe mar- 
chent les deux porteurs des armes sacrées d’Horus de Mésen, oui viennent 
de jouer un s. grand rôle dans le symbolisme delà fête : le idm d’Horus, 
1 (epieu-)ég»i. Le prêlre du roi s’avançe alors à pas lents. Il tourne de 

inZtV t ““T", aUUmé Vm l6S dieUÏ ' JUi le suivent ' et ■“»■* un 

stant a reculons en brûlant une pincée d’encens. Puis c était le tour de la 

toTe'iT ( ° U4 ”l * a 01 ” 8 ‘ S °” tabernade 6St scul P‘ é e “ forme de 
tombe qu e protégé de ses ailes le faucon-solaire. Malgré le traîneau 

l ? V ° ltemS habi ‘ Ueis h P° rta ““‘ P ar «s brancards, 
ut-etre, en rappel des usages lointains, une corde était-elle fixée à la 

e*émité a dàr Ure d “ “r”’ Da “ S “ eaS d “ ™ pouvait tenir son 

d “ s sa tout en précédant la litière®. Derrière venait la barque 

des Z7l “ X ’ PU,S dl «“ itaires du P |US huut rang et le second groupe 
prêtres de service au temple en ce mois.. Après les porteurs de flabellun, 

marcha, en probablement ies acteurs sacrés , harponnent®, femmes de 

col?* A °’ et tous ceux û qui il était permis de franchir la seuil du 
couloir pur Au moment où le cortège se mettait en route, le prêtre du roi 
prononçait les paroles d’ouverture de la procession terminale 

Je tratne Maris sur k (traimau -) mfh autour de Mise n (hr phr MsnLO de 
meme qu (nu) il fit le tour de (son sanctuaire) Skr-t( 5 ), en sa (barque-) hnw : c’est 


plus Sut, eS 3- C partie)! ^ Pr ° CeSS1 ° n * Vm> aux esca!iers de la terrasse du temple (voir 

” lT leS f ° mes des emblèmes divi ns = Edfou, pl. phot. 536. 
e. ZZiïïïZt Pfc ”‘’ 536) ! «* P-*. * .e™, 

IcblulM , difartjrtirhm, , 4 Sfcj , ,;jj y, , 

•xztïïzæAStttz! - pli * - — ■ - - 


H EU 


»i- * ( 801 )•** — - 


Akhthès , c ’est Akhthès, qui brille dans l’horizon ! Râ-V Enfant est jeune, de nouveau ! «. 


Puis il entonnait le cantique de louange : 


^stï | ir,zi ;: rf:f^:jiPTiP~i''iyw°j=i°JiiTà^ 


© q L J * 






“Tt Vpt t- 

JL f t M H» . 1* 




Les portes du ciel s’ouvrent : dieu sort de sa demeure. Le pays est pur et l Egypte 
(ïtr-tî) exulte! Elle voit Râ en sa forme d’ Akhthès, et se prend à eoculter W devant 
sa Majesté. La victime W gît au centre des parvis® : Horus a abattu son bras sur 
elle ( s! . La (barque-)hrm de Sokaris s ' est levée, sortant de l’Océan (m Nwn) : c est 
(celle du) Seigneur des dieux du ciel. Le puissant Râ franchit la porte (ri) de 
f horizon, et son amour met les cœurs en liesse. C’est Akhthès, Akhthès brillant 
dans l’horizon, c’est Râ né de nouveau! Salut à fÜraeus de Râ, qui s’attache au 
front du Seigneur ®! Louange à tlorus-k-rapace (ifc-n-f) ! [ses] mains ont eu puis- 
sance sur les ennemis de son père! Lorsqu’il revient parmi la joie, parmi les cris de 
fête (m s5-tj), l’allégresse paraît en ce pays. La jubilation est montée d’Edfou : 
quiconque y est rend gloire (adieu). Bousiris, Abydos renouvellent le cercle®; 


■ — 1 ' — • 1 “ . . ■ *.T i , i i m m t t 

W Edfou, VI, 139, i 3 à i4o, a. 

Littéralement : il prend pie. 

' s > hnti : l’ennemi de Râ, sacrifié devant lui. 

!*> bds imitvo wsh-vo-t. Le verbe hds est prb ici au sens matériel. Le pluriel wsh-w-t ne s’ac- 
corde pas à la réalité du sacrifice, présenté au milieu d’une seule wéh-t : la grande cour du temple. 
Il faut y voir un tour poétique, fréquent dans les hymnes de louange. 

( 5 > wd-n Hr ’-t vif rf. Littér. z Horus a lancé ses mains contre elle. 

W tp n tty. 

m vohm-sn snw = renouvellent le cycle (de la mort et de la résurrection du dieu)v 


— w( 802 

elle, acclament le fils d’Odris, car elles voient Osiris étinceler dans (la barque-) 
. nw .Son fils la venge, qui s est levé sur son tram. Il a paralysé (imn-u-f) 
son agresseur il a rnis à mort celui qui mit * mort son pire, il Va jeté au feu 
tou, sanglant (n, «1-t). Le mal s’es, enfui, h mal s’es, enfui! Le Seigneur es, 
(/«), protégeant h mamn : ee qui était en elle » subsiste grâce à lui (ma Imi-f 
Celui qmaren myéjc mal à qui l'envoya, c'est le roi Ç } k 

fils de Ri Ç Ptolemée ) , fc dieu qu’aime Celui-de-lalitière-Hè,ou (Hnw(i)) ! (>). 

UnWnt, le cortège des dieux passait sous la porte est, s’enfonçait 
dans etrmt corridor entre la muraille orientale et la masse lourde du pro- 

’ “ dekou,:hai * d ™ le couloir de çonde, trois fois pins large U 
toute sa pompe se déployait en ligne droite, marchant vers le nord, et 
défilait devant la porte d’entrée des offrandes et l’escalier du puits sacré 
On tournait alors à gauche et, faisant face à l’ouest, on passait au nord du 
sanctuaire, au long des scènes de la fête du Couronnement du roi. On inclinait 
encore une fois à gauche et l’on revenait vers le sud, par la branche ouest 
du couloir O, passant devant les bas-reliefs qui nous ont conservé le 
souvenir de la fito de la Victoire. La procession se resserrait alors de nouveau 
pour franchir le corridor occidental, aussi étroit que son vis-à-vis. Elle défi- 
ait sous la porte de l’ouest et tournait vers le centre de la cour. Ainsi Horus 
e ..okaris, tel le soleil autour du monde, achevaient leur périple Horus 

: iTé •;; <üïiD ' prenait one fois de ^ — » 

On arrivait à la grande porte du pronaos. Les figurants sacrés, les musi- 
ciens, les chanteurs quittaient le cortège, se groupaient au seuü de la maison 


Ce sont les déni litière, divine. : celle d’Horns.fils-d'Osms, et celle d’Osivis-Sokoris 
menees ensemble en proeessio». Elles symbolise»! la réunion du fils et d„ père renouvelés dûs’ 
“■ eobnre, nous avons là, indirectement, une précieuse ,ud,ct(ou litûrgique. 

a m-t-pr : l héritage (d Horus). ® ^ 

rJL? mr ^ (,,) ;/ 0Ur - le SeDS de «O^Sokarâ, cf. à la ligne suivante : Hnwlï) écrit 
par la barque et le déternnnaUf du dieu solaire accroupi. Cette derufère phrase est l’acclamation 
de rigueur, au nom du roi régnant. Edfou, VI, i 4 o, 6 à tki, 4. 

” Cette partie du couloir de ronde mesure seulement a mètres de large. 

d'Edfou, phrt 8 9 n (rep„ d bliée“ Ple : EdfW ’ Pi ' 1 Gf ” P ° Ur k C ° Ul0ir de 1,63,1 ’ a VUe pers P ectivc 


— «.( 803 )*+— 

divine. Les prêtres s’enfonçaient alors avec les dieux dans la pénombre de 
plus en plus profonde du sanctuaire, faiblement éclairé par les cierges des 
jours de fête 0). Au bruit des paroles sacrées, ils accompagnaient Sokaris 
jusqu’à sa sly-t obscure, et les trois grandes divinités patronnes du temple 
jusqu a leur naos de la chapelle Mén(-t). Un bref service du prêtre du roi les 
rendait, pour la nuit, au mystère de leurs tabernacles. Enfin les encense- 
ments et libations de pureté parachevaient la première des journées de la 
fête de la Victoire. 

Tel était le modèle liturgique sur lequel se modelaient les offices suivants. 
La grande cérémonie triomphale de Méchir, en effet, qui peut-être donna 
son nom au mois lui-même ( 2 >, ne se bornait pas à une seule journée. Comme 
la plupart des festivités importantes d’Edfou à l’époque des rois grecs, elle 
se répétait cinq fois de suite, du 2 1 au 2 5 de ce mois ( 3 ) . Dans ces cinq journées 
les dieux passaient la majeure partie du temps hors du temple, en plein air, 
dans leurs barques saintes. Ils étaient ainsi depuis les bords du lac sacré en 
contact direct avec la foule des fidèles, avec la ville entière, avec les pèlerins 
qu’envoyaient les sanctuaires affiliés au culte d Horus de Mesen. 


( l ) Sur la question de l’éclairage du temple, cf. plus haut (1” partie, p. 6 o- 64 ). 

(»> Cf. la discussion sur ce point, plus haut (2' partie, p. 285-288). 

( 5 ) Le grand calendrier d’Horus, trop mutilé, n’a pas conservé de précisions sur ce point. 
Mais la fête de la Victoire était célébrée dans tous les grands sanctuaires, à l’époque ptolémaïque. 
C’est le temple d’Hathor à Dendéra, où la fête avait un éclat bien moindre qu’à Edfou, qui nous a 
conservé la preuve formelle de sa durée : au total, cinq jours (de fête). Cf. Mar., Dend., I, pl. 62, 
col. 20; voir plus haut (2 e partie, p. 246 , 1 . 17, et p. 288-289). 


CHAPITRE VI 


documents annexes et caractères généraux 

DE LA FÊTE DE LA VICTOIRE 


Des textes aussi importants en matière de théologie locale que ceux do 
rayihe d'Hims n'ont pas manqué de laisser des témoignages A e ux-memes 
dans la décoration intérieure du temple, bien avant qu on ne gravât 1 ensemble 
du mur d'enceinte ouest. Dès l’époque du règne de Ptolemee Phdopator, 
juste un siècle environ auparavant, on décorait la moitié orientale du hnteau 
de la porte de la salle de W A çôté de l’emblème du disque solaire ade 
on choisissait, comme appropriés à ce voisinage, des extraits du km, * ■ h 
destruction de l’hippopetame : le récit des exploit» guerriers d Horus d Edfou. 
Après le nom du dieu les deux premières phrases, red,gees dan fa> 
termes mêmes du manuscrit, sont un compte-rendu sommaire de sa balad e 
initiale d’Edfou, gagnée par lui en sa forme divine . uj 
phrases de liaison, où l’on retrouve encore deux expressions du meme texte 
Alors le compositeur saute au dernier combat du Disque-ade a SMrl et 
lui emprunte son passage caractéristique, en le mettant a la seconde p - 
sonne au lieu de la troisième W. Il en retient encore une phrase W, pu s le 
reste s’inspire des descriptions détaillées du symbole du disque solaire 

, t ) I , .,>,/■> c -, -il 1 ' * n -- ’ — : 

.OEÿi.,1, 35,, .3.., Orfr P*»»-- ta) “*’ W 

-, ^ i. R®*. 

VI ,à ^5 VI. -, 9- Wd ** t (.1U 


— f-s*( 806 )*e~*™ 

ailé, placées à la fin du récit mythologique W. Enfin, la description d’Horus 
étoile du matin et étoile du soir résume en deux phrases le passage développé 
du manuscrit^. 

Par ailleurs une autre cérémonie, qui la précédait d’un mois environ, 
annonçait la fete de la Victoire d Horus. Elle portait le nom de grande offrande 
de Ra. Elle durait trois jours, du 2 5 au 2 y Tybi. Le grand calendrier 
d’Horus du temple désigne ces journées comme fêtes de la fondation des 
offrandes des dieux d Edfou W. La légende sacrée sur le premier combat du 
dieu, livre a Edfou meme, expliquait l’origine du rite le plus caractéristique 
de ces fetes, 1 offrande a Horus d’une grappe de raisin rouge pressée dans 
une coupe a demi pleine d eau : le tout porte le nom de hrw-* . Ce breuvage 
était le symbole du sang des ennemis de Râ, répandu par Horus dans l’eau 
de la branche du Nil W qui passait au long du terrain sacré. Ces jours-là, le 
temple d Edfou recevait depuis bien des siècles des offrandes envoyées par 
les autres sanctuaires d’Horus en Egypte. De là une section particulière du 
récit mythologique dérivée du livre de la destruction de l'hippopotame, écrite dans 
le même style et avec les mêmes mots que celui-ci. Elle ne s’appliquait pas 
à l’exégèse de la fête de Méchir, mais à celle de la fête de Tybi : aussi les 
compositeurs du grand texte à deux étages gravé au mur d’enceinte ouest 
la disposèrent-ils en appendice, à la suite du récit des combats ( 5 L Le tableau 
qui la contient n’est pas en correspondance, par la place qu’il occupe, avec 
les tableaux du rituel. Mais ceux-ci se trouvèrent tenir un trop grand espace 
sur la muraille, par rapport aux bas-rebefs du récit. II fallut rétablir l’équi- 
libre : les décorateurs complétèrent alors le rectangle consacré aux fêtes 
d’Horus victorieux en ajoutant, à la partie supérieure, au nord la scène 
finale de la procession de Sokaris, et au sud celle de l’offrande du hrw-\ avec 
ses commentaires. 

Ces derniers sont encore des textes rituels. Ils donnent quelques explications 

~ T *"' V — ~i — : . . ■ ' , , ^ — 

(1) Edfou, I, 358 , 7-10 = Edfou, VI, i 3 i, 1-2 ( éhr-nf didl-t m rl-ml-t Hr). 

<’> Edfou, I, 358 , 10-1 3 = Edfou, VI, i 3 o, 5- 9 . 

(S) Edfou, V, 4 oo, i, Cf. l’étude, plus haut (2' partie, p. 284-285). 
m Cette voie d’eau, ou « canal», était nommée : l’eau du roi (Edfou, VI, 110, 1-2). 

(s > Dans sa publication commencée en i 9 35 , Fairman a donné à cette composition le nom 
de texte B (JE A, XXI, p. â6). 


— 807 )« € » — 

détaillées sur une fête de l’année liturgique d’Edfou. A ce titre, ils ont leur 
place marquée, à la fin de notre étude, en complément de ceux de la fête 
de la Victoire en Méchir. La fête de la grande offrande de Râ était toute 
entière, d’après la mise en scène du tableau, sous le signe de la commémoration 
de la victoire d’Horus sur Seth à Edfou W. Ce souvenir se célébrait essentiel- 
lement par les grandes offrandes, qui ont donné leur nom à ces trois journées. 
Parmi elles, le geste symbolique de la dédicace du àrm- servait de passage 
entre le dieu et les dons qu’il recevait. Sa valeur a déjà été expliquée, au 
cours du récit même ( 2 >. Ici nous est transmise, en plus, la formule prononcée 
par le prêtre du roi quand il l’offrait sous forme de libation : 

! frr’.V-ï'slî — 

Mettre le raisin dans l'eau. Le {prêtre du) roi fait la libation (iwh). Dire : 
bois le jus (‘m min) mâche le raisin (wgy hwi), Horus-d’Edfim-grmd-dieurdu- 
ciel! C'est délice du gosier (shb snb-t pw), en vérité. Le Mauvais n'est plus : il 
est détruit. Le Mauvais nest plus : il est anéanti. 


Le prêtre répétait encore : 

Ï7l \ S T — 

'A dire sur le raisin et l'eau (hr Lrr-t, mvv) : bois (swr) ! C’est délice du gosier, 
en vérité et versajt le breuvage dans un autel à libation, devant les offrandes 

râss6tnbléGs 

Ces dernières donnaient son caractère essentiel à la fête du 2 5 Tybi. C’étaient 
de grandes offrandes en toutes bonnes choses. Elles étaient présentées : 

( d* ® 1 — i-êi - i'î'ï© 

• » , t > • * \ * J T t fi y - — — — — — - 


(<) Cf Edfou, pl. phot. 534 - 535 . Horus d’Edfou y est qualifié, dans les légendes des personnages, 
d 'annaliste de l’ennéade (gnwti n péd-t), épithète qu’on rencontre rarement pour lui : d. Edfou 

VI, 1 36 , 3 (corriger tp en psd-t; il n’y a pas de lacune.: cf. Edfou, p . p • )• 

pour rédiger ces annales des feuilles de l’arbre isd, devant lequel est représente Ra-Harakh- 

thès, et derrière lequel il trône lui-meme. 

W Cf. Edfou, VI, 112, 1-2, plus haut. 

( 3 > Edfou, VI, 1 3 3 , 7-9. 


A toi ( n ki-k), Râ maître des dieux, Homs-d’Edfou-grand-dieu-du-ciel, et à la 
grande ennéade dans Edfou W. Les bêtes de sacrifice avaient la variété des 
plus grandes cérémonies : en principe, l’oryx, la gazelle, le taureau gw 
(ou ng>,w), et le bœuf iwQ‘ 2 l Voici les circonstances qui entourèrent la fon- 
dation de ces olfrandes, d après la légende du bas-relief : 


*‘k!Plrr,'" , *>^£ , ?jr+£'" l ft l a 1 [®;]êkT4.!ÿî=, n , n ,::Sk 

fa^A4*yji^Yj3 1 < rïïim«^ë-- r : H2 . rï k 

E a 7~ s ^'~ ST *-t=rm^rh?.:;rt..T.T 

“ 1 1 v M JWi. . if i.fînZVS-i^Eîg" jykjjiji~ 

~©v¥ i ai» 




^ I I 1 /MM\ | |f| | | | 


■I 

**\ I I 


Ra-Harakhthès se trouvait (avec) ses [compagnons] derrière lui au sud de la Litière- 
d Horus ( Wts (• t)-Hr) , après la mise à mort (smî) des ennemis et rebelles (qui étaient ) 
dans ce pays. Râ-Harakhthès dit alors : les rebelles et révoltés qui se trouvaient dans 
tout le pays ont été taillés en pièces (ir sbi-w hjk-w-îb nt(y) m U dr-f m ddb W : 
qu’on en envoie (vvd îm-sn) vers le sud! — et ce furent les Nubiens (hp(r) 
pw) — qu’on en envoie vers le nord! — et ce furent les Asiatiques Cîm-w) — qu’on 
en envoie vers l’ouest! - ce furent les Libyens (ïmh-w) - qu’on en envoie 
vers l est. — et ce furent les Bédouins (Sjs-vv). Et qu’on appelle ce lieu : la-maison- 


(,) Edfou, VI, i 3 a, 7-9. 

’ !) Edfou, VI, i 3 a, 10-11. 

< 3 > m ddb. Ce verbe est une variante graphique de dbdb (cf. Wb., V, 4 /.a, la , e t 63 a, 7) 
fc>on sens est le même, ’ !>' 


de-Râ-au-sud-de-la-Litière-d’ Horus d), à partir de [ce jour] W. Or donc, Râ-Harakh- 
thès s’assit (hms) sur (son) trône (bhd-t) le 37 Tybi. Et Ra-Harakhthes dit aux 
dieux de sa suite : « cette terre sera érigée (en fondation) pour qu’on m’(y) sacrifie 
(grg tl pn hr(=r) ir(-tw) n-i) ; qu’on (y) consacre la grande-offrande pour Râ- 
Harakhthès et les dieux de Haute et Basse Egypte ! » Et l on dit d elle : la grande- 
offrande-de-Râ, depuis ce jour. Râ-Harakhthès dit alors à Horus d’Edfou: « [je] te donne 
le trône (Bhd-t) ( 3 ) et ses lieux-saints (hn c iî-w-t-f) où nous avons marché contre 
V Ennemi, pour que tu y résides (htp-k hr-sn). ( Ceux-là ) honoreront ta [demeure] de 
leurs mets d’offrande (sw'b-sn [pr]-k hr sb-w-sn), et leurs desservants (y) apporteront 
leurs [autels] (hn imî-w-ïbd-sn hrfhtp-jsu) (chargés) de (m) viandes de sacrifice 
(kî-w n sim;). Les rebelles des pays étrangers (ni sbi-w h;s-w-t), (ce seront) des 
poissons et des oiseaux ^ ! ». C’est pourquoi on appelle (le dieu) : Horus-d’ Edfou-qui- 
tue-les-étrangers ^ , depuis ce jour. Alors Râ-Harakhthès dit aux dieux de sa suite : 
« c’est un lieu de repos que je crée avec joie! ( 6) ». Quand il se manifesta (hp(r)-f) 
dans Wts-Hr et dans Bhd-t le 2 [ 5 (?J] Tyhi^\ les lieux-saints vers lesquels (h)r-sn) 


(1) Wtjs(-t)-Hr ----- le bourg et le temple de Dbl, au nord du bourg moderne d’Edfou (cf. 
plus haut, 4 e partie, chap. m). 

(*) Ce passage vient à l’appui de la distinction topographique, soigneusement marquée déjà aux 
textes de la fête de la Bonne réunion (cf. plus haut, 4 e partie, au début du chapitre tu), entre 
les deux lieux de culte et centres de peuplement d’Edfou : le plus ancien, celui du nord = la 
Litière-d’ Horus (Wtj-Hr), autour de laquelle est le vieux bourg de Dbî, et le plus récent, celui du 
sud = le Trône ( Bhd i ), ou encore Msn(-t) du sud. Il convient encore d’en rapprocher la dési- 
gnation précise de l’emplacement du lac sacré, creusé dans la partie est du terrain sacré de 
Bhd-t ; quant au lac qui se trouve au sud de Dbl (et) à Vest de la Maison de Râ (=> Bhd*t, ou Msn( 4 )) 
(ir s fip{ r ) hrrsin Dbl ht ilbt-t n Pr-JR'), etc. (cf. Edfou , VI, i 34 , îo-u, au même «texte B», 
plus bas). 

W Le grand temple actuel d’ Horus d’Edfou. 

ni sbt-w hls-w-t, rüm-t sw-t. Littér. : les ennemis des pays étrangers (seront) l’« écaille 
et la plume». 

< 5) Cf. plus haut : Edfou, VI, 1 2 3 , 4 - 6 , et 1 2 4 , 6-7. L’explication du même titre y est un 
peu différente. 

sdr( 4 ) ir-n-i m lw(-tyib 4 

P) Les traits verticaux des unités sont détruits, et l’étaient déjà au moment où Naville établit 
sa copie. Les périodes de fête sont généralement citées, quand on ne donpe pas les deux dates 
(c’est le cas pour notre cérémonie, au grand calendrier d’Edfou), tantôt par la date initiale, 
tantôt par la date finale (cf. plus haut, 2 e partie). Comme la seconde est déjà donnée dans notre 
texte, il s’agit vraisemblablement ici de la première. 

Bibl. d* Etude , t. XX, 2 e fasc. 102 


810 

«,V marché étaient (» : Ut «»h«W rtfcU» , , , 

( Pr ti) W » feu-qw-j’aime i\M i “ ^mple-du-combat 

l'éne(bt)d4)-du-mrd W &'fe' (T' nv ’)m kaT^wT’ M ^ k - , ’ eu - l " 

(Bhd.t n pr-R' )(«>}. Ce sont là U J • , , ’ ef e tr <*Ke-du-temple-de-Rà 

Haute et Basse Egypte. (Quand) on(v T™™* P w ) (ll) d’Edfou en 

>*) « ^ <*" wd “" 
‘;*^ nrw 17 » ■ *■ « tI^JZ’ZcZÏÏk 

Grande offrande Ï rTTZZ \ZontZ ££ 


(1) i[w] îl-wt ini-n Hr-Bhdti ( h)r.in ■ rf n» „ »■ 

f* . fr6< I uent aux textes d’Edfou, de la prépositiouVr ^ 8 ’ 11 8agit ici de l’emploi, 

im-m ( h)r sbi. La sélection de lieux saints oui suit ^ «' C ° mmC pluS haut ( texte , 1 . 5 ) : l m . n 
miers) présentée comme une liste de sanctuaires et^!? ^ P ° Ur IeS tr ° is pre ' 

"mLTuT^'. p "" Hon “ '"“i"»' J « “ ° a " d “ ai ‘ “' i “ , ' en,e, “ 

"...6,5, pli Ur’ * * M * , “ ™ bien * '■ «ft. qrt U province (.,. **., 

<3) Cf - Edfou, VI, 121, 13 . 

,4) Cf - Vï, 12 2, l3. 

^ Cf. Edfou, Vf, 126 i -3 Mit] t ,1 j 

m. (~ TdMMmom* «£*£Ï“"£ '•»< fMO*. O» «n.ore fcf. 

^ II» ‘80-181). ’ ’ et Gardinek ' ^««îeret Egyptian Ommas- 

^ ^ Silé (Edfou VI 197 Q \ • * 

d ^V”— probable ZZmiZtiot diMi "" e < ' S “W W ‘- C ’^> 
font donc qu’un seul {£>. G., V, 210, 6» L Ji V'Jt M / d f UX titres de Ga «thier n’en 

é rr: écente du nom de j » ««*) * Ia { i ,} w( ' i) : Gs = «w. cw 

° Cf. Edfou, VI, 138, 5-6 = VI O/, d 6 provmce de Basse Egypte. 

«c f .^vi,i a 8 ; 7 . . ,9, • 

(iîj g" t6mple d ’ Edfou même (— J—Ü- Ar rfi „ HVffr) 

Ou enceintes (de terre sacrée) , plus exactement P * ’ 

™”P k « «W <!«•« trouve eu W “Ï/TTÏ" ? h ““P»™»»» 

“ .Tftî !S r 7 * ^ P««,ï Us 

du domaine d'Horue à Edfou. Il « ’appliq„r Mrfditeaf s *r^ 
a confédéral, on dés sanctuaires d'Horus dont il fait parti” ® 4 ° 8 ™ p,l ''> ue du tèm P* e , dans 


— «.( 811 

pour le clergé d’Edfou, l’association des temples d’Horus dont leur sanc- 
tuaire faisait partie. Le récit que nous venons de traduire semble bien avoir 
été composé surtout pour affirmer un droit aux envois d’offrandes des lieux- 
saints dont il dresse la liste. II apparaît ainsi comme le complément naturel, 
et la véritable conclusion du manuscrit intitulé livre de la destruction de l’hip- 
popotame, justification ingénieuse des usages de la fête de la Victoire et de la 
fête de la Grande offrande de Rà. Jusqu’à quel point les prêtres d’Edfou obte- 
naient-ils, en fait, satisfaction à des droits ainsi établis? Rien ne nous per- 
met d’en juger. Il semble cependant que ces prétentions n’étaient pas complè- 
tement vaines, du moins aux m? et n e siècles av. J.-C, Selon les circonstances 
politiques et l’influence des têtes du clergé local, les échanges ont dû être 
plus ou moins actifs, en pèlerins et en revenus, entre les sanctuaires confé- 
dérés. On devine que c’était là une grande préoccupation des supérieurs 
du temple d’Edfou, le Trône-au-sud-des-lieux-saints . Hs s’efforçaient, à chacune 
des fêtes solennelles de leur calendrier, d’attirer de tous les sanctuaires de 
la confrérie d’Horus vers leur dieu et ses autels l’assistance la plus nom- 
breuse, les dons les plus assidus. 

Le reste du tableau groupé autour de l’offrande du hrw- ne concerne 
plus la fête du 2 5 Tybi. La longue ligne de texte qui court au-dessus des 
personnages donne une seconde formule de conjuration pour l’amulette royale 
du disque ailé d’or Çpy n ktm-t ). Cette formule est très voisine de celle du der- 
nier tableau du mythe d’Horus W. Elle n’a de lien qu’avec le symbole solaire 
d’Horus d’Edfou : or c’est sous cette forme que le dieu s’installe définiti- 
vement dans son temple; c’est sous cette forme qu’on l’adore à la fête de la 
Grande offrande. 

Les dernières colonnes du tableau W passent, sans transition aucune, au 
nom et à l’usage du lac sacré d’Edfou (dont la place est définie avec exactitude), 
puis au commentaire de l’arme favorite d’Horus, l’épieu égmh. Il s’agit mani- 
festement de compléter l’espace dévolu au tableau du hrw- : cette scène 
doit égaler en longueur les deux derniers bas-reliefs de la série rituelle. 


(1) Celle-ci n’a pas été traduite plus haut, car elle ne fait pas partie du texte mythologique 
qu’on lisait à la fête de la Victoire. 

(a) Edfou , VI, 1 3 4 , îo à i 35 , 12, col. 18-26. 


103, 


w( 812 )h 


à Hdéfd W ^ l'"" d0 "‘ 16 r dle “ "" “ n ‘ re S6S » «*Û mener a„ ssi 

•h ™ d “à u Lr tre , r ent de récit ■*“*» “ 

noms contre beth a Edfou. Le style en est semblable à celui du manuscrit 

IlteptrfeTm f *m— * e ‘ cependant son origine est différente, 
fi s d'Ids m ™e p-»»Pe. en ce sens qu’Homs d’Edfou, distinct d’Horus- 
fils-d s ls , y joue ie rôle prépondérant. Isis i’adjnre de venir an secours de 

le°lt’ 71 de Th0 ‘- C ’ esl **» à k ™«e-ee d’Horus d'Edfou 

! . re de Mmn 4 1“ sauïe ,e f“We de la main du puissant,, grâce aussi 
a ta puissance magique de la déesse aidée de Thot, gué le jeûné Hornjéfis 

d ta 1 emporte sur son redoutable adversaire. Le dieu d’Edfou ne combat 
pas ici sous sa forme de disque ailé, mais sous celle d’un guerrier géant à 
tete de faucon tel qu’il se montre en ses batailles au milfeu des harnl 

combattre o l e , de Db ; , qm en anm Wl ,(.,)-Hr, au bord du fleuve (hr 
f nym), et le sauve des mains de Seth. Là se place l’épisode de l’aide 

parldl dTl ïent ( Urie “. “"»> a “ : c’est la tempête déchaînée 
par le dieu de orage. Alors Isis soulève au-dessus de la teree du «ravier 

(lr Wl2y. ^ iTatilo” “ feCe ^ h 









(CW pourri) Von di,:, c ’ est , ae r t UdcGeb», quand i, en tombe (du ciel) 0), 

7" jour. Quand au gramer qu'm trouve au sud de tous les domaines (sacrés) 

en llr™’ 1 * n P , 1,Catl ° n d ’" n ”° m sacré du «"»• fl® passe 

il de mots r '' 7 e ’ comme t, ’"j°' Jrs ' prend origine dans un 

jeu de mots. L espace necessaire étant rempli, le décorateur s’arrête 

Ce fragment, inséré dans ces conditions, fait double emploi du point de 

ue liturgique avec le récit du deuxième combat d’Horas à Edfou, a’u début 

du ntytbe. H contraste par son caractère décousu avec l’ordre méthoéüq” 


{ ^ tw dd'tvo r n Gbb, (k)r wik im>s Pour • ot we t o 
») r »;* m i littérale»», : , m «, ,7 ^ (p J slf jeunet) ^ 


— «.( 813 )•«— 

du grand texte, et sa disposition graphique cohérente en regard de chaque 
scène du rituel des dix harpons . Il ne jouait vraisemblablement aucun rôle dans 
les cérémonies de la fête de la Victoire, ni dans celles de la fête de la Grande offrande 
de Râ. Il n’a donc pas sa place dans l’étude des rites d’Edfou entreprise ici. 

Il en est de même pour les deux récits qu’il est d’uâage jusqu’à ce jour, à la 
suite de Naville, de considérer comme faisant partie du mythe d’Horus W. Ils 
contribuent certes, par une foule de détails intéressants, à faire connaître 
sous quelle forme étaient conservées, à la bibliothèque d’Edfou, les légendes 
relatives aux luttes d’Horus et de Seth. Les deux textes en question sont gravés, 
aux murailles du temple, en un lieu tout différent de celui qu’occupent le 
récit A et le rituel C. Ils servent à remplir un tableau qui fait suite, au sous- 
bassement du mur d’enceinte est (face interne), à l’une des longues listes géo- 
graphiques des divers soubassements des murs du temple l 2 ). Le roi y offre 
l’épieu divin à Horus d’Edfou, suivi d’Hathor de Dendéra et d’Isis première 
épouse royale du seigneur de la Haute Egypte M. A propos de cet épieu (qui 
promet à Horus la victoire sur Seth) est gravé le texte D , puis le texte E. 
Il n’y a aucune représentation pour illustrer les scènes dont ils donnent 
le simple récit. 


P) Naville, Mythe d’Horm, pi. XXII-XXIII (col. 1-70) ; pl.XXIII-XXIV (col. 71-110). Chassikat, 
Edfou , VI, ai 3 , là à 2^9,3 (cç»l. 1^-82-); 219, 5 à 223 , 2 (ppl„i- 4 o)j et pl. phot. 576-581, 
582-584. Fairman ( J.E.A. , XXI, p. 27) a attribué au premier fragment la lettre D et au second 
la lettre E. 

(*> Cf. Edfou, VI, 193-213 : cortège derrière le roi de Haute Egypte, venant apporter les 
offrandes des provinces du sud à la triade d’Edfou. 

Pi C’a st la présence de la porte d’entrée des offrandes, traversant le mur d’enceinte est, qui a 
commandé la longueur et le choix des scènes du soubassement. Le tableau géographique 
s’arrête au nord de cette porte. Au sud de cette même porte commence le tableau qui contient le 
texte D. A la suite de celui-ci vient le texte E, qui s’arrête à la porte du couloir de ronde. 
Ces deux textes mythologiques sont donc adaptés à un espace limité par deux portes. C’est dire 
que des raisons impérieuses les soumettaient à une dimension fixée d’avance. C’est le fait de 
textes d’un intérêt considéré comme secondaire d’avoir été assujettis de telle sorte a un cadre fixe. 
Au contraire, les décorateurs du mur ouest ont placé le groupe des tableaux rituels de la fête 
de la Victoire et leur complément mythologique au centre du mur entier, afin de n 'être pas gênés 
par une limite fixe dans les dimensions à leur donner. La gravure des textes D et E, par 
ailleurs, semble avoir été exécutée, d’après les cartouches royaux, à la même époque que la 
décoration du mur ouest (Ptolémée VIII Sôter II, premier règne : 1 16-108). 

Bibt. d’Étude, t. XX, 2' fasc. io 3 


e texte D est extrait des livres déjà connus, et se rattache manifestement 
au cérémonial de la fete de la Victoire, ou livre de la justification d’ Horus contre ses 
ennemis . Cependant il provient d’un autre manuscrit, et le livre cité n’entre 
que pour une part dans sa composition. La tradition n’y a pas été remaniée 
en faveur d Horus d’Edfou, comme celle des textes A et B. C’est au contraire 
celle de Bouto et de Silé, toute en l’honneur d’Horus-fds-d’Isis, comme au 
texte C. Mais le style est plus familier; la langue comprend beaucoup de 
néologismes et de tournures néo-égyptiennes. Quant au plan, il comporte 
quatre développements divers. * 1 

,J? Pr ™ ier UnrM ’ comme ,e ,ate A - “ai* beaucoup moins cohérent 
j,/™' ’ * ‘ ’ * a * 1 6 ’ 9 )- H porte sjir tout ce qui précède la bataille 

Horus et de Seth. Par conséquent, son contenu est nouveau, par rapport 

aux faits relates au mur ouest (qui ne concernent, eux, que les combats com- 
memores au rituel). 

, f p 11 s ' a P 1 ' a» début, de la déclaration de grossesse d'Isis devant Thot 
(. 8 Paoph.) Thot va avec elle à Dbi (du nord, c’est-à-dire SiU), pour deman- 
er la protection d Horus d Edfou maître de Mésen (Br BUti nb Min-t). Celui-ci 
ai etabhr en son nom par Thot un talisman qui assurera la protection de 
fant a naître. Thot place le talisman sur le corps d’Isis, et, son temps 
révolu, celle-ci met au monde Horus à Chemmis ( W M), à l’équinoxe de 

printemps, le 28 Pharmouti, à la grande joie de Nephthys, d’Horus de Mésen 
et des dieux et déesses. ’ 

B. Les années d’enfance d’Horus s’écoulent tranquilles. Puis, à cette même 
époque de 1 équinoxe, Seth et sa tribu arrivent. Seth pousse un cri puissant 
et lance u„ défi ([n*d]) à Horus et ses compagnons. Il fait en même temps 
un jeu de mots entre mp,-i et Mdy (- Md-.y : bédouins du désert nubien 
méridional, pris comme type d’étrangers barbares, pour les Egyptiens). Thot 
sur une demande de Râ, rapporte à celui-ci que Seth propose à Horus de 
aire parler a toute l’Egypte la langue des Mdy-w. Horus relève le défi au nom 
des Egyptiens. Ra envoie alors Thot chercher Horus B Itdti, .. . gui saut* le 


(1) Cf. plus haut, chapitre j. 



— f 8 i 5 )-**-*~^ 


faible de la main du puissant, pour guider le combat d’Horus-lils-d’lsis [Edfou, 
VI, 21Ù, i à 21 5 , lx). Ici s’intercale (p. 21 5 , 5 - 8 ) une description d’Horus 
de Mésen et de son équipement guerrier qui montre déjà une forte contami- 
nation par le manuscrit du texte C. On y retrouve en particulier l’expression : 
tpy foins — un chef de mille hommes (cf. plus haut, chapitre ni). 

C. Puis le dialogue reprend entre Râ, Isis, et Horus de Mésen (p. 21 5 , 
8 à 2 1 6, 2). Seth se change en un hippopotame rouge, et remonte ( hnty ) vers 
la Haute Egypte. Horus de Mésen, Horus-fils-d’Isis et sa mère remontent 
aussi, mais vers la Basse Egypte. Il faut donc que toute la scène se soit passée 
jusqu’ici à l’extrémité nord du delta, à Chemmis et à Silé (p. 216, 3 ). Horus 
de Mésen interpelle Seth pour lui demander où il va. Seth lui répond : 
vers Éléphantiw ( >,bw ), (et) S-Hb-{î) de Kén{-t) (= le pays Mdy). Là-dessus 
Isis et son fils Horus enchantent à grands cris le vent du nord, qui souffle 
alors droit sur leurs voiles et leur permet de rattraper Seth sur le fleuve, à 
la hauteur d’Edfou (p. 216, 2-9). 

Le second développement commence, au moment où Seth, changé en hippo- 
potame rouge, fait tête avec sa tribu à Horus de Mésen et Horus-fils-d’Isis, 
qui l’ont rattrapé sur le Nil. Isis elle aussi se prépare au combat. Ici les 
rédacteurs du texte se sont servis de la même source que ceux du rituel (C). 
Tout le passage (p. 216, 9 à 217, 1) n’est plus un récit, mais reproduit la 
scène liturgique mise dans la bouche du prêtre du roi au début du rituel 
des dix harpons (p. 61, 7-10); il se termine parla phrase d invocation du 
prêtre au premier harpon (p. 6ù, 3 ) W. 

Le troisième développement revient au récit, escamotant la scene du com- 
bat W. Une glose maladroitement intercalée énumère les dieux adorés à Dbi 
d 'Wis^tyifr, Seth s’enfuit devant ses adversaires, revenant sur ses pas 
vers le nord : il a toujours l’aspect d’un hippopotame rouge; ceux de sa 


(>) C’est là un indice frappant de la confusion qui règne dans ce démarquage, car le récit 
reprend ensuite, et l’ensemble ne peut avoir servi de texte liturgique au temple d’Edfou. 

(» La scène de bataille est réduite à ces mots : « Alors il lança son épieu contre lui dans « Edfou 
d’Outes-Hor» (DV, Wts-Hr) {Edfou, VI, 917, 1-9). Cette façon insolite de préciser remplace- 
ment d’Edfou montre encore une fois que la localité l)bl du début du récit ne peut être que 
Dbl du nord, c’est-à-dire Silé (cf. Gauth., D. G., VI, 1 27 : zba mhout), soit aussi : Msn de l’ouest. 

1 o3 . 


i 


- •**«( 816 )•*-* — 

tribu ont pris l’apparence de crocodiles, et nagent à côté de lui W. Horus de 
Mesen le poursuit, avec son équipement de guerre; mais aucun combat n’est 
mentionné sur le chemin du retour. Il est question ici, devant une faible la- 
cune du texte, d’un deuxième harpon (bp én-nw ■), puis du cantique : la barque 
est légère, et celui qui est en elle est un enfant, etc., qui était chanté à la fête delà Vic- 
toire, au moment du jet du cinquième, puis du septième harpon ( 2 ). Sans transi- 
tion, Horus de Mésen arrive à Bouto (P-[dp\) ; il y donne à Horus-fiïs-d’Osiris- 
et-d’Isis la fonction de son père; il sacrifie l’ hippopotame rouge. Isis fait le partage 
de la victime; les harponneurs reçoivent leur part (p. 217, 1 à 218, 

Le récit est terminé : le quatrième développement est un hymne, chanté 
par Thot a la gloire d’Horus d’Edfou, grand dieu du ciel, maître de Mésen, chef 
de la Haute et Basse Egypte (Edfou, VI, 218, 1 à 219, 3). Cet hymne est, 
comme tout ce qui précède, adapté au culte des Horus de Silé, de Chemmis et 
de Bouto, et non à celui de l’Horus d’Edfou de Haute Egypte. Le dieu, déjà 
roi du Sud, revient pour joindre à sa couronne celle de roi du Nord. Sa 
consécration se fait selon le rite des deux sanctuaires dynastiques : Pr-vor 
d ’Eileithyapolis-Nekheb, et Pr-nsr de Bouto. 

La fin, endommagée sur la pierre, et, de plus, interpolée et mal comprise 
par les copistes du texte, semble être une description du jeune Horus fils 
d’Isis, V orphelin (nmkw) tel qu’on le peignait à Chemmis, au milieu des 
roseaux de son île natale. Elle ne paraît pas avoir de rapport direct avec le 
récit des combats d’Horus et de Seth. 

Quant au texte E, il est gravé à la suite du texte D. Il est muni d’un titre : 
connaissance du jour do la naissance d’Horus. Il n’a plus aucun rapport avec le 

— - L'-. . ,T " t, MM » t IU| t I . { 

<’> C’est donc l’inverse de la version du texte A, adaptée aux besoins du sanctuaire d’Edfou- 
diMud. La, la Poursuite commence à Edfou, va jusqu’à MdnftfSiié, et revient, pour le triomphe 
d Horus a Edfou Au contraire, au texte D, Horus-fils-d’Isis part de Chemmis, et Horus de 
Msn(-t) de Sile. La poursuite de Seth va jusqu’à Edfou, puis revient à Bouto (P- Dp) pour le 
triomphe d Horus et le sacrifice de l’hippopotame rouge. On voit là nettement pourquoi cette 

Ve :rr d t ee : UX sanctuaires horiens du deîta > ™ pouvait pas senii de texte liturgique à Edfou 
Edfou, VI, 69, 10-1 1 ; 7 4 , 3 ; cf. plus haut. Ces débris du rituel semblent jetés au hasard 
et cousus sans suite au milieu du récit. ’ 

La encore tout ce que l’ingénieuse adaptation gravée au mur ouest (texte G) fait se 
dérouler a Edfou se passe ici à Bouto. v ; 


817 — - 

Ims de h jmtificatim d’Homo contre m ennemie. H remonte à m meurent 
différent de celui qni forme la source de D. Le tour en est familier et meme 
naïf; les particularités de style populaire abondent. La tradition est ce 
de Mémi-SiU et Bon to, non remaniée, comme pour le fragment précédai . 
C’est un récit, sans trace de contamination par un texte rituel. On peut 

diviser en s«pt épisodes : 

1 j Le premier raconte la naissance d’Horus à Chemmis, dans la nuit du 
28 Pharmouthi, la joie des dieux amis, la terreur de Seth et de ses adorateurs. 
Au lever du soleil, Seth arrive aux marais avec sa tribu, «silencieux, le cœur 
tremblant ». Horus de Mésen y ient aussi M; ses compagnons on Thot a leur 
tête. Isis parle à son fils, l’ Enfant-soleil «qui s est kvé dans la nmt»(wbn 
m arh) ; elle lui dit son nom de « vengeur de son père Omis », lui parle de la 
future victoire. Quant à Seth, « il a bien du mal» : il arrive aux fourres de 
papyrus, il y entre, il va «de nid en nid», cherchant le jeune faucon divin. 
Mais « il y aurait passé des années, sans le trouver. . . » (2) . 

2 ) Au second épisode, Horus est devenu grand et fort : il a passédes années 
en paix II part donc de Chemmis vers le sud, et s’en va combattre Seth dans la 
province d’Aphroditopolis^. Il le tue, et le coupe en morceaux : c est pourquoi 
Seth repose entouré de bandelettes (trt), dans cette province au heu qu on 
appelle pr-wt n ntr-wi : le temple de l’embaumement des deux-dieux . 

3) Après une trêve, Horus attaque encore Seth à Hypsélis 4’Atp W. Alors se 
forment un royaume d’Horus au nord, avec Memphis (Mn-nfr) comme capitale, 
et un royaume de Seth au sud, avec Hypsélis comme principale ville U. ^ 

h) La guerre recommence entre les deux royaumes. Elle semble entraîner 
les deux adversaires hors de l’Egypte (r hrw n Km(4)), dans une région nommee 
j»; dw n tb-tî : la montagne des deux-sandales, et vers Afm-Bvblos (•)• Q 


n » ’ . T 


01 II faut rétablir son nom dans la lacune de la ligne 10 (Edfou, VI, a 19). 

" cfst’ll 1 ! 0^ province ^le' Haute Egypte, l’Aphroditopolis du sud (cf. Galth., D. G., I, 

‘« CLGaütr., D. G., II, 7 3 (per oui), et III, 108 (ntroui). Edfou, VI, 220, 3 - 7 . 

« Cf. Gaoth., D. G., V, 107-108. 
m Edfou , VI, 220, 8 à 221, 3 . 


818 >«— 

îs ;. sa ; zïzzïx — - — 

Npr(.t) (- NmA vill« • • , d Son P ere > <I U1 est peut-être 

iy Py)’ Vllie osmenne près de Bouto W. 

5) Horus songe dors à faire rechercher ie cadavre d’Osiris ( p- . W <IA 

On vient lu. dire qu’il a été découvert nar « Vin ; 7 7' >’ 

ciel (/•tn.rj.t) du temple d'Oxvrhvnchos (W-t^Fn 1 ™"'™ 

son adversaire divin : Seth (3). Y Y 1 1 va » et y retrouve 

6) Seth prend alors la forme d’un âne rouge (P;l dsr) etHorm «.pli» a> 

jeune guerrier. Ils combattent; Horus abat Seth et | • , 1 d Un 

SP 

Les deuil fragments D et E offrent l’intérêt de montrer uuand o„ 1« 
pare aux textes choisis pour l’usauc de la fête i, i . ? . 

moins à l’époque des roi, pL' ' c tUaire d Kdfou hi-meme, du 
se rattach J7 J j PtoIe '»^. Sur cm, rédactions différentes, deux 

(D et El Une t •““‘k ? l * * 4 ° Ut * fa " étrîm e<*s aux bésoins locaux d’Edfou 
O et E). Une troisième s’y rapporte aussi, dans son ensemble : ce sont les 

S ’ S ‘ ,s P arates d » ns leur composition, du ritml lui-même (C) (b. 


« VI : 7*’ 3-1 *• Cf - d - G., III, 86. 
m-byh^m (cf. plus loin, l/n) Wh T La / • 

par le roi. ’’ ’ , 11-12 : (aimé) devant le roi, c’est-à-dire : 

(J) Edfou, VI, 221, 1 1 à 222, 3 . 

(4) Edfou, VI, 222, 3-7. 

Le calendrier des fêtes d’Hathor du temple d’Edfou donne le 4 jSU.*- n 
versaire, et le 28 Pharmouthi pour celui de P 0ur ce même al ™' 

(2- partie). P ^ de la naiSS8nce d’Horus-fils-d’Isis. Cf. plus haut 

<*> Edfou, VI, 222, 7 à 232, 2. 

Boi E ".r P ' 1 .itcZ7Jdwzrf d" du "t c ( T ,ion je B °" siris ’ -1» 

5 t. « 7 - 9 . 93 - 95 , „ 7 Z* “ *"“*“"*« (. 958 ), P. 48 - 


■ ■« » »( 819 y*-v — 

Les deux dernières rédactions (A et B) sont différentes l’une de 1 autre, 
bien que composées dans une langue et un style semblables. Seul, le texte A 
a été entièrement refondu, pour répondre aux besoins de la croyance locale 
d’Edfou. Il forme un tout homogène, bien qu’on y ait conservé les rôles 
secondaires d’Horus-fils-d’Isis et d’Isis elle-meme ù). Le texte B est sur le 
même plan que A, en tout ce qui concerne la fête de la Grande offrande de Râ. 
Au contraire, le fragment mythologique qui a trait au combat d’Horus-fils- 
d’Isis avec Seth près d’Edfou s’apparente aux adaptations du rituel (C). 

D’autre part, la langue et le style de la composition A et d’une partie 
de l’assemblage factice B remontent à une époque plus ancienne que celle de 
C, et surtout que celle de D et E. Du point de vue du culte local au temps des 
Ptolémées que devons-nous conclure de ces constatations? 

i» D et E s’éliminent d’eux-mêmes. La place même où ils furent relé- 
gués par les décorateurs du temple, à l’époque où ceux-ci composaient l’en- 
semble gravé au mur ouest, montre qu’ils n étaient pas utilises pendant 
les offices de la fête de la Victoire. Ils ont cependant été retenus pour remplir 
un tableau consacré à l’offrande de son harpon au dieu d Edfou. Les prêt res 
directeurs de la décoration n’avaient-ils sous la main, au sujet des combats 
légendaires d’Horus, aucun texte mieux adapté que ceux-là aux particularismes 
de leur sanctuaire? Malgré la profonde interpénétration des croyances locales, 
qui semble le point d’arrivée de Dévolution religieuse dans 1 Egypte de cette 
époque, ils auraient fait un autre choix, semble-t-il, s ils en avaient eu la 
facilité. Par ailleurs, ces textes étrangers au rite d’Edfou n’en comptaient 

— 1 ~ — — — — * ~7 7 — ’ 7 “ 1 T ? 1 * ." 7 

(’) Ces rôles semblent bien avoir été nécessaires, même dans un pur récit, composé — d’aprèp 
son vocabulaire et son style — à une époque relativement récente (période ramesside, ou posté- 
rieure), et destiné à fonder en droit et en logique des rites beaucoup plus anciens. Une partie 
importante des sanctuaires d’Horus réunis dans la même association que celui d’Edfou plaçaient 
certainement Ilorus-fils-d’Isis avant Horus de Mésen, dans la hiérarchie de leur groupe divin 
patronal. De plus, le récit légendaire A ne doit pas être apprécié comme s’il existait seul : 
tel qu’il nous est parvenu, il était accommodé, lui aussi, aux exigences des rites de la fête 
de la Victoire. 

en Au contraire, du point de vue des hypothèses sur les origines du culte d’Edfou que ces 
divers textes autorisent, les conclusions seraient probablement differentes. Mais ces hypothèses 
n’ont pas à être présentées dans cet ouvrage. 


pas moins parmi les manuscrits vénérés dans le temple. A ce titre, ils contri- 
buaient autant que les autres à parfaire l’armure défensive du sanctuaire 
d’Horus de Mésen. 

2 ° L’adoption et l’harmonisation de A et de C comme textes liturgiques 
pour l’office de la fête de la Victoire pose un autre problème. L’existence 
ancienne M, à Edfou, de rites semblables à ceux d’autres sanctuaires dis- 
séminés en divers points de l’Egypte a rendu possible, et même néces- 
saire, 1 emploi de textes d’origine disparate. La présence des harponneurs et 
des femmes de Bousiris et de Bouta; l’existence de l’image d’Isis, et par consé- 
quent de l’Horus considéré comme son fils et cçlui d’Qsiris, sur la barque 
flottant sur le lac ; le grand rôle de la c%*teuse giny^ qui incarne Isis dans 
ie drame sacré, étaient parmi ces principaux faits matériels. Il était donc 
nécessaire de recourir autant à la littérature née du syncrétisme osirien qu’à 
celle qui gravite autour d’Horus l’ancien et de ses rapports avec Seth et 
avec Ra, bien que cette dernière fût seule adaptée à ce qui formait le centre 
e la théologie locale d’Edfou. On choisit donc probablement pour la lecture 
commémorative du rituel des dix harporn ce que la bibliothèque du temple 
au temps des premiers Ptolémées, possédait de plus conforme au dogme du 
lieu saint : le livre de la destruction de l’hippopotame. Mais on établit, ou bien 
on conserva, pour les besoins du service lui-même une compilation mieux 
adaptée à l’ensemble des rites qu’on y célébrait. Le titre même du 
principal morceau r- justification d’Horus contre ses ennemis , montre qu’elle tire 
surtout son origine du cycle de la littérature osirienne. 

Cependant Celui d’Edfou , et non d’un autre lieu, devait y garder le rôle 
principal : Isis et son fils Horus ne pouvaient être placés sur le même plan 
que lui De plus c’est à Edfou, et non en un autre sanctuaire, que devait 
aboutir le sacrifice final de Seth, l’installation du dieu triomphant comme 
roi du monde. C est pourquoi l’on a remanié des textes d’origine aussi étran- 
gère a Edfou que le sont restés ceux du mur oriental, pour en faire le sup- 
por et le lien d un office adapté aux exigences locales, Ainsi, d’une part, 


Cela ne signifie nullement que ces rites remontent tous à une très haute antiquité à Edfou 
meme. Mais cette question ne rentre pas dans le sujet traité ici. ^ ' 


l’ensemble C s’harmonise avec des rites qui ne sont pas nés à Edfou, pour 
la majorité d’entre eux; d’autre part, il satisfait à la hiérarchie divine du 
sanctuaire et peut s’appuyer sur une légende bien adaptée aux traditions du 
clergé du lieu. 

La fête de la Victoire , comme la fête du Couronnement du roi, était une solen- 
nité célébrée depuis longtemps en Egypte sous ce nom, en bien des 
sanctuaires, et en l’honneur de divinités diverses W. A Edfou cependant, 
parmi toutes les fêtes dont la décoration du temple nous a conservé 1 essentiel, 
celle-là paraît la plus originale, la mieux adaptée au caractère spécial du 
culte d’Horus. Elle est soutenue, en effet, par le souvenir de la légende 
horienne fondamentale, celle de la lutte contre Seth, qui lui fournit ses 
trois grands épisodes : combat, triomphe, sacrifice symbolique. D’autre 
part, la fête de la Victoire semble avoir attiré d’aussi loin que toute autre 
fête célébrée à Edfou les dévôts d’Horus, et donné plus profondément peut- 
être qu’aucune aux assistants l’impression de la présence sensible de leur 
dieu. L’influence de la légende d’Isis et du jeune Horus, la plus humaine 
et la plus familière de celles qui naquirent dans le pays, ajoutait là son 
action à la rigueur implacable du vieux mythe guerrier. Mille témoi- 
gnages montrent quelle emprise grandissante elle eut sur les âmes, aux der- 
niers siècles de vie des cultes païens en Orient. Sa douceur se mele aux 
appels à la juste vengeance, que lance la mère divine au long de 1 office 
de Méchir. C’est la marque de l’époque : elle donne aux hymnes qu on 
chantait en l’honneur du patron des rois d Egypte une résonnance par- 
ticulière, au cours de ces fêtes populaires déjà très proches de l’ère chré- 
tienne. 

La fête de la Victoire paraît avoir mis en oeuvre une plus^ complexe figu- 
ration sacrée qu’aucune des grandes cérémonies annuelles d’Edfou. Le texte 
du mythe la guide; le déroulement du drame met les personnages divins 


<’) On la célébrait, par exemple, sous Ramsès III, au temple de Médmet-Habou, en 1 honneur 
d’Amon thébain. Cf. Schaebel, Die Listen des grossen Papyrus Hams, p. 65 - Medmet-Habu, II . 
The Calmdar, The « Slaugkter-House», and Minor Records of Ramsès III, by the Epigraphe Survey 
(The University of Chicago Oriental Institute Publications, vol. XXIII), pl. iho et suiv. 


sur le plan des actions humaines. Nous sommes loin, avec elle, du symbolisme 
stéréotypé du service de chaque jour, où un seul officiant rendait à dieu 
la louange et le service qu’ü attend des hommes. La légende d’Horus au 

ü r eU b TT , h mU “ ip,iCi ‘ é d6S * Parfait aux 

y ux et espnt par la musique, les chants, les danses aux gestes rythmés, 
histor S °T , e * ,rer du .mythe d’Horus d'Edfou des conclusions 

et de 1 4i” 1 a recherche le l° m| ement humain, le souvenir des luttes 

ont c„ C nd"', Z" 6 Ce “ e i t 8e “ de épiqUe Sembfe reC0uvrir recherches 

sur les “ deS . ra , p P rochements vraisemblables, à des hypothèses solides 
sur le mouvements de civilisation et la succession des pouvoirs en Egypte 

an emploi de 1 écriture. Mais tenter de rendre au mémorial d’Edfou 

grava sur lT 7 7*™ <I ’ U ” ‘“f' 6 ’ k et an lieu où le 

mT aUSS ‘ ” eff ° rt qUi miMt “‘«P™- Le 

y > orus d Edfou, en dehors des enseignements qu’il peut donner 
parle éme, es, hé à la fé,e é ,a Vicoire : il a été réd.gé'poor* dans la 
, que nous lui connaissons. Considéré sous cet angle, il éclaire un 
autre aspect de la réalité ancienne : : il y joue simplement le rôle que lui 
xaient ceux qui nous 1 ont transmis. • 


sïsStrri IvëSizp - 


CONCLUSION 


Tel est l’ensemble des informations livrées par le temple d’Edfou sur le 
culte qu’on y rendait à son possesseur divin : Horus, Celui-âe-Bhd4. 

On y trouve, d’une part, une masse très complète de renseignements sur 
le service journalier, dans toutes les parties du temple, et aux trois moments 
liturgiques du jour, ainsi que sur le service régulier des fêtes du mois. On y 
peut reconnaître, d’autre part, les fêtes solennelles, d’un bout à l’autre de 
l’an, avec, souvent, un bref résumé de leurs caractères spéciaux. On y peut 
suivre enfin, dans le plus grand détail de leurs rites, quatre de ces grandes 
périodes de fête, aux mois de Mésorê et Thot, Tybi, Méchir, Épipbi. 

Cet ensemble a ses limites. En matière de service au sanctuaire, il nous 
apprend peu de choses sur les fêtes du mois. Pour le culte de fête solennel 
et ses processions, nous avons laissé hors de notre sujet l’étude de toute 
cérémonie qui ne s’adresse pas à Horus avant toute autre divinité adorée 
dans le temple. Rien que dans ce domaine restreint, un coup d’œil jeté sur 
la liste annuelle du grand calendrier d Horus suffit a faire apparaître bien des 
fêtes consacrées d’abord au maître d Edfou, mais dont les textes des parois 
ne nous ont pas ou très peu conservé le souvenir. 

Dans cet ordre d’idées, cependant, il faut remarquer qu’à l’époque d’Éver- 
gèfe II W les décorateurs ne choisirent qu’un seul ensemble festival : la 
procession des fêtes du Siège de la première fête, pour le faire graver aux escaliers 
de la terrasse du temple : or, ils auraient pu représenter une ou plusieurs 
autres fêtes d’Horus sur les parois du vaste pronaos, qu’ils faisaient décorer 
en même temps. 

Un peu plus tard, l’immense surface intérieure du mur de pierre qui 
entoure le temple fut toute entière revêtue de ses bas-reliefs en l’espace 
d’environ trente années^. Les décorateurs de l’époque jugèrent que deux 


,l) 1 45 ~i 1 6 av, J. 4 L 

e) Premier règne de Ptolémée VIII Sôter II (1 1 6-108), et règne de Ptojémée IX Alexandre I" 
(108-88). 


— «•( 824 >«— • 

grandes fetes seulement d Horus — les plus caractéristiques, il faut croire, 
a leurs yeux (après celles du nouœl-an, pour qui le temple lui-même fut bâti 
d une manière spéciale) — devaient figurer sur ces parois. C’est alors qu’ils 
choisirent la fête du Couronnement du roi et la fête de la Victoire. 

Enfin, quelques années après, au début du règne d’Aulète M, on grava 
au bas des deux tours du pylône, du côté sud de la grande cour du temple 
et dans le prolongement des deux portes d’Hathor, la suite de scènes qui 
représentent la Jçte de la Bonne réunion . 

Si donc quatre grandes fêtes d Horus seulement ont été largement reprp- 
duites dans la décoration — on en possède la certitude à Edfou, puisque 
cette décoration est complète et intacte jusqu’à nos jours - c’est parce que 
ces quatre fêtes étaient considérées à l’époque comme les plus importantes 
de l’année liturgique locale. 

Dans quel ordre devions-nous présenter ces quatre ensembles? Une pre- 
mière solution s’offrait à l’esprit, qui n’aurait tenu aucun compte de la 
nature des fêtes : c’est l’ordre purement chronologique dans lequel elles se 
succédaient au cours de l’année d’Edfou, d’après le calendrier d’Horus. Nous 
avons écartée, parce qu’elle ne permet en elle-même aucune comparaison 
utile. Pour quelles raisons les fêtes solennelles d’Edfou ont-elles été placées 
aux dates que nous leur connaissons d’après le calendrier, et non à d’autres? 
Rien ne vient, dans le temple ni ailleurs, nous renseigner sur ce point. 

Un autre ordre possible était celui dans lequel les documents sur les quatre 
ietes ont été gravés, à des époques successives, aux parois du temple. Il 
nous a semblé nécessaire d’en tirer une déduction sur l’importance rituelle 
que les prêtres attribuaient à ces fêtes par comparaison avec les autres, dans 
la vie du sanctuaire. Mais par ailleurs rien dans cette succession, qui coïn- 
cide avec la première, ne correspond à la nature des cérémonies. 

Il était donc préférable de procéder par analyse intérieure, en allant des 
aspects les plus communs au culte de tous les dieux, dans tous les temples 


<■> 80-76, c’est-à-dire avant que Ptolémée XI Aulète ne soit couronné roi selon le 
de JfÏr” eD ^ * 3 eXaDdriC ’ ^ 16 S raod -P rêtre de Ptab de Memphis alors âgé 


— w( 825 

d’Egypte à la même époque, vers les cérémonies les plus particulières au 
culte d’Horus à Edfou. 

Le culte régulier montre, comme il est naturel, peu d autonomie par 
rapport à celui qu’on pratiquait dans les autres lieux saints en l’honneur 
d’autres divinités. L’étude historique de ces rites a été faite : elle a montré 
les raisons de leur uniformité d’origine. Cependant, il existe un grand intérêt 
à les étudier dans les documents conservés par chaque temple ; on voit alors 
la liturgie s’accomplir non dans l’abstrait, mais dans des lieux précis, dont 
le caractère particulier existe souvent encore de nos jours, Le seul manuscrit 
retrouvé était en service aux sanctuaires d’Amon et de Moût, à Karnak. Mais 
il n’indique que les formules prononcées, sans aucun détail sur ceux qui 
les lisaient, sur les objets, les gestes, les temps et les emplacements, les 
démarches, l’apparence des salles et des images divines. C’est tout ce décor 
concret, qui fut la vie humaine du culte, qu’une documentation semblable à 
celle du sanctuaire d’Horus permet de grouper autour des formules. 

L’étude d’une journée ordinaire du service divin a donc pu nous montrer, 
à Edfou, le rôle du sanctuaire central, et celui de la chapelle msw(-t). Elle 
nous a permis de discerner ce qui revient en propre au service journalier, 
et ce qui concerne le service des fêtes du mois. Elle nous a donné une connais- 
sance détaillée du service de la purification par l’eau et l’encens. Elle nous 
a fait voir comment on préparait aux ateliers, aux magasins, l’offrande ali- 
mentaire, et comment on l’introduisait dans la salle de l’autel devant le dieu. 
Au moment où l’on purifie et consacre cette offrande journalière, nous avons 
vu agir ensemble le ( prêtre du ) roi, et le serviteur d’Horus. Quand on présente 
à dieu le repas divin à Edfou, on ne le fait pas sans particularités spéciales. 
Le temple tout entier s’anime, tandis que le prêtre est au sanctuaire : les 
chapelles des divinités parèdres, leurs images dans les tabernacles de la salle 
de l’ennéade, les statues des rois et des particuliers placées dans les grandes 
salles reçoivent leur part grâce à l’encens et à la libation. 

La vie intérieure du temple ne se borne pas au service du matin ■: il existe 
une purification du milieu du jour. Les offrandes entrent une seconde fois, 
chaque soir; mais alors, à Edfou, on introduit le plateau (qui les représente 
toutes) dans une chapelle spéciale, annexe du sanctuaire : c’est là que se 
transporte la présence perpétuelle de l’âme divine. 

Bibl. d’Étude, t. XX, 3 ” fasc. î°4 


Nous avons pu enfin discerner qu’aux fêtes régulières du mois la statue 
d Horus ne sortait pas du sanctuaire. Elle y était, par contre, solennellement 
a oree et servie par des officiants plus nombreux, honorée d’offrandes et 
e dons multipliés. Nous avons vu quelle importance prenait le culte royal 

m* n V™ ? 1 ! dU r01 dlVk par 6XCelienee; ( I uelie P lace tena it celui d’Hathor- 
Maât i ÜM-de-Râ, son U meus et sa nourriture journalière : déesse « insé- 
parable», toute mêlée par le culte à l’adoration perpétuelle d’Horus d’Edfou. 

n arrive alors aux quatre grandes fêtes choisies dans l’année. Le décor 
devient plus grandiose. Tous les prêtres en service dans h mois sont pré- 
sents. Le dieu maître du temple sort de son sanctuaire; les images de sa cour 
divine 1 accompagnent, aux mains des pçrteurs. Le chemin des divinités 
doit être pur et protégé. Aussi les processions en marche ne cesseront-elles 
de brûler del encens, d’asperger l’air et le sol avec l’eau consacrée, de psaimo- 
îer les paroles rituelles. Si l’on transporte les offrandes d’aliments, une 
toute de prêtre purs sont chargés de cet office. 

C’est là le type commun des fêtes processionnelles, toujours coupées de 
haltes, ou s accomplissent des services variés, chaque fois différents selon 
les lieux, il n y a pas d’idée unique qui soit un lien particulier entre les 
ceremonies e chacune de ces fêtes. Leurs divers symbolismes se rattachent 
a ceux qu on pratique dans tous les temples; aucun particularisme vénérai, 

'* a . a " at l ure de la dmmté en cause > ^ semble les colorer. Cependant les 
de a,ls en changent, bien plus qu’en matière de culte régulier, selon les lieux 
et les besoins de chaque centre. Ce genre de fête va de la procession strictement 
encose, << toutes portes fermées» autour du temple pur, à la randonnée de longue 
haleine a travers la campagne qui entoure la maison du dieu. De là vient 
que pour les premières, on ne voit que des prêtres officiants et des clercs 
ayan accès aux lieux consacrés; de là, pour les secondes, la présence des 
chanteurs et danseurs, des musiciens, de tout le petit personnel du domaine 

hommes et femmes mêlés à la grande foule du lieu, et aux pèlerins des pro- 
vinces étrangères. r 

Telle est, dans la première catégorie, la périodo des fttes i» Süm de 
k premereflu au lemple d'Edfou. Ce sont des ^ & 

d am.ee solaire, et des fllee^ed, c’est-à-dire de renaissance et de renouvelle- 
ment, au début de l’année qui suit. Leurs rites semblent être une intensifica- 



827 )•*-*- 


tion solennelle de ceux du service régulier pendant les fêtes du mois. L ac- 
cent est mis sur les trois grands moments liturgiques du service journalier : 
l’ouverture du tabernacle, les soins à l’image divine, la présentation des 
aliments. Comme le service journalier, une fête au siège de la première fete se 
déroule toute entière dans l’intérieur du temple : c’est le lieu pur par excel- 
lence, nécessaire à de tels renouvellements de la pureté première. Le fait caracté- 
ristique, c’est que l’ouverture du tabernacle ne doit pas avoir lieu dans 
l’obscurité d’un sanctuaire, à la lumière d’un cierge. Elle exige la lumière 
divine elle-même, dont la flamme consacrée des temps ordinaires n’est que 
le substitut : chaque statue divine doit toucher le soleil. Ainsi l'âme de Râ des- 
cend à nouveau sur les corps matériels des idoles, et leur communique sa 
vie surnaturelle. Pour obtenir ce contact, la procession des images vers la 
terrasse en plein air fut le procédé le plus ancien; mais, à 1 époque ptolé- 
maïque, les architectes ménagèrent une cour intérieure étroite et profonde, 
à la fois à ciel ouvert, et au niveau du sol des temples. Dans cette cour s’éleva 
une chapelle spéciale : un lieu pur, à l’égal des sanctuaires. Là furent réali- 
sées comme sur les terrasses supérieures les conditions requises pour l’ou- 
verture des tabernacles à la lumière du jour. Comme le kiosque de pierre 
bâti sur la terrasse enclose des temples, ce lieu fut aussi le siège de la pre- 
mière fête. C’est là qu’on transporta, au cours d’une longue halte, tout le 
service des fêtes de la naissance, avec leurs soins minutieux aux statues * 
leur habillage renouvelé et leur parure d’exception. C’est là qu’on présenta 
à la face divine découverte les offrandes alimentaires complètes de fin d’année. 
Mais on continua à se servir de la terrasse pour donner la consécration solaire 
aux images et leur offrir les grands services d’aliments, au cours des fêtes-sed 
de Râ, ou fêtes de tous les dieux et déesses. 

Dans la seconde catégorie du type commun, mais à longue procession au 
dehors du temple, se range la fête de la Bonne réunion, à la nouvelle lune d’ Épi- 
phi. On y retrouve le thème général des fêtes-sed divines; mais, au lieu de 
s’enfermer dans le secret des murs de la maison du dieu, cette fête va célébrer 
ses rites sur les pentes du désert qui domine au sud-ouest la plaine d’Edfou. 
Là, le dieu possède, tel un roi des temps les plus anciens, son domaine funé- 
raire. Sous sa forme de Sokar-Osiris, il y repose dans sa crypte souterraine 
sty-t. A côté de celle-ci, sa cour des fêtes-sed est aménagée. Sous sa forme 


iok , 


rajeunie d’Horus fils de Râ et fils d’Osiris, accompagné d’Hathor de Den- 
déra et de sa suite divine, Celui d’Edfou arrive. Il prend soin de la tombe de 
son père, et lui présente une grmde-offrande d’aliments. Puis il passe dans 
l’enclos tout proche; il y commémore sa victoire sur Seth C ), et renouvelle 
sa royauté W. La fête continue chaque jour sur ce thème. Les lieux changent : 
on revient au temple d Edfou pour achever les rites, aux jours suivants, 
alors qu au début on passait la nuit sur place. Un des aspects les plus curieux 
de cette fête, c’est qu’elle coïncide avec une autre, en l’honneur d’Hathor : 
la fête Elle est amenée! Elle est étroitement combinée avec elle, si bien qu’on 
pourrait ne pas s’apercevoir de l’existence de cette dernière, si la fête d’Ho- 
rus n’en portait pas également le titre si particulier. De là le nom de fête 
de la Bonne réunion (d’Horus et d’Hathor). Nous sommes à Edfou, dans 
un temple d’Horus : c’est dire que ce dieu seul y doit jouer le premier rôle, 
et Hathor lui être purement associée. II est probable que tous les temples 
d Horus, a la meme epoque, célébraient la fete Elle est amenée sous cette forme : 
à Kôm-Ombos, entre autres, les rites principaux en étaient aussi la visite 
à la sty-t, le rappel de la victoire, le renouvellement de la royauté. En elle- 
même, de son côté, la fête Elle est amenée est la commémoration de la sortie 
d Hathor hors de Nubie, de son retour annuel en Egypte, et de sa réunion à 
Râ comme œil et flamme du disque solaire. La dernière particularité de cette 
fête à Edfou, et non la moindre aux yeux de ses prêtres, c’est que le retour 
d’Hathor y était figuré réellement, et non comme un symbole, sous la forme 
d’un pèlerinage qui amenait une statue de la déesse par le fleuve, depuis 
Dendéra jusqu’à la maison d’Horus. Les décorateurs d’Edfou ont voulu sur- 
tout eterniser cet aspect de la fête d Épiphi : c’est pourquoi tant de détails 
nous sont donnes, par le rituel grave au mur, sur le voyage d’Hathor vers 
Edfou dont le clergé du lieu tirait certainement une grande gloire. C’est 
pourquoi encore les bas-reliefs montrent complaisamment l’aller et le retour 

77T7X77TTT7Î TTTt Tm ! ~ ! ! Tï l — r— r— t — ■ > 

« Holocauste du bœuf rmuc, avec offrande à Horus de la patte de devant droite — sacrifice 
de l’hippopotame de cire rouge (selon le rite du 2 1 Mécliir) , et, djes deux crocodiles -r piétinement 
des poissons, 

<’> Offrande de Râ en tous ses noms — on donne la voie aux quatre oies ; on tire la flèche 
aux quatre points cardinaux don des bouquets de palmes et des rameaux de balanite. 


— 829 )•«— - 

des barques sacrées sur le fleuve, alors que rien ne nous y renseigne sur 
les rites de la fête d’Edfou proprement dite, au grand temple ou dans le do- 
maine funéraire du dieu au bord du desert. 

Il existe une catégorie différente, parmi les fêtes processionnelles. Celles- 
ci ajoutent alors un élément spécial aux traits communs que nous venons 
d’examiner. Il s’agit d’une mise en scène unique, qui porte sur la duree 
entière de la cérémonie au cours de chaque journée. Des divinités, ou des 
personnages semi-divins, jouent alors un véritable rôle d’acteurs et non 
plus seulement d’associés, dans les rites célébrés en l’honneur du- dieu 
maître. C’est la physionomie que présentent les deux dernières des letes 
choisies pour recouvrir les murailles du temple d’Edfou. Le type le plus 
accentué en est fourni par la seconde. Cette variété de fêtes se retrouve par 
ailleurs dans bien des temples, sous forme de couronnement royal ou d an- 
niversaire de la victoire. Mais elle devient sans conteste, quand il s’agit du 
dieu d’Edfou, beaucoup plus locale, plus horienne. Il s’agit, dans la fete du 
Couronnement du roi à Edfou, d’une mise en scène calquée sur la cérémonie 
royale humaine, traditionnelle en Egypte depuis la plus haute antiquité. 
Les deux principaux acteurs en sont les deux personnes du dieu d Edlou : 
le dieu-père Harakhthès, et le dieu-fils Horus, son successeur légitime. Ce 
dernier rôle est tenu, le premier Tybi, par le Faucon-vivant, la bête sacrée 

nourrie près du templç. . . r 

Au premier acte, le but de la procession qui sort au matin est le palais royal 

du dieu-vivant. Il est construit en face du grand temple, dans l’angle sud-est 
du terrain sacré. Ce palais est muni, comme toutes les résidences royales 
du Nouvel-Empire W, d’un balcon de l’apparition. C’est là que, devant la cour 
divine qui l’acclame, apparaît le faucon vivant choisi par un signe de la 
statue. Pendant l’année à venir, la bête consacrée sera adorée comme dieu-roi 
Les deux-dieux, statue d’Horus et bête vivante, rentrent ensemble au grand 
temple Hathor v étend sur eux sa protection, comme elle le fait sur 1 univers 
tout entier. Puis le sacre royal se déroule, au rythme de cantiques chantes 
en chœur par les prêtres. Chaque chant consacre au dieu-vivant un ou plu- 
sieurs objets qui symbolisent la royauté divine renouvelée sur le monde. 


(•) Et probablement aussi des époques antérieures, 
fi ibl. d’ Étude, t. XX, a* (asc. 


Ce sont les vases d’huile de myrrhe dont 

fa ^/«né-aire d’Osiris „ dos » rls «y J ^ T’. & > m,! /«<■ 

rogrammate, lit l es f„r m „Je 8 . ren ce temps, Thot, le hié- 

incantation à toutes les divinités «rote f •*** ° geste ' Un Jon g appel 
prêtres, termine ses versets par une dernil^’ ' >Saln, ° dié P» r k <W des 
Le roi divin adresse enfi/sés dl ™ ,nï0Ca,1 °" à «»‘hor. 

offrandes alimentaires, aux divinités qui riemTTd ,Ve ” enMrt > sous - forme 
Deux hymnes accompagnaient la présenlatl , À " C ™ aCrer S “ P“ uvoirs - 
1 encensement d’offertoire. P„ is , a d ‘°” f ™ r “ a '« ^ choix, et 
procession le Faucon-vivant couronné jusqu'il reconduisait en 

Pretre particulier, le serviteur du Fane J (1 T ““‘"“e royal, dont un 

cession finale ramenait ^ du d “%« le culte. La pro- 

L aspect le pl us l ocai de , a fl U dans s,,n propre sanctuaire, 

fomemen, la présence d„/„«„ sacré, peSéTuTT ^ “* »■ 

?, dcMs ““«riels nous manquent encore é s ? ^ **' Ccrtc8 

fete ne parlent guère de lui nue sm.« SUJet ’ Car les textes de la 

«e des voyageurs grecs sur les faucon — d , 0 ® mffl ‘ i ^ ue Mais le témoi- 
»u encore les renseignements que d^TsTT 
du Faucon-vivant d’Athribis, nous perme» 4 î“” r ^ 83 char R e a, ‘P rès 
‘ ""âge- ” 0US Permettent par analogie d’en préciser 

L unité de caractère des cérémnn.^ a 

P^e à la dernière des quatre Z t ^ est % aJée > <l«and on 
du dieu. Un récit mythologique soi C1 ° 1SieS d Edfou ’ celie de la wcWre 
iocai, forme la trame d’une fcv gneusement adapté aux besoins du cuite 
^e double suite de ** " *"* ^ d “ 


- 8 3 1 — 

musiciens et danseurs, qui ne pouvait se déployer pleinement le i et Tybi 
que sur le chemin qui joint l’une à l’autre les deux maisons divines d’Horus 
et du baucon, peut se montrer ici dans toute sa richesse, au bord du lac sacré. 
La Victoire d’Horus sur Setli semble former antithèse, au centre du même 
décor, avec le service de la Mort d’Osiris, mis en actes au mois de Choiak. 

L attouchement de la statuette d’hippopotame, dix fois de suite en des 
points divers de son corps, par le prêtre du roi maniant les deux harpons 
du dieu, est un theme liturgique commode, pour lier les épisodes des dix 
victoires d Horus sur Seth et de la fondation des dix lieux saints, d’une 
extrémité à 1 autre de l’Egypte. Il permet d’intercaler à volonté les psalmo- 
dies conjuratoires, et les chants et danses des deux chœurs masculin et fémi- 
nin, menés par leurs chefs : le hiérogrammate de Thot, et la première chan- 
teuse du temple, dans le rôle d’Isis. 

La seconde partie de l’office de Méchir est toute lyrique : le prêtre du roi 
n’y prend plus part. Son diptyque évoque d’abord la bataille, puis le 
triomphe : c’est le point central de la cérémonie. Là se place l’enchantement 
de la barque par Isis, qui rend vraisemblable la présence sur l’eau du lac 
d’un véritable esquif portant les statuettes d’Horus et de sa mère divine. Puis 
1 on place Horus sur 1 hippopotame. Isis indique les sanctuaires et les divi- 
nités qui vont recevoir leur part du sacrifice. Le prêtre du roi fait office de 
héraut, pour annoncer la victoire au peuple qui l’entoure. Et c’est le 
sacrifice de Seth, dont il est aussi question dans l’enclos de la fête-sed d’Horus, 
au mois d’Épiphi. Le sacrificateur coupe la patte de devant; on présente l’oie 
vivante. Une acclamation générale accompagne les quatre cris du hnw. 

Alors seulement, comme a la fin du Couronnement du rot, les grandes 
offrandes alimentaires sont consacrées dans la grande cour du temple devant 
Sokar-Osiris et son fils Horus «qui l’a vengé»; puis la procession se met 
en route une derniere fois, .pour accomplir le rite solaire. Le roi du monde, 
sous ses deux aspects, fait le tour de son univers : on accompagne la 
barque-traîneau deSokaris dans le couloir de ronde, tout autour de la maison 
divine d’Edfou. 

Un cérémonial aussi riche de sens et de figuration est certainement l’ex- 
pression la plus complète du culte d’Horus que nous connaissions à l’heure 

io5. 


—* *-*$*•{ 83 â )•$-* — 

actuelle. C’est aussi celui qui permettait le mieux à la foule des assistants de 
participer à tous ses actes, et de vivre chaque an le drame sacré: On découvre, 
au delà de la seule fête d’Edfou, l’existence d’une communauté liée par dès 
usages semblables. Elle paraît réunir bien des lieux saints, dont Horus n’est 
pas toujours la principale divinité, depuis le delta jusqu’aux extrémités 
méridionales du pays. La présence des chœurs d’exécutants, harpmneurs et 
Jemmes de Bousms et de Bouta, en est l’indice le plus sensible. Qu’à telle époque 
ils ne soient composés que d’hommes et de femmes d’Edfou, qu’à d’autres 
ils comprennent des groupes venus de sanctuaires plus ou moins éloignés, 
cela ne change rien à la valeur humaine de cette coutume. 

Les ceremonies qui réclament la plus grande participation de la foule 
semblent être aussi, à Edfou, celles qui offrent le plus grand relief du point 
e vue local et du point de vue «horien». Le souvenir du culte primitif 
rendu à un i faucon vivant renaît, malgré l’uniformité croissante au cours 
des siècles des croyances et des usages : sous une forme élaborée, en appa- 
rence commune à bien des lieux, et qui correspond aux besoins du culte de 
i époque, le couronnement du roi possède de très antiques et profondes racines 
cans la province d’Edfou. Quand au symbolisme de la victoire du dieu, il se 
rattache à des usages archaïques transplantés du delta vers le trôm-du-sud. Il nous 
renseigne peu sur les pratiques locales primitives, auxquelles se greffa la com- 
mémoration des combats et du triomphe d’Horus sur Seth. Par contre nul 
sanctuaire ne nous a conservé, sur les rites attachés à la personne du dieu- 
roi (étp-s’), un ensemble cultuel aussi caractéristique que celui d’Edfou. 

Quant à l'influence régionale importante du clergé, elle se manifeste de 
açon évidente par l’organisation même des fêtes, au temps des rois Ptolé- 
mee s . époque et ses conditions y sont favorables. La prédominance de la 
précisé d Amon de Karnak sur les sanctuaires du sud égyptien n’existe plus. 

ebes n est plus que le centre d’une petite circonscription administrative. 
Ses pretres sont tenus en suspicion par . les rois d’Alexandrie. Edfou 
au contraire, a pris de l’importance dès le règne des premiers saïtes (654) W 
— « — , — — . • o iitri n 

<*’ Installation d’un gouverneur royal du sud à Edfou, par Psamtik I*' : cf. Ranke Æ Z 


Les rois de la famille de Sebennytos furent des dévêts d’Horus. C’est 
peut-être à Edfou que s établit le dernier d’entre eux, Nekhthorehbe, en 
3A3*, avant qu’une seconde campagne d’Ochos ne vînt mettre fin à son 
pouvoir sur la Haute Egypte (34 1 ). Le temple eut probablement à souffrir, 
au cours des dix dernières années d’occupation militaire persane (34 1-332). 
Il dut encore, pendant presque un siècle, attendre une reconstruction totale 
sur un plan plus vaste (332-2 37). Mais il est probable que, pendant cette 
longue période, le clergé d Edfou avait étendu peu à peu son influence depuis 
la région de Khargeh jusqu’à celle d’ÉIéphantine. Son alliance avec la prê- 
trise du grand temple d’Hathor de Dendéra avait été poussée si avant, que 
dans les sanctuaires des deux lieux saints les images de l’une et de l’autre 
divinité étaient «inséparables». La faveur des premiers Ptolémées s’étendit 
particulièrement aux temples d’Horus et d’Isis-Hathor dans 1 Egypte entière, 
depuis ceux de Bouto h) et de Hby-t, au delta jusqu a ceux d Edfou, déjà 
doté d’un nouveau naos de granit par Nekhthorehbe, de Dendéra d’Om- 
bos W, d’Assouan W et de Philæ ( f>) . Malgré le contrôle étroit des ressources 
financières des temples par l’administration des cultes, les deux temples 
associés d’Edfou et Dendéra M maintiennent une activité croissante, du m e 
siècle au i er siècle av. J.-C. 

Le lieu saint d’Edfou a pris pied tout près de la capitale d’Amon thébain. 
Dans la province même de Thèbes, la communauté d’Horus compte un temple 
à Ddm t-R\ et quand Hathor de Dendéra, en route pour Edfou, passe devant 


{l) Cf. la stèk du Satrape (Ptolémée Sôter). 

(*> C’est Vheum, dont la reconstruction fut entreprise par Nekhthorehbe (consacré roi d’Egypte 
sous l’invocation de l’Horus de ce sanctuaire), et développée par Ptolémée II Philadelphe et 
Ptolémée III Évergète, 

(*) Reconstruction commencée un peu plus d’un siècle après celle du temple d’Edfou (Pto- 
lémée VIII Sôter II : 1 16-108). 

W Ptolémée V Épîphane; après 187-186. 

W Ptolémée III Évergète. 

( 4 ) Travaux entrepris sous Nectanébo ; reconstruction du temple principal, par Ptolémée II 
Philadelphe et Ptolémée III Évergète. 

( 7 ) Le clergé d’Edfou joue le rôle dominant dans cette association, comme en témoigne 
l’institution même du voyage d’Hathor vers Edfou, sans contrepartie d’une visite d’Horus 
à Dendéra. 


~~*~**{ 8 â A )* t - > 

4 M »"‘- P - «e sanc- 
Thèbes, qu’à la modeste forme de ItLàZk* 'Z.l T dans 

T ctuaires d ’ Esna ’ d ’«*> s et 
revient sa / aw , ies pèJerkTafflimnt d f piphi; mais ’ ( ï uand 

d ’Abydos e, depuis Deudel, “Jf ^ ÏT '* 
passant par Komir et Hiérakànpolis W. • ’ J ’ Ele P*>antm«, au sud, en 
Les ceremonies du divin SUèa# IRkA \ j TT 
s«in.s associés, du ^ Z ^ J 7'ï 

sance de la vie religieuse Wal V • G. ^ montrent la puis* 

du christianisme M. Les manifesté /“ * *"*" rintrod ^tion 
clergés nombreux et actifs .**"!* «* multiples, les 

qui assument ces charges conn^Zn!!^^ 

LtiTZ ;r Lf; feur ^ S: 

guidées par lel £^"7 ^ 

murs de leur sanctuaire Autan ^ SU * Vre P roces si°ns des dieux hors des 

d’Egypte peuvent encore passcr'Tn Tém’''"" 3 ' 8 anrftres ’ ies 8 e " s 
hommes. Après tant d'autres témoignages les lexfe”” ^ ** 

kS ™ d “ '™P'» d ™°» nous eu Lurent une ULT^T ~ l 


(,) Philæ, avec son culte d’Isis r»t 

centre de pèlerinage, en particulier pour les poDulat ^ de P ,us en P ,us un grand 

Fête de la Victoire en Méchin 1 P '° nS sedentaires et nomades delà Basse Nubie. 
(,) Fête jubilaire d’Épiphi. 

Aulète). S traVaUX ^ déC ° rati0n S ° nt terminés à Edto» en 5? w . j^ç. (an a5 de ^ 

czzvi iïæxiïx. 4 m <*>• « ». 


INDEX 


i. Culte journalier : page 1 à page i 32 . — 2. Culte de fête du mois : page 1 33 à 

page 196. — 3, Listes des fêtes solennelles : page i97à3oa. — 4. Fêtes du siège de 

la première fete : page 3 o 3 à 433 * — 5 . Fête de la réunion : page 44 a à 56 o. — 6, Fête 

du couronnement du roi : page 56 i à 676. — 7. Fête de la victoire ; page 677 à 822. 


A 

Abaissement (du voile de la statue de culte), 
79-8°. 

Abatage (des bêtes de sacrifice), 3 o- 3 i. 

Abàttoir~(=*= resserre )-du-Faucon pour les 
pièces (de viande )> 7, 10. 

Abattoir-pur, 26, 3 p. 

Abrégé du récit et du rituel de la fête de 
la Victoire (cf. portion du bandeau de 
soubassement), 687-690. 

Absence d’aliments brûlés (office journalier 
au sanctuaire), 87-89. 

Ab v dos, 741. 

Acacia (chénedj), 721, 733 , 737. 

Acclamation (pour Horus et pour le roi 
d’Egypte, par Isis), 788-789. 

[Acclamation] rythmée au tambourin, par 
les sept Hathors, pour le jeune dieu 
roi de la terre, 369. 

Acclamations de retour de fête, 545 - 548 . 

Accompagner les mots par les gestes rituels 
(souach), 337. 

Accostage (des barques du convoi d’Ë'pi- 
phi), 4 5 1 , 474. 

Accueil d’Hathor-Mout et d’Hathor-Sekh- 
met, 6 i 3 - 6 i 4 . 

[Accueil] d’Horus, roi triomphant, au dé- 
barcadère du temple d’Edfou, 772. 


Action du roi et parole du cérémoniaire 
(sêtep-za du couronnement royal), 
634 - 635 . 

Adaptation aux besoins du culte local d’Ed- 
fou, 819. 

[Adaptation] des traditions plus anciennes 
aux faits plus récents, 783, 787- 
788. 

[Adaptation] des usages de la fête royale hu- 
maine à la fête royale divine, 649. 

Adjonctions au rituel journalier (service de 
fête au sanctuaire), îSg, 16 1, 1 63 - 
1 64 . 

Adoration de la Face, 78. 

AiGuiÈRE-khénem, 9, i3. 

Allée bordée de statues de faucons cou- 
ronnés (cf. dromos ), 487. 

Allumage du cierge pour le rite du sétep-za 
(le sanctuaire Set-ouret est obscur), 
63 7 . 

[Allumage] du cîerge-téka (service journa- 
lier au sanctuaire Set-ouret), 63 - 64 . 

Alternance des célébrants et des lecteurs 
(service solennel au sanctuaire), 42 . 

Amarrage (barque ) , 767. 

Amarres (barque), 769. 

Âme-de-Ra (ba én Râ), 669, 877. 

Amener l’hippopotame (en tirant sur la corde 
du harpon) (in khab), 718. 


,( 836 >* 4 — 


ÂmES-DE-PÉ-ET-DE-NÉKHÉN, 669, 571-879. 

Àmes-errantes-de-Dep (chémayou-Dep), 787. 

A MES “VIVANTES -AUX - IMAGES - CACHEES (divinités 
du sanctuaire osirien), 59g, 

\me-vivante~de-Ra (ba ânkh en Râ), 677. 

ÀmIs(-ROYAUx)-Dü(-DIEu)-DE-MÉSEN (fête du 
Siège-de-la-première-fête ) , 337, 4 oi~ 
4 o 3 . 

Amulettes d’or (zaou én neb), 637. 

Anûjet (région de Bousiris), 776. 

Animal sacré à Edfou, en face des autres 
animaux sacrés de l’Egypte, 674. 

Anneaux de cuir (tolets d’avirpn), 768. 

Ànoukis, 45 o. 

Anticipation sur l’action rituelle future (place 
des textes gravés dans les salles du 
temple), a 3 , 34 . 

(L’)apàiseur (hotépi) = l’encens du sacri- 
fice, 796. 

Apparition royale d’Horus-Râ et de son hé- 
ritier le Faucon-vivant, 606-607. 

Appel, (chanté) vers l’atelier, par l’obser- 
vateur de i’heurç (nis âck er pa chénâ 
in imi-ounout), 98, 99. 

Appels successifs à la protection des divini- 
tés, pour le Faucon-vivant et le roi 
régnant, 644 - 645 . , 

Approche des porteurs de tabernacles, 583 . 

Architecture du kiosque de pierre (haÿt) 
sur la terrasse du temple d’Edfou, 
4 1 8-4 a g . 

Armrmïsnt des gardes militaires : épée, arc, 
484 , 486 . 

Armes divines d’Horus, fête du Siège-de 
la-première-fête (cf. bâton, harpon), 
3 99 - 

Arrêt de la litière des deux-dieux, dans 
la Salle du couronnement, 6 i 4 (ejt 
npte 4 ). 

Arrivée des litières divines au Mésen (fête 


du Siège-de-la-première-fète), 397. 

[Arrivée] d’Horus de Mésen à Chemmis, 
à la rescousse du fils d’Isis, 8i4-8i5. 

Artisans des ateliers alimentaires, 98. 

Asiatiques (âamou), 808. 

Aspect et emplacement des statues royales 
dans le temple, 116-119. 

ÂBPERsoiR-qébéhou, 90-91. 

Assiout, 74 1, 781. 

Atelier d’embaumement des faucons sa- 
crés d’Athribis, 599-598. 

Ateliers (chénâou) de l’enceinte du temple 
d^Ëdfou, 9 6 - 3 1 , 

Attache de l’amulette-Oudja, 635 - 636 . 

Attitude des rameurs (débarcadère du tem- 
ple d’Edfou), 476-477. 

Attouchement de la bouche (de l’idole) 
avec une goutte de lait, 64 o. 

[Attouchement] du front de la statue par 
une goutte d’huile, 91-99. 

Aussièbe (amarre de proue), 770. 

Autel a feu fa brasero-âkh), 88-89, * 65 , 
787. 

[Autel] de pierre (rectangulaire) prove- 
nant du temple-du-Faucon, 578-580. 

[Autel ]-oudéhoif, 1) à vases d’eau (cf.. dm- 
sw), 18-19; 9 )à exposer les aliments 
d’offrande, 3 g r 44.. 

[AutelJ-piédestal, à pied unique (khaout), 

1 4 ^ 38 - 39 , ^o- 4 1, 44 , 88-89. 

[Autel]-table d’offrandes (âba), 36 , 38 - 3 g, 
49 , 44 . 

[Àutel]-tarle basse, pour les offrandes d’ali- 
ments (hétep), 43, 44. 

Avirons (d’une barque), 768. 

B 

(Se) balancer (comme un bouquet d’orne- 
ment, à la proue d’une barque)* 769. 

Baldaquin (fendais) de litière portative, 5 7 1 , 


( 837 


Bandeau de fête (séched), 544 - 545 . 

Bande (de Seth-hippopotame ; cf. tribu de 
Seth), 785. 

Barque-be-combat (âba) flottant sur le lac 
(fête de la Victoire), 697-699. 

Bàrque-de-fête de l’intendant du roi (fête 
de la Réunion), 479-480. 

[BarqUe-de-fete] d’Hiéracônpolis, 478-479. 

Barque du chef d’Edfou (arrivée au débar- 
cadère du temple), 478. 

[Barque] fluviale d’Hathor de Dendéra (âa-, 
our-, ou neb-mérout), 447, 48 t- 483 , 
53 9 . 

[Barque] fluviale d’Horus d’Edfou (bat- 
khépri, hat-hor), 48 o- 48 i, 53 g. 

Barqüe-hénou de Sokaris, sur son traîneau- 
méfekh, 796. 

Barque-litière d’Hathor d’Edfou (sanctuaire 
Set-ouret), 67 (et note 3 ), 68. 

[Barque-litière] d’Hathor de Dendéra (fête 
de la Réunion), 48 i- 483 * 

[Barque-litière] d’Horus d’Edfou (sanctuaire 
Set-ouret), 66, 67 (et note 3 ), 1 5 g- 
160, 48 o- 48 i . 

[Barque-litière] et armes divines d’Horus 
devant le lac (fête de la Victoire), 697. 

Bas-reliefs représentant des statues royales, 
1 1 1-1 18. 

Basse-Egtpte, ou delta (to-méhou), 718, 
790, 745. 

Bassins de purification (ché), 6-7, 698. 

Batelier de proue, 546 . 

Batelier de vergue, 473. 

Bâton (pa médou) d’Horus d’Edfou dans 
Mésen, 394-3 q5, 716» 

Battre le feu ^ la pierre à feu) (zékh séta), 
63 . 

Bédouins (chasou), 808. 

Béhédet-du-nord (méhet), cf. Mésen-en-ks- 
lieuæ-sa ints-du-centre, 810 . 


Béhédet-du-sud (chémât) = temple d*Edfou, 
689. 

Béhédet (lieu différent de Djéba = Outézet- 
Hor), 453 - 455 , 5 o 3 , 7 85 . 

Bélier (amulette de lapis) (ba), 63 g. 
Bénédiction des animaux et des champs (par 
le toucher du soleil), 49 5 . 

Bénéfice des cérémonies du Siège-de-la- 
première-fête pour l’humanité entière, 
495 - 490 . 

Bête-sacrée (âout nétret), 5 7 5 - 5 7 7 . 

Bête (sacrée) d’Harakhthès (âout én Har- 
akhti), 576-877. 

Bibliographie de la fête de la Victoire (1870- 
1948), 678-680. 

Bibliothèque (cf. maison-du-livre) , 4 . 

Bisaïeul (it-our), 781, 786. 

Bisaïeule (mout-ouret), 787. 

Bœuf de sacrifice de la fête d’Epiphi, 45 1, 

474. 

Bœuf roux (ih décher), 59 1, 59 3 . 

Bouche du trou (habité par un serpent), 

7 6 9 - 

Bouchis (sma-our)^ dieu des aliments d’of- 
frande, 394. 

Boucles (aux angles des litières), 398. 
Bouquet de lis { ornement de barque ) , 

7 6 9 - 

Bouquet de procession, fait de frondes de 
palmier et de tiges de moringa (ima, 
iched), 398, 593. 

Bouquet entrelacé, en forme de couronne : 

fleurs et feuillage (mah), 5 94. 
Bouquet monté (bottes de fleurs sur tiges 
nouées autour d’une baguette rigide) 
(ânkh, mez), 3 1 1 , 559. 

Bouquetin de sacrifice (uiaou), 3 og. 
Bousiris, 741, 773 *(et note 1)* 770 (et 
note 5 )* 781. 

Bouto, 741, 773, 776. 


—**{ 838 )**-• 


Bras du Nil (hénet), longeant le désert 
de l’ouest (province de Méret-Oxyrhyn- 
chos), 79 1, 799, 735. 

Bras-d’Horus ( = encensoir), i 3 , 337, 
368 . 

BRASERo-âkh (cf. autel à feu ), 88. 

Brevet d’héritage royal et divin (mékés), 
544 . 

Bris des vases inscrits à l’ocre rouge, 64 o. 

Brûler dans un autel à feu (snoukh), 
787. 

Butte-de-Gueb (iat-Gueb), lieu-saint entre 
Outézet-Hor et Béhédet : halte des 
barques et service divin, 465 - 468 . 

Butte-de-Ra (iat-én-Râ) «« le lieu-saint d’Ed- 
fou, 713. 

Butte-du-monceau (iat-djédmet) (cf. monceau 
de f? 4 ), 689. 

C 

Cadence (donnée aux rameurs), 545 , 548 . 

Cale (d’une barque), 769. 

Calendrier détaillé des fêtes d’Hathor à 
Dendéra, gravé à Dendéra, 9 4 0-9 4 g. 

Calendrier détaillé des fêtes d’Hathor à 
Dendéra, gravé à Edfou, 9i5-93g. 

Calendrier détaillé des fêtes d’Horus, gravé 
à Edfou, 906-91 5 . 

Calendriers des fêtes (caractères généraux), 
197-198. 

Calfat (pour les barques), 473. 

Canal (pa khénou), longeant le bourg de 
Béhédet, 468 . 

Cantique de clôture des cérémonies de 
rhabillement ( Siège-de-la-première- 
fête), 366 - 368 . 

Cantique de l’encensement (Couronnement 
du roi), 658-669. 

Cantique de louange chanté en chœur, à 
la procession de Sokaris, 801-809* 


Cantique de louange (procession d’Horus 
de Mésen sortant du couloir-chémy), 
338-34i. 

Cantique du toucher du soleil (lieu-pur 
ouâb : fête du Siège-de-la-première- 
fête), 354 - 355 . 

Cèdre (charpente de barque), 767. 

Celui-qu i-é loigne-sa-cou r se (hér-nératet — 
Horus d’Edfou-faucon, s’éloignant 
vers la voûte du ciel), 385 . 

Celui-qui-pousse-bes-grondements (Seth-hip- 
popotame), 771» 

CelAer-pur (chénâou-ouâb), 10-11,9 9 - 94 . 

Celui-d’ Edfou, nécessairement au premier 
plan à la fête de la Victoire d’Edfou, 
890. 

Cérémoniàire (khéry-hébet) *=-- ehargé-du- 
livre, 49, 1 3 3 ; cérémoniaire de Thot, 
780. 

Gerèmoniaires à l’office de fête au sanctuaire, 
1 4 5-i 46. 

Cérémonial de la maison-de-vie (nét-â en 
per-ânkh), 53 1. 

Cérémonial de la protection de la barque 
(jour de la nouvelle lune d’Epiphi), 
46o. 

Cérémonial de tous les ennemis du roi, 
5 g 4 , 597. 

Cérémonial de traîner Sokaris sur le traî- 
neau-méfekh, au matin-divin, 690, 
79 4 - 

Cérémonie royale du sétep-za, 639 . 

Ceux-qui-ne-laissent-pas-de-reste (ikhémou- 
zep), 787. 

Cetjx-qui-sont-dans-l’eau (animaux séthiens 
ennemis d’Horus), 719, 794, 790. 

Ceux-qui-sont-sur-la-rive (hommes d’Egypte 
qui adorent Horus), 719, 790* 

Chaise a porteurs (évolution dans le culte 
divin), 571-679, 




Chaise-de-Ra (Set-Râ), 458 , 543 . 

Chaise-où-s’asseoit-Chou (= temple du fau- 
con), 670. 

Chambre de T habillement (het menkhet), 
i 5 o-i 5 1 . 

Chambre du Nil : cf. cellier pur. 

Chambre funèbre de la grande enneade 
(haÿt én pésédjet âat), vestibule de 
l’escalier ouest de la terrasse, 494. 

Chambre funèbre (henket), arpentee avec 
la coudée de tamaris (cérémonie du 
sétèp-^a), 637. 

Champ d’Ialou, 698. 

Champions (de joute au bâton), 768. 

Chant de louange, avant le toucher du so- 
leil (Siège-de-la-première-fête), 348 - 
34 9 . 

Chant du matin, au moment de l’entrée 
du roi au sanctuaire, 5 1 -5 a , 1 5 1- 
1 54 . 

Chant en chœur, pour le don de la patte 
de devant à Osiris (fête de la Victoire), 
790-791. 

Chanteur sacré, 473. 

CKANTEusE-chémâyt, 53 o, 55 i, 780. 

CHANTEUSE-du-nord (méret méhou), 787. 

Chanteuses de l’Oasis d’Àbydos a la fete 
de la Victoire, à Edfou, 77^-774. 

Chanteuses (à) de Nékheb, 474, 479. 

Chants exécutés en service de fête au sanc- 
tuaire, 1 5 1-1 58 . 

Chapelain, prêtre de l’enclos sacré (iri zéh, 
khenty zéh), i 3 -i 4 , 16-17, 90, 46 . 

Chapelle-sanctuaire Mésen, 99-100 (cf, Mé- 
sen ). 

Chapelles-enclos (zéhou) : rôle dans le 
cuite, 99-100. 

Chapelle (zéh) du Trône-de-Râ (neset-Râ) : 
rôle dans le culte, loi*, 1 9 3-1 94. 

Chashéret (Nubie), 689, 810* 


Chasse à l’hippopotame dans les marais du 
delta, 749-750. 

Chasseur(s) (sékhtiou), 70^, 707 (et note 
4 ), 7^o, 777. 

Chateau-be-la-jambe (d’Osiris) temple 
d’Edfou), 3 7 6 . 

Chateau-du-prince (het ser) (temple de l’ Osi- 
ris de Bousiris et d’Hélio polis), 786. 

Chateau-du-repos (het méskhénet) place 
où le Faucon se pose : le temple 
d’Edfou), 688. 

Chedet, déesse du tissage et de la chasse, 
796. 

Chef-de-l’éminent-siège, 1 3. 

Chef-de-mille-hommes, 718 (et note 9). 

Chef du chant, 59 3 . 

Chef (ou maire) (haouty) d’une localité, 
448 , 45 o~ 45 i (et note 7), 473-474. 

Chemin de ronde, cf. couloir de ronde, 39. 

Chemmis, 718. 

Chesmou, dieu des parfums, 3 g 4 , 54 1. 

Ghesmou, dieu sacrificateur des bêtes d’of- 
frande, 3 9 3 - 3 9 4 , 758. 

Chétyt, sanctuaire souterrain des divinités 
osiriennes, 5 17-1*1 8, 537. 

Cheveux (rites de conjuration)* 59 5 . 

Chèvre rousse (ânkh décher) pour le sacri- 
fice, 59 1, 53 1 . 

Chiens (tézmou), 789. 

Chœur des prêtres (chargés de psalmodier 
l’incantation du séfep-za) y 635 . 

Choix de l’oiseau divin, par l’approche de 
l’image d’Horus, 600-601. 

Choristes (prêtres cérémoniaires) pour 
le service de fête au sanctuaire, 1 5 1- 

i54. 

Ciel (* plafond des salles du temple), 3 9 . 

Ciel de litière (pet), à la fête du Siège-de- 
la-pcemière-fête , 3 9 7-3 9 8 . 

Cierges (rôle dans la liturgie), 6 0-6 4 , 98. 


Cimetière d’Edfou au désert de l’ouest' 
5 ii (et note g)* 

(Les) cinq couples de bijoux symboliques^ 
1 68-1 74. 

Cinq journées de fête de la Victoire (2 1*35 
Méciiir), 8o3. 

Circonstances de la « fondation des ob 
frandes des dieux d’Edfoux, 808- 
810. 

Clepsydre lunaire, d’Hathor et de Thot 
(ouncheb ; mesure du temps nocturne), 

1 7 1-1 79, 

Clergé du Faucon-vivant, et culte d’Ho- 
rus-guérisseür, 599-600. 

Cobra (royal) (iâret), 769. 

Cœur (haty) de l’hippopotame, 781, 7871 

Cœurs (amulettes d’or), 64 o. 

Cœurs, sang, reins des bêtes ennemies, 
74 o. 

Coffret(s) (méret), pour la toilette divine, 
89, i66. 

Coïncidence de l’Ouverture de l’an avec 
l’arrivée de la crue du Nil, 4 a 6 . 

Collier à contrepoids, et sistre (ménit, 
zéchéchet), 172-173. 

Collier à faisceaux et fleurons (Hathor) 
(béb), 168-169. 

Collier à pectoral et gorgerin (Horus) 
(aout-ib), 168. 

Collier de cornaline, 637. 

Collier-large d’Horus (ousekh), 173-173. 

Colliers (parure et protection) offerts à 
Horus d’Edfou aux fêtes de l’Habille- 
ment, 364 - 365 . 

Colonnes (de bois, d’un palais), 769, 

Colonnettes soutenant le ciel du tabernacle 
portatif, 3a8. 

Combat de Mésen (près de Silé), intermède 
mimé et dansé par les harponneurs, 

764^765, 


Combinaison de l’autel à feu et de l’autel- 
piédestal, 88. 

Commémoration de la création du monde 
par Horus d’Edfou, 66 a- 664 . 

Commémoration de la victoire d’Horus sur 
Seth, à. Edfou (fête particulière de la 
Grande-offronde-dè-Râ) , 807. 

Commentaire rituel, 12. 

Comparaison entre les fêtes dans le temple 
et les fêtes en plein air, 559-560. 

Composition du convoi fluvial d’Hathor 
(arrivée au temple d ’Edfouj-Outézet- 

. Hor), 455 . 

Composition du convoi fluvial d’Horus d’Ed- 
fou (arrivée au temple d ’Gutézet-Hor) , 
456 . 

Conduite-du-rite (séchem khez), titre du 
manuscrit pour les offices de fête du 
mois, dam le sanctuaire, 1 49. 

Confrérie religieuse (qenbet) des figurants- 
mesnouou aux fêtes delà Victoire d’Ho- 
rus, 70^-704, 776 (et note 5). 

Conjuration de tous les ennemis du roj, par 

Hathor-Sekhmet-Ouadjet, 656 . 

Connaissance du jour de la naissance d’Ho- 
rus (texte E) =*= titre du manuscrit du 
second récit mythique du mur est, 816. 

Consécration de l’aiguière-khénem (ser- 
vice de midi) ; cf. salut de la cruche- 
nérnset, 108. 

Consécration des offrandes de la fête de 
la Victoire par le prêtre du roi, 7 q5- 
796 . 

Consécration du Faucon-vivant au grand 
temple, 607. 

Consécration par l’élévation des offrandes 
(fa-ikhet), 5o. 

Contemplation (deg, maa), 79. 

Contemplation des statues divines (Siège-de- 
la-premiere-fête, sur la terrasse), 4 a , , 


--+*.( 841 > 


Contenu du coffre t-méret (chés-menkhet, 
les quatre vases et les quatre tissus), 
89 (et n. 3 ). 

Contrôle du revenu journalier commun 
(de tous les membres du clergé du 
temple), io 5 . 

Contrôleurs (de l’atelier des fabrications 
journalières), 99. 

Convention de dessin (répétition du même 
geste, quatre fois de suite), 94. 

Coptos, 741, 

Corde de harpon (djéba, nétet, nouh), 707, 
7i3, 790, 744, 777. 

Corde liée aux deux bras (nétet em èoui), 
731 (et note 5 ). 

Cormoran plongeur (khébés hérep), 780. 

Correspondance entre l’ordre des pays tra- 
versés (Egypte, de l’avant à l’arrière) 
et l’ordre des parties de l’hippopo- 
tame touchées par le harpon de l’offi- 
ciant (du mufle aux jarrets), 759 (et 
note 9). 

Couche divine personnifiée (mén-bit, ou 
menât), 633 . 

Couche divine personnifiée (set-ouret, ou 
outézet-Hor), 633 . 

Couleur luisante (d’une voile), 768. 

CouLoiR-chémy (autour du sanctuaire cen- 
Irai), 99. 

Couloir de ronde (pékher) autour du tem- 
ple d’Edfou, 9-11. 

Coupe à pied, à l’image du soleii-planant 
(Béhdéti-hotpé), 5 o 5 . 

Couples (d’une barque), 768-769. 

Courant d’un fleuve (ouâret), 726. 

Cour des offrandes (cf. réunion des aliments), 
3 o 5 - 3 o 6 . 

Cour intérieure à ciel ouvert (iâb djéfa), 
à l’est de la salle de l’ennéade, 3 o 5 - 
3 o 6 . 

Bibl. d’Élude, t. XX, a* fasc. 


Couronnement royal à la maison-du-matin 
(prêtre du roi en service de fête au 
sanctuaire),' 189. 

CouRONNE-hépet, offerte par le célébrant 
qui touche la couronne de l’idole (fêtes 
de l’Habillement), 365 . 

Couronnement-du-roi (fête du) (khâ-nésout) , 

56i. 

Couronnes royales d’Horus et d’Hathor 
(hepti), 16^-170. 

Couvée de martinets (comparaison avec les 
jeunes harponneurs), 769. 

Cracher à terre (péseg er to), 64 o. 

Cracher les formules choisies (péseg djaï- 
sou setpou), 64 1. 

Crâne de Thippopotame (touçher du) ( 4 e 
harpon) * 7961 

Création des images des dieux, en les des- 
sinant, 64 o. 

Cri de douleur (iânou) dans Khargeh- 
Kenmet, 789-740 (et n. 1 ), 7 65 , 786. 

Cri de joie (iânou) des dieux et déesses, 

79 8 - 

Crocodiles, 71 3 , 721. 

Crocodiles aux cous croisés (modelés en 
cire rouge), 52 4 . 

Croupe de l’hippopotame (toucher de la) 
(8 e harpon), 749. 

Croupe (mésdet) de l’hippopotame, 781. 

Cruche à eau (déchret), 353 . 

Cruche à eau (némset), 19-20, 2 4 , 53 o. 

Cuisse (iouâ) de l’hippopotame, 781, 787. 

Cuisses de l’hippopotame (toucher des) 
(9* harpon), 757. 

Culte d’Hathor-Maât jointe à Horus, aux 
offices de fête du mois, 826. 

Culte du couple royal d’Egypte joint au 
culte du couple divin du temple, 1 63 * 

Culte des couples ancêtres, joint à celui 
des roi et reine régnants, i 63 . 

106 


•( 842 > 


Culte hors du temple, avec mise en scène 
des usages du culte royal, 839-830. 
Culte hors du temple, avec mise en scène 
d un récit mythique propre au dieu 
local, 83 o- 83 i. 

Culte (soin de la personne divine) (néd- 
jet-hor), 798. 

Cultes horiens associés à celui d’Horus 
d’Edfou, 83 a. 

Cynocéphale de fayence, 63 9 . 

D 

Dame-de-là-chasse (= Nébet-heb, Sékhetk 
758 . , 1 

Dame-de-l’ivbesse (= Nébet-tekh, Hathor) 

54 1, 7 65 . V 

Danseurs et chanteurs-mesnouou de la fête 
de la Victoire, 701. 

Danseurs (hommes et femmes) de la fête 
de la Réunion, 4 9 o. 1 

Darder (le harpon), et tirer (la corde) 
(séti, iteh), 764. 

Date de la rencontre des deux groupes de 
barques : veille du jour de la nouvelle 
lune d’Epiphi, 455 - 456 . 

Dattes confites, 5 33, 53 1. 

Déclaration de grossesse d’Isis devant j 
Thot, 81 4. 

Décorations en forme d’anneaux, 768. 

Décor des parois des tabernacles portés 
sur les barques-litières (fêtes d’Éni- 
phi), 5 o 6 . P 

(Déesse) d’Edfou (Béhdétet), 54 o. 

Défi lancé par Seth à Horus-fils-d ’lsis 
8 i 4 - 8 i 5 . 

Délécué-du-roi (oupouty nésout), 486 
55 o. ’ 

Démarrage (d’une barque), 767. 

Drmeure-des-grands-dieux (iounén én nété- 

roii ourou), 4a4. 


I Dendéra (Iounet), 7 4 1 . 

Dénouage du nœud en vue du lever du 
jour, 64 0. 

Dép (Bouto), 786-787. 

Départ de la procession de Sokaris autour 
du temple d’Edfou, 798-799. 

Départ de la procession, du lieu-pur à la 
chapelle du toit (fêtes de l’Ouverture 
de l’an), 376. 

Départ du sanctuaire-Mésen, pour la sta- 
tue d’Horus qui monte à la terrasse, 
3 * 3 . 

Déploiement des rouleaux (-manuscrits) 
par Thot (péga médjaout), 64 1. 

Dépôt des barques-litières sur le sol (fêtes 
de la Réunion), 539. 

Derrière (péhoufc) de l’hippopotame, 783, 
787. 

Description de l’escalier est (montant à la 
terrasse du temple), 3 7 8 - 3 7 q, 38 o- 
384 . 

Description de l’escalier ouest (descendant 
de la terrasse du temple), 3 7 8-3 79, 
38 o- 384 . 

Description des deux escaliers (montant 
à, et descendant de la terrasse), 3 78- 
3 79 - 

Description détaillée de la procession mon- 
tante, au-dessus des bas-reliefs qui 
la représentent, 385 - 388 . 

Description des idoles dç Mésen, portées 
1 i en procession vers la cour des offrandes 

(fêtes du Siège-de-la-première-fête), 

33 9 -34i. 

Désignation du roi par la statue d’Amon, à 
,,j<S Napata, 601-603. 

Désignation par la parole (déhén), 56 9 . 
Desserte de l’offrande du soir, i3 2 . 

Dessin à l’encre noire et à l’ocre rouge, 

64 o. * 


>( 843 )*< — 


Dessin des figures (qu’on trace) sur les 
coupes, 64 o. 

Détail de la manœuvre des deux premières 
barques de remorque, 477-478. 

(Les) deux-crevasses (qerti), d’où sort le 
Nil, 3 10. 

(Les) deux-dieux (nétéroui), placés l’un en 
face de l’autre, 621. 

(Les) deux-dieux (nétéroui) sur la même 
chaise à porteurs (faucon-vivant, et 
idole du sanctuaire Set-ouret), 61 3 . 

(Les) deux enseignes devant les litières : le 
bâton d’Horus-Râ pour Horus, le 
bâton de Khonsou pour Hathor, 336 . 

(Les) deux épieux d’Horus d’Edfou dans 
Mésen, 3 a 3 . 

(Les) deux lits funèbres (némit) dans le 
sanctuaire, pour Horus d’Edfou et 
le Faucon-vivant, 633 - 634 . 

(Les) deux porteurs pour chacun des deux 
grands tabernacles, quand ils montent 
à la terrasse, 4 oi. 

(Les) deux prunelles (béroui) de Loeil- 
oudjat, 637. 

(Les) deux tabernacles (hedj) de bois, dans 
le naos de Mésen, 3 17-3 18, 383 , 
384 (note 4 ). 

Devant (hat) de l’hippopotame, 787. 

Déviation vers l’ouest de l’axe de la porte 
sud du terrain sacré d’Edfou, 5 80- 5 8 1 . 

Diadème royal (médjéh), 687. 

(Dieu)-au-piumage-moüchetb (sab-chout), 87, 

65 , 3 i 3 , 3 i 5 , 7 56 . 

(Dieu) d’Edfou (Béhdéti), 4 a, etc. 

(Dieu) de Létopolis (Zékhemti), 748. 

Dieu en deux personnes (Râ-Horus, culte 
dans la chapelle Néset-Râ), 1 3 1 . 

Di-kha, localité dans la partie nord-est de 
la province de Dendéra, 689, 719, 
790-721 . 


Direction du service hors du sanctuaire (par 
le prêtre appelé : serviteur d’Horus), 

0 3-5 9 • 

Disposition de la partie sud d’Edfou : du 
Nil au bourg de Béhédet, bâti autour 
du terrain sacré, 468 - 4 69 * 

Disposition de l’offrande dans la salle de 
l’autel, 44 , 

Disposition des barques-litières munies de 
leurs pavillons à tabernacle, dans le 
sanctuaire Set-ouret, 498. 

Disposition des figures et des textes, sur 
les parois de l’escalier est de la terrasse, 

389-390. 

Disposition réelle des processions montant 
l’escalier est de la terrasse, 879, 

Disque-ailé (ou : soleil-planant, âpy), 55 , 
57, 688, 711, 755. 

Disque-ailé-d’or (fête de la Grande-offrande- 
de-Râ), 8i 1. 

Distribution de l’action liturgique entre 
le roi (Horus), le cérémoniaire (Thot) 
et la première chanteuse (Isis), 700. 

(Le) divin, nom de culte de l’encensoir 
(nétéri), 49 9. 

Divinités associées au culte du dieu d’Edfou, 
et leur rôle dans les fêtes : 329-337. 
Cf. parèdres (culte journalier). 

(Les) dix combats du récit, répondant aux 
dix coups d’épieu du rite (fête de la 
Victoire), 681-&89, 

Djàït, d